[Gazette] Roman Feuilleton à plusieurs mains

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Yros

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Afin que vous puissiez toujours lire et relire ce roman feuilleton dans son intégralité sans avoir à ouvrir à chaque fois chaque édition de l'Éclaireur, nous ouvrons ce topic afin de centraliser chaque parution pour votre plus grand plaisir. Bonne lecture à vous ;)

Le bruit de la cloche résonnait profondément du haut de la tourelle principale. Ce n'était, cela dit, pas sans raison… Une volute de fumée s'élevait au loin, sur la plaine, précédée par une troupe de cavaliers inconnus à la cité. Je les avais vus s'élancer avec hâte après avoir descendu le col d'Irlin Bor et s'avancer dans notre direction. J'étais alors en train d'inspecter la passerelle ouest au cours de mon tour de garde et n'avais pas perdu de temps afin d'informer le surveillant général qui se mit aussitôt à beugler des ordres à toutes les personnes à portée :​
« Sonnez l'alarme immédiatement et réunissez les miliciens autour de la porte d'entrée ! Placez les archers à leurs postes et prêts à tirer si jamais cela s'avère nécessaire et qu'une patrouille reste sur les flancs sud et est afin de prévenir toute attaque opposée, ne sait-on jamais : des fois qu'il s'agisse d'une diversion ! »
Chaque parole tonnait telle une mission vitale et les gens ainsi désignés s'attelaient à la tâche sur-le-champ. Il se retourna alors vers moi au moment même où je pensais avoir fini ma journée et pouvoir m'esquiver après ce rapport fort appréciable qui aurait bien mérité une légère récompense. Néanmoins, je n'eus ni l'un ni l'autre et il m'assigna mes ordres à mon tour :​
« Toi, là ! File prévenir notre seigneur de l'arrivée de ce contingent puis prend position à la porte nord ! »
Ainsi donc, la fortune me faisait défaut, une fois de plus, et je n'allais pas pouvoir profiter d'une bonne chope à la taverne avant de longues heures… De plus, à force de transmettre de terribles nouvelles à tous les gens de la ville, on pourrait bientôt croire que j'étais quelque oiseau apportant le mauvais œil ! Peu importe, aussitôt dit, aussitôt fait : je me dirigeais vers le quartier général où devait à présent se trouver notre seigneur Machiavel maintenant qu'il avait entendu le son de l'alarme.

Je le découvris, en effet, dans la grande salle, affairé auprès d'une troupe de soldats qu'il constituait en régiment personnel afin d'assurer ses arrières. Quelle décadence, alors même que nous avions besoin de tous les bras possibles pour venir défendre la porte principale ! Il avait, néanmoins, l'air parfaitement au courant de la situation et je pouvais donc considérer ma première tâche accomplie, le tout sans même avoir eu à perdre de temps avec les formalités que tout vassal doit à son seigneur.

Je repartis en direction de la caserne, prenant avec moi toute âme qui pourrait s'avérer utile, y compris les hommes du régiment personnel de notre éminence qui n'avaient nulle envie de rester en arrière à répondre aux quatre volontés d'un aristocrate prétentieux tandis que la majeure partie des troupes combattrait au front.

La cohue faisait rage : il s'agissait d'une véritable débandade de cliquetis provenant des plastrons et de sourds chocs de lames de diverses tailles et factures. Les arcs s'entremêlaient aux carquois, déjà remplis de flèches aux pointes affutées, tandis que les épées, les hallebardes, les haches, les pics des lances et autres armes de poing passaient de main en main jusqu'à ce que chaque bras présent fusse garnit de l'une d'elles, voir de deux pour les plus ambitieux.

On entendait ça et là des pierres de taille se confronter aux lames argentées que les braves guerriers aiguisaient soigneusement en prévision de la bataille à venir. Des cris s'élevaient avec force de chaque recoin : on appelait au courage, à la loyauté, au sang ; simples discours de vétérans galvanisant le moral des troupes avant l'effort.

J'attrapai un arc long que je plaçais dans mon dos avec le carquois avant de passer prendre une épée qui semblait de bonne facture puis je rejoignis le surveillant général qui fut étonné du nombre de soldats que je ramenais avec moi. Il ne s'en plaint pas le moins du monde, bien au contraire, et nous réparti aux divers endroits stratégiques de la muraille. Je me retrouvais ainsi assigné à la défense principale, au beau milieu du secteur nord où les ennemis allaient attaquer, ça promettait d'être mouvementé.

La troupe d'envahisseurs, quant à elle, avait établi sa position à quelques lieux de là, prenant soin de reformer les rangs. On voyait des engins de siège qui étaient en train d'être montés tandis que le groupe de soldats émettait un brouhaha exaltant qui se faisait entendre dans toute la plaine. Soudain, une épée pointa le ciel avant de descendre avec vigueur dans notre direction : le signal était donné, l'attaque commençait.​

D'imposants béliers se mirent à avancer, suivis de prêt par toute une légion de destriers disposée sur les côtés et sur plusieurs lignes. Enfin venait la fière infanterie de troupes uniformes et lourdement armées. Mon regard s'égara légèrement sur nos propres lignes de défense avec les piquiers en avant pour stopper la cavalerie, un groupe d'archers en renfort et les guerriers prêts à se ruer au cœur de la bataille. Le tout était à l'abri derrière la porte en bois massif, celle-là même que notre section devait couvrir de son mieux tout en infligeant le maximum de pertes aux troupes adverses.

Le rythme prit de l'allure, les béliers avancèrent rapidement, escortés par des hordes d'archers, puis le combat commença. Une flèche fusa à travers l'air et vînt abattre l'un de nos hommes. Le choc déséquilibra ce dernier qui tomba à la renverse du haut de la muraille en un bruit sourd qui n'annonçait que trop bien ce qui se préparait. Néanmoins, nous ne comptions pas leur faciliter la tâche.

Notre compagnie se dressa d'une vague et répliqua aussitôt par une salve meurtrière qui fit mouche dans les rangs ennemis. Le combat se déroula alors entre archers, le nombre de pertes de chaque côté pouvant déterminer l'issue même de la bataille. Certains tentaient, en vain, d'abattre les béliers en visant les porteurs, mais rien n'y faisait : à peine l'un chutait qu'un autre prenait sa place et l'imposant bâtiment continuait sa route lentement mais surement en direction des portes scellées.

Une fois celui-ci arrivé au pied de la muraille, des chaudrons d'huile en fusion venaient les accueillir. Le liquide se propageait tel un torrent de lave sorti tout droit de l'enfer suivi par des cris d'agonie d'hommes enflammés ou brûlés jusqu'à l'os. Une odeur putride commençait à s'élever des corps inertes amassés en tas informes, le tout cumulé aux relents de chair grillée.

Ce n'était vraiment pas le moment pour se laisser déconcentrer par ce genre de détails sordides qui me haussait le cœur : déjà, une flèche avait failli m'empaler l'épaule et un filet de sang coulait à présent de l'éraflure causée par sa seule force. Un bruit sourd, tel un craquement, retentit et ce fut tel un marteau lancé de toutes ses forces contre une porte que le bélier, désormais en position, se mis à malmener la porte qui ne tiendrait, à ce rythme, guère plus de quelques minutes.

J'eus tout juste le temps de me lever pour apercevoir d'étranges formes dans le ciel. Mon sang ne fit qu'un tour avant que je me rabaisse aussitôt : les catapultes étaient montées et les premiers jets arrivaient droits sur nous. L'un tomba au beau milieu de la place, détruisant du même coup la statue érigée en l'honneur de notre seigneur. De vulgaires pierres valsant, dégringolant dans leur chute… Je la préférais presque sous cette forme-là. La porte céda finalement. Une troupe de cavaliers entra sans attendre davantage et se rua sur nos hommes en ligne. Les lanciers se mirent en formation et firent face.

Le choc fut terrible. Les pics s'enfonçaient dans la chair par ici tandis que de l'autre côté le bois de la lance se brisait sous l'impact du cheval. Parfois même l'on voyait un destrier proprement envoyé en arrière sur un coup de fer bien placé. On aurait presque cru que certains se jetaient littéralement sur les dards meurtriers pour offrir leur vie en sacrifice à ce sanglant ballet. La Mort elle-même devait danser sur un pied de joie tant le sacrifice qui lui était fait aujourd'hui était digne de sa grandeur macabre.

J'aurais voulu pouvoir dire que nos lances tenaient le coup, mais non. Les corps ennemis ensevelissaient les lanciers sous eux et, tandis que nos troupes s'amenuisaient, les ennemis continuaient d'entrer avec hâte pour prendre possession de la place. Un détachement se rua vers les bâtiments principaux sans que nul puisse le stopper, chacun étant déjà bien assez occupé simplement avec les troupes en face de soi.

Je continuais de décocher mes flèches une à une, touchant, ratant, esquivant entre-temps les tirs ennemis. C'était là une gymnastique que à laquelle mon corps commençait à s'habituer petit à petit, bougeant presque inconsciemment pour sa propre survie. De l'agitation se fit sentir sur la place et au loin et attira mon attention. Je détournai légèrement les yeux pour voir ce qu'il se passait lorsque je vis la troupe de cavaliers qui étaient partis tantôt redescendre la place en vainqueurs. Je ne compris pas sur le coup puis soudain la tête de feu notre seigneur vola dans les airs avant de tomber piteusement face contre terre, c'était le cas de le dire. Le moral des maigres survivants chuta du même coup et chacun commença à jeter les armes à terre, ce combat était terminé.​

J'avais beau ne guère l'apprécier, voir ainsi la tête de mon ancien seigneur gisant sur les pavés ruisselants avait quelque chose de désagréable. Je n'eus pas le temps de m'apitoyer sur mon sort que déjà une épée me tenait en joug. Bon nombre de mes camarades étaient dans le même état et, dans de telles conditions, il ne nous restait plus qu'une seule solution : la reddition. Nous jetâmes nos armes à terre sans autre formalité puis les soldats ennemis nous réunirent sur la grand place. Certains inspectaient les bâtiments, sortant tout villageois et achevant tout soldat qui tentait de résister. Lorsque l'agitation se calma et que tout le monde était présent, un haut gradé ennemi s'avança :​
« Ce village appartient désormais à notre seigneur, Épitaphe. Louez-le, car, dans sa grande générosité, celui-ci a décidé de vous laisser en vie afin que vous puissiez dignement le servir pour faire oublier la honte de votre précédent maître. Une garnison se chargera de la défense du village tandis que les autres personnes disponibles remettront en état les bâtiments qui ont été touchés durant l'attaque. Tout le monde doit avoir un gîte où dormir ce soir alors tout le monde en action et plus vite que ça ! »
On aurait presque cru qu'il avait fait ça toute sa vie. Les soldats ennemis... heu, nos nouveaux soldats, se mirent rapidement en position pour répartir les villageois à leurs tâches respectives. On en voyait qui partaient vers la porte pour la fermer, d'autres qui prenaient place sur les murailles afin de commencer à instaurer des gardes, des fois qu'une attaque-surprise approche. D'autres encore se dirigeaient vers le cœur de la cité pour préparer le gîte et le couvert des nouveaux arrivants, bien que nos morts compensaient assez.

Je m'approchai d'un groupe d'hommes armés qui répartissait des hommes en bonne forme, visiblement soit pour les tours de garde, soit pour aider les militaires à déplacer les corps et à les enterrer décemment. Outre le simple respect dû aux morts, un tel amas putride de corps en décomposition allait surement attirer les rats et la peste si nous ne nous en occupions pas rapidement. Une fois face à l'un des officiers, il hésita à me donner un ordre avant de se retourner à nouveau vers moi comme s'il avait changé d'avis.​
« Ce serait pas toi l'archer de la muraille nord qu'on n'a pas réussi à déloger ? »
J'acquiesçais de la tête, ne sachant s'il s'apprêtait à me féliciter pour mes exploits guerriers ou à m'empaler pour avoir descendu plus d'un des siens. Il hocha la tête avec un air d'appréhension.​
« Je ne suis pas sûr que ce soit bien sage de te donner une arme m'enfin... Gâcher un tel talent serait aussi une preuve de bêtise. File à l'armurerie prendre un nouvel arc, un carquois et surtout une épée et revient me voir. »
J'hésitai un instant, ne sachant trop à quoi m'attendre. Il me gueula alors un : « Allez ! File donc ! Je n'ai pas que cela à faire ! » qui me décida. Je partis rapidement me fournir auprès du forgeron et revins quelques instants plus tard auprès de l'officier qui était déjà en pleine conversation avec certains de ses compères, dont l'officier supérieur qui avait discouru sur la grand place. Ils semblaient agités et il n'y avait plus aucun villageois autour d'eux. Je m'approchai discrètement en attendant que l'on me remarque pour savoir quoi faire. N'étant pas d'humeur particulièrement patiente, je demandai ce qu'il se passait. Les officiers se retournèrent vers moi, comme si j'avais profané un quelconque domaine sacré. L'officier supérieur interrogea les autres sur ma présence ici et l'homme de tout à l'heure qui m'avait envoyé à l'armurerie répondit :​
« Je l'ai fait armer. C'est l'archer de la muraille nord, vous savez : celui qui s'est débattu et qui a empêché le groupe de Valère d'entrer. J'ai pensé qu'il pourrait nous être utile par la suite. »
« Ah... C'est donc lui. Dit voir fiston, qu'est-ce qui me dit que le sergent a eu raison de te remettre une épée entre les mains alors que tu nous as déjà donné autant de mal ? »

La voilà donc, la fameuse question... Je ne pouvais pas vraiment les blâmer de douter d'une personne qui avait combattu contre eux avec un certain acharnement et qui devait bien encore garder des taches de sangs de leurs anciens camarades. Malheureusement, c'était mon avenir qui se jouait sur cette question et j'avais bien conscience qu'y répondre de travers pouvait avoir de lourdes répercussions...​
« Disons simplement que je mettrais la même ardeur à défendre mon nouveau seigneur que celle que j'ai mise pour défendre mon ancien ? »
« N'as-tu donc aucune loyauté envers ton seigneur ? »
« Un seigneur mort n'a que faire de la loyauté de ses vassaux. Autant contenter un seigneur qui est encore en vie plutôt que de le contrarier pour d'hypothétiques représailles d'outre-tombe. »
« Ah ah ah ! Il me plait ce jeune ! Soit. Nous venons de recevoir une missive nous indiquant que nous devrons partir dans une semaine afin de capturer un village un peu plus à l'est et qui devient dangereux. En attendant, il nous faut rentrer à la capitale pour nous réarmer et rejoindre d'autres troupes. Fais ton paquetage : nous partons ! »

Les choses s'enchainaient un peu trop rapidement pour moi. Je quittai le groupe en entendant l'officier supérieur donner des ordres à tout va pour que le village continue de se développer puis les troupes se regroupèrent et nous partîmes.​

Le chemin était très long, nous devions escalader d'énormes montagnes avec pleins de pierres qui tombaient d'un instant à l'autre. Les descendre était tout aussi dur que de les gravir, le chemin tout boueux qui nous empêchait de dévaler ses pentes. À tout moment, à chaque pas, nous pouvions glisser et mettre notre vie en grand danger.​

La nuit commença à tomber et nous installâmes notre campement. Je devais monter la tente du chef de guerre. Le sergent avec quelques gardes du corps allaient inspecter les lieux et ensuite faire le feu. J'eu mangé comme un roi! J'avais l'impression qu'ils me prenaient pour un dieu. Après ce sublime repas, je devais suivre leurs rituels. Si je voulais bien me faire voir par mes compagnons et ensuite par leur chef Épitaphe, j'étais dans l'obligation de suivre ces rituels avec eux.​

Nous étions allés autour du feu et nous avions chanté une petite chanson. Après cela, tout le monde dansait autour du brasier. Le haut gradé qui m'avait repéré s'avança près de moi.​

« Viens, je vais t'apprendre la danse. Tout guerrier de notre tribu se doit de connaître cette danse. »

La danse n'était pas si compliquée, il suffisait de taper dans les mains une fois vers le haut, vers le bas, en haut et en bas dans cet ordre précisément. À chaque fois que je tapais dans mes mains, je devais faire un quart de tour. En plus de cela, nous devions tourner autour du feu en bougeant tout notre corps et en criant. Nous avions dansé pendant une petite heure. L'heure de se reposer à sonné. Je me couchais juste à côté d'un officier.​

Durant la nuit, j'ai entendu les buissons et l'herbe bougés. Le bruit se rapprochait de plus en plus et c'était de plus en plus fort. J'ai compris à ce moment là qu'il y avait quelqu'un. J'ai attendu pour voir ce qu'il allait faire. Cet homme était maintenant juste derrière ma tente. J'ai eu des frissons, je tremblais, je transpirais et j'étais paralysé. Je ne savais que faire, réveiller l'officier et les autres pour nous défendre ou attendre qu'ils partent. Mon choix était décisif. Je devais absolument prendre ma décision le plus vite possible. Je pouvais également prendre le mauvais choix et tout serait retombé contre moi. Si je réveillais l'officier, il aurait réveiller tout le monde et nous serions tous sortir. Ce n'est peut-être que quelqu'un de notre groupe qui faisait un petit tour car il ne trouvait pas le sommeil. Si je décidais d'attendre qu'ils partent, ce brigand aurait peut-être tout dérobés: nos armes, notre nourriture … Quand ils me demanderont si j'ai entendu quelque chose et que je répondrai oui, ils vont vouloir me tuer parce que je n'aurai rien fait.​

J'avais choisi de réveiller l'officier et le reste du groupe. Nous sommes tous sortis avec une arme. Il y avait en fait 3 hommes qui étaient partis dès qu'ils nous avaient entendu. Quelques gardes s'étaient mis à sa recherche car ils nous manquaient quelques armes que nous avions pris du village que j'ai essayé de défendre du mieux que je pouvais. Nous attendions depuis seulement quelques minutes et nous revîmes déjà nos soldats revenir avec les trois fugitifs et les armes volées. Nous reprenions la route maintenant, en pleine nuit, avec ces bandits pour les apporter à mon nouveau roi.​

Nous commencions à voir le château. Bizarrement, nos prisonniers commençaient à bouger de plus en plus, à gémir et imploraient leur pardon. Nous marchions de plus en plus vite. Je voyais enfin la façade du château. Elle était gigantesque, des dessins gravés dans la brique. Un pont-levis d'une quinzaine de mètres était couché au dessus d'un lac entourant tout le village. Sur les tours, des gardes faisaient des rondes pour voir si personnes n'arrivaient. Le point culminant de ce village était de 68 mètres ! Nous arrivions enfin au village. Je suis en même temps très heureux, je stressais, j'avais peur,... J'étais dans un état que je ne savais pas décrire tellement les sentiments ce mélangeaient. Je passais la grande porte. Je voyais des gardes partout, le village était très animé. Des passants passaient pour aller d'un côté à l'autre, revenant avec les mains pleines de nourritures, de tissus. J'entendais le bruit des forgerons qui tapaient sur le métal chaud pour essayer de forger des épées très tranchantes.​

« Nous sommes arrivés, Épitaphe va être très heureux de te rencontrer. Tu vas être escorté par huit gardes et les prisonniers vous suivront également. Tu vas les donner au roi car c'est toi qui nous a prévenu quand ils étaient là. »

J'arrivais devant la porte de son palais et j'ai toqué trois petits coups.​

« Entrez jeune homme. »
» Lien vers L'Éclaireur n°4
Auteur : Thierryc​

Deux gardes m'ouvrirent les portes. Le luxe et la puissance me choquèrent tout d'abord, partout on voyait des armes, des bijoux, de l'or. La cour se retourna et me considéra comme un cloporte. Je n'en étais pas vexé, c'était là l'attitude des nobles, qui ne savaient être avec autrui de caractère meuble, et qui préféraient de loin détester, haïr et taxer, qu'aimer, sourire et soulager ! Je devinai facilement que la richesse de ce royaume était l'armée, il n'y avait là rassemblés que des généraux et des guerriers, des concubines et des prostituées. Au centre de la salle, confortablement allongé dans son fauteuil, le roi que je reconnus à sa pesante couronne, semblait me toiser et m'inciter à venir vers lui. Ce que je me hâtai de le faire, accompagné du pas pressé des prisonniers, fuyant les lances de leurs geôliers. On mit en avant, selon un protocole qui m'était alors inconnu, les trois vaincus.​

« Des brigands, votre altesse », annonçai-je, tremblant, après un petit silence gênant.
« Je le vois bien, petit rien ! … Qui es-tu, tu ne fais pourtant pas parti de mes officiers, si ? Ou bien tu as été recruté dernièrement et accompli je ne sais quel acte méritant ? … Vas-tu parler ?! »
« Votre Majesté, veuillez me pardonner, j'ai cru qu'on vous avait donné un papier. Je viens de votre dernière conquête, j'étais là-bas, dit-on bon archer. Si bon que j'aurais empêché une troupe entière d'entrer dans l'enceinte, jusqu'au moment misérable de ma reddition. Vos sujets étoilés m'ont permis de rester auprès d'eux, mes faits ont semblé les convaincre que je leur serai utile. Se fut, semble-t-il, le cas, la nuit dernière, quand j'ai réveillé vos soldats, alerté par des bruits suspects et la vision de quelques intrus, j'ai ainsi empêcher ces voleurs de nous dépouiller. Ils sont maintenant remis à votre juste jugement ! »
« Ça alors ! Il sait si bien parler qu'on croit entendre là un de notre sang ! », commenta un grassouillet général, à droite.


La remarque fit frémir l'assemblée et sourire le Roi. Il paraissait que ce dernier concocter maintenant un grand projet pour ce nouvel arrivant.​
» Lien vers L'Éclaireur n°5
Auteur : DECAPITOR​

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Édition de Gandlalflerouge : Ajout du roman feuilleton du n°4 de la gazette.
 
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