Essai : Aventure sur GOLARION

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DeletedUser28483

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CHAPITRE 1

Vink’lar Nain de son état, et solide combattant expérimenté, avait déjà connu, lui et sa fidèle hache, Herrana de Myrte, nombre de rencontres déplaisantes au cours de plusieurs périples souvent désagréables et sanglants.

Il venait de passer une très mauvaise nuit, à cogiter sur tous les détails du voyage qui attendrait ses amis et lui, et notamment :
- Les contrées sauvages à traverser,
- la destination, un vieux monastère au pied du volcan endormi de Drognar,
- Et tous les dangers qui ne manqueraient pas de donner lieu à nombreuses complications.

Le destin avait voulu que lui et ses compagnons arrivent dans le village de BOISCENDRE, dans les profondeurs au Nord Ouest de Nirmathas et à plus de 400 kms à l’Ouest de Korvosa en Varisie.
Il y a encore de cela trois semaines, Vink’lar contemplait, en sirotant une bonne bière, la baie du Conquérant, dans un petit village de pêcheur de la côte à proximité de Korvosa.
Puis, ses compagnons et lui-même avaient rallié cette grande cité, avec pour objectif d’embarquer sur un navire pour retourner à Absalom, sur l’ile de Kortos.

Ses Compagnons, justement, au nombre de 3, sont devenus pour lui, au fil du temps et des aventures, des associés aussi efficaces que redoutables.
Il y a Elannah, la demi-elfe, magicienne, intelligente et tacticienne hors paire.
Faire frire les yeux de Kobold, dans leur orbite, est son passe-temps favori. Il est vrai qu’un groupe de ces petites monstruosités ont été les responsables de la mort de sa mère… D’où une légitime rancœur que peut porter Elannah à l’égard de ces créatures qu’elle considère comme des « mollusques du bulbe incapable de voir un danger devant eux lorsqu’il se présente… »

Gour’kok, Demi orc, est une brute de 2.20 m capable d’écraser, sous un seul de ses poings, tout gobelin désireux (il arrive en effet, qu’exceptionnellement, un suicidaire se présente) de vouloir démontrer son courage… à moins que ce ne soit sa bêtise… A défaut de poing, une épée large imposante peut également dissuader tout dérangeur potentiel, et lui faire passer son chemin…

Et enfin Farbround, gnome doté d’une habileté, d’une science de la discrétion ainsi qu’une capacité à s’adapter à un environnement hostile qui en ont font l’un des meilleurs roublard au nord de la Mer Intérieure.

Cette fine équipe a connu nombre de situations depuis maintenant une bonne dizaine d’années.
A part quelques égratignures et estafilades, bien légitimes au regard des adversaires et des pièges rencontrés, tous les quatre ont su survivre et amasser trésors et richesses.
Malgré cela, pour ces quatre personnages hors du commun, il est difficile de résister à l’appel de l’aventure.

Et, justement, par un après midi pluvieux, le lendemain de leur arrivée à Korvosa, un prêtre d’un culte aussi obscure qu’inconnu leur proposa de rallier le monastère de Ad’Marla, au pied du volcan de Drognar. Oublié le retour vers Absalom, malgré un mauvais pressentiment sur cette affaire ayant traversé l’esprit de Vink’lar.


Vink’lar regardait donc au loin, à cette heure précoce de la matinée, les monts de l’Esprit. C’est dans cette chaîne de montagnes que se situer leur futur objectif.
Autour de lui, le village de BOISCENDRE était encore endormi. L’horizon commençait seulement à s’éclaircir…
Dans l’auberge du Gai Menestrel, seul MARGUIL et sa femme, la belle Ylonna, préparaient, dans leur cuisine du rez-de-chaussée, le déjeuner de leurs clients, les compagnons de Vinkl’ar et lui-même, ainsi que les villageois.

A Korvosa, le prêtre, dont il avait oublié le nom imprononçable, les avait informé qu’un architecte de sa foi devait les retrouver à BOISCENDRE, avant de poursuivre leur chemin vers ce monastère.
Or, cela faisait maintenant deux jours qu’ils l’attendaient. D’après ce fameux prêtre, c’est hier que leur soi-disant guide aurait dû les contacter…
MARGUIL et sa femme leur avaient indiqué qu’aucune personne d’un culte quelconque ne s’était présenté dans le village depuis au moins deux mois.

Ils avaient donc décidé d’attendre, la prime rondelette promise et déjà versée à moitié, aidant fortement à prendre cette décision.

Un rire bien gras et sonore… de Gour’kok le tira de ses sombres pensées…
Il serait judicieux de rejoindre ce bruyant compagnon avant qu’il n’ait exterminé toutes les victuailles de la table, voire de l’auberge, avec son féroce appétit… Un sourire aux lèvres, il imagina le désarroi de MARGUIL, quand bien même l’or compenserait cette dévastation gastronomique…

Lorsqu’il rentra, Elannah descendait les escaliers de l’auberge. Un hochement de tête pour se souhaiter mutuellement le bon jour, et les deux comparses se dirigèrent de concert vers la table où les attendaient Gour’kok et Farbround.
Comme imaginé, MARGUIL contemplait avec des yeux exorbités, la tornade verte qui engouffrait toutes les denrées présentes sur la table à une vitesse défiant les lois de la digestion.
Malgré le fait qu’il s’agisse du troisième repas pris dans l’auberge par l’équipe, le patron du lieu ne parvenait toujours pas à se faire au spectacle qui s’offrait à lui.
L’arrivée d’Elannah et de Vink’lar sortit MARGUIL de sa stupeur. Immédiatement, celui-ci se dirigea vers la cuisine de son établissement, afin de ravitailler de nouveau, la tablée.

Après une bonne heure de bombance, l’équipe fut rassasiée, et le garde manger du Gai ménestrel dramatiquement vidé, ou presque.

Entre-temps, les premiers clients autochtones s’étaient emparés de certaines autres tables, et contribuaient eux aussi à vider ledit garde manger.
Les premiers rayons du soleil éclairaient maintenant la salle de l’auberge. La journée connaîtrai un ciel d’un bleu limpide et sans nuage.

A cet instant, la porte s’ouvrit dans un grand fracas.

Tous les clients attablés tournèrent aussitôt leur tête vers la porte, où pénétrait le prévôt du village, un certain Garnet.
Celui-ci s’exclama, un peu essouflé, d’une voix forte :
« Le Ruppet z’y a trouvé un cadavre à une demie lieue du village, à l’ouest. »

MARGUIL, puis Ylona, sortirent de leur cuisine consécutivement au bruit provoqué par cette entrée précipitée.

Une discussion animée s’engagea entre les habitants du village pour déterminer la stratégie à adopter devant cet événement inattendu.

De leur côté, le groupe de Vink’lar tendait leurs oreilles pour capter la moindre information, et déterminer eux également la conduite à tenir.
Ainsi, parmi les bribes de phrases :
« Le ruppet, z’y a déguerpi aussi vite que ses jambes pouvaient le lui permettre après avoir vu un tel carnage… Y’avait été dévoré à demi par une bête inconnue…Z’y faudrait aller voir de quoi qu’il retourne exactement pour savoir quel danger peut s’abattre sur le village cette nuit… »

C’est à ce moment qu’un tonitruant :
« VOUS BILEZ PAS LES MAIGRICHONS, NOUS SOMMES LA ! ! ! MES COMPAGNONS ET MOI MEME ALLONS ECLAIRCIR CE QUI SE TRAME… JE NE LAISSERAI QUICONQUE MENACER MES INSTANTS DE DEGUSTATION GASTRONOMIQUES DANS CETTE MERVEILLEUSE AUBERGE… MAITRE MARGUIL PRESENTEZ MOI A MONSIEUR LE PREVOT… »

Que dire des pensées de Vink’lar à cet instant… En tant que meneur de son petit groupe, l’éventualité d’une présence aussi discrète que possible venait de s’évaporer comme la légère brume planant sur les champs en ce matin d’été…

Que dire également des sentiments des divers habitants participant à la discussion, lorsqu’ils furent interrompus par cette intervention aussi bruyante que soudaine.

Quant à la salle de l’auberge, elle était désormais aussi silencieuse qu’un tombeau en Osirion, une fois le défunt enfermé dans les profondeurs de sa pyramide…

Comme à l’accoutumé, ce fut Farbround, de son ton nasillard, qui rompit cet instant où même les mouches se seraient trouvées bruyantes… « Mon cher Gour’kok, je me demande comment nous pourrions découvrir les charmes environnants des villages inconnus des grands de ce monde, sans tes promptes interventions et ton sens à aider ton prochain sans y avoir un quelconque intérêt. »
Et Elannah de poursuivre de sa voix douce et chantante :
« OOOOh, Farbround, tu sais bien à quel point son hardant désir de rendre service peut conduire Gour’kok à intervenir dans les affaires des plus faibles que lui… »

Et Vink’lar de conclure avant la réaction des villageois :
« Mais pourquoi a-t-il fallu que nous rencontrions ce prêtre à Khorvosa, alors que nous aurions pu, et dû être à Absalom… »

Les habitants du village, remis de leurs émotions, acceptèrent cette aide providentielle.
Et nous retrouvons donc nos 4 compagnons se dirigeant d'un pas tranquille vers le lieu de la sinistre découverte faite par Ruppet...

Pour être plus précis, Farbround avait proposé de partir en éclaireur, avant que les villageois n'aient enfin décidé qui parmi eux accompagnerait ces étranges aventuriers.

Gour’kok fermait la marche du petit groupe, composé également de Vinkl'ar et Elannah, ainsi que trois villageois, MARGUIL, Garnet et un certain Endaran.

Le soleil réchauffait à présent de ses ardents rayons la campagne environnante.

Le chemin dans la forêt, marqué par le passage de nombreux chariots, était agréable. Le chant des oiseaux et la brise légère qui soufflait aurait pu faire oublier l'objectif désagréable à atteindre. Car malgré leur apparente décontraction, Vinkl'ar et Elannah étaient particulièrement attentif à leur environnement.
Quant à Gour'kok, son air "attentif", aurait fait frêmir le plus courageux chevalier de la cour de Korvosa.
Inutile de décrire le visage des trois habitants les accompagnant, aussi terrorisés que persuadés de se rendre à leurs propres exécutions.

Comme une main sombre, le silence s'abbatit sur ce coin de forêt, informant que le groupe était parvenu à destination.

Comme avait pu le décrire Ruppet... Ou plutôt, ses tentatives... le cadavre apparu sur le bord du chemin.

"Elannah, examine le corps. Gour'kok... mmmh continues ce que tu fais...
Messieurs, puis-je vous proposer de tenter de reconnaître le...défunt ?"

Pendant que Vink'lar examinait les environs immédiats, Elannah étudiait minutieusement le corps.
Les villageois, devenus de plus en plus blancs au fur et à mesure de leur avancée, devinrent, bien que cela fut difficilement imaginable, encore plus blancs à la vu du cadavre et surtout de son état.

Aucun des trois ne reconnurent qui était la victime... Et pour cause... La tête du malheureux avait dû décider de poursuivre, seule, son chemin vers la destination qu'il s'était fixée de son vivant...
Aucune trace d'elle aux alentours.
A moins qu'un plaisantin fort sanguinaire ait trouvé agréable de s'en faire un trophée...

Elannah s'approcha de Vink'lar...
"Il y a des traces de morsures de canidés... Son bras gauche a été dévoré... son torse à moitié aussi... Quant à sa tête, elle a été arrachée...
La magie a également été à l'oeuvre ici... récemment... Il s'est défendu et y a eu recours... sans succès visiblement...
Au moins un de ses adversaires en a fait usage. Et le sort utilisé l'a propulsé à plus de vingt mètres en lui fracassant sa colonne vertébrale contre cet arbre derrière lui.
Il était encore vivant à cet instant... plus ou moins... Ensuite, on lui a arraché la tête à vif..."

Le regard de plus en plus sombre, Vink'lar poursuivit :"Tu as encore beaucoup de bonnes nouvelles à m'annoncer !!!
Elannah : " Quelques unes... mais à ta mine, je devine que tu n'en seras pas avare non plus..."

Vink'lar : "En effet, je n'ai trouvé aucune empreinte dans le secteur... même à vingt mètres.
Qui ou quoi que ce soit, il a pris le temps d'effacer soigneusement sur le sol son passage...et aussi celui de ces fameux canidés... Mais pas les crottes de corbeaux qui sont venus après. Par contre, les corbeaux ne sont plus là alors qu'ils devraient encore l'être...à se repaître du cadavre...
Il est très étrange aussi que les assassins aient laissé le cadavre ainsi... avec toutes les traces qui se trouvent dessus, Toute personne ayant un oeil entraîné, pourra deviner, voire déterminer comment ce forfait a été commis... Vas-y, continues de me rassurer..."

Elannah : "Et bien, des marques magiques ont été dessinées sur son torse... avant que le cadavre ne soit abandonné à ces canidés, puis aux corbeaux... Il en restent quelques-unes... Comme tu peux l'imaginer, ca n'avait pas comme objectif de le ramener à la vie... Malheureusement, je ne peux pas déterminer quels peuvent être les responsables de cette boucherie... Par contre, ces marques ont dû servir à lui retirer la tête... Et peut être même à ce que la tête du malheureux soit encore... euh... vivante... ca doit être pratique d'avoir une tête qui parle pour guide... Un peu sanguignolant peut être...Oui... j'arrête...
Ah oui, j'allais oublier... Il porte les mêmes sandales que le prêtre de Korvosa... Tu me diras qu'il n'y a pas que les prêtres d'un culte obscure à se promener en forêt en cette saison... Mais il n'y a bien que les prêtres à marcher en sandales sur des chemins infestés de ronces, et avoir les pieds et les mollets en sang durant tout un long voyage... pour faire pénitence sans doute..."

Vink'lar : "La prochaine fois que je te demanderai de me rassurer, je te saurais gré d'au moins éviter de me confirmer que cette affaire sentait mauvais depuis le début..."

Elannah : "J'adore quand les poils de ta moustache se hérissent légèrement lorsque tu t'agaces... Nombre de tes victimes, si elles avaient connu ce détail sur ta personne, auraient judicieusement évité de croiser ton chemin..."

Vink'lar : "Attendons Farbround, espérons qu'il aura trouvé quelques indices... Et on décidera de la marche à suivre ensuite..."


En attendant le retour du roublard, la victime fut emballée dans un vieux drap, et posée sur le dos du seul être vivant complètement indifférent à ce qui se tramait devant lui... une mule...

Les villageois reprirent quelques couleurs... et retrouvèrent même leur voix. Pendant que Vinkl'ar leur décrivait des évènements "enjolivés", Elannah tentait de déterminer ce qui avait servi à faire disparaître toutes les traces des assassins.

Farbround ne tarda guère à apparaître...sortant des fourrés à moins de 25 mètres de distance, à l'image d'un prédateur silencieux... transportant sur son épaule gauche, tel un sac de couchage... Une petite personne habillée d'une cape noire.

Vink'lar : "Dis moi Farbround, tu as trouvé un de tes congénères plus petit que toi, ou as-tu décidé de te lancer dans l'adoption..."

Gour'kok : " une nouvelle recrue !!! Tu vas lui apprendre à se servir de ton lance cure-dents ???

Farbround : " Toujours le mot pour rire... tous les deux... ca s'appelle une arbalète Gour'kok, une petite arbalète certes, mais une arbalète quand même... Et il n'y bien que toi pour considérer les traits de cette arme comme des cure dents..."
Farbround posa son précieux paquet sur le sol. Et reprit :
"Je l'ai trouvé dans une petite doline à une lieue d'ici... C'est une enfant elfe... Elle est vivante, mais endormie... Je ne suis même pas parvenu à la réveiller..."

Elannah fut la première à la prendre tendrement dans ses bras, et à l'examiner de près.

Gour'kok : " Seules les limaces vertes (expression lui étant toute personnelle pour désigner des gobelins) peuvent avoir un peu peur de tes nettoyeurs dentaires..."

Vink'lar : "Et sinon... ?"

Farbround : " J'ai trouvé deux séries d'empreintes... Une venant de l'Ouest, deux personnes, une grande et une petite... probablement elle et notre cadavre... J'ai suivi leurs traces sur 2 lieues... puis elles s'eclipsent, pour réapparaître à 500 mètres d'ici, mais seulement les pas de notre cadavre, qui re-disparaissent à 200 mètres d'ici...Quant à la doline de la filette, elle se trouvait à une lieu d'où tu te trouves.
Comme tu as pu le remarquer toutes les traces ont été effacées ici...
La seconde serie d'empreintes vient de l''Est, et rejoignent les autres à 500 mètres... 2 personnes en bottes. Ils ont attendu quelqu'un. Je n'ai repéré aucune trace de canidés... alors que notre cadavre a eu le déplaisir d'être leur hors d'oeuvre..."

Vink'lar : "Pourquoi hors d'oeuvre ?"

Farbround : " Parce que les corbeaux ont servi de plat de résistance... Il y a au moins les restes des corps de 25 de ces volatiles à deux lieues à l'Est de là...dévorés par des canidés compte tenu des traces de dents sur les os qui restaient...Mais là encore aucune trace de pattes"

Vink'lar : "Je ne connais pas de canidés volants ou suffisamment légers pour ne pas laisser de traces... Et pourquoi ces volatiles se trouvaient là-bas alors qu'ils devraient être ici ?"

Farbround : " Je n'ai point la réponse à cette question...pour le moment..."

Vink'lar : "Elannah ?"

Elannah : " La petite est seulement endormie. C'est un sort de sommeil... Je peux le rompre très facilement, mais il vaut mieux attendre d'être au village pour qu'elle soit moins effrayée... Je suppose que tu souhaites que j'aille examiner les volatiles ?"

Vink'lar : " Exact. Gour'kok va t'accompagner. Faites attention, nous ne sommes peut être pas seuls dans cette forêt... Et leurs objectifs ne sont pas forcément atteints. Rentrez le plus vite possible. n'engagez le combat que si vous y êtes contraints. Moi et Farbround retournons au village pour raccompagner les villageois et notre belle endormie."

c'est ainsi que nos quatre amis se séparèrent. La journée n'était pas très avancée, mais elle avait commencé fort désagréablement... Et promettait d'être longue... Quant à la nuit...


Le retour vers Boiscendre se déroula dans un silence pesant. La forêt retrouva son ambiance, et les oiseaux leurs voix.
MARGUIL et Garnet discutaient des dispositions à prendre pour la nuit à venir.
Le troisième villageois ouvrait la route, sur le qui vive, sa lance prête à s’abattre sur le premier danger venu.

C’est Vink’lar qui portait la fillette dans ses bras. Il aurait été malvenu de la poser sur le dos de la mule, en compagnie d’un cadavre.
La Mule marchait à côté de lui, transportant son chargement macabre. Farbround fermait la marche…


Très peu de temps après être sortis de la forêt, et une fois le sommet de la colline le surplombant atteinte, le village se matérialisa devant eux. Il n’était pas loin de midi.
Vink’lar, en remarquant toutes les colonnes de fumée s’échappant des cheminées des maisons, se représenta de petits serpents à l’assaut de l’astre du jour, avec la volonté de l’étreindre… dans quel but… il préféra ne pas se l’imaginer…

Les guetteurs du village ne s’étaient pas endormis… La cloche du temple résonna pour annoncer leur retour prochain. A l’entrée du village, un attroupement commença à se former.
MARGUIL et Garnet hâtèrent leurs pas pour être les premiers à y pénétrer et apporter les informations recueillies.

Le village, justement, riche de 300 âmes, était muni d’une solide palissade de bois. Pour se protéger des bêtes sauvages et des autres dangers que la région pouvait abriter, ce n’était pas un luxe.
Quelques fermes étaient réparties tout autour de l’enceinte.

Vink’lar, Farbround et la Mule entrèrent dans le village alors que les discussions allaient bon train entre tous les habitants.
La mule fut interceptée par un certain Horzak, le maréchal-ferrand de la bourgade. Vink’lar, et Farbround se dirigèrent vers le Gai Menestrel, poursuivis par Ylonna, rassurée par le retour de son époux.

Une fois à l’intérieur de l’auberge, Ylonna emprunta les escaliers, puis s’orienta vers une chambre, Vink’lar sur ses talons. La fillette fut étendue dans un lit, et installée le plus confortablement possible. Elannah, une fois revenue, se chargerai de la réveiller.
De son côté, Farbround s ‘était assit à une table au rez-de-chaussée dans la salle, où seuls les crépitements du feu dans l’âtre de la cheminée brisaient le silence.

Vink’lar redescendit, et se posta sur le pas de la porte, témoin silencieux de la discussion de tous les villageois qui s’étaient déplacés sur la place principale devant l’auberge.


Pendant ce temps là, Elannah et Gour'kok avaient atteint le lieu souhaité… sauf qu’ils avaient été devancés par une petite troupe de Gobelins en train de terminer les restes des corbeaux.
Dissimulés à la vue de ces “ limaces vertes ”, nos deux compagnons observés discrètement.

Elannah murmura : “ ils vont dissiper dans leurs estomacs les dernières traces de magie, pour autant qu’il en reste… ”
Gour'kok : “ Ils ne sont que 6… j’en prends trois avec le bras gauche, et les autres avec le droit… Toi… Tu regardes… A moins que tu ne veuilles les endormir… ”

Elannah : “ Si j’utilise ma magie, elle effacera la précédente. Nous serons venus pour rien, hormis admirer un tas de squelettes d’oiseaux… ”

Gour'kok : “ Bon, je veux bien t’en laisser un… J’ai une petite faiblesse dans le bras droit… J’ai dû dormir dessus cette nuit… ou j’ai pas encore totalement digéré mon petit-déjeuner.”

Elannah : “ On se demande bien pourquoi… ”

Gour'kok : “ Bon, j’y vais, suis moi… J’te laisse ceux qui seront encore debout après un passage… ”

Lorsque Gour’kok se leva et commença à se précipiter sur ses futures victimes, celles-ci étaient concentrées sur leur pitance du jour.
Mais, dès qu’il hurla : “ A VOS ARMES TAS DE LIMACES BAVEUSES ! ! ! ”, il capta toute leur attention.

Avant que Gour’kok ait fini son dernier mot, la tête d’un premier gobelin, violemment décapitée, s’essaya à une transformation entre les branches des arbres environnants, rappelant le bourre-tête, un des sports en vogue chez les Orcs. (*)

Le second gobelin, écrasé et foulé du pied, dans la seconde suivante… n’eut pas plus de chance de réagir ou de défendre sa pauvre vie…

Le troisième, parvenu à saisir son tranche-chien (arme favorite des gobelins), tenta de parer l’épée large de Gour’kok… Cela n’eut pour résultat que de voir son arme se ficher dans son propre crâne après avoir rebondi sur l’épée large, pendant que celle-ci poursuivait sa course et trancher en deux le corps de la pauvre créature…

Grâce à son arc, Elannah abattit aussi proprement que promptement un quatrième gobelin… encore pétrifié par l’assaut de Gour’kok. Désormais, ce pauvre gobelin, était fiché telle une poupée de chiffon, dans le tronc de l’arbre sur lequel il était appuyé avant l’attaque.

Il y avait bien un cinquième gobelin, hors d’atteinte de Gour’kok ou d’Elannah, mais celui-ci était en train de se traîner au sol et tenter d’éviter de s’étrangler avec un os de corbeau, ayant malencontreusement emprunté un mauvais trajet pour rallier l’estomac de ce suicidaire gastronomique…

Enfin, le sixième eut le génial réflexe de prendre la fuite… presque réussie d’ailleurs, mais seulement durant les 3 secondes que dura le vol de l’épée large de Gour’kok jusqu’à ce que celle-ci se fiche dans son dos en le traversant de part en part…

Le silence pesant qui avait accompagné Gour’kok et d’Elannah sur leur trajet, avait repris ses droits dans ce coin de forêt…
Le combat n’avait pas duré 1 minute…
Gour’kok rejoignit tranquillement sa dernière victime pour reprendre sa fidèle “ GRANDE TRANCHEUSE ”, et la nettoya sur l’herbe environnante.

Elannah se dirigea sur les ossements des corbeaux pour les étudier de près.

Un dernier râle s’échappa du cinquième gobelin. Il avait désormais rejoint ses ancêtres…
Gour’kok se planta à l’aplomb du malheureux :
“ Peuh ! ! ! Si c’est pas malheureux de voir cà … Vaincu par un piaffe… mort … ”

Puis se mit à surveiller de son regard les alentours…Et rigolant intérieurement :
“ hu, hu, hu… S’il y a une vie après le trépas pour les gobelins, ses partenaires vont mourir une deuxième fois… de rire cette fois-ci… ”

Pendant ce temps là, Elannah avait commencé à incanter un sort pour l’aider à démêler le mystère entourant la mort des volatiles. Puis, durant plus d’une heure, elle examina toute la zone. Enfin :
“ Allez Gour’kok, on peut repartir, j’ai appris tout ce qu’il était encore possible d’apprendre… ”

(*) Le bourre-tête ” : activité pratiquée par les orcs après une bataille, où les têtes des vaincus servent de ballons. Chaque équipe est composée de 10 “ joueurs ”. Chaque “ joueur ” récupère une tête de vaincu sur le champs de bataille (d’un mort, ou d’un vivant) . Il y a deux manches.
Au cours de la première manche, les “ joueurs ” de la première équipe ont comme objectif d’amener les têtes de leur équipe :
- soit au-delà d’une ligne imaginaire (2 points – dit marquage),
- soit de les envoyer au dessus de l’arbre de l’équipe adverse (avec le pied – dit transformation )
- soit tenter d’assommer un de ses adversaires avec ( 2 points si ko– dit la bourre) .
Après avoir fait le décompte des points de la première équipe, c’est la seconde équipe, dans la seconde manche, qui passe à l’attaque avec ses dix têtes à elle…
Petite subtilité : Seule la tête d’un général vaincu adverse permet de doubler les points du joueur la possédant. Cette dernière règle contribue souvent à alourdir le bilan d’une bataille côté orc. En effet, chaque orc désirant hardemment la posséder, fait abstraction de toute prudence pour l’obtenir, que ce soit en cours de bataille ou après.
 

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CHAPITRE 2 :

Au village de BOISCENDRE, les discussions s’étaient achevées sur un consensus… Il fallait étudier attentivement la situation en conseil du village, dés cet après midi, au sein du bâtiment tenant lieu de salle de réunion, le rez-de-chaussée de l’auberge du gai ménestrel.

Vink’lar et Farbround prirent un repas léger à l’auberge. Dans la salle, les discussions des autres clients étaient axées sur la découverte du cadavre et la mission de recherche du matin.
Nul client ou villageois n’interrompirent le repas de nos deux compères.

Une fois leur repas achevé, tous les deux se dirigèrent vers les portes du village pour attendre Elannah et Gour’kok.

Ils rencontrèrent Garnet, qui leur indiqua qu’il les informerait des décisions qui seraient prises.
Garnet en profita pour tâter le terrain, et savoir dans quelle mesure Vink’lar et ses partenaires souhaitaient s’investir dans la défense du village.
Pour la nuit à venir, Vink’lar n’était pas opposé à aider les villageois. Par la suite, une décision devait être prise quant à l’avenir de la fillette, mais aussi le leur. Les événements de la nuit contribueraient peut être à aider pour prendre ces décisions.

Ils continuèrent leur chemin. Arrivés aux portes, Vink’lar alluma sa pipe, instrument indispensable à sa bonne digestion et pour sa concentration de début d’après-midi.
Farbround, lui, taillait avec son couteau une petite figurine dans un morceau de bois ramassé lors du trajet depuis Korvosa.

Adossés à la palissade de bois, leur attente ne fut pas bien longue.

La magicienne et le demi-orc apparurent au sommet de la colline. A cette distance, la demi-elfe paraissait plus que menue en comparaison de la carrure impressionnante de Gour’kok.
Arrivés à la porte, sans un mot, Vink’lar sut que les nouvelles n’étaient pas réjouissantes, et ceci uniquement en croisant le regard d’Elannah. Et un simple coup d’œil à Gour’kok lui apprit que le nombre des victimes du demi-orc avait connu une certaine inflation…

Vink’lar : “ Venez prendre un repas pour vous remettre de vos mésaventures… Ensuite, nous nous trouverons un coin tranquille pour discuter de vos découvertes. ”

Le petit groupe reprit le chemin de l’auberge, et l’atteignit alors que les villageois étaient en train de s’amasser à l’extérieur devant la porte principale. Tous les quatre orientèrent leurs pas vers la porte arrière de l’auberge (… il y a toujours une porte arrière dans ce genre d’établissement, et elle ouvre inévitablement sur les cuisines…) et pénétrèrent dans la cuisine du gai ménestrel, où Ylonna finissait de nettoyer vaisselle et marmites en compagnie de Hal’na, une jeune aide et cousine de MARGUIL.

Les compagnons s’installèrent à la grande table de la cuisine, et Ylonna servit deux repas pour Elannah et Gour’kok. Le demi-orc se releva plusieurs fois pour étudier de plus près la marmite encore chaude, et notamment son contenu…

Le brouhaha qui naquit lors de l’entrée des villageois dans la grande salle à côté, apprit aux 6 personnes présentes dans la cuisine que la réunion allait bientôt débuter.

C’est Farbround qui rompit le silence en premier : “ Je suis rassuré de constater que tes péripéties du matin n’ont pas entamé ton solide appétit Gour’kok…
Gour’kok : “ Il faut plus que 4 limaces immobiles et une suicidaire pour me le couper… Grande Trancheuse aurait pu s’en charger seule tant ces pitoyable créatures avaient l’air endormis.
Vink’lar : “ Etonnant de rencontrer des gobelins dans ce coin, généralement ils sont plus à l’Ouest, en Varisie… ”
Farbround : “ Ils étaient sans doute désespérés d’avoir constater que leur idole avait quitté leur Varisie natale… Ils ont dû décider de s’offrir un petit voyage pour te rejoindre mon très cher Gour’kok… ”
Gour’kok : “ Et bien, ils ont pas été déçus du voyage ! ! ! Sauf un, qui pourra toujours se plaindre aux corbeaux de n’avoir pas eu l’honneur de goûter à l’acier de Grande Trancheuse… ”
Elannah : “ Je crains bien que ta réputation de dévastateur de gobelins ne soit en rien responsable de cette rencontre sanglante et fatale, Gour’kok… Ils fuyaient quelque chose, ou quelqu’un… et étaient affamés pour qu’ils en soient réduits à ronger les os de corbeaux… ”
Gour’kok : “ Ils chanteront ma force et mon talent de guerrier à leurs ancêtres, maintenant qu’ils les ont rejoints… ”

C’est à ce moment, que nos quatre compagnons remarquèrent Ylonna et Hal’na, les yeux quelque peu exorbités devant le récits de ce combat…

Vink’lar : “ Je crois qu’il serait opportun de se trouver un petit coin tranquille à l’ombre d’un arbre et profiter du soleil de ce joli après-midi estival ”

Sur ce, tous les quatre se levèrent et quittèrent l’auberge par derrière, en vue de découvrir leur point de chute.

Non sans que Gour’kok, en sortant, ne s’adresse à la maîtresse des lieux :
“ Votre ragoût était un délice chère Ylonna, mes papilles se délectent d’avance à l’idée de déguster le repas que vous aurez préparé ce soir… ”

Et Ylonna de répondre : “c’est toujours un plaisir de satisfaire des clients exigeants comme vous Messire Gour’kok… ” Et de penser lorsque la porte ce fut refermée sur cet impressionnant personnage … Si ses ennemis subissent le sort qu’il réserve à mes ragoûts, ils doivent sérieusement songer à leurs préparatifs pour quitter notre continent… Cette idée contribua à la rassurer… Contre les dangers émergents dans la forêt en ce jour d’été, nulle doute que qui qu’ils soient, ils y regarderaient à 2 fois avant de quitter leur territoire et menacer le village…

Deux yeux en amande, d'un rouge vif, observait BOISCENDRE sous la frondaison des arbres, depuis une petite colline au Nord du village.
A ces pieds, six créatures soumises, et ventre à terre, se prosternaient devant leur maître… dans l’attente de son prochain ordre.

Son attention fut attirée par la sortie de quatre silhouettes débouchant de l’entrée principale de l’enceinte entourant ce groupe d’habitations… Et plus précisément par la présence d’une native elfe… ou à moitié au moins…
Une voix grave et caverneuse s'échappa d'une bouche fermée : “ … mmmhhh, une magicienne…. Intéressant… ”

Une des masses qui se prosternait se releva, et annonça d’une voix tremblante : “ Malgré tous nos efforts, la petite reste introuvable, mon Maîiiiittttre… Nous avons parcouru une bonne partie des bois environnant sans parvenir à découvrir la moindre trace de son énergie vitale… Nou…”

La misérable créature, un kobold, fut écrasé par une masse invisible aussi instantanément qu’inexorablement.
La fin de son existence s’acheva dans un crépitement noir… Il ne resta plus aucune trace de l’être vivant qui se tenait là quelques secondes auparavant.

“ Ces larves ont décidément bien du mal à savoir respecter le pouvoir… Elles ont une fâcheuse tendance à beaucoup parler de leurs échecs, et très rarement de leurs succès…ces derniers temps…

Les cinq créatures restantes auraient donné cher pour qu’il soit possible de se prosterner sous les tas de feuilles environnants. Aucune d’elles n’osa soulever ne serait-ce qu’un sourcil… Figées comme elles l’étaient, même un rocher aurait semblait interpréter un ballet virevoltant.

L'être aux yeux rouges appela : "... Varim..."
Une des deux silhouettes encapuchonnées qui se tenaient, telles deux piliers soutenant la voûte céleste, s'avança. A première vue, revêtu d'une armure de cuir et armé d'un cimeterre, celui-ci ressemblait à un banal soldat...

"Oui, mon seigneur"

" Que peux tu me dire à propos de ces quatre... invités surprises ?"

"Ils ont accompagné les villageois ce matin pour récupérer le cadavre du vieux sénile. On s'est désintéresses d'eux afin de nous concentrer sur la recherche de la fillette."

" Mon cher Varim... JE... décide de ce qui est important... Tu aurais dû me prévenir de leurs présences... Quant au vieux sénile, comme tu le nommes, si je n'étais pas intervenu... VOUS seriez tous réduit en un tas de plantes vertes pour nourrir les moutons de ces pitoyables humains... ah, oui j’oubliais… Tu es toi-même une de ces pitoyables créatures… ”

Une poigne invisible se referma sur le soldat, l'obligeant à se prosterner...à son tour... la tête plongée dans l'humus de ce coin de forêt...

"Tu es peut être l'un de mes meilleurs serviteurs Varim, mais ton manque de respect répétitif à mon égard commence à m'ennuyer... Et tu sais à quel point cela pourrait être navrant pour toi, voire FATAL..." Ce dernier mot fut craché telle une sourde menace...

Comme elle était venue, la main invisible se dissipa... Varim repris sa respiration après avoir tenté vainement d'aspirer de l'air à travers les feuilles et la terre, désormais devant ses yeux...

"Choisis quatre de tes meilleurs hommes, et accompagnes les pour surveiller ces importuns. Et... Varim... pour ton bien... Tiens moi au courant de ce que tu apprendras..."

"Ou.. oui, mo.. mon seigneur" s'exprima Varim d'une voix encore à bout de souffle. Celui-ci se releva rapidement et pris la direction du campement afin de respecter au mieux les volontés de son maître.

"... Parmar..."... La seconde silhouette, debout et immobile jusqu'alors, s'approcha avec une grâce féline. A la différence de Varim, il ne fit aucune courbette ou révérence... Son maître n’en fut pas pourtant agacé.

"... TU reprends les recherches avec cette bande de cloportes à tes côtés... Je veux la fillette pour ce soir...Demain matin, au plus tard…
Quant à vous (s’adressant aux kobolds) Ne me décevez pas... Sinon, il se pourrait que les moutons de ces humains aient de quoi remplir généreusement leurs panses..."

L'être aux yeux rouges, commença à se mouvoir vers l'objectif qu'il s'était fixé... faire avouer à un vieux sénile, ou plutôt à une partie de cette personne, le lieu où il avait bien pu dissimuler cette enfant elfe dont l’importance n’avait échappé à aucun des êtres présents dans ce coin de bois.

Une fois que leur maître eut quitté le lieu, et qu’ils en aient la certitude surtout, les cinq kobolds restant se relevèrent. Dans un langage draconique, Parmar donna des instructions, puis tout le groupe prit également la direction du campement.



Vink’lar fut le premier à franchir l’entrée du village. Suivi de Farbround et Elannah, Gour’kok fermant la marche, encore une fois.
Vink’lar opta pour une petite colline au Sud-est du Village. Ils quittèrent la route, et empruntèrent une petit sentier qui remontait la pente de ladite colline.
A mi-chemin, Elannah ne put s’empêcher d’éprouver un frisson… comme si quelqu’un l’observait… Pour autant, elle se força à ne pas se retourner.
Elle n’était pas la seule à avoir ressenti cette impression. Elle croisa le regard de Farbround, puis celui de Gour’kok, qui étaient parvenus à sa hauteur.
C’est Vink’lar qui rompit en premier le silence. Il avait ralenti pour attendre ses compagnons, sans se retourner aussi : “ Oui, je sais… On nous observe depuis que l’on est sorti de BOISCENDRE. Et ce ne sont pas les vigies du village…”

D’un commun accord, les quatre compagnons poursuivirent leur courte ascension, et arrivèrent sous la frondaison des arbres, hors de vue de celui ou ceux qui les épiaient…
Gour’kok s’installa sur le tronc d’un arbre abattu récemment, pendant que, de sous le couvert des arbres, Vinkl’ar et Elannah observèrent l’horizon de collines qui leur faisait face.
Farbround, lui, sortit son drôle d’instrument d’observation de son sac et scruta la même zone : “ … Là ! ! ! ”

Le gnome désigna le sommet d’une colline au nord du village.

Les 4 paires d’yeux captèrent les mouvements de 6 silhouettes en train de se relever d’une position… étrange… vu de ce côté du village.
Farbround : “ … C’est comme si ils avaient été à plat ventre dans les feuilles… Sans possibilité de pouvoir nous voir… Et puis ils sont aussi discrets qu’un troupeau de Fernworn (*) à la saison des amours ”
(*) sorte de mammouth, très agressifs, dans les terres du roi de Linnorm, mais constituant également le plat de résistance de tout bon festin tribal.
Vink’lar : “ Je doute qu’ils soient les responsables de ce que chacun de nous a pu ressentir il y a quelques minutes de cela ”
Elannah : “ C’est même une certitude. Et cette impression vient confirmer ce que je redoutais. ”
Farbround : “ Il s’agit de 5 kobolds , et un humanoïde dont la nature reste indéterminée. Un être humain, peut-être… ”

Vink’lar : “ On connaît désormais l’origine des traces de morsures sur le cadavre. Rencontrer des gobelins dans le coin, passe encore… mais des kobolds, ils ne devraient même pas se risquer dans le coin. ”

Elannah : “ C’est qu’ils sont aux ordres d’un puissant personnage… ”

Vink’lar : “ Qui est… ”

Elannah : “ Un drow… plus connu sous la désignation d’elfe noir. ”

Vink’lar : “ Les rumeurs à propos de cette race, sont rares…et souvent dissimulées au commun des mortels. ”

Elannah : “ Il est très rare de tomber sur un drow à l’air libre. Généralement il se terre dans les ténèbres des grottes, lorsqu’il s’agit d’exilés. Ils n’aiment pas beaucoup la lumière du jour… Quant à leur histoire :
Les rumeurs parle de la ville de Celwinvian au Nord-Ouest de la Varisie. C’était une capitale Elfe avant le grand cataclysme. Une partie des Elfes de cette cité s’est réfugiée sous terre pour échapper à la destruction… Au fil du temps ils ont été corrompus par des forces obscures… présentes dans les entrailles de notre monde… Lorsqu’ils ont décidé de remonter à la surface, deux millénaires au moins s’étaient écoulés… C’est à ce moment qu’ils ont rencontrés leurs ancêtres, les elfes que nous connaissons, qui n’étaient pas descendus sous terre, qui avaient survécu et s’étaient aussi multipliés, une fois le grand cataclysme passé…. Leur rencontre fut terrible et sanglante… Depuis, les elfes continuent de contenir les drows sous terre… La guerre se poursuit…encore. ”

Vink’lar : “ Je crains que tu n’aies découvert quelque chose de plus… directement en lien avec ton côté maternelle… ”

Elannah : “ Ma mère était elfe, en effet… Elle m’a conté plusieurs histoires avec des drows… Qui ne sont pas des rumeurs… Et notamment celle d’un certain mage-général…Gnaxlal… Il a été défait lors d’une importante incursion des drows à l’air libre. Son armée a été repoussée, abandonnant dans son retrait, un champs de bataille jonché de cadavres… d’elfes et de drows… mais pas celui de Gnaxlal. Des témoignages ont prétendu qu’il était parvenu à s’enfuir avec quelques uns de ses lieutenants, et sa cour de laquais, des kobolds… ”

Vink’lar : “ Tu ne prétends pas savoir quel est notre observateur mystérieux uniquement en te basant sur le fait qu’il y a des kobolds dans les environs… n’est-ce-pas ? ”

Elannah : “ Malheureusement, non… Auquel cas, il y aurait encore une chance pour que je me trompe… Je pense qu’il s’agit de Gnaxlal en raison des différents sorts qu’il m’a été permis de détecter depuis ce matin, à savoir :
- l’extraction d’une tête vivante du cadavre du prêtre
- la dissimulation de toutes les empreintes autour de la victime
- le sort divinatoire qui a été projeté sur nous pendant que l’on grimpait la colline
- et enfin, ce qui est arrivé aux corbeaux… ”

Vink’lar : “ Un sort divinatoire… j’ai déjà eu affaire à un sorcier qui y a eu recours… Ca ne l’a pas beaucoup aidé pour voir survivre à son trépas… ”
Farbround : “ … Ce qui est arrivé aux corbeaux ? ”

Elannah : “ Avant de répondre à vos interrogations, il est nécessaire que vous sachiez que les elfes utilisaient les corbeaux ou les chauve-souris pour épier les mouvements des troupes des drows… C’est une des raisons qui explique la défaite du mage –général Gnaxlal… Il s’en est rendu compte… mais il était déjà trop tard…
Il a eu recours à un sort de foudre de type bien particulier pour éliminer tous les volatiles du champs de bataille de ce jour funeste pour son armée.
En l’utilisant, il a décimé l’ensemble des corbeaux présents, et aussi une partie de l’armée elfe… Ce faisant, il a considérablement puisé dans son pouvoir… Il pourrait en avoir certaines séquelles…irrémédiables.
Depuis, on peut légitimement penser qu’il a gardé une certaine rancœur à l’égard de ce type de volatiles. Il peut aussi craindre qu’il s’agisse encore d’espions elfes à sa recherche…
Revenons à nos corbeaux… Ils ont subi un sort de foudre… de ce fameux type… que seul Gnaxlal, ou un drow, pouvait connaître… Pour faire simple, ce sort appris sous terre, laisse une certaine trace, car il est mis en œuvre grâce à l’humidité présente dans les argiles, et non grâce à celle des nuages…

Vink’lar : “ Il y a donc également au moins un drow dans les environs, mais pourquoi Gnaxlal ? ”

Elannah : “ Parce qu’il y a très peu de magicien aussi puissant que Gnaxlal chez les drows… Et un seul qui a réussi à quitter le sous-sol de Celwinvian… Comme je vous l’ai déjà dit, Gnaxlal aurait fui le champs de bataille. Certains survivants du fameux sort de foudre ont pu survivre, mais guère longtemps… Toutefois, ils ont eu le temps d’indiquer avoir vu le mage-général fuir le champs de bataille, et partir vers la forêt de Mierani…
Les elfes ont donc entrepris de pourchasser Gnaxlal et ses sbires, mais toutes les empreintes avaient disparues également… alors que les témoignages faisaient état d’un groupe d’au moins une centaine d’ennemis…
Ils se sont comme évaporés dans la nature…
Enfin, la disparition de la tête du prêtre… L’un des généraux participant aux recherches a également connu cette triste fin… Cela a certainement facilité la fuite du mage-général en lui permettant de connaître le déploiement stratégique des troupes elfes. ”

Vink’lar : “ Merci pour ces nouvelles rassurantes Elannah… On aura bientôt un grand sorcier maléfique aux fesses… Qui recherche une fillette qui est entre nos mains… Mais il ne le sais peut être pas encore… Et, enfin, il ne dispose que d’un nombre très restreint de sbires, seulement 100… Génial…
Et les elfes… Ils continuent de le rechercher… Ou sont-ils trop occupés avec leur guerre… ”

Elannah : “ Je crois qu’il faut partir du principe de ne pas trop compter sur leur assistance… ”

Vink’lar : “ Et la fillette… Y a t il un moyen de savoir qui elle peut être, et ce qu’elle représente ? ”

Elannah : “ Je crains que non… ”

Vink’lar : “ Bien, je résume… Nous avons un prêtre, mort, qui devait être notre guide, et dont la tête se promène au grand air quelque part dans cette forêt … Et nous avons un monastère, destination qui se trouve à plus d’une semaine de marche…
Pour cela, il nous faudra traverser les monts de l’Esprit… Une partie de plaisir au cours de laquelle nos montures seront plus un handicap qu’un avantage…
En compagnie d’une fillette… qui sera certainement folle de joie de nous accompagner… surtout après avoir appris que son ‘accompagnateur‘ a connu une fin rapide et brutale… De la part de ceux qui l’on raccourci, et lui veulent le plus grand bien vu ce qu’ils sont capables de faire…

Farbround : “ Tu pourras toujours la rassurer en lui disant que la tête de son ‘accompagnateur‘ est encore pleine de vie… Pas pour longtemps, pour sûr… mais bon… ”

Vink’lar : “ Oui… Et je lui apprends cette bonne nouvelle avant ou après qu’elle se soit réveillée… ”

Farbround : “ C’est toi qui voit… C’est toi l’expert en relations humaines. ”

Gour’kok : “ Je pourrais toujours lui raconter l’histoire du gobelin du matin qui meurt en s’étranglant pendant que Grande Trancheuse décapite ses compagnons… Ca m’a bien fait rire… ”

Vink’lar : “ heu… Là, Gour’kok on va éviter… Sinon elle termine dans l’armoire…Et on arrivera pas à l’en extirper ”

Elannah : “ Ecoutez… Je me charge de ce point de… détail. Il y a plus urgent. Je doute que le village et ses habitants puissent goûter encore longtemps à la tranquillité de cet été. Tôt ou tard, Gnaxlal et ses sbires viendront au village sans se soucier du nombre de victimes qui laisseront derrière eux. ”

Vink’lar : “ Bien… Il est temps d’agir… Ils ont forcément un campement… Il faut le localiser et déterminer le nombre d’adversaires qui le compose. A partir de là, nous saurons de quelles chances nous disposons en restant au village. On organisera sa défense. ”

Farbround : “ Et sinon, c’est quoi le plan B… ”

Vink’lar : “oh… pas de quoi paniquer… On leur agite la fillette sous le nez… pour qu’ils sachent bien qu’elle est parmi nous… tout en prenant la poudre d’escampette en direction du monastère… Et on espère qu’ils laisseront les villageois tranquilles…car ils auront tellement la haine qu’ils nous poursuivront… ”

Elannah : “ Un peu abrupte comme solution… En même temps, elle paraît tellement surréaliste qu’il y a toutes les chances qu’elle fonctionne… ”

Vink’lar : “Farbround… Essaies de trouver où ils se terrent… Nous, on a une enfant à réveiller… Je suis sûr qu’elle va a-do-rer mes plans… J’attendrai simplement un peu pour le lui révéler… Et qui sait… Il n’y aura peut être que 7 méchants…”



Trouver le campement ne prit que quatre heures à Farbround… Il faut dire que les 70 à 90 créatures qui le composaient n’avait pas dû prendre beaucoup de cours de discrétion…
Cela dit, pour parvenir jusqu’ici, le Gnome avait croisé 5 êtres humains sur le chemin… et ceux-ci l’avaient bien aidé dans la découverte de leur point de départ.
Il est vrai que s’il avait fallu noter le sens de l’observation de ce quintet, une note sous 0, sur une échelle de 1 à 10…aurait été plus que généreuse.

Quant à d’éventuels sorts de Gnaxlal en vue de dissimuler ce bric-à-brac de tissu servant de campement, ils étaient, à priori aussi absents que les lunes de Golarion… au cours des dernières nuits.

… que 7 méchants… se répéta t-il pour lui-même… Sous le regard du Gnome, le campement bouillonnait d’activité.
Mais aucun préparatifs de combat, ce qui était rassurant…
A cet instant, l’optimisme de Vink’lar paraissait, aussi saugrenu que pouvait être comique la bagarre qui venait d’éclater entre une douzaine de kobolds, désireux d’être l’unique propriétaire d’une chèvre ayant fait une irruption soudaine, mais remarquée, dans le campement…
S’il avait été présent, le nain en aurait peut être avaler sa pipe…malodorante.
D’ailleurs, le Gnome songea qu’il serait opportun de lui demander de changer de tabac… Avec une odeur pareille, le nain n’aurait aucune chance de se dissimuler à l’œil et l’odorat d’un rôdeur sur ses traces…
Rien à voir avec les 5 simplets croisés un peu plus tôt, qui n’aurait même pas remarqué se trouvaient au beau milieu d’un nuage de fumée qui avait pour origine la combustion des feuilles de tabac du nain…
Sans doute aurait-il considéré être soudainement tombés dans une nappe de brouillard… de deux mètres sur trois… à trois mètres dudit nain.

Sorti de ses rêveries, le gnome contempla le campement. Jusque là, il avait dénombré une cinquantaine de kobold, 20 chevaux, au moins dix êtres humains (en comptant ceux rencontrés dans la forêt en venant) , une quinzaine d’humanoïdes, vraisemblablement des orcs, mais avec une carrure beaucoup plus fine que ceux que son expérience lui avait permis de rencontrer.
Et enfin, une dizaine d’elfes de l’ombre… des drows issus de familles au pouvoir dans les cités souterraines sous Celwinvian.
Un seul de ces maître dans l’art du combat aurait suffi à liquider les rares combattants de BOISCENDRE.

Hormis le fait que Gour’kok serait ravi de pouvoir rencontrer un adversaire à la hauteur de ses talents, les motifs de satisfaction étaient peu nombreux, voire inexistants.

Etre pris en chasse par cette masse maléfique promettait quelques moments de sueurs froides… Néanmoins, leur nombre pouvait constitué un net désavantage dans une chasse en règle dans les monts de l’Esprit… Nombre d’entre eux connaîtrai une fin tragique après une chute dans les nombreux ravins et précipices qui jalonnaient la route d’ici au monastère.
Encore fallait-il atteindre les premiers contrefort de cette chaîne de montagne… Il faudrait au moins deux jours, à cheval, pour y parvenir. Et là encore, il n’y aurait qu’une vingtaine de cavaliers à leur poursuite dans l’immédiat… mieux que 90… mais quand même beaucoup trop contre quatre.
Il paraissait logique de neutraliser ces montures. Les chances de réussite dans leur fuite augmenterait d’autant. Il suffisait de trouver le moyen pour y parvenir…

Farbround pris le chemin du retour. Il ne lui fallu qu’une heure et demie pour parvenir en vue du village… Et remarquer la présence du quintet de l’après-midi en train d’épier le village.
Aussi discrets que fins observateurs se dit-il à lui-même…


Farbround pénétra dans le gai Ménestrel, alors que le soleil déclinait à l’horizon, et ne tarderait guère à laisser la place au scintillement feutré des étoiles.
Pour parvenir dans la ville, il avait escaladé l’enceinte de la ville, à l’opposé des cinq espions de Gnaxlal.
Evidemment, comme il y comptait bien, les vigies mises en place par le prévôt étaient aussi compétentes que le fameux quintet…

A son entrée dans l’auberge, il constata que la fillette était réveillée, aux sons émis par sa bouche délicate notamment… Vink’lar et Elannah étaient attablés en sa compagnie. La fillette était en train de trier, dans sa gamelle, les morceaux de viande qu’elle jugeait à la hauteur de sa personne.

Gour’kok était installé deux tables à l’écart… La mine un peu renfrognée…

Farbround croisa les regards de Vink’lar et Elannah, et vint s’installer près du demi-orc. Le nain se leva et entreprit de les rejoindre.
Alors que Farbround s’installait, Gour’kok grommela :
“ Je ne suis pas assez bien pour ce petit gruk (*) à bouclettes blondes et en robe… ”
(*) sorte de rat dont sont très friands les kobolds.
“ Sa Seigneurie se demande comment il est possible que ma personne puisse être l’égal d’Elannah… Et je ne te raconte pas comment elle considère Vinkl’ar… C’est simple, elle le regarde, sans répondre à une quelconque questions qu’il lui adresse… De surcroît, elle lui a mis une gifle lorsqu’elle s’est réveillé alors que Vink’lar ne faisait qu’observer son réveil… A vingt centimètres de son visage, c’est vrai… mais quand même… J’ai cru que les poils de sa barbe allaient se décoller de sa peau… Elle a une force étonnante pour son âge.”

Vink’lar s’assit à son tour… Et grommela à son tour :
“ Je constate que Gour’kok a fait un résumé succinct de la situation ici… ”

Farbround : “ Je note que vous débordez de joie… Quel plaisir de vous voir aussi rayonnants… ”

Gour’kok, avec une esquisse de sourire, un peu sadique : “ Attends d’avoir été en contact avec Sa Seigneurie… Je suis sûr que tu seras aussi rayonnant que nous pouvons l’être, tous les deux… ”

Farbround : “ Et pour quelle raison la nommes-tu Sa Seigneurie ? ”

C’est Vink’lar qui répondit : “ Et bien, qui aurait pu imaginer rencontrer une grande prêtresse Elfe au fin fond du Nirmathas…De cette taille… Et endormie dans les bois. ”

Farbround : “ Une grande prêtresse ? ”

Gour’kok : “ Oui, figures-toi qu’elle est bien conservée, pour son âge justement… ”

Farbround : “ Son Age… Et y a beaucoup de personne naine chez les elfes ?”

Vink’lar : “ Il semblerait que ce soit justement un des effets de l’âge… C’est très rare, il est vrai…Même si son visage ne le montre pas, tu as, derrière toi une Elfe de plus de 900 ans… Enfin… d’après ce qu’elle a pu dire à Elannah…parce que je suis, pour elle, aussi transparent que la vitre de cette fenêtre… Et de ton côté ? ”

Gour’kok, toujours grommelant : “ … jamais vu un gruk aussi vieux…et aussi désagréable… ”

Farbround : “ oh… la routine… quelques kobolds… pas beaucoup… seulement une cinquantaine… Une petite quinzaine d’orcs… Quelques chevaux pour transporter le tout…Et un certain nombre d’Elfes de l’ombre…”

Vink’lar : “ ah. Plan B, alors… ”

Farbround : “ Il semblerait… Et le plus vite sera le mieux. ”


Après un bon repas, et une fois qu’Elannah fut mise au courant de la situation, tout le groupe ne tarda pas à se préparer pour le départ.

Farbround s’occupa des montures… Elannah de la fillette… Vink’lar des équipements, et Gour’kok… des provisions.

Il faisait nuit noire lorsque tous les cinq se retrouvèrent devant le gai ménestrel.

La fillette, ou plutôt la grande prêtresse, était silencieuse. Elannah avait expliqué au nain, dans les grandes lignes, l’origine de la situation dans laquelle ils se trouvaient tous embarqués.

La grande prêtresse Elfe, du nom de Glingal, devait rejoindre le monastère de Ginjryn au pied du volcan de Drognar.
Pour ne pas éveiller la curiosité, et être le plus discret possible, le grand prêtre humain Derran et elle, avaient décidé d’utiliser les petites routes du Cheliax, puis celles du Molthune pour parvenir jusque dans le Nirmathas, et plus précisément au village de BOISCENDRE.
Là, ils devaient retrouver une petite escorte, recruter par un des disciples de Derran, afin d’avoir un minimum de protection avant d’entamer la traversée des Monts de l’esprit et atteindre le fameux monastère. L’ancienne cité de Celwinvian constituait la destination finale de ce périple, mais sous bonne escorte officielle à partir du monastère.

Le plan avait l’air d’avoir plutôt bien fonctionné jusqu’à ce que les deux religieux pénètrent dans le Nirmathas.
Dés cet instant, ils rencontrèrent deux groupes distincts de kobolds.
Il ne fut pas très compliqué d’embrouiller les esprits de ces petites créatures pour ne pas être repérés.
Toutefois, leur présence commença à éveiller les soupçons chez les deux religieux.

Au fur et à mesure de leur avancée dans le Nirmathas, ils tombèrent sur de nouveaux groupes de kobolds.
Ces petits humanoïdes ne sont pas réputés pour leur curiosité, et encore moins pour leur capacité à mener des recherches approfondies, sauf lorsqu’il s’agit de trouver leurs repas. Généralement, ces repas sont plutôt constituaient de rongeurs divers et variés, avec une préférence pour les gruks.

A chaque fois, les deux religieux parvinrent à éviter d’être interceptés. Mais plus ils progressaient dans le Nirmathas, et plus il devenait évident qu’il étaient devenues la proie d’un individu déterminé, et pour lequel les kobolds jouaient le rôle de chien de chasse.

Cette partie de cache-cache s’acheva non loin de BOISCENDRE.

Avant cela, un autre élément étaient devenu évident. Le chef de la meute, lancée à leur trousse, était visiblement doté de pouvoirs magiques non négligeables…responsables de l’étiolement de tous les artifices magiques déployés afin de conduire cette meute sur une mauvaise piste…

Epuisé par cette course-poursuite, et convaincu que le piège allait se refermer sur eux, Derran convainquit sa collègue et amie, Glingal, d’être assoupie à l’aide d’un sort, afin d’effacer son aura, et empêcher leur poursuivant mystérieux de la retrouver en détectant sa présence.
Le sort devait durer 3 jours… Le temps nécessaire à Derran pour lui permettre d’entraîner dans son sillage, la meute à leur poursuite, le plus loin possible de Glingal.
Un sort d’Eclipse avait permis à Derran, de déposer dans un endroit, à l’écart de la route prévue, le corps endormi de son amie.
Un sort identique lui avait permis de revenir à son point de départ, continuer sur le chemin jusqu’à l’embranchement distant de 2 lieues, et prendre plein Nord vers le dernier Rampart et l’Ustalav avec tous les poursuivants à ses trousses.

A partir de ces éléments, Vink’lar avait déduit la suite.. La poursuite avait duré un temps beaucoup plus court que prévue. Au fameux embranchement, là où Farbround avait découvert des traces de bottes, Derran avait dû tomber sur une partie des sbires de Gnaxlal… Et tenter de fuir vers de le village, seule voie lui étant encore ouverte.
Sa fuite avait été courte, et s’était achevée dans le sang…


Farbround tendit les rennes de sa monture à Vink’lar : “ Je pars devant pour neutraliser nos cinq observateurs indésirables. De votre côté, attendez une dizaine de minutes avant d’y aller… ”

Ca tombait bien, Gour’kok n’avait pas terminé d’arrimer les nombreuses provisions prévues pour le voyage.

Le gnome emprunta le même chemin qui lui avait permis de pénétrer dans le village sans être vu par les cinq sbires de Gnaxlal.

Il fut rapidement en position, non loin du quintet, toujours aussi discret, et si cela était imaginable, encore moins observateur qu’à l’aller…
Trois d’entre eux piquait un somme… Le quatrième était occupé à rassembler un lit de feuille…
Le dernier était le seul à observer, à plat ventre, la cuvette où se trouvait le village.
Il était donc le seul à pouvoir repérer toute personne susceptible de sortir par la porte du village, fermée à cette heure.

C’est à cet instant que ladite porte s’ouvrit, cinq montures débouchèrent à pas lents, sur celles-ci, seules 4 silhouettes étaient installées.

Varim n’eut pas le temps d’émettre un son.

Un dard empoisonné se ficha dans son cou qu’il tint avec sa main quelques instants avant de s’affaler… définitivement…

Le second à succomber de la même manière, fut la “ femme de chambre ” du quintet. Il s’écroula sur le lit de feuille qu’il avait si bien confectionné… Et qui lui servirait de linceul.

Un des trois endormis de releva brusquement, pour se recoucher aussi rapidement atteint par un troisième dard.

Les deux derniers furent éliminés de la même manière.

Farbround rejoignit ses amis sans se préoccuper des cinq corps qu’il laissait derrière lui.
Aucun de ses partenaires ne l’interrogea sur le succès de sa mission.
Seul Gour’kok y alla de sa petite remarque : “ Non content d’utiliser tes cure-dents, tu as trouvé l’occasion de leur expédier tes fléchettes de liliputien, j’parie… ”
Farbround : “ Tout à fait mon cher Gour’kok… Je sais que tu apprécies follement lorsque je me sers de ma sarbacane … Mais avec une touche de substance dont j’ai le secret, c’est aussi efficace que ta Grande Trancheuse, et aussi plus…comment dire… silencieux. ”

Gour’kok : “ Peut-être… Mais mes anciennes victimes, en voyant ma Grande Trancheuse, s’il arrive qu’elles veuillent me rencontrer de nouveau à l’état de mort vivant, prendront leurs jambes à leur cou… si toutefois il leur reste des jambes pour courir… ”

Farbround : “ Les miennes, s’il advient qu’elles reviennent d’entre les morts, auront le privilège, cette fois-ci, de goûter à mes cure-dents… comme tu aimes à le raconter. ”

Gour’kok : “ Peuh… ”

Farbround : “ Je connais un certain gobelin… Victime récente… de ton cri… qui, s’il revenait suite à son trépas, réussirait enfin à avaler son os de corbeau…et fuirait sans demander son reste…A défaut d’os dans les parages… ”

Gour’kok : “ Grande Trancheuse lui réserverait l’honneur de goûter son tranchant… Et il éviterait ainsi de provoquer une crise de fou rire à ses défunts acolytes”

Le silence revenu, les montures trottinèrent, avec leur cavalier respectif, jusqu’au lieu où le cadavre de Derran avait été découvert.

Glingal descendit de sa monture, avec l’aide d’un Gour’kok toujours aussi grommelant, puis elle prononça une prière silencieuse en l’honneur de Derran, son ami défunt.

Pendant ce temps, les quatre compagnons débattaient de la stratégie à appliquer pour leur fuite.
Farbround : “ Nous ne serons pas trop de quatre pour provoquer la panique dans leur campement, et faire fuir leurs montures. Malheureusement, cela implique d’amener avec nous la Grande prêtresse, et de l’exposer aux divers dangers de cette tâche. Et as-tu réfléchi au moyen d’informer nos futurs poursuivants, que la Grande prêtresse nous accompagne…”

Elannah : “ Cà, c’est moi qui m’en chargerait en temps utile… Il me suffit d’avoir l’ingrédient nécessaire à ma recette… ”

Vink’lar : “ Je ne sais pas ce que tu mijotes, mais elle a intérêt à être réussie pour que le village ne subisse pas la colère de Gnaxlal et ses sbires.
Rejoignons le croisement où Derran a dû faire sa première mauvaise rencontre ”

La petite troupe reprit sa marche. L’embranchement n’était distant que de 500 mètres… Pourtant…

Farbround, qui chevauchait en tête, fit une halte brusque et s’exclama: “ STOP… ”

Juste le temps d’entendre un “ hiiiiiiiiyaaaaa…. ”, et de voir passer à quelques centimètres devant lui et sa monture, un kobold hystérique tenant fermement une corde, préalablement attachée à une branche au-dessus du chemin, qui alla s’écraser sur le tronc de l’arbre qui faisait face à son point de départ…

D’autres cris montèrent de derrière les arbres, des deux côtés du chemin. Une Vingtaine de kobold surgirent, leurs épées courtes en main…
Gour’kok avait déjà sauté de sa monture pour couper la route de ceux qui se diriger vers la grande prêtresse…

Vinkl’ar éperonna sa monture pour piétiner un groupe de quatre kobold qui venait de surgir de derrière les troncs… Leur mort fut rapide…mais pas sans douleur.

La monture de Farbround fut rapidement jetée à terre par les 8 kobolds qui s’était précipités vers elle. Emporté par la chute, Farbround se retrouva à 3 bon mètres de l’animal qui venait de succomber à la dizaine de blessures d’epée que venait de lui infliger les kobolds. Il s’écrasa sur un kobold, qui n’eut pas la présence d’esprit de se préparer au choc, et fut assommé par la chute de Farbround. Le gnome, malgré ses réflexes, ne put que limiter les effets de sa chute.
Néanmoins, il se releva rapidement, pour se confronter à l’assaut de cinq kobolds, avec une petite dague.

Dans un premier temps, la chance avait voulu qu’Elannah ne soit pas exposée directement à cet ennemi grognant et vociférant. Son arc fut rapidement entre ses mains, et deux kobolds, qui se dirigeaient vers Gour’kok, achevèrent leur existence avant d’avoir atteint la Grande Prêtresse.

Des six kobolds qui menaçaient la Grande Prêtresse, il n’en resta donc plus que quatre… puis deux, puisque deux furent décapités par l’arme de Gour’kok, pendant que celui-ci lançait à ses adversaires : “ PREPAREZ-VOUS A VOTRE MORT, CHIOT CHIOT A VOTRE MAÎTRE ”

Remarquant la situation dans laquelle se trouvait Farbround, Vink’lar expédia sa hache vers les cinq kobolds qui s’avançaient vers son ami.
L’arme, dans son vol, trancha net 2 paires de jambes…

C’est à ce moment là, qu’une épée large ripa sur le casque que portait Vink’lar, et poursuivit sa course en tranchant en deux le cheval qui se trouvait sous la selle sur laquelle le nain était installé.
Un Elfe de l’ombre venait de se lancer dans le combat… Et Vinkl’ar, armé de sa seule dague, allait avoir fort à faire face à un tel adversaire.
En attendant, il se retrouva à terre, pendant que l’Elfe essayait de se débarrasser de la tête de la malheureuse bête tombée sur les bottes de celui-ci…


Gour’kok para avec Grande Trancheuse l’épée courte d’un des deux kobolds restants, et esquiva le second, dont l’arme se ficha en terre.
D’un coup de pied magistral, Gour’kok expédia ce dernier kobold contre l’arbre derrière lequel il devait s’être tenu avant l’attaque. Il fut assommé pour le compte.
Il repoussa le kobold qui avait croisé le fer avec lui. Celui-ci se retrouva à terre, désarmé. Gour’kok l’acheva avec Grande Trancheuse.
Une fois cette besogne réalisée, il s’élança pour aider Vink’lar.

Entre temps, Elannah était descendue de son cheval et élimina d’une flèche l’un des trois kobolds valides qui se précipitaient vers Farbround.
L’instant d’après, le combat s’engagea entre Farbround et les deux kobolds. Il réussit à parer le coup d’épée du premier, mais ne put qu’observer, impuissant, l’épée du second tentait de s’enfoncer dans son aine gauche.
Fort heureusement pour lui, son armure de cuir encaissa l’essentiel des dégâts, sans pour autant parvenir à le préserver totalement du coup.
Entre le choc pour arrêter le coup d’épée du premier kobold, et l’attaque du second, le gnome chuta, encore une fois, à terre.
Le premier kobold fut entraîné dans cette chute.
Le second fut fauché par l’une des flèches d’Elannah… Il ne se relèverait plus…

Jusque là, Vink’lar avait esquivé deux attaques et paré comme il avait pu avec sa petite dague une troisième. L Elfe ne le lâchait pas… Malgré la déroute en règle des sbires qui l’avaient accompagné.

Un Gour’kok beuglant tout en s’avançant, telle une furie verte, obligea l’Elfe à se concentrer sur un deuxième adversaire, et l’empêcha de lancer une quatrième attaque sur Vink’lar.
L’Elfe para Grande Trancheuse… Le choc entre les deux combattants fut terrible… et bruyant. Les coups des deux adversaires se multiplier, l’un et l’autre parant et attaquant.

Vink’lar avait laissé le champs libre à Gour’kok. Vu l’état second dans lequel se trouvait le demi-orc, il aurait été dangereux de participer à cette danse.

Elannah avait envoyé rejoindre ses ancêtres, le dernier kobold qui menaçait Farbround. Ce dernier s’était relevé péniblement en se tenant l’aine, d’où suintait un filet de sang.
La demi-elfe fut rapidement à ses côtés pour constater l’étendue des dégâts.
La Grande Prêtresse était également descendue de sa monture pour assister le gnome.

Pendant ce temps, Gour’kok poursuivait ses assauts avec toujours autant d’énergie… Son adversaire, malgré son talent à l’épée, se contentait, désormais, de parer les attaques qui s’abattaient sur lui.
Une manœuvre hardie de Gour’kok se termina sur le tranchage de la main d’épée de l’elfe, qui poussa un cri de douleur…qui ne dura que le temps de la remontée de la grande épée de Gour’kok qui frappa, du plat de son épée, le visage de l’elfe, qui s’écroula comme une masse, mis k-o.
C’est Gour’kok quelque peu essoufflé, qui s’exprima : “ Voilà pour toi, immonde créature des profondeurs… ”

Elannah et Glingal étaient parvenues à stopper la petite hémorragie dont souffrait Farbround. Leur plus grande crainte avait été de déceler du poison…Finalement, elles avaient été rassurées de n’en trouver aucune trace.
A part, Farbround, toute l’équipe s’en était sorti sans blessure, quelques égratignures au pire.

Gour’kok se chargea de rassembler tous les corps, et de les dissimuler hors de vue du chemin derrière les arbres.
Il attacha les deux kobolds encore vivants et assommés dans des circonstances plus ou moins héroïques lors du combat. Quant à l’Elfe, une fois attaché comme il se devait, il le traîna jusqu’à un arbre.
Vink’lar vint de placer à côté de Gour’kok, à l’aplomb de ce serviteur de l’ombre.
Ils furent rejoins par Elannah, une fois la blessure du gnome soignée et pansée.

Gour’kok : “ Alors que fait-on de cet engeance de l’ombre ? ”

Elannah : “ Il pourrait bien représenter l’ingrédient que je recherchais ”
Vink’lar : “ Plaït-il ? ? ? ? ”

Elannah : “ Oui… Quoi de mieux qu’un des sbires très proche de Gnaxlal pour lui rapporter la présence de la Grande Prêtresse dans notre groupe, et lui indiquer notre future destination. Si avec çà, il décide d’attaquer quand même le village, je ne vois pas comment on pourrait faire autrement… ”

Vink’lar : “ Et avec les kobolds… Ce ne serait pas moins dangereux… ”

Elannah : “ Sûrement. Mais avec les kobolds, on ne sait jamais à quoi s’attendre. Ils seraient capables de ne rien comprendre, et rapporter à Gnaxlal des informations totalement erronées, qui pourrait conduire finalement à l’attaque du village... ”

Vink’lar : “ Comment veux-tu procéder ? ”

Elannah : “ Gour’kok, élimines ces deux kobolds, et mets les avec les autres. Glingal va prononcer une prière afin que Gnaxlal ne puisse pas les rendre à la vie…
Il faut voir le bon côté, ils ont perdu près du quart de leurs effectifs.
Maintenant, c’est nous qui allons nous occuper de leur campement à notre manière… ”
 

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CHAPITRE 3
Glingal interrompit net toute discussion en considérant qu’il était acquis qu’elle attendrait les quatre compagnons à l’embranchement à venir, avec les montures restantes, pendant qu’ils s’occupaient du campement de Gnaxlal.

Moins d’une heure plus tard, et sans désagrément supplémentaire, tous les quatre, plus un invité saucissonné, étaient parvenus à destination.

En observant le campement, étonnamment calme, et dépourvu à première vue de surveillance, Elannah avait devant elle ce que Farbround lui avait décrit par le menu.

Farbround ressortit son instrument d’observation pour pouvoir repérer où étaient les gardes du camp.

Elannah continuait d’observer le camp, et tenter de détecter la présence d’une aura magique : “ Je suis catégorique, Gnaxlal n’est pas ici. ”

Farbround : “ Et je suis aussi catégorique pour dire qu’il manque 8 chevaux. Il n’y avait aucune trace de sabots sur le chemin à l’embranchement… Gnaxlal ne passe pas tout son temps à faire disparaître les traces du passage de son escorte et lui-même… si ? ”

Elannah : “ Nous n’avons détecté aucun résidu magique à l’embranchement. Personne n’a donc effacé des traces de sabots . Je te répondrai donc que non. Ils sont partis vers une autre destination… ”

Vink’lar : “ Mais laquelle ? Le village… ”

Elannah : “ On ne peut que lancer des hypothèses… malheureusement… En tous cas, il faut agit le plus vite possible, et profiter de l’absence de Gnaxlal et de son escorte personnelle.”

Farbround : “ J’ai repéré quatre sentinelles. Il y en a une prés des chevaux… Deux qui discutent au milieu du camp… et la dernière est au nord est… A cette distance, il est facile de dire qu’il s’agit des fameux orcs maigrichons dont je vous avez parlé…”

Vink’lar : “ Bien, on applique le plan prévu initialement…
“ Farbround, tu restes ici en observateur…
Elannah… Je suis sûr que les deux sentinelles qui sont près du feu te seront extrêmement reconnaissantes d’être réchauffées de plus près…
Gour’kok, tu me laisses 2 minutes, puis tu transportes le saucisson elfique que nous avons amené prés du camp. Ensuite, je te laisse libre d’enflammer les tentes que tu choisiras…
Moi, je m’occupe de la sentinelle près des chevaux, je leur pique deux montures et je te récupère sur le chemin du retour...
Que ce soit toi ou Elannah, vous attendez que j’ai neutralisé la sentinelle.

En étant le plus discret possible, il ne fallu, au plus, deux petites minutes à Vink’lar pour pénétrer dans le camp et être en position non loin des chevaux…
Pour l’occasion, Vink’lar disposait de l’arbalète de Farbround. Le gnome avait bien voulu la prêter…
A moins de 10 mètres, et avec un adversaire tout à fait immobile, ce fut un jeu d’enfant de tirer un carreau pour qu’ils fassent mouche… La créature s’écroula dans l’herbe…
L’opération avait été menée sans beaucoup de bruit, si ce n’est quelques hennissements assez discrets.
Personne ne vint déranger le nain durant le court laps de temps qui lui fallut pour choisir deux montures.
Le nain avait le champ libre… Passant de cheval en cheval, il commença à couper toutes les cordes et rennes qu’il trouvât sur son chemin à l’aide de sa dague, sauf les deux heureuses gagnantes de son choix…
A cet instant précis, un éclair lumineux embrasa le camp… suivi de deux cris stridents.

Pour les orcs malchanceux, ce fut le chant du cygne… assez bref néanmoins…

Dans leur fuite éperdue pour éteindre les flammes magiques, et en se jetant sur tout tissu à leur portée, ils contribuèrent encore un peu plus à la démolition de leur campement…
Vink’lar enfourcha son cheval, en agrippant les rennes de sa monture, ainsi que celles de la seconde.

Tout en commençant à galoper vers l’endroit où devait se trouver Gour’kok…Le nain bouscula les autres chevaux afin de les faire fuir, même si l’explosion lumineuse d’Elannah lui avait déjà grandement faciliter le travail.
Effrayés par ce soudain boucan d’enfer, ils ne demandèrent pas leur reste et fuirent aussi vite que leurs pattes pouvaient le leur permettre.

Comme prévu, Gour’kok avait déposé son “ colis endormi ” à l’orée du campement, et avait pris en main plusieurs branches enflammées du premier feu de camp rencontré.
Lorsqu’Elannah lança le spectacle, toutes ces branches s’envolèrent vers leurs cibles respectives qui commencèrent à se consumer…

La panique était à son paroxysme pendant que Vink’lar se frayait un passage dans le campement pour rejoindre le Demi-orc… Plusieurs kobolds, éblouis et abasourdis par ce qui se déroulait devant eux, devinrent des victimes collatérales des sabots des deux montures lancées à pleine vitesse au milieux de ce qui avait été un amas de tentes.

Le nain trouva sans peine Gour’kok dans un camps illuminé comme en plein jour… éblouissant tous les habitants dudit campement, plutôt habitués à vivre loin de la lumière…
Il est vrai qu’une masse de plus de deux mètres, décapitant, à l’aide de son épée, tout ennemi potentiel passant à moins d’un ou deux mètres, se repérait facilement.

Lorsque Vink’lar fut juste à côté du demi-orc: “ Nous ne sommes pas là pour éliminer tout ce qui bouge dans ce camp…Donc, quand tu auras fini de faire des moulinets avec ton épée, ce serait pas mal de grimper sur le cheval et que nous récupérions nos amis... ”

Gour’kok : “ De toute manière, c’est affligeant… deux kobolds et un orc ont eu l’honneur de pouvoir m’affronter, mais pas un… Tu m’entends, pas un n’avait une arme.
Désormais, ils n’en auront plus besoin…
Il y a bien eu un je sais pas quoi, qui est venu me défier avec un drap sur la tête et le corps… Il m’a presque fait peur en arrivant comme çà… Je lui ai shooté dedans et il s’est envolé telle une comète dans le ciel avec sa traîne derrière…
Et je ne te parle même pas des trois autres kobolds qui, en me voyant, ont préféré repartir dans leur tente en feu plutôt que de me combattre… Le régiment de ce noir seigneur est vraiment pa-thé-ti-que ! ! !”

Vink’lar : “ Allez, Monte ! ! ! ”

Les deux compagnons prirent la direction du lieu où Elannah et Farbround les attendaient. Nul ne tenta de les intercepter…ni de les inquiéter d’une manière ou d’une autre…

Lorsqu’ils furent parvenu à leur point de départ, la magicienne et le rôdeur les attendaient sur leurs montures.
Puis, au galop, ils se dirigèrent vers le croisement où les attendait Glingal…



Un seul drow était resté au campement pour régler les affaires courantes en attendant le retour de son seigneur et maître, Gnaxlal.

Lorsque l’explosion de lumière se produisit, Tar’phanar s’était précipité, épée à la main, hors de la tente.

Ensuite, il avait été le spectateur impuissant de la fuite des chevaux et de l’embrasement d’un nombre impressionnant de tentes.
La luminosité soudaine et intense qui avait illuminé le camp, alors, l’avait extrêmement gêné. Pas au point, cependant, d’être incapable de remarquer le passage en flèche de deux chevaux lancés au plein galop avec un nain sur le dos d’un des animaux, et la présence d’un orc ou demi-orc, tout simplement monstrueux, en train de pourfendre ses hommes, un par un, sans que ceux-ci ne répliquent, voire fuient…
Ensuite, nul ne prit la peine d’empêcher ces deux étrangers de fuir le campement et disparaître dans l’obscurité…
Pour Tar’phanar, même si le calme était loin d’être revenu, dans le bivouac sous sa responsabilité, il fut évident que cette attaque aussi surprenante que foudroyante, était désormais terminée, les protagonistes ayant fuit la zone…

L’elfe de l’ombre pris donc en main la réorganisation du ramassis d’incapables qui l’entourait…
Après avoir éteint les multiples incendies et remis un semblant d’ordre dans le camp, les survivants de cette attaque complètement folle avaient fait la découverte d’un Parmar ligoté à quelques pas du campement.

Lorsque celui-ci fut amené devant Tar’phanar, celui-ci constata que son acolyte comptait une main en moins, et quelques blessures peu sérieuses.
Le récit que fit Parmar fut assez édifiant pour les oreilles de Tar’phanar.
En raison de son origine, et de son expérience de la surface de ce monde, il était plus habitué à être confronté à des larves humaines incapables de se défendre, plutôt qu’à des combattants aguerris et dangereux.
Compte tenu de cet échec, il apparaissait évident que Parmar ne passerait pas la nuit, et plus précisément sa rencontre à leur seigneur.
Malgré le fait que la mort ne lui faisait pas peur, Tar’phanar ne put s’empêcher de ressentir des sueurs froides à l’idée de la réaction que pourrait avoir Gnaxlal lors de son retour, et dés qu’il apprendrait ce qui s’était passé durant son absence.

L’attente ne fut guère longue…
Gnaxlal et son escorte, constituée des huit derniers elfes de l’ombre et de dix orcs des monts de l’esprit, débouchèrent de sous le couvert des arbres, moins de 2 heures s’était écoulées depuis l’attaque.

Le sombre magicien dirigea sa monture vers la seule tente qui avait été remontée.

Une fois arrivé à proximité de celle-ci, Gnaxlal parcouru de son regard ce qui restait du campement… puis il focalisa son attention sur Tar’phanar et Parmar, au garde à vous, immobiles comme des statues, en attendant que les lèvres de leur maître émettent un son…

Gnaxlal : “ Je remarque avec un certain déplaisir qu’il suffise que je m’absente pour que vous laissiez libre cours à votre incompétence et à votre incapacité à faire face à n’importe quel imprévu…
Chaque jour qui passe accroît mon sentiment d’être entouré d’imbéciles voire de jorlans (*). Varim… Parmar… et toi Tar’phanar… ”
(*) Petits batraciens, très très bruyants autour des lacs et des étangs, émergeant en grand nombre lors de la saison des amours suite à un long sommeil susceptible de durer jusqu’à deux années. Ils sont très appréciés des orcs des monts de l’esprit. Pas pour leur chair délicate, mais plutôt pour les sécrétions des petites bosses présentes sur le dos de ces petites bêtes. La substance, de couleur rougeâtre, provoque des hallucinations aussi loufoques que ridicules chez le sujet léchant ledit dos.
Il arrive souvent que dans leur délire, certain consommateur se jette du haut de certaines falaises, ou dans les ravins des monts de l’esprit. Cette malheureuse habitude, a conduit certaines tribus orcs à nommer certains lieux géographiques de noms à l’apparence joyeuse, mais qui correspondent plutôt à des lieux de sépulture inaccessibles, comme par exemple (traduction du langage orc):
Le gouffre au long rire… La fosse de l’hilarité continue… Le puits de la joie et de la gaieté… Le trou du nain rigolard (sans doute un consommateur involontaire autant pour sa chute que pour son léchage)… La butte de la fée qui vole plus mais qui se marre (là aussi, quelques doutes subsistent sur la volonté de cet être de souhaiter vivre cette expérience)…


Parmar tenta de prendre la parole, et ne put qu’émettre un gargouillis lugubre…

Gnaxlal : “ Tar’phanar… J’étais presque… heureux n’est pas le terme… Je dirais plutôt moins morose qu’à mon habitude…avant de contempler le campement en revenant… Tu sais à quel point il est rare pour moi d’être dans cet état d’esprit… Je te remercierai donc presque de m’avoir permis d’être de nouveau comme je dois être… Je vais donc te laisser me conter tes déboires pitoyables ainsi que ceux de mes serviteurs…ici présents… ”

Le Drow ne fut pas avare en détails pour raconter tout ce qui était arrivé depuis le départ de son maître…
Au fur et à mesure du récit, les yeux en amande du magicien devenaient de plus en plus rougeoyants….
Quant aux gargouillis de Parmar, qui avaient pour origine ses difficultés à respirer, ils étaient un assez bon révélateur du niveau de colère grandissant de Gnaxlal…
Au terme de l’histoire, tous les êtres présents dans la clairière retenaient leur souffle en prévision de la tempête qui se préparait à s’abattre sur les ruines fumantes du campement.

Gnaxlal : “ Parmar… Tu es responsable de cette débâcle… Il sera écrit que tu es un déshonneur pour ta famille et pour ton peuple… DISPARAÎT misérable cloporte ! ! ! ”

L’elfe de l’ombre se consuma instantanément , et ne fut plus qu’un tas de cendre bientôt emporté par la douce brise de ce soir d’été…

Gnaxlal : “ Quant à toi Tar’phanar… Voici le sort que je te réserve si tu venais à me décevoir de nouveau. Estimes toi heureux de m’avoir servi loyalement et assez convenablement jusqu’ici… Ta prochaine erreur sera la dernière à mon service… ”
Puis il reprit d’une voix à effrayer tous les êtres vivants à la ronde…
“ QUANT A VOUS TOUS… SACHEZ QUE VOS CADAVRES ME SERVIRONT JUSQU'A LA NUIT DES TEMPS SI NOUS ECHOUONS DANS NOTRE QUETE ! ! ! QUANT A VOS AMES TOURMENTEES… ELLES NE CONNAITRONT LA TRANQUILITE QUE LORSQUE JE L’AURAIS DECIDE…AVEZ-VOUS COMPRIS EXCREMENTS DE LA NATURE ! ! ! ”

Tout autour, les pauvres kobolds, humains et orcs des montagnes encore vivants étaient à plat ventre écrasés par une poigne invisible…
Seuls les drows n’étaient pas affectés par le sort lancé.

Gnaxlal descendit de sa monture, piétina sur sa route les cendres de Parmar… puis s’adressa à Tar’phanar :
“ Vois le bon côté… Nous savons désormais où se trouve la fillette… Parmar aura au moins eu cette utilité… Et puis, nos invités surprises ont visiblement fait tout leur possible pour nous le faire savoir… Rassembles ce qui reste de nos troupes. Nous partons dans l’heure ! ! ! Je ne tolérerais aucun retard…”

Tar’phanar : “ Bien maître… Mais… Maître… Nous faisons ce qu’ils souhaitent ? ? ? ”

Gnaxlal : “ Il semblerait… Es tu devenu sourd ?… Dois-je améliorer ton ouïe par quelques procédés désagréables et douloureux de ma connaissance ? ? ? ”

Tar’phanar : “ Non…Maître… Je m’interrogeais seulement sur le sort du village… ”

Gnaxlal : “ N’aies crainte… Tu n’as plus besoin de t’interroger sur ce point… A l’heure qu’il est, Algrion doit en avoir fini avec ces misérables... récupéré le corps du mage… Et grâce à la tête que je lui ai remise… envoyé ce pitoyable prêtre dans des enfers plus terribles qu’aucune imagination ne pourra concevoir ! ! ! ”



Après avoir rejoint Glingal, pour les quatre compagnons, ce fut une longue succession de galops successifs.
Entrecoupés de temps de pause pour ne pas épuiser les chevaux…
Elannah et Glingal avaient opté pour une utilisation de leur magie afin de reposer plus vite les montures.
Cette tactique avait permis de parcourir une distance appréciable lorsque les premiers rayons du soleil apparurent à l’horizon.
La fatigue provoquée par ces nombreux recours à leurs pouvoirs respectifs était l’inconvénient majeure de ce choix pour les deux représentantes de la gent féminine du groupe.
Désormais, les monts de l’esprit se dessinaient très nettement à l’horizon… Il y avait de fortes chances pour que l’équipe les atteignent dés ce soir, en avance d’une bonne demi-journée.

Quelque soit le compagnon de cette fine équipée, chaque regard en arrière était à la recherche d’éventuelle trace de l’armée qui devait être à leur poursuite à l’heure actuelle.
Mais, jusqu’à présent, aucun signe n’avait révélé une quelconque présence…

Les conversations de Glingal était toujours aussi rare… Seule Elannah avait le privilège d’y participer.
Vink’lar et Gour’kok, qui fermaient la marche, avaient donc tout leur temps pour contempler l’horizon à la recherche d’ennemis éventuels…
Comme à son habitude, Farbround était parti en éclaireur pour repérer toute menace ou embuscade.

Elannah et Glingal s’arrêtèrent à deux pas d’un bosquet d’arbres et de quelques rochers.

Farbround ne tarda pas à apparaître, de retour de sa “ virée ”, ce qui coïncida avec la décision de faire une halte un peu plus longue, afin de se reposer.
Un petit feu, aussi discret que possible, fut allumer pour préparer un repas qui réconforterait tout le monde.

Vink’lar : “ C’est pas pour dire… Mais je trouve étrange que nos poursuivants soient aussi en retard. Ils auraient dû atteindre cette partie sèche de la plaine, et donc, grâce à la poussière soulevée, être repérables à l’horizon… ”

Farbround : “ Ne soit pas trop pressé de connaître ce mystère… Gnaxlal a peut être envoyé plusieurs groupes de taille réduite à notre poursuite, afin de nous encercler… Et eux, ne soulèveraient pas de panache de poussière pour se déplacer… Sinon, aucune trace d’une menace quelconque devant nous, pour le moment… Mais vu que nous nous dirigeons tout droit vers les Monts de l’esprit, où se terrent les tribus des orcs dont certains spécimens accompagnent notre grand copain “ Gnaxlal ”, tôt ou tard nous serons attendus… Je pense que les premiers contreforts de cette chaîne de Montagnes constitueront le lieu idéal pour nous organiser une embuscade… ”

Elannah : “ Je vais réfléchir au moyen de contourner ce problème. Pour ce qui est de Gnaxlal, nous ne pouvons que spéculer, être sur nos gardes et nous préparer à toutes éventualités… En attendant, restaurons-nous. On en aura bien besoin. L’après-midi va être longue…”

Glingal, tout en grignotant son repas, s’était murée dans le silence. Pour toute la petite équipe, il était clair que la menace n’avait pas disparu. Loin de là, d’ailleurs… Pour tout dire, ils avaient l’impression d’être entre une enclume et un marteau. L’enclume représentant les tribus orcs des monts de l’esprit, le marteau, Gnaxlal et ses sbires…

Pour une fois, Gour’kok s’était dispensé de repas… Provisoirement, bien évidemment… Il le prendrait plus tard. Comme il se considérait comme un fin gastronome, il était impensable de sauter un repas, qui plus est celui de midi… Pour patienter, il avait tout loisir d’observer minutieusement la plaine environnante, et tous les bosquets d’arbres qui la peuplaient, qui étaient susceptibles de représenter autant de cachettes possibles pour leurs ennemis.


A plus d’une centaine de lieues de là, une colonne de cinquante cavaliers observait les ruines calcinées d’une bourgade qui avait porté le nom de Boiscendre…
Le commandant de cette petite troupe, un elfe des bois du nom de Finwë, contemplait ce spectacle en faisant la moue.
A ces côtés, ce tenait Aerendir… Grand Magicien des elfes marins de l’Ouest.

Les deux proches lieutenants de Finwë, éclaireurs de leur état, étaient partis depuis une bonne demi-heure pour fouiller ce lieu.
Bien avant de les envoyer, les odeurs qui flottaient dans l’air ambiant laisser présager le sort qu’avaient connu une bonne partie, si ce n’est tous les habitants de ce village.

Alwen et Vivianë émergèrent des ruines et galopèrent pour rejoindre le détachement.

Alwen : “ Commandant, il y a moins de 24 heures que le village a été attaqué… aucune trace de survivants… Peut être quelques uns se sont-ils réfugiés dans les bois environnants… Mais pour être honnête, je doute que ce soit le cas… ”

Finwë : “ Algrion … ”

Alwen : “ Les résidus magiques des sorts qui ont été à l’œuvre pour détruire ce village ne laissent aucun doute… Une magie noire puissante a profondément imprégné les murs en ruine… ”

Aerendir : “ Très puissante en effet… Je ressens sa sombre aura de là où nous nous trouvons…Je dois me rendre dans les ruines pour en savoir plus… ”

Finwë : “ C’était votre idée, Aerendir, d’envoyer Glingal et ce prêtre, seuls sur les routes du Molthune et du Nirmathas… Pendant que nous devions représenter la cible à abattre… Visiblement, et plus nous nous rapprochons du monastère, nous allons de mauvaises surprises en catastrophes… Surtout maintenant ! ! ! ”

Aerendir : “ Je ne puis que reconnaître la situation dans laquelle nous nous trouvons… Mais pour le moment, je puis vous assurer que Glingal est bien vivante, et qu’elle n’est pas seule. A la distance où nous nous trouvons d’elle, c’est tout ce que je parviens à savoir… Ce n’est donc pas encore un échec… ”

Finwë : “ Et une victoire pour nos ennemis… Mais la situation est devenue plus que périlleuse… et semble empirer à chaque découverte que nous faisons… ”

Aerendir : “ C’est malheureusement vrai… Je crains même que les funestes découvertes ne soient pas encore terminées. ”

Finwë : “ Bien… Vivianë, prenait cinq hommes et accompagnait Aerendir dans les ruines. Alwen, organisez le repérage de tous les environs… Je veux découvrir le campement d’Algrion… On lui tombera dessus dés qu’on saura où elle se terre ! ! ! PIEDS A TERRE pour le reste de la troupe. On s’arrête une heure.”


“ Alors Tar’phanar… Allez vous enfin m’informer que vous avez retrouvé leurs traces ! ! ! ? ? ? Voici plus de six heures que nous tournons en rond… Vous m’avez affirmé qu’ils se dirigeaient vers les Monts de l’Esprit, ce qui paraissait logique pour se rendre au monastère de Ginjryn au pied du volcan Drognar… Puis, ils décident de bifurquer plein nord… Pour enfin repartir en arrière…Et maintenant… Plus aucune trace ! ! ! ? ? ? ”

Tar’phanar : “ Je sais bien maître Gnaxlal… Mais nos meilleurs limiers ne font que suivre les traces qui ont été laissées… puis qui viennent de disparaître… ”

Gnaxlal : “ 5 chevaux et autant de cavaliers ne disparaissent pas comme par enchantement ! ! ! Vos limiers semblent être aussi compétents que vous paraissez l’être… Ma patience commence à atteindre ses limites… Il n’y avait aucune raison qu’ils repartent en arrière… Ils doivent mener Glingal au monastère de Ginjryn ! ! ! Pas lui proposer une croisière rafraîchissante sur le lac d’Encarthan ! ! ! ? ? ?

Tar’phanar : “ Je… Je ne peux qu’en convenir Maître Gnaxlal… Jusque là, les traces étaient très nettes, et la nature du sol facilitait le travail de nos limiers. Nous sommes à présent à l’orée de la plaine sèche… Trouvez les empreintes est désormais plus compliqué… ”

Gnaxlal : “ J’ai usé de mes pouvoirs pour informer nos amis des Monts de l’Esprit, qu’un petit groupe se dirigeait vers leur territoire et qu’ils devaient les intercepter… Je vous laisse imaginer leur mécontentement si, d’aventure, ils faisaient le pied de grue plusieurs jours, en attendant nos “ “perturbateurs ” ” .


Tar’phanar : “ Je… Je… Je vais faire le maximum Maître ! ! ! J’y vais de ce pas… ”

Pendant que Tar’phanar prenait congé de son Maître , celui-ci se tourna vers sa toujours aussi mystérieuse et cruelle Algrion…

Gnaxlal : “ Je suis heureux d’apprendre que tu as récompensé comme il se devait les villageois et ce vieux débris de prêtre… Quant à ces aventuriers, ils ne peuvent pas nous échapper… Tôt ou tard, nous les trouverons, que ce soit leurs cadavres sur lesquels danserons nos amis communs des Monts de l’Esprit, ou vivants et alors je te laisserai ces pitoyables créatures pendant que je m’occuperai de Glingal… Encore que je te serais très reconnaissant de m’offrir l’elfe en souvenir du bon vieux temps… ”

Algrion : “ Ah, ah ,ah… Mon cher ami… Je sais toujours ce qui te contentera le mieux. J’ai pris un malin plaisir à, comme tu le dis, les récompenser. Quant à ta petite elfe, tu connais mes goûts… Je laisserai donc son sort entre tes mains expertes… Je suis plus tentée par le demi-orc qui a estropié ton lieutenant… Je salive d’avance à l’idée de consommer sa force… Je m’amuse aussi à l’idée de se que je ferai du nain et du gnome… ”

Gnaxlal : “ Chère amie… nos discussions m’ont manqué… ”

Après avoir fusionné au petit matin, les groupes de ces deux sombres magiciens ne forme plus qu’une seule troupe. Aux drows, Kobolds et Orcs des Monts de l’Esprit, se sont rajoutés quelques ogres, géants des montagnes, et trolls des marais.
A l’heure qu’il est, contrainte et forcée, cette armée hétéroclite patiente le temps de retrouver la piste de leurs futures victimes, comme ils l’espèrent.



“ Alwen au rapport mon Commandant ! ! ! ”

Finwë : “ Approchez-vous lieutenant…”

Aerendir était revenu des ruines du village, et avait fait un résumé de ce qu’il y avait découvert…

Finwë : “ Les nouvelles vont de mal en pis… Les âmes des villageois et du prêtre Derran ont été offertes en offrande à un dieu démon Abraxas… Que Desna leur vienne en aide, et à nous par la même occasion ! ! ! Nous ne sommes pas en mesure de savoir ce qu’Algrion, cette maudite dhampir (*), a pu obtenir en retour… ”
(*) : croisement très rare et contre nature entre un vampire et un homme. De couleur très pâle, et se déplaçant avec la grâce effrayante d’un

Aerendir : “ Tout est envisageable… Mais aucune créature surnaturelle n’est née ici. Cela je puis vous l’affirmer. ”

Finwë : “ Ici peut-être… Mais ailleurs ? ? ? ”

Aerendir : “ Je ne peut vous répondre non… Il m’est impossible de connaître les pensées d’Algrion. ”

Finwë : “ Si nous le pouvions, nous ne serions pas là, en ce moment, en train de contempler ses œuvres malfaisantes… Lieutenant… à vous ! ! ! ”

Alwen : “ Il y a beaucoup à dire… Et beaucoup d’éléments surprenants… ”

Finwë : “ Encore des mauvaises surprises ? ? ? ”

Alwen : “ Une seule, et de taille… Nous avons découvert un ancien campement d’une troupe d’au moins cent créatures non loin d’ici et celui-ci a… “

Finwë : “ Qu’est ce que cela veut dire ! ! ! ? ? ? ” Se tournant vers Aerendir… “ Je croyais qu’Algrion était la seule menace sérieuse dont nous devions nous préoccuper ! ! ! Et voici que l’on apprend que son armée est nettement plus forte que ce qui avait été estimé.”

Aerendir : “ Il semblerait que les choses aient changé… Nous ne pouvons en conclure que nos rapports sur la situation étaient erronés. ”

Finwë : “ Erronés est un euphémisme ! ! ! Nous avions estimé que la troupe d’Algrion devait être constituée d’a peu près 30 créatures, d’ogres , de trolls et de géants.
Alors qu’elle devait nous poursuivre pour permettre à Glingal d’avoir le temps de parvenir au monastère de Ginjryn, Algrion change soudainement de direction, et nous voilà désormais à sa poursuite depuis que l’on a franchi les montagnes de Ménador…
Rien ne se passe comme on l’avait prévu… Compte tenu de ce qu’Alwen vient de découvrir, nous n’aurons jamais les capacités de pouvoir affronter cette troupe ! ! ! Nous courons droit au suicide…”

Aerendir : “ Je ne peux qu’admettre que la situation s’est fortement compliquée. Nous avons une mission. Nous ne pouvons plus faire demi-tour et je…”

Alwen : “ Justement messieurs… Permettez-moi de continuer mon rapport, il n’est pas fini… ”

Finwë : “ Est-ce à dire qu’il y a pire, Lieutenant ? ”

Alwen : “ Oui et non. Toutefois, en même temps, ce que nous avons découvert est loin d’être aussi inquiétant que notre reconnaissance pouvait laisser présager dans un premier temps… Comme je vous l’indiquais, nous avons découvert un ancien campement, et comme je m’apprêtais à vous le dire, avant que vous ne me coupiez, celui-ci a fait l’objet d’une attaque ! ! ! ”

Aerendir : “ Attaquée ? Algrion a été attaquée… Mais par qui ? ”

Alwen : “ Non, pas Algrion… Il s’agit d’une autre troupe que celle d’Algrion. En fait, au vu de… ”

Finwë : “ Vous voyez Aerendir ! ! ! Algrion dispose en fait de deux troupes… Vos manigances nous ont conduit droit à un fiasco ! ! ! Et à notre mort, certainement… ”

Aerendir : “ Je comprends que vous ne m’appréciez pas Commandant, mais ne rejetez pas la totalité de la faute sur mes épaules ! ! ! Et cessez d’interrompre continuellement votre lieutenant, sinon nous serons encore là au prochain lever de soleil ! ! ! ”

Finwë : “ Savez-vous à qui vous vous adressez ! ! ! Je fais partie de la garde royale de Celwynvian ! ! ! ”

Aerendir : “ Je me permets de vous rappeler que vous me devez le respect que je vous dois. Arrêtons donc cet échange improductif qui ne nous mènera à rien. ”

Finwë : “ Soit… Mais sachez que j’en référerai à qui vous savez ! ! ! ”

Aerendir : “ Je ne doute pas de la capacité de votre langue à émettre des sons… Vous venez de me le prouver… Vous avez terminé ? ”

Finwë : “ Oui… ”

Aerendir : “ Poursuivez lieutenant. ”

Alwen : “ Et bien, je… Nous… Avant d’atteindre le campement, sur le chemin, nous avons retrouvé, et notamment au sommet de cette petite colline, les cadavres de 5 humains. Ceux-ci faisaient partie de la troupe du campement. Aucun doute la dessus. Plus loin, sur la route, nous avons découvert au moins 20 cadavres de kobolds portant des traces de blessures de haches, d’épées et de dagues. Eux aussi provenaient de ce campement. Ils avaient été dissimulés, hors du chemin, bien que les combats ont eu lieu dessus, et ils ont été sanctifiés… ”

Aerendir : “ Intéressant ! ! ! Ceci nous prouve que Glingal a participé à ce… combat… Etonnant… mais qui a bien pu l’aider ? En tout état de cause, elle a empêché Algrion de pouvoir les ranimer… Un coup dur pour elle…”

Finwë : “ J’en conviens… Et dans le campement ?”

Alwen : “ Les traces qui s’y trouvent montrent que lors de l’attaque, il y avait un magicien. Nous avons découvert des cadavres de Kobolds, d’orc et d’humains.. Sur la dizaine de victimes de l’attaque, certaines ont été la cible d’un feu magique. Impossible de connaître le nombre de combattants qui ont aidé ce magicien… L’essentiel des tentes ont été détruites par le feu…”

Aerendir : “ De plus en plus intéressant. ”

Alwen : “ Malheureusement, la dernière découverte n’est pas rassurante. Nous avons retrouvé les cendres d’un être consumé par le feu magique d’un drow… ”

Finwë : “ Un drow… ”

Aerendir : “ Gnaxlal… Ca ne peut être que lui… Il est le seul drow que je connaissent à avoir les capacités à invoquer un feu pour consumer un autre drow…Ce devait être son camp et sa troupe…Voici qui est très… navrant… ”

Finwë : “ Et fatal pour notre mission… C’est tout aussi clair ! ! ! ”

Aerendir : “ Voyons commandant, je suis là… Et les mystérieux alliés de Glingal également… Compte tenu des dégâts qu’ils ont fait dans les rangs de la troupe de ce cher Gnaxlal, nous pouvons compter sur eux pour être la petite bête qui démangera le dos de Gnaxlal et Algrion… Et comme je vous l’ai déjà dit, Glingal est encore vivante, alors que le village a été réduit en poussière il y a presque vingt quatre heures… A cette heure ci, Si tout s’était bien passé pour eux, Gnaxlal et Algrion auraient déjà dû en finir avec notre prêtresse… Et il est clair que ce n’est pas le cas… Il y donc lieu de penser qu’ils ont été les victimes d’un contretemps fâcheux pour eux ! ! ! ”

Finwë : “ Certes… Mais notre mission consistait à contrecarrer les plans d’Algrion, et elle seule. Maintenant que Gnaxlal est entré dans le jeu, deux magiciens sombres compliquent singulièrement la bonne marche de cette mission ”

Aerendir : “ Je le reconnais. Mais quelque chose me dit que ces deux magiciens maudits sont encore très loin d’avoir réussi à atteindre leurs objectifs ! ! ! ”



“ JE T’AVAIS PREVENU SOMBRE LARVE ! ! ! DISPARAIS MICROBE… ”

De l’être qui s’était tenu devant Gnaxlal , il ne restait plus que des centres grisâtres… Tar’Phanar n’était plus…

Gnaxal était vert de rage… Et poursuivi à l’encontre de tous ses hommes :
“ COMMENT EST IL POSSIBLE DE PERDRE AUTANT DE FOIS LA TRACE DE CINQ QUADRUPEDES ET AUTANT DE PITOYABLES HUMANOIDES ! ! !

Malgré les efforts de tous ses pisteurs, son armée faisait des ronds dans la plaine, comme les formes laissées par les galets qui rebondissent sur l’eau… Plusieurs fois, la trace des aventuriers avaient été retrouvées, faisant des zigzags aussi incompréhensibles que moqueurs.
Car, désormais, Gnaxlal et Algrion en étaient persuadés… Ces misérables vers de terre se moquaient d’eux… Ils usés de sorts indécelables pour les deux magiciens de l’ombre, et ceci malgré leur puissance réunie…
L’humeur des deux magiciens étaient tombée dans les bas fonds les plus sombres de cette planète.

Algrion : “ Gnaxlal, mon cher ami… Je me permets de douter de plus en plus de l’évaluation que tu avais fait des pauvres pouvoirs de ta petite elfe… ”

Gnaxal : “ Je commence également à réévaluer la menace qu’elle représente pour nous… Avec de simples tours de passe-passe elle parvient à nous mettre en échec ! ! ! Comment ne pas imaginer à sa disposition des autres sorts, au combien plus dangereux, et susceptibles de nous détruire tous les deux… Cependant, tu pourras reconnaître, qu’il est très difficile pour une telle magicienne de se dissimuler à nos yeux… Et pourtant nous ne parvenons pas à détecter sa présence… ”

Algrion : “ Ce n’est pas parce que nous parvenons à déceler la présence d’Aerindir que nous pouvons faire de même avec ta petite elfe… ”

Gnaxal : “ A ce sujet, nous ne pouvons plus nous permettre de perdre de temps. Il va finir par nous rattraper… ou rejoindre Glingal… Et nous ne connaissons pas la taille de la troupe qui l’accompagne maintenant. ”

Algrion : “ Tu as raison. Piquons tout droit vers les monts de l’Esprit… Nous rejoindrons vite la passe de Kondril. Tes amis orcs auront peut être fait quelques prisonniers pour nous, ou transformer ces cloportes en cadavres… Il n’y a que deux chemins pour se rendre au monastère de Ginjryn par les Monts de l’Esprit… Le second oblige de franchir le col de Förns. S’ils ont décidé de l’emprunter nous parviendrons avant eux au monastère.”

Gnaxal : “ Tes paroles sont d’or… Il y a de fortes chances qu’ils aient opté pour cette seconde solution. Ils tomberont tout droit dans nos bras comme des pêches trop mûres ! ! ! ah ah ah AH AH AH ! ! ! EN ROUTE BANDE DE MOLLUSQUES DECEREBRES ”

Algrion : “ Gnaxlal… Tu insultes ces pauvres petites bêtes… Nos sbires respectifs nous ont montré aujourd’hui que les mollusques étaient susceptibles d’avoir une intelligence supérieure… ”

Eperonnant son cheval… Gnaxal : “ AH AH AH … Comme je te le disais belle Algrion… Nos discussions m’ont vraiment manqué. ”

L’ensemble de la troupe se mit en mouvement, prenant la direction de la passe de Kondril, où devait les attendre au moins deux tribus d’orcs des montagnes…



Les cinq cavaliers se tenaient côte à côte observant la passe de Kondril…

Vink’lar : “ Je croyais que le propre d’une embuscade, c’était de rester aussi discret que possible jusqu’à l’arrivée de sa cible, puis de lui tomber dessus… ”

Farbround : “ Jusqu’à cet instant, je le croyais aussi… ”

Gour’kok : “ Ils ont peut-être décidé de faire un barbecue géant…”

Ses trois compagnons, et pour le coup Glingal aussi, ne purent s’empêcher de tourner leur regard vers le demi-orc, après ce trait d’humour…

Glingal : “ Si vos compatriotes ont un aussi gros appétit que vous même, je les comprends… ”

Gour’kok : “ Madame, vous vous méprenez… Permettez-moi de corriger vos lacunes… Je suis un fin gastronome qui aime profiter de ce qui est bon… certes… en grande quantité… Quant à mes compatriotes… Sachez qu’ils sont aussi dotés d’intelligence que le cailloux au pied de votre monture. ”

Glingal : “ C’est sûr… Tombé sur un orc ayant votre talent gastronome, culinaire et intellectuel… c’est pas courant… Je dois bien le reconnaître… ”

Gour’kok : “ Je prendrais cette remarque pour un compliments… ”

Glingal : “ Vous pouvez… en effet… ”

Farbround : “C’est pas tout çà… mais je propose que l’on parcoure la lieue qui nous sépare de la passe pour en avoir le cœur net… ”

Elannah : “ Je ne vois pas ce qui s’y opposerait… En route… ”

Les cinq cavaliers s’approchèrent à petit trot de la passe.
Farbrounb s’était abstenu de sortir son instrument d’observation… C’était inutile…

Le spectacle qui s’offrait à eux avait de quoi surprendre… Il y avait là pas moins de 400 cadavres d’orcs des Montagnes… Aucun survivant… Leur campement donnait l’impression d’avoir été détruit par une tornade… Quant aux cadavres, les blessures qu’ils portaient permettaient de se faire une idée assez précise de l’intensité du carnage qui s’était déroulé dans cette passe, mais le plus étrange, c’est que compte tenu de la position des corps, il était possible de supposer qu’ils s’étaient battus entre eux…

Elannah : “ Ils se sont entre-tués… Comment est-ce possible ? ”

Glingal : “ Très bonne question, ma chère… Ils n’ont pas dû supporter le barbecue… et en vouloir au cuisinier… ”

Gour’kok : “ Peuh ! ! ! Il y a là, trois tribus différentes… Il est surprenant qu’ils aient pu s’entre-tuer… D’autant qu’elles sont toutes issues du Sud des Monts de l’Esprit… Quant aux talents culinaires de ces affreux… J’émets un doute… Risques pas d’y avoir un cuisinier digne de ce nom ! ! ! ”

Vink’lar : “ Merci pour ces précisions Gour’kok… Elannah, pourrais-tu essayer de détecter des traces de magie ? ”

Elannah : “ Je crois que ce ne sera pas nécessaire… On est attendu, il semblerait. ”

Les regards des quatre amis convergèrent vers la direction indiquée par Elannah…



Alwen : “ Commandant… Comme c’était prévisible, les deux troupes ennemies ont fusionné à moins de deux lieues d’ici… Ils ont pris plein ouest ensuite, direction les Monts de l’Esprit. Aucune trace de combat. ”

Finwë : “ Le soleil décline rapidement… Combien ont-ils d’avance sur nous ? ”

Alwen : “ Je dirais moins de six heures, à présent… ”

Finwë : “ Bien. Inutile de fatiguer plus les chevaux, sinon ils ne vont pas tenir le coup si on continue à ce rythme. On va bivouaquer. Ce serait trop dangereux de les poursuivre en pleine nuit. Et puis les hommes ont besoin de repos. ”

Aerendir : “ Sage décision commandant… Désormais, je peux détecter leur présence… Ils ont dû atteindre la passe de Kondril. Nul doute qu’ils ont également détecté la mienne. Ils sont beaucoup plus doués que moi dans ce domaine. Par ailleurs, je peux vous certifier que Glingal est toujours vivante. ”

Finwë : “ Parfait. Alwen, prévoyez les tours de garde et la défense pour la nuit. Envoyez aussi des éclaireurs avant qu’il ne fasse totalement nuit, je veux savoir si ces maudits magiciens n’ont pas laissé quelques traînards derrière eux pour nous organiser de mauvaises surprises… ”

Alwen : “ Bien Commandant, je fais le nécessaire. ”

Finwë : “ Les Monts de l’esprit sont le repère des orcs des montagnes… Il ne sera pas facile de les traverser sans y rencontrer quelques autochtones… Il se peut même que Gnaxlal trouve le moyen de renforcer ses troupes en recrutant parmi les tribus de la chaîne. ”

Aerendir : “ C’est malheureusement la stricte vérité. Toutefois, généralement les orcs des Montagnes rechignent à prendre parti… Ils s’occupent de leurs petites affaires, et ils trouvent que c’est déjà assez compliqué… Je pense que nous serons amené à engager le combat avec certains groupes d’orcs isolés. Mais si nous sommes assez mobiles, aucune tribu ne viendra nous chercher querelle pour venger la mort de quelques uns des leurs, et nous pourrons continuer la poursuite de nos deux magiciens de l’ombre. ”

Finwë : “ Le voyage est encore loin d’être fini. Nous voyons les Monts de l’Esprit… et le monastère sera bientôt à notre portée.. Desna seule, sait ce qui nous attend encore. ”

Aerendir : “ Nul doute que nombre d’épreuves nous attendent encore. Nous ne pouvons que nous y préparer le mieux possible, et défendre chèrement notre existence lorsque celle-ci sera menacée. Mais n’oubliez-pas Commandant, la réussite du plan repose sur la survie de Dame Glingal, pas de la nôtre… Nous ne sommes qu’un fil du destin qui compose les événements à venir… Glingal est bien plus que cela… Elle doit parvenir au monastère, puis à Celwynvian…. ”


Au même moment, à la passe de Kondril, Gnaxlal et Algrion contemplaient les restes de l’armée qui devait intercepter les fuyards… et ce qu’ils voyaient était aussi déconcertant qu’inattendu…
Parmi la troupe derrière eux, la rumeur de l’existence d’une magicienne très puissante avait parcouru les rangs. Le spectacle du massacre de leurs alliés étendus comme des pétales de fleurs tout au long de la passe venait d’amplifier un peu plus le sentiment de crainte qui avait commencé à germer dans leurs têtes, dans l’après-midi…

Algrion : “ Désormais, il est clair que vous avez sous-estimé cette petite elfe…qui est d’ailleurs loin d’être petite… Même Aerindir aurait eu du mal à abattre cinquante de vos orcs des montagnes… Elle vient d’en décimer plusieurs centaines ! ! ! Et en un claquement de doigt, si cela se trouve…”

Le magicien drow était incrédule devant ce qu’il voyait. Devant lui, étaient allongés les corps inanimés d’une partie de l’armée qu’il avait prit soin de constituer depuis plusieurs années.
Il y a de cela 3 semaines, il avait été convaincu qu’avec le plan stupide mis en place par Glingal, ce vieux prêtre et Aerendir, tout serait fini rapidement. Son informateur lui avait remis tous les éléments nécessaires à une victoire totale.
Il aurait dû être en possession de la tête de Glingal et détenir tous les secrets désirés… De son côté, Algrion aurait dû avoir éliminé Aerindir et son détachement de cavaliers de la garde royale de Celwynvian.
Trois semaines plus tard, il fallait bien reconnaître que les échecs et les surprises s’étaient succédés les uns après les autres… Et que le résultat était loin de correspondre à ses attentes.

Cela avait commencé par le jeu du chat et de la souris entre ses kobolds et Glingal.
Là, l’aura de Glingal s’était atténuée, puis avait totalement disparu…
Heureusement, ses hommes avait retrouvé le prêtre, mais pour le contraindre à intervenir avant que la situation ne s’aggrave et que ce vieux sénile ne mette en déroute ses sbires…
Pour ne rien arranger, ce vieux débris lui avait tenu tête, sans lui révéler quoique ce soit… A cause de cette résistance désespérée, il s’était retrouvé obliger de contacter Algrion pour qu’elle le soutienne dans ses recherches de Glingal.
Jusqu’à ses retrouvailles avec Algrion, il avait encore le sentiment de maîtriser son avenir…
C’est à ce moment là que la situation avait pris une tournure très déplaisante et était devenue totalement incongrue et imprévisible. Son camp avait été détruit et une partie de ses hommes éliminée, pendant sa courte absence… En plus, au moins une trentaine de ses hommes avait disparu définitivement dans l’après-midi, et cela il en était convaincu à présent…grâce à ce ver de terre de Parmar.
Il était parti à la poursuite de ces cinq pitoyables et malheureuses créatures, pensant bien les rejoindre très rapidement…
Mais là, nouvelle désillusion… Cette petite elfe avait fait tourner en bourrique ses meilleurs limiers, et lui, Algrion et sa petite armée avaient sillonné la plaine en long en large et en travers pour finir par constater la disparition des traces de ces cinq créatures, qui n’étaient finalement pas aussi pitoyables que çà….
Pour finir… Maintenant, il venait de perdre une partie de son armée, d’une manière aussi déplaisante qu’incompréhensible.
Finalement, plus il y pensait, et plus ces trois derniers jours lui paraissaient être comme les presque pires de sa longue existence…

Gnaxal : “ Je dois reconnaître que je ne m’attendais pas du tout à cela… Il y a longtemps que je n’avais pas été confronté à un adversaire de cette valeur… Si toutefois cela m’est déjà arrivé… Les cadavres ont été sanctifiés… Je ne pourrais même pas les ressusciter ! ! ! Un coup de Glingal sans aucun doute… C’est la seule trace de magie que je parviens à détecter… Il y a autre chose… mais je ne parviens pas à me rappeler à quel moment j’ai déjà ressenti cela… ”

Algrion : “ Nous sommes au moins sûr qu’ils ont décidé de passer par cette passe, et non par le col de Förns… ”

Gnaxal : “ Maigre consolation… Par contre, je suis impatient à l’idée de me mesurer à cette magicienne. Je prendrais un malin plaisir à détruire son pouvoir.”

Algrion : “ Vous allez me rendre jalouse, mon ami. ”

Gnaxal : “ Et vous êtes deux fois plus dangereuse lorsque vous êtes en compétition avec une autre prétendante ?”

Algrion : “ Je ne vous le fais pas dire. Il est même possible que je décide de m’occuper de cette magicienne, et que je ne vous en laisse que quelques lambeaux… ”

Gnaxal : “ Voyons, très chère, vous savez ce que vous représentez pour moi. Vous pouvez être certaine que même si mon souhait est de me divertir avec cette petite elfe, vous êtes le joyaux de mes jours. Et maintenant que nous nous sommes retrouvés, rien ni personne ne parviendra plus à nous séparer… ”

Algrion : “ Il est temps de continuer notre poursuite. Nos pitoyables soldats commencent à se poser des questions. Avant qu’ils ne s’en posent trop, il vaut mieux quitter cette passe. ”

Immédiatement, la troupe repris sa route, traversant au pas ce champs, et laissant derrière elle ce qui devait constituer l’un des maillons sur lequel voulait compter Gnaxlal pour infliger aux elfes des bois une sévère déconvenue.
Désormais, il devrait revoir une partie de ses plans…



Vink’lar : “ Il aurait été… comment dire… aimable de votre part de nous informer que vous aviez pris certaines dispositions… ”

Glingal : “ Croyez bien messire nain, que jusqu’à ce que l’on se tienne devant Mërendeen, j’étais convaincue que le corbeau que je lui avais expédié, avec ma demande d’assistance, avait connu un sort funeste… Et que les Kobolds l’avait intercepté. C’est pourquoi je n’ai pas jugé utile de vous en parler… ”

Elannah : “ Seul compte le résultat… Et celui-ci nous est favorable. ”

Vink’lar : “ Veuillez me pardonner… mais… il n’est pas courant de rencontrer une reine des fées, qu’elle soit de la forêt du Nirmathas ou d’ailleurs, me semble-t-il… Et il est encore moins courant que celle-ci vienne en aide à des humains, des nains ou des demi-orcs…Des elfes à la rigueur… peut être… ”

Glingal : “Sachez Messire nain, que mon expérience de ce monde est grande… Durant mon existence, il m’a été offert de rencontrer bien des êtres, aussi divers que variés. J’ai l’honneur de compter Mërendeen parmi eux. ”

Gour’kok : “ Mouah ah ah… Il vaut mieux ne pas trop vous taquiner Dame Glingal… Avec tous les amis que vous avez de par ce monde, j’ai l’impression que l’existence de vos ennemis risque d’être raccourcie…Par contre, faudra quand même leur suggérer qu’il est toujours plaisant de proposer un bon repas à un ami et ceux qui l’accompagnent …ne serait-ce que pour fêter les retrouvailles. ”

Glingal : “ Heureusement que votre estomac n’est pas le centre de vos pensées, vos prouesses diplomatiques seraient alors aussi vides de sens que le garde manger que vous laisseriez derrière votre passage.

Gour’kok : “ ooohhhh, je ne faisais que sous-entendre que le meilleur moyen d’entretenir des relations cordiales, c’est encore autour d’un bon repas ensemble… ”

Glingal : “Pour revenir à Mërendeen, il y a de cela quelques siècles, je lui ai porté assistance dans son combat contre des destructeurs de forêt de l’Alliance commerciale et sylvicole de Tamran… Dernièrement, il s’est avéré que c’était à mon tour de lui demander de l’aide. ”

Gour’kok : “ Et ils ont terminé en brochettes ou en méchoui les bûcherons de cette Alliance ? ”

Glingal : “ Ni l’un, ni l’autre… Lorsque vous êtes face à des êtres aussi crédules que superstitieux, il suffit souvent d’employer des moyens modestes pour accroître leur peur de l’inconnu… et les faire fuir.”

Gour’kok : “ Les arbres se sont mis à bouger tout seul, et les bûcherons ont couru plus vite que leurs ombres ? ”

Glingal : “En quelque sorte… Par contre, ce fut beaucoup plus compliqué pour faire de même avec les mercenaires recrutés par l’Alliance ... ”

Gour’kok : “ Ah, je savais bien que vous y êtes venu aux brochettes et au méchoui. ”

Glingal : “D’une certaine manière… Lorsque vous êtes confronté à des êtres dépourvus de conscience et d’intelligence… et appâtés par les profits, il ne reste plus que la force pour les dissuader de réaliser leur projet. Toutefois, il y a différents degrés dans l’usage de cette force, l’atteinte à l’intégrité physique ou psychique n’a pas à être systématique. ”

Vink’lar : “ Nous voici renseignés sur les raisons qui expliquent pourquoi Mërendeen nous a aidé. Mais bon, elle a également dit qu’elle ne comptait pas nous apporter son aide dans les Monts de l’Esprit… ”

Elannah : “ La forêt est son territoire naturel, la plaine peut également en faire partie, mais par contre, ce n’est pas le cas des Monts de l’Esprit. Ici, ses pouvoirs sont grandement réduits. ”

Vink’lar : “ holà… Si c’est avec des pouvoirs réduits qu’elle est parvenue à décimer toute une troupe, je ne préfère pas imaginer lorsqu’elle est en pleine possession de ses pouvoirs… ”
Glingal : “ Seulement à l’intérieur des Monts de l’Esprit messire nain, pas à l’orée de ceux-ci… Elle était en pleine possession de ses pouvoirs face aux orcs… Et puis elle n’était pas seule… ”

Farbround : “ Oui… Et c’est là où je ne comprend plus… Des druides humains alliés d’une reine des fées…Ca laisse songeur… ”

Glingal : “ Cette coopération est surprenante pour vous, car vos existences ne vous permettent pas de découvrir tout ce que le monde recèle comme merveilles ou comme mystères. Lorsque vous acquérez de la sagesse, au fil des siècles, votre regard sur ce qui nous entoure change… Et à force d’études et de recherches vous parvenez à accroître votre savoir et votre compréhension sur toutes ces choses.
Ces druides sont les 8 représentants d’un cercle sans doute inconnu de vos semblables.
Il est possible que certains livres puissent faire mention de leur existence. Mais il s’agit d’écrits très anciens, et sans doute tomber en poussière depuis …
Vous pouvez donc vous considérer comme ayant eu la chance de les côtoyer en ce jour, en plus de la reine des fées. ”

Vink’lar : “ Côtoyer… Côtoyer… C’est beaucoup dire. Ils ont pas dit un mot ces druides… Sont restés durant votre discussion avec Mërendeen, et flaf… Disparus… pas très causants… ”

Farbround : “ Sans doute que la petite remarque de Gour’kok a fait son effet… ”

Gour’kok : “ Quelle remarque ? ? ? Je n’ai fait que les complimenter sur leur barbecue géant… ”

Elannah : “ Oui Gour’kok… Mais disons qu’il peut y avoir plusieurs interprétation à tes paroles.”

Glingal : “ Ne vous inquiétez pas… Ils n’ont pas relevé votre remarque. Je les ai remercié pour nous avoir aidé. Je suis curieuse de savoir ce que Gnaxlal a pu penser de ses déboires et de ses ronds au milieu de la plaine… Et lorsqu’il découvrira la destruction de sa petite armée… J’aimerais être une petite souris pour écouter ses pensées… ”

Elannah : “ J’ai cru comprendre que Mërendeen nous mettait en garde contre un nouvel ennemi, Algrion ? ”

Pendant que le gnome et Gour’kok croisaient leurs regards, Vink’lar, ayant cru mal entendre : “ Quel nouvel ennemi ? ? ? ”

Glingal : “Elle ne devrait pas se trouver avec Gnaxlal… ”

Elannah : “Il s’agit d’une femme ? ? ? ”

Glingal : “Exact… ”

Vink’lar : “ Je me répète, mais au cas, bien improbable, où vous ne m’auriez pas écouter… J’ai dit : quel nouvel ennemi ? ? ? ”

Glingal : “ Veuillez me pardonner messire Nain… Nous vous faisons des cachotteries, mais c’est pour préserver votre bonne humeur… ”

Vink’lar : “ Mon humeur ! ! ! Me voici de très méchante humeur, en l’occurrence…”

Glingal : “ Vous voyez… c’était vraiment pour votre bien… ”

Elannah : “Ne t’énerves pas Vink’lar… Les druides, lorsque Gnaxlal était à notre poursuite dans la plaine, ont créé des traces de pas et de chevaux pour perdre le magicien, et nous faire gagner du temps… C’est à ce moment là qu’ils ont découvert qu’une certaine Algrion avait rejoint Gnaxlal… ”

Vink’lar : “ Et qui est-elle ? ”

Glingal : “Une magicienne très puissante. C’est une Dhampir… Un croisement entre un vampire et un homme… La naissance d’une telle créature est très rare… Et la possibilité qu’elle ait des compétences magiques encore plus… Elle était enfermée dans la prison de Janderhoff, chez les nains… Bien que nous ne sommes pas de grands amis des nains, nous avions pleinement confiance en eux pour qu’elle ne ressorte jamais de ses geôles dans les profondeurs de la cité-capitale des nains. Le problème, c’est qu’elle est parvenue à s’échapper, en éliminant pas moins de deux cents gardiens. Le hasard, c’est ce que nous pensions à ce moment, a voulu que cette nuit là aucun magicien ne fut présent dans la prison… Ce qui a grandement faciliter sa fuite.
Le lendemain, on a découvert les cadavres des quatre maître magiciens nains, à leurs domiciles respectifs. Tout avait été orchestré avec brio…Gnaxlal devait être derrière tout çà…

Vink’lar : “ Vous venez de me livrer quelques nouvelles à me faire frémir… Deux cents gardes nains éliminés… Quatre des six grands maître-magiciens nains assassinés. N’en jetez plus… Et quand cela est-il arrivé ? ”

Glingal : “Il y a deux mois… ”

Vink’lar : “ Et désormais elle vous poursuit ? Et nous par la même occasion… ”

Glingal : “Oui… ”

Elannah : “ Et avec une petite armée d’ogres, de trolls et de géants… ”

Vink’lar : “ Seulement ! ! ! ooooh… Moi qui m’inquiétait pour une petite, toute petite… dizaine d’elfes noirs, une poignée d’orcs et quelques kobolds… Franchement… Quelle idée… Si j’avais su, j’aurais été nettement plus rassuré de savoir qu’ils étaient ridicules en comparaison de la PETITE armée d’Algrion… ”

Elannah : “ Tu vois… Tu le prends mal… Respires… Ils sont encore loin… Et puis tu verras… le bon air de la montagne, ca va te faire du bien ! ! ! ”

Vink’lar : “ Y a t il encore une bonne surprise qui nous attends ? ? ? ”

Glingal : “ Pas que je sache… ”

Vink’lar : “ Voilà qui me rassure presque… ”

Gour’kok : “ Formidable… J’adore décapiter les géants… Une fois leur tête coupée, elle continue de crier… Et avec l’écho dans les montagnes… Ca fera un sacré effet… ”

Encore une fois, ses trois partenaires, et Glingal, tournèrent leurs têtes vers le demi-orc.

Gour’kok : “ Je plaisante ! ! ! Il fallait bien détendre un peu l’atmosphère… ”

Après cette remarque, la petite équipe reprit l’ascension des Monts de l’Esprit.


Alwen : “ Commandant… Il semblerait qu’enfin… La troupe de Gnaxlal et Algrion ait pris la direction des Monts de l’esprit… ”

Finwë : “ C’est pas trop tôt ! ! ! Ils ont décidé de boire un côte d’Absalom pour faire tous ces petits ronds dans la plaine… ”

Aerendir : “ Je pense plutôt qu’il s’agit là d’un des fâcheux contretemps face auquel ils ont été confrontés… ”

Finwë : “ Et nous par la même occasion… Nous avons perdu près de 8 heures avec ce petit jeu… ”

Aerendir : “ C’est embêtant. Mais nous n’avons perdu que le temps qu’ils ont perdu eux mêmes. Ils n’ont pas plus de 6 heures d’avance sur nous. N’est-ce pas lieutenant ? ”

Alwen : “ Tout à fait Grand Mage Aerendir. ”

Finwë : “ Bien. En ce cas, galopons jusqu’à la passe de Kondril. En route. ”

Et éperonnant sa monture, il joint ses actes à la parole. Puis, toute la petite troupe imita son commandant, à l’exception d’Alwen et Aerendir …

Alwen : “ Etrange de la part de deux puissants magiciens de perdre du temps à ce point dans cette plaine. ”
Aerendir : “ Vous n’avez pas tort, lieutenant… L’avenir nous apportera peut être la réponse… En attendant, notre Commandant semble étrangement pressé ce matin… ”

Après avoir croisé leur regard, sans un mot, les deux cavaliers se mirent au galop également, et rattrapèrent bien vite le détachement de la garde royale.
 

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Chapitre 4

Vink’lar : “ Il aurait été… comment dire… aimable de votre part de nous informer que vous aviez pris certaines dispositions… ”

Glingal : “ Croyez bien messire nain, que jusqu’à ce que l’on se tienne devant Mërendeen, j’étais convaincue que le corbeau que je lui avais expédié, avec ma demande d’assistance, avait connu un sort funeste… Et que les Kobolds l’avait intercepté. C’est pourquoi je n’ai pas jugé utile de vous en parler… ”

Elannah : “ Seul compte le résultat… Et celui-ci nous est favorable. ”

Vink’lar : “ Veuillez me pardonner… mais… il n’est pas courant de rencontrer une reine des fées, qu’elle soit de la forêt du Nirmathas ou d’ailleurs, me semble-t-il… Et il est encore moins courant que celle-ci vienne en aide à des humains, des nains ou des demi-orcs…Des elfes à la rigueur… peut être… ”

Glingal : “Sachez Messire nain, que mon expérience de ce monde est grande… Durant mon existence, il m’a été offert de rencontrer bien des êtres, aussi divers que variés. J’ai l’honneur de compter Mërendeen parmi eux. ”

Gour’kok : “ Mouah ah ah… Il vaut mieux ne pas trop vous taquiner Dame Glingal… Avec tous les amis que vous avez de par ce monde, j’ai l’impression que l’existence de vos ennemis risque d’être raccourcie…Par contre, faudra quand même leur suggérer qu’il est toujours plaisant de proposer un bon repas à un ami et ceux qui l’accompagnent …ne serait-ce que pour fêter les retrouvailles. ”

Glingal : “ Heureusement que votre estomac n’est pas le centre de vos pensées, vos prouesses diplomatiques seraient alors aussi vides de sens que le garde manger que vous laisseriez derrière votre passage.

Gour’kok : “ ooohhhh, je ne faisais que sous-entendre que le meilleur moyen d’entretenir des relations cordiales, c’est encore autour d’un bon repas ensemble… ”

Glingal : “Pour revenir à Mërendeen, il y a de cela quelques siècles, je lui ai porté assistance dans son combat contre des destructeurs de forêt de l’Alliance commerciale et sylvicole de Tamran… Dernièrement, il s’est avéré que c’était à mon tour de lui demander de l’aide. ”

Gour’kok : “ Et ils ont terminé en brochettes ou en méchoui les bûcherons de cette Alliance ? ”

Glingal : “ Ni l’un, ni l’autre… Lorsque vous êtes face à des êtres aussi crédules que superstitieux, il suffit souvent d’employer des moyens modestes pour accroître leur peur de l’inconnu… et les faire fuir.”

Gour’kok : “ Les arbres se sont mis à bouger tout seul, et les bûcherons ont couru plus vite que leurs ombres ? ”

Glingal : “En quelque sorte… Par contre, ce fut beaucoup plus compliqué pour faire de même avec les mercenaires recrutés par l’Alliance ... ”

Gour’kok : “ Ah, je savais bien que vous y êtes venu aux brochettes et au méchoui. ”

Glingal : “D’une certaine manière… Lorsque vous êtes confronté à des êtres dépourvus de conscience et d’intelligence… et appâtés par les profits, il ne reste plus que la force pour les dissuader de réaliser leur projet. Toutefois, il y a différents degrés dans l’usage de cette force, l’atteinte à l’intégrité physique ou psychique n’a pas à être systématique. ”

Vink’lar : “ Nous voici renseignés sur les raisons qui expliquent pourquoi Mërendeen nous a aidé. Mais bon, elle a également dit qu’elle ne comptait pas nous apporter son aide dans les Monts de l’Esprit… ”

Elannah : “ La forêt est son territoire naturel, la plaine peut également en faire partie, mais par contre, ce n’est pas le cas des Monts de l’Esprit. Ici, ses pouvoirs sont grandement réduits. ”

Vink’lar : “ holà… Si c’est avec des pouvoirs réduits qu’elle est parvenue à décimer toute une troupe, je ne préfère pas imaginer lorsqu’elle est en pleine possession de ses pouvoirs… ”
Glingal : “ Seulement à l’intérieur des Monts de l’Esprit messire nain, pas à l’orée de ceux-ci… Elle était en pleine possession de ses pouvoirs face aux orcs… Et puis elle n’était pas seule… ”

Farbround : “ Oui… Et c’est là où je ne comprend plus… Des druides humains alliés d’une reine des fées…Ca laisse songeur… ”

Glingal : “ Cette coopération est surprenante pour vous, car vos existences ne vous permettent pas de découvrir tout ce que le monde recèle comme merveilles ou comme mystères. Lorsque vous acquérez de la sagesse, au fil des siècles, votre regard sur ce qui nous entoure change… Et à force d’études et de recherches vous parvenez à accroître votre savoir et votre compréhension sur toutes ces choses.
Ces druides sont les 8 représentants d’un cercle sans doute inconnu de vos semblables.
Il est possible que certains livres puissent faire mention de leur existence. Mais il s’agit d’écrits très anciens, et sans doute tomber en poussière depuis …
Vous pouvez donc vous considérer comme ayant eu la chance de les côtoyer en ce jour, en plus de la reine des fées. ”

Vink’lar : “ Côtoyer… Côtoyer… C’est beaucoup dire. Ils ont pas dit un mot ces druides… Sont restés durant votre discussion avec Mërendeen, et flaf… Disparus… pas très causants… ”

Farbround : “ Sans doute que la petite remarque de Gour’kok a fait son effet… ”

Gour’kok : “ Quelle remarque ? ? ? Je n’ai fait que les complimenter sur leur barbecue géant… ”

Elannah : “ Oui Gour’kok… Mais disons qu’il peut y avoir plusieurs interprétation à tes paroles.”

Glingal : “ Ne vous inquiétez pas… Ils n’ont pas relevé votre remarque. Je les ai remercié pour nous avoir aidé. Je suis curieuse de savoir ce que Gnaxlal a pu penser de ses déboires et de ses ronds au milieu de la plaine… Et lorsqu’il découvrira la destruction de sa petite armée… J’aimerais être une petite souris pour écouter ses pensées… ”

Elannah : “ J’ai cru comprendre que Mërendeen nous mettait en garde contre un nouvel ennemi, Algrion ? ”

Pendant que le gnome et Gour’kok croisaient leurs regards, Vink’lar, ayant cru mal entendre : “ Quel nouvel ennemi ? ? ? ”

Glingal : “Elle ne devrait pas se trouver avec Gnaxlal… ”

Elannah : “Il s’agit d’une femme ? ? ? ”

Glingal : “Exact… ”

Vink’lar : “ Je me répète, mais au cas, bien improbable, où vous ne m’auriez pas écouter… J’ai dit : quel nouvel ennemi ? ? ? ”

Glingal : “ Veuillez me pardonner messire Nain… Nous vous faisons des cachotteries, mais c’est pour préserver votre bonne humeur… ”

Vink’lar : “ Mon humeur ! ! ! Me voici de très méchante humeur, en l’occurrence…”

Glingal : “ Vous voyez… c’était vraiment pour votre bien… ”

Elannah : “Ne t’énerves pas Vink’lar… Les druides, lorsque Gnaxlal était à notre poursuite dans la plaine, ont créé des traces de pas et de chevaux pour perdre le magicien, et nous faire gagner du temps… C’est à ce moment là qu’ils ont découvert qu’une certaine Algrion avait rejoint Gnaxlal… ”

Vink’lar : “ Et qui est-elle ? ”

Glingal : “Une magicienne très puissante. C’est une Dhampir… Un croisement entre un vampire et un homme… La naissance d’une telle créature est très rare… Et la possibilité qu’elle ait des compétences magiques encore plus… Elle était enfermée dans la prison de Janderhoff, chez les nains… Bien que nous ne sommes pas de grands amis des nains, nous avions pleinement confiance en eux pour qu’elle ne ressorte jamais de ses geôles dans les profondeurs de la cité-capitale des nains. Le problème, c’est qu’elle est parvenue à s’échapper, en éliminant pas moins de deux cents gardiens. Le hasard, c’est ce que nous pensions à ce moment, a voulu que cette nuit là aucun magicien ne fut présent dans la prison… Ce qui a grandement faciliter sa fuite.
Le lendemain, on a découvert les cadavres des quatre maître magiciens nains, à leurs domiciles respectifs. Tout avait été orchestré avec brio…Gnaxlal devait être derrière tout çà…

Vink’lar : “ Vous venez de me livrer quelques nouvelles à me faire frémir… Deux cents gardes nains éliminés… Quatre des six grands maître-magiciens nains assassinés. N’en jetez plus… Et quand cela est-il arrivé ? ”

Glingal : “Il y a deux mois… ”

Vink’lar : “ Et désormais elle vous poursuit ? Et nous par la même occasion… ”

Glingal : “Oui… ”

Elannah : “ Et avec une petite armée d’ogres, de trolls et de géants… ”

Vink’lar : “ Seulement ! ! ! ooooh… Moi qui m’inquiétait pour une petite, toute petite… dizaine d’elfes noirs, une poignée d’orcs et quelques kobolds… Franchement… Quelle idée… Si j’avais su, j’aurais été nettement plus rassuré de savoir qu’ils étaient ridicules en comparaison de la PETITE armée d’Algrion… ”

Elannah : “ Tu vois… Tu le prends mal… Respires… Ils sont encore loin… Et puis tu verras… le bon air de la montagne, ca va te faire du bien ! ! ! ”

Vink’lar : “ Y a t il encore une bonne surprise qui nous attends ? ? ? ”

Glingal : “ Pas que je sache… ”

Vink’lar : “ Voilà qui me rassure presque… ”

Gour’kok : “ Formidable… J’adore décapiter les géants… Une fois leur tête coupée, elle continue de crier… Et avec l’écho dans les montagnes… Ca fera un sacré effet… ”

Encore une fois, ses trois partenaires, et Glingal, tournèrent leurs têtes vers le demi-orc.

Gour’kok : “ Je plaisante ! ! ! Il fallait bien détendre un peu l’atmosphère… ”

Après cette remarque, la petite équipe reprit l’ascension des Monts de l’Esprit.



Alwen : “ Commandant… Il semblerait qu’enfin… La troupe de Gnaxlal et Algrion ait pris la direction des Monts de l’esprit… ”

Finwë : “ C’est pas trop tôt ! ! ! Ils ont décidé de boire un côte d’Absalom pour faire tous ces petits ronds dans la plaine… ”

Aerendir : “ Je pense plutôt qu’il s’agit là d’un des fâcheux contretemps face auquel ils ont été confrontés… ”

Finwë : “ Et nous par la même occasion… Nous avons perdu près de 8 heures avec ce petit jeu… ”

Aerendir : “ C’est embêtant. Mais nous n’avons perdu que le temps qu’ils ont perdu eux mêmes. Ils n’ont pas plus de 6 heures d’avance sur nous. N’est-ce pas lieutenant ? ”

Alwen : “ Tout à fait Grand Mage Aerendir. ”

Finwë : “ Bien. En ce cas, galopons jusqu’à la passe de Kondril. En route. ”

Et éperonnant sa monture, il joint ses actes à la parole. Puis, toute la petite troupe imita son commandant, à l’exception d’Alwen et Aerendir …

Alwen : “ Etrange de la part de deux puissants magiciens de perdre du temps à ce point dans cette plaine. ”
Aerendir : “ Vous n’avez pas tort, lieutenant… L’avenir nous apportera peut être la réponse… En attendant, notre Commandant semble étrangement pressé ce matin… ”

Après avoir croisé leur regard, sans un mot, les deux cavaliers se mirent au galop également, et rattrapèrent bien vite le détachement de la garde royale.


Les collines avait laissé la place à un relief beaucoup plus accidenté. Gnaxal Observait le petit chemin sur lequel lui et sa troupe traquait leur proie.
Au petit matin, Algrion était partie en éclaireur pour tenter de repérer cette proie. Deux géants des montagnes l’accompagnaient.
Il était bientôt midi, et il voyait serpenter ce sentier jusqu’au premier col, l’œil d’Isha.
Aucune trace de Glingal et de ses protecteurs, ni d’ailleurs d’Algrion.

Ils avaient convenu de se rejoindre un peu après ce col.
Gnaxlal estimait pouvoir atteindre le lieu du rendez-vous dans trois heures. Hors de question de faire une halte avant ce moment.

Algrion et lui-même avaient également convenu d’autre chose.
Ils avaient laissé en arrière une partie de leur troupe pour tendre une embuscade à Aerendir et son escorte, avec, au mieux, l’espoir d’éliminer définitivement cette menace, au pire de retarder le plus possible ce mage.
Ne restait plus pour poursuivre la traque que les elfes de l’ombre, deux géants des montagnes, et les ogres.

Les deux magiciens de l’ombre avaient su trouver les mots, et les gestes magiques, pour motiver leurs soldats afin qu’ils sachent se sacrifier pour la bonne cause… Deux kobolds avaient connu leur heure de gloire, très éphémère, pour parvenir à ce résultat, et cela après avoir émis quelques protestations…
Immobiles, et contemplant la vallée à leur pied, ces deux kobolds demeureraient d’ailleurs encore longtemps pour témoigner de leur témérité. Evidemment, tout aussi muets que les cailloux qui les entourés, puisque changés en statues de pierre, ils ne parviendraient jamais à narrer la somme de courage, sans doute inconsciente, dont ils avaient fait preuve, et qui les avaient conduit là…

Cette nuit, l’espion de Gnaxlal au sein de l’escorte d’Aerendir, l’avait assuré qu’il aurait recours à tous les moyens à sa disposition pour que l’embuscade à venir soit la plus dévastatrice possible.
Il était même envisageable que parmi les victimes, Aerendir ait une place de choix…
Avec cette pensée réjouissante, Gnaxal éperonna sa monture, et repris son ascension vers le col.


Au même moment, les cavaliers de la garde royale et Aerendir parvenaient à la passe de Krondil, et découvrant le champs de bataille et tous les corps des orcs des Montagnes.

Un peu auparavant, lancé au grand galop, Aerendir avait marmonné pour lui-même :
“ Ce commandant de malheur se prend pour un vrai Fenrö (*a) ! ! ! A croire qu’il veut nous faire atteindre Celwynvian avant que l’ombre de Kimba (*b) soit plus petite que la mienne… ”

(*a)Fenrö : petit canidé réputé sur l’île d’Absalom pour sa vitesse, mais aussi pour sa stupidité…légendaire.
La légende veut en effet qu’à une époque reculée de l’histoire, un roi d’un petit royaume, de ladite île, ait considéré comme une bonne idée d’utiliser ce petit mammifère pour transmettre des ordres à ses différents régiments sur un champs de bataille… Il avait pris un soin tout particulier à éduquer quatre spécimens très rapides pour cette tâche.
Les premières utilisations se révélèrent d’une efficacité redoutable en terme de stratégie, correspondant à autant de victoires, pour ce roi se considérant comme un fin stratège, jusqu’à… jusqu’à un jour funeste d’hiver…
Ce jour là, son armée affrontait les escouades d’un redoutable adversaire. Le roi, fier de sa stratégie, et heureux que son ennemi soit tombé dans son piège sur le point de se refermer, expédia un Fenrö à destination du lieutenant de sa cavalerie, pour qu’il arrive sur les arrières de l’armée ennemie.
Bien que la distance soit grande jusqu’à cet objectif, le roi était confiant. En effet, en plus d’être rapide, les Fenrö ont également la réputation d’ être très endurants…
Le message fut attaché, et le Fenrö lancé vers son objectif…
Parallèlement, un autre ordre fut également expédié pour le détachement de catapultes, afin que celui-ci bombarde les arrières des troupes ennemies pour l’inciter à avancer encore plus…vers l’infanterie du roi.
Le hasard voulu, qu’à ce moment précis, un artilleur malheureux, ou plutôt très maladroit, envoya une pierre, sur le trajet prévisible du Fenrö.
Sur la colline surplombant le champs de bataille, dans les rangs de l’équipe de commandement de l’armée du roi, un frisson de crainte se répandit.
Quant au roi, des sueurs froides perlèrent à son front à la vue du projectile susceptible d’écraser le porteur de son message capital…
Fort heureusement, celle-ci s’écrasa loin au devant de l’animal lancé à toute allure vers son objectif.
Un ouf de soulagement suivi de quelques traits d’humour fusèrent sur l’incompétence de certains artilleurs… Même le roi, après cette courte frayeur, se fendit d’une petite remarque humoristique.
Sur le champs de bataille, vide à cet endroit, à l’exception de la grosse pierre qui venait de s’écraser sur le sol, le fenrö poursuivait sa course en ligne droite et… PAF… s’écrasa sur la pierre, l’unique obstacle du terrain, se brisant le cou pour le compte ! ! !
Sur la colline, ce fût la stupéfaction suivi d’une consternation à la hauteur du comique de la situation …

Le hasard voulu aussi qu’il ne resta aucun Fenrö sur la colline afin d’expédier un second message…

L’infanterie du roi fut rapidement débordée, puis se débanda, pour finir par être exterminée, sans que la cavalerie n’intervint…
Ainsi , s’acheva cette bataille, sur une défaite qui reste célèbre dans les livres d’histoire du royaume d’Absalom pour les raisons de son dénouement. Quant au fameux roi responsable de cette débâcle, son nom est souvent utilisé pour désigner les personnes qui ne veulent pas changer d’avis, même si cet avis les conduit immanquablement à une désillusion, mais pour ce qui concerne les raisons de cette célébrité involontaire, c’est une autre histoire...bien qu’il soit facile de l’imaginer .

(*b) : Kimba, situé à proximité de Celwynvian, est un arbre Millénaire, symbole de vie pour les elfes des bois. Il est vénéré à chaque solstice d’été, et c’est ce jour là que son ombre est la plus courte.


Aerendir n’aimait pas se trouver dans ces collines.
Alwen était parti en éclaireur, afin de prévenir tout embuscade, ce qui était rassurant, dans un sens.

Cet optimisme fut de très courte durée, le temps que le cri d’un des deux cavaliers de tête ne lui parvienne aux oreilles...



Pour la petite équipe, les deux derniers jours avaient été plutôt tranquilles.
Bien qu’ils soient conscients de la menace que faisait peser sur eux les deux magiciens de l’ombre lancés à leur poursuite, ces deux jours avaient été très agréables.
Un violent orage aurait pu gâcher la fin du premier jour, mais celui-ci les avait frôlé, sans beaucoup de pluie, avant de partir droit vers leurs poursuivants, qui eux, avaient dû déguster et être copieusement arrosés.

Encore une fois, la chance était avec eux.

Farbround avait sillonné en éclaireur le chemin à l’avant. Il n’avait découvert aucune trace d’un quelconque groupe susceptible de les menacer dans leur déplacement.

Cela faisait désormais trois jours qu’ils étaient dans les Monts de l’esprit à franchir col après col.

A chaque fois qu’ils atteignaient l’un d’eux, ils pouvaient voir sur l’horizon se dessiner la forme conique, devenue familière, du volcan de Drognar.
Derrière eux, aucune trace de poursuivants…

Bien que le terrain soit accidenté, les montures ne rechignaient pas à avancer à bonne allure.

Si rien ne venait contrarier leur progression, il leur faudrait 4 jours pour enfin parvenir au monastère.

Glingal leur avait expliqué qu’une fois qu’ils auraient atteint le monastère, il retrouveraient la troupe royale de Celwynvian qui les y attendait.
Celle-ci prendrait le relais pour escorter Glingal jusqu’à la capitale elfe.

Maintenant qu’ils étaient dans les Monts de l’esprit, se déplacer la nuit devenait beaucoup trop dangereux.
Ainsi, chaque soir, une fois que le soleil se couchait, la petite équipe faisait halte pour la nuit.

Inutile de craindre Algrion et Gnaxal, contraints eux également, sans aucun doute, de faire ces mêmes haltes.

Bien que les deux magiciens de l’ombre soient en mesure de voir dans l’obscurité, cette faculté, propre à leur race, ne les garantissait pas contre des chutes mortelles dû à une mauvaise appréciation des distances.

Cette capacité, bien qu’étant un avantage indéniable dans beaucoup de circonstances, ne signifiait pas pour autant de voir aussi bien qu’en plein jour.
Il arrivait même qu’une personne trop confiante, puisse très vite être amenée de vie à trépas, surtout dans les monts de l’Esprit ou dans toute zone très accidentée.

La lumière des étoiles et le relief environnant se chargeaient de dessiner des ombres sur les chemins accidentés, et faire paraître pour sûre une portion qui pouvait s’avérer tragique pour le voyageur imprudent et surtout pressé.


Ce soir là, comme les deux derniers soirs d’ailleurs, autour du feu de camp, Glingal s’était mise à conter les récits de plusieurs de ses aventures ou de ses mésaventures.
Elle pouvait compter sur l’attention des 3 paires d’oreille présentes.
Seuls quelques hennissements venaient perturber les récits du jour.

Gour’kok, comme à l’accoutumé, se chargeaient du premier tour de garde, mais revenait le moment venu pour être remplacer dans ses obligations, pour pouvoir profiter lui aussi de ces récits.

Comme Fartbround avait profité de sa reconnaissance du jour pour débusquer 3 lièvres des montagnes, Vink’lar s’était chargé de les préparer et de les installer à rôtir sur le feu.

Nul besoin d’être discrets… et, en raison de l’altitude, de mourir de froid en l’absence de feu, alors que Algrion et Gnaxal étaient à leur poursuite, et qu’il n’existait pas beaucoup d’autres chemins pour se rendre au monastère.

La soirée puis la nuit se passèrent sans encombre. Au petit matin, le camp s’éveilla dans les nuages.
La température avait très nettement baissée.
“ Le soleil sera difficile à apercevoir aujourd’hui, il me semble ” fut la première phrase de Farbround.

“ Tant que la pluie ne vient pas nous rendre visite, moi, je m’en fiche… ” ajouta Gour’kok, puis il s’empressa de ranger les sacs de couchage de tout le monde.

Vink’lar tentait de ranimer le feu pour le café du matin, en poussant quelques jurons devant l’inefficacité de ses tentatives.
Glingal méditait sur sa prière, comme à chaque levée de l’astre du jour…
Enfin, Elannah était en train d’équiper les montures.

Un nouveau début de journée, comme tant d’autres…Un peu à l’aplomb de la positions des 5 compagnons, deux oreilles écoutaient avec attention leurs préparatifs et leurs discussions… dissimulé par les nuages et silencieux, leur propriétaire était amusé d’entendre les conversations matinales de ces aventuriers…



Gnaxal et Algrion poursuivaient le petit manège mis en place depuis qu’ils avaient pénétré dans les Monts de l’Esprit.
La Damphyr partait au petit matin en avance, puis ils se rejoignaient le soir pour camper.

La première nuit, ils avaient bien tenté de poursuivre leur route, mais il n’en avait rien résulté de bon.

Ils avaient commencé par affronter un orage qui les avaient contraint à se réfugier, à plat ventre, entre les rochers, pour échapper à la foudre…
Un géant n’avait pas eu cette chance… son immense cadavre, avait été abandonné sur les lieux même de son trépas.

Une fois que l’orage se fut éloigné, près de 6 heures plus tard, le début de nuit avait été agité pour la troupe des deux magiciens de l’ombre.
Un autre géant avait disparu dans l’obscurité d’un précipice. Seule son cri de désespoir avait permis d’évaluer la profondeur dudit précipice…ponctué par un gros CRAC assourdi.
Le seul bon côté de cette navrante péripétie était constitué par le fait que cette chute avait sauvé Algrion de subir un sort identique, lorsqu’une partie du sentier s’était écroulée, emportant le malheureux vers son destin.
Dés lors, il avait été décidé de ne plus marcher de nuit, malgré le retard accumulé sur leur cible.

Cela faisait désormais cinq jours que les deux magiciens de l’ombre gravissaient, puis descendaient les sentiers des Monts de l’esprit.
Bien que Gnaxlal et Algrion furent convaincu de progresser aussi vite qu’il leur était possible, leurs futurs victimes étaient toujours loin d’être en vue…
Le dernier col franchi, ils avaient pu contempler le sentier au loin, sur prés d’une journée de marche, du fait que celui-ci descendait dans une vallée désertique offrant très peu de refuge pour se dissimuler.

En cette soirée, Gnaxlal, Algrion et le reste de leur troupe campaient dans cette vallée.

Nulle besoin pour Algrion d’observer Gnaxlal, pour savoir que son aimé était soucieux…

Algrion “ n’aies crainte mon ami… Nous les rattraperons… d’une manière ou d’une autre… ”

Gnaxlal : “ J’étais confiant quant à ce fait ma chère. Ce qui me trouble c’est les événements, qui se succèdent, vont à l’opposé de ce que l’on attendrait qu’ils soient. ”

Algrion “ Expliques-toi ? ”

Gnaxlal : “ Soyons lucide… A la vitesse qui est la nôtre, nous aurions dû les rattraper depuis une journée… au moins ! ! ! Nous arriverons demain en soirée au monastère… Et aujourd’hui, ils n’étaient pas sur le sentier alors que notre vue permettait d’apercevoir son tracé correspondant au bas mot à 12 heures de marche forcée…
Il ne reste plus qu’un seul col… avant de redescendre vers le pied du volcan et atteindre le monastère. Quelque chose ne va pas… Cette maudite magicienne elfe commence à m’agacer…”

Algrion “ Nous avons prévu toute éventualité, et parer à tout risque pour qu’ils nous échappent. Demain soir, au plus tard, Glingal sera entre nos mains ! ! ! Et puis nous ne ressentons plus la présence d’Aerendir ! ! ! Il semblerait que ce cloporte ait enfin décidé de rendre l’âme…”


Gnaxlal : “ Les apparences peuvent être trompeuses, mon amie. Il m’a fallu tout ce temps pour m’en rendre compte, et cette petite elfe y a grandement contribué. L’aura d’Aerendir a bien disparu, mais je n’ai plus aucun contact non plus avec mon espion… depuis la disparition de cette aura, d’ailleurs… ”

Algrion “ Qu’est ce que cela te suggère ? ”

Gnaxlal : “ Nous n’avons plus la possibilité de savoir ce que trafique Aerendir, pour autant qu’il soit encore en vie, j’en conviens, mais cette absence d’informations m’afflige. Il n’y a aucune raison que mon espion soit mort. C’est quelqu’un de très prudent, et très… professionnel. Aerendir mort, les cavaliers de la troupe royale ne représentaient aucune menace. Nos petits amis auraient dû nous rejoindre… Or, ce n’est toujours pas le cas…Et comme tout semble allait de travers depuis quelques temps déjà, je redoute de découvrir la véritable nature des événements qui se sont produits. ”

Algrion “ Nous en saurons plus demain soir. Sois confiant. Il faut nous reposer. Demain nous aurons besoin de tous nos talents pour ce qui nous attend. ”

Bien que préoccupé, Gnaxlal ne put que convenir qu’il fallait reprendre des forces.
Pour la journée à venir, ils devaient être confrontés à deux problèmes. L’un d’eux devrait avoir été réglé… Quant au second… l’avenir lui apporterait la réponse, et depuis quelques temps, le fait de devoir être confronté à tant d’événements imprévisibles l’exaspérait…



Vink’lar murmurait : “ Jusqu’à présent, les bonnes surprises se succédaient… J’aurais préféré avoir une succession de petites mauvaises surprises, et éviter cette grosse là ! ! ! ”

Ils étaient cinq, à être allongés sur le sol, et observer la scène qui se déroulait devant eux, à une demie lieue du Monastère.
Une fois arrivé au monastère, ils aurait dû avoir l’occasion de se reposer sans craindre qu’Algrion et Gnaxlal puissent leur faire un quelconque mal.
Force était de constater que tel ne serait pas le cas…loin de là.

Les portes du monastère étaient éventrées… Et plusieurs incendies finissaient de consumer l’intérieur de la bâtisse.
Il était facile de deviner que la bataille avait été fatale aux alliés qui attendaient Glingal.
Tout autour, un campement avait été dressé. La troupe présente, en plus d’être nombreuse, semblait bien organisée et équipée.

Farbround : “ Je croyais que la troupe royale de Celwinvian devait nous attendre à notre arrivée… ”

Glingal : “ La troupe et les moines, mon brave… Malheureusement, ce qui était prévu, n’arrivera plus… ”

Elannah : “ Il ne reste plus grand chose de la troupe d’elfes… Quelques ossements, tout au plus… Quant aux moines, ils sont en train de servir de plat de résistance au propre comme au figuré…”

Vink’lar : “ J’escompte bien ne pas servir de dessert… Et qui sont ces créatures sombres ? ? ? ”

Glingal : “ Des Crost… Un croisement contre nature entre un drow et un orc des montagnes, avec l’aide de la magie… ”

Vink’lar : “ Euh… Et pour quelles raisons leur a-t-on donné un si joli nom ? ”

Glingal : “ Je crois que vous ne préféreriez pas connaître ce détail, messire nain… ”

Vink’lar : “ ah… Merci donc… D’ici, on peut estimer leur nombre à plus de cinq cents… Comment une telle troupe peut passer inaperçue à moins de cent lieues de la capitale naine de Janderhoff, et vingt de la forteresse de Stanz ! ! ! ? ? ? ”
Glingal : “ Je crains que ce ne soit que la partie émergée de l’iceberg, et je pense même que vos congénères n’aient rencontré la partie immergée… aient rejoint leurs ancêtres, et leurs dépouilles repose désormais dans les gravats de ladite forteresse… ”

Vink’lar : “ Vous a-t-on déjà dit que vous saviez trouver les mots pour rassurer le voyageur inquiet ? “

Glingal : “ Disons plutôt que je préfère partager certaines mauvaises nouvelles avec mes amis avant qu’ils ne les découvrent par eux-mêmes, messire nain… ”

En rampant à reculons, les cinq observateurs rejoignirent Gour’kok et la fille.

Tous les deux les attendaient impatiemment.
Depuis la fin de matinée, les incendies ravageant le monastère étaient visibles.

Nul besoin d’être prophète pour deviner quel sort avait connu les moines, et l’armée elfe... Pour autant, il était indispensable de constater ce qu’il en était précisément.

L’approche n’avait posé aucune difficulté… L’ennemi n’avait même pas remarqué leur arrivée, trop concentré à terminer son repas du jour.

Avant de venir observer ce qu’ils avaient malheureusement craint de découvrir, ils avaient déjà convenu de la suite des opérations. Soit cheminer vers Janderhoff, avec une halte à la forteresse de Stanz, à la passe portant le même nom, soit la deuxième solution.

Désormais, comme le craignait Glingal, il serait préférable d’éviter la passe et cette partie des Monts de l’esprit…

La solution de passer par la passe de Stanz étant devenue caduque, leur objectif était désormais le col de l’Ame perdue au nord-Ouest du col de Gerny où ils étaient arrivés ce matin.
Cette route leur permettrait de passer à dix lieues au sud de la forteresse de Stanz, parmi les sommets surplombant la passe.
A cet endroit, seule une tour de garde défendait le col, avec l’espoir qu’il s’agisse d’un régiment nain…

Une fois sur leurs montures respectives, ils se mirent donc en route vers cette destination.

Un peu plus tôt, vers midi, ils avaient rencontré deux éclaireurs crost sur la route.
Ceux-ci avaient bien daigné leur fournir leurs montures.
De toutes façons, ils n’en auraient plus besoin désormais…

Une fois montés, et chevauchant vers leur objectif, c’est Aerendir, qui brisa le silence qui s’était abattu sur le groupe :
“ Nous voici encore une fois contraint de changer profondément nos plans… ”

Vink’lar : “ ooh, ne vous inquiétez pas, on a l’habitude ! ! ! surtout ces derniers temps…Et vous aussi d’ailleurs, Magicien…”



C’était il y a trois jours, en fin d’après-midi… Le magicien s’était matérialisé devant eux au détour du sentier, bien que Farbround ait encore jouer les éclaireurs, sans pour autant détecter sa présence…

Le magicien avait connu des heures plus glorieuses… ses vêtements étaient déchirés et ensanglantés.
Le côté droit de son visage était tuméfié, de sorte qu’il ne disposait plus, à l’heure actuelle, que de son œil gauche pour regarder les cinq compagnons, qui n’étaient plus que quatre à ce moment, Farbround étant toujours en reconnaissance.
Aerendir et Glingal avaient longuement croisé leur regard, sans pour autant parler.
Aux côtés du magicien, une jeune fille d’aspect humaine, mais à la peau bleuâtre le soutenait … Elle s’appelait Zéphyr.
1.60 m, et 51 kgs toute mouillée… Une brindille… Seulement en apparence…
Vink’lar, Farbround et surtout Gour’kok avaient très rapidement ressenti en leur for intérieur, le danger qui émanait de ce petit bout de femme.

Depuis cette rencontre, elle avait bien peu laisser entendre sa voix.
Seul Gour’kok avait eu la chance d’entendre sa voix mélodieuse …

Il était la cible privilégiée de ses pics ironiques, auxquels il répondait du tac au tac…
Les deux ne se quittaient pas des yeux, ne se lâchaient plus, et restaient constamment ensemble, à l’arrière du groupe depuis ce matin.

Pour autant, les raisons expliquant la formation de ce duo échappaient pour le moment au nain…
Surtout compte tenu des sentiments réciproques de chacun, qui était loin de répondre à la définition du sentiment amoureux…

Dés les premiers instants, le regard de Gour’kok pour cette apparente frêle créature bleuâtre, était devenu très dur.

C’est d’ailleurs lui qui avait ouvert les hostilités, en interpellant Zéphyr sur un ton fort peu convivial :
“ Voilà que les géants des glaces de l’Irisen ont décidé de dépêcher en villégiature leur naine de fille pour arpenter les sommets des Monts de l’Esprit… ”

Et la frêle créature de répliquer sur un ton aussi glacial que l’air à cette altitude au petit matin :
“ Sans doute parce qu’ils leur apparaissaient important de me permettre de contempler le spectacle de déchéance de la descendance provenant de l’accouplement entre un orc et un humain… ”

Un grand silence dans le groupe s’en était suivi…

Accompagné de ces deux nouvelles “ recrues ”, le groupe avait poursuivit sa marche, Gour’kok en tête, suivi de cette Zéphyr, silencieuse.
Puis, le soir venu, ils avaient campé à proximité d’un col, dans une caverne découverte par Farbround.

Là, au cours du repas qui suivit, Aerendir avait enfin pu leur conter ses mésaventures, Glingal ne s’étant pas opposé à ce que tout le groupe profite des nouvelles fraîches.
Gour’kok était parti pour son tour de garde… Et imperceptiblement, les compagnons sentaient qu’il savait ce qui se tramait…



Le magicien raconta donc son périple avec le détachement de la garde royale jusqu’à l’embuscade.
“ … C’est à ce moment là, que je pris conscience que tombait dans une embuscade n’était pas la pire des choses… Mais que l’on nous avait trahi… Je m’étais dit que de tous ceux susceptibles de le faire, le commandant Finwë était la principale personne sur lequel se portaient mes soupçons… Hélas, il fût parmi les premiers à périr…D’ailleurs, une grande partie du détachement succomba très rapidement à l’attaque.
C’est lorsque je sentis la pointe acérée d’un poignard cheminant entre mes côtes que je réalisais qui était à l’origine de cette trahison… Il était déjà bien trop tard…
Auparavant, quelques instants seulement à peine après les premiers cris en tête du convoi, Alwen était accouru vers moi. Il m’informa qu’il venait de revenir de reconnaissance sans avoir pu détecter la présence de ces ennemis.
Il m’invita à recourir très rapidement à la magie afin de soutenir les soldats de notre détachement…
Durant le court laps de temps que dura mon incantation, il sut profiter de mon inattention pour me neutraliser…
Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que l’incantation de mon attaque était terminée, et au moment où je m’écroulais, il en devint la cible… disparaissant de cette terre dans un éclair jaune…en même temps qu’une partie de ma tenue vestimentaire, et plusieurs créatures dans les environs, pas toutes ennemies malheureusement.

Quant à moi, après m’être écroulé de cheval, j’étais allongé sur le sol et me vidais doucement de mon sang.
Il me restait juste assez de forces pour cautériser la plaie et lancer un sort de dissimulation, puis je perdis connaissance.

A mon réveil, plusieurs heures s’étaient écoulées, mes pouvoirs magiques m’avaient quasiment abandonnés, et je me contraignis à lancer un ultime appel au secours magique à Zéphyr ici présente…
Après avoir réalisé cela, à bout de forces, je parvins à ramper jusqu’au premier rocher à proximité pour m’y adosser, et attendre que l’on me secoure. Il était désormais clair que mes pouvoirs magiques s’étaient étiolés…provisoirement… C’est souvent ce qui arrive lorsqu’un magicien est gravement blessé. Mais je pense qu’avoir été la cible de mon propre sort d’attaque a contribué à accentuer cet état.
Je suis dans l’incapacité de savoir quand ces pouvoirs reviendront…
Autour de moi, il y avait plusieurs dizaines de cadavres. Aucun survivant elfe à ce qu’il put paraître, ce qui fut confirmé les jours suivants…
Zéphyr arriva enfin au matin du lendemain, et je pus monter sur son dos…”

Vink’lar : “ Monter sur son dos ! ! ! ? ? ? Elle est bien bonne celle-là… Puis elle s’est mise à courir très vite sur les sentiers escarpés de ces montagnes, avec vous sur ses épaules, pour apparaître cet après midi devant nous…
Ah, oui, j’oubliais… Avant çà, lorsque vous avez dépassée nos deux sorciers de l’ombre et sa troupe, vous leur avez fait un petit coucou de la main en passant, le tout avec un sourire au lèvre, histoire d’être polis… C’est çà ? ? ? ”

Zéphyr : “ On m’avais dit qu’il était rare de rencontrer un nain disposant du sens de l’humour, mais visiblement, il semblerait que je puisse, désormais, me vanter d’en avoir côtoyer un, dés ma première rencontre.” la réflexion étant agrémenté d’un regard vert pénétrant à l’encontre de Vink’lar, à faire frémir le premier soldat venu…

Vink’lar : “ J’ai beaucoup de mal à imaginer que votre réflexion puisse représenter un compliment… ”

Zéphyr : “ Généralement, le siège de l’intelligence d’un nain est plus souvent soit dans sa hache, soit dans ses mains… rarement dans sa tête… Vous faites peut être exception…”

Vink’lar : “ Dites-moi, Magicien, si toutes vos amies sont aussi agréables… Je sens que nos relations seront aussi courtes que possibles… Même si finalement, votre amie Glingal s’est avérée de meilleure compagnie qu’il paraissait au premier contact… ”

Aerendir : “ L’avenir nous dira ce qu’il en est messire Nain… ”

Glingal : “ Et bien, Messire nain, sachez que vous avez de la chance de rencontrer Zéphyr aujourd’hui. ”

Vink’lar : “ Ah bon ! ! ! Il va falloir m’expliquer Dame Glingal… Je dois bien reconnaître que depuis que nous sommes avec vous, nous rencontrons beaucoup d’êtres exceptionnels, mais cette gringalette,…quasiment de ma taille… non pas que je doute qu’elle sache se battre et être dangereuse… mais faudrait pas me prendre pour un navet de Sénara (*)… ”
(*) se dit pour désigner une personne naïve et gobant pour vrai tout ce qui se dit… Cette expression trouve son origine précise dans les récits relatant l‘aventure d’un chevalier en quête d’une étoile en cristal.
Ce personnage, entré dans l’histoire malgré lui, débarqua un jour, dans un petit village non loin de Sénara, tout en vantant sa quête.
Il découvrit que l’objectif de cette quête se situait sur une île au beau milieu d’un petit lac, non loin dudit village.
Un des villageois accepta de le conduire au lac le lendemain matin.
Entre temps, le chevalier campa et se sustenta en agrémentant son repas avec une plante ressemblant à une carotte par la pousse et un navet par la racine, trouvée le soir même.
Inconscient des effets de cette plante, il dormit comme un bébé jusqu’au petit matin.
Le matin venu, le villageois accompagna le chevalier, tout d’armure revêtue, au lac.
Le villageois parla à peu près de cette manière, sur le ton de la plaisanterie : “ Ben mon mignon, beau comme vous z’êtes, notre nymphe de ces bois va vous soutenir, et avec toute sa magie , vous z’allez pouvoir m’cher sur l’eau, et nous la r’mener vot’étoile… ”
Sur ce, sans un mot, le chevalier commença à marcher droit sur le lac, puis commença à s’enfoncer jusqu’au genoux…
Le villageois incrédule, observa la scène non sans s’exclamer après quelques instants : “ mais… mais qué qu’vous faites messire ! ! ! Z’allez vous noyer… ”
Mais le chevalier avait continué à marcher à la même vitesse et sans hésitation, jusqu’à disparaître dans les eaux du lac sans que l’on ne retrouva aucune trace de lui…

Les effets de la plante sont réputés dans le coin, et bien connus des petits plaisantins. Une fois que la victime de leur blague a ingéré le principe actif, souvent sous forme d’un liquide jaunâtre mélangé à une boisson, cette personne est susceptible de croire tout ce que pourra lui raconter le responsable de la bonne blague, ou mauvaise...
Les effets vont même jusqu’à provoquer chez la victime des hallucinations puissantes se conformant aux dires du plaisantins, même si ceux-ci peuvent paraître totalement extravagants.

Glingal : “ De par ce monde, il existe bien des mystères et bien des créatures qui vous sont inconnus messire nain… Vous avez devant vous un très jeune dragon…vivant d’ordinaire en Irisen… ”




Il y eu un instant de silence… avant que Vink’lar ne reprenne :
“ ah, ah ah…De mieux en mieux… J’ai dû boire trop de bière… J’ai cru un instant que vous aviez dit que la gringalette ici présente était un dragon… Non pas que je mette en doute ce que vous dites Dame Glingal, encore que… si… Je me permets de vous rappeler que pour un dragon… ”
Et le nain se levant, se dirigeant vers Zephyr et une fois à côté d’elle :
“ Elle m’a tout l’air d’avoir deux bras… deux jambes…” tout en les montrant du doigt, puis en les touchant…
“ … et oui deux jambes… des cheveux… blonds même… ”
puis regardant Zéphyr droit dans les yeux.
“ deux yeux… féroces…d’ailleurs…On pourrait même dire qu’ils me lancent des flammes, d’une certaine manière…Un joli petit nez…, deux oreilles… ”
Puis poursuivant son analyse…
“ Elle est jeune, je peux vous l’accorder… ”

Zéphyr : “ Vous ne vous considérez peut être pas comme un navet de Sénara, mais si vous poursuivez, vous vous apparenterez à cette plante à mes yeux… ”

Vink’lar : “ Et une répartie fort désagréable à mes oreilles ! ! ! Est-ce un trait caractéristique des dragons ? ”

Glingal : “Je conviens qu’à vos yeux, cela semble assez inimaginable… Les personnes en ce monde susceptibles de connaître la capacité de Thérianthropie des Dragons, sont très rares. Je suis même convaincue qu’aucun livre de la société humaine ou naine n’en fait mention… Quelques ouvrages elfes, mais ils sont extrêmement rares…
Mais le fait est que les dragons ont la capacité de se transformer en être humain, puis de se retransformer en dragon. Ils usent de cette faculté surtout dans leurs jeunes années…
Comme vous le savez…ou pas… Les dragons naissent d’œufs couvés par la mère. On ne peut pas vraiment dire que le côté maternel ou paternel soit très développé chez eux… Zéphyr a dû très vite se débrouiller seule, une fois sortie de son œuf, et trouver son territoire… En l’occurrence, l’Irisen… ”

Farbround : “ Une contrée particulièrement inhospitalière… Peuplée d’humains sur la partie Ouest, et de Troll, d’orcs et que sais-je encore dans sa partie Est… ”

Zéphyr : “ Mais malgré tout, tranquille en comparaison de l’agitation dans ces montagnes… ”

Glingal : “Zéphyr n’a que 60 ans… Tout au plus… Elle est très jeune… Et même sous sa forme de dragon, elle n’a pas encore l’envergure qui sera la sienne dans quelques décennies… ”

Vink’lar : “ On vous a déjà dit que vous ne faisiez pas vôtre âge ? C’est le froid qui conserve ? ”

Zéphyr : “Jusqu’à aujourd’hui je n’avais pas encore eu la chance de rencontrer un nain…Et vous de dragon… Je me demande comment vous pourriez le regretter si d’aventure vous m’étiez désagréable… ”

Vink’lar : “ Quelque chose me dit que vous êtes très douée pour parvenir à me le faire regretter… ”

Zéphyr : “ Il est intéressant de constater que votre sagesse est à la hauteur de votre intelligence, et que votre hache ou vos mains n’en sont pas le siège. ”

Vink’lar : “ Je vais prendre cela comme un compliment… Et notre Magicien peut il nous dire depuis quand son passe temps favori est de chevaucher sur le dos d’un dragon ? ”

Aerendir : “ Depuis qu’il m’a été permis de la soutenir dans ses épreuves lors d’un de mes voyages en Irisen. Nous sommes désormais liés, après avoir rencontré ce que nous avons affronté. Mais il ne m’est pas permis de vous raconter cela messire Nain… ”

Vink’lar : “ Décidément… Pendant qu’il y avait des prêtresses elfes qui assistait des fées… des magiciens qui venaient en aide à des dragons… nous autres, pauvres aventuriers, taquinions kobolds, gobelins, orcs, trolls, ou goules… De bien modestes contributions à l’histoire de Golarion en comparaison… ”

Zéphyr : “Il ne faut point vous dévaloriser petit être. Vous pouvez être satisfait de parvenir à franchir les épreuves que la vie vous apporte, au regard de vos modestes talents. ”

Vink’lar : “ Petit être… La qualité de la personne ne dépend pas de sa taille, si je puis me permettre… Et là, j’ai beaucoup plus de mal à considérer cette remarque comme un compliment… ”

Zéphyr : “Pourquoi donc ? De ma part, c’en était un… ”

Vink’lar : “Magicien… Revenons à votre envol, si vous le permettez… ”



Aerendir : “ Vous avez raison messire nain… Une fois monter sur le dos de Zéphyr, il ne fallut que peu de temps pour rattraper nos assaillants…Quelques orcs des montagnes et kobolds survivants… ”

Zéphyr : “Un bon plat de résistance pour reprendre des forces…après un long vol de nuit… ”

Vink’lar : “ Comment çà, plat de résistance ? ”

Glingal : “Oui, les dragons raffolent des orcs, des trolls, des kobolds, en fait de toutes sortes de créatures, à l’exception de celles dotées d’une réelle forme d’intelligence aux yeux du dragon… comme les humains, les nains, les elfes, et quelques autres créatures…Mais en ce qui concerne les orcs, disons que dans cette partie du monde, ils sont leurs ennemis héréditaires, en même temps que leurs mets favoris… ”

Vink’lar : “ Et les demi-orcs ? ? ? ”

Zéphyr : “ Disons qu’aujourd’hui, j’ai rencontré le premier spécimen de cette espèce, et que votre compagnon n’a pas encore confirmé mes à priori… ”

Elannah : “ J’ose espérer que vous éviterez d’en faire votre casse-croûte…D’autant plus que, comme vous l’avez si bien dit, votre nourriture favorite abonde en ce moment dans ces montagnes… ”

Zéphyr : “Il n’y a que sous ma forme de dragon que je déguste des orcs ou autres trolls et kobolds… Sous ma forme actuelle, je me nourris de la même manière que vous-mêmes. ”

Vink’lar : “ Je vais considérer qu’il s’agit d’une réponse rassurante… Et après avoir rencontré le dîner, qu’avez-vous fait ? ”

Zéphyr : “Ce que tout dragon fait, j’ai volé… ”

Vink’lar : “ Evidemment… C’est plus pratique que courir… même très vite”

Zéphyr : “Je cours très vite, également… ”
Vink’lar : “ Ah…A vous entendre, vous semblez très douée dans tout.. En quel domaine n’excellez-vous donc pas ? ”
Zéphyr : “Dire des âneries… ”

Vink’lar : “ Ah… J’aurais mieux fait de me taire…”

Aerendir : “ Zéphyr n’est pas très volubile… Soyez très honoré qu’elle veuille bien communiquer avec vous… Cela dénote déjà une profonde marque de respect à votre encontre… ”

Farbround à Zéphyr : “ Je crois que Vink’lar est trop modeste pour exprimer sa reconnaissance d’être honoré…
Il faut dire que c’est plus compliqué pour un petit être…
Et puis après avoir sous-entendu qu’il était presque intelligent sans sa hache et ses mains, qu’il disposait d’une once de sagesse, ce qui reste à démontrer… Et peut être doté du sens de l’humour…
Avoir déceler tout cela sans l’avoir côtoyé comme nous, pendant plusieurs années… Cela m’impressionne…”

Vink’lar : “ Je te remercie Farbround pour tant de compliments… Vous n’auriez pas une petite faim, Dame Zéphyr… Un Gnome en civet… ca doit être bon… A aucun moment notre joyeuse prêtresse elfe n’a dit que les gnomes ne figuraient pas à votre menu… ”

Zéphyr : “ Je m’abstiendrais de déjeuner de votre ami, petit être… Aerendir, mon ami, je vais poursuivre le récit de notre aventure…en comptant sur le silence du petit être…”

Aerendir : “A ton aise, Zéphyr… ”

Zéphyr : “ Nous vous avons dépassé, puis j’ai soigné Aerendir, une fois posée. Après nous vous avons attendu… Comme je trouvais le temps long, j’ai repris ma forme humaine, et suis allée voir ce que vous faisiez pour que l’on vous attende aussi longtemps…

Vink’lar : “Et oui… croyais le ou nom, comme je suis un petit être… avec des petites jambes…j’ai un peu de mal à courir aussi vite que vous… ”

Zéphyr : “ De même que le petit matin ne soit pas, pour vous, le moment le plus propice pour ranimer un feu de camp, vu toutes les difficultés que vous avez éprouvé ce matin… ”

Vink’lar : “La faute à mes petites mains… pour le petit être que je suis… Vous auriez pu vous montrer ! ! !”

Zéphyr : “ L’heure de notre rencontre n’avait pas encore sonné… Votre café sentait bon… Toutefois…”

Farbround : “ Un dragon qui aime le café… On aura tout vu… ”

Zéphyr : “ Je reconnais bien aimer ce breuvage… Une des petites choses parmi tant d’autres qui me font apprécier ma forme actuelle. ”

Vink’lar : “Il est certain que sous votre forme de dragon, cela doit être plus compliqué d’apprécier ce genre de breuvage… Il vous faudrait au moins un lac… ”

Zéphyr : “ Vous aimez bien forcer le trait petit être… Sachez néanmoins, que sous ma forme de fragon, je m’abstient de consommer cette boisson. Mais reprenons et finissons en…
Je vous ai donc observer tout le restant de la journée jusqu’à ce que nous nous rencontrions en ce début d’après-midi. ”

Le repas se poursuivit.
Zéphyr redevint silencieuse à l’arrivée de Gour’kok.

Aerendir et Glingal se chargèrent de répondre aux diverses questions du nain et du gnome.
Gour’kok s’en abstint, et fut lui même silencieux…



Au matin, Zéphyr profita enfin du café de Vink’lar.
Le nain ne fut pas peu fier d’entendre Zéphyr complimenter sa préparation…

Un peu plus tôt, au réveil, Elannah et Glingal avait convenu de la marche à suivre pour la journée.

Zéphyr transporterait les compagnons sur son dos pour se déplacer rapidement, et prendre de l’avance sur leurs poursuivants.
Le point d’arrivée serait le col de Gerny, qui surplombait la vallée qui abritait le monastère.
Ensuite, toute l’équipe redescendrait avec les montures pour atteindre dans l’après-midi, leur destination

Le nain, le gnome et Elannah seraient les premiers “ passagers ”.
Avant cela, Elannah aurait placé les cinq montures en sommeil magique afin que Zéphyr puisse les transporter en les agrippant jusqu’au col visé.

Aerendir, Gour’kok et Glingal seraient les derniers passagers.

Tout se déroula comme il avait été prévu.
Seuls quelques échanges verbaux furent nécessaires pour que Gour’kok et Zéphyr soient d’accord avec le plan.

A midi, tous les compagnons observaient, sur leurs montures, depuis le col, la vallée verdoyante au pied du volcan Drognar.

La descente commença. Gour’kok fermait la marche sur son cheval, avec dans son dos, Zéphyr.
Farbround ouvrait la marche, mais s’était abstenu de partir en reconnaissance, Zéphyr ayant fait un rapide survol du sentier jusqu’à la forêt dans la vallée.
Elle n’avait détecté aucune présence.
Aerendir et Glingal l’avait défendu d’aller plus en avant… Après avoir traversé toutes les épreuves qu’ils avaient rencontrés depuis le Chéliax, ils craignaient les mauvaises surprises…
Un dragon a beau être très fort, il n’est pas invincible.

Glingal le suivait de près, suivie dans l’ordre d’Elannah, d’Aerendir puis Vink’lar.

C’est à mi-chemin de la descente, que se matérialisa leurs pires craintes sous la forme de filets de fumée, en provenance du pied du volcan Drognar.
Bientôt, les filets de fumée prirent plus d’ampleur, ne laissant aucun doute sur le drame qui était en train de se dérouler à moins d’une demi-journée de leurs positions.

Arrivée à la lisière de la forêt, le petit groupe fit une pause.

Gour’kok et Farbround furent dépêchés en reconnaissance. Cependant, ce fût le chemin le moins direct qui fût choisi pour rejoindre le lieu d’observation du monastère.
Zéphyr décréta qu’elle les accompagnait, malgré la désapprobation d’Aerendir.

Le reste du groupe devait reprendre sa marche une petite demi-heure après le départ de ce trio.

Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour tomber sur deux éclaireurs ennemis à cheval.

Les trois décidèrent de les neutraliser.
Zéphyr et Gour’kok s’étaient positionnés chacun sur un des arbres bordant le chemin dans les bois.
Farbround était posté derrière un arbre avec son arbalète.

Il n’eut pas loisir de s’en servir… En moins de temps qu’il en faut pour compter jusqu’à 5… Gour’kok avait décapité le premier cavalier, dans sa chute contrôlée, après s’être jeté de la plus grosse branche de son arbre…
Quant à Zéphyr, elle avait atterri avec grâce sur la monture du second cavalier, et enfoncé sa courte épée dans le corps de celui-ci.
Elle attrapa les rênes, puis jeta nonchalamment le corps inanimé au pied du cheval. L’animal, lui, poursuivait tranquillement son chemin, comme si rien ne s’était produit.

Il en allait tout autrement pour la seconde monture qui avait démarré comme une flèche après avoir vu la tête de son propriétaire frôler la sienne, puis le corps dudit cavalier s’écraser au sol dans un bain de sang.

Zéphyr : “ Vous ne semblez ne pas être un adepte de l’art de la neutralisation en toute discrétion, Cheveyo… ”

Gour’kok : “ C’est Gour’kok… Et je vous ferais remarquer qu’il est neutralisé… ”

Zéphyr : “ Ce n’est qu’un pur hasard si son cheval a décidé d’aller faire une promenade tout seul. Sans doute vous considérez-vous comme totalement innocent de cette conséquence ? Cheveyo… ”

Gour’kok : “ Il s’arrêtera bientôt… Et vu la densité de la forêt, il risque pas de sortir du chemin… Et c’est Gour’kok, pas chev machin chose… ”

Farbround les rejoignant : “ J’aurais pu m’en occuper, tu sais… il était dans ma ligne de visée. ”

Gour’kok : “ Il avait pas besoin de tes cure-dents…Il a rejoins ses ancêtres…Viendra plus nous embêter… ”

Zéphyr : “ Vous avez une notion toute personnelle sur les armes de votre compagnon, Cheveyo”

Farbround : “ Il a une notion toute personnelle des armes en général…Dame Zéphyr… ”

Gour’kok : “ C’est Gour’kok ! ! ! Faut que je vous l’épelle… Mais pourquoi diable m’appelez-vous ainsi, je vous prie ? ”

Zéphyr : “ Il correspond mieux à votre personne… Puis j’ai l’impression d’éternuer à chaque fois que je prononce votre nom…Et enfin, c’est un grand honneur pour vous…”

Gour’kok : “ D’être allergique à ma personne ?”

Zéphyr : “Absolument pas, Cheveyo … ”

Farbround : “ Tiens, ca me rappelle les deux gobelins qui éternuaient à l’auberge du Cheval de Terre, et qui supposaient être allergiques à ta personne, tu te rappelles ? ”

Gour’kok : “ Ouais…Leurs nez ont aimablement rencontré la table… Pourront plus être allergiques…désormais… ”

Zéphyr : “Une table ne changera jamais votre nom… ”

Gour’kok : “ Un dragon… si… il semblerait… ”

Zéphyr : “Il me sied mieux de vous nommer ainsi… C’est plus… civilisé à mes yeux. Je dois bien me faire à l’idée que vous êtes différent d’un orc…et n’êtes pas un futur casse-croûte, comme l’a dit votre amie elfe….”

Gour’kok : “ Trop aimable de votre part ! ! ! ”

Farbround : “ Et peut-on connaître la signification de ce nom ?”

Zéphyr : “Et bien, dans le dialecte d’une tribu de l’Irisen, cela signifie esprit guerrier… ”

Farbround : “ Il te correspond parfaitement Gour’kok… ”

Gour’kok : “ Quelque chose me dit qu’il y a anguille sous roche… ”

Zéphyr : “Tout guerrier possède un esprit… mais les capacités intellectuelles de tout esprit ne sont pas forcément à la hauteur de ses talents de guerrier… Sur ce dernier point, je m’interroge encore sur votre personne, Cheveyo… ”

Farbround : “ Vois les choses du bon côté… Ton cas n’est pas désespéré…pour qu’un dragon s’interroge encore sur tes capacités intellectuelles… ”

Gour’kok : “ Décidément, Farbround, entre hier pour Vink’lar, et aujourd’hui pour ma personne, je trouve que tu es très doué pour trouver les mots qui font plaisir… ”

Durant la conversation, les cadavres avaient été dissimulés aussi bien que possible, du fait de la mare de sang en plein milieu du chemin…
Zéphir avait observait la macabre besogne depuis le sommet de sa nouvelle monture.

Ils n’eurent que peu de temps à attendre pour voir se profiler au bout du chemin le reste du groupe.

Pendant que le reste du groupe se rapprochait, Farbround et Gour’kok remontèrent sur leurs montures.

Arrivé à leur hauteur, Vink’lar se fendit d’une remarque : “ Je vois qu’une discussion sanglante et animée vous a retenu ici… ”

Gour’kok : “ Peuh… elle fut brève… et… ”, regardant Zéphyr “ … presque silencieuse ” .

Zéphyr : “ Disons plutôt que nos arguments tranchants ont eu raison de leur sens de la discussion. ”

Farbround : “ Et qu’ils étaient trop concentrés sur le sol se ruant vers eux… surtout pour la tête de l’un … ”

Vink’lar : “ le cheval dont Elannah tient les rennes, a dû considérer que la conversation n’était pas à son goût, et décamper comme si l’enfer le poursuivait… ”

Farbround : “ Pas l’enfer… seulement le talent inné de Gour’kok pour se faire apprécier par les animaux… ”

Gour’kok : “ En même temps, il ne m’a pas laissé le temps de l’amadouer… ”

Zéphyr : “ Ni vous, le temps qu’il vous rencontre, même brièvement… ”

Gour’kok : “ M’est d’avis que ce canasson est même effrayé par son ombre… ”

Vink’lar : “ Il me paraît bien tranquille, là… ”

Gour’kok : “ Normal… Dans le sous-bois, il n’y a pas son ombre… il ne peut donc pas la voir…et avoir peur… ”

Glingal : “ Bien… Messieurs… Si vous avez fini… Je vous propose de poursuivre notre route… ”

Vink’lar : “ Alors en route… ”

Le groupe parvint à se dissimuler aux regards des différentes patrouilles rencontrées. Puis, finalement, se retrouva à observer, à une demi-lieue du monastère, la bâtisse en train de se consumer, et l’armée de Crost rongeant les os des anciens défenseurs…




La petite troupe avait donc pris la direction du col de l’Ame perdue, et se dirigerait ensuite vers Janderhoff.

Après avoir laissé des traces manifestes de leur présence jusqu’à atteindre le monastère, tous les sabots de leurs chevaux furent équipés de tissus, provenant des tuniques des patrouilleurs Crost…afin de minimiser les traces de sabots.

Dans le même temps, Zéphyr s’était proposée pour couvrir les traces de leur passage jusqu’au col, au moins… Elannah l’assistait dans la mesure de ses moyens magiques…

Dans la forêt Zéphyr et Elannah se complétaient à merveille pour effacer les traces de sabots soit dans la terre, soit sur l’herbe… En maîtrisant la croissance des brins d’herbe, Elannah rendait au couvert végétal son état initial.
Quant à Zéphyr, grâce à ses sorts de maîtrise des éléments, elle effaçait du sol les petites marques laissées par les sabots camouflés.

Pour cette tâche, Zéphyr se devait d’être à pied. Elle suivait le train de chevaux.

Ils avaient quitté l’abri de la forêt, et désormais ils gravissaient les pentes, en serpentant, sous un soleil écrasant.
Seule Zéphyr ne semblait pas affectée par la température.

A présent, ils étaient sur un petit sentier, tout juste suffisant pour le passage de leurs montures. L’ascension était très délicate. Pour Zéphyr et son souffle magique, l’effacement de leur traces sur ce terrain devenait un jeu d’enfant…

Chacun avait encore en mémoire les scènes d’horreur auxquelles ils venaient d’assister, dissimulés par le couvert de la végétation.

C’est Farbround qui ouvrait la marche. Le col était en vue. Ils l’atteindraient d’ici quatre heures.
La petite tour se détachait sur les contours de la montagne.

De cette distance, rien n’indiquait que le régiment nain ait été attaqué.
Rien ne permettait non plus de savoir si un régiment de Crost l’avait remplacé…

Une fois ayant atteint une petite plate forme plus large, Farbround attendit que Glingal, Elannah, Aerendir et Vink’lar l’ait rejoint.

A l ’arrière, Zéphyr continuait de fermer la marche, Gour’kok la précédant, et discutant avec elle de temps à autre.

Farbround : “ Quel que soit ceux qui occupent la tour, ils nous ont certainement remarqué… Quelle stratégie allons nous adopter ? ”

Elannah : “ Compte tenu du terrain aux environs du col, et la vue que nous avons sur le sentier qui y mène, nous saurons tout de suite si une troupe décide de venir à notre rencontre… ”

Glingal : “ Nous pouvons donc poursuivre notre route jusqu’à ce que l’on soit à moins d’une demi-heure de marche du col. A ce moment, nous pourrons envoyer des éclaireurs afin de découvrir qui occupe la tour. Après le coucher du soleil, si possible. ”

Aerendir : “ Si mes pouvoirs étaient revenus, je serais en mesure de vous dire si la tour est habitée, et par qui… ”

Elannah : “ Pensez vous que vous pourriez m’enseigner ce sort Maître Aerendir ? ”

Aerendir : “ Mon enfant, les magiciens préfèrent généralement garder pour eux, leurs secrets… Toutefois, il paraît raisonnable de vous enseigner ce sort. Surtout si cela peut permettre de nous éviter un péril important. Il y a cependant un hic…”

Vink’lar : “ Qui est ? Magicien ? ”
Aerendir : “ L’apprentissage du sort réclamera du temps… Au moins 6 heures, si ce n’est plus… ”

Vink’lar : “Et avec Gnaxlal ,Algrion et compagnie à nos trousses… Ce peut être un temps précieux… D’autant que pour dissimuler nos traces nous avons également dépenser celui-ci”

Farbround avait sorti son instrument d’observation et scrutait la Tour : “ Il n’y a aucune activité au pied… ni feu ou fumées aux alentours… En fait je ne vois rien… Si des Crost y était…ca se verrait… Leur discrétion n’est pas un modèle du genre… ”

Vink’lar : “Ils se dissimulent peut être dans la tour… ”

Farbround : “ Vu sa taille… Elle ne peut contenir qu’une quinzaine d’individus… Et c’est déjà beaucoup… ”

Vink’lar : “Beaucoup pour la tour, ou pour nous ? ”

Farbround : “ Les deux… ”

Elannah : “ Qui qu’ils soient, je les imagine mal aller à notre rencontre, leur position dans la tour est la plus facilement défendable. ”

Zéphyr : “ Et à moins qu’ils se transforment en volatile, la nature du terrain ne peut permettre une embuscade qu’au niveau de la tour… ”

Tous les regards convergèrent vers elle. La frêle jeune femme s’était glissée derrière eux pendant leur discussion.

Glingal : “ Reprenons la route. Nous nous approcherons le plus possible pour détecter une présence. Que ce soit des Crost ou des nains, les uns comme les autres ne sont pas réputés pour être des modèles de silence… ”



C’est avec satisfaction que Gnaxlal avait observé, depuis le col de Gerny, le monastère finir de se réduire en cendres.

Lui et Algrion avaient décidé de rejoindre rapidement le monastère, en empruntant le chemin le plus court possible, dans l’espoir d’apprendre que leurs cibles étaient désormais pieds et poings liés.

Au lieu de cela, Gnaxlal avait eu le déplaisir d’apprendre que, non seulement ses troupes avaient attaqué le monastère avant l’arrivée de leur cible, échouant dans la tentative l’embuscade prévue, et la capture qui aurait dû s’ensuivre, mais également que toutes les patrouilles ayant sillonné la région n’en avait repéré aucune trace…

Quelques heures plus tard, Gnaxlal eu également la désagréable surprise d’apprendre qu’une patrouille n’était jamais revenue, et qu’aucun des lieutenants présents n’avait eu la jugeote de s’enquérir de son sort.

La disparition datait de deux jours ! ! !

Gnaxlal était entré dans une nouvelle colère noire, et grillé une vingtaine de Crost…dont le lieutenant en chef du détachement des cinq cents crost et quinze de ses principaux subordonnés…

La disparition du corbeau, porteur du message d’organiser l’embuscade et la capture, était la seule circonstance atténuante… C’est ce qui avait conduit son armée à attaquer le monastère bien trop tôt ! ! !

Après la séance de barbecue magique… De nombreuses patrouilles furent dépêchées pour retrouver celle qui avait disparu.

Ce n’est que dans la soirée que Gnaxlal eut un rapport de la découverte des cadavres de la patrouille.

Dés qu’il en fut avisé, et bien qu’il commence à faire nuit, il ordonna qu’on se rende immédiatement sur les lieux…escorté de ses drows et d’un détachement de crosts.

C’est arrivé sur place que Gnaxlal et Algrion se maudirent d’avoir été aussi empressés de rejoindre le monastère, et éviter de passer par cette partie de la forêt…

Il devenait clair que ses cibles avaient dû rallier le monastère pour observer ce qui s’y était passé.

Cependant, pour y parvenir, ils avaient fait preuve d’une grande prudence en empruntant ce chemin nettement indirect et rallongeant la distance jusqu’au monastère..

Gnaxal observait la mare de sang séché qui s’étalait sur le sol…pendant que les Crost composant son escorte ramenaient les cadavres de leurs compagnons sur le chemin, à la lumière des torches, maintenant qu’il faisait nuit noire.
“ Au moins celui-ci n’a t il pas été la victime de la magie de la petite Elfe… Il est mort plus… normalement… ”

Algrion : “ Comme son compagnon d’ailleurs… un coup de poignard dans le cœur…Par contre, je me demande pourquoi ils les ont totalement dénudés ? ”

Gnaxal : “ Nous aurons peut être la réponse plus tard. Grâce à mon sort de détection, et aux traces de sabots et de pas sur le sol… je sais qu’il y avait au minimum 6 chevaux ici... Peut être plus… Et Trois individus, deux légers, et un… massif… ”

Algrion : “ Voilà qui est rassurant… Après deux jours où il n’y avait plus aucune trace d’eux sur le sol, ni de pas, ni de sabots… ”

Gnaxlal : “ C’est justement l’abondance qui me dérange… après une si longue absence de traces… S’agit il vraiment de nos fuyards ? Ne s’agit il pas en fait de survivants de l’attaque du monastère… Il y a au moins 6 chevaux… Il ne devrait y en avoir que quatre…”

Algrion : “ Et ils se dirigent vers le monastère ? ”

Gnaxlal : “ Tout à fait… Si c’était des survivants de l’attaque du monastère, il n’y aurait aucune raison pour qu’ils y retournent… Il y a donc tout lieu de penser que ce sont nos fuyards… ”

Algrion : “ D’autre part, rappelles toi l’attaque de notre camp près du village… Il y avait un demi-orc aussi gros qu’une montagne parmi eux… Tes pas massifs n’ont pu être faits que par lui…Suivons les traces, et voyons où elles nous mènent ! ! ! ”

Gnaxlal : “ Tu as raison. Néanmoins… Il y a quelque chose qui me gêne dans leur nombre… ”

Algrion : “Optons pour une solution intermédiaire… Ils ont peut être été rejoints par des survivants de l’attaque du monastère, ce qui expliquerait le nombre élevé de chevaux… ”

Gnaxlal : “ Suivons les traces… Nous aurons certainement notre réponse. ”

Et malgré l’obscurité, et la difficulté à discerner quoi que ce soit pour le commun des mortels, les deux mages de l’ombre, accompagnés de leur escorte, se lancèrent dans la traque de leurs cibles sans que la nuit ne semble les gêner...



Arrivés à proximité de la tour, Farbround et Zéphyr constatèrent qu’elle semblait déserte… Abandonnée depuis de nombreux mois…Les araignées avaient dû en faire leur logis.

Toutefois, les lieux titillaient l’esprit de Farbround, bien qu’aucun danger ne paraissent les menacer.

Comme prévu, quelques minutes plus tard, le reste du petit groupe les rejoignit, dans un silence assourdissant.

Dés son arrivée à proximité de la tour, Vinkl’ar observait attentivement les lieux, mal à l’aise…

Glingal, Aerendir et Elannah patientaient sur leur monture.

Ce fut Gour’kok qui prononça tout haut les pensées partagées par tous : “ Ce lieu ne m’inspire rien de bon… ”

Zéphyr était au pied de la tour, près de l’unique porte, qui grinçait sur ses gongs, au grès des courants d’air provoqués par le vent.

Farbround continuait de détailler les environs… Comme lors de l’embuscade dont ils avaient été victime près de BOISCENDRE, un pressentiment d’une menace imminente lui étreignait les tripes. Ces sensations, précédant toujours un combat, lui avaient sauvé la vie à plusieurs reprises… à ses compagnons également… Instinctivement, sa main entra en contact avec son arbalète…

A l’orée de son champs de vision, il vit Zéphyr se crispait également, la main sur son arme.

Sur sa monture, Vink’lar fut succinct : “ A TERRE… Derrière vos montures ! ! !”

Le premier projectile vint se ficher dans l’épaule droite d’Elannah, qui tomba à la renverse sous l’impact…et son cheval fit une embardée qui bouscula le cheval de Gour’kok…
Le second projectile érafla la jambe du demi-orc… Sans le mouvement de sa monture, c’est la poitrine qui aurait encaissé le coup.

Glingal jura entre ses dents… une fois à terre et derrière son cheval, elle hurla “ DES HOMMES SERPENTS… SURTOUT EVITER QU’ILS NE PARVIENNENT A VOUS INFLIGER UNE DE LEUR MORSURE ! ! ! ”

Le troisième projectile rata sa cible, Farbround s’étant jeté de côté.
Son arbalète en main, deux carreaux avaient déjà pris leur envol, et fauchèrent un des tireurs qui s’agrippait aux parois rocheuses. Son corps s’écrasa après une chute de dix bons mètres…

Vink’lar parla plus pour lui-même que pour ses voisins immédiats, Glingal et Aerendir, “ Les salopiaux… Ils collent aux parois rocheuses comme des sangsues…Et ils parviennent en plus à tirer avec leurs arbalètes… ”

Ce fut Glingal qui, bien que le nain n’attendit pas de réponse, asséna la triste réalité : “ Telle des salamandres, ils n’ont besoin que de leurs deux pieds pour coller aux parois…pas besoin de leurs mains… ”

Du coté de la tour , trois hommes serpents s’étaient rué sur Zéphyr… Le premier tentait de retenir le sang qui sortait à grands flots d’une blessure à sa gorge provoquée par l’arme de Zéphyr… Il s’écroula quelques secondes plus tard…
Le cimeterre du second se précipita vers le frêle corps de la jeune fille, et vint se ficher dans le sol… Zéphyr avait esquivé avec facilité l’attaque, et enfonça dans la gorge de ce second attaquant sa dague, qui y resta bloquée.

De précieuses secondes pour retirer son arme, en vain, du corps qui s’effondrait au sol, furent mises à profit par le troisième homme serpent qui enfonça son épée au niveau du bassin de la jeune fille. L’arme ricocha sur l’os et ressortit…
Dans un hurlement de douleur et de rage, Zéphyr agrippa le cou de son adversaire et lui broya la trachée…

Les deux derniers hommes serpents continuaient d’expédier des carreaux avec leurs arbalètes… Deux chevaux avaient déjà succombés…
Farbround était parvenu à se mettre à l’abri… Les trois carreaux tirés par ces hommes serpent ricochèrent sur le rocher lui servant de refuge.
Un des hommes serpents fut coupé en deux par la hache de Vink’lar expédiée rageusement… Ces jambes restèrent clouées à la paroi… pas son torse qui chuta sur le sol…

Le dernier fut atteint de deux carreaux par Farbround…

Le silence revint sur le col de l’Ame perdue...

Gourkok, qui s’était déjà précipité vers Zéphyr, arriva auprès de la jeune fille qui s’était assise par terre en se tenant fermement le côté droit…Au bord de l’inconscient semblait-il.

Vink’lar s’était précipité là où gisait Elannah, pendant que Farbround, après avoir rechargé son arbalète, surveillait attentivement les environs dans l’éventualité de l’apparition de nouveaux ennemis.

Le nain fut rejoint par Glingal. La jeune Elfe était inconsciente, un carreau fiché dans l’épaule gauche. Un flot de sang continu sortait de la blessure.

Glingal : “ Allons dans la tour ! ! ! Nous y serons plus à l’abri qu’ici… ”

Vink’lar porta Elannah, pendant que Gourkok faisait de même avec Zéphyr…

Aerendir ouvrait la marche, oubliant toute prudence en pénétrant dans la tour…



Gnaxlal se parlant à lui-même : “ Nous les avons perdu ! ! ! Malgré toutes les patrouilles envoyées, aucune ne parvient à retrouver leurs traces… Elles ont disparu à une demie lieu du monastère… ” Puis hurlant à destination des trois crosts à ses pieds : “ MAIS COMMENT ONT ILS PU Y PARVENIR ! ! ! ”

Algrion observait son compagnon… Les mauvaises surprises continuaient de s’accumuler comme les mouches sur une bouse de ces quadrupèdes, que les humains appelaient des vaches ! ! !

Gnaxlal, debout, était en train de se masser les tempes de ses doigts filiformes. Cela lui permettait de contrôler sa colère, et lui éviterait, peut être, de griller une vingtaine de Crosts supplémentaires…

A cet instant, le général de son armée, était à genoux aux pieds du mage de l’ombre, attendant plus sa dernière heure que des ordres à exécuter…

Gnaxlal reprit d’une voix calme : “Bien. Résumons la situation… Nous savons qu’un groupe de 6 individus, voire plus, s’est posté à moins d’une demie lieue du monastère pour assister au banquet final de vos troupes… Est ce exact général ? ”

Le général : “ Oui, votre Grandeur… ”

Gnaxlal : “ Il semblerait que vos hommes soient plus préoccupés par leurs côtelettes grillées… que par un groupe d’individus, solidement armés, flânant près d’eux…Mais passons…
Nous savons aussi qu’avant de parvenir à cette position, ils avaient neutralisé une de vos patrouilles deux jours plus tôt, sans que quiconque s’en émeuve… c’est bien cela ? ”.
Pourtant, celle-ci était absente des festivités de leurs congénères, on peut supposer que les crosts la composant étaient plus… attentifs à leur environnement… ”

Le général : “Nos hommes ont été entraîné à affronter toutes les circonstances, votre Grandeur ! ! ! ”

Gnaxlal : “ Pas dans ces circonstances, visiblement… puisqu’ils sont morts sans même avoir eu le temps de se servir de leurs armes alors qu’ils ont été éliminés par des individus qui se trouvaient à moins de cinq centimètre d’eux… ”

Le général crost, devenant de plus en plus blême, bien que ce soit difficilement envisageable : “ Oui, votre Grandeur… ”

Gnaxlal : “ Poursuivons le récit des exploits de vos subordonnés, voulez-vous… Nous perdons leurs traces à ce fameux endroit d’observation, alors que jusque là il y en avait tellement que l’on ce serait cru sur un champs de bataille… Rappelez moi le nombre de crosts envoyés en patrouille pour retrouver la route qu’ils ont prise… ”


Le général : “ Et… bien… pas loin de deux cents…. Votre Grandeur… ”

Gnaxlal : “ Et malgré cela…Toujours rien ! ! ! ? ? ? Ma très chère Algrion… Arrêtes moi si je me trompe, mais depuis maintenant une bonne semaine...

Algrion : “ Un peu plus mon ami… Je crains… ”

Gnaxlal : “ Oui… C’est cela… UN peu plus… UN peu trop à mon goût ! ! ! J’ai le sentiment d’être entouré d’incompétents… QUE DIS-JE ! ! ! De limaces inaptes à pouvoir faire la différence entre un brin d’herbe, immobile, et un Elfe, un nain ou un demi-orc gambadant joyeusement au sein du périmètre de votre camps…Pensez-vous, général, qu’une limace irait chercher sa pitance sur le mollet d’un elfe ou d’un nain ? ”

Le général : “ Euh… Je… Je ne crois pas votre Grandeur… ”

Gnaxlal : “ Oui… C’est bien ce qui me semblait aussi… Cela signifie donc qu’une limace est plus perspicace que vous même et tous les éclaireurs et pisteurs sous votre commandement… ”

Un silence glacial s’était abattu dans la tente de commandement…

Quelques jours auparavant, le général avait dépêché tous ses meilleurs pisteurs auprès de Gnaxlal après en avoir reçu un message par corbeau lui en intimant l’ordre.

Ceux-ci avaient passé deux jours à sillonner la forêt, et tenter de découvrir des traces des fuyards…en vain…

Après avoir attendu près du monastère des nouvelles de ces patrouilles, Gnaxlal et Algrion avaient dû se résoudre à reprendre la route vers le sud en direction de la passe de Stanz pour rejoindre le gros de leur armée, et le général qui les commandait.
Là, lors de leur arrivée, ils avaient eu l’occasion de constater que le siège de la forteresse naine par leur armée, était loin d’être terminé.

Ce fut une nouvelle désillusion pour les mages de l’ombre… Ils avaient escompté, naïvement, que quelques quinze mille crosts et un bon milliers de géants des montagnes seraient à même de réduire à néant la résistance de quelques centaines de nains…

Après une semaine de combat, non seulement la forteresse n’avait pas été investie… mais en plus, les défenseurs les narguaient du haut de la tour subsistante encore, en leur adressant quolibets et moqueries bien sentis.

A l’origine, la forteresse, bijou de construction naine, comprenait 4 tours et un rempart.

Les tours étaient littéralement incrustées dans les falaises de part et d’autre de la passe. Le rempart, haut de plus de 20 mètres, fermait la passe menant vers la capitale naine, Janderhoff. Sa largeur défiait la conception qu’un esprit architecte humain pouvait imaginer…
Alors que trois des quatre tours avaient subi le feu des armes de siège, et étaient désormais réduites à des tas de gravats, le rempart central, bien qu’endommagé, résistait toujours à l’assaut.

En prévision de l’assaut qu’il allait mener, il y a de cela plusieurs semaines, Gnaxlal avait expédié plusieurs groupes de mercenaires humains dans le pays nain.
Leur objectif était simple : faire en sorte d’intercepter tous les messages à destination de la capitale ou ailleurs émanant de la forteresse, dés que l’attaque aurait commencé.
Grâce à cette tactique, la forteresse n’avait reçu aucun renfort de la capitale.

Il s’agissait du seul point positif pour Gnaxlal… L’objectif avait été de prendre la forteresse aussi vite que possible.
En effet, l’absence de communication avec la forteresse paraîtrait de plus en plus louche pour les généraux nains restés dans la capitale. Gnaxlal avait estimé à une semaine le laps de temps durant lequel l’absence de contact ne devrait pas éveiller les soupçons des généraux de Janderhoff…

Ce délai était désormais passé…



Le silence était tombé dans ce petit bureau modeste de la capitale naine de Janderhoff.

A bien des égards, le bureau aurait même paru spartiate compte tenu de la position sociale de l’occupant des lieux.

Mhargott, le Général en chef de la 1ère armée naine et des défenseurs de Janderhoff avait été irrité d’apprendre que cela faisait une semaine que la forteresse de Stanz n’avait pas contacté le service de logistique et plan.
Il était d’autant plus agacé que de nombreux rapports faisaient état de mouvement de petites troupes d’hommes serpent dans les monts de l’esprit, ainsi que quelques escarmouches contre des Orcs des Montagnes.

Le général avait expédié son intendant personnel afin d’obtenir des nouvelles de la forteresse. A l’heure actuelle, l’intérieur du crâne de ce dernier devait encore résonner des ordres que Mhargott avait exprimé sur un ton à faire trembler les murs de son bureau.

La forteresse n’était distante que d’une centaine de lieues… de la capitale. Elle constituait un nœud stratégique de première importance. Les dernières décennies de calme avait endormi la prudence de tous les dirigeants civils de la capitale.
Mais, désormais, les orcs et les hommes serpents devenaient un peu trop actif à son goût. L’histoire avait montré que lorsque l’activité de ces peaux vertes s’accroissait, il fallait toujours s’attendre à des lendemains agités et sanglants.

Finalement… N’y tenant plus…Et après avoir longuement observée la ville souterraine par la fenêtre de son bureau, il ouvrit sa porte à la volée et prit la direction des cantonnements de son armée.

Une fois arrivé, il constata que son intendant était en pleine discussion animée avec un responsable d’un des régiments. Il se dirigea vers les deux hommes.

Mhargott : “ Alors messieurs… Quelles sont les nouvelles ! ! ! ? ? ? ? ”

Les deux hommes répondirent en chœur : “ Mon Général ”

L’intendant Harton : “ Il semblerait qu’un détachement de reconnaissance ait eu à neutraliser un groupe armé dans l’après-midi d’hier, à moins de 30 lieues de la capitale, Mon Général. ”

Mhargott : “ Si je puis me permettre, Harton, ce n’est pas tout à fait la mission que je vous avais assigné… ”

Harton : “ C’est exact Mon Général, Mais une fois le groupe neutralisé, la patrouille de reconnaissance a découvert parmi les affaires de ce groupe des messages émanant de la forteresse de Stanz… ”

Mhargott : “ Quel en était la teneur ? ”

Harton : “ La forteresse est attaqué par des Géants et d’autres créatures difficilement identifiables… ”

Mhargott : “ Depuis combien de temps ? ”

Harton : “ Compte tenu des messages découverts, il est vraisemblable que cela fasse bien au moins 8 jours… ”

Mhargott : “ HUIT JOURS ! ! ! ”

Pendant que les neurones du général étaient en pleine activité pour la marche à suivre, les deux subordonnés patientaient…

Mhargott : “ Harton, Départ de la troupe le plus vite possible ! ! ! Ordonnez le rassemblement… Je veux que l’on soit parti avant le milieu de l’après midi… ”

Harton : “ A vos ordres, Mon Général ! ! ! ”

Dans les minutes qui suivirent, les cantonnements se transformèrent en une véritable ruche de frelons…

Quant au Général, il retourna dans son bureau pour rédiger une note d’information destinée à la bureaucratie civile de la capitale naine… Préparer ses affaires… Puis décamper rapidement de la capitale pour conduire les renforts jusqu’à la forteresse…



A plus de 650 lieues de là, perchée dans sa demeure royale de Celwynvian, la reine des elfes des forêts, Anastraëlle était songeuse après que le lieutenant de sa garde royale, Astian, lui eut fait son dernier rapport.

Cela faisait désormais plusieurs jours que toute communication avait été coupée avec le détachement de la garde royale ayant pour mission de reconduire Glingal jusqu’à la capitale Elfe.
Tous les conseillers présents dans la salle du trône était aussi soucieux que pouvait l’être leur souveraine.

Anastraëlle : “ Aestrid, le général de ma garde royale était en possession d’une sphère de communication… Jusqu’à il y a moins d’une semaine, nous avions un contact quotidien… A présent, c’est le silence… Quelle raison pourrait justifier cette absence de contact ? ”

Ce fut sa magicienne personnelle, Alvynia, qui asséna la plus probable vérité : “ Votre altesse, l’absence de réponse est une chose… l’absence de communication avec la sphère en est une autre… Il n’y a qu’une seule possibilité pour expliquer cette absence… Sa destruction… ”

Anastraëlle : “ Il y a donc tout lieu de penser que nos ennemis ont eu raison de mon général et de son détachement. Il semblerait que l’ennemi ait eu vent de tous nos plans pour conduire Glingal jusqu’à nous… Ne nous voilons pas la face… Il n’existe qu’une seule possibilité : Nous avons été trahis ! ! ! ”

Dés que ces mots furent prononcés, les rares conversations discrètes entre conseillers cessèrent immédiatement…

Alvynia : “ C’est plus que probable, votre Altesse… Les informations dont nous disposons sont bien trop parcellaires… Et malgré toutes nos précautions, l’ennemi a été informé du lieu constituant le point de rendez-vous, le monastère. Il n’est plus temps d’émettre des hypothèses… Nous devons agir au plus vite… Nous savons que Glingal est encore vivante. Si elle avait été entre les mains de nos ennemis, ce ne serait déjà plus le cas… ”

Anastraëlle : “C’est une bonne nouvelle. Mais il faut la ramener en vie à Celwynvian. ”

Alvynia : “ Aux dernières nouvelles, votre fils, Faërendel, était à une semaine du monastère avec une troupe d’un millier de nos archers… Nous avons également perdu le contact, mais seulement depuis hier… On ne peut rien en conclure, pour le moment… Toutefois, compte tenu de l’agitation de nos ennemis actuellement, tout est possible.

Anastraëlle : “Que suggérez-vous ? ”

Alvynia : “ Faisons confiance à votre fils pour se sortir de n’importe quelle situation. Glingal, et donc le monastère, sont notre objectif prioritaire ! ! ! Si nous partons immédiatement, pour parvenir jusqu’au monastère, trois semaines nous serons nécessaires… Ce n’est pas envisageable… C’est beaucoup trop long eu égard à l’urgence de la situation
Il existe une autre possibilité : un portail de déplacement… Avec l’aide des magiciens de mon ordre, la création de ce portail pourra être réalisée d’ici demain matin… Mais il y a plusieurs inconvénients…

Anastraëlle : “Qui ne sont pas des moindres, malheureusement… ”
Alvynia : “ En effet, votre altesse… Le premier, c’est que la création de ce portail demande beaucoup de magie… Les magiciens qui participeront à son élaboration se verront dans l’impossibilité de réaliser un quelconque sort durant près de 5 jours… dans le meilleur des cas… Etant indispensable à sa réalisation, moi-même, je serais affectée…Mais pour une plus courte durée…
Le portail ne pourra tolérer qu’un nombre restreint de “ passagers ”, au plus vingt, montures et soldats compris… C’est le second inconvénient…
Enfin, bien qu’en choisissant un point de chute à une certaine distance du monastère, il est fort probable que nous tombions sur des ennemis… Et seule l’avenir nous fournira leur nombre… ”

Astian : “ Votre Altesse, si je puis me permettre, Notre général n’aurait pas été vaincu par quelques groupes éparses… Il apparaît évident qu’une force considérable et bien organisée est à l’origine de la disparition de la majeure partie de notre garde royale…

Alvynia : “ Là est bien ma pire crainte… Il s’agit d’une mission très risquée. Nous allons constituer un petit commando qui aura pour but soit de libérer Glingal, soit de la retrouver et la ramener saine et sauve ici.

Anastraëlle : “L’échec n’est pas envisageable ! ! ! Il en va de la liberté de nombreuses créatures de cette partie de Golarion… ”

Alvynia : “ C’est pourquoi, je me propose de faire partie du groupe… Le lieutenant Astian, ici présent, m’accompagnera également… Je choisirais six archers de votre garde personnelle, votre Altesse… Et enfin, j’aimerais que Bromard et son jumeau se joignent à nous… ”

Silencieux jusque là, le conseiller Grendil, ne put le conserver davantage : “ Vous n’y pensez pas ! ! ! Autant créer un ouragan en plein Golarion ! ! ! Et encore, il y aura plus de survivants… ”

Alvynia : “ A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles, conseiller Grendil… ”

Anastraëlle : “Je crains en effet que les événements ne nous laissent guère le choix, conseiller… Alvynia… faites en sorte d’être prête le plus rapidement possible. Que les dieux nous soient favorables…”



Bien que les circonstances lui aient fait oublier sa prudence, les entrailles de la tour ne révélèrent ni piège, ni ennemi tapi dans l’ombre…

Vink’lar et Gour’kok installèrent aussi bien que possible leurs amies blessées.

Glingal et Aerendir étudièrent immédiatement la blessure d’Elannah. Elle respirait encore, bien que la blessure paraisse assez grave.

Glingal : “ Il va falloir lui retirer le carreau. Après, je pourrais soigner la blessure pour qu’elle ne s’infecte pas, mais elle ne pourra plus se servir de son bras avant 2 bonnes semaines… ”

Aerendir : “ Mes pouvoirs magiques reviennent peu à peu… Je pense pouvoir comprimer la blessure pendant que vous retirerai délicatement l’arme. Nos magiciens de l’ombre ne pourrons jamais détecter mon aura…que je tente de limiter depuis le début de notre ascension vers ce col. Mais bientôt, je retrouverai la pleine possession de mes pouvoirs, et à ce moment, je n’y parviendrai plus…”

Vink’lar : “ Je peux vous assister si vous le souhaitez. ”

Glingal : “ Tachez de trouver des linges propres, et faites bouillir de l’eau. ”

De son côté Gour’kok avait examiné la blessure de Zéphyr. A son grand étonnement, celle-ci était en train de se refermer… A présent le visage de la frêle jeune fille qui reprenait quelques couleurs.

Zéphyr : “ ne soyez pas surpris Cheveyo… Vous semblez oublier que les dragons disposent de quelques pouvoirs magiques, et capacités physiques pour soigner ce genre de blessure légère. ”

Gour’kok : “ Blessure que vous n’auriez pas eu si je vous avais accompagné…Avez vous oublié ce détail ? ”

Zéphyr : “ Ne perturbez pas ma concentration en me faisant rire…Ma blessure pourrait laisser une cicatrice… ”

Gour’kok : “ Si vous insistez, je vais me proposer de refermer votre blessure avec mon nécessaire de soin, et je vous garantis que vous pourrez exhiber une cicatrice qui fera fuir mêmes vos plus terribles ennemis. ”

Zéphyr : “ C’est très aimable à vous… Mais… Je vais décliner votre offre généreuse… Je suis aussi coquette et soucieuse de mon apparence que n’importe quelle femme humaine ou elfe. ”

Gour’kok : “ Je vais donc vous laisser à votre concentration et aller de ce pas voir Farbround. ”

Pendant que le demi-orc se relevait, la petite femme referma ses yeux, et intensifia sa concentration.

Gour’kok s’arrêta au chevet d’Elannah. Glingal et Aerendir étaient en train de retirer le carreau. La magie d’Aerendir
Etait mise à contribution. Le magicien avait l’air épuisé, assis en tailleur auprès d’Elannah.
avait grandement contribué à ce succès.
La demi-elfe respirait mieux depuis que la prêtresse et le magicien s’occupaient d’elle.

Vink’lar avait allumé un feu au milieu de la pièce, dont le sol était constitué de terre battue. Un petite marmite était installée avec de l’eau à l’intérieur. Le nain était en train de déchirer en bandelettes une de ses chemises.

Gour’kok se dirigea vers l’entrée et rejoignit Farbround sur le pas de la porte.

Pendant que ses compagnons avaient pris soin des deux petites femmes, Farbround avait fait le tour du propriétaire, et examiné les environs immédiats de la tour.

Gour’kok : “ Quelles sont les nouvelles ? ”

Farbround : “ Nous avons eu de la chance, dans notre malheur… Les hommes serpents qui nous ont attaqué faisaient partie d’une troupe d’une trentaine d’individus… J’ai retrouvé les traces de leur bivouac à l’arrière du col, sur une plate forme en descendant. Ils ont laissé en surveillance les six qui nous sont tombés dessus. Le reste est reparti vers une autre destination. ”

Gour’kok : “ Ils sont donc susceptibles de revenir… ”

Farbround : “ Je suis incapable de pouvoir dire à quelle échéance… Mais c’est fort probable. Il est aussi possible que dans notre périple vers la capitale naine, on les retrouve en face de nous.”

Aerendir : “ Il n’est jamais bon que les hommes serpents sillonnent les Monts de l’esprit… ”

Le magicien venait de se glisser derrière eux. Son visage était profondément marqué par l’exercice de son art.

Farbround : “ Comment va Elannah ? ”

Aerendir : “ Elle s’en sortira… Le projectile a été retiré proprement et il n’y avait aucun poison dessus. Une chance... Les hommes serpent ne devaient pas s’attendre à notre visite. Il n’y étaient pas préparés. Glingal est maintenant en train de refermer la blessure, qui ne saigne quasiment plus. ”

Gour’kok : “ Quand reprendra t elle conscience ? ”

Aerendir : “ Glingal va la soigner toute la nuit… Dés demain matin, Elannah pourra vous dire elle-même comment elle se sent. Par contre, nos déplacements seront ralentis, et Elannah ne pourra pas se servir de son bras avant trois semaines. ”
Farbround : “ En outre, nous avons perdu deux montures… Nous sommes donc 6 pour quatre montures… Nous serons donc forcement ralentis. Et en plus, une autre boîte… ”

Gour’kok : “ Il ne reste plus qu’à espérer que Gnaxlal et compagnie ont pris du retard… ”

Aerendir : “ Ne nous inquiétons pas inutilement… Nous avons pris une bonne avance grâce à Zéphyr…Reposons-nous cette nuit. Nous aurons besoin de toutes nos forces dés demain. ”



Le magicien de l’ombre était assis dans sa tente, concentré sur les cartes dépliées devant lui…

A l’extérieur, ses troupes tentaient toujours de franchir les remparts de la forteresse de Stanz.

Soudain… Un frémissement attira son attention… Il se leva précipitamment ! ! ! Et se dirigea à l’extérieur de la tente, où il tomba nez à nez sur Algrion qui se dirigeait vers sa tente.

Gnaxlal : “ Avez-vous senti cela, ma chère ! ! ! ? ? ? ”

Algrion : “ Un léger picotement… Une sensation éphémère qui a disparu de nouveau… ”

Gnaxlal : “ Tout à fait ! ! ! Une sensation que je n’avais plus ressenti depuis notre traversée des Monts de l’esprit… Aerendir est vivant ! ! ! j’ai ressenti de nouveau son aura magique… L’espace d’un instant… Puis plus rien ! ! ! ”

Algrion : “ Etes vous parvenu à localiser son origine ? ”

Gnaxlal : “ Un peu au sud de notre position, en plein dans les monts de l’esprit… ”

Algrion : “ Nous sommes d’accord sur cette localisation ! ! ! ”

Gnaxlal : “ Cela ne peut signifier qu’une chose… Il se dirige vers la capitale naine ! ! ! Glingal ne peut qu’être avec lui ! ! ! Victoire ! ! ! Nous les avons retrouvé, ma chère. Nous connaissons leur destination ! ! !”

Algrion : “ Nos hommes serpent ont certainement réussi à les localiser, et sont sur le point de capturer cette prêtresse. ”

Gnaxlal : “ Mes ordres étaient limpides cette fois-ci ! ! ! Tout échec sera puni de mort, très violente et très douloureuse… pour les fautifs”

Algrion : “ Les hommes serpent vont pouvoir s’amuser avec votre petite elfe… Avez vous donné des instructions pour qu’on vous la ramène vivante ? ”
Gnaxlal : “ Il est plus que temps que Glingal tombe entre nos mains. Pour que mes ordres soient clairs, et exécutés correctement, j’ai bien spécifié que toutes les personnes escortant la prêtresse devaient être éliminées. Tant pis pour elle. D’autre part, compte tenu de toutes les difficultés qu’elle a pu nous occasionner pour capturer Glingal, je ne doute pas que cette petite elfe vendra chèrement sa vie avant son trépas…”

Algrion : “ Cette décision a du être dure à prendre… ”

Gnaxlal : “ Ma chère, continuait de me taquiner de la sorte, et… peut être, que je me rendrais sur les lieux de sa mort pour la ressusciter et qu’elle devienne une de mes esclaves… ”

Algrion : “ Vous persistez à vouloir attiser ma jalousie… ”

Gnaxlal : “ Il m’est agréable de pouvoir vous taquiner à mon tour… Mais, au fait… Vous souhaitiez me parler avant que nous ne détections l’aura d’Aerendir…”

Algrion : “ Oui, mon cher… L’elfe que vous attendiez est enfin arrivé. Il demande à vous voir. ”

Gnaxlal : “ Conduisez le jusqu’à ma tente. ”



Tôt ce matin, comme prévu, elle, Astian, six archers, Bromard et son jumeau avaient franchi le portail dimensionnel.
Le point de chute se situait à moins de 10 lieues du monastère.

La chance avait été avec eux. Ils n’avaient fait aucune mauvaise rencontre d’importance.

Seul un groupe de 5 crosts s’était matérialisé, au détour d’un chemin, devant Bromard et Garken partis en éclaireurs,.

Tous les deux les avaient transformé, eux et leurs montures, en résidus sanguinolents avant même que les crosts puisse esquisser le moindre mouvement pour dégainer leurs épées…

A présent, Alvynia contemplait les ruines fumantes du monastère… Le spectacle qui s’offrait à ses yeux était pire que tout ce que son esprit avait pu imaginer. Les archers étaient partis visiter les ruines.
Bromard et Garken se tenaient à ses côtés avec Astian.
Elle gardait également en mémoire le massacre des crosts.
Bien que le conseiller Grendil ait été défavorable à la présence des deux jumeaux dans le commando, Alvynia se réjouissait qu’ils soient là.
Leur aspect physique était impressionnant. 3 mètres 50 de hauteur, quelques 400 kilos de muscles chacun, ces deux forces de la nature pouvaient affronter un nombre conséquent d’adversaires. Pour cette mission, cet avantage pourrait s’avérer vital.

Il s’agissait de deux Ogres des tempêtes. Les deux derniers représentants de leur tribu désormais disparue, pour ce que la magicienne en savait.
Lors d’un de ses nombreux voyages, Alvynia avait séjourné quelques temps non loin d’un petit village de pêcheurs à proximité de la cité de Pezzack, dans l’extrême ouest du Chéliax.

La petite bourgade située dans une crique abritée, bordée un golfe, dénommé la Bouche de l’Enfer.

A son arrivée, la magicienne avait entendu des rumeurs diverses et variées sur une île abritant des ogres à la réputation effrayante et sanguinaire.
Et en dernier lieu, plus précisément, avait entendu la rumeur d’une énorme éruption qui avait secoué l’île, et englouti le royaume des ogres, à la grande satisfaction des habitants du village.

En raison d’un raz de marée, plusieurs villages côtiers du Chéliax, le long du golfe, avaient été partiellement ou totalement détruits à la suite de la disparition de cette île.
Le petit village, où avait résidé Alvynia était, de manière incompréhensible, sorti miraculeusement indemne face aux effets de ce cataclysme.
Alvynia avait décidé de louer une petite chaumière à l’écart du village. La construction surplombait une plage de sable. Deux jours après son installation, la magicienne eut la mauvaise surprise de découvrir plusieurs cadavres d’ogres, dont la taille dépassait ce que la magicienne avait pu connaître jusque là.
La nouvelle ne tarda pas à atteindre le village. La magicienne eut tout juste le temps de trouver parmi les cadavres, deux jeunes enfants agrippés à un corps qui avait probablement été leur mère.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces deux jeunes, bien qu’inconscients, étaient vivants.

Avant qu’une petite foule de villageois ne débarque sur la plage, la magicienne avait transporté, non sans difficulté, et finalement grâce à sa magie, les corps des deux jeunes.
Une fois cette tâche réalisée, la magicienne assista les villageois dans leur sale besogne, brûler les corps gisant sur la plage.
Au gré de ses déplacements pour assister les villageois, la magicienne pu récolter quelques objets, et apprendre que les ogres morts avaient dû tenter de quitter leur île sur une embarcation.
Une violente explosion, suite à l’éruption, devait s’être produite. Celle-ci avait eu raison de l’embarcation. Les survivants avaient dû se raccrocher aux débris avant que le raz de marée ne les projette sur ce bout de terre.

Une fois la plage débarrassée de ses encombrants cadavres, la magicienne et les villageois purent rejoindre leurs maisons.
Alors, seulement, Alvynia s’attela aux soins des deux jeunes ogres.
Malgré le temps perdu à aider les villageois, ils étaient toujours vivants à son retour.

Les ramener vers le monde des vivants réclama une bonne partie de ses pouvoirs magiques et trois jours à la magicienne.

Finalement, au bout de tout ce temps, lorsqu’il fallut apprendre la triste vérité sur le sort de leur famille, la magicienne les accompagna, en plein milieu de la nuit, sur la plage où les cendres de leurs parents continuaient d’être dispersées par les vents marins.

Seuls au monde, les deux jeunes ogres avaient accepté d’être “ adoptés ” par la magicienne, si toutefois ce terme peut s’avérer adéquate dans cette situation.
Alvynia fut contrainte de quitter, de nuit, la petite chaumière, et le Chéliax. Les deux ogres, bien que jeunes, avaient déjà la taille d’un humain adulte. La chance voulue que la finesse des traits de leurs visages puissent totalement dissimuler leurs origines.
Le chemin de retour vers Celwynvian fut donc, à peu près, calme.

Seule la reine Anastraëlle connaît précisément l’histoire et les liens existants réellement entre la magicienne, Bromard et Garken.

Pour le proche entourage de la reine des elfes, ainsi que toutes les personnes côtoyant les ogres, ils sont les gardes du corps personnels de la magicienne.
Leur adoption par Alvynia remonte maintenant à près de trente ans.

Chaque année, Alvynnia les accompagne sur la fameuse plage, afin qu’ils puissent honorer la mémoire de leurs parents disparus.

Au cours de ces trente ans, les deux jumeaux ont donc eu l’occasion de s’entraîner au maniement des armes avec l’armée des elfes, et avec Astian notamment.
Bromard excelle dans le maniement de sa hache à double tranchant, de la taille d’un être humain.
Quant à Garken, il est “ l’original ” de sa famille, avec son impressionnant boomerang, et sa non moins impressionnante épée d’eau, tous deux d’une taille hors norme…

Ils ont également pu approfondir leurs talents pour la magie des éléments, et notamment deux d’entre eux : l’eau et l’air.
Les recherches entreprises par Alvynia ont permis aux deux ogres de compléter leurs connaissances sur l’héritage de leurs origines, contribuant à améliorer leur maîtrise de leur élément, l’air pour Bromard, et l’eau pour Garken.
Au cours de ces trois décennies, Alvynia et les deux jumeaux ont eu à intervenir en différents points de la frontière du royaume elfe, mais également sur le plateau de Storval.
La ville d’Urglin, justement situé à proximité dudit plateau, garde en mémoire les traces du passage des deux turbulents enfants d’Alvynia, après une simple mission diplomatique.
Quant aux géants ayant eu le malheur de décider, par surprise, de tenter une incursion dans la ville pour en ramener trophées et richesses, aucun de leurs congénères ne saura jamais la triste fin qui a été la leur en ce jour de printemps…


Au petit matin, Farbround avait décidé de mener des investigations plus poussées sur la Tour, Et notamment sur son cellier souterrain.

Sa curiosité avait été piquée à vif lorsqu’il avait découvert des traces de présence, assez récente, d’un petit groupe de nain au second étage de la tour. Aerendir était venu à son aide pour estimer de quand ces traces datées.

Apprendre que cela faisait deux semaines que ce groupe de guerriers nains, d’environ une dizaine d’individus, l’avait encore plus intrigué.
Ses recherches à l’extérieur, encore une fois avec l’aide de la magie d’Aerendir, avait abouti à constater que ce groupe était venu à pied. Par contre, aucune trace n’indiquait que le groupe soit reparti de la Tour.
Aucune trace de cadavre, et les hommes serpent n’étant pas des adeptes de la dégustation des cadavres de leurs ennemis, comme les crosts, une seule hypothèse était donc possible : un passage secret dans la tour.

Ses recherches ne tardèrent pas à être couronnée de succès en découvrant l’entrée d’un souterrain, actionnée par un levier dans le sol de la salle, dissimulé par un tas de gravats.

Aerendir et lui entreprirent d’examiner cette issue. Gour’kok ne tarda pas de les rejoindre.

Farbround : “ Le groupe de nain est bien passé par là. Qu’en pensez-vous magicien ? ”

Aerendir : “ J’en pense que les nains sont des maîtres dans la construction d’ouvrages souterrains. Et que voici un moyen d’échapper aux hommes serpent.”
Gour’kok : “ Et moi j’en pense que les étoiles et le ciel bleu vont me manquer… ”

Farbround : “ Où cela peut il mener ? ”

Aerendir : “ Difficile de le dire… Peut être à la forteresse de Stanz, ou à proximité…Voire jusqu’à la capitale naine…en étant optimiste… ”

Farbround : “ Même si ca pouvait être le cas, les environs de Janderhoff ont connu plusieurs tremblements de terre ces dernières décennies… Je doute que les ouvrages aient résisté aux forces de la nature… ”

Aerendir : “ Je crains que vous n’ayez raison… Il faudra donc se contenter de la première sortie que nous trouverons… Cela nous permettra déjà d’avancer à couvert des sbires de Gnaxlal et Algrion… ”

Tous les trois remontèrent pour rejoindre leurs compagnons.

Zéphyr était à présent totalement rétablie, et surveillait du pas de la porte les environs immédiats. Elle esquissa un sourire au retour du petit groupe.

Glingal était agenouillée à côté d’Elannah, dont le bras droit était soutenu par une écharpe. La prêtresse lui prodiguait ses soins du matin. La jeune demi-elfe était parfaitement consciente et prenait un léger repas.

Gour’kok : “ Dis donc fillette… Si tu cherches à intercepter tous les carreaux des hommes serpent, ils n’en auront bientôt plus… Et après, désarmés qu’ils seront, ce sera moins amusant pour moi de les découper en morceaux… ”

A raison, son bras faisait encore souffrir Elannah à chacun de ses mouvements… Ce qui n’empêcha pas celle-ci de répliquer : “ Dès que je pourrais les convaincre de ne pas balancer leurs projectiles à tout va, je me ferais une joie de satisfaire ce souhait, Gour’kok… ”

C’est Aerendir qui interpella tout le groupe : “ Il est temps de prendre une décision. Nous avons examiné le début du souterrain que nous avons découvert. Il ne sera pas difficile pour nous de pouvoir le parcourir, d’autant qu’un groupe de nain l’a déjà emprunté il y a peu. La mauvaise nouvelle c’est que nous serons contraints d’abandonner nos montures ici, nous serons donc moins mobiles, et la marche qui nous attend risque de vous causer beaucoup de souffrance Elannah… ”

Elannah : “ Il y a des moments où des décisions pénibles doivent être prises. Si vous pensez qu’il est préférable d’emprunter ce souterrain, alors allons-y… ”

Aerendir : “ La seconde option est de poursuivre avec quatre chevaux au lieu de six, notre périple à travers les Monts de l’esprit jusqu’à la capitale naine. Les hommes serpents constituent l’inconvénient majeur de cette solution. Aucun doute sur le fait que Gnaxlal les a envoyé pour nous repérer et nous capturer, voire pire… Ils doivent sillonner l’ensemble de la partie sud des Monts de l’esprit…Nous tomberons sur eux à coup sûr à un moment ou à un autre… Et tout dépendra de notre capacité à les localiser avant qu’eux même ne le fasse…”

Vink’lar : “ Zéphyr pourrait se métamorphoser en Dragon et nous transporter plus rapidement jusqu’à Janderhoff ”

Zéphyr : “ Malheureusement, petit être, la guérison de ma blessure ne me permettra pas de réaliser ce plan, avant au moins 3 jours… ”

Vink’lar : “ Tant pis pour le survol touristique du sud des Monts de l’esprit… ”

Glingal : “ En outre, sachez messire nain, qu’il est difficile pour un dragon de passer inaperçu en plein ciel. Qui plus est lorsque des hommes serpent sont dans le secteur… Leur vue est prodigieuse, et pas qu’en plein jour… ”

Aerendir : “ C’est l’autre point que je voulais aborder… Les hommes serpent ont une vue acérée… Ils nous repérerons à coup sûr avant qu’on nous ne les localisions… de jour, comme de nuit… Pour leur échapper, nous aurons besoin de tous nos talents, et malgré cela, nous n’avons pas la garantie de rester discret. ”
Vink’lar : “ Il semblerait, qu’en définitive, nos chances de succès soient plus importantes sous terre, qu’en plein air… ”

Gour’kok : “ J’aime pas les souterrains… ”

Glingal : “ Etes-vous claustrophobe Gour’kok ? Si telle est le cas, je puis faire disparaître la sensation d’oppression que vous pourriez ressentir… ”

Gour’kok : “ Absolument pas Dame Glingal… C’est juste que Grande Trancheuse sera gêner aux entournures pour décapiter et hacher menu les ennemis qui se dresseront devant nous.. ”

Glingal : “ ah… J’ai bien peur de ne pas avoir de… remède à cette gêne. ”

Gour’kok : “ Vous m’en voyez malheureux… Et Grande Trancheuse aussi… ”

Zéphyr : “ Avec beaucoup de perspicacité, vous pourriez réussir à agrandir la taille du souterrain Cheveyo… ”

Gour’kok : “ Seuls mes ennemis auront l’honneur de goûter au fil de ma Grande Trancheuse… ”

Aerendir : “ Bien… Je crois que la décision est prise. Préparons nous. Farbround, dispersez les montures. ”

Toutes les personnes du petit groupe s’attela à la tâche. Seule Elannah se reposait en attendant que tout le monde soit prêt.
Dés que ce fut le cas, la petite troupe se dirigea vers l’entrée du souterrain.

Avant cela, Farbround et Gour’kok s’étaient occupé d’effacer leurs traces de l’intérieur de la tour.

Aerendir actionna le levier. Le passage s’ouvrit, et chacun pénétra dans le souterrain, Gour’kok en tête.

A l’arrière, Farbround dissimula le levier tel qu’il avait pu l’être, se précipita dans le souterrain, jusqu’avant que celui-ci ne se referme derrière lui.


Le hasard… Encore lui…Décidément, sans lui, l’histoire ne connaîtrait pas les événements qui la composent…
Ainsi, par une soirée de printemps, Bromard et Garken avaient décidé de grimper sur le rempart nord de la ville, pour admirer, au loin, la vue des Montagnes Kodar, teintées de rouge, se dessinant à l’horizon, juste avant que le soleil ne disparaisse.
A ce moment de la narration, il est utile de préciser qu’un peu plus tôt, Alvynia et les deux jumeaux s’étaient présenté au palais du roi des contrées de Storval… Pour leurs hôtes du jour, le roi avait commandé trois sièges incrustés de pierreries, en leur honneur, pour assister au banquet du soir.
Les trois sièges furent amenés, et le roi pu s’extasier devant le travail minutieux réalisé par son artisan-menuisier personnel.
A cet instant, un doute soudain sur la solidité desdits fauteuils traversa l’esprit de la magicienne et des deux ogres… Il eut été inconvenant d’émettre des doutes sur cette solidité.
Tout à son extase, le roi invita donc ses hôtes à s’asseoir à leur place respective, une fois les fauteuils mis en place.
Tous les convives du banquet s’installèrent donc, ou s’empressèrent de le faire, lorsque Garken commença à s’asseoir. Le fauteuil résista à son impressionnante masse…
Poussant un ouf de soulagement intérieur, Alvynia s’assit à son tour, suivit de Bromard…
Malheureusement, son siège ne fut pas aussi résistant… Il se brisa telle une brindille, et Bromard se retrouva cul parterre avant de finalement tomber à la renverse emportant une des deux tables de banquets avec ses pieds, et toute la vaisselle qui s’y trouvait installée.
Alors que la panique se saisit d’une partie des convives, l’autre partie n’eut pas à attendre longtemps pour connaître les effets de l’explosion du siège de Garken…
Ce fut un soulagement, tout relatif, pour Alvynia, de voir Garken, dans son effondrement, éviter d’emmener la seconde table avec lui…
Par contre, l’explosion du siège expédia les pierreries de celui-ci dans toutes les directions, blessant pas moins de dix personnes…

Ainsi, les deux jumeaux se retrouvèrent-ils sur les remparts, près du bastion nord, en quelque sorte expulsés de la salle du banquet.

Tout à leur contemplation de l’horizon, leurs regards aiguisés furent attirés par des mouvements à moins d’une lieue de la porte nord de la cité.
Au gré de leurs déplacements sur le rempart, il n’avait rencontré qu’un unique garde, qu’ils recherchèrent du regard, en vain…
Entre temps, un groupe de vingt géants étaient en train de rapidement se diriger vers l’entrée nord de la ville, dont les portes étaient grandes ouvertes…
Aucun soldat local n’étant en vue, il fut très vite évident qu’ils seraient les seuls défenseurs à intercepter les géants.

Ils leur fallut peu de temps pour pénétrer dans le bastion nord, et trouver la salle de la herse, et tomber sur deux gardes ensommeillés, se levant d’un bond, mais sans arme, à cette bruyante intrusion, la porte d’entrée arrachée de ses gongs…et propulsée à travers la pièce pour s’écraser et réduire en miette le levier et le système retenant la herse, désormais libre de ses mouvements…
La herse descendit donc rapidement…très rapidement… plus que prévu en tous cas… dans la rail de pierre supposée la conduire jusqu’au sol… Or, la herse, à l’issue de sa chute, rebondit violemment sur le sol, dans un vacarme assourdissant…détruisant une bonne partie des pavés de pierre et du sol à son point d’impact…
Puis, elle entrepris une remontée spectaculaire tout en arrachant le rail de pierre de part et d’autre, pour finalement redescendre et s’écrouler de toute sa longueur sur une partie seulement des géants qui accouraient …
Huit géants furent découpés en petits cubes par la chute de la herse…de 15 mètres de hauteur…

Ebranlée par cette chute, ses poutres de soutènement éventrées, la salle de la herse commença à se désagréger lentement, puis à s’écrouler tout court…

Bromard et Garken attrapèrent juste à temps les deux soldats et sortirent aussi vite que possible du piège qui se refermait sur eux.

Ils se retrouvèrent sur le rempart, et c’est là, que Bromard, voyant les géants monter sur la herse pour pénétrer dans la ville, opta pour une attaque élémentaire magique.
Cette attaque, basée sur l’air, aurait dû percuter le pont de pierre, équipé d’un petit pont levis, enjambant les douves.

Or, Garken tenta de retenir son frère, et en agissant de la sorte, l’attaque, réorientée, percuta le soubassement rocheux extérieur sous le bastion nord, dont une grosse partie fut soufflé…
Abandonné par une partie de ses fondations, ce fut tout le bastion Nord qui s’écroula dans les douves, emportant sur son passage, le pont de pierre, le petit pont levis, la herse, les cubes de géants, et finalement les géants…

Si le vacarme de la chute de la herse fut entendu jusqu’à la salle de banquet royale… Amenant les convives à se précipiter vers les fenêtres, que dire de l’effondrement de la totalité du bastion Nord…

Garken : “ Là… Tu y es allé un peu trop fort… ”

Bromard : “ Certes… Mais au moins, personne n’est entré dans la ville…Et puis tu n’es pas sans reproche sur ce coup… ”

Garken : “ Vu la puissance de ton attaque… les géants aurait sauté comme des lardons dans une poêle à frire… ”

Bromard : “ Mmmhhh… Tu n’as peut être pas totalement tort… ”

A la fenêtre du palais royal, le regard d’Alvynia croisa celui du roi…puis sur le ton de l’humour…

Alvynia : “ Je méconnaissais le caractère redoutable de vos tempêtes, sir… ”

Ce fut un coup d’épée dans l’eau pour que la mission diplomatique s’achève sur une note positive… ”



Cela faisait deux jours que la 1ère armée naine était en marche pour rejoindre la forteresse de Stanz.
Mhargott, le Général en chef de ladite armée, avait laissé derrière lui toutes les instructions nécessaires pour organiser la défense de la cité de Janderhoff.
Forte de plus de 8 000 hommes, elle constituait l’essentiel des forces armées du royaume des nains.

Ils atteindraient la forteresse demain dans l’après-midi.

Le général avait enfin eu des nouvelles fraîches de la forteresse, et celles-ci étaient loin d’être réjouissantes…

Ce point névralgique du royaume nain résistait depuis maintenant près de dix jours à une attaque d’importance de troupes composées de créatures noirâtres, de géants des montagnes, sans oublier toutes les armes de siège nécessaires à la faire tomber.

Malgré le surnombre des attaquants, les défenseurs résistaient toujours, mais pour combien de temps…

Le rempart principal d’une hauteur impressionnante, ainsi que les douves tout le long de celui-ci, faciliter la tâche des défenseurs. Le sol rocailleux était un cauchemar pour les sapeurs des attaquants.

Cela dit, au bout de dix jours, et malgré le feu nourri des défenseurs, les sapeurs devraient bientôt avoir comblé, en plusieurs points, les douves profondes. Les tours de siège entreraient donc bientôt en action…
Le dernier message en provenance de la forteresse allait dans ce sens. Il devenait donc fort probable que la 1ère armée naine soit engagée très prochainement dans une bataille au contact direct de l’ennemi, et non plus le dominer des hauteurs du rempart…

Sur le chemin pour atteindre la forteresse, les éclaireurs de l’armée du général étaient tombés sur des mercenaires qui, vraisemblablement, avaient eu pour mission de couper les communications entre la forteresse et Janderhoff. Désormais, leurs cadavres nourrissaient les charognards de cette plaine.


A la mémoire du nombre de mercenaires éliminés, le général était soucieux. Le niveau de planification de l’attaque lui faisait craindre de devoir affronter un adversaire supérieur à ses forces.

De plus, il ne pouvait s’empêcher de faire le lien avec la fuite d’Algrion, deux mois plus tôt, et la découverte de quatre des six grands maître-magiciens nains, assassinés à leur domicile.

Pour secourir la forteresse, Mhargott avait pu emmener avec lui un des deux derniers grands maître-magiciens nains, ainsi qu’une vingtaine d’apprentis.
Les apprentis des grands maîtres étaient des nains compétents, mais ils n’avaient pas encore l’envergure de leurs aînés…

Mhargott n’oubliait pas également une chance qui pouvait très bien ne pas en être une. En effet, la forteresse tenait toujours en respect l’armée qui les attaquait, mais nulle trace d’adeptes de la magie…
A ses yeux, cela apparaissait surprenant. Grâce à la magie, les attaquants auraient pu rapidement détruire la forteresse.
Or, dans les derniers messages qu’il avait reçu, aucun usage de la magie n’avait été repéré depuis le début de l’offensive. Cette absence l’interpellait.
Se pouvait-il qu’une autre armée soit en marche, avec Algrion, et cette ombre noire qui avait été repérée à proximité des domiciles des maître-magiciens nains assassinés…
Et pour quelle destination ?

Le général fût tiré de ses sombres prévisions par Maître Grohar, le maître-magiciens nains qui s’était joint à ses troupes.

Maître Grohar : “ Vous ruminez de bien sombres pensées, Général Mhargott… ”

Marghott : “ A sombres nouvelles, sombres pensées, Maître Grohar ”

Maître Grohar : “ Cessez de vous inquiéter pour une seconde armée en route pour on ne sait où… De là où nous sommes, je puis vous assurer que deux magiciens de l’ombre sont parmi les troupes qui assaillent notre forteresse. Algrion est un des deux… Le second ne peut être que cette mystérieuse ombre noire…Et il y a également autre chose, plusieurs auras magiques de nature bestiale… Je m’interroge sur ces créatures… ”

Marghott : “ J’espère, Maître Grohar que votre objectif n’était pas de me rassurer quant à la menace qui pèse sur nos épaules, et les dangers qui nous attendent. Si tel avait été le cas, sachez que vous avez échoué… ”

Maître Grohar : “ Tel n’était pas mon objectif, Général Mhargott. Voyons les choses du bon côté, toutes les menaces sont regroupées au même endroit.”

Marghott : “ C’est bien ce qui me préoccupe… Désormais… La seconde armée aurait pu se trouver à 500 lieues de là. Au lieu de cela, il n’y en a peut être qu’une, mais qui pourrait en représenter deux… ”

Maître Grohar : “ On peut voir les choses ainsi… Mais peut être y a t il bien deux armées différentes, dont l’une se trouve à une journée de nous, et l’autre à des centaines de lieues… Ou bien la seconde se trouve dans notre dos et est sur le point d’attaquer notre capitale… ”

Marghott faillit en trébucher…avant de reprendre : “ Vous a t on déjà fait remarquer que vous, magiciens, n’aviez pas votre pareil pour accentuer les soucis des pauvres mortels que nous sommes… ”

Maître Grohar : “ Cela doit être vrai puisque vous n’êtes pas le premier à me le dire… ”

Le général marqua un arrêt, pour observer son armée en train de faire route vers la forteresse.
Le magicien continua son chemin, sans prêter attention à la mine déconfite du général, puis se figea.
Cela attisa la curiosité du général.

Marghott : “ Allez vous bien Maître Grohar ? ”
Maître Grohar : “ Je crois, Général, qu’un troisième magicien ne soit entré dans la danse…Et comme vous vouliez que je vous rassure, soyez certain qu’il ne s’agit pas d’un magicien de l’ombre… ”

Puis le grand maître-magiciens nains reprit sa marche, en dépit du regard interrogatif du général Marghott…


Chapitre Quarante et unième :
L’elfe tant attendu par Gnaxlal pénétra dans la tente. Encapuchonné comme il l’était, peu de monde aurait pu déterminer son pays d’origine.

Gnaxlal : “ Ah mon ami Faërendel ! ! ! Je n’attendez plus que vous. Alors, avez vous été satisfait de ma petite troupe de Basilics… ”

Faërendel : “ Plus que je ne saurais le dire, mon cher Gnaxlal. A l’heure actuelle, les archers de ma mère décorent les marais non loin de Kaer Maga… ”

Gnaxlal : “ Je savais que vous apprécieriez cette charmante attention à l’égard des protégés de votre mère… ”

Faërendel : “ Et ils contribueront encore longtemps à semer la terreur dans les cœurs de nos ennemis communs… ”

Gnaxlal : “ C’est une des qualités que j’apprécie chez ces petites bêtes… Une fois qu’elles ont transformé en statues leurs ennemis, ceux-ci ont la chance de pouvoir demeurer encore longtemps sur les lieux de leur trépas, résistant aux éléments naturels.
Et je suis toujours aussi heureux de pouvoir laisser des témoignages de notre merveilleuse bienveillance à l’égard de nos ennemis ! ! ! ”

Faërendel : “ Je ne doute pas que les visages crispés d’horreur des archers de ma mère soit le meilleur des témoignage de cette bienveillance… ”

Gnaxlal : “ Bien…A présent, nous pouvons à juste titre considérer qu’il n’y a plus aucune armée elfe dans les environs immédiats des Monts de l’Esprit. ”

Faërendel : “C’est tout à fait exact. Nous allons pouvoir nous atteler à la difficile tâche d’éradiquer de la surface de Golarion ces lamentables nains ! ! ! ”

Gnaxlal : “ ah, ah, ah… Je n’aurais pas mieux dit mon ami… ”

C’est à ce moment qu’Algrion rentra dans la tente à son tour…

Algrion : “ Je vois que l’humeur est bien bonne dans cette tente. Tu seras encore plus satisfait d’apprendre, mon aimé, que l’armée naine est en mouvement. Elle ne tardera pas à rejoindre la forteresse de Stanz… ”

Gnaxlal : “ Et bien voilà qui me remplit de bonheur ma douce… Nous allons pouvoir les écraser tels les cafards qu’ils sont…

Algrion : “ Dois-je transmettre les ordres convenus à Yarjak ? ”

Gnaxlal : “ Tout à fait ma douce… ”

Algrion ressortit…

Faërendel : “Puis je m’enquérir de ce qui se trame ? ”

Gnaxlal : “ Mais bien sûr, mon ami… Lorsque nous avons atteint la forteresse, j’ai eu le regret de constater que mon général n’avait pas encore réussi à la prendre… après une semaine de combat…malgré tous les efforts déployés… Aux yeux de mon général…pas des miens… J’ai donc dû réorganiser notre… armée… N’avez-vous pas trouvé que la petite tête au sommet de ma tente égaye un peu ce camp ? ”

Faërendel, un peu palissant : “Euh… je crains de n’avoir pas observé aussi attentivement qu’il aurait fallu votre tente, je m’en rends compte à présent… ”

Gnaxlal : “ Ne soyez pas désolé… Cette tête n’est là que pour motiver le tas d’incapables dont je suis entouré… Et si vous êtes encore réveillé à une heure tardive de la nuit, vous pourrez même l’entendre hurler toute la douleur que ce général a pu ressentir lorsque je l’ai privé de son corps… ”

Faërendel, ayant perdu sa sérénité : “Euuhhh… Vous… Vous savez vraiment comment tirer le maximum de vos subordonnés, votre Grandeur… ”

Gnaxlal : “ Je ne vous le fais pas dire ! ! ! Et vous voulez connaître l’ironie du sort ? ”

Faërendel : “Si vous le permettez seulement. ”

Gnaxlal : “ Mais, je le permets, je le permets… Figurez-vous que dans son incompétence totale, mon général m’a permis de planifier un piège encore plus machiavélique que je ne prévoyais pas à l’origine.
Voyez-vous, j’escomptais que la forteresse de Stanz soit réduite en cendre à mon arrivée. Comme vous le savez, ca n’a pas été le cas…
Une fois ma colère dissipée, mes réflexions et mon intelligence m’ont conduit à considérer qu’il serait préférable que ces nains croient qu’ils aient résisté à mes armées, et que des renforts leur soient envoyés.
Mes informateurs m’ont indiqué que le général Marghott faisait mouvement vers la forteresse avec plus de 8 000 de ses congénères…
En attendant leur arrivée, et pendant tout ce laps de temps :
- mes sapeurs ont pu combler les maudites douves de ces petites créatures barbues
- vous êtes arrivés avec mes basilics
- mes tours de siège n’attendent plus que de fondre sur ces moucherons…
- enfin, et j’ai gardé le meilleur pour la fin, nous pourrons compter sur Yarjak… ”


Faërendel : “Et… Qui est Yarjak ? ”

Gnaxlal : “Oh, mon ami, je vous en laisse la surprise… Mais je peux vous garantir que le voir dans ses œuvres, vous réchauffera le cœur… Et celui des nains également…”



Après le retour des jumeaux de leur exploration du monastère, Alvynia eut quelques émotions lorsqu’elle repéra la trace de l’aura d’un puissant magicien de l’ombre.
Elle avait eu vent de l’évasion d’Algrion des geôles de la capitale naine. Toutefois, l’aura qu’elle avait détecté provenait d’une autre personne.
A ce moment là, elle fut heureuse d’avoir utilisé ses pouvoirs magiques pour créer le portail, de sorte que sa propre aura devait être invisible, provisoirement, à celui dont elle avait repéré les traces.
Il ne lui fallut que peu de temps pour détecter la présence de deux magiciens de l’ombre plus au sud de leur position. A en juger la distance, ils devaient se situer vers la forteresse de Stanz… “ Encore une mauvaise nouvelle ” se dit elle à elle-même. Cela ne pouvait signifier qu’une chose. La forteresse naine était attaquée.

Après ses émotions, et gardant en mémoire les horreurs perpétrées au monastère par leurs ennemis, Alvynia s’était réjouie d’apprendre que Bromard avait localisé des traces en direction du col de l’âme perdue.
L’ogre des tempêtes avait visiblement réussi là où un nombre impressionnant de pisteurs crosts avaient échoué.

Pour cela, il lui avait fallu sillonner la forêt, repérer les traces de six cavaliers au moins, les perdre, puis les retrouver, dissimuler de brillante manière qu’elle étaient.

Sa recherche avait été grandement facilité par la présence d’un dragon dans le groupe de cavalier. Une capacité aussi étonnante qu’ancestrale pour ses jumeaux.
Car, comme chacun ne le sait pas, la haine que se voue les ogres et les dragons, n’a d’égal que celle que les elfes et les nains peuvent avoir les uns pour les autres.

Alvynia s’était immédiatement rappelée de Zéphyr, la jeune fille douée de Thérianthropie, qu’Aerendir avait aidé dans l’Irisen.
Sachant qu’Aerendir faisait partie de l’escorte de Glingal, il devenait évident que la prêtresse avait échappé à ses poursuivants.

Dés que ces traces furent repérées, le groupe se mit en route. Le facteur temps était très important.
Il fallait retrouver Glingal avant que la totalité des pouvoirs d’Alvynia ne lui revienne, et que ces magiciens de l’ombre ne détecte son aura magique.

Désormais, ils étaient en vue de la tour défendant le col des âmes perdues.

A la vitesse qui était la leur, ils ne tardèrent pas à l’atteindre. Bromard et Garken étaient partis en éclaireur, sans trouver d’obstacle majeur.

Lorsqu’Alvynia et son escorte arrivèrent, la magicienne constata que ses jumeaux avaient dû avoir une discussion “ musclée ” avec un groupe d’hommes serpent…

Bromard : “ On leur a bien demander de se rendre… mais la seule chose qui les intéressait , c’était de nous balancer leurs petits bouts de bois… ”

Alvynia : “ Cela s’appelle des carreaux d’arbalète, Bromard… ”

Bromard : “ Je le sais bien… Mais eux ne connaissaient notre capacité de nuisance … ”

La magicienne promenait son regard sur le lieu de la rencontre... Une bonne dizaine d’hommes serpent avaient été coupée en deux, sans doute par le boomerang de Garken, quelques uns par la hache de Bromard… Une autre dizaine avaient dû être démembrés par le souffle magique d’air invoqué par Bromard… trois étaient écrasés, telle des mouches, sur les parois de la tour…
Enfin, un autre… avait dû tenter de faire l’autruche juste avant sa dernière heure….droit comme un i, dans un tas de terre.

Alvynia : “ Je remarque que la tour est intacte… Dois je en déduire que ta maîtrise des éléments s’améliore ? ”

Garken : “ Je ne crois pas que sa maîtrise s’améliore… Il n’y a que les ponts et les bastions à faire de jolis tas de pierre… N’est-ce-pas Bromard ? ”

Bromard : “ Cette fois-ci, tu n’as pas touché mon coude… Donc… ”

Alvynia : “ Donc pas de démolition de masse… ”

Bromard, un peu grognon : “ Oouuuaaais… ”

Alvynia : “ Quelqu’un à qui soutirer des informations ? ”

Bromard : “ Y a plein de corps…”

Garken : “ Vivant, tu veux dire ? ”

Astian : “ C’est préférable… C’est plus facile aussi pour pouvoir parler… ”

Alvynia : “ Je le vois bien qu’il y a plein de corps, Bromard… Et oui, j’en veux un…vivant, Garken… ”

Garken : “ Bon, alors y en a un qui a pénétré dans la tour en poussant des sifflements de terreur, et en laissant la trace de son urine tout le long, après s’être oublié… Ca devait être leur chef… ”
Astian, descendant de sa monture : “ Etait-il armé ?”

Bromard : “ Avant… oui… Mais après mon souffle, il s’est retrouvé nu comme un ver et complètement désarmé…Il doit bien lui restait une écaille…ou deux… ”

Alvynia lui jeta un regard noir…

Bromard : “ Vu à quelle vitesse il a détalé, il est forcément encore vivant… mais pas Indemne… Ca… C’est une autre histoire… ”

Garken : “ Et vu les cris qu’il poussait, il doit être encore doté de la parole ! ! ! ”

Sur ce, Astian et deux archers pénétrèrent dans la tour, et en sortir un homme serpent passé du vert… au rouge écrevisse…qu’ils jetèrent aux pieds de la magicienne.
 

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CHAPITRE 5
Cela faisait deux jours qu’ils avançaient dans les souterrains, depuis la tour. Elannah se remettait doucement de sa blessure. La progression du groupe était lente.

Le souterrain s’élargissait, puis se rétrécissait au gré de la solidité des couches minérales rencontrées par les architectes de ces tunnels.

A plusieurs reprises ils étaient tombés sur des sources d’eau fraîche. Tout au long de ce périple, Farbround avait continué de partir en éclaireur, et suivi les traces du groupe de nains.

Aucune mauvaise rencontre n’avait interrompu leur marche.

Mais, à cet instant, la mine de Farbround était sombre.

Glingal : “ Qu’avez vous trouvé ? ”

Farbround : “ Quatre cadavres de nains à un quart de lieue d’ici… ”

Aerendir : “ De quoi ont ils été les victimes ? ”

Zéphyr : “ D’araignées Eclipsantes… ”

Tous les regards se tournèrent vers la jeune fille.

Farbround : “J’aurais pu vous dire qu’il s’agissait d’araignées…Mais, je ne connais pas ce type de créatures arachnéennes. ”

Zéphyr : “ Pour les connaître, il aurait fallu que vous en rencontriez précédemment… ”

Aerendir : “ Comment es tu parvenue à cette conclusion ? ”

Zéphyr : “ Aux traces de leurs excréments… Ils sont légèrement fluorescents… Un effet secondaire de leur capacité à se téléporter d’un point à un autre… au plus sur six à huit mètres ”

Vink’lar : “ Et comment les avez vous combattu ? ”

Zéphyr : “ Je ne les ai pas combattu… J’ai opéré un repli, le lieu était trop exiguë, ca leur offrait un avantage beaucoup trop important… ”
Glingal : “ Nous n’avons pas le choix… Nous devons continuer… A votre avis, la sortie est elle loin, Farbround ? ”

Farbround : “Je ne peux en avoir la certitude. Je dirais que l’on se rapproche d’une entrée d’air, mais il peut s’agir d’une conséquence du système d’aération mis en place par les concepteurs de ces tunnels… ”

Zéphyr : “ Les araignées harcèlent leurs victimes, jusqu’à la dernière. Je pense qu’elles ont poursuivi le groupe de nains jusqu’à ce qu’elles en aient fini avec eux, et qu’ils atterrissent dans le garde manger. ”

Farbround : “LKes cadavres, bien qu’emmaillotés dans du fil d’araignée sont toujours là… ”

Zéphyr : “ Ca peut vouloir dire que les araignées n’en ont pas fini avec le groupe de nains… ”

Vink’lar : “ Ou qu’elles nous attendent pour qu’on soit leur dessert… ”

Gour’kok : “ Bon… on va pas tergiverser pour des petites bêtes… ”

Zéphyr : “ Ai-je oublié de vous dire que ces petites bêtes avaient une envergure de près d’un mètre, Cheveyo… ”

Gour’kok : “ Bon…Un peu plus grosse alors…

Le groupe décida donc de poursuivre son chemin.

Après avoir dépassé les quatre cadavres découverts par Farbround, Zéphyr suggéra de progresser en étant le plus près les uns des autres, de sorte d’empêcher une araignée de se téléporter entre eux.

Ce jour là, la journée leur parut longue. Plusieurs autres cadavres de nains furent dénombrés, mais aucune araignée à l’horizon.

Malgré que la nuit soit certainement tombée au dehors, tous les membres du groupe décidèrent de poursuivre leur route. Même Elannah insista dans ce sens, malgré sa fatigue.

Le décompte macabre en était à quatorze cadavres, lorsque ils pénétrèrent dans une cavité plus grosse que les autres. Au milieu de celle-ci, une petite bâtisse, transformée en un petit fortin par les défenseur, résistait encore aux assauts de six araignées eclipsantes…


Le général Marghott avait de la peine de croire ce à quoi il assistait.

Bien que se défendant avec vaillance, les nains de son armée étaient en train, suivant le lieu du champs de bataille, soit d’être rôtis comme des poulets, soit être transformés en statue, soit pulvérisés par les sort de ce mystérieux mage noir, ou encore écrasés par les géants des montagnes…

Les lignes naines avaient été rapidement disloquées par la vague d’ennemis qui s’était élancé sur les rempart à partir des tours de siège.

Le grand maître Grohar avaient été gobé par le dragon noir qui survolait le champs de bataille.

L’élimination par le magicien d’une bonne moitié des Basilics constituait la seule note d’optimisme dans cette bataille.
Tous les apprentis qui avaient accompagné le général avaient succombé depuis belle lurette…non sans infliger d’importantes pertes à l’ennemi, autre note d’optimisme.

Mais désormais, il était clair que la bataille tournait à l’avantage de l’ennemi…Et certainement de manière définitive.

Hier dans l’après-midi, le général avait été heureux de parvenir à la forteresse avant que l’ennemi ne lance son assaut avec ses tours de siège.
Marghott avait alors eu tout le temps nécessaire, pensait-il, d’organiser la défense pour résister à cet assaut. Peine perdue…

Il entendit, alors, une voix féminine prononcer “ Alors pauvre Général… On se sent seul ? ”
Ce furent les derniers mots que cet illustre général connut de son vivant… Il ressentit une dernière douleur dans l’ensemble de son corps, puis celui-ci explosa littéralement suite à un sort de la magicienne de l’ombre Algrion…

Algrion : “ De véritables cafards, ces nains… Nous les écraserons tous de la même manière… ”

Le sourire de l’elfe aux côtés d’Algrion était radieux. Il contemplait l’anéantissement de l’armée naine. Bientôt la cité de Janderhoff subirait le même sort, et pour lui il n’y avait pas meilleure perspective d’avenir…


Garken : “ Formidable… Cette visite des grottes naines… ”

Le dernier homme serpent, à force de persuasion, avait révélé tout ce qu’il savait, et même plus…

Ses congénères avaient trouvé un passage souterrain dans la tour. Une dizaine d’homme serpent avaient été envoyés pour traquer les fuyards voulus par Gnaxlal…

A l’évocation de ce nom, Alvynia eut de sombres frissons.
Le retour de ce sinistre magicien changeait complètement la donne. En imbriquant l’ensemble des événements, il devenait désormais évident que ce scélérat avait organisé avec minutie son retour. Nul doute également qu’il disposât d’une armée significative pour le soutenir dans ses plans.

Le seul point rassurant, que Glingal soit encore vivante et libre.

Et aussi que le prince soit en route vers Janderhoff avec une armée elfe.

Alvynia : “ Arrêtes de te plaindre… Ca pourrait être pire… ”

Bromard : “ Maintenant que l’on a éliminé les hommes serpents… Les tunnels sont un peu monotones… ”

Astian : “ Une chance que la grotte ne nous soit pas tombée sur la tête par la même occasion… ”

Garken : “ Tu exagères toujours, Astian… ”

Astian : “Une fois que tous ces événements seront terminés, tu devrais te recycler en guide de grottes naines. Je pense que voir des Stalagmites fichées au plafond… Et des stalactites plantées dans le sol, agrémenté de quelques hommes serpents incrustés sur les parois pour les éviter…dans une dernière tentative pour survivre à ta “ discussion ”… Ca serait très attractif.”

Alvynia : “ L’utilisation de certains mots de pouvoir peut avoir des conséquences imprévues, Garken… ”

Garken : “ Ma langue a fourché… C’est pas ma faute… Et puis s’ils avaient parlaient normalement sans zozoter, peut être qu’ils n’en seraient pas là… Ils ont perturbé ma concentration, et ca a déformé mes paroles…”

Alvynia : “ Ils auront beaucoup de mal à nous dire ce qu’ils pouvaient savoir… Je t’avais pourtant demandé de seulement les neutraliser, en douceur… ”

Garken : “ Mais c’était bien mon intention ! ! ! Avant de zozoter, moi aussi… ”

Bromard : “ Pour le coup, ils ont eu leur compte de bains pour un milliers de vies… S’ils se réincarnent un jour, et s’ils ont le choix, ce sera certainement pas en poisson… ils seront forcément allergiques à l’eau…”

Garken : “ Bon… Ca va… Dois je te rappeler tes exploits ! ! ! ? ? ? ”

Bromard : “ Si tu sous-entends que les bastions ont peut être des problèmes à demeurer intacts lorsque je suis à proximité, c’est vraiment minable… Par contre c’est grandiose de recréer les cascades de Jdjeken, deux cent mètres sous terre, et dans un tunnel pas plus large qu’un éléphant… ”

Alvynia : “ Ca suffit vous deux… La grotte ne s’est pas effondrée, que je sache ! ! ! Et on a survécu à ta maladresse verbale… ”

Astian : “Nous… Peut être… Mais ceux ou celles qui se trouvent en amont de ce tunnel vont avoir une surprise décoiffante à un moment ou à un autre… ”

Garken : “ J’ai peut être un peu trop amplifier ma “ neutralisation ”, mais faut pas pousser trop le bouchon… Mon attaque a dû s’épuiser au bout de quelques minutes… ”

Alvynia : “ Je serais d’accord avec toi si les lieux avaient une configuration différente. Mais si tu tends un peu l’oreille, tu constateras que les sons qui émanent de devant nous confirment que ton sort est toujours actif, et qu’il est en train de nettoyer ces galeries depuis maintenant deux bonnes heures ! ! ! ”
Garken : “ J’ai toujours été soucieux d’être très consciencieux dans les tâches que je réalise… ”

Astian : “C’est clair que les nains te seront reconnaissants d’avoir lustré leurs souterrains…Si toutefois ils parviennent à les reconnaître… ”

Alvynia : “ Heureusement que lorsque vous faites appel aux éléments, vous êtes indécelables pour les sens des magiciens, qu’ils soient de l’ombre ou de notre côté, parce que dans le cas contraire, tous les magiciens de la planète sauraient où l’on se trouve ! ! ! ”


Dans la cavité, les nains retranchés dans la petite bâtisse résistaient encore à l’assaut de cinq araignées, pendant qu’une sixième restait en retrait, une dizaine de mètres en arrière.

Le tunnel, d’où la petite troupe avait émergé, donnait sur une petite plate forme avec des stalagmites sur la droite. A gauche, une pente douce constituée d’éboulis, descendait jusqu’au fond de la cavité.
Face à eux, un petit sentier descendait jusqu’à la bâtisse.

Une fois qu’il fut décidé de la stratégie à adopter pour éliminer les araignées éclipsantes, chacun gagna la place qui lui avait été attribuée.

Gour’kok et Vink’lar allèrent s’abriter derrière les premiers stalagmites à leur droite.

Farbround s’approcha le plus possible de la petite bâtisse, et se dissimula derrière un monticule d’éboulis de pierre. Une fois qu’il eut sorti son arbalète, il l’arma aussi délicatement que silencieusement.

Glingal, Elannah et Aerendir lui emboîtèrent le pas.
Puis, pendant que Farbround se positionnait pour les couvrir, au cas où, ils quittèrent le chemin pour descendre dans une zone de gravats, et se dissimuler derrière de gros stalagmites après avoir effectué une sorte d’arc de cercle par rapport à la bâtisse.
Aerendir avait commencé à incanter un sort.

De son côté, Zéphyr s’était dirigée, en descendant la pente douce avec grâce, vers la partie sud-est de la cavité, la partie la plus large après celle où se situait la petite bâtisse,
Là, elle pourrait se transformer en dragon.

Enfin, c’est Elannah qui donnerait le signal de départ pour l’attaque, en incantant de son côté un sort pour emprisonner les pattes de l’arachnide la plus en retrait dans des langues de pierre grâce à sa magie constructive.
La panique s’emparant de la créature cherchant à se libérer devrait amener les cinq autres à focaliser leur attention sur leur compagne. En outre, ce sort était aussi destinée à l’empêcher de s’éclipser .
Cette stratégie devrait fournir les instants nécessaires pour conduire victorieusement cet assaut.


Juste avant que l’assaut ne débute, Gour’kok demanda doucement à son voisin et ami : “ Tu n’entends pas une sorte de tremblement , Vink’lar? ? ? ”

Vink’lar : “ Elannah a commencé à incanter… Je m’intéresserai à la géologie juste après qu’on ait éliminé les araignées, Gour’kok, si tu le veux bien… ”

Et effectivement, les premières réactions frénétiques de l’arachnide ciblée, cherchant à libérer ses pattes, ne tardèrent pas à devenir évidentes…Ces réactions furent rapidement suivi de la panique totale de la créature cherchant désespérément à s’éclipser, mais n’y parvenant pas.
Enfin, des cris stridents emplirent la cavité, et ceux-ci eurent l’effet qui était envisagé.

Pendant que deux araignées poursuivaient leur assaut sur la petite bâtisse, trois de leurs compagnes se dirigèrent vers celle dont les pattes étaient désormais littéralement emprisonnées par la pierre.
C’est à ce moment, alors que ces trois araignées étaient quasiment arrivées près de leur compagne entravée, que le sort d’Aerendir s’abattit sur elles. Une énorme boule de feu, sortant du sol, faisant penser à un volcan en éruption, les réduisit en cendre quasiment instantanément. L’onde de choc qui en suivit, libéra partiellement celle qui était emprisonnée par la pierre, tout en la grillant sur une bonne partie de son corps, mais sans la conduire de vie à trépas.

En parfaite coordination, Zéphyr, sous sa forme de dragon, grilla à son tour, lors de son premier passage, l’une des deux araignées qui continuaient leur assaut sur la bâtisse.
La survie de la seconde ne dura que l’espace du vol des deux carreaux de Farbround qui venait de les expédier depuis sa position. Les deux projectiles firent mouche, scellant définitivement le sort de l’arachnide.

Abandonnant derrière elle, deux de ses pattes entravées par la pierre, la dernière araignées, moitié grillée, mais toujours vivante, détala aussi vite qu’il lui était possible vers le tunnel d’où elle avait surgi.
L’attaque l’ayant certainement diminué, c’est à l’aide de ces pattes qu’elle avançait sans s’éclipser…

Lorsque l’araignée se retrouva à proximité de l’entrée du tunnel, Vink’lar sauta de derrière les stalagmites qui le dissimulaient et se campa avec sa hache devant la créature.
Alors qu’il commençait son mouvement d’attaque, Vink’lar fut promptement bousculé par Gour’kok…

Vink’lar : “ Non d’un … ”

Et les deux compères, dans l’instant qui suivi, dégringolaient, en roulé boulé, la petite pente constituée d’éboulis qui se terminait au fond de la cavité.

L’espace d’un battement de cœur, toute la cavité fut envahie d’un énorme bourdonnement.

Du tunnel, venait de surgir une langue d’eau qui venait de déchiqueter l’araignée…sans qu’elle puisse esquisser un quelconque mouvement, et tous les stalagmites environnants.

Après avoir heurté le plafond de la cavité, la langue d’eau venait de se transformer en une grosse pluie orageuse d’été, mouillant toute la cavité, voire plus…

Quelques instants après, au bas de la pente :
Vink’lar dévisageant l’embouchure du tunnel plus haut : “ Qu’est ce que c’était que çà ? ? ? ”

Gour’kok se relevant : “ Une douche expresse à nain…ou à araignée… au choix… ”

Tandis qu’à l’autre bout de la cavité :
Aerendir : “ Cette magie me rappelle quelque chose… ”


Alvynia, Garken et Bromard émergèrent dans la grande cavité.

Astian et ses archers étaient partis en reconnaissance.

Astian les avait fait prévenir qu’il avait retrouvé Aerendir et Glingal, ainsi qu’une troupe de guerriers nains, un groupe d’aventuriers et enfin Zéphyr.
Tout le monde attendaient à présent, hormis Astian et ses archers, près d’une bâtisse au fond de cette grotte.

L’état de la bâtisse, ainsi que diverses traces, laissaient à penser qu’un combat s’était récemment déroulé ici.

Bien sûr, il y avait aussi les traces de l’attaque magique de Bromard… L’atmosphère en était encore imprégnée, au point de se croire en plein marais du Mush par une fraîche soirée d’automne.

Puis, tous les trois descendirent vers le fond de la cavité, non sans qu’Alvynia ait put, avant sa descente, s’empêcher de remarquer cinq sortes de bâtonnets émergents du sol à ses pieds.
Une fois arrivée devant le groupe qui les attendait au fond de la cavité, Alvynia déclara : “ Je suis heureuse de vous retrouver saine et sauve Glingal, même si c’est au plus profond des souterrains nains. ”

Glingal : “ C’est aussi une joie immense de vous retrouver Dame Alvynia. On peut dire que les événements qui se sont succédés depuis maintenant un bon mois, n’ont certainement pas accélérés nos retrouvailles, et dramatiquement modifiés le lieu de celles-ci. ”

Aerendir : “ Il y a effectivement lieu de reconnaître que nos plans initiaux ont été complètement chamboulés… ”

Glingal : “ Peut être… Mais nous avons surtout sous-estimé notre ennemi… La destruction de notre contingent au monastère en est la sinistre confirmation… ”

Un silence pesant s’installa. Alvynia fut la première à le briser :
“ Nous avons subi d’importantes pertes, mais l’essentiel est que vous soyez en vie, et pas aux mains de ces mages de l’Ombre… Quant à avoir sous estimé notre ennemi, nous devons le reconnaître aussi… ”

Glingal : “ Nous prendrons le temps d’approfondir tout cela un peu plus tard… Avant tout, permettez moi de vous présenter les perturbateurs des plans de Gnaxlal…
Sans eux, nous n’en serions pas là. Et ce sinistre magicien savourerait certainement sa victoire à l’heure actuelle… Voici Vinkl’ar, nain de son état, maître en art de la guerre, un peu bourru… mais très cultivé.

Vinkl’ar : “ Dame Alvynia, je suis ravi de vous rencontrer. Depuis quelques temps, j’ai le plaisir d’étoffer la liste de mes connaissances exceptionnelles. ”

Alvynia : “ Le plaisir est partagé, croyez le bien… même si je déplore les circonstances de notre rencontre. ”

Glingal : “ Voici Elannah, demi-elfe et magicienne talentueuse. ”

Elannah, inclinant sa tête pour un salut respectueux : “ C’est pour moi un honneur de faire votre connaissance. ”

Alvynia : “ Pour moi également jeune magicienne. ”

Glingal : “ Et voici, Farbround, redoutable éclaireur et pisteur hors norme ”

Farbround : “ Mes respects, Dame Alvynia. ”

Alvynia : “Mes respects également, jeune gnome. ”

Glingal : “Enfin voici…et bien, Gourkok…Que je définirais comme le cauchemar de chairs et de sang des soldats de Gnaxlal… ”

Gourkok : “ Ainsi que bon vivant et humoriste de la bande, à ses heures… ”

Alvynia : “ Voici qui me réjouit, jeune Demi-orc… ”

Glingal : “Grâce à leurs exploits, ces jeunes aventuriers doivent peupler les rêves de réussite de Gnaxlal et Algrion, et les transformer en amères désillusion… ”

Alvynia s’adressant à tous les quatre: “C’est une certitude… Les hommes serpents que nous avons interceptés avaient ordre de tous vous éliminer… Et de ramener votre corps jeune, Elannah… Voici qui dénote d’un certain intérêt pour vous de cet esprit fou de Gnaxal… ”

Elannah fut un peu chamboulée de l’apprendre.

Alvynia : “ Ne vous inquiétez pas… J’escompte bien vous enseigner des sorts qui vous permettront de mettre en échec ces volontés insensées d’un grand malade ! ! ! ”
Poursuivant sur sa lancée, Glingal désigna la jeune fille : “Je ne vous présenterai pas Zéphyr…

Alvynia : “Ce sera inutile en effet... C’est grâce à sa présence que nous sommes parvenus jusqu’à vous. ”

Zéphyr : “ Vous m’en voyez fort mécontente… Ce n’est pas forcément un plaisir de me retrouver face à vos jumeaux… ”

Alvynia : “Et croyez bien que je le regrette aussi… Mais les circonstances dictent bien plus souvent les actions de chacun plutôt que leurs souhaits… ”

Bromard : “ Notre déplaisir est partagé… hein frérot ? ”

Garken : “ Et plutôt deux fois qu’une, d’ailleurs ! ! ! ”

Zéphyr : “ Nous voici donc trois à être d’accord sur notre déplaisir… ”

Glingal : “Bien… Maintenant que le déplaisir de certain est connu, je me permets de vous présenter un groupe de guerriers nains… ”
Le groupe était composé de sept guerrier nains. Leur commandant, Ynéris, une naine, commandait ce qui restait d’une escouade de vingt cinq individus. Ils avaient eu pour mission de partir en reconnaissance pour évaluer la menace des hommes serpents.
Ils avaient atteint sans difficulté, et sans rencontrer une quelconque menace, la tour située au col de l’Ame perdue.
C’est à ce moment que les choses s’étaient fortement compliqués.
Les hommes serpent étaient sortis de toutes part autour d’eux.
L’escouade s’était réfugié dans la tour. Les nains avait éliminé sans peine les quatre hommes serpents qui les y attendaient à l’intérieur.
Puis comprenant, à la vu du nombre d’hommes serpent présents à l’extérieur, qu’ils avaient étaient suivi sans le réaliser, depuis un certain temps, Ynéris avait pris la décision d’emprunter le réseau souterrain bien qu’il ne fut plus utilisé depuis plusieurs décennies…
Ce subterfuge leur avait permis d’éviter un combat perdu d’avance avec la mort comme conséquence.
La joie d’avoir évité une telle issue fut de courte durée. La rencontre avec les araignées éclipsantes sonna le glas des espoirs de l’escouade de sortir dans son ensemble saine et sauve de ces souterrains.

Glingal : “ Ils étaient acculés par des araignées éclipsantes. Nous leur avons porté assistance en éliminant leurs assaillantes. ”
Se retournant vers Alvynia, “ La magie de Bromard s’est chargé d’éliminer la dernière… ”

Gourkok : “ Il est certain qu’elle aura du mal à se remettre de cette douche… ”

Alvynia, se remémora ce qu’elle avait remarqué et pris pour des bâtonnets fichés dans le sol, en haut de la cavité : “Croyez le ou non, il est tout à fait involontaire que les effets de ce sorts aient pu parvenir jusqu’ici… ”

Bromard : “ Défaut de prononciation oblige… ”

Alvynia adressa un regard noir à l’ogre : “Remercions les dieux que Glingal n’ait pas eu à subir ce sort ! ! ! ”

Aerendir : “ Le hasard a voulu que les événements nous soient favorables. Louons les dieux de cette réussite. Bien, à présent, il est temps de discuter de la situation. ” S’adressant à tous les présents : “ Veuillez nous excuser mes amis, nous avons à parler et à planifier. ”

Alvynia, Glingal et Aerendir prirent congé et s’isolèrent dans la petite bâtisse.

Astian avait réparti ses archers comme sentinelles dans toute la cavité. Il revint au moment où les trois magiciens et prêtres rentraient dans la bâtisse.

Gourkok : “Bon… C’est pas tout çà, mais va peut être falloir penser au dîner ! ! ! ”
Le demi-orc prit la direction du petit feu qui flambaient à une dizaine de pas de là.

Il fut bientôt suivi par Vink’lar, Farbround et la petite troupe de nains.

Elannah accueillit Astian, qui commença à discuter avec la demi-elfe.


Anastraëlle observait de son balcon la cité de Celwynvian, le regard sur la ligne d’horizon.

Entourée de la forêt de Miérani, la cité des Elfes semblait sereine et imperturbable aux effets de l’écoulement du temps.
Pourtant, la reine des Elfes savait que son peuple repoussait sans cesse les assauts des drows… et ceci à moins de 5 lieues de son point de vue.
Jusqu’à présent les armées des elfes avaient été victorieuses, repoussant dans les profondeurs de la balafre de Mormegil, tous les soldats, commandants, lieutenants, et autres généraux de ces lointains cousins des elfes qu’étaient les drows…
Car telle était la sinistre vérité. Elfes et drows avaient une histoire commune… remontant à de très nombreux siècles, une éternité pour un homme, à peine une vie ou deux, pour un elfe.
La chute d’une étoile (dans les textes des érudits), une météorite plus probablement, avait était l’élément déclencheur de la naissance de cette ‘déviation’ morphologique chez les elfes.

Ainsi, pour éviter de périr avec la chute de ce corps céleste, les elfes s’étaient rassemblé à Celwynvian.
Là, une partie des elfes avaient créé un portail dimensionnel à destination d’une planète accueillante pour les héberger.
L’autre partie avait décidé de descendre dans les profondeurs de la planète Golarion… de plus en plus profond… jusqu’au moment où la surface de la planète connu l’enfer de la chute de ce corps céleste.
C’était un temps où les nains habités également dans les profondeurs de Golarion, et ne connaissaient pas les elfes, pas encore…
Par contre, les nains étaient les voisins souterrains des orcs. Non contents d’être leurs voisins, ils étaient également leurs pires ennemis. Ce qui valait pour les nains, valait aussi pour les orcs.
Quant aux hommes… Ils étaient encore loin de pouvoir être qualifiés de civilisés…

La chute de ce corps céleste bouleversa la surface de Golarion, mais également ses profondeurs.
Les elfes qui s’étaient réfugiés dans les profondeurs furent atteints d’un mal foudroyant et inconnu de leur longue expérience.
Tout ceux, dont le cœur était chargé de rancœur, de violence, de jalousie se transformèrent très rapidement en drows, des êtres à la peau sombre, mais à la morphologie elfe.
Telle une peste, cette mutation se généralisa et transforma tous les elfes qui n’avaient pas encore été atteint par ce mal.
Les seuls qui ne connurent pas cette métamorphose ne vécurent pas bien longtemps, exécutés par leurs propres parents ou amis devenus drows.
Cette grande métamorphose ne dura que l’espace d’un battement de paupière pour un elfe, ou un drow, désormais…

Quelques siècles passèrent… Pendant que les drows s’organisaient en civilisation dans les profondeurs de Golarion, les survivants de la surface, les hommes, commencèrent eux aussi à faire évoluer leur société, et purent bientôt être qualifiés de civilisés.
Quelques temps encore, et les orcs furent les premiers à émerger à la surface. Bien entendu , ils rencontrèrent les hommes et des conflits sanglants en résultèrent.
Bientôt les nains aussi découvrirent la surface. C’est alors que les nains et les hommes forgèrent une alliance qui permis de repousser les orcs vers des latitudes plus extrêmes.
Ce conflit n’a pas connu de trêve, et personne ne peut dire qu’il est terminé. Les rares batailles qui ont encore lieu sont très loin de l’intensité que ce conflit a pu connaître au pire de ses heures.
Deux millénaires passèrent, et les elfes qui avaient quitté Golarion, revinrent de la planète qui les avait abriter du cataclysme.
Ils découvrirent un monde totalement différent.
Ils avaient quitté un monde où les hommes se terraient dans des trous face aux dangers qu’ils rencontraient. Désormais, ceux-ci avaient construit des villages, des villes, des cités à l’architecture soignée. Ils étaient organisés en provinces, en nations ou en empire.
Leur retour permit aux elfes de faire la connaissance des nains…
Entre temps ces êtres petits, désagréables, retors et dépourvu de tout sens communicatif (définition issu d’un dictionnaire elfe), avaient eu la malchance de côtoyer des drows.
Ces multiples rencontres s’achevèrent toutes de la même manière, et seuls les plus forts du moment, quoique plus très vaillants, étaient encore debout après un tel contact.
Ces différents contacts contribuèrent pour les nains, à se forger une solide opinion sur ces grands gigues aux oreilles tout aussi rabotées que leur intelligence (définition issue d’un dictionnaire nain). Que ceux-ci aient la peau sombre ou claire.
Bien que les rencontres avec les elfes n’aient jamais dégénérée au point de se solder par un conflit ouvert, l’animosité réciproque fut quand même à l’origine de quelques victimes dont l’existence avaient été artificiellement raccourcie…
Finalement, le seul point commun sur lequel chacun pouvait s’accorder, résidait sur leur profonde répugnance de
l’idéologie de l’autre.
Et en y réfléchissant, le point de vue de chacun était aussi opposé que le jour peut l’être pour la nuit…

Pour les elfes, ce retour permit également de rencontrer leur cousin les drows, sans toutefois connaître à ce moment de l’histoire cette donnée.
Le résultat de ces différentes rencontres constitua également un autre point commun avec les nains.

Dés lors que ces rencontres eurent lieu, il apparu assez rapidement aux yeux des elfes que ces contacts se multipliaient, et assez évident que ces drows en étaient à l’origine.
Avec la multiplication de ces contacts, pour les elfes, il devint limpide que cette nouvelle espèce avait décidé de rentrer en conflit ouvert avec eux.
Ce qui n’avait été qu’escarmouches se transforma en véritable guerre.
Cette situation coïncida avec la découverte, par les érudits elfes, de la parenté des drows avec les elfes.

Bien que les instances dirigeantes des elfes aient eu du mal à se faire à cette vérité, il fut décidé de faire tout ce qui était possible pour garder secret cette affiliation.
De cette décision résulta un conflit ouvert et sanglant destiné à contenir les drows dans les profondeurs de Golarion, pour dissimuler leur existence aux hommes et à toutes les autres espèces, à l’exception des nains.
C’est ainsi qu’un traité fût signé avec les factions naines pour qu’elles conservent cette information secrète, elles aussi.

Anastraëlle se retourna. Face à elle, dans sa chambre, se tenait trois sages du Grand conseil des Elfes.

A leurs mines sombres, les nouvelles n’étaient pas bien bonnes.
Anastraëlle : “ Et bien, Messieurs, la situation est aussi mauvaise que cela ? ”



Après avoir éliminé l’ensemble de l’armée naine ayant défendu la forteresse de Stanz, Gnaxlal et son armée faisait maintenant route vers la cité naine de Janderhoff.
Les pertes subies étaient négligeables eu égard à l’anéantissement de l’armée principale des nains. Cependant, à y regarder de plus près, elles étaient substantielles et surtout imprévues. La présence d’un maître mage dans les rangs de l’armée naine du général Mhargott avait causé quelques désagréments. L’élimination d’une partie de ses basilics était secondaire.
Gnaxlal était surtout inquiet à cause de la blessure reçue par le dragon noir Yarjak.
En gobant ce satané maître mage, dont le nom lui échappait encore, Yarjak avait été la victime d’un sort de ce microbe qui se savait condamné…
Les effets du sort continuaient de s’aggraver…
Désormais, l’armée de Gnaxal avait perdu sa capacité principale de reconnaissance, puisque Yarjak ne parvenait plus à prendre son envol. Il se traînait, telle une grosse vache, sur les chemins de cette plaine.

Ses récents déboires dans les Monts de l’Esprit, lui avait permis de mesurer l’incompétence notoire de ses éclaireurs. Il considérait donc être dépourvu de toute capacité de reconnaissance puisqu’il estimait que son détachement d’éclaireurs serait bien incapable de voir une montagne leur passer devant le nez, même si celle-ci se mettait à danser l’Ourchpaz (Danse Gnome très démonstrative), et cela à deux pas de leur campement…
Autant dire qu’il paraissait totalement incongru qu’ils puissent repérer la présence de nains en repérage, ou une autre armée…

Algrion le sortit de ses sombres rêveries : “Nous serons bientôt en vue de Janderhoff. Ils doivent savoir que nous arrivons, à présent. Ils auront organiser leurs défenses… ”

Gnaxlal : “ S’ils ne le savent pas encore, c’est que leurs éclaireurs sont aussi aveugles que les miens, ou qu’ils n’en ont pas… ”

Algrion : “ Ta confiance en tes éclaireurs semblent s’être améliorée… ”

Gnaxlal : “ Pourquoi dis-tu cela ? ”

Algrion : “ Il en reste encore quelques uns… Depuis que tu as passé ta dernière colère sur eux…Et tu n’envisages pas de réitérer cette punition… ”

Faërendel : “ Et ne soyez pas trop méchants avec eux. La taille des nains ne leur facilite pas la tâche… ”

Gnaxlal : “ Je dirais plutôt qu’ils ne m’ont pas encore donné l’occasion de pouvoir les mettre en défaut… Et comment le pourraient-ils ? En toute logique, il n’y a plus aucune armée susceptible de se dresser contre nous dans les parages. Fini les mauvaises surprises dans ce domaine… ”

Faërendel : “ La Varisie est capable de lever une armée d’hommes .”

Gnaxlal : “ Ce n’est pas faux. Cependant, le temps qu’ils y parviennent, les orcs des plateaux de Storval, ainsi que les géants qui s’y trouvent nous auront rejoints. ”

Algrion : “Espérons que d’ici là, nous aurons réduit en cendre la cité de Janderhoff. ”

Gnaxlal : “ Il ne devra pas en être autrement ! ! ! Et qu’avons nous comme nouvelles de nos hommes lézards ? ”

La question était récurrente… Et comme à chaque fois, un silence pesant s’installer à l’évocation de ces alliés, à l’incompétence grandissante au fur et à mesure des jours qui s’écoulaient. ”

Gnaxlal : “ C’est bien ce que je pensais... La partie sud des monts de l’esprit est entre leurs mains désormais… Les nains tremblent à l’idée d’y mener des reconnaissances… par petits groupes ou en armée organisée… COMMENT, oui comment SIX ou SEPT misérables créatures bipèdes peuvent elles leur échapper aussi longtemps ? ? ? ”

Faërendel : “ Pas si misérables que cela, il semblerait… ”

Le regard noir que s’attira l’elfe le fit blanchir de la tête au pied… Ses vêtements en auraient fait de même s’ils l’avaient pu…

Faërendel : “ Je… Je voulais dire que les dernières nouvelles des hommes serpents étaient difficilement compatibles avec cette adjectif… ”

Et pour le moins, cela n’était pas contestable.
Après lui et ses orcs des montagnes, les hommes serpent avaient goûté à leur tour aux talents de cette mystérieuse elfe, ceux de Glingal, ainsi que ceux de ses partenaires qui l’accompagnaient.
Le chef des hommes serpent, lui même, s’était rendu au col de l’âme perdue, où se dressait une ancienne tour de surveillance naine…
Là, il avait pu contempler un véritable carnage dont avait été victime un de ses détachements de près de soixante hommes.
Entre les écrasés, les coupés en deux, les disparus tout court… Et le cadavre de leur chef tout rouge planté au milieu… Le lieu de cette escarmouche mettait en évidence une seule chose, ses hommes avaient été taillés en pièces, sans que ceux-ci, pour une grosse partie, n’aient eu le temps de décocher ne serait-ce qu’un trait d’arbalète… Et aucune trace d’adversaire blessé, et encore moins tué…
La description de cette scène n’était pas sans rappeler l’état dans lequel Gnaxlal avait découvert ce qui restait de ses orcs des montagnes à la passe de Kondril…
A présent, le chef des hommes serpent était quelque peu indisposés que lui ait été caché les capacités des cibles à éliminer…
Quant à Gnaxlal, il était encore plus indisposé d’avoir appris que toute trace des cibles s’était purement et simplement volatilisée ! ! !
Mais cela, il en avait désormais l’habitude…


Anastraëlle, la reine des Elfes, avait pris place sur un petit fauteuil de sa chambre.

Devant elle, aucun des trois sages ne souhaitait prendre le parole. Le conseiller Grendil en tête. Il le faudrait bien pourtant.

S’éclaircissant la voix, Grendil se leva, puis s’avança. Il entreprit de commencer à relater ce que différents éclaireurs étaient parvenus à découvrir : “ Ma Reine… Je ne sais par quoi commencer, tant les événements semblent se bousculer… ”

Anastraëlle : “ Commencer par début paraîtrai être judicieux… ”

Grendil : “ Ma Reine, nos éclaireurs ont constaté des mouvements de troupes dans les plateaux de Storval… Les orcs font mouvement vers… le Sud. ”

Anastraëlle : “ On l’avait envisagé… ”

Grendil : “ Certes… Certes, ma Reine. Mais il semblerait que les Géants les accompagnent également… ”

Anastraëlle : “ Oh. Détrompez moi conseiller, mais ne m’aviez-vous pas convaincu, il n’y a pas si longtemps, que cette alliance paraissait totalement saugrenue ? ”

Grendil : “ Je… Et bien… Je crois que je me suis fourvoyé… Ma Reine… ”

Anastraëlle, se levant et jetant un regard assassin : “ Je pourrais même dire que vos estimations, et la stratégie qui s’y est rapportée, sont aussi lamentables que tous les efforts entrepris par une grenouille pour chercher à plonger dans l’eau d’une mare glacée… ”

Grendil : “ Euh… Je… ”

Anastraëlle, faisant les cent pas : “ Il nous faut avertir mon fils et l’armée qu’il est en train de conduire vers le sud. Ces créatures vont fondre sur ses arrières. ”

Une autre sage, s’avança… Fraëndel : “ Malheureusement, Ma Reine, nous avons une bien sombre nouvelle à vous annoncer… ”

Anastraëlle s’immobilisa : “ Votre ton solennel me fait peur, conseiller Fraëndel. ”

Le conseiller Grendil, trop heureux de pouvoir laisser la place, recula de plusieurs pas et rejoignit le troisième sage.

Fraëndel : “ La peur ne doit pas nous étreindre. Des décisions douloureuses devront être prises. ”

Anastraëlle : “ Quelle peut être cette sombre nouvelle ? ”

Fraëndel : “ L’armée que conduisait votre fils a été anéantie. ”

Le visage de la reine se figea… En grande souveraine, elle se ressaisit immédiatement : “ Comment ? Qui ? Et Mon fils ? ”

Fraëndel : “ Tout indique qu’ils sont tombés dans une embuscade. Les attaquants comptait des basilics dans leur rang… De nombreux basilics, en fait… Plus de la moitié de l’armée a été pétrifiée… Les autres… Une partie s’est noyée dans les sables mouvants du marais près duquel ils campaient, l’autre a péri avec des armes drows. Quant à votre fils, nous n’en avons retrouver aucune trace… ”

Anastraëlle : “ Le pire de nos cauchemars est en train de se réaliser… Des drows… ”

Fraëndel : “ Ils ont réussi à franchir nos défenses. La balafre de Mormegil n’est plus leur seul point de sortie, même si cette éventualité était prévue. Sauf que nos chasseurs ne savent pas où se trouve cette seconde sortie, ni s’il n’y en a pas plusieurs… ”

Anastraëlle : “ Appelez moi le général Tinüviel ! ! ! ”

Fraëndel : “ Elle attend derrière la porte, ma Reine. ”

Anastraëlle : “ Faites là entrer alors ! ! ! ”

L’ordre fut immédiatement donné. Les trois sages se mirent de côté pour laisser Tinüviel saluer la reine.

C’est une frêle jeune fille qui pénétra dans la chambre de la souveraine, enfin, ce qu’un être humain aurait pu considérer comme telle. En fait, après avoir vécu près de 300 printemps, une trentaine de batailles significatives avec les drows, et un nombre conséquent d’escarmouches à divers degrés d’intensité, elle avait l’expérience qu’aurait eu plusieurs militaires de haut rang d’une armée humaine.

Tinüviel : “ Ma reine. ”

Anastraëlle : “ Inutile de tergiverser… Allons au plus direct… Quelle est la situation et quels sont nos effectifs ? ”

Tinüviel : “ Nous n’éprouvons aucune difficulté à contenir les drows à la balafre de Mormegil. Malheureusement, il semble logique que telle soit leur volonté, et ceci pour nous forcer à y mobiliser l’essentiel de nos forces. Nous avons les capacités d’accroître notre contingent pour faire face à une armée extérieure, mais les recrues manqueront cruellement d’expérience… ”

Anastraëlle : “ Que pouvons nous faire dans l’immédiat ? ”

Tinüviel : “ Je suggère le retrait des 1er et 3ème régiments d’archers de la balafre de Mormegil. Ils étaient en réserve de toute façon. Et afin de pouvoir compenser au plus vite ce retrait, commencez le recrutement de plusieurs régiments de recrues qui subiront un entraînement intensif. ”

Anastraëlle : “ A quoi destinez vous ces deux régiments ? ”

Tinüviel : “ Je me propose de m’occuper personnellement du harcèlement des orcs et des géants sur le chemin qui va les conduite vers le sud. ”

A ces mots, le conseiller Grendil se leva : “ Vous n’y pensez pas Général… Ma Reine… Vous devez rester pour organiser nos défenses ! ! ! ? ? ? ”

Tinüviel : “ Justement conseiller, plutôt que d’attendre que notre ennemi se regroupe tranquillement avant de fondre sur nous, il paraît plus judicieux de réduire ses forces au plus vite par une tactique d’harcèlement. D’autant plus que cela donnera peut être du temps aux nains pour organiser les défenses de leur capitale de Janderhoff, et de résister plus longtemps… ”

Anastraëlle : “ Comment cela ? ”

Grendil : “ Euh… Oui… Ma reine… Je crains d’avoir omis de vous informer que la forteresse naine de Stanz vient d’être anéantie, ainsi que toute la 1ère armée naine… ”

Anastraëlle : “ Et comment avez vous eu vent de cette sinistre défaite ? ”

Tinüviel : “Par Getraz, ma Reine. ”

Anastraëlle : “ Je croyais que cet épouvantail à moineaux avait péri en Varésie ”

Tinüviel : “J’ai préféré le faire passer pour mort aux yeux de tout le monde, ma Reine… ”

Anastraëlle : “ Y compris aux miens ? ? ? ” s’exclama la Reine.

Tinüviel : “Aux vôtres malheureusement ma Reine, mais surtout à ceux de votre fils… ”

Anastraëlle : “ Je pourrais estimer que vous venez de trahir la nation Elfe, Tinüviel. ”

Tinüviel : “Et j’en suis tout à fait consciente, ôh ma Reine. ”

Un silence glacial s’installa dans la chambre…La Reine avait posé un regard pénétrant sur son général.

Anastraëlle : “ Vous n’aurez droit qu’à une chance de me convaincre Tinüviel, après quoi, je déciderai, SEULE, de votre sort… ”


La petite troupe avait émergé des souterrains dans la plaine des Vertes espérances à 40 kms au Nord Est de Janderhoff, au pied des premiers contreforts des Monts de l’Esprit.

Après avoir quitté la cavité de la petite bâtisse où les araignées éclipsantes avait connu une destin peu enviable, le reste du séjour dans les souterrains avait été calme. Aucune mauvaise rencontre n’était venu perturber les deux jours qu’avait duré ce petit périple. Aerendir et Alvynia en avait profité pour dispenser leur enseignement en matière de magie à Elannah.
C’est avec un bonheur immense, et exprimé haut et fort, que les deux jumeaux avait accueilli l’air frais et vivifiant de la plaine qui pénétrait dans la grotte.
Car, à défaut de mauvaise rencontre, les deux jumeaux, Bromard ou Garken, à tour de rôle, s’étaient évertués à rompre régulièrement le silence des grottes en maugréant ou en exprimant leurs griefs à propos de l’exiguïté des lieux…

Désormais, eux et tous les membres de la petite troupe se réchauffaient au soleil de cet automne, sous le couvert d’un bosquet d’arbres à deux kilomètres de l’entrée des souterrains.

Les trois sages du groupe, Alvynia, Glingal et Aerendir observaient le terrain les entourant, depuis l’intérieur dudit bosquet.
De cette position, le petit groupe, qui n’avait cessé de grossir depuis quelques temps, était à l’abri des regards indiscrets.

Farbround et Astian était parti en reconnaissance depuis un peu plus d’une heure.

Gour’kok et Zéphyr surveillaient le chemin emprunté par le groupe, au cas où des hommes serpents aient eu l’idée saugrenue de les prendre en chasse malgré le fait d’avoir été les victimes des talents conjugués des deux jumeaux…
Alvynia : “ Nous voici sortis à l’air libre. Il va falloir décider de la marche à suivre. Nous sommes à deux jours de marche de Janderhoff qui se trouve au Sud. Au Nord, Nous avons la forteresse de Stanz, à une trentaine de kilomètres, et doit être défendue par l’armée naine. A l’heure actuelle, L’armée naine doit affronter les sbires de Gnaxlal et Algrion. ”

Glingal : “ Nous pourrions rallier Kaer Maga… ”

Aerendir : “ Nous en avons déjà débattu mon amie. C’est le pire repaires de voleurs et de fripouilles de toute la Varisie. Les chances qu’ils se soient ralliés à la cause de Gnaxlal sont importantes… Et même si tel n’était pas le cas, Gnaxlal doit y disposer d’espions et de coupe-jarrets pour nous intercepter. Il faut aller vers Janderhoff, puis obliquer plein ouest vers Magnimar, ou plein sud vers Korvosa. De là, nous pourrons prendre un navire et nous rendre à Port Enigme. De là, nous ne serons plus qu’à une centaine de kilomètres de Celwynvian. ”

Vinkl’ar ne put s’empêcher d’écouter cette discussion, ni même d’ailleurs d’intervenir : “ Si je puis me permettre… ”

Il fut difficile de déterminer qui, parmi Alvynia, Glingal et Aerendir, fut le plus surpris de cette intrusion orale imprévue.

Vinkl’ar : “ Oui… Alors… En vous écoutant, je m’interrogeais sur… ”
Un coup de coude de son amie demi-elfe vint interrompre le nain…
Elannah murmura à l’oreille du nain : “ Je ne sais pas s’il est opportun de leur couper la parole de la sorte… ”

Alvynia : “ Ne vous inquiétez pas Elannah. Il est toujours opportun d’avoir de bonnes idées. Surtout en de telles circonstances. Parlez sans crainte jeune nain. ”

Vinkl’ar : “Mais… Je n’avais aucune crainte… ”

Alvynia, un sourire discret aux lèvres : “ Nous n’en doutions pas… ”

Vinkl’ar : “ Merci Dame Alvynia. Comme je le disais, avant d’être interrompu… ” Coulant un regard vers Elannah, un peu contrite, “ Je m’interroger sur les dangers qui nous attendent pour traverser l’Océan d’Arcadien… Les tempêtes d’Automne sont réputées être terribles… Elles se chargeront de faire ce que Gnaxlal a été incapable de nous faire jusqu’à présent… ”

Aerendir : “ L’option de la traversée du Marais de Mush est insensée ! ! ! ”

Vinkl’ar : “ Beaucoup moins que prendre un navire… Au moins pourrons nous découper en tranches avec nos armes les ennemis qui se dresseront devant nous… J’ai beaucoup plus de mal à m’imaginer faire de même avec les vagues traîtresses de l’Océan d’Arcadien… A moins que vous ne soyez capable de faire chevaucher à notre futur navire, les nuages des tempêtes que nous rencontrerons… ”

Aerendir : “ Je ne peux que vous confirmer mon incapacité à faire réaliser de tels exploits à un navire de bois… ”

Elannah : “ Il nous est déjà arrivé de traverser les Marais de Mush, et ceci à plusieurs reprises. ”

Glingal : “ Le problème se situe dans le nombre, Elannah… Nous ne pourrons pas être aussi discret qu’un petit groupe d’aventuriers… Les gnolls, gobelins et autres créatures pourront nous repérer assez aisément… Et il est également envisageable que Gnaxlal dispose d’espions et de sbires dans le secteur. ”

Ce fut à Gourkok d’intervenir, et de surprendre tout le monde pour le coup :
“ Et pourquoi Glingal ne monterait-elle pas sur le dos de Zéphyr en Dragon pour aller directement à Celwynvian. En matière de plan simple et direct, on ne peut pas faire mieux. Non ? ”

Un silence s’abattit dans le bosquet d’arbres. Et Vink’lar, Gourkok, Elannah et Zéphyr ne purent que deviner dans les regards des trois sages, un sentiment de crainte.
Vink’lar : “ Vous nous avez caché quelque chose. Et à vos regards respectifs, c’est inquiétant. ”

Glingal, observant Alvynia et Aerendir : “ Je crois que le moment est venu de leur accorder notre entière confiance en leur révélant ce qui les attends…Ils doivent faire leur choix en pleine conscience des risques qu’ils vont courir. ”

Alvynia : “ Je crois aussi que le moment est venu. Aerendir, tu sauras mieux que nous présenter les choses… ”


Sur Golarion, les elfes, de retour de leur exil, ont décidé de s’installer, pour créer leurs royaumes, à Celwynvian, au Nord-est de la Varisie, et au Kyonin.

LA capitale de leur nation est d’ailleurs située au Kyonin, et s’appelle IADARA.

A Celwynvian, c’est la reine Anastraëlle qui règne sur cette partie des royaumes elfes, et commande les régiments et troupes en charge de la défense de la balafre de Mormegil.

A IADARA, Artanis (le roi) et Celebrian (la reine) sont les dirigeants de la nouvelle nation elfe sur Golarion.

De retour sur Golarion, les Elfes ont renoué des contacts avec les hommes et les nains. Désormais, les échanges commerciaux sont continus, et même si nains et elfes ne vivent pas le grand amour, les liens commerciaux qu’ils entretiennent sont fructueux pour les deux races.

Il existe un troisième royaume elfe sur Golarion. Il s’agit des elfes du Mangwi.
Ces derniers n’ont jamais quitté Golarion, malgré la chute de ce que les historien ont appelé l’Etoile.
Ils considèrent les elfes de Celwynvian et de IADARA comme de lointains cousins.
Les contacts qu’ils entretiennent avec les autres races de Golarion sont limités, depuis leur royaume situé au fin fond de la forêt vierge du Mangwi.

Toutefois, les elfes du mangwi, et notamment leur roi, Aradan, malgré les apparences, ne sont pas aveugles aux événements secouant Golarion.
Ce sont d’ailleurs des événements particuliers qui peuvent conduire le roi Aradan, à renouer des contact avec ses lointains cousins.
En l’occurrence, le roi Aradan a pris la décision de se rendre à IADARA.
Il navigue avec sa suite, à l’heure actuelle, après avoir quitté Sothis, en Osirion, à destination d’Oppara dans l’Andoran, avant de rallier par terre IADARA.

Malgen : “ Sombres nuages… Sombre avenir… ”

Aradan, depuis la proue du navire, observait l’horizon où de noirs nuages laissaient présager une rencontre houleuse avec les éléments déchaînés… Malgen, le grand mage elfe du Mangwi, ami et fidèle conseiller, attendait à ses côtés.

Aradan : “ Je déteste les voyages en mer. Et je hais encore plus les coques de noix que les hommes considèrent comme de prestigieux vaisseaux…Si tu veux mon avis, ce ne sont que de vulgaires tas de bois tenus par une multitude de clous et de chevilles aussi dépourvus de qualité que ce capitaine Breks… ”

Malgen : “ En si peu de temps, je n’ai pu trouver que ce navire pour nous rendre aussi vite que possible à Oppara. ”

Aradan : “ Ce capitaine Breks est aussi bedonnant que son navire est ventru… Et aussi lent d’ailleurs… ”

Malgen : “ La menace qui nous guette est telle que nous nous devons de nous rendre à IADARA. ”

Aradan : “ Je suis d’accord avec cette conclusion, mon ami. La confrérie des chasseurs (*) nous a présenté suffisamment d’arguments pour qu’il ne puisse en être autrement. ”

(*) : Corps de rôdeurs composés de chasseurs elfes expérimentés ayant pour rôle de capturer ou éliminer les drows sillonnant Golarion, après avoir réussi à franchir les défenses de la balafre de Mormegil.

Malgen : “ Voyons les choses du côté positif, nous savons qu’il se passe quelque chose au sein de la forêt de Santos, en Varisie. ”

Aradan : “ Le côté négatif, c’est que la confrérie des chasseurs y a perdu 25% de ses effectifs, et la quasi totalité de ses éclaireurs au cours de la dernière année… ”

Malgen : “De grands sacrifices sont parfois nécessaires pour le bien du plus grand nombre… ”

Aradan : “ Sauf s’ils peuvent être évités… ”

Malgen : “Mais étaient ils évitables ? ”

Aradan : “ Nous ne le saurons jamais… ”

Malgen : “Une menace se lève au Nord… Nous devons nous organiser pour l’éliminer avant que les hommes ne découvrent ce que nos cousins leur ont caché depuis leur retour… ”

Aradan : “ L’histoire nous a montré que lorsqu’une menace apparaît, c’est qu’elle couvait depuis déjà un petit moment. Juste le temps de s’organiser, et faire des ravages qui resteront dans les livres d’histoires pour les générations futures. ”

Malgen : “ L’histoire a également montré que certaines menaces ont été aussi fugaces qu’un éclair lors d’un orage… Tellement qu’elles n’ont pas eu le temps d’être la cause de tels ravages. ”

Aradan : “ Artanis et Celebrian auront peut être des réponses à nous fournir. Peut être auront-ils pris des décisions pour réussir à juguler la menace. ”

Malgen : “Peut-être… Peut-être… ”

Une première vague fit tanguer le navire, prémices de la tempête qu’il faudrait traverser… ”


Il fut décider d’installer le campement dans le bosquet, afin de se préparer au périple qui attendait le groupe, même si personne ne savait encore quelle serait la route à emprunter.

Aerendir prit une profonde inspiration. Présenter ce qu’il avait caché à ses compagnons de voyage ne serait pas aisé.

Vink’lar, Gourkok, Elannah et Zéphyr était assis en face de lui, dans l’attente.

Glingal et Alvynia étaient aux cotés du magicien pour le soutenir dans ce récit.

Le détachement de nains, sauvés des araignées dans la cavité souterraine, avait pris position dans le bosquet pour surveiller tout danger ou arrivée éventuel. Bromard, Garken et les elfes composant l’escorte d’Alvynia jouant également les sentinelles.

Aerendir : “ Bien… Je pense que tout le monde connaît désormais Gnaxlal ou Algrion. Vous savez également que Glingal doit se rendre à Celwynvian. Par contre, ce que vous ignorez, c’est pourquoi elle doit s’y rendre. ”

Vink’lar : “ Ce serait intéressant de le savoir. ”

Aerendir : “ Je vais devoir vous décevoir, jeune nain, mais je ne vous révélerais pas cette raison.
Si d’aventure vous veniez à être capturé, je n’ai aucune assurance sur votre capacité à résister à l’ennemi et lui fournir cette information. Quant à moi et Alvynia, compte tenu de nos capacités respectives, nous avons plus de chance de pouvoir résister que vous tous.
J’ajouterai que Gnaxlal et Algrion l’ignorent eux-mêmes ! ! ! Ils ne savent pas si c’est Glingal qui doit atteindre Celwynvian ou si elle détient un objet qui doit y être acheminé.
C’est cette raison qui explique la volonté de Gnaxlal de capturer Glingal vivante, et obtenir cette information. ”

Gourkok : “ J’en reviens à mon idée de chevaucher à dos de dragon pour aller plus vite. Le problème serait rapidement régler. ”

Zéphyr : “ Patience Cheveyo… Je crains d’avoir compris ce qui se passe… ”

Gourkok : “ Je déteste quand tu m’appelles comme cela… Tu le sais… Mais que tu aies deviné ce qui se trame avant que je ne le comprenne, ca m’exaspère… ”

Zéphyr : “ La sagesse Cheveyo… La sagesse… ”

Gourkok : “ Ca aussi ca m’horripile ! ! ! Je te rappelle que tu n’est pas beaucoup plus vieille que moi ! ! ! Et oui, je suis aussi un puits de sagesse, à mes heures… ”

Aerendir : “ Certaines connaissances de Zéphyr vous font défaut Cheveyo… ”

Gourkok : “ Gourkok, mon nom c’est Gourkok ! ! ! Vous n’allez pas vous y mettre aussi ! ! ! ”

Aerendir : “ Oui… Euh… Où en étais-je ? ”

Vink’lar : “ Aux connaissances de Zéphyr qui nous font défaut… ”

Aerendir : “ Tout à fait… ”

Vink’lar : “ Ce que j’aime bien depuis que nous sommes avec vous, c’est d’avoir l’impression, malgré le fait d’avoir bourlingué aux quatre coins de la mer intérieure et de la Varisie, de redécouvrir le Monde…Et de tous ses aspects ”

Aerendir : “ C’est… tout à fait çà… ”

Vink’lar : “ C’était ironique… ”

Aerendir : “ Peut-être… mais c’est malheureusement un fait avéré… ”

Vink’lar : “ Je me coucherais moins bête ce soir… Je suis content…et fort mécontent en même temps… ”

Alvynia : “ Il n’y a pas lieu de l’être jeune nain. Les Elfes ont œuvré depuis longtemps à cacher au reste du monde des dangers insoupçonnables pour les hommes, les nains et toute autre créature vivante douée d’intelligence. ”

Vink’lar : “ Je vais aussi faire des cauchemars cette nuit… ”

Aerendir : “ D’un certain point de vue, ca pourra s’expliquer… ”

Elannah : “ Nous nous égarons un peu, là. Revenons à l’idée suggérée par Gourkok. Bonne idée, à priori. Or, pour vous, il semblerait que ce soit la plus mauvaise possible. ”

Glingal : “ Voyez-vous, mes jeunes amis, chevauchez un dragon a des avantages indéniables. Parfois, par contre, des inconvénients forts déplaisants peuvent en résulter… ”

Aerendir : “ Comme vous le savez, depuis que vous êtes avec nous, les magiciens ont la capacité de pouvoir se repérer mutuellement géographiquement, dans certaines limites. Plus un magicien est puissant, et plus un autre magicien saura où il se trouve. Ainsi, je peux vous certifier que Gnaxlal et Algrion sont en ce moment même à la forteresse de Stanz. Et qu’ils y sont très actifs… ”

Alvynia : “ Ce qui est vrai pour nous, l’est aussi pour Gnaxlal et Algrion. Je n’ai pas encore recouvrer la totalité de mes pouvoirs. Ils ne peuvent donc pas me localiser. Je pense qu’ils peuvent désormais te localiser Aerendir, maintenant que tu n’est plus sous terre. Cependant, s’ils sont occupés à des tâches très prenantes, ils ne peuvent que se focaliser sur celles-ci.
Quant à Glingal, il est plus difficile de la repérer car elle n’est pas réellement une magicienne au sens propre du terme. ”

Glingal : “ Je suis une prêtresse. Dans ce sens, j’ai le pouvoir effacer ma présence dans ce monde, au contraire d’un magicien. Seuls les plus grands magiciens ont la même capacité que moi-même. A titre de comparaison, malgré leur puissance, Gnaxlal et Algrion en sont encore incapables. ”

Aerendir : “ Par contre, à dos de dragon, l’aura magique d’un magicien ou d’un prêtre est décuplée. C’est un peu, par les sens des magiciens, comme si un soleil se déplacer dans le ciel. Et un soleil, ca se repère très facilement. Si ce GROS inconvénient n’avait pas existé, Glingal aurait chevauché Zéphyr dés les Monts de l’Esprit, et même avant le monastère que les sbires de Gnaxlal ont réduit en cendres. ”

Vink’lar : “ Peut être. Mais un dragon çà se déplace très vite. Le temps que Gnaxlal réagisse, il y a tout lieu de croire que Glingal aurait une bonne avance, et parviendrait rapidement à Celwynvian sans encombre. ”

Aerendir : “ Sauf que… ”

Vink’lar : “ Le ton que vous venez de prendre me fait craindre le pire… ”

Alvynia : “ Le problème c’est que Gnaxlal n’est qu’un des bras armés de la menace qui pèse sur nous. Algrion, le petit doigt de ce bras… ”

Vink’lar : “ oh oh… ”

Aerendir : “ A dire vrai, nous ne savons même pas QUI peut être cette menace. IL ou ELLE est un être d’une puissance extrême. De plus, nous ne savons même pas si cette personne se trouve à la surface de Golarion, ou dans ses tréfonds en compagnie des Drows qui tentent de sortir de la balafre de Mormegil. ”

Vink’lar : “C’est où la Balafre de … ? Je sens que je vais faire des progrès en géographie… Formidable ! ! ! ”

Aerendir : “ Pour faire simple, il s’agit d’un gouffre qui se trouve aux portes de Celwynvian. Les elfes y retiennent les drows depuis quelques temps, à échelle d’Elfe bien évidemment, en repoussant leurs assauts incessants.
Ce gouffre est LA porte d’entrée des drows vers la surface de Golarion. Enfin… le supposions-nous… ”

Vink’lar : “ Je remarque que, au fur et à mesure de nos pérégrinations, les certitudes que vous aviez s’envolent, tels des nuages de fumée, les unes après les autres. Et généralement, les ennuis nous tombent dessus juste après. ”

Alvynia : “ Si vous partez du principe que vous bouchez l’unique passage par lequel un liquide, ou quoi que ce soit d’autre, peut sortir, vous ne trouverez aucune trace de ce liquide, ou autre chose, à l’extérieur.
Or, il a bien fallu se rendre à l’évidence, dés lors que plusieurs patrouilles elfes ont fait de mauvaises rencontres avec des drows, à bonne distance de Celwynvian, qu’une autre issue existe… ”

Vink’lar : “ Et… où ? ”

Glingal : “ On ne sait pas… ”

Vink’lar : “ Encore une bonne nouvelle… ”

Aerendir : “ Pour être plus précis, nous ne savons ni où, ni la taille de cette issue. Mais il est logique de penser que les drows doivent faire tout leur possible pour l’agrandir… ”

Vink’lar : “ Les bonnes nouvelles s’accumulent…En d’autres termes, les drows ont potentiellement une seconde base d’opération que vous n’êtes pas arrivé à localisé. Ils peuvent y avoir constituer une belle armée. Et attendre de fondre sur Celwynvian pour y éliminer les défenseurs, puis avoir tout loisir de pouvoir se déverser à volonté sur la surface de Golarion… ”

Alvynia : “ C’est une vision un peu pessimiste, mais probable. ”

Vink’lar : “ Là-dessus, il faut ajouter l’existence d’un magicien de l’ombre très puissant… FOR-MI-DA-BLE. Mais où sont donc les héros pour botter le cul de ces vilains méchants et les réexpédier d’où ils viennent ? ”

Alvynia : “ Et bien… ici… ”
 

DeletedUser28483

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CHAPITRE 6 :

Peu de temps fut nécessaire pour que la reine et sa général soient seules dans la chambre.
Anastraëlle posa un regard grave sur son général.

Anastraëlle : “ Tinüviel… Mesurez-vous ce que représente à mes yeux ce que vous avez dit ? ”

Tinüviel : “ J’aurais aimé que les circonstances qui m’ont conduit à faire cela soient différentes. Malheureusement, tous les éléments en ma possession mènent à la même conclusion… ”

Anastraëlle : “ Mon fils ne peut pas avoir rallié la cause de nos ennemis ! ! ! ”

Tinüviel : “ Pourtant tout indique qu’il en est ainsi. ”

Anastraëlle : “ Expliquez-moi ! ! ! ”

Tinüviel : “ Vous rappelez-vous de la mission que j’avais confié à Getraz ? ”

Anastraëlle : “ Oui… Il devait découvrir l’existence d’une éventuelle autre issue pour les drows pour envahir Golarion… ”

Tinüviel : “La première fois que je vous en ai parlé, ou plutôt, devrais-je préciser, à votre cour, c’était il y a 6 mois. Suite à cette discussion, et surtout après avoir arrêté la zone de ses recherches, l’Ouest de la Varisie, avec comme point de départ Port Enigme, Getraz a dû s’extirper d’une embuscade grossière dans les rue de cette bourgade humaine.”

Anastraëlle : “ Bourgade humaine pas très fréquentable… Un nid de vipères… ”

Tinüviel : “ Vous avez raison ma reine… Sauf que les assaillants, après avoir échoué dans l’élimination de mon espion, ont rejoints un drow sur les quais pour lui faire part de leur échec. Getraz était parvenu à les filer… ”

Anastraëlle : “Un drow… ”

Tinüviel : “Il a éliminé les quatre assaillants en un clin d’œil… Et des témoins éventuels par la même… ”

Anastraëlle : “Sauf Getraz… ”

Tinüviel : “Tout à fait . Autre information capitale : seuls les gens de la cour, présents à l’instant de notre prise de décision, pouvaient avoir fourni l’information à l’ennemi. ”

Anastraëlle : “Difficile de le constester…Mais comment arriver à déterminer qu’il s’agissait de mon fils ? ”

Tinüviel : “Il n’y avait que 11 personnes présentes, 10 en vous retirant. ”
Anastraëlle : “ Ce pourrait être moi… ”

Tinüviel : “Lorsque le soleil se lèvera à l’Ouest, ou si les arbres arrêtent de perdre leurs feuilles en automne, je commencerais à l’envisager… ”

Anastraëlle : “Votre confiance m’honore… ”

Tinüviel : “Pour découvrir qui nous avait trahi, j’ai organisé un petit piège. J’ai fait en sorte que chacun de mes suspects ait une information différente, tout en m’assurant qu’aucun puisse communiquer à un autre de mes suspects cette information.
En fait, j’ai donné l’information alors que j’escortais un suspect, pour plusieurs jours, au travers de la forêt entourant Celwynvian. Je donnais une adresse précise à Magnimar, Pointe Sable ou Kaer Maga, suivant où se trouvait Getraz dans ses recherches dans l’Ouest de la Varisie… ”

Anastraëlle : “ Un avantage indéniable que vous disposiez lui et vous d’une sphère de communication.”

Tinüviel : “En effet… ”

Anastraëlle : “Mon conseiller Grendil ne s’en est toujours pas remis… ”

Tinüviel : “ Grendil a l’art et la manière d’avaler de travers sa salive dés que l’on entreprend quelque chose qui sort de l’ordinaire…”

Anastraëlle : “Et on peut dire que vous n’y êtes pas allé avec le dos de la cuillère sur ce coup là. Mettre à disposition d’un lutin des îles de la mer des vapeurs, une sphère de communication … ”

Tinüviel : “Il fallait oser, et cela a été payant… Mon stratagème m’a permis de démasquer Faërendel. Il est le seul à qui j’ai donné un lieu et une heure de rendez-vous à Kaer Maga pour Getraz, et pour lequel l’ennemi a eu une réaction… Et quelle réaction… ”

Anastraëlle : “C’est à dire ? ”

Tinüviel : “ Getraz s’était placé dans un tonneau en face de la porte d’entrée de l’auberge, correspondant au lieu du rendez-vous. Il a pu identifier trois drows à l’heure prévue. Ceci grâce à un sort d’alerte silencieux placé à la porte de l’auberge. Il était destiné à être actionné que dans le cas où un drow franchirait la porte… .”

Anastraëlle : “Trois ? ”

Tinüviel : “ Et combien d’autres sbires ayant pour mission d’éliminer mon espion…Il est difficile de pouvoir envisager que ce ne soit pas votre fils… Nous avons identifié la source de la trahison. ”

Anastraëlle : “A votre sens… Pour la mère que je suis, le choc est dur à encaisser. ”

Tinüviel : “ Je me dois de rajouter un élément en sa défaveur… ”

Anastraëlle : “Au point où nous en sommes… ”

Tinüviel : “ Getraz avait infiltré le détachement que votre fils commandait et menait vers le Monastère. Il a été le témoin du massacre de notre armée, et aussi du ralliement de votre fils au Basilics et autres sbires qui ont attaqué celle-ci. ”

Le visage de la reine était devenu livide. C’est avec difficulté qu’elle poursuivi :

Anastraëlle : “Je vous serai reconnaissant de me laisser à présent, Général. Je dois réfléchir à notre situation, et à la mienne, par la même occasion… ”

Tinüviel : “ Ma reine. ”

Le général sortie, de fines larmes coulaient sur les joues de la jeune elfe. Puis, elle enfouit son visage dans ses mains tout en pleurant abondamment sans pouvoir parvenir à se retenir.



Remis de sa surprise, Vink’lar ajouta : “ J’aime bien votre optimisme Dame Alvynia…Vraiment… Mais ma modestie me force à reconnaître ma faiblesse vis à vis de Gnaxlal et Algrion. Quant à envisager l’éventualité de me battre contre encore plus fort… Ma modestie touche des sommets… ”

Aerendir : “ Nous n’en sommes pas encore là… ”

Alvynia : “ Et nous ne serons pas seuls. L’ensemble du peuple elfe sera bientôt mobiliser contre cette menace… ”

Elannah : “ Avant de nous attaquer à ce mystérieux magicien, nous pouvons déjà conduire Glingal à Celwynvian. Pourquoi ne pas avoir créé un portail dimensionnel pour vous rendre jusqu’en Varisie, et pas un pour que Glingal parvienne à Celwynvian ? ”

Vink’lar : “ Voilà une bonne idée ! ! ! ”

Glingal : “ Parce que les cinq magiciens qui devaient rallier le Cheliax, où nous les attendions, pour créer un tel portail, sont tous morts avant d’arriver à bon port.

Elannah : “ oh ? ”

Vink’lar : “ Tant pis pour le portail… ”

Aerendir : “ Nous avons été trahis… A ce moment, c’est devenu une évidence. Nous avons dû improviser… ”

Alvynia : “ Nous avons aussi compris à cet instant que LA personne qui dirige et organise les forces des ténèbres disposait d’une puissance magique impressionnante. ”

Vink’lar : “ Aie… Je sens que je ne préférerais pas entendre ce qui va suivre… ”

Alvynia : “ Parce que chacun des cinq magiciens dépêchait pour créer ce portail étaient aussi fort que Gnaxlal. Et qu’ils étaient ensemble lorsqu’ils ont été éliminés… ”

Vink’lar : “ Je crois que j’ai besoin de vacances… Il paraît qu’il existe une petite île paradisiaque au Sud d’Absalom, où avec une bourse bien garnie, on peut s’offrir une vie de rêve… ”

Alvynia : “ Si nous venons à bout de l’ennemi qui dirige les forces de l’ombre, je vous promets de faire en sorte que vous en profitiez… ”

Vink’lar : “ Comme c’est aimable à vous. Me voilà motiver pour botter les fesses de quelques méchants avec ma hache. ”

Elannah : “ Bien… Résumons… Nous avons affaire à une mystérieuse personne, magicien de son état. Glingal ne peut pas voler sur un dragon, parce que CETTE personne la repérerait immédiatement et arriverait certainement dans l’instant pour l’éliminer.
Quant à l’Océan, c’est une solution à l’issue trop hypothétique en cette saison.
Nous n’avons donc pas d’autre choix que conduire Glingal par voie de Terre.”

Zéphyr : “ D’autant que si l’océan ne nous tue pas, ce seront les pirates… ”

Vink’lar : “ On vous a déjà dit que votre optimisme était débordant ? ”
Zéphyr : “ Non… Seulement mon pragmatisme… ”

Vink’lar : “ Et votre sourire, désarmant… ”

Zéphyr : “ Non plus… Je ne souris que lorsque la situation le justifie. ”

Vink’lar : “ C’était de l’humour…Vu que votre mine actuelle me rappelle une vraie porte de prison… ”

Zéphyr : “ Vos remarques déplacées ne font pas avancer les choses… De plus vous prenez le risque que votre compagnie me déplaise… ”

Vink’lar : “ Euh… ”

Gourkok : “ Et si, nous volions par un autre moyen qu’à dos de dragon ? ”
Remarque qui eut le mérite de capter l’attention de chacun des participants à la discussion.

Vink’lar : “ Ca y est… Gourkok s’est mis au pesh (*)… ”

(*) : Drogue vendue au Katapesh, dont la consommation provoque des hallucinations sévères, et aboutit à une dépendance très forte voire irréversible.



L’impression fut très fugace, mais celle-ci permit à Gnaxlal de sortir de ses sombres pensées. Il venait de repérer l’aura d’Aerendir. Il en était certain ! ! !

Gnaxlal porta son regard vers l’ouest. Se parlant à lui-même “ Il n’est qu’à une vingtaine de kilomètres…au plus ”. Pour autant, cela le surprenait. Que ce magicien ait décidé de piquer droit vers l’ouest l’interpeller. Pouvait-il s’agir d’une diversion ?

Puis Gnaxlal portât son regard vers Algrion, qui ne semblait pas avoir été sensible à l’aura du magicien.

Quant au dragon noir Yarjak, il était à l’agonie, abandonné au bord de la route, ce matin, sur le point de succomber à une blessure d’un microbe de nain… Quelle honte ! ! !

Hier au soir, Gnaxlal avait utilisé une sphère de communication pour solliciter auprès de CE mystérieux personnage, qui gérait l’organisation des troupes affrontant les elfes et les nains, l’envoi d’un dragon pour remplacer Yarjak qui succomberait bientôt à ses blessures.

A chaque contact, malgré sa qualité de maître mage drow et de général, un picotement le prenait tout au long de son échine dorsale. L’aura magique de CE mystérieux personnage se sentait à travers la sphère de communication. Mais une fois la communication interrompue, l’aura disparaissait.
Pourtant, compte tenu de la puissance qu’il avait ressenti, Gnaxlal aurait juré pouvoir repéré ce magicien sur toute la planète, avant qu’il ait eu le temps de brouiller son aura et disparaître comme la pluie s’évapore au soleil.

Il n’avait jamais rencontré CE personnage. Ne savait pas quelle était sa race ou son sexe. Il ne LE connaissait que par le biais de la sphère de communication, à travers laquelle IL ou ELLE ressemblait à une ombre, se découpant dans la lumière.
Le fait qu’il dispose d’une sphère de communication était important. En effet, à sa connaissance, seul les elfes pouvait se servir de telle sphère. Les drows ne le pouvaient pas.
CE mystérieux personnage avait jeté un sort sur la sphère de Gnaxlal afin qu’il puisse s’en servir à volonté. Sans cela, cette sphère ne serait pour lui qu’un morceaux de verre…
Mais de qui pouvait-il s’agir ? ? ?

Il se re-concentra sur le moment présent, et sur Aerendir. Maintenant, il le percevait avec netteté. Plus surprenant encore, il percevrait une autre aura, féminine, à proximité d’Aerendir. Pourrait-il s’agir de cette petite demie-elfe.

Il fut troublé d’avoir détecté l’aura de celle-ci. Jusqu’à présent, il n’y était jamais parvenu.

Algrion : “ Et bien mon ami, vous paraissez particulièrement songeur en cet après-midi. Qu’est ce qui occupe vos pensées ? ”

Gnaxlal : “ Je me concentrais sur ce qui nous attendait, très chère. Et, ce faisant, il m’a semblé parvenir à détecter l’aura d’un magicien un peu à l’ouest de notre position. ”

Algrion : “ Votre sensibilité a dû s’accroître. Personnellement, je ne perçois rien. ”

Gnaxlal : “ Si vous le voulez bien, je vais aller vérifier de quoi il retourne. De votre côté, je vous fais confiance pour tous les préparatifs du siège à venir. ”

Algrion : “ Je pourrais vous accompagner. ”

Gnaxlal : “ S’il n’y avait pas ce petit moustique de Faërendel, j’en aurais été ravi. Toutefois, afin d’éviter qu’il ne s’emballe en prenant d’assaut Janderhoff dans notre dos, je pense qu’il est préférable que vous soyez en charge des opérations à venir. De toutes manières, je ne pense pas qu’il y ait matière à trop nous retarder. Je vais former un petit groupe pour m’accompagner et prendre deux basilics pour parer à toute éventualité… Je vous rejoindrais très rapidement une fois l’affaire réglée. ”

Algrion : “ Comme il vous plaira, mon ami. Nous établirons le siège de Janderhoff, puis attendrons votre retour pour passer aux choses sérieuses. ”

Gnaxlal : “ A bientôt, Ma dame. ”

Sur ce, le magicien de l’ombre fit tourner bride à sa monture.
En son fort intérieur, il ne put s’empêcher de revenir sur ce qu’il avait bien voulu dire à Algrion.
Il lui avait sciemment dissimulé une partie de la vérité.
Sachant qu’il était certain que c’était bien l’aura d’Aerendir qu’il captait, faisait-il preuve d’un excès de confiance ?
Ou bien était-ce dû à cette petite demie Elfe ?
Il remisa cette pensée pour plus tard.

A présent, il devait constituer un petit groupe de confiance, et deux basilics suffisamment intelligents pour ne pas transformer en pierre tous les arbres et âmes qui vivent lors de la rencontre avec Aerendir, et ses éventuels escorteurs.



Pour le coup, Gourkok avait surpris tout son monde.

Chaque personne autour du petit feu l’observa. Après Vink’lar, ce fut Aerendir qui l’interpella :
“ Mon cher Gourkok, je suis curieux d’apprendre ce que vous vouliez dire par là. ”

Gourkok : “ Et bien, contrairement à ce pense mon compagnon, je ne me suis pas mis au pesh ! ! ! Par contre, lui semble avoir quelques soucis de mémoire… ”

Vink’lar : “ Ma mémoire est en très bon état. Je te garantis que je ne vois va de quoi tu veux parler quand tu parles de volais autrement qu’à dos de dragon. ”

Gourkok : “ Pourtant… Rappelez-vous de Yasterion ! ! ! ”

Elannah : “ Holà…. Non… Pas ce givré ! ! ! ”

Vink’lar : “ Quel givré ? ? ? ”

Aerendir : “ Qui est ce personnage ? ”

Gourkok : “ Si je te dis Gnoll…Ca te rafraîchi la mémoire ! ! ! ? ? ? ”

Vink’lar : “ Bordel de D… Pas lui ! ! !”

Elannah : “ Gourkok… Notre situation n’est pas si désespérée… ”

Vink’lar : “ Notre situation est même paradisiaque ! ! ! Une vraie promenade de santé ! ! ! ”

Aerendir : “ Quelqu’un pourrait-il m’expliquer ? ”

Vink’lar : “ Vous voulez la version pas rassurante du tout… Ou la version effrayante ? ”

Aerendir : “ ah… Et bien, laissez moi en juger. ”

Vink’lar : “ Elannah, je te laisse lui raconter. ”

Elannah : “ Je te remercie de cette chance… ”

Gourkok : “ Je pourrais le faire ! ! ! ”

Vink’lar et Elannah, s’observant mutuellement, et répondant en chœur : “ oh que NON ! ! ! ”

Zéphyr : “ Bien. Je crois que nous t’écoutons Elannah. ”

Elannah : “Et bien les Gnolls ne sont pas réputés être des lumières d’ingéniosité, ou d’inventivité. Il se trouve qu’Astérion diffère grandement de ses semblables. Il doit d’ailleurs pas loin d’être l’un des rares Gnolls en Varesie, pour ne pas dire le seul. ”

Aerendir : “ Et, où se trouve t il ? ”

Elannah : “ A Kaer Maga… Le repaire des plus grandes canailles de la Varesie, et seul endroit où Astérion peut plus ou moins passer inaperçu compte tenu de son état de Gnoll… ”

Glingal : “ Nous avons déjà discuté de cette option, et de tous les dangers susceptibles de nous tomber sur le dos dans cette cité dépravée… ”

Alvynia : “ Peut être. Mais si une nouvelle option s’offre à nous, on se doit de l’examiner. ”

Elannah : “Il s’agit d’une option que l’on pourrait qualifier de …originale. ”

Aerendir : “ Soyez plus précise. ”

Elannah : “ Disons qu’Astérion déborde d’inventivité… Et collectionne des inventions dont certaines peuvent être qualifiées de rocambolesques ! ! ! ”

Gourkok : “ Rocambolesques… J’me marre ! ! ! C’était génial… Les Duergars n’en sont toujours pas revenus ! ! ! ”

Vink’lar : “ Et ils ne sont pas près de le faire… Ils sont tous morts ! ! ! ”

Gourkok : “ Ouais… Dommages collatéraux… ”

Elannah : “ On a failli y passer aussi, je te rappelle… ”

Gourkok : “ T’exagère… Y avait encore une marge de sécurité… ”

Vink’lar : “ D’un doigt… ”

Gourkok : “ Exact. Mais bien suffisante… ”

Aerendir : “ Je suis heureux de constater que vous n’avez pas le même avis, mais ce serait bien d’expliquer de quoi il retourne exactement ! ! ! ”

Gourkok : “ Et bien nous avons eu la chance de pouvoir naviguer avec une machine révolutionnaire sur le fleuve… C’était quoi le nom déjà. ? ”

Vink’lar : “ Là n’est pas l’important. ”

Gourkok : “ T’as raison ! ! ! C’est la machine révolutionnaire l’important… ”

Vink’lar : “ Elle est en miettes ! ! ! ”

Gourkok : “ Pas totalement… ”

Elannah : “Si tu veux parler du mat auquel on s’est raccroché, il n’a pas terminé dans un état particulièrement meilleur… ”

Gourkok : “ C’est pas faux… ”

Aerendir : “ Mais quelqu’un pourrait il expliquer clairement ce qui s’est passé ! ! ! Et du début ! ! ! ”

Elannah : “Vous avez raison. Ca doit remonter à peu près à deux ans. Nous étions en mission à Kaer Maga. Un notable de Korvosa nous l’avait confié. Nous devions récupérer un petit tableau dans une demeure d’un des gros bonnet de la pègre local de Kaer Maga.
Ce que nous ne savions pas, c’est que ce parrain local avait quelques moyens… ”

Vink’lar : “ Une demeure de roi… Des gardes… Un superbe navire… Des gardes… Un casino… Des gardes… ”

Elannah : “Oui… Beaucoup de gardes… Et avec du recul, on peut être satisfait de n’avoir eu à nos trousses qu’une dizaine de ces gardes… En l’occurrence la garde personnelle de ce parrain local, des Duergars (*). ”

Aerendir : “ Ce sont de solides guerriers. Tenaces… ”

(*) Combattants nains ayant ralliés une divinité aux objectifs très obscures, et adepte des sacrifices. La rumeur veut que tous les nains ayant rallié cette croyance aurait formé une nouvelle cité. Malgré leurs recherches, les nains vénérant toujours les anciennes divinités, dont Janderhoff, ne seraient toujours pas parvenu à découvrir l’emplacement de cette cité. Si elle existe… Les rares Duergars rencontrés en Varesie sont souvent des gardes du corps de personnages pas très honnêtes.


Gourkok : “ ah ah ah… Pour le coup, ils sont plus tenaces du tout… Ils s’en ont pris plein la gueule… ”

Elannah : “Je poursuis, si vous le permettez… Bien… Nous sommes donc parvenus à récupérer le tableau sans aucune effusion de sang. Farbround a démontré un talent rare sur ce coup. Nous allions rallier le port, en supposant que le vol ne serait découvert qu’au petit matin. Soit largement le temps de mettre de la distance entre nous et Kaer Maga durant la nuit qui venait.
Hélas, il s’est avéré que ce parrain avait dû faire installer un sort d’alarme sur le tableau. Et nous nous sommes retrouvés poursuivis par une dizaine de duergars à travers les ruelles de Kaer Maga.
Nous avons atteint le port sans aucune difficulté. Malheureusement nous avons constaté que notre bateau n’était plus là. Nous avons dû nous réorienté sur une autre embarcation, celle de Astérion… ”

Gourkok : “ Et quelle balade ! ! ! ”

Elannah : “Gourkok admire tout ce qui sort de l’ordinaire… ”

Gourkok : “ Désolé de t’avoir coupé. ”

Elannah : “L’embarcation d’Astérion était réduite. On tenait à peine à 5. Autant Astérion fut surpris de notre arrivée, autant nous le fument également en voyant un tuyau d’où échapper une fumée noirâtre… ”

Vink’lar : “ Le bateau se déplacer à l’aide de ce qu’il appelait un moteur , bruyant comme une portée de Yasois (*) , ce dernier faisant tourner… une hélice dans l’eau comme il disait…Y avait quand même un mat, avec des voiles repliées. Si j’avais pu imaginer à ce moment quelle était sa fonction…”

(*) Yasois : spécimens canins très prisés, mais très agressifs, de la haute bourgeoisie Korvésienne. Il est de bon ton de posséder celui qui sera le plus bruyant de par ses grognements et jappements graves, mais également le plus agressif. De fait, ces petit animaux, de la taille d’un gros rat, terminent inévitablement dans une aile de la demeure où se déroule l’événement mondain. Là, une “ nounou ” spécialement dédiée à la surveillance de ces petites boules de chair, car dépourvu totalement de poils, tente d’éviter que le nombre de victimes parmi ces Yasois, ne soit pas trop élevé… En effet, il est inévitable, malgré la surveillance exercée, que des “contacts peu amicaux ” se produisent entre les différents individus rassemblés dans ladite aile du bâtiment. Pourquoi ne pas les isolés dans des cages, me direz-vous ? Tout simplement parce que la possession de ces petites bêtes a été accompagnée de la création d’un petit jeu devenu très en vogue dans les hautes sphères de la société korvésienne. Les propriétaires des victimes, soit perdent la mise qu’ils avaient pariée sur la survie de leur Yasois, soit terminent, tout habillés, dans la mer intérieur depuis le ponton principal du port de Korvosa, ce qui est considéré comme une profonde humiliation…

Elannah : “A la vue des Duergars à notre poursuite, il ne fut pas très difficile de convaincre Astérion d’appareiller sur le fleuve… Il faut dire que quelques sorts de ma confection nous avaient permis de ralentir quelque peu nos poursuivants… ”

Vink’lar : “ Pour autant, ils nous ont bien vu embarquer sur le navire depuis le pont qui enjambait le fleuve. Ils n’ont pas tardé à aller eux mêmes s’embarquer sur le fameux navire du parrain dont ils était les gardes… ”

Elannah : “Pour nous prendre en chasse… Leur navire était muni de rames, mais pas de rameurs, visiblement… Ils ont dû eux mêmes s’y coller. Ce qui les a ralenti, et au final nous a permis de rester à bonne distance d’eux. Parce que dans le même temps notre petite coque de noix et son… moteur, peinait à avancer sur le fleuve… ”

Vink’lar : “ Au fur et à mesure, l’écart entre les deux embarcations se réduisait. Ils gagnaient sur nous…Et, à un moment, Astérion s’est rendu compte d’un petit soucis…Puis de plusieurs…en fait .”

Gourkok : “ On en menait pas large, je vous l’avoue… ”

Elannah : “Astérion s’est rendu compte qu’il y avait une fuite. Un liquide noir s’échappait depuis son moteur, et coulait dans la rivière… Puis, on a senti que nous avions les pieds dans l’eau… en raison de quelques trous dans la coque…”

Gourkok : “ C’est sûr, les gnolls ,e sont pas des spécialistes en matière maritime… faut dire à leur décharge que leur habitat d’origine se trouve au Katapesh, en plein… désert. ”

Vink’lar : “ On s’est demandé ce que nous étions allé faire dans cette galère.

Elannah : “Evidemment, ca commençait à sentir le roussi pour nous. ”

Vink’lar : “ C’était loin d’être fini… Astérion poussait des jurons…en Gnoll, tout en tentant de réparer. On y comprenait rien… Et c’est là que tout a empiré…encore… ”

Gourkok : “ Si peu… ”

Vink’lar : “ Toi tu voulais attendre les Duergars et aborder leur navire… C’est sûr que ce n’est qu’après que tu as réalisé le danger de la situation… ”

Elannah : “Pendant que Vinkl’ar et Farbround retenait Gourkok, qui invectivait d’insanités les Duergars désormais à portée de voix, depuis l’arrière de l’embarcation. Je vis Astérion aller vers la proue. Parfois, certains jurons semblent avoir une certaine universalité que tout le monde comprend. ”

Vink’lar : “ On se dirigeait droit vers une cascade d’au moins vingt mètres de haut… Astérion, dans la panique, s’était trompé de direction sur le fleuve… Quant aux Duergars, ils étaient sur nos talons, mais certainement aussi marins que je peux l’être, c’est à dire nul… Tout aussi inconscient de l’existence de la cascade… Et c’est à ce moment que le liquide noirâtre a pris feu… ”

Elannah : “Toute la rivière dans notre sillage s’était embrasée en crépitant fortement, dégageant une fumée noire qui rendit la nuit d’un noir d’encre. On y voyait plus à deux mètres… Astérion fit changer de cap à son embarcation pour remonter le courant, et aller droit vers les Duergars, pour échapper à la cascade. Cependant, compte tenu du vacarme désormais derrière nous, il nous pressa de tous nous tenir au mat, pendant qu’il dégoupillait des sortes de boulons tout autour du mat. Il défit la voile… ”

Vink’lar : “ Nous, on était en train de suffoquer… l’embarcation zigzaguant entre les flammes sur le fleuve… ”

Gourkok : “C’est vrai que l’état du gouvernail, n’a pas aidé… ”

Vink’lar : “ Si tu ne l’avais pas arraché… ”

Gourkok : “La partie qui manipuler le gouvernail seulement… l’autre moitié était encore en place… ”

Vink’lar : “ Et elle allait à droite et à gauche… D’où nos zigzagues”

Gourkok : “Ce qui est formidable avec Astérion, c’est que même s’il pousse des jurons, il reste calme… Il t’a même fait la leçon, en te disant Babord et Tribord…et non droite et gauche lorsque tu lui a expliqué la situation en lui montrant le morceau de gouvernail que tu tenais dans la main… ”

Vink’lar : “Est ce que j’ai une tête de marin ? ? ? ”

Gourkok : “Pas plus maintenant qu’à ce moment là… ”


Elannah : “Une toute petite péripétie en comparaison de e qui nous attendait… Après que tout le monde se soit accroché au mat, on fut propulser dans les airs…aggipé au mat… Après coup, Astérion nous a expliqué n’avoir engagé qu’une partie des … Je ne sais plus comment il a appelé çà, mais en définitive, on est parti en l’air en oblique par rapport au fleuve, et on s’est retrouvé à la verticale de la chute d’eau. La voile a agi comme une sorte de … je me rappelle plus comment il a nommé çà… Un pla…

Gourkok : “Planachute… ”

Elannah : “Et on à continuer de descendre en douceur…en planant, grâce à la voile qui s’était déployée en sorte de losange au dessus du mat. ”

Gourkok : “ C’est le moment que j’aime le plus… Pendant ce temps, en nous propulsant, la petite embarcation a été littéralement projetée sur le navire du parrain. Elle en a explosé… Et les Duergars avec… Toute la proue du navire a été prise dans l’explosion qui nous aveuglé un instant… Le superbe navire du parrain était en flamme… Il a poursuivi sa route, et est tombé dans la cascade… ”

Elannah : “En passant à un doigt de nous dans sa chute…car de notre côté nous étions en train de planer délicatement dans la vasque où se déversait le fleuve en cascade… ”

Gourkok : “ J’aurais pu en allumer un cigare…Mais j’en avais pas sur moi… ”

Vink’lar : “ Quant à Astérion, pendant notre descente, il était en train de se demander s’il n’aurait pas dû mettre des boulon de 12 au lieu de 8… J’ai rien compris… Un fou furieux… ”

Aerendir : “ En effet… Plus qu’original… Gourkok… Quel est le lien avec votre vol sans dragon. ? ”

Gourkok : “ Après cette péripétie, il nous a expliqué qu’il allait travailler sur une machine volante…cette fois. En deux ans, il a dû parvenir à la concevoir… ”

Aerendir : “ A vous entendre, vu son inventivité, et s’il a eu autant de succès qu’avec son embarcation, si sa machine a fonctionné, il doit être mort, à l’heure qu’il est. ”

Gourkok : “Il prévoit toujours une issue de secours… On serait pas là pour en parler, sinon… Donc il doit être vivant. Soit sa machine a pas marché, et il est sur autre chose, soit ca a marché, et c’est notre chance ! ! ! ”

Vink’lar : “ Comme sa selle anti-mal au cul ? ”

Aerendir : “ Sa selle anti…quoi ? ”

Elannah : “Astérion est très imaginatif… ”

Gourkok : “Le hasard a voulu que nous retournions à Kaer Maga… six mois plus tard… Ce qui a de bien dans cette ville, c’est que les parrains ne restent pas longtemps parrain… Par contre, ils servent souvent à nourrir les poissons de la yondabakari…le fleuve qui traverse Kaer Maga. On dit que c’est pour çà que les poissons sont si gros. Ils sont bien nourris. ”

Vink’lar : “ Et on a eu l’occasion de visiter son atelier… Du délire… ”

Elannah : “Mais avant çà… En arrivant sur la place principale de la cité, on a eu l’occasion de voir dans ses œuvres une autre invention d’Astérion… ”

Gourkok : “La selle anti-mal au cul pour les personnes non habituées à chevaucher longtemps… ”

Aerendir : “ Etes-vous conscient, Gourkok, que vous êtes en train de me dissuader de rallier Kaer Maga ? ”

Gourkok : “Faut pas ! ! ! C’était trop… ”
Vink’lar : “ Délirant… C’est le mot que tu cherches, je suis sûr… ”

Gourkok : “ Mais ca a marché ! ! ! Elle avait pas mal aux fesses la donzelle ! ! ! ”

Vink’lar : “ Je ne peux pas dire le contraire… Mais pendue à l’enseigne de la taverne principale, elle devait avoir d’autre soucis ! ! ! ”

Gourkok : “La faute au cheval ! ! ! ”

Elannah : “Et de la selle… ”

Gourkok : “Voire… de la Donzelle… ”

Vink’lar : “Et de la selle… ”

Gourkok : “Problème de réglage, comme a dit Astérion… ”

Elannah : “Le chef du gang dont la Donzelle pendait à l’enseigne, était un peu du même avis que nous… ”

Vink’lar : “La Donzelle aussi… D’ailleurs… ”

Gourkok : “De vrais réfractaires aux progrès ! ! ! ”

Aerendir : “ Euh… J’en reste coi… Mon cher Gourkok, soyons réalistes ! ! ! Je pense qu’il serait judicieux d’envisager une autre… option. ”

Gourkok : “Je ne sais pas si vous l’avais remarqué, mais Kaer Maga est le chemin le plus court pour aller à Celwynvian… pas forcément le plus sûr, je le reconnais… Mais si cette machine fonctionne… ”

Alvynia : “ Gnaxlal et tous ceux qui l’accompagnent seront bientôt aux portes de Janderhoff… Le Nord nous est fermé, puisque la forteresse de Stanz ne va pas tenir bien longtemps… L’Océan Arcadien risque d’être notre tombeau… Quant aux marais de Mush, les risques sont bien trop grands…

Aerendir : “ La plaine des Vertes espérances se poursuit jusqu’à la yondabakari. Une fois que nous l’aurons franchi, nous seront quasiment arrivé à Kaer Maga. Cette partie du voyage ne sera pas particulièrement difficile. Surtout en comparaison du Marais de Mush… En revanche, c’est après que cela va se corser, avec Kaer Maga, et surtout la forêt de Santos.”

Alvynia : “ Le danger est grand. Mais il l’est quelque soit le chemin que l’on empruntera… Même si l’option de Kaer Maga peut paraître surprenante, nous devons la tenter. Si nous ne trouvons pas Astérion, nous poursuivrons à pied jusqu’à Celwynvian. ”

Aerendir : “ En traversant la forêt de Santos ?”

Glingal : “ Je ne sais que dire... J’ai quelques connaissances dans cette forêt. Elles ne me portent pas toutes dans leurs cœurs.”

Aerendir : “ Pareil pour moi… ”

Elannah : “Il y a une seule chose de sûre. En agissant de la sorte, nous prendrons au dépourvu tous nos poursuivants… ”

Zéphyr : “ Si je puis me permettre, nous avons quand même quelques arguments à opposer à tout ce qui pourrait nous barrer la route ! ! ! Surtout vu jusqu’où nous sommes parvenus. ”


Aerendir : “ Ce n’est pas faux… ”

Glingal : “ Si il y a de cela plusieurs lunes, quelqu’un m’avait raconter les événements rencontrés durant ce voyage, j’aurais eu des difficultés à le croire. Il semblerait que cela doivent se poursuive… Une machine volante… Je suis curieuse de voir cela. ”

Vink’lar : “ Et moi, si on m’avait dit que nous ferions tout notre possible pour retrouver Astérion… Je n’aurais eu aucun doute sur l’état défaillant des capacités intellectuelles de la personne qui me l’aurait dit. ”

Alvynia : “ Nous verrons à ce moment. C’est décidé. Droit sur Kaer Maga. Aussi surprenante que puisse être cette solution. ”

Vink’lar : “Je sens qu’avec son bidule volant on va terminer dans la bouche du premier volcan venu… avec notre chance ! ! !”

C’est cet instant que choisirent Astian et Farbround pour revenir de leur reconnaissance et pénétrer dans le bosquet d’arbres.

Farbround : “ Vous en faites des têtes… ”



La tempête avait été terrible.
Le soleil d’Osirion en avait certainement connu d’aussi sévère, mais cette fois-ci, le navire affiché les traces de la rencontre avec celle-ci.

Seul point positif aux yeux d’Aradan, le capitaine Breks avait été emporté par plus lourd que lui… une vague impressionnante avait balayé le pont, et nettoyé tous les grains de poussière que représentait les marins face à la violence des éléments. Et le capitaine Breks faisait partie des grains de poussière victime de ce nettoyage.

L’équipage avait perdu 1/3 de ces effectifs sur ce coup. C’est le second qui avait été promu capitaine en plein milieu de cette tempête.

Le navire faisait désormais route vers Oppara. Certes, les avaries subies ralentirait le voyage, néanmoins, il y avait bon espoir d’atteindre la terre ferme d’ici deux jours, ou trois tout au plus…

Sur le pont, Aradan surveillait tous les marins à leurs tâches de réparation, ou de manœuvre pour faire optimiser la prise au vent du navire.
Aradan entendit des pas derrière lui, et reconnut sans peine la personne qui le rejoignait.

Tzander : “ Nous voici sorti de ce mauvais pas, mon roi. ”

Tzander était un demi-elfe, en charge du commandement d’une partie de la confrérie des chasseurs… Plus précisément, c’était lui qui avait été nommé pour diriger les investigations plus poussées sur la forêt de Santos.
Malgré le fait qu’il soit un demi-elfe, Aradan appréciait beaucoup ce jeune lieutenant. Ses ennemis beaucoup moins. Ils étaient d’ailleurs peu nombreux à l’avoir rencontré et à avoir survécu.

Aradan : “ En effet. ”

Malgen, arrivé en silence, se joignit à la conversation : “ Personne de notre petit comité n’a été victime de cette tempête. ”

Aradan et tzander étaient coutumiers des arrivées silencieuse du mage.
Aradan : “ Ce n’est que miracle si le navire a tenu le choc. ”
Malgen : “ Peut être, mais ce jeune Darian n’y est pas étranger… ”

Tzander : “ Il est brillant. A se demander pourquoi c’était Breks qui commandait. ”

Aradan : “ Vous n’êtes pas non plus étranger à notre survie, Malgen… ”

Malgen : “ Disons que Moi et Darian y avons contribué à parts égales. ”

Tzander : “ Je crains que la menace qui se lève au nord ne représente un plus grand péril que nous ne l’avions escompté jusqu’alors… ”

Aradan : “ Je partage votre avis, désormais. ”

Malgen : “ Il est clair que commander les éléments à une telle distance permet d’affirmer que la puissance de CE ou CES ennemis est loin d’être négligeable. ”

Tzander : “ Vous partez de l’hypothèse que la menace se trouve en forêt de Santos. Nous n’avons pas la certitude qu’elle s’y trouve réellement… ”

Malgen : “ Vous avez raison. Les seules certitudes que nous avons, consiste à savoir que quelque chose se trame dans la forêt de Santos, et que cette tempête a été manipulée grâce à la magie, par une ou plusieurs personnes. Je préfère envisager l’hypothèse qu’ils étaient plusieurs. Dans le cas contraire, la menace serait beaucoup plus grave que ce que l’on peut envisager. ”

Tzander : “ Nous serons bientôt à Oppara. J’ai du mal à imaginer que ces noirs magiciens puissent nous en envoyer une seconde. ”

Malgen : “ Je l’espère. Enfin, plutôt, je ne pense pas. L’énergie qu’ils ont dû mobiliser a été énorme. Je tremble à l’idée qu’ils puissent y parvenir une seconde fois. ”

Aradan : “ De mon côté, je crains que nous ne soyons attendu à Oppara. ”

Malgen : “ C’est malheureusement fort probable…L’ennemi est informé de notre voyage. ”

Aradan : “ Ce qui implique de bien désagréables hypothèses… ”

Tzander : “ Nous avions prévu cette hypothèse. Comme prévu en cas de soucis, nous pourrons débarquer dans la petite crique à moins de 5 kilomètres à l’Ouest d’Oppara. Nos contacts ont dû avoir le temps de préparer des montures et tout le nécessaire pour notre voyage jusqu’à IADARA. ”

Aradan et Malgen échangèrent un regard…

Aradan : “ Je crains que ce plan de secours ne soit devenu caduque…en même temps que la découverte par notre ennemi de notre voyage, mais aussi à cause de la puissance qu’il vient de déployer pour nous envoyer par le fonds… ”

Malgen : “ Je le crains aussi. Nous débarquerons bien dans une crique, Tzander, mais à l’Est de Oppara. Et gageons que nos dieux nous soutiendrons dans la tâche qui nous attend. ”



Une fois que Farbround fut mis au courant des projets qui avaient été arrêtés, tout le monde put constater de quelle manière pouvait se refléter l’incrédulité sur le visage d’un gnome…

Remis de sa surprise, il fut bien en peine de pouvoir apporter des arguments pour s’opposer à l’idée de rallier Kaer Maga et retrouver Astérion. Sans doute en raison des autres options possibles, et toutes comprenant un danger au moins aussi grand, sinon plus.
Il se rassura plutôt à l’idée de ne pas retrouver Astérion, qui devait être mort et enterré depuis longtemps, dans le meilleur des cas, ou flottant quelque part dans les airs, sur Golarion, desséché telle une plante trop près du soleil.

Astian et et Farbround firent ensuite leur rapport sur la reconnaissance qu’il venait d’effectuer.

Celui-ci fut succinct. A part le passage d’une importante troupe naine qui avait pris la direction de la forteresse de Stanz, il y a de cela au plus deux journées.

Alvynia : “ Rien de surprenant à cela… La 1ère armée naine a dû se mettre en route dés que la nouvelle du siège de la forteresse de Stanz est parvenue à Janderhoff… ”

Aerendir : “ Alors ne tardons plus à nous restaurer. Nous nous mettrons en route dés que nous aurons fini.. Nous devons faire un bon bout de chemin avant la nuit. Nous éviterons ainsi les mauvaises surprises… ”

A l’issue d’un maigre repas, Le détachement de nains pris congé. Son capitaine avait décidé de rallier Janderhoff pour faire un rapport sur la situation. D’après les informations d’Alvynia, le capitaine aurait notamment à annoncer la défaite à venir, très probable, de la 1ère armée naine envoyée à la forteresse de Stanz.

Bien qu’amputé des éclaireurs nains, le groupe restant était composé de 17 personnes.
Il y a avait donc Glingal, Aerendir, Alvynia, Bromard et Garken, Gourkok, Vink’lar, Elannah, Farbround, Zéphyr, Astian et six archers elfes.
Le bosquet d’arbres disparu rapidement derrière eux… Elannah s’était remise des blessures infligées par les hommes serpents… Durant le restant de la journée, le petit groupe progressa à vive allure à travers la plaine.
Les grandes herbes ralentissaient quelque peu la progression, mais lorsque le ciel commença à virer au rouge, une bonne distance avait été parcourue.
Le campement fut installé au milieu d’un des innombrables bosquets parsemant la plaine.

Alvynia se tenait à l’orée du bosquet. La nuit était tombée. Pendant que chacun vaquait à ce qui lui avait été assigné par Aerendir, le regard d’Alvynia se porta vers le Nord. Elle contemplait la ligne d’horizon, scrutant ce qui était invisible au commun des mortels…
Aerendir la rejoignis …

Aerendir : “ Tu l’as senti toi aussi ? ”

Alvynia : “ Oui… La 1ère armée naine n’est plus qu’un souvenir… ”

Aerendir : “Gnaxlal et Algrion n’ont pas ménagé leurs efforts durant cette journée… ”

Alvynia : “ Maître Grohar nous a quitté… Sa flamme s’est éteinte à jamais, non sans avoir brillé d’un intense éclat l’espace d’un instant… ”

Aerendir : “Malheureusement, Gnaxlal et Algrion semblent toujours aussi vigoureux. Ils n’ont donc pas été la cible de l’ultime colère de Maître Grohar… ”

Alvynia : “ Non… Mais quoi qu’est pu être la cible de sa colère, son sacrifice devait être indispensable. J’ai des frissons rien qu’à l’idée de qui ou quoi a nécessité la mort de notre ami. ”

Aerendir : “Retournons près du feu, mon amie. Nous avons une longue route qui nous attend demain, dés l’aurore. Il est trop tard pour s’apitoyer sur les morts, concentrons nous sur les vivants, et tous ceux que nous pouvons encore sauver par nos actions… ”

La nuit fut calme, selon la définition d’un aventurier moyen… Chacun put donc se reposer.

Le seul petit fait marquant de la nuit, se limita à une visite d’un petit groupe de gobelins dépenaillés cherchant à chaparder ce qui pouvait leur tomber entre les mains.
Bromard et Garken mirent un point d’honneur à rapidement les mettre en fuite, le tout sans oublier de réveiller tout les habitants des environs grâce à leur sens de la discrétion et de la mesure pour faire face à une maigre menace...

Au petit matin, chacun put remarquer à quel point les environs se rappelleraient, pour un petit moment, du passage des deux ogres jumeaux…

Après être sortis du bosquet, Alvynia et Astian contemplaient un petit bout de plaine, dépourvu de toute végétation…
Garken et Bromard à ses côtés…

Aerendir, Gourkok, Zéphyr et Vink’lar juste derrière.

Vink’lar : “ Mon imagination me joue des tours, ou bien n’y avait- il pas un petit étang par là-bas ? ” Et le nain désignant de la main une zone à moins de 100 mètres du bosquet…dépourvue de toute végétation.

Gour’kok, pour lui même : “ Et moi qui voulait du poisson… ”

Alvynia : “ Vous ne vous trompez pas messire Nain… ”

Astian : “ Tu as encore Zozoter par inattention Garken ? Il n’y avait pourtant pas d’hommes serpent à proximité…”

Garken : “ Ce n’est quand même pas ma faute si les gobelins ont une voix suraiguë et stridente… Ils en ont encore perturbé ma concentration… ”

Alvynia : “ Les mots de pouvoirs… ”

Garken : “ Oui. Je sais ! ! ! Les mots de pouvoirs peuvent avoir des conséquences imprévues… ”

Alvynia : “ Et les gobelins ? ”

Bromard : “ Ils sont repartis culs nus… leurs vêtements doivent être là où l’eau est allée… ”

Vink’lar, curieux : “ Ah. Et où est-elle allée ? ”

Zéphyr : “ J’ai bien une petite idée… Mais je suis sûre que les jumeaux se feront un plaisir de vous le révéler eux-mêmes… ”

Cette petite réflexion eu pour conséquence immédiate d’attirer sur elle les deux regards noirs de Bromard et Garken.

Devant ces regards, Vink’lar, pour lui-même : “ Bon, et bien je crois que je préfère laisser travailler mon imagination… ”

Alvynia, se crispant un peu : “ Ca suffit. Faire disparaître un étang pour… combien de gobelins ? ”

Garken : “ Trois… Peut être six… ”

Alvynia : “Trois… ou six ? Ce n’est pas la même chose…”

Bromard : “ Ben… trois culs nus… Et peut être trois autres avec l’eau et les vêtements… ”

Alvynia : “Pourquoi Peut être… Vous ne savez pas exactement ? ? ? ”

Garken : “ En fait… Y avait tellement d’eau, qu’on ne sait pas combien y étaient… dans l’eau… ”

Alvynia : “oh. ”

Garken : “ Ils auraient pu être dix… ”

Bromard : “ ou vingt… ”

Zéphyr : “ … Ou trente… Qui sait ? En ce moment, avec vous, le nombre de créatures terrestres désireuses involontairement de changer de milieux de vie est en forte augmentation ! ! ! ”

A nouveau deux regards noirs fixèrent Zéphyr...

Alvynia : “Ca suffit ! ! ! Reprenons notre marche ! ! ! Tant pis pour l’étang ! ! ! ”

Zéphyr : “ … Et pour les poissons aussi…J’en aurais bien mangé, cela dit… ”

Garken : “ Si tu le souhaites, je peux ramener l’étang jusqu’à toi, ou un autre… Comme ça tu les auras tes poissons ! ! ! ”

Zéphyr : “ Trop aimable à vous … Mais non merci. ”
Sur ce, elle se détourna des deux ogres et pris la direction de ses affaires à l’intérieur du bosquet.

Ce qui eu pour effet de faire grommeler de rage les deux ogres.

Alvynia : “Arrêtez vous deux ! ! ! ”

Bromard : “ Tu sais que nous ne portons pas dans notre cœur les dragons… ”

Garken : “ Et elle encore moins ! ! ! Elle est horripilante et agaçante ! ! ! ”

Alvynia : “Comme ça, vous savez ce que j’éprouve lorsque vous usez de votre magie avec autant de discrétion qu’un volcan en pleine éruption ! ! ! ”
Et elle les planta tous les deux, stupéfaits de cette réaction.

Gour’kok : “ C’est dommage pour les poissons… J’en avais envie aussi ! ! ! Grillés au feu de bois, c’est succulent Vous ne trouvez pas ?”

A son tour, Gourkok s’attira les foudres des regards des deux ogres.

Gour’kok : “ Bon. Ce que j’en disais… ”
Le demi-orc se détourna à son tour, et rentra dans le bosquet.

Vink’lar ne se laissa pas prier, et rentra dans le bosquet aussi.

Seul, Aerendir et Astian restèrent avec les deux ogres.

Astian s’adressa aux ogres: “ Vous inquiétez pas tous les deux, il faut bien la comprendre, vous êtes doués dans l’exagération… ”

Aerendir : “ Mais pas dans la discrétion… Avec l’âge, vous apprendrez… Et puis voyez le bon côté…Si le conseiller Grendil était là, il aurait déjà eu une attaque d’apoplexie…Et comme il est absent, non seulement il ne l’aura pas eu, mais en plus il ne narrera pas vos exploits dans tout Golarion... ”

Sur ces paroles, tous les quatre rentrèrent dans le bosquet.

Il fallut peu de temps à chacun pour être prêt, et reprendre la route à travers la plaine des Vertes espérances.
La journée passa sans encombre. La progression du groupe était lente. Les hautes herbes gênaient énormément la marche.
La nuit se déroula sans encombre également. Les étangs environnants apprécièrent sans doute la bienveillance des ogres à ne pas recourir à leur pouvoir.
Avant cela, le soir, tout le monde pu profiter des poissons pêchés par Gour’kok, dans lesdits étangs, y compris les deux ogres qui admirent que les poissons grillés des étangs étaient tout aussi bons que ceux de toute Océan.

Au matin, le petit groupe reprit sa route.

Alors qu’il cheminait aux côtés d’Alvynia, Aerendir lui prit : “ Je sens que quelqu’un approche… ”

Alvynia se concentra, et perçu à son tour l’aura de l’étranger qui approchait : “ A couvert tout le monde ! ! ! ”

Vink’lar : “ A couvert… A couvert… Elle est bien drôle celle là ! ! ! On est en plein milieu d’une plaine toute plate, et à perte de vue… A part un bosquet d’arbres de ci de là… ”

Alvynia passa à côté de lui : “ Justement, Messire Nain ! ! ! Courez ! ! ! ”

Bromard et Garken furent les premiers à détaler vers le premier bosquet d’arbres le plus proche. Bientôt suivis de Zéphyr et Gour’kok, puis de tout le reste de la troupe…

Vink’lar, s’adressant à la grande l’Elfe : “ Je déteste courir ! ! ! Est ce que je vous l’ai déjà dit ? ? ? ”



Gnaxlal avait choisi deux basilics et une dizaine d’orc pour l’accompagner dans cette reconnaissance.

Le magicien de l’ombre avait pris place sur le dos d’un des deux Basilics, équipé d’une selle pour cheval, ce qui n’était vraiment pas pratique...

Dans les hautes herbes de la plaine, la progression était plus lente que Gnaxlal n’avait escompté. Les basilics avaient quelques difficultés pour avancer, notamment en raison du temps passé par ces créatures à goûter les pousses d’herbes se présentant devant eux, ce qui avait le don d’exaspérer le magicien.

Ce dernier n’avait pas imaginé une seconde que ces créatures puissent être aussi friandes des herbes poussant dans cette région.

Il arrêta sa monture de fortune. Il détacha sa gourde, et pris une gorgée d’eau, et la raccrocha à sa selle. Il observait les environs, lorsqu’un point brillant attira son regard dans le ciel.

Gnaxlal : “ Mais qu’est ce que ca peut bien… ”
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase…

Une averse de bloc de glace gros comme des rochers venait de commencer à s’abattre sur lui et son escorte ! ! !

Quelques secondes suffirent pour que trois orcs périssent écrasés telles des mouches par une tapette géante…
Le second basilic fut littéralement coupé en deux par deux énormes blocs de glace…

La monture de Gnaxlal, prise totalement de panique détala dans l’instant, et désarçonna son cavalier ! ! !

Jamais Gnaxlal n’avait vu courir aussi vite un Basilic, surtout de sa position actuelle.

De même, Gnaxlal ne s’était jamais retrouvé non plus, le pied coincé dans l’étrier, à traîner par terre à la suite de sa monture. A cet instant, il se représentait telles ces boîtes de conserve en métal bringuebalant derrière un chariot, lors de certaines cérémonies religieuses humaines,
Il eut à peine le temps de ressentir le choc sur son crâne d’une pierre qui dépassait de la terre, et de se demander :
“ Mais que fait un de ces pitoyables gobelins à l’intérieur de ces blocs de glace ? ? ? ”
Au moment où une énorme masse de glace venait d’écraser les derniers orcs de son escorte, et lui de sombrer dans l’inconscience ! ! !


Depuis la plage, Aradan observait le navire qui les y avait déposé.

Tzander vérifiait les montures de toute la délégation. Celle-ci était composée d’une dizaine de personnes. En son absence, Aradan avait confié à sa reine, le soin de gouverner le royaume.
Malgré son désaccord, Aradan n’était pas parvenu à convaincre sa fille, Yavana, de ne pas participer à l’expédition.

Yavana était une gracile jeune fille. Lors des diverses cérémonies ponctuant le règne d’un souverain, sa grâce et sa prestance était vanté par tous les participants.
Cependant, la comparaison avec les autres jeunes filles de son âge s’arrêterait là. Véritable garçon manqué de la demeure royale, Yavana avait la particularité de rarement ne pas être présente à l’endroit où une aventurière à la vie trépidante devait se trouvait…
Aradan ne savait plus comment s’y prendre pour raisonner sa fille, de façon à ce qu’elle ne se précipite pas droit vers le danger, à chaque fois que celui-ci se présentait.
Malgré le fait d’avoir affecté deux gardes du corps à la protection rapprochée de sa fille, la sérénité dAradan, quant à la sécurité de sa fille, était plus que précaire.
Cette condition n’était pas étrangère au fait que plusieurs gardes du corps, jusque là une bonne vingtaine, avaient été des victimes, plus ou moins gravement atteintes, de cette tâche. Jusqu’ici, cependant, aucun n’avait péri dans le cadre de ce devoir.
Malgen gardait également la trace, notamment son nez, de l’énergie débordante de Yavanna.
Alors que celle-ci n’était encore qu’une enfant, le mage avait eu le bonheur, tout relatif, d’intercepter une lourde porte de bois avec son visage.
Cette triste affaire était survenu lorsque Yavanna était dans ses travaux d’apprentissage. Malgen était alors son maître d’étude.
Il remontait un des escaliers de la demeure royale, pour vérifier où en était Yavanna de ses exercices, lorsque celle-ci trouva de bon goût de pousser très fort la porte du laboratoire personnel du mage.
Malgen rencontra la porte… Yavanna, la colère du mage…

Aradan était presque satisfait d’avoir rencontré la tempête.
Avec un mal de mer carabiné, Yavanna était resté cloîtrait dans sa cabine toute la traversée.
Qui aurait cru qu’une casse-cou pareille puisse être aussi sensible aux mouvements provoqués par la houle océanique.

En ce moment, Malgen s’entretenait avec le jeune capitaine Darian, lui remettant sans doute, le solde du prix de la traversée.

Ils étaient arrivés à bon port. Enfin presque. Ils n’étaient pas du tout à l’endroit qu’ils avaient prévu.

A l’origine, il devait débarquer à l’Ouest d’Oppara. Puis la tempête et tout ce qu’elle impliquait, les avait amené à revoir leurs plans et débarquer à l’Est de cette cité.
Pour finir, ils étaient bien à l’Est, mais pas à 5 kms de la cité, comme escompté. En fait, la tempête avait dû avoir des effets inattendus sur l’atmosphère et donc sur les vents. Ces effets les avaient conduit à plus de 50 kms du lieu prévu.

Au moins, aucun ennemi ne déboucherait du couvert des arbres avec l’intention de les faire passer de vie à trépas.


Cela faisait à présent plus d’une demi-heure que tout le groupe s’était réfugié dans le premier bosquet d’arbres venu…
Chacun épiait l’horizon… Aux dires d’Aerendir et Alvynia, un puissant magicien s’approchait.

Malgré l’aura qui émanait de celui qui se déplaçait droit vers eux, ni Aerendir, ni Alvynia n’était en mesure de définir avec précision de qui il pouvait bien s’agir.
Tous les deux avaient cru, dans un premier temps, que Gnaxlal les avait retrouvé.

Or, le mystérieux magicien qui se rapprochait, avançait lentement, visiblement à pied.
Il paraissait invraisemblable que Gnaxlal s’abaisse à cela.

En outre, Aerendir et Alvynia l’avait détecté très tardivement. D’après leurs estimations, au moment où ils avaient discerné l’aura, il ou elle devait se trouver à moins de deux kilomètres d’eux. Avait-il fait usage de la magie pour se téléporter ?

Vink’lar était heureux d’être sous le couvert des arbres. Après avoir pesté contre la course effrénée qui l’avait conduit jusqu’ici, il avait enfin repris son souffle.

Vink’lar s’adressant à Alvynia : “ Votre magicien a décidé de faire des ronds dans la plaine ? ”

Alvynia : “ Je ne sais quoi vous répondre, Messire nain. ”

Aerendir : “ Il approche très lentement. C’est très bizarre…Il avance, puis il s’arrête. Et il fait cela depuis que nous nous sommes dissimulés ici. De sa position, nos auras respectives devraient l’alerter… ”

Alvynia : “ C’est même une certitude… ”

Garken : “ Là ! ! ! ”

L’ogre venait de désigner une silhouette qui se découpait sur l’horizon…à moins de trois cent mètres du bosquet.


Algrion fixait les remparts de Janderhoff.
Le départ de Gnaxlal l’avait troublé.

Cela dit, elle devait bien convenir que laisser aux mains de ce misérable Faërendel, l’armée qu’elle et Gnaxlal avait réussi à constituer, avec l’aide de ce mystérieux commanditaire, était impensable.

Sans elle, ce sinistre crétin elfe aurait déjà lancé l’assaut sur la capitale naine, alors même qu’aucune arme de siège n’avait encore été présente (pour celles qui avaient servie à la forteresse de Stanz) ou construite sur place.

Même les lièvres de la plaine des vertes espérances étaient redevables à Algrion, désormais...

Hier, Faërendel avait trouvé bon de rassembler une centaine de Crost afin de prendre d’assaut ce qu’il prenait pour des grottes naines alors qu’il s’agissait en fait… de terriers d’une espèce de lièvre locale un peu plus grosse que la moyenne.

Alors que les heures s’écoulaient en présence de ce sombre crétin, Algrion s’interrogeait de plus en plus sur les raisons qui pouvait expliquer que ce Faërendel fasse partie des plans de ce mystérieux commanditaire, et encore plus qu’il puisse être encore en vie, compte tenu de sa tête à claques.

Pour l’heure, Algrion avait donné des ordres pour organiser le siège de Janderhoff. Et Faërendel était… là où il était, c’est à dire hors de vue de la magicienne de l’ombre.
Algrion se parla à elle même : “ J’espère qu’il n’est pas encore parti en quête de terrier ! ! ! ”

A cette remarque, un soldat posté à proximité, de sa voix caverneuse : “ Ma dame ? ”

Elle ne prit même pas la peine de lui répondre. Elle se dirigea vers sa tente qui devait avoir été installée.



Grendil : “ Ma reine ! ! ! C’est de la folie ! ! ! ”

Anastraëlle : “J’ai pris ma décision, Conseiller… Je croyais avoir été assez clair.”

Grendil : “ Certes, certes… Mais vous partez dans l’inconnu. Et découvrir nos positions de la sorte, alors que l’ennemi frappe à nos portes ! ! ! ”

Anastraëlle : “Nos positions sont suffisamment fortes pour tenir. Quant à attendre que l’ennemi se pointe pour nous écraser après qu’il se soit regroupé, n’est-ce pas aussi fou ? ”

Grendil : “ Je ne peux me taire sur la folie que vous voulez entreprendre ! ! ! L’ennemi sera bientôt trop fort. Ici, nos défenses pourront peut être brisées son élan… ”

Anastraëlle : “ Peut être… Mais je n’aime pas l’incertitude. Surtout si celle-ci doit nous être fatale ! ! ! Général. En route ! ! ! ”

Tinüviel : “ A vos ordres, Ma reine ! ! ! ”

Grendil : “ Ma Reine ! ! ! Je vous en conjure… Soyez raisonnable ! ! ! ”

Anastraëlle : “ C’est ce que j’ai fait jusqu’ici, et voyez le résultat… Pas très brillant, convenez-en ! ! ! ”

Au cours des derniers jours, après avoir séché ses larmes, la Reine avait beaucoup réfléchi. Sa réflexion l’avait amené à une évidence. L’ennemi semblait surgir de toute part :
- Des profondeurs de la balafre de Mormegil,
- Des Monts de l’Esprit,
- Des plateaux de Storval…

Le Général Tinüviel en avait eu la confirmation. Une troupe de géants et d’orcs était en train de faire mouvement vers le sud depuis les montagnes Kodar… Les estimations de son importance divergeaient.
A présent, cette armée avait quitté les plateaux de Storval. Elle avait ravagé la ville d’Urglin, située à un peu plus de 100 kilomètres au Sud.
La cité, forte de quelques milliers d’âmes, n’était désormais plus qu’un tas de cendres fumantes, ses habitants, pour les survivants, jetés sur les routes pour fuir cette inattendue invasion.

Getraz, l’espion de Tinüviel, avait transmis un rapport limpide sur la situation. Il estimait cette armée à plusieurs centaines de géants, et trois bons milliers d’orcs. Dans ce rapport, il indiquait également rejoindre Kaer Maga. Il n’avait pas la certitude de la route que prendrait l’armée des Géants et des orcs, cependant, selon toute vraisemblance, Kaer Maga était la ville la plus importante avant la plaine des vertes espérances, et une route obligée pour traverser la Yondabakari…

Anastraëlle avait donc décidé de mobiliser quatre régiments, soit près de deux milles hommes, pour rallier la Varisie, et plus précisément Port Enigme.
Il y a de cela quelques jours, des pigeons avaient été envoyés pour informer les humains de la situation, et de la menace qui commençait à se préciser.
Elle espérait qu’une armée humaine l’attendrait pour se joindre à ses troupes, après les quatre jours que durerait le déplacement de son armée.

L’heure n’était plus à l’attente, mais à l’action.
Son armée se mis en marche.

Grendil : “ Mais… Ma Reine… Qui va commandait en votre absence ? ”

Anastraëlle : “ Et bien… Vous ! ! ! ”

Devant la mine déconfite de son conseiller : “ Quoiqu’à la réflexion, jusqu’ici, vos suggestions ont pour le moins eu des résultats forts décevants… Vous ne pouvez donc que vous améliorer ! ! ! ”
Sur ces dernières paroles, elle planta donc le conseiller Grendil, et son air atterré… Pour rejoindre le général Tinüviel qui devait s’être postée en tête.


Alors que Glingal, Bromard, Astian, Elannah et les archers elfes surveillaient le bosquet à l’opposé. Sur le ton du murmure :

Vink’lar : “ C’est qui cet ébouriffé ? ”

Alvynia : “ Sachez Messire nain, que si je le savais moi-même, je vous en informerais ”

Gourkok, rampant jusqu’à eux, et s’intercalant entre Aerendir et Alvynia : “ C’est qui ce cul terreux qui se pointe ? On dirait qu’il a pris un bain de boue en compagnie des sangliers du coin ! ! ! ”

Alvynia : “ Comme je le disais à votre ami, Je n’en sais rien ! ! ! ”

Gourkok : “ oh ”

Vink’lar : “ C’est vrai qu’il est pas très reluisant… C’est pas l’idée que je me faisais de Gnaxlal…”

Aerendir : “ Je ne pense pas qu’il s’agisse de Gnaxlal, en l’occurrence… ”

Garken : “ Bon qu’est ce qu’on fait ? ”

Zéphyr rejoignit, en rampant, tout ce petit monde : “ Je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre ce que vous disiez… ”

Garken, sarcastique : “ Ca m’aurait étonné… ”

Zéphyr, sur un ton ironique : “ Dépenaillé, et tout boueux… Il a dû tomber dans l’étang que vous avez asséché dernièrement ! ! ! Je vous suggère de lui faire connaître vos talents en matière de lessive… ”

Alvynia : “Ca suffit, vous deux ! ! ! ”

Aerendir : “ Il a l’air d’un vrai épouvantail… Pourtant, il est habillé d’une robe de magicien… Ce n’est pas un elfe, on dirait un homme… ”

Garken : “ Bon… On lui tombe sur le râble ! ! ! ”

Zéphyr : “ sans zozoter… ”

Garken, haussant le ton : “ VOUS ME CHAUFFEZ LES OREILLES, PETITE DRAGONNE… ”

Zéphyr : “ Oh… Que voilà de bien méchantes paroles dans une bouche si frêle… ”

Le mystérieux inconnu continuait d’avancer lentement, traînant les pieds…Il passa à proximité du bosquet.

Alvynia : “CA SUFFIT, vous deux ! ! ! Je ne veux pas vous y reprendre… ”

Aerendir : “ Non d’un… Je crois qu’il a entendu… Il viens de s’arrêter, et regarde dans notre direction… ”

L’inconnu : “ Ohé… Y a quelqu’un ? ? ? ”

Vink’lar : “ En matière de discrétion… On peut faire mieux… On peut toujours lui répondre :… Y a personne… Mais J’ai un peu de mal à croire qu’il gobera le mensonge… ”

Alvynia se leva, s’éclaircit la voix : “ Peut-on savoir qui vous êtes ? ”, et sortit de sous le couvert des arbres.

L’inconnu : “ Bonjour Belle Dame. Je me nomme Loz. Je suis Shoantis (*). ”
Voyant l’Elfe l’examinait de pied en cape :
“ Veuillez pardonner ma tenue vestimentaire, mais j’ai été la victime d’un phénomène naturel aussi surprenant que déroutant.”

Alvynia : “ Bonjour à vous. Je me nomme… Acrila, Messire Loz…Je voyage avec mes compagnons, et ces terres semblent devenir de moins en moins hospitalières… ”

Loz : “ Vos compagnons ? ”

Sur ces entrefaites, Vink’lar Aerendir et Zéphyr vinrent se placer à côté de la magicienne.

Loz n’eut même pas un mouvement de surprise. Ce qui intrigua les quatre compagnons. Les avait il déjà repéré avant même qu’ils ne se fasse remarquer ?

Loz, s’inclina : “ Mes respects à vous tous. ”

Aerendir: “ Serait-il trop curieux que de vous demander quel phénomène naturel ? ”

Loz : “ Du tout… D’énormes blocs de glace tombant du ciel, et pour certain renfermant des gobelins… ”

Alvynia : “ Oh…Comme je vous le disais, de nombreux dangers parcourent nos contrées en ces temps troublés… ”

Vink’lar, pour lui même : “ Et bien maintenant, je sais où est allée l’eau, et les gobelins… ”

Loz : “ mais rarement d’aussi surprenant… ”

Alvynia : “ Peut-on s’enquérir de ce qui vous amène par ici ? ”

Loz : “ Je suis soigneur, magicien à mes heures, mais également marchand… ”

Zéphyr : “ Vous me semblez voyager léger pour un marchand ? ”

Loz : “ C’est que ma monture a cru bon de déguerpir en plein milieu de l’averse de glace, emportant tous mes effets personnels par la même occasion, tout en me jetant à terre au préalable. ”

Alvynia : “ Croyez bien que vous nous en voyez désolé. ”

Aerendir: “ Peut on savoir quelle était votre destination, avant ces regrettables évènements ? ”

Loz : “Je ne pense pas vous avoir entendu vous présenter messire, A qui ai-je l’honneur ? ”

Aerendir: “ En effet. Veuillez me pardonner pour cet oubli. Je me nomme… Gendir… Soigneur de mon état, également. Magicien lorsque cela s’avère nécessaire… ”

Alvynia : “ Et voici Vink’lar et Zéphyr… Nos autres compagnons attendent sous le couvert des arbres. ”

Loz : “Vos autres compagnons ? ”

Alvynia : “ Je devrais plutôt dire, notre escorte pour faire face aux dangers de la plaine. ”

Gourkok et Garken sortirent à leur tour. Alvynia les présenta.
Puis, Bromard, Astian et ses archers et enfin Glingal vinrent se présenter.

Elannah fut la dernière.

Loz : “Votre fille est charmante, Dame Acrila. ”

Alvynia, jetant un coup d’œil entendu à Elannah : “ J’en conviens Messire Loz. Elle est la fierté de notre famille. ”

Loz : “Vous le pouvez, en effet. Et pour répondre à votre question, messire Gendir, je me rendais à Kaer Maga. ”

Alvynia : “ Que c’est intéressant. Nous avions envisagé d’y passer également. ”

Loz : “Etes vous aussi commerçante ? ”

Alvynia : “ Et bien non. Je dirais plutôt experte en diplomatie en tout genre. Nos commanditaires souhaitent que nous arrondissions les angles dans une affaire… épineuse, dirons nous. A proximité de cette cité, justement.”

Loz : “Me permettez-vous de vous accompagner en ce cas ? Les routes ne sont pas sûres, et rallier votre groupe améliorera significativement ma sécurité… ”

Vink’lar, pour lui-même : “ Pas forcément la nôtre, par contre… ”

Alvynia : “ Et bien, si vous ne voyez pas d’inconvénients à ce que je consulte mes compagnons sur la question. ”

Loz : “Mais non… Je vous en prie, faites donc. ”

Elannah,, Zéphyr, Vink’lar, Alvynia et Aerendir se retirèrent pour discuter entre eux.

Vink’lar : “ J’aime pas ce type. Me fous des frissons dés que je le regarde… ”

Elannah : “ Il est charmant, bien au contraire… ”

Vink’lar : “ J’aime pas son sourire en coin… ”

Zéphyr, totalement insensible : “ On est pas venu là pour discuter de son physique, il me semble… ”

Alvynia : “ Aerendir ? ”

Aerendir : “ Ce n’est pas Gnaxlal… Mais ce n’est pas une faible créature non plus. J’ai discerné de la magie en lui… ”

Alvynia : “ J’en conviens. Son aura magique est significative. Ce qu’il y a de plus troublant, c’est qu’il semble être en mesure de la masquer plus ou moins. Seul les meilleurs magiciens en sont capables. ”

Aerendir : “ Certains magicien Shoantis ont cette faculté… ”

Alvynia : “ Et j’en suis capable également, désormais… ”

Aerendir : “ Ce que vous aviez omis de m’indiquer… ”

Vink’lar : “ Je n’aime pas son sourire entendu… ”

Alvynia : “ Messire nain, nous entendons vos griefs, mais pour le moment, aucun élément ne nous permet de le considérer comme un ennemi potentiel. Soyons seulement prudent, et sur nos gardes.”

Elannah : “ Alors c’est décidé. Il viens avec nous… ”

Et la jeune demi-elfe de se diriger vers Loz pour lui annonçait la bonne nouvelle.

Alvynia : “ Bon… Et bien je crois que… ma fille adoptive… a pris la décision. ”

Zéphyr : “ Il semblerait… Ne dit on pas qu’il faut garder ses ennemis près de soi, pour mieux les surveiller ? ”

Vink’lar : “ Personnellement, plus mes ennemis sont loin… Et mieux je me porte ! ! ! ”

(*) : Shoantis : peuple nomade natif de Varisie, composé de sept tribus. Présents bien avant que viennent les premiers colons du Cheliax, ils furent entraîné dans une guerre sanglante contre les premiers colons Chélaxiens.
Ils perdirent cette guerre et furent repoussés à l’intérieur de la Varisie, où ils vivent désormais. Bien que la guerre soit terminée, ils haïssent toujours ces colonisateurs qui ont fondé des villes comme Port énigme, Korvosa ou Magnimar. Cette rancœur est tenace, et est encore responsable de quelques escarmouches sanglantes dont les vainqueurs sont alternativement les shoantis, puis les Néo-Varisiens (**).

(**) Néo-Varisiens : Colons chélaxiens ayant conquis une partie de la Varisie du temps de la grandeur du Chéliax. Puis, la puissance du Chéliax déclinant, ces colons ont fait sécession avec leur ancien empire pour devenir indépendant et créer la Varisie.



Gnaxlal ouvrit péniblement les paupières…
Son premier réflexe fut d’observer les alentours, et de constater qu’il était affalé, allongé sur le sol, la tête reposant sur une créature…sans doute morte. Elle avait une large blessure sur le flanc droit.
Il avait mal à la tête. Il palpa son crâne et y découvrit un bosse de la taille d’un œuf de pigeon.

Il fit l’inventaire mental de toutes ses douleurs, ses éraflures et autres griffures…

Puis, il commença à s’interroger sur lui même à voix haute: “ Mais où je suis ? ”

Puis : “ Mais qu’est ce que je fais ici ? ”

Il tenta de se relever, et en y parvenant, constata avec bonheur qu’il n’avait aucune blessure grave.

Une fois debout, il regarda tout autour de lui. Il était dans un bosquet d’arbres. Nul trace de danger, à priori…ni présence d’êtres vivants…

Il s’empara de la gourde encore accroché à la selle, et y but une gorgée d’eau.

C’est là, qu’il réalisa.
Il se concentra, cherchant dans ses souvenirs.
Mais malgré toute l’intensité de sa concentration, il ne récolta qu’un mal de tête plus prononcé.

Il s’interrogea, pour lui même : “ Concentres-toi… nom d’un… ”

Malgré tous ses efforts, il ne parvint pas à découvrir ce qu’il était en train de chercher.
Il ne parvenait plus à se rappeler son nom…
La colonne avançait sur une piste étroite à travers la plaine du Taldor.
Aradan et sa délégation avait parcouru une bonne distance et laissait Oppara loin derrière eux.

Yavana faisait devenir chèvre ses gardes du corps en souhaitant être avec Tzander en éclaireur.

En définitive, Aradan avait accepté que Tzander joue le rôle de garde du corps en lieu et place des deux elfes qui étaient jusqu’ici assignés à cette tâche.
Deux personnes en reconnaissance seraient toujours plus discrets que quatre…

Restait à espérer que Yavana soit attentive aux consignes de Tzander, ce qui n’était pas gagné…

Yavana était allongée aux côtés de Tzander. Elle observait le drame qui se jouait sous son regard.

Trois chariots éventrés, étaient renversés.
Une dizaine de créatures verdâtres achevaient de piller ce qui pouvait rester dans les chariots.

Plusieurs cadavres étaient allongés dans les herbes, non loin des chariots.

Tzander murmura : “ Ce devait être des commerçants. Les orcs doivent être à notre recherche. ”

Une silhouette encapuchonnée dans une robe en bure apparut soudainement non loin du premier chariot.

Des frissons parcoururent Yavanna de la tête aux pieds… En observant Tzander, elle constata que l’éclaireur n’en menait pas large non plus.
Tous les deux se recroquevillèrent pour se dissimuler le plus possible.

La sensation disparut…

Tzander observa de nouveau le lieu où s’étaient tenus l’étrange individu et les orcs… Pour constater qu’il ne restait plus personne, à part les victimes de l’attaque allongées sur le sol.

Yavanna se releva, aidée par Tzander.

Tzander : “ Je ne sais pas qui était ce mystérieux personnage, mais je n’ai pas envie de me retrouver face à lui. Et si ce doit être le cas, que ce soit le plus tard possible… ”

Yavanna : “ As-tu ressenti la même chose ? ”

Tzander : “ Si tu entends par là être en présence du mal personnifié, imprégnant de son aura tout ce qui se trouve aux alentours, alors oui... ”

Yavanna : “ Comment peut on arriver à affronter un être aussi malfaisant ? ”

Tzander : “ Nous verrons bien. Chaque chose en son temps. Rejoignons ton père et Malgen. ”



Cela faisait maintenant deux jours que Loz s’était joint au groupe.
Bromard et Garken avaient été prié de devenir très discrets…en mettant en sourdine tous leurs pouvoirs magiques.

Elannah ne lâchait plus ce jeune shoantis.

Le soir venu, le campement fut érigé. Les tours de garde affecté.

Farbround et Astian étaient partis en reconnaissance, pendant que les archers elfes étaient en charge de la surveillance autour du bosquet d’arbres où le groupe avait installé le campement.

Gourkok et Zéphyr, comme à l’accoutumé depuis plusieurs soirs, dînaient en premiers, puis se retiraient pour s’entraîner à la lutte à mains nues. Gourkok terminait inévitablement à plat ventre… Malgré cela, d’une humeur massacrante, il se relevait pour défier à nouveau Zéphyr, qui s’amusait énormément, à la différence du demi-orc.

Cela permettait à Garken et Bromard de ne pas être en présence de Zéphyr. Chacun y trouvait donc compte.

Aerendir, Glingal et Alvynia accompagnaient les jumeaux autour du feu de camp. Ainsi que Loz et Elannah

Alors que les autres convives terminaient leur repas, la jeune demi-elfe invita le shoantis à le suivre.

Ils dépassèrent la frondaison des arbres, croisèrent un des archers elfe posté en sentinelle, puis se dirigèrent vers un vieux chêne à l’écart du bosquet.
Une fois adossé au tronc, Elannah demanda : “ Dis-moi Loz, me permets-tu de te demander si une personne t’es chère dans la vie ? ”

Loz s’adossa à son tour au tronc, à côté d’Elannah.

Loz : “ Et bien, plusieurs personnes me sont chères dans la vie, il y a d’abord… ”

Un craquement, suivi d’un frottement attira immédiatement le regard d’Elannah qui cria :
“ ATTENTION LOZ ! ! ! ”
Elle poussa le shoantis, qui se retrouva le cul par terre.

Là où Loz s’était tenu, une seconde auparavant, une énorme lance était plantée dans le tronc.

Elannah avait miraculeusement évité l’arme, et son regard remonta de la pointe de l’arme jusqu’aux mains du propriétaire de ladite arme. De grosses mains, de très grosses mains… celles d’un géant…

Puis la demi-elfe époumona : “ ON NOUS ATTAQUE ! ! ! ”

Ce furent ses derniers mots… L’instant suivant, la lance l’avait embrochée, et transpercée de part en part.
De la surprise se lisait dans les yeux d’Elannah. Surprise par la rapidité du géant à retirer l’arme de l’arbre, et à lui planté dans son ventre.
De son pied, il poussa le frêle corps de la jeune elfe, pour récupérer son arme. Elannah, s’affaissa dans l’herbe telle une poupée désarticulée…

Incrédule… Loz se remit debout : “ Pitoyable créature ! ! ! Tu as failli m’embrocher. Si cette petite sotte ne m’avait pas sauvé la vie ! ! !

La colère monta en lui… Et, l’accompagnant d’un geste de la main, il prononça un unique mot… Le géant fut vaporisé dans l’instant, en même temps que sa lance, et dans un silence total…

Puis, son regard se reporta sur la jeune demi-elfe allongé dans l’herbe. Cela le surpris de constater qu’elle était encore en vie, respirant péniblement, ses yeux fixant le tronc du chêne. Elle pousserait bientôt son dernier soupir…

Loz commença à s’éloigner… Il fallait s’occuper des autres… puis il s’arrêta. Inexplicablement, il revint vers la jeune demi-elfe, et s’agenouilla près d’elle. Encore une fois, il n’utilisa qu’un seul mot de pouvoir. Et la blessure d’Elannah disparut.
Il la reposa sur le sol. Elle dormait sereinement. Elle ne garderait aucune séquelle, malgré la grave blessure qu’elle avait subie.
Seule la marre de sang dans l’herbe et les éclaboussures sur le tronc pouvaient encore témoigner de ce qui avait eu lieu ici même quelques instants auparavant.

Loz se releva, et contempla les environs…

Il fut surpris de constater que les deux autres géants qui accompagnaient celui qu’il avait désintégré, venaient de se disloquer après s’être envolé dans les airs pour l’un… et décapité par un nuage d’eau pour l’autre…au même instant.

Son regard continua de se promener sur cette scène surréaliste.

Un orc reposé au pied du demi-orc, dont il se remémora le nom… Gourkok… Un second rejoignit son camarade au sol, traversé de part en part par une épée démesurée…

Son attention se reporta sur… un certain Vink’lar… Un nain ! ! !
Immédiatement, il avait senti que cette demie-chose ne l’appréciait pas ! ! ! Lui… Loz.
Personne jusqu’ici n’avait osé lui montré aussi ouvertement qu’il n’était pas apprécié ! ! !
Et pourtant, ce surprenant petit guerrier, venait également d’occire un orc … baignant dans son sang au pied de cette petite chose … Un second venait de prendre la fuite, mais il fut promptement rattrapé par la hache du demi-homme qui se ficha dans le dos de cet immonde lâche…

Il ne fut pas surpris par le carnage qu’avait pu faire cette Zéphyr… Retransformée en dragon pour l’occasion, quatre cadavres d’orcs jonchés l’herbe alentour… Il n’arrivait pas à discerner où pouvaient bien s’être enfuis les autres…

Enfin, trois autres cadavres, victimes des sorts de cette Alvynia, bien qu’elle se fut renommée Acrila, et de ce Aerendir, qui s’était présenté sous le nom de Gendir… jonchés les abords du bosquet.

Le reste de ses hommes étaient en train de prendre la fuite…

Tout ce qu’il voyait le troublait profondément…
Ne lui avait-on pas enseigné que les misérables créatures de ce monde n’attendait qu’une chose, être exterminées aisément ou être réduites en esclavage… La scène qui se déroulait devant lui démontrait tout l’inverse…
De même, avoir sauvé cette demi-Elfe l’interpellait encore plus. Jamais il n’avait fait usage de ce mot… Donnez la mort, oui… rendre la vie… Lui paraissait incompréhensible… Pour lui-même, ou pour Elannah, à ses pieds : “ Pour une vie de sauvée, une vie de donnée… ”
Puis Loz fit demi-tour, marcha à travers les hautes herbes, et disparu dans la nuit…



La cité de Port énigme constituait la cité humaine la plus importante proche de Celwynvian.

Anastraëlle fut heureuse de constater que la marche jusqu’à cette cité avait été tranquille.

Tinüviel l’avait rassuré en lui assurant que, à part quelques gobelins, aucune menace majeure ne se mettrait sur leur route.

Tel fut le cas. Les éclaireurs de l’armée, dont Anastraëlle avait pris le commandement, avait rencontré une tribu de gobelins en migration. Les gobelins qui la constituait furent bien vite mis en déroute.

A présent, depuis la colline la plus proche, la reine observait les maisons accolées les unes aux autres constituant la cité.

Un peu plus tôt, deux éclaireurs du gouverneur de la cité étaient venus l’informer, elle et Tinüviel, que ce dernier les attendait.

Le général avait donné des instructions précises pour que l’armée établissent le campement dans la vallée à proximité de la cité.
Tinüviel éperonna sa monture, Anastraëlle suivit. Les deux cavalières se dirigèrent vers les portes de la cité.

Tinüviel et Anastraëlle patientaient, non sans mal, dans une grande pièce du palais du gouverneur.

Elles avaient été accueillies par un domestique, et “ parquaient ” dans cette pièce à l’écart de festivités perceptibles à la musique et au brouhaha qui s’échappaient d’une autre aile du bâtiment.

Le gouverneur de la cité, un certain Afelor, à l’embonpoint prononcé, le visage rougeaud, pénétra dans la pièce, suivi de deux vieillards squelettiques :

Afelor : : “ Soyez les bienvenues. Excusez cette attente, mais des affaires urgentes requéraient ma présence. ”

Au bord de l’agacement, Tinüviel ne put se retenir : “ Quelles affaires peuvent bien être plus urgentes que le danger qui menace les peuples de Varisie ? ”

Afelor fut interloqué par le ton utilisé par l’elfe.

La reine des elfes Anastraëlle, lui adressa la parole sur un ton plus doux : “ Veuillez pardonner à mon Général son ton… Désapprobateur. Le voyage jusqu’ici, bien que plutôt tranquille, a laissé des traces. ”

Les traits d’Afelor se décrispèrent…

La reine des elfes poursuivit alors : “ Je vous présente Tinüviel, mon général. L’attente que vous nous avait infligée a dû avoir raison de sa retenue… A moins que ce ne soit mon agacement personnel… ”

Ne sachant prendre cela pour une excuse ou un affront, Afelor ne sut quoi répondre : “ Je… Et bien… ”
Puis se ressaisissant :
“ Je crois que vous ne vous effrayez pour un rien ! ! ! Mes éclaireurs n’ont trouver nulle trace d’une quelconque menace à proximité de ma cité, ou de ma province. Kaer Maga est loin ! ! ! En outre, c’est au gouverneur de Korvosa de faire le nécessaire pour répondre à toute menace… ”

Anastraëlle : “ Croyez bien que j’en suis consciente… Gouverneur… Mais il m’a parut bon que vous en soyez informé également. Des pigeons sont aussi partis à destination de Korvosa. A l’heure qu’il est, votre homologue doit être aussi avisé que vous pouvez l’être, de la menace qui pèse sur nous… ”

Afelor : “ Bien… Dans ce cas, vous comprendrez que je n’ai pas à mobiliser mes troupes pour une menace dont le gouverneur de Korvosa prendra certainement la mesure ! ! ! ”

Anastraëlle : “ Certes… Mais ne trouvez-vous pas utile de parer à toutes éventualités, et réduire cette menace à néant avant qu’elle ne prenne trop d’ampleur ? ”

Le sourire apparaissant sur les lèvres du gouverneur, surpris les deux elfes, la réplique qui fusa encore plus.

Afelor : “ Ah, ah ah… Pour quelques géants et une poignée de loqueteux à la peau verte ! ! ! ? ? ? ”

Tinüviel : “ Est-ce de la sève de sapin nain qui coule dans vos veines ? ? ? Ou bien est-ce du jus de navet, produit par vos paysans ? ”

A la suite de cette réplique, le gouverneur devint rouge comme une pivoine. De honte ou de colère, les deux elfes ne surent le dire…

Puis, Afelor, sur le ton de la colère : “ Nous en avons fini… Je pense ! ! ! Dans ma grande magnanimité, j’ai accédé à votre demande en faisant préparer un régiment de nos meilleurs hommes. A l’heure qu’il est, ils doivent être en train de rallier le campement de votre armée. Mon meilleur lieutenant les commande, un certain… ”

Ce fut son plus proche conseiller qui vint sauver la mise du gouverneur… “ Hangbar, votre souveraineté… ”

Afelor : “ Oui, c’est cela… Hangbar. J’ose espérer que vous me serez reconnaissantes de cet effort. Mes hommes vont vous raccompagner à la sortie… ”
Sur ces paroles, le gouverneur pris congé des deux elfes, accompagné de ses deux conseillers, et la porte se referma derrière lui.

Anastraëlle et Tinüviel demeurèrent seules dans la pièce, en compagnie d’un garde du palais, chargé de les raccompagner.

Les deux elfes quittèrent la cité de Port Enigme dans un silence lugubre, et remontèrent la colline pour se diriger vers le campement de leur armée.

Toujours aussi silencieuses, elles arrivèrent en vue du campement, et rentrèrent à l’intérieur.

Là, elle purent constater le niveau de magnanimité dont avait put faire preuve le gouverneur à leur égard.

Tinüviel : “ Ma Reine… Ce sale porc ne mérite qu’une chose : qu’on le saigne ! ! ! Il s’est moqué de vous ! ! ! Mais plus grave… Il n’a pas fait preuve du respect auquel vous aviez légitimement droit ! ! ! ”

Anastraëlle : “ Ne gâchons pas nos forces pour ce misérable personnage, Tinüviel. Concentrons-nous plutôt sur l’immense tâche qui est la nôtre ! ! ! ”

Tinüviel : “ Mais… Ma Reine… Il nous a envoyé tous les loqueteux que sa misérable cité pouvait abrité ! ! ! ”

Et en effet, devant eux, à l’entrée du camp des elfes, un officier de Port Enigme, sans doute ce Hangbar, tentait d’organiser deux à trois cents humains, armés de pics pour certains, d’épées pour d’autres, ou encore complètement désarmés pour la majorité.



Malgen avait la mine sombre… Aradan avait rarement connu le visage du magicien aussi soucieux…

Aradan : “ Qu’y a-t-il mon ami ? ”

Malgen : “ Les nuages sombres s’accumulent devant nous…votre altesse. ”

Yavanna et Tzander avait raconté leur aventure. Dés les premiers mots, Malgen avait compris que la présence d’orcs aussi au sud, ne présageait rien de bon.

Malgen : “ Mais il y a plus grave… ”

Aradan : “ A ce point. ”

Malgen : “ A l’évidence, Yavanna et Tzander ont été à proximité d’un magicien. D’un magicien très puissant. ”

Aradan : “ Peut être est il responsable de tout ce qui se produit. ”

Malgen : “ Peut être… Ou pas. Il peut s’agir que d’un des innombrables sbires sur qui peut compter ce fameux responsable. Mais là n’est pas l’important… ”

Yavanna : “ Chacun son point de vue… Après avoir été à côté, cet être représente quelque chose de très grave à mes yeux… ”

Malgen : “ Rappelles-toi tes leçons, petite ! ! ! Et notamment celles portant sur les magiciens… l’aura d’un magicien peut se détecter à une certaine distance. Cette distance s’accroît proportionnellement à la puissance du magicien. Il peut dissimuler cette aura lorsqu’il est très puissant… mais jamais lorsqu’il fait usage de la magie ! ! ! ”

Yavanna : “ Je m’en rappelle. Mais ce n’est pas une raison pour prendre un ton aussi solennel ! ! ! Et tu sais que je n’aime pas lorsque l’on m’appelle… petite.”

Malgen : “ Et bien sache, que compte tenu de la description que vous m’avez faite de la scène, ce magicien a fait usage de la magie, et cela au moins deux fois. Une fois pour arriver, et une fois pour repartir… ”

Sur ces paroles, le visage du roi Aradan devint livide.

Tzander : “ Je suis d’accord. Il s’est matérialisé près du chariot, subitement. Puis, ils sont tous repartis. Mais là, on était trop occupés à se dissimuler pour voir ce qu’ils faisaient. ”

Yavanna : “ Comme tout magicien, il a fait de la magie… Et alors… ”

Malgen : “ Et alors ! ! ! ? ? ? Et alors, au cas où tu ne l’aurais pas remarquer, au contraire de ton père qui vient de le réaliser, je n’étais pas au courant de la présence de ce magicien ! ! ! Et encore plus de la magie qu’il avait pu déployer ! ! ! Il a donc été capable de dissimuler son usage alors que cela est IM-POS-SIBLE ! ! ! à moins que… ”

Pour l’occasion, Yavanna devint livide à son tour. Elle fut reprise de frissons au souvenir de la sensation qu’elle avait ressenti en présence de cet être mystérieux.

Aradan : “ A moins que ?

Malgen : “ A mon souvenir, je ne connais qu’une magie susceptible de passer à ce point inaperçue… Mon roi, l’heure est grave ! ! ! La menace qui pèse sur nous est bien plus importante que je le pensais ! ! ! mais pour le confirmer, je dois me rendre sur les lieux où cette magie a été à l’œuvre…”

Aradan : “ Ce pourrait être très risqué… ”

Malgen : “Le savoir n’est jamais chose aisé à obtenir… ”

Aradan : “ Tzander. Accompagnes Malgen sur les lieux. Quant à toi ma fille, tu resteras parmi nous. ”

Yavanna : “ Mais Père… ”

Aradan ignora la réplique de sa fille et s’adressa à Malgen : “ Nous partons sur le champs, rejoignez nous dés que vous aurez découvert ce que vous voulez. ”

Malgen : “Il en sera fait ainsi, votre altesse. ”

Il ne fallut que quelques minutes pour que Tzander et Malgen prennent la direction de leur destination, et quitte la délégation. Celle-ci poursuivit sa route, droit au Nord, vers le Kyonin.



Loz attendait en silence, un genoux au sol, face aux trois marches menant à un trône de granit.

Devant lui, assise sur ce trône, une créature encapuchonnée dans une robe de bure, semblait en pleine concentration.
Le capuchon dissimulait son visage.

Un peu plus tôt, Loz avait pénétré dans la grande salle souterraine où il se tenait à présent, escorté par les dix gardes personnels du personnage face à lui, habillés d’armures vert sombre.

Aucune parole n’avait été échangée depuis son arrivée. Loz patientait, aussi imperturbable qu’une falaise face à la tempête.

Quant à la mystérieuse créature, elle était aussi immobile qu’une statue.

Les dix gardes de son escorte s’étaient déployés de part et d’autre de sa position, formant une haie.

Alors que Loz restait immobile, la créature se leva, pour se diriger vers une petite porte à droite du trône. Elle l’invita, d’un geste de la main, Loz à le rejoindre.
Celui-ci se leva à son tour, et emboîta le pas de celle qui le précédait. Ils pénétrèrent dans la petite pièce, y rentrèrent tous les deux, puis la petite porte se referma, laissant dans la salle du trône les dix gardes toujours aussi immobiles.


Un soleil magnifique illuminait la capitale du Kyomin, IADARA.
Les tours du palais royale brillaient sous ce soleil.
Artanis et Celebrian observait la cité au pied de leur demeure royale.

Quelques instants auparavant, Artanis avait rejoint son époux sur le balcon.

Celebrian : “ Avons-nous des nouvelles d’Aradan ou de Malgen ? ”

Artanis : “ Aucune mon époux… Nos hommes dépêchés à Oppara n’ont eu aucune nouvelle d’eux. ”

Celebrian : “ Ils auraient pourtant dû atteindre ce port depuis un petit moment déjà ! ! ! ”

Artanis : “ Peut être ont-ils choisi une autre route. ”

Celebrian : “ Peut-être… Ou peut être pas ! ! ! ”

Artanis : “ Sans doute ont ils été retardé par la tempête qui s’est abattu sur la Mer intérieure ? ”

Celebrian : “ On sait à présent que cette tempête n’avait rien de naturel ! ! ! Mes oracles et Angorn me l’ont confirmé. Qui que ce soit, il ou elle a voulu envoyer par le fonds Aradan et sa suite… Peut être y sont-ils d’ailleurs ! ! ! ”

Artanis : “ Malgen aura su éviter cet écueil. ”

Celebrian : “ Et Anastraëlle qui m’informe que les Drows font des siennes, les géants et les orcs aussi… Ainsi que Gnaxlal et Algrion ! ! ! Les menaces se succèdent ! ! ! Elles seront bientôt plus nombreuses que les étoiles dans le ciel… Chaque matin qui vient m’amène son lot de mauvaises nouvelles. ”

Artanis : “ Nous devons attendre… Découvrir où se situe le cœur de cette menace. Il est encore trop tôt pour entrer dans la danse des épées ! ! ! ”

Celebrian : “ Peut être… Mais Anastraëlle n’a pas attendu. Elle mène son armée pour intercepter les géants et les orcs avant qu’ils n’envahissent la Varisie ! ! ! Elle a contacté les royaumes humains de Varisie pour qu’ils organisent la défense et la rejoignent ! ! ! ”

Artanis : “ Nous n’avons pas toutes les informations. Nous en manquons même cruellement ! ! ! Nos éclaireurs s’évanouissent dans les Monts de l’esprit… Glingal, elle même s’est évanouie dans ces monts où les orcs et les hommes serpent n’attendent que nous pour nous poignarder dans le dos… ”

Celebrian : “ J’en conviens… Nous n’avons que des bribes d’informations… Même Malgen n’a pas voulu me révéler par message ce que ses éclaireurs avaient découverts ! ! ! Tout cela par peur que la menace qui se lève n’intercepte cette information. Au lieu de cela, leurs cadavres ont peut être servi de festin aux poissons de la mer Intérieure . ”

Artanis : “ Il ne faut point présager du pire ! ! ! Malgen et Aradan t’ont demandé de mobiliser tes troupes et préparer ta défense. Quoi que ce soit cette menace, tôt ou tard, nous devrons l’affronter… Ainsi que te l’ont révélé les oracles… ”

Celebrian : “ Ils n’ont pas su découvrir quelle était cette menace …”

Artanis : “ Le destin veut que nous le découvrions pas nous-mêmes… ”

Celebrian : “ Il sera peut être trop tard… ”

Artanis : “ Ou nous le découvrirons au moment idéal… ”

Celebrian : “ Ton optimisme me ravit. ”

Artanis : “ Ne laissons pas l’ombre gagner nos esprits. La lumière triomphera… En son temps. ”



… “ ELLE EST ICI ! ! ! ”
Vinkl’ar fut le premier à découvrir Elannah allongé sur l’herbe. Pris de tremblement devant le spectacle qui s’offrait à lui, d’Elannah étendue dans une mare de sang, le sang de son amie…, le nain cria pour que chacun puisse entendre
… “ IL Y A PLEIN DE SANG ! ! ! DE L’AIDE ! ! ! ”

Aerendir et Alvynia accoururent vers le nain.

Après l’assaut, et la victoire aux dépens des orcs et des géants, tout un chacun souhaitait savoir si personne n’avait été victime de cet assaut. Cinq des six archers elfes avaient été assassinés par les orcs. Le sixième était gravement blessé. Gourkok et zéphyr n’avaient que quelques estafilades bénignes. Seule Glingal avait été blessée par un orc qui l’avait prise par surprise, lui perforant le côté droit de l’abdomen.
Quant à Astian et Farbround, on en était sans nouvelle.
Enfin, après quelques instants, chacun remarqua l’absence d’Elannah et de Loz, et chacun eu tôt fait de craindre le pire pour la demi-elfe… Et le shoantis.

Alvynia s’agenouilla auprès de la demi-elfe, et sentit son pouls.

Alvynia : “ Rassurez-vous, messire nain… Elle est vivante. ”

Puis la magicienne palpa la demi-elfe pour découvrir la blessure d’où provenait tout ce sang…

Surprise, Alvynia poursuivit : “ … Et indemne.. . ” d’une voix interrogative…

Vinkl’ar, les yeux embrumés de larmes : “ Mais ? A qui est tout ce sang ? ”

Alvynia : “ Je l’ignore ! ! ! Visiblement, pas à elle… ”

Vinkl’ar : “ Et Loz ? ? ? Il est où cet ébouriffé arrogant ? ”

Entretemps, Gourkok et Zéphyr étaient arrivés.

Gourkok : “ Pas vu ce cul terreux ! ! ! ”

Aerendir : “ Il doit pourtant bien être quelque part ! ! ! ? ? ? ”

Vinkl’ar : “ Je vous avais bien dit qu’il fallait s’en méfier. J’aimais pas sa tronche de faux cul ! ! ! ”

Alvynia : “ Du calme, messire nain… Elannah est vivant. Elle dort… paisiblement. Gourkok, ramenez-la au bosquet près du feu, je vous prie. ”

Le demi-orc prit délicatement Elannah dans ses bras. La jeune elfe avait l’air si frêle, à cet instant.
Zéphyr et Vink’lar restèrent à ses côtés, pendant que Gourkok portait Elannah.

Aerendir observant l’herbe ensanglantée, et l’arbre au tronc éclaboussé de tâches écarlates : “ Mais qui a été la victime de cette véritable boucherie ? ”
Il examina le tronc avec plus d’attention.
“ On dirait la marque d’une lance énorme… Celle d’un géant à n’en pas douter ! ! ! Se pourrait-il qu’il y en ait eu un troisième ? ”

Alvynia observa à son tour la scène. Elle remarqua de grosses traces de pieds dans les hautes herbes.
Elle nota également la présence de plus petites traces.
“ Il y avait bien un troisième géant… Il est venu… mais ne semble pas être reparti… ”

Aerendir : “ Il y a des traces résiduelles de magie… très puissante. ”

Alvynia : “ Il y a bien longtemps que je n’avais ressenti cette magie… Et il y a des traces de pas qui s’enfoncent dans la nuit… ” L’elfe désigna de la main une direction. “ …par là… ”

Aerendir : “ Loz ? ”

Alvynia : “ Qui peut savoir ? A part tout ce sang, et des traces de l’ancienne magie… Nous ne pouvons que spéculer… Il faudra attendre qu’Elannah soit réveillée pour en savoir plus… ”

Aerendir : “ Avons nous été les victimes d’un des autres sbires de cette puissance mystérieuse qui dirige les forces de l’ombre. Comme si Gnaxlal et Algrion ne suffisaient pas ? ”

Alvynia : “ Je crois que le chemin est encore long jusqu’à Celwynvian… Il y a malheureusement lieu d’envisager que nous ne sommes pas au bout de toutes les mauvaises surprises qui nous attendent… Malgré tous nos efforts, il semblerait que cette puissance mystérieuse nous ait déjà retrouvé. Et cela m’effraie de savoir avec quelle facilité elle y est parvenue…”

Alvynia et Aerendir se dirigèrent vers le maigre refuge offert par le bosquet d’arbres. Il était nécessaire de prodiguer des soins à Glingal.



Gnaxlal avançait dans la plaine. Cela faisait maintenant presque deux jours qu’il errait ainsi, sans avoir vu une seule ferme, ni aucune habitation.
Il avait découvert qu’il pouvait se procurer de l’eau en utilisant sa magie, après que sa gourde se soit trouvée vide.

Si tel n’avait pas été le cas, il serait mort.

Alors qu’il progressait à travers les hautes herbes, il aperçut une forme à l’Est de sa position. Celle-ci avançait lentement. De là où il était, il était totalement incapable de déterminer si il y avait plusieurs personnes composant ce qui pourrait être une caravane de commerçants. C’est ce qu’il espérait… Ou s’il s’agissait d’un unique individu, perdu comme lui, dans cette immense plaine qui n’en finissait pas.

Il accéléra le pas. Il fallait qu’il le ou les rejoignent. Sa vie en dépendait ! ! !
Même s’il avait de l’eau, il n’avait rien mangé depuis qu’il avait repris connaissance.
Visiblement, sa magie ne le lui permettait pas.

Hangbar entra dans la tente royale, un peu intimidé.

Anastraëlle l’examina de la tête au pied, Tinüviel également.

Pour un humain, Hangbar avait beaucoup de charme. Il était très jeune. Pas plus de vingt ans, estima la reine.

Du côté de Tinüviel, c’était la goutte d’eau de trop… Le vase était plein à ses yeux. Ce lieutenant paraissait aussi expérimenté qu’un chaton au milieu d’un groupe de gobelins sur le point de le dévorer…

Quant à Hangbar, à cet instant, il se demandait encore ce qui avait bien pu l’amener au commandement de ce ramassis de loques humaines aussi compétents avec des armes qu’une troupes de vieillards manchots…

Hangbar mit un genoux à terre, ne sachant pas trop quelle attitude adoptée, ni quels mots formuler, il opta pour un “ Votre Majesté ”.

Anastraëlle : “ Lieutenant Hangbar… Le gouverneur a tenu des propos élogieux à votre encontre… ”

Hangbar : “ Je ne sais comment prendre la chose… Votre Majesté ”

Anastraëlle : “De la meilleure des manières qui soit, ne pensez-vous pas ? ”

Hangbar : “ C’est à dire… ”

Anastraëlle : “Ne soyez pas timide, Lieutenant. Je suis prête à tout entendre. ”

Hangbar : “ Et bien… Il se pourrait que… Malencontreusement… Et presque involontairement… ”

Anastraëlle : “Oui… Lieutenant… ”

Hangbar : “…Qu’il me soit arrivé de prononcer des paroles déplacées en sa présence, et à son encontre notamment… ”

Anastraëlle : “Ah… Et peut on en connaître la teneur ? ”

Hangbar : “Je ne sais pas si vos délicates oreilles… ”
Réalisant la gaffe…qu’il venait de commettre, remarquant la “ pointitude ” des oreilles de la Reine.
“ … euh… non… Je voulais dire… ”

Interloquée, le général Tinüviel ne put s’empêcher d’intervenir devant cette audace de langage : “ Je vous saurais gréer , Lieutenant Hangbar, d’éviter de faire allusion à certaines caractéristiques anatomiques de ma reine... ”

Hangbar : “Euh…Oui…Croyez bien… Euh… Je vous prie de … pardonner… cette erreur de langage.

Anastraëlle : “Ce n’est rien Lieutenant… Général. Nous laisserons passer cette erreur… de langage. Mais veillez à ne plus la reproduire. ”

Hangbar : “Je m’y efforcerais, Votre majesté… ”

Anastraëlle : “J’ai totalement confiance en vous sur ce point, Lieutenant… Bien… Revenons à ces… fameuses paroles déplacées…à l’encontre du gouverneur. ”

Hangbar : “Et bien, dans un moment d’égarement, voire plusieurs…. Il se pourrait que je l’ai invectivé en le traitant d’Outre à vin, de panse sans fond, de mollusque puant, de … ”

Pour Tinüviel, la liste des sobriquets définissant le gouverneur, eut le don d’améliorer très sensiblement l’opinion qu’elle ce faisait de ce jeune lieutenant humain inexpérimenté.

… Pochtron imbibée d’épices, Macaque dénué de toute intelligence… Encore qu’après coup je dois bien reconnaître que pour ces braves bêtes, cela peut constituait une insulte… ”

Un signe de la main de la reine interrompit cette litanie
Anastraëlle : “Et pour le gouverneur… Lieutenant. Il semblerait que vous n’ayez pas été avare en… compliments envers cet individu… ”

Hangbar : “A regret… Je dois bien le reconnaître, Votre Majesté… Non seulement en sa présence, mais également en présence de ses conseillers qui ont dû lui rapporter l’intégralité de mes propos… ”

Anastraëlle : “… Et tout cela… Involontairement… ”

Hangbar : “Reconnaissez, Votre Majesté, que lorsqu’une personne pousse votre exaspération au-delà de ses limites, il peut arriver que vos paroles dépassent vos pensées… ”

Anastraëlle : “…Et tel est donc le cas ? ”

Hangbar, un mince sourire charmeur au lèvre : “Certaines fois… Mais pas dans la plupart des cas… ”

Anastraëlle : “C’est bien ce qu’il me paraissait… Lieutenant. ”

Hangbar : “ J’ose espérer que vous ne me tiendrez pas rigueur de ces dérives de langage… ”

Anastraëlle : “ Je vais devoir réfléchir à cela… Lieutenant. ”

La réflexion eut le mérite de retirer au Lieutenant, son petit sourire…

Hangbar : “ Je vous prie de croire que mon comportement sera exemplaire désormais. ”

Anastraëlle : “ J’y compte bien… Lieutenant. Mais revenons à l’objet de votre visite. A vous Général. ”

Tinüviel : “ Un rapide coup d’œil à votre troupe, suffit pour se faire une idée plus que déplorable sur ses capacités… ”

Hangbar : “ Croyez que je le déplore autant que vous. Sans doute le gouverneur a-t-il trouvé bon de me faire goûter à son humour d’aviné… ”

Anastraëlle, d’un ton ironique : “ Lieutenant… ”

Hangbar : “ Excusez cette nouvelle incartade à son encontre. Mes paroles ont encore dépassé mes pensées… sans doute… ”

Anastraëlle : “ … sans doute… ”

Tinüviel : “ Pensez-vous pouvoir parvenir à faire quelque chose de ce ramassis de loqueteux ? ”

Hangbar : “ Je ne vous garantis rien… Mais avec un équipement adéquate, ils seront au moins en mesure de se défendre, voire d’infliger des pertes à un ennemi, qui qu’il soit… ”

Tinüviel : “ Je crois que ce sera déjà beaucoup en demander… Mais nous n’avons guère d’autres choix…A part les renvoyer aux caniveaux dont ils ont été extraits ! ! ! ”

Hangbar : “ Des loqueteux bien équipés, et bien nourris peuvent représenter un écueil imprévisible dans les plans d’un ennemi. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’il en soit ainsi. ”

Tinüviel : “ Vous me semblez bien jeune pour parvenir à ce résultat.”

Touché dans sa fierté, Hangbar répliqua : “ Et vous offensante à l’égard de mes capacités de commandement ! ! ! ”

Tinüviel : “ Vous voici bien insolent à l’égard d’un Général ! ! ! ”

Hangbar : “ Laissez moi faire mes preuves avant de juger de mes capacités ! ! ! ”

Anastraëlle : “ Calmez vous tous les deux. Nous ne doutons point de vos capacités. Mais le temps qui nous ait alloué pour atteindre nos objectifs pourrait contrarier ce à quoi vous souhaitez parvenir. ”

Tinüviel : “ Nous devons nous remettre en marche dès demain. Notre destination n’est pas tout proche. Nos journées seront bien occupées jusqu’à Kaer Maga. ”

Hangbar : “ C’est ce que j’ai cru comprendre. Pour autant, je m’efforcerais d’entraîner ma troupe du mieux possible, et cela en fonction de ces circonstances. Pour peu que nous ayons tout l’équipement requis pour une troupe en campagne, je tâcherais d’en faire autre chose qu’un tas de loqueteux sans défense. ”

Anastraëlle : “ Bien… Lieutenant. ”
Et s’adressant à son Général : “ Veillez à ce que l’équipement requis leur soit fourni… ”

Tinüviel : “ Mais… Ma Reine… C’est à ce gouverneur impotent et ventripotent de financer … ”

La remarque amena de nouveau Hangbar à sourire.

Anastraëlle : “ Général… Vous vous égarez… Laissez au Lieutenant, ici présent, le soin de trouver des sobriquets à l’encontre de ce gouverneur… ”

Hangbar : “ Impotent et ventripotent me semblent convenir à merveille au personnage. Si j’osais je rajouterai… ”

Encore une fois, d’un signe de la main, la Reine l’interrompit.

Anastraëlle : “ Lieutenant… Nous verrons cela … Une prochaine fois… ”
Le général ne se priva pas de jeter un regard noir à l’encontre du jeune humain.
Anastraëlle : “ Quant à toi, Tinüviel, inutile de revenir sur ce que je viens de décider. ”

Hangbar : “ Qu’il en soit fait selon vos désirs, Votre majesté. ”

Tinüviel : “ Je m’en occupe dans les plus brefs délais, Ma reine. ”

Le Lieutenant et le Général sortirent de la tente royale, l’un dans les pas de l’autre.

Ne resta plus qu’Anastraëlle, assise sur une petite chaise, face à son bureau. Celle-ci ne put réprimer un sourire à l’idée du sobriquet que le Lieutenant était sur le point de prononcer.
Et se parlant pour elle-même à voix haute: “ Voilà qui nous promet quelques plaisantes empoignades entre ces deux là… ”



C’est avec un sentiment étrange que la petite troupe avait repris son chemin au matin.
Elannah allait bien.
Malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à se souvenir précisément ce qui s’était passé.

Alvynia et Aerendir en avait été quitte pour conserver leur frustration, ainsi que leurs différentes hypothèses sur les événements ayant émaillé la soirée de la veille.

Seule certitude, Elannah se souvenait s’être rendue avec Loz près du chêne où Vink’lar l’avait découverte.
De même, elle se rappelait également du géant qui avait planté sa lance dans le chêne. Mais après, plus rien…

De son côté, Glingal était installée sur un brancards de fortune, traîné par Gourkok. Zéphyr avançait à ses côtés.
Le demi-orc avait la chance, depuis le début de la matinée, d’être le destinataire de toutes les remarques de Glingal sur l’inconfort de sa situation sur ce brancard. Chaque petite bosse ou pierre du terrain, sur lequel passait le brancards, avait pour conséquence inévitable, de déclencher une plainte cinglante de la part de la prêtresse.


On était toujours sans nouvelle d’Astian et de Farbround. Malgré les recherches entreprises, et la nuit qui s’était écoulée, ni l’un, ni l’autre n’avaient été retrouvé, ni n’étaient revenus au campement.

Au fur et à mesure que le soleil montait dans le ciel, Elannah, Gourkok, et Vink’lar étaient de plus en plus soucieux pour leur ami… Quant à Alvynia, elle se morfondait à l’idée du sort qui s’était abattu sur son ami Astian.
Les jumeaux ogres étaient aussi très affectés. Astian avait été leur maître d’arme au cours de toute leur jeunesse.

Quant à Aerendir, il n’était pas parvenu à sauver l’archer elfe, qui avait succombé à ses blessures dans la nuit.
Huit tombes fleurissaient désormais le bosquet où l’attaque des orcs avait eu lieu.

Le magicien marchait en tête, en l’occurrence perdu dans ses pensées. Elannah et Vink’lar fermait la marche.

Inconsciemment, et malgré le risque, personne n’avait envisagé d’envoyer qui que ce soit en éclaireur.

La nuit avait été dure. Les pensées de chacun étaient à ceux qui avaient péri ou avaient été blessés.

C’est pour cette raison, que personne ne fit réellement attention à la silhouette qui se matérialisa devant eux au sommet de la petite colline qu’ils étaient en train de gravir.

A moins de dix mètres, Aerendir s’arrêta. Devant lui, se découpant au sommet, le soleil dans le dos, le mage ne parvenait pas à déterminer qui se tenait face à lui au sommet de la colline.

Alvynia, qui marchait derrière avec les jumeaux, réalisa qu’Aerendir s’était arrêté, de même qu’elle remarqua la silhouette au sommet de la colline.

Tous les trois rejoignirent Aerendir.

Alors que Garken s’apprêtait à avoir recours à la magie, Alvynia l’arrêta : “ Non, Garken. Voyons de qui il s’agit. ”
Et criant à destination de la silhouette : “ QUI ETES VOUS ? ? ? ”

Un long silence lui répondit.

C’est alors qu’une voix familière, lui chavira le cœur… Ainsi qu’aux jumeaux.

Ils avaient reconnu la voix d’Astian. Ce qu’Aerendir et eux avaient pris pour une unique silhouette était en fait une personne qui en soutenait une autre, et visiblement, il s’agissait d’Astian. ”

Alvynia et Aerendir se précipitèrent vers les deux personnes qui se trouvaient au sommet de la colline.

L’individu qui soutenait Astian, l’assit délicatement au sol,

Alvynia et Aerendir s’agenouillèrent et examinèrent leur ami. Mis à part un bandeau sur les yeux, l’empêchant de voir quoi que ce soit, l’elfe paraissait en bonne forme

Alvynia : “ Comment vas tu mon ami ? ”

Astian : “ A part mes yeux… Quelques bosses… Et une blessure que mon sauveur a refermé. Sinon, je serais mort à l’heure qu’il est. ”

Aerendir examina la blessure, et s’adressant à l’inconnu : “ Du bel œuvre. Qui que vous soyez, je vous remercie pour cette intervention. ”
Garken et Bromard restait debout, comme l’inconnu.

Gourkok, Zéphyr, Vink’lar et Elannah arrivèrent à leur tour.

Alvynia se releva pour remercier cet inconnu providentiel.
Se faisant, elle remarqua le visage crispé d’Elannah. Puis elle regarda l’inconnu, et se figea…

Gnaxlal se tenait devant elle. A moins d’un mètre…



Algrion avait organisé de main de maître le siège de la capitale naine.

Elle avait dépêché des éclaireurs pour découvrir si les humains de Varisie avait eu le bon sens de commencer à s’organiser, et rassembler une armée digne de ce nom.
Les premiers rapports étaient satisfaisants. A priori, ces pitoyables créatures se vautraient encore dans une tranquillité qui ne durerait plus bien longtemps…

Lorsque le dragon noir, prénommé Arkin, se posa devant elle, Algrion restait encore admirative du vol majestueux du dragon pour atterrir.
Celui-ci se métamorphosa en un homme à la peau d’un brun très foncé. Puis lui adressa la parole :

Arkin : “ Notre connaissance commune m’envoie à vous ! ! ! Il semblerait que ce bouffon de Yarjak ne se soit pas révélé à la hauteur de la tâche qui lui avait été assigné… ”

Algrion : “ C’est le moins que l’on puisse dire, Messire Arkin. ”

C’est à ce moment que Faërendel décida de réapparaître. Sans doute avait-il remarqué le dragon volant dans le ciel. Depuis quelques temps, Algrion était incapable de déterminer la mission loufoque que pouvait s’être assigné cet imbécile. Seule constatation, il demeurait souvent introuvable pour les lieutenants crosts qu’elle envoyait pour le quérir.

Arkin capta les mouvements de l’arrivée de l’elfe, bien que celui-ci se trouva encore à plusieurs dizaines de mètres : “ Et voici l’autre bouffon de la bande… Je suppose. ”

Algrion : “ J’en ai bien peur… Malheureusement… ”

Arkin : “ Les nains doivent rire à gorge déployée depuis leurs créneaux… ”

Algrion : “ Je crois que votre arrivée a dû les refroidir significativement… ”

Arkin : “ A la bonne heure ! ! ! Rallions votre tente, si vous le voulez bien…

Algrion : “ Bien entendu, Messire Arkin. ”

Le nouvel arrivant croisa l’elfe sur sa route.

Faërendel, fit une petite courbette, et s’exclama : “ Soyez le bienvenu, Messire Arkin, Algrion m’a parlé de votre arrivée et … ”

Arkin passa rapidement devant l’elfe, sans même lui adresser un regard, ou remarquer sa présence, Algrion dans son sillage.
Faërendel resta pétrifié, ne sachant que faire. Il demeura tant à l’endroit où il s’était arrêtait, qu’Arkin et Algrion avaient déjà disparu hors de sa vue, lorsqu’il se releva. Ce n’est qu’à ce moment qu’il réalisa le comique de sa situation. Piqué au vif, il décida de repartir d’où il venait. Il était convaincu d’avoir découvert des galeries creusées par des nains. Et pas des lapins, cette fois-ci…



Gnaxlal dévisageait Elannah. Des sentiments explosèrent en tous sens, lui permettant d’explorer tous les spectres desdits sentiments comme on observe ceux de la lumière.
Cet état le troublait infiniment, sans savoir pourquoi. Il se rappela d’une autre personne dont le nom et le visage lui échappait sur l’instant. Pour autant, ce qu’il ressentait pour cette personne oubliée n’avait rien à voir avec les sentiments qu’il éprouvait en regardant cette jeune Demi-elfe.

Alvynia restait pétrifiée, immobile telle une statue.

Elannah, dévisageant également le général drow, comprenait difficilement qu’il puisse se tenir devant elle, et avoir secouru Astian.

Quant à Aerendir, il venait d’enlever le bandeau devant les yeux d’Astian pour étudier ce qui leur était arrivé : “ C’est moche… Qui a bien pu te faire cela, mon ami ? ”

Astian lui répondit : “Des drows m’ont capturé. Ils ont trouvé très amusant de m’aveugler avec une épée chauffée au rouge, et me relâcher dans la nature, pensant sans doute qu’une bête sauvage viendrait m’achever. ”

Aerendir : “ Heureusement, il n’en a rien été…Laisses-moi examiner tes yeux plus attentivement… ”

Alvynia émergea de sa torpeur et retrouva sa voix, un peu empreinte de crainte : “ Aerendir… Tu devrais te relever… ”

Aerendir : “ … Laisses-moi le temps d’examiner Astian, tu veux bien. Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête. ”

Gourkok et Vink’lar, ainsi que les jumeaux sentaient que quelque chose clochait. Mais aucun d’eux ne semblait être conscient de ce qui était en train de se déroulait devant eux…Par ailleurs, ils ne percevaient aucune menace immédiate, en combattants aguerris qu’ils étaient. En outre, le soleil dans le dos du personnage les empêchait d’identifier qu’ils avaient un drow devant eux. ”

Par contre, Zéphyr avait bien cerné qui se tenait à quelques pas d’elle, sans pour autant en informer ses proches voisins. Quant à Glingal, pour le plus grand bonheur de Gourkok, elle venait de s’assoupir.

Astian : “ Mon sauveur m’a déjà prodigué quelques soins. Je devrais retrouver la vue d’ici une semaine, ou deux… ”

Aerendir : “ Je n’aurais pas fait mieux… Et le diagnostic est parfaitement exact. ”
S’adressant à l’inconnu, sans pour autant le regarder : “ Vous me semblez doué dans les sciences du corps et des soins. Comment vous remerciez pour cette aide ?”

Alvynia : “ Aerendir… Il serait opportun que tu te relèves… ”

Une nuance dans la voix de son amie alerta le mage, qui se releva, puis rencontra le regard de l’inconnu….

Après un léger mouvement de recul, Aerendir interloqué, eut quelques difficulté de prononcer : “ Non d’un… ”
Mais avant qu’il ne termine sa phrase, Gnaxlal l’interrompit : “ Bien le bonjour à vous tous. J’ai eu la chance de rencontrer votre ami. Celui-ci m’a orienté, grâce à sa science de l’environnement et à mes yeux, vers vous, alors que j’étais totalement perdu dans cette plaine. C’est un vrai bonheur de vous avoir trouvé.”

Alvynia, Aerendir et Elannah restèrent interdits.

Le puissant magicien de l’ombre qui se trouvait devant eux, venait de leur adressait la parole, comme toute personne l’aurait fait dans une banale discussion.

Compte tenu du silence qui s’était installé, Astian décida de conter sa rencontre : “ Je ne peux vous présenter mon sauveur, il est… amnésique. Il m’a indiqué s’être réveillé dans un bosquet près du cadavre d’un reptile. Il s’est réveillé avec une énorme bosse sur la tête. Il a ensuite marché pendant deux jours à la recherche de qui que ce soit, avant de tomber sur moi, qui errait dans la plaine, comme lui…Là, constatant mes blessures, il a proposé de me venir en aide. Et nous voici… ”

Alvynia, encore sous le choc : “ Oui… Vous voici… ”
Puis s’adressa à Gnaxlal : “ Vous… Vous ne vous rappelez pas de votre nom ? ”

Gnaxlal : “ C’est malheureusement le cas, Madame. Mes souvenirs, et mon nom me fuient depuis mon réveil près de ce reptile. ”

Devant le ton très poli utilisé par le magicien, Elannah, Alvynia et Aerendir demeurèrent silencieux. Puis remis de leur surprise.

Aerendir : “ Nous ne nous attendions pas à vous rencon… Euh… Je veux dire à rencontrer quelqu’un si loin de toute civilisation.. Veuillez pardonner notre surprise. ”

Gnaxlal : “ Je comprends votre surprise. Moi-même, après deux jours d’errance, je ne pensais pas tomber sur vous ou sur qui que ce soit. J’espère que nous pourrons faire un bout de route ensemble ? ”

Elannah observait avec insistance le magicien de l’ombre. Celui-ci lui rendait son regard. Elle n’y décerna aucune menace ou haine. Cela la troubla. S’il ne s’était s’agit de Gnaxlal, la personne en face d’elle lui aurait parut fort sympathique.

Gnaxlal, de son côté, rendant son regard à Elannah, ne comprenait pas les émotions qui le submergeaient en cet instant.

Alvynia : “ Et bien… Permettez-vous que j’en discute avec mes compagnons de voyage ? ”

Gnaxlal : “ Cela me paraît tout à fait normal. ”

Alvynia fit signe à Bromard et Garken de s’occuper d’Astian.

A leur tour, les deux ogres remarquèrent qu’ils avaient devant eux, un drow. Un regard d’Alvynia leur suffit à comprendre qu’il n’était pas temps de neutraliser cet ennemi potentiel…

Puis elle, Aerendir et Elannah s’isolèrent à bonne distance. Ils furent promptement rejoints par Zéphyr.

Zéphyr : “ Se pourrait-il que je me méprenne, ou bien sommes nous en présence de Gnaxlal ? ”


Après avoir pénétré, la porte se referma derrière Loz sans qu’un souffle de vent ne vienne y contribuer.

La créature encapuchonnée dans une robe de bure s’avança à l’intérieur de la pièce, jusqu’au centre, où, sur un piédestal, attendait une sphère d’un noir profond.
Elle toucha la sphère et, celle-ci sembla s’animer.

De sa position, près de la porte, Loz ne pouvait que, plus ou moins, deviner ce que pouvait vouloir dire les changements de couleur de la sphère.
Pour l’avoir vu, à plusieurs reprises, en faire usage, Loz savait que des images défilaient devant les yeux de la créature qui touchait la sphère.

Loz patientait… Debout, dans l’attente…

Un soupir s’échappa de sous le capuchon, puis une voix grave, d’outre-tombe, s’adressa à Loz :
“ Je constate que ta mission est un échec ! ! ! Pourtant, tout était réuni pour éliminer immanquablement et définitivement cette misérable prêtresse elfe… ”
La créature encapuchonnée fit silence.

Loz attendit…

La créature : “ Je remarque également que tu es indemne. On ne peut pas en dire autant de ceux qui t’accompagnaient… ”
La créature fit de nouveau silence.

Loz attendit, de nouveau…

La créature : “ Pourtant… On ne peut pas dire que tu te sois limiter dans tes besoins magiques… pour un bien piètre résultat… Qu’as tu à répondre ?”

Loz, sans aucune émotion transparaissant dans la voix : “ De toute évidence, je ne peux nier cet échec… ”

La créature : “ Les fils du destin avaient prédit l’inverse… Et pourtant tu as échoué… A présent, les fils du destins sont devenus… difficile à lire… Il ne m’est pas encore permis de pouvoir déterminer une deuxième occasion de liquider cette prêtresse ! ! ! ”

Loz : “ Malgré cet échec, je ne suis pas rentré les mains vides… ”

La créature : “ Tu veux parler de ce… ” crachant le terme “ …Gnome… ”

Loz : “ Il pourra nous révéler où ses amis se rendent… ”

La créature : “ Bien piètre consolation… Aussi insignifiante que la créature que tu as ramené… ”

Loz garda le silence.

La créature repris : “ Je m’occuperai personnellement de ce… Gnome, afin qu’il me révèle quelque chose d’utile. Maintenant… Laisses moi ! ! ! ”

La créature se reconcentra sur sa sphère.

Pour Loz, le moment était venu de prendre congé.

Au moment où Loz ouvrit la porte, la créature précisa : “ Loz… Ne me déçois plus ! ! ! ”

La porte refermée, il se retrouva dans la salle du trône, passa devant les gardes, et sortit.

Il se retrouva dans un couloir sombre. Sa vue s’adapta à l’obscurité. Il décida de rallier les cellules où avait été enfermé ce Gnome. Il se rappela de son nom, Farbround,.
Il n’avait pas l’habitude de se rappeler du nom des êtres inférieurs dont il croisait l’existence. En fait, très souvent pour y mettre un terme. Il fut surpris que sa mémoire daigne retenir les noms de chacune des créatures présentes durant ces deux jours passés dans la plaine des vertes espérances.
Il y avait ce… Nain. Ce Vink’lar. Puis ce demi-orc, Gourkok. Astian, Alvynia, Aerendir, Garken, Bromard, et… Elannah.

Il se remémora les événements qui avaient justifié la colère de la créature.

Il se rappela avoir vaporisé un des hommes de celle-ci… Les autres, ses compagnons de route, temporaires, les avait fait passé de vie à trépas. Et rapidement, qui plus est…

A ce souvenir, il fut troublé par les sentiments qui se bousculaient dans sa tête.

Il focalisa son attention sur cette jeune demi-elfe, cette Elannah…
En la soignant, il avait cru pouvoir évacuer sa présence de son esprit. Peine perdue…

Au moment où il l’avait soigné, il avait estimé que cela annulerait le fait d’avoir eu la vie sauve grâce à elle.
Monumentale erreur… Car, à présent, Elannah demeurait dans ses pensées presque continuellement…
Et ceci pour deux raisons.
La première lui paraissait bien futile au regard de la situation dans laquelle Golarion s’enfonçait inexorablement. Pour autant, nul doute que la créature n’apprécierait pas de l’apprendre…
Quant à la seconde, la créature le ferait passer dans l’autre monde, dans l’instant qui suivrait la révélation des conséquences de ses actes.
Car, en effet, en prodiguant des soins à Elannah par le mot de pouvoir, qu’il n’avait jusqu’alors jamais utilisé, il avait subtilement modifié les fils du destin… créer un imprévu… Et de taille… Et malgré l’importance de cette donnée, et tout ce qu’elle impliquait, il n’était pas mécontent. C’est ce qui le troublait le plus…

Arrivé devant les portes qui conduisait aux geôles, il s’arrêta.

Deux gardes ne tardèrent pas à lui ouvrir. Et il pénétra à l’intérieur.



Malgen examinait le lieu où l’être encapuchonné s’était matérialisé.

Pendant ce temps, Tzander surveillait les environs, l’arc bandé, près à tirer…

Puis, le magicien se déplaça de chariot en chariot, de cadavre en cadavre.
Il fit le tour de la zone… Toucha quelques pierres, sentit la terre qu’il avait amenée jusqu’à son nez avec ses doigts.

Puis, il rejoignit Tzander, l’air soucieux.

Tzander : “ Alors Malgen ? ”

Malgen : “ Sombres nouvelles… Vous avez eu de la chance d’échapper vivant au personnage que vous avez aperçu… Yavanna n’est pas encore très douée pour la magie, mais cela aurait pu, voire dû, suffire pour qu’il ou elle vous découvre… ”

Tzander : “ Ca n’a pas été le cas… Réjouissons nous de ce coup de pouce du destin… ”

Malgen : “ Les coups de pouce arrivent rarement sans raison… Tzander… ”

Tzander : “ Nous ont-ils laissé repartir sciemment afin de découvrir plus aisément ce qu’ils cherchaient… ”

Malgen : “ Cette crainte vient de germer dans mon esprit. Hâtons-nous de rejoindre notre roi. Il est peut être en grand danger à l’heure qu’il est. ”

Les deux elfes accélérèrent le pas, et quittèrent le lieu du massacre perpétré par les soldats de ce mystérieux personnage.
Derrière un arbuste, deux yeux, d’un visage dissimulé par une capuche, étaient rivés sur les deux silhouettes qui s’éloignaient rapidement.


L’armée d’Anastraëlle avait repris la route.

Malgré tous les efforts du lieutenant Hangbar, son régiment marchait nettement plus lentement que le reste de la troupe.
Le général Tinüviel en était exaspérée.

Cependant, ce qui avait ressemblé à une troupe de loqueteux, avoir désormais meilleure allure.
Le lieutenant Hangbar, malgré sa jeunesse, parvenait à faire des miracles.

Le général Tinüviel admettait cela. Bizarrement, c’était également une cause d’exaspération pour elle.

Anastraëlle n’était pas aussi affectée que son général par le retard généré par la lenteur de cette troupe d’humains . Les géants et les orcs n’arriveraient pas plus vite à Kaer Maga.
D’après Getraz, et ses espions, l’armée constituée par l’ennemi mystérieux, avait stoppé son avancée et se cantonnait à proximité des ruines de la cité d’Urglin.
De fait, cela offrait à l’armée d’Anastraëlle la possibilité d’atteindre Kaer Maga avant celle des géants et des orcs.

Avant cela, la traversée de la forêt de Santos serait une épreuve pour son armée. Les dangers seraient nombreux…



La réflexion de Zéphyr avait fait son effet. Elle avait le don pour agacer les jumeaux, et Alvynia, en cet instant.

Alvynia : “ Vous êtes observatrice, jeune fille. ”

Zéphyr : “ Il y a quelques temps, il m’a été donné de mettre un visage sur ce magicien de l’ombre… En même temps, rencontrez un drow en plein milieu de cette plaine, désarmé, et en habit de magicien… Seul un benêt n’aurait pas fait le rapport… ”

Vink’lar venait de s’inviter dans le cercle : “ Je constate que mon ignorance ne vous est pas indifférente… ”

Zéphyr : “Soyez rassuré, mon petit ami… Je ne faisait nulle référence à votre personne en parlant de benêt… ”

Vink’lar ,ironique : “ Votre amabilité à mon encontre me touche profondément…Petit… Et benêt… ”

Zéphyr : “ Le soleil vous dissimulait les traits de ce sinistre magicien. Vos yeux n’étant pas aussi efficace que les miens, il est normal que vous n’ayez rien remarqué… ”

Vink’lar, encore plus ironique : “ Et bientôt aveugle… ”

Alvynia : “ Cela suffit ! ! ! ” Décidément, la vénérable elfe avait parfois l’impression de devoir surveiller de grands enfants… “ Il convient de décider ce qu’il est opportun de faire. ”

Aerendir : “ Beaucoup dirait que nous avons là, l’occasion de mettre un terme à l’existence du plus machiavélique général dont les drows disposent, doublé d’un assassin impitoyable… ”

Elannah : “ Il ne serait pas correct de nous abaisser au niveau de celui qu’il était… Avant de devenir Amnésique ! ! ! ”

Vink’lar : “ Et quelles preuves avons nous qu’il est bien dans l’état qu’il prétend être ! ! ! Hein ! ! ! ”

Alvynia : “ Nous ne pouvons pas en avoir la certitude… Vous dites vrai, mon ami. ”

Aerendir : “ D’autant qu’il s’agit d’un état provisoire ! ! ! Nul doute qu’il retrouvera la mémoire. Et à ce moment là… ”

Elannah : “ Vous proposez de l’assassiner ? Là. Malgré le fait qu’il ait secouru Astian ? ”

Alvynia : “ Je ne sais quelle décision prendre ! ! ! ”

Vink’lar : “ Je l’aime pas ! ! ! Comme Loz… Rappelez-vous ce qui s’est passé ! ! ! Il n’y a qu’une chose à faite ! ! ! D’autant que nous n’avons pas le temps de nous encombrer de ce … de ce… Monstre ! ! !”


Elannah : “ Pour quelqu’un qui n’avait même pas remarqué la menace que ce personnage représenté, avant de savoir de qui il s’agissait, je trouve que tu es bien prompte à vouloir l’éliminer ! ! ! ”

Alvynia : “ Ca suffit vous deux ! ! ! Aerendir ? ”

Aerendir : “ Je ne peux dire qu’une chose… Nous étions tous à sa merci… Et il n’a rien fait. Il a sauvé Astian… Et nous a causé très courtoisement… Malgré cela, Gnaxlal, reste Gnaxlal… Une menace vitale pour ce monde. ”

Elannah : “ Sauf qu’il n’est qu’un maillon de la chaîne… Dont on peut se servir…A présent… ”

Vink’lar : “ Et comment ? ”

Elannah : “ Avons nous un moyen de neutraliser sa magie ? ”

Aerendir : “ Je… Je n’en suis pas sûr… ”

Alvynia : “ Je n’en suis pas sûre également… ”

Vink’lar : “ Vous voyez ! ! ! C’est prendre bien des risques… pour… Pourquoi d’ailleurs ? ”

Zéphyr : “ Pour nous éviter d’en prendre des plus grands… Plus tard. ”

Vink’lar : “ Euh… Vous savez que je n’aime pas quand vous faites des réflexions judicieuses… ”

Zéphyr : “ C’est ce que j’avais cru remarquer… ”

Vink’lar quitta le cercle formé par les trois magiciens et la dragonne… Elle l’horripilait…Souvent… mais ce devait être réciproque, parfois...

Alvynia : “ Bien, que décidons nous ? ”

Elannah : “ Je me propose de le surveiller. Pendant ce temps, vous trouverez le moyen de neutraliser sa magie… ”

Aerendir : “ Zéphyr ? As tu une idée ? ”

Zéphyr : “Laisses moi réfléchir jusqu’à ce soir. Je dois déterrer de vieux souvenirs… d’un autre temps… d’une autre vie… ”

Alvynia : “ Bon. Jusque là, il va falloir qu’il nous accompagne. ” Et tournant son regard vers la prêtresse endormie “ J’imagine que la mine de Glingal à son réveil ne sera pas des plus réjouie ! ! ! ”



Les deux gardes conduisirent Loz jusqu’à la cellule où Farbround avait été enfermé.

La porte lui fut ouverte, et il se retrouva dans la cellule au fond de laquelle le gnome était assis.
Il avait les mains et les pieds entravés. Les drows l’avait désarmé. Il ne lui restait plus que sa tunique.
Les yeux de Loz croisèrent le regard du gnome, dans lequel brillait une étincelle de haine.

Loz connaissait ce regard. Bien d’autres avant le gnome en avait eu un similaire. Mais, pour une raison qui lui échappait encore, cette fois-ci semblait différente.
Loz l’avait soumis à la question, sans être aussi perspicace que d’habitude… Et cela, il ne le comprenait pas.

Loz : “ Je suppose qu’il est inutile de vous dire qu’il ne sert à rien d’être de nouveau agressif à mon encontre… ”

Farbround : “ Vous voulez dire, malgré mes envies de meurtres sur votre personne ? ”

Le ton ironique employé par le gnome amusa Loz quelques instants. Il ne lisait aucune crainte dans les yeux de l’éclaireur assis devant lui. Cela aussi était nouveau.
Jusqu’à, il n’y a pas si longtemps, Loz considérait les gnomes comme des cafards, au mieux des vers de terre.

Loz se rappela que de nombreuses de ses victimes ou de la créature, croyant avoir suffisamment de courage pour leur tenir tête, s’étaient fièrement tenues devant eux… Avant que leurs plaintes, et leurs cris de douleurs ne sollicitent la clémence de leurs bourreaux… Pour ne pas dire une mort rapide pour les délivrer de leurs tourments…
Les murs des cellules avaient répercuté ces plaintes, et y étaient restés sourds. Tout comme Loz et la créature…

Loz : “ Alors… Gnome. Avez-vous décidé de me dire la route que vos amis ont décidé d’emprunter ? ”

Farbround : “Oui… Et je crains que la réponse soit toujours aussi négative… Ne vous en déplaise. ”

Encore une fois, Loz fut amusé de la réponse. Ce gnome lui tenait tête, et il lui semblait envisageable que même la Créature ne parvienne pas à un meilleur résultat. Chassant ces pensées, il poursuivit : “ Une personne, plus perspicace que moi, et beaucoup moins complaisante, va bientôt venir vous poser la même question… ”

Farbround : “Je me réjouis donc d’avance d’une telle rencontre… ”

Loz : “ Aucun être ne l’a été. Après son passage… ”

Farbround : “ Je serais peut être le premier… Je manderais du thé, afin de bien l’accueillir.”

Cette remarque fit sourire Loz : “ Je puis abréger vos souffrances à venir si vous me fournissez la réponse que je désire… ”

Farbround : “ Et rater une telle rencontre ? Ma curiosité est telle, que j’hésite à vous demander de me libérer avant que cette personne ne vienne… ”

Malgré le fait de fouiller dans sa mémoire, il ne trouva, dans ces souvenirs, aucune conversation qui lui ait plu ainsi. Il répliqua.: “ J’ai bien peur de devoir vous décevoir en la matière. Par contre, votre curiosité sera bientôt satisfaite… Pour votre malheur. ”

Farbround : “ Je devrais donc quitter cette cellule, avant, par mes propres moyens, dans ce cas… ”

Loz fut surpris de cette remarque. Il joua le jeu du gnome, ce qui l’amusa également : “ Il semblerait… ”

Farbround : “ Bien. Puis-je vous demander de faire apprêter un cheval, pour faciliter ma tâche après mon évasion ? ”

Loz : “ Je m’en abstiendrai si vous n’y voyez pas d’inconvénients… Maintenant, je dois vous laisser… ”

Farbround : “ J’ai une question… Si vous le permettez. ”

Loz : “ Vous ne répondez pas aux miennes. Pourquoi répondrais-je aux vôtres ? ”

Farbround, un sourire aux lèvres : “ Au nom de notre collaboration passée, même si elle fut courte, elle ne fut pas désagréable. Bien sûr, cela s’est un peu dégradé, depuis… ”

Ce gnome le surprenait. Il s’étonna de réaliser qu’il était désormais très loin de le considérer comme quantité négligeable, voire inutile... Et ceci malgré la taille de l’être en face de lui. “ Et bien, disons que je vous autorise à la poser. Je verrais s’il convient d’y répondre. ”

Farbround : “ Mes amis sont-ils indemnes ? Et libres ? ”

Loz hésita : “ Cela en fait deux… ”. Ces questions ramenèrent à son esprit l’image des compagnons d’Elannah, ainsi que celle de la demi-elfe.

Devant la mine pensive de son geôlier, Farbround ne sut s’il devait réitérer ses questions. Au bout de quelques instants…Loz répondit : “ Si cela peut vous tranquilliser, Farbround, avant de connaître les tourments, la réponse est affirmative pour ces deux questions. ”

Loz et Farbround furent aussi surpris d’avoir répondu à la question pour un, et d’avoir eu une réponse si franche pour l’autre.
Pour Loz, avoir employé le nom du gnome, l’interpellait également.

Loz quitta la cellule, abandonnant un Farbround devenu pensif à son tour…

Les gardes raccompagnèrent Loz, qui, pour une raison inconnue, interpella l’un des gardes : “ Vérifiez ses liens. Je ne voudrais pas que vous subissiez ma colère si d’aventure le prisonnier vous échapper… ”
Puis Loz quitta les geôles.



Lorsque Malgen et Tzander rattrapèrent le groupe d’Aradan, ils furent tous les deux soulagés.

A la vue du petit groupe qui se dessiner sur les petites collines au Nord d’Oppara, Malgen et Tzander trouvèrent la force d’accélérer le pas bien que cela leur parut difficile.
La joie de savoir leurs amis, vivants et en pleine santé, redoubla leur volonté de les rejoindre rapidement.

Aradan exprima sa joie de revoir sains et saufs ses deux amis : “ Mes amis…C’est un réconfort de vous revoir. ”

Yavanna se jeta dans les bras du magicien.

Malgen : “ Doucement, ma petite ! ! ! Si tu continues, ce ne seront pas les orcs qui auront ma vieille carcasse, mais tes accolades vigoureuses ! ! ! ”

Yavanna : “ Pardonnes-moi… Je suis tellement heureuse de votre retour. J’avais si peur qu’il puisse vous arriver un malheur ! ! ! ”

Malgen : “ Et bien, tel n’a pas été le cas ! ! ! ”

Aradan : “ A la bonne heure ! ! ! Aucune danger n’est venu contrarier votre mission ? ”

Malgen : “ Non. Mais j’ai de bien sombres nouvelles. ”

Aradan : “ Parles mon ami. ”

Malgen : “ Nous avons sous-estimé la menace qui plane sur Golarion. J’ai décelé la présence d’un très puissant magicien. Et surtout d’une très ancienne magie, venue du fonds des âges ! ! ! ”

Yavanna : “ Est-ce si alarmant ! ! ? ? ? ”

Malgen : “ Oh que oui, ma petite. Et bien plus encore ! ! ! Il faut nous hâter, Mon Roi ! ! ! Et parvenir à IADARRA au plus vite ! ! ! Les forces de l’ombre sont en marche… ”

Aradan : “ Nous ferons aussi vite qu’il nous est possible, Malgen. ”

Malgen : “ Je crains que ce ne soit pas suffisant ! ! ! ”

Aradan : “ Comment pouvons nous nous y prendre, alors ! ! ! ”

Malgen : “ Un vortex dimensionnel ! ! ! ”

Aradan : “ Nous nous étions interdit cette possibilité. Elle focaliserait sur notre position, le regard de cet ennemi. ”

Malgen : “ J’en suis conscient, Mon Roi. Mais l’urgence prime à la sécurité ! ! ! ”

Yavanna : “ Mais… de quoi vous parlez ? ”

Aradan : “ Désormais, cette possibilité nous est fermée ! ! ! Vous n’avez pas le pouvoir d’en ouvrir un, et surtout de le maintenir, seul ! ! ! Dans notre Royaume, la confrérie des magiciens vous aurez soutenu ! ! ! ”

Malgen : “ Je me rends compte, à présent, de mon erreur ! ! ! Il convient d’y remédier. Je pourrais ouvrir ce vortex, et vous le franchirait tous ! ! ! ”

Yavanna : “ Ohé ! ! ! Je suis là ! ! ! ”

Aradan : “ Mais… Qu’adviendra t il de vous ? ? ? ”

Malgen : “ L’avenir nous le dira, mon ami… Je vous rejoindrai à IADARRA … S’il m’est donné de le pouvoir… ”

Aradan : “ Nous ne pouvons nous passer de vous. Vous êtes précieux pour la réussite de cette mission ! ! ! ”

Yavanna : “ Je déteste quand vous faites cela ! ! ! ”

Malgen : “ Il n’est plus temps de tergiverser. Mes pouvoirs me permettront de vous ouvrir un portail jusqu’au Kyomin. Vous y serez en sécurité… Enfin, je le pense. Vous serez, au plus, à deux jours de marche de IADARRA. ”

Aradan : “ Si vous jugez que c’est nécessaire ! ! ! ”

Malgen : “ Même INDIS-PEN-SABLE ! ! ! Je vais commencer les incantations ! ! ! Préparez tout le monde.”

Aradan se dirigea vers le reste du groupe.

Malgen alla à l’opposé, et commença à dessiner des figures dans l’herbe environnante à l’aide d’une poudre blanche.

Abandonnant Yavanna sur place : “ Et moi ? Qu’est ce que je fais ? ? ? Vous dérangez pas pour moi… J’fais que passer… Je vais attendre… sur la pierre là… faites moi signe quand vous aurez besoin de moi . Peuh…”


Près des chariots calcinés, se tenait une silhouette encapuchonnée dans une robe de magicien ayant pris le ton de la lande alentour.
Depuis les collines proches, aucun être, eut il la vue perçante d’un elfe, n’aurait pu remarquer la présence de cet être.

A son tour, il huma l’air, sentit la terre… D’une voix sans âge, ses seuls mots furent : “ Hum… Ainsi, nos routes se recroisent… Voilà qui est navrant…pour vous. ”

La silhouette tourna son regard vers le Nord. “ Hum… La magie est à l’œuvre, non loin d’ici… ”
L’être commença à marcher… D’un mot, il disparut à son tour…


Malgen avait terminé son incantation… de la sueur perlait sur son front. Il se concentrait ardemment…
Le portail était ouvert… Les premiers membres de la délégation l’avait déjà franchi.
Seuls Tzander, Aradan et Yavanna étaient encore là.

Malgen : “ dépêchez vous mes amis ! ! ! je ne tiendrais plus très longtemps ! ! !

Tzander franchit le portail à son tour. Aradan pris par le bras Yavanna qui résistait : “ Malgen ! ! ! Ne restez pas là ! ! ! Venez avec nous ! ! ! ”

Malgen : “ Il est trop tard pour moi, ma Petite… Soit heureuse ! ! !

Aradan : “ Au revoir Mon ami. ”

Aradan et Yavanna franchirent le portail. La princesse était en pleurs ! ! ! Puis le portail disparut.

Malgen : “ Adieu… Mon Roi… ”

Et Malgen épuisé, s’effondra…inanimé.

Un instant après, une mystérieuse silhouette se matérialisa à deux pas de lui. Celle-ci reprit à voix haute. “ Il semblerait que tu aies présumé de tes forces… Pour sauver des êtres chers au dépens de ton sort…Ce sacrifice t’honore mon Brave. … Malheureusement, je crains que de tels efforts n’aient pas le résultat que tu escomptes… ”

La silhouette s’agenouilla auprès de Malgen.
La respiration du mage elfe devenait difficile. Il succomberait dans quelques instants, sans aucun doute.

L’être encapuchonné passa une main sur le visage de Malgen, tout en prononçant un mot de pouvoir.

La respiration de Malgen redevint normale. Son visage retrouva des couleurs qui l’avaient abandonné après qu’il ait lancé son sort de portail.
Puis, Malgen et l’être disparurent de ce petit coin de Golarion…



La petite troupe poursuivie sa route le restant de la journée, s’octroyant qu’une courte pause à midi, et une autre en cours d’après midi.

A ces occasions, Elannah ne quitta pas d’un pouce Gnaxlal.
Celui-ci était visiblement ravi de la situation.

Durant la dernière pause, un souvenir émergea dans l’esprit de Gnaxlal. Comme s’il s’agissait de quelqu’un d’autre, il se vit, encore en elfe, et non en drow. Il se rappela vaguement avoir fait la connaissance de jeunes femmes elfes, dont les parents étaient désireux de trouver le meilleur parti.
Il compris que cette époque était très lointaine. Il devina que son statuts social le plaçait aux côtés des souverains en tant que conseiller spécialisé dans un domaine quelconque permettant de gérer un royaume.
Il revit un visage… Une de ces jeunes elfes, dont le prénom lui échappait.

Une question d’Elannah interrompit sa rêverie… Et dissipèrent les traits de ce visage, sans qu’il puisse parvenir à se le remémorer.

La troupe reprit la route pour finalement s’installer, à la nuit, dans un nouveau bosquets d’arbres.

Gnaxlal s’était assis sur une pierre. Tout autour de lui, chacun vaquait à ses occupations.
Elannah était à ses pieds, en train de rassembler du bois pour allumer un feu.

La demi-elfe, après avoir bien installé le foyer, se rendit compte qu’elle ne s’était pas muni du nécessaire pour allumer le feu, elle jura : “ Zut… Il doit être dans ma sacoche de voyage. ”

Inconsciemment, elle pensa à la chaleur du feu…Alors qu’elle se relevait pour aller chercher sa sacoche.
Inconsciemment, elle prononça, un mot, un seul… Et le feu pris…

Elannah fut sous le choc.

Gnaxlal qui avait observé la scène au plus près, ajouta : “ Cela doit être bien pratique, les soirs d’hiver. ”

Elannah : “ Je… Et bien… Oui, peut être. ”

Gourkok passa à proximité : “ Et bien, ma petite elfe favorite, ce soir ton efficacité va nous permettre de dîner rapidement. J’en salive d’avance… ” Et il poursuivit son chemin.

Sur ses talons, Zéphyr le suivait de près, une note de jalousie dans la voix : “ J’aurais été aussi efficace si on m’y avait autorisé ! ! ! ” puis elle passa pour rejoindre Gourkok.

De sa position, Vink’lar crut bon d’ajouter : “ Nous avons un abri pour la nuit, Il serait judicieux de le garder… Si tu vois ce que je veux dire… ”

Etonnamment, Zéphyr se retourna, et tira la langue à l’adresse du nain, en précisant : “ Méchant petit être ! ! ! ”

Vink’lar, un peu désarçonné par cette réaction puérile : “ Non mais… Elle vient de me tirer la langue… J’ai pas rêvé ? Elle est plus âgée que moi, et elle me tire la langue ! ! ! ah, je vous jure… ”

Alvynia vint s’installer près du feu : “ N’oubliez pas messire nain, que pour son espèce, elle est en pleine adolescence… ”

Vink’lar : “ Quand bien même ! ! ! Il serait temps que quelqu’un lui tire les oreilles ! ! ! ”

Alvynia : “ Vous tenez à vous en charger ? ”

Vink’lar : “ Non ! ! ! Je tiens trop à mes moustaches et à ma barbe ! ! ! ”

Gnaxlal observait la scène, qui l’amusait, et l’apaisait.

Elannah se concentra sur les préparatifs du repas… Pour ce soir, c’était elle et Alvynia qui étaient en charge de son élaboration. Plusieurs lapins, ayant malencontreusement croisé la route de Gourkok, en serait le constituant principal.

Elannah aimait bien les repas préparés par Gourkok. Il faisait preuve d’une inventivité, même à mille lieues de la civilisation. Pour le moment, elle était soucieuse, se rappelant comment elle avait allumé le feu.



Il aurait pu se téléporter au sommet des marches.
Mais non… Il était pensif. Et marcher ainsi, marche après marche, lui permettait de mieux se concentrer.

Décidément, chacun des contacts avec un des membres de cette étrange troupe constituait de races aussi diverses que variées, le menait à chaque fois à se poser de nombreuses questions.
Non seulement cela, mais également être face à une vérité qui le dérangeait énormément, se parlant à lui même : “ Ils ne sont pas si différents de moi-même… Malgré tout ce que l’on a pu m’en dire… ”

Loz était tellement absorbé dans ses pensées, qu’une fois atteint le sommet des marches, il buta sur un des dix gardes de la Créature.
Visiblement, celle-ci avait décidé d’en finir rapidement avec le gnome, et débarrasser ses geôles de cet être insignifiant.

Arrivé à sa hauteur, la Créature l’interpella : “ Et bien… Vous avez décidé de l’interroger, ceci en dépit du fait que je vous avais dit que je m’en chargerais ! ! ! ”

Loz, ne cilla pas, malgré le ton glacial de la Créature : “ Il m’a paru opportun de ré-interroger le prisonnier. D’une manière différente… ”

La Créature : “ Et ? ? ? ”

Loz : “ je le laisse à vos soins. Peut être sera-t-il plus prolixe à votre égard qu’au mien. ”

La Créature : “ Il n’y a aucun doute sur cette issue ! ! ! ”

Sur cette réplique, la Créature reprit sa marche, toute sa garde autour d’elle, pour descendre les nombreuses marches qui la mènerait vers cet étonnant gnome.

Il ne fallut que quelques instants à Loz pour se remettre en route. Trouver de quoi boire dans cette endroit ne devrait pas être si difficile.
La forteresse de la créature était souterraine.
La salle du trône, les baraquements de son armée de drows, et les prisons étaient situés sous terre.

Un immense campement de tente et de cabane en bois était né ici, au dessus de la forteresse, située en plein cœur de la forêt de Santos.
Le secret de l’existence de ce nouveau passage vers les profondeurs de Golarion avait été préservé.
D’ici, les drows se déverseraient sur le monde, sans être inquiétés par les elfes de Celwynvian.

Un certain nombre d’éclaireur elfe avait payé de leur vie leur curiosité ! ! !

Au bout d’un couloir, il entrevit la lumière du jour.

Les shoantis ne vivaient pas comme ces rats de drows… Ils leur fallait de la lumière et l’air extérieur.
Cinq des sept tribus que comptait son peuple s’étaient ralliées à lui.

Il émergea sous un soleil radieux, au milieu de cette forêt de Santos.
Non loin d’ici, le campement des cinq tribus était installé. Plus de 25 000 âmes. Il était leur nouveau prince. Attendu depuis des génération pour aider son peuple à rejeter à la mer ces maudits conquérants varisiens ! ! !

Il était encore perdu dans ses pensées, lorsque l’alarme résonna du fond du terrier de ces drows…

Instinctivement, il sut la raison qui avait provoquée cette alarme. Il se précipita, à nouveau, vers les profondeurs de ce terrier qui tenait lieu de cité à ces drows…



Yavanna, au bord des larmes : “ Nous avons abandonné Malgen derrière nous, Père ! ! ! ”

Aradan : “ Malgen a choisi en connaissance de cause. Et crois tu que je ne sois pas affecté par ce qu’il a choisi de faire ! ! ! ”

Yavanna : “ Ce n’est pas ce que je voulais sous-entendre…Je… ”
La jeune elfe ne parvenait pas à trouver ses mots.

La délégation d’Aradan avait émergé dans la forêt du Kyonin, deux heures plus tôt.
Tzander était parti en éclaireur depuis.

Aradan était soucieux. L’absence de son éclaireur, qui se prolongeait, n’augurait rien de bon.
L’ennemi avait-il déployé des forces, ici même en Kyonin, pour les intercepter ?
Dans ce cas, le sacrifice de Malgen devenait absurde, et inutile.

A l’heure actuelle, le mage devait être aux portes de la mort, après avoir fait appel à l’ensemble de ses pouvoirs magique pour l’ouverture d’un tel portail.
Alors que cette manœuvre aurait dû leurs permettre de prendre de l’avance sur leurs poursuivants, elle les avait peut être conduite droit dans les bras de l’ennemi ! ! !

Yavanna, sentit la nervosité de son Père. Lui, généralement le plus imperturbable des personnes qu’elle fréquentait : “ Ne t’inquiètes pas. Tzander pas revenir. C’est un éclaireur hors paire. ”

Aradan : “ Je crois qu’il est devenu nécessaire de reprendre notre route. Avertis les autres. Tzander arrivera à nous rejoindre ! ! ! ”

La mine grave, Yavanna alla immédiatement prévenir le reste de la délégation, qui ne tarda pas à reprendre sa route vers Iaddara, le plus discrètement possible.


A moins de cinq kilomètres de là, une petite troupe d’orcs des montagnes finissait son déjeuner.

Tzander était couché, non loin de là. Assommé et attaché.

Malgré toute son expérience, l’éclaireur était tombé dans une embuscade grossière. Les orcs l’avaient capturé sans difficulté, et sans qu’il ait pu se défendre.

Les rires gras émis par la dizaine d’orcs des montagnes, autour d’un petit feu, le sortirent de son sommeil involontaire.
Il ouvrit un œil, pour constater la présence de ces êtres immondes ! ! !
Comment pouvaient-ils se trouver si loin au cœur du Kyonin, à moins de deux journées de marche de Iaddara, la capitale Elfique ?
Tzander s’était attendu à des espions ou des mercenaires humains, mais pas à une petite troupe d’orcs.

Constatant que l’elfe avait ouvert un œil, ce qui tenait lieu de chef de cette troupe orc, intervint à l’adresse de l’elfe “ Tiens… Notre doux rêveur semble être réveillé ! ! ! Sois heureux d’apprendre que notre chef viendra bientôt pour te tirer les vers du nez… Et bien d’autres choses… ”
Là-dessus, une bonne partie des orcs présents éclata de rire. A cet instant, après avoir parcouru du regard le campement, Tzander réalisa qu’au moins une demie centaine d’orcs devait être présents à proximité

Des frissons courant sur son échine, Tzander n’eut qu’une pensée… Revoir l’être maléfique dont ils s’étaient dissimulé lui et Yavanna, un peu plus tôt...



Manger en présence de Gnaxlal était étrange pour les membres de la petite troupe.

Que celui-ci intervienne dans les conversations, comme s’il s’était agit de n’importe quelle personne, rendait encore plus étrange ce moment.

Glingal avait gardé le silence dés qu’elle avait appris sur qui le groupe était tombé, pendant qu’elle faisait la sieste.

Gnaxlal avait proposé ses services pour soigner la blessure de la prêtresse.
Cette éventualité avait laissé perplexe tout le monde.
Seul Gnaxlal avait paru estomaqué, logiquement d’ailleurs, par le NON franc et massif prononcé par Glingal à l’idée que ce drow la soigne ! ! !
Elannah avait expliqué tant bien que mal que “ sa vieille grand-mère ” avait un caractère de cochon, et que ce caractère était exacerbé par tout usage de la magie…
Gnaxlal avait gobé ce mensonge gros comme une montagne.

A présent, Glingal mangé son repas, en silence, tout en dévisageant Gnaxlal, d’un œil mauvais.

Gnaxlal, assis près d’Elannah, se pencha pour murmurer à l’oreille de la demi-elfe : “ Votre Grand-mère ne semble pas m’apprécier .”

Interpellée par le comique de la situation, un sourire se dessina sur les lèvres d’Elannah.
Gnaxlal ne sut comment prendre cette réaction.

Elannah se pencha à son tour vers le drow, et lui murmura à l’oreille : “ Je crains qu’il ne vous faille vous habituer à ce genre de réaction. Elle déteste les inconnus. Et si, en plus, ils sont magiciens, c’est une horreur… ”

Gnaxlal sourit à son tour, sans réaliser les raisons du comique de la situation, bien évidemment… Intérieurement, il s’interrogea sur les raisons qui pouvait amener une inconnue à lui adresser un tel regard. Il avait l’intime conviction que le regard de la prêtresse donnait l’impression de vouloir l’assassiner…lui.

A bien y réfléchir, le nain, un certain Vink’lar avait un regard un peu similaire. Finalement, à part Elannah, Astian, Alvynia et Aerendir, tous les membres de cet étrange équipage hétéroclite semblaient nourrir le même projet, que cette Glingal, à son égard.
Seule cette Zéphyr différait. Avec elle, Gnaxlal ne parvenait pas à déterminer les réelles intentions de cette jeune fille au regard violet.

Au fil du repas, les conversations devinrent bien moins crispée.
Bien sûr, l’amnésie du drow ne facilitait pas son intervention dans les discussions. Pour autant, Gnaxlal intervenait, courtoisement, lorsqu’il lui paraissait possible de glisser quelques mots de ci, de là.

Malgré le fait d’être en présence d’un ennemi, Vink’lar dût convenir que le drow pouvait paraître sympathique à l’occasion, et lui faire oublier quelques secondes, qui se tenait en face de lui.

Le repas terminé, Gourkok et Vink’lar se proposèrent pour la vaisselle.
Pour la survie de celle-ci, il valait mieux ne pas la confier aux jumeaux. Ce choix les avait d’ailleurs quelque peu vexés, lorsqu’un soir, la vaisselle du groupe avait connu un lavage un peu trop énergique…


Pendant que les conversations se prolongeaient autour du feu, que le demi-orc et le nain étaient partis près de l’étang non loin, Elannah décida de s’isoler.

A l’écart du campement, et à l’abri de regard indiscret, Elannah s’assit en tailleur dans l’herbe, contemplant la voûte céleste.
Après quelques instants, elle sortit de sa rêverie.
Elle se remémora sa manière d’allumer le feu de camp.
En tant que demi-elfe, Elannah était capable de voir dans l’obscurité. Cette faculté lui permettrait d’être plus discrète pour ce qu’elle souhaitait faire, puisqu’elle n’avait pas besoin de faire appel à une quelconque source lumineuse.
Dans un premier temps, elle décida de prendre quelque chose de simple. Elle choisit un brin d’herbe, réfléchit une seconde, en pensant le faire grandir. Un mot s’imposa dans ses idées. Un mot dans une langue qu’elle n’avait pas l’impression d’avoir appris, mais que pourtant elle paraissait comprendre. Elle prononça ce mot.
Le petit brin d’herbe se mit à croître… Il acheva sa croissance après avoir quadruplé de taille…
Un peu éberluée des conséquences du mot prononcé, elle choisit une autre plante, une primevère…
Encore une fois, elle réfléchit. Un nouveau mot s’imposa dans ses pensées.
A peine l’eut elle prononcé, que la petite plante s’agita, des boutons naquirent, puis des fleurs multicolores apparurent.
Toute à sa surprise, Elannah ne remarqua pas que Gnaxlal l’avait rejointe

Gnaxlal : “ Voilà qui est bien joli. ”

Elannah sursauta, et sur un ton un peu agressif : “ Que faites-vous ici ? ”

Gnaxlal : “ Je vous ai vu vous éloigner, j’ai eu peur que vous ne fassiez une mauvaise rencontre. ”

Etonnée d’une telle attention, Elannah ne sut quoi répondre. Remise de cet étonnement : “ C’est à dire… Que je souhaitez être seule. ”

Gnaxlal : “Oh. Veuillez me pardonner cette intrusion, dans ce cas. Je me retire. ” Après avoir fait demi-tour, le drow commença à repartir vers le campement.

Elannah fut prise d’un doute, puis elle interpella le drow : “ Attendez… Je vous prie. ”

Gnaxlal : “ Oui ? ”

Elannah : “ J’aimerais vous poser quelques questions. Si vous le permettez … ”

Gnaxlal s’installa en tailleur devant elle. Il attendit que la jeune demi-elfe parle de nouveau. ”

Elannah : “ Il semblerait que vous soyez en mesure de faire appel à la magie. ”

Gnaxlal : “ C’est ce que j’ai découvert… Un peu après avoir réalisé que j’étais amnésique… ”

Elannah : “ Je suis bien consciente de votre état… Mais j’aimerais savoir si… ”

Gnaxlal : “ … Si allumer un feu d’un seul mot, ou faire pousser une plante de la même manière ne m’est pas inconnu ? ”

Elannah, surprise par le fait que le drow avait visé aussi juste dans ses propos : “ Je… C’est cela. ”

Gnaxlal : “ Pour ne rien vous cacher, j’ai le sentiment d’avoir déjà côtoyé la magie à laquelle vous faite appel. Elle ne nécessite pas autant d’incantation que la magie que j’ai utilisé sur votre ami, Astian… ”

Elannah : “ Je ne connaissais pas les mots que j’ai utilisé. Ils sont dans une langue qui m’est inconnu. Pourtant… ”

Gnaxlal : “ Pourtant, à partir du moment où vous envisagez une chose, le mot de cette langue, qui se rapporte à cette chose, se matérialise dans votre esprit. ”

Elannah, encore une fois étonné que le drow ait décrit aussi fidèlement ce qui lui arrivait : “ C’est cela… ”

Gnaxlal : “J’ai l’impression de connaître ce qui vous arrive…Sans pouvoir en avoir la certitude absolue…Cela m’évoque des images… Mais je suis incapable de pouvoir les décrire précisément… C’est très vague…Avoir l’impression de connaître quelque chose sans pouvoir s’en rappeler… C’est très frustrant… ”

Elannah : “ Je l’imagine. Est ce que cela vous évoque quoi que ce soit d’autre ? ”

Gnaxlal : “ Et bien… L’idée générale d’une magie ancienne. Très ancienne… Avec peu d’adeptes…Et d’un peuple très ancien… A part cela…”

Elannah : “ Je vous remercie pour vos efforts. ”

Gnaxlal : “ Je vous en prie. Peut être pourriez-vous soigner votre grand-mère à l’aide de cette… magie ? ”

Elannah se rappela le mensonge qu’elle avait servi au drow : “ Pour qu’elle m’écorche vive… ”

Gnaxlal sourit, puis éclata de rire à cette remarque. Il reprit : “Nous serons deux, alors… ”

Elannah : “ Nous éviterons…. Ce pourrait être désagréable. ”

Gnaxlal : “ Je vous le concède. ” Le drow se releva. “ Encore une fois, je m’excuse d’avoir troublé votre solitude. Je vous laisse à vos… expériences. ”

Elannah : “ Je souhaiterais que vous restiez discret quant à mes… expériences. ”

Gnaxlal : “ Mes lèvres seront scellées sur le sujet. ”
Et le drow se dirigea vers le campement, et disparut dans le bosquet d’arbres.

Elannah demeura songeuse. Elle demeura assise, et continua de réfléchir…
 

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CHAPITRE 7 :
En dévalant les marches, Loz constata que l’alarme avait transformé la cité drows en une véritable ruche.
Malgré l’affluence en soldats, il fallut peu de temps pour qu’il atteigne les geôles.

Là, il remarqua immédiatement l’absence des gardes assignés à la surveillance des lieux.

Quant à la garde personnelle de la Créature, elle avait pris position dans les geôle à la recherche du fugitif, hormis deux éléments qui devaient se trouvait avec la Créature.

Loz se dirigea vers la cellule où avait été Farbround, pour constater son absence. Juste à l’entrée, Loz remarqua un des deux gardes drows gisant à terre, la tête dans un angle surréaliste.

Pénétrant dans la cellule, Loz remarqua que le second garde tenait encore sa gorge entre ses mains, mais que toute trace de vie avait disparu de ses yeux.

Debout, à coté de la couche où s’était tenu Farbround, La Créature était en pleine concentration.

Les deux gardes en armure verte, immobile, dans l’attente d’un ordre.

D’un ton agacé, mais toujours aussi froid, la Créature s’adressa à Loz, un peu surpris : “ Votre manière différente a eu des conséquences inattendues… ”

Loz, rassembla ses idées, et parvint : “ J’avais recommandé aux gardes de vérifier les liens du prisonniers… Au cas où… ”

La Créature : “ C’est ce que son âme vient de me confier… S’il en avait été différemment, vous auriez rejoint ces misérable dans la mort. ”

Une colère froide monta des entrailles de Loz. Ce fut son tour de répliquer sur un ton glacial à la Créature : “ Vous êtes consciente que de telle menace ne me laisse pas de marbre. Je suis convaincu que vous saurais améliorer votre attitude à mon égard… à l’avenir.”

La Créature émis ce qui ressembla à un léger sifflement. Puis elle pris congé, laissant Loz seul avec sa colère.

Loz examina la pièce de plus près, ainsi que les victimes de Farbround.

Le premier garde a avoir pénétré dans la cellule devait avoir été celui qui se tenait encore la gorge.

Pendant qu’il vérifiait les liens, Farbround avait dû lui écraser la trachée d’un coup rapide et efficace.
Pour parvenir à ce résultat, le gnome devait déjà avoir retiré ses liens des mains, peut être même alors que Loz était présent.

N’entendant plus son collègue, ou seulement des gargouillis, le second garde avait dû accourir, pénétrer dans la pièce en voyant son compagnon à terre, et là… Farbround avait dû se jeter sur lui par derrière pour lui briser la nuque, nette, d’une violente torsion de la tête.

A cet instant, Loz dû reconnaître que ce Farbround sortait de l’ordinaire. Déjà, lors de sa conversation avec lui, il avait trouvé ce gnome très particulier.
Compte tenu du fait que rien n’avait mis fin à l’alarme, le fugitif n’avait pas encore été repris.
L’évasion en cours, était en soi une première dans ces geôles ! ! !
Que Farbround parvienne à s’évader et se mettre en sécurité lui vaudrait de rester dans les anales… A la grande colère de la Créature…
Encore une fois, Loz fut étonné de ne pas ressentir un mécontentement légitime compte tenu des événements en cours… SON prisonnier s’était enfui ! ! !
Malgré cela, plus il y réfléchissait, et plus il devait convenir qu’il ressentait une certaine sympathie pour ce gnome.
Il fut ébranlé à cette idée… Comment ressentir cela envers un ennemi ? Cela ne lui était jamais arrivé ! ! !
Encore une fois le visage d’Elannah s’immisça dans ses pensées ! ! !
Une ennemie, également… Et il lui avait sauvé la vie ! ! !
Depuis quelques jours, ses convictions sur ces êtres, soi-disant inférieurs, étaient devenues totalement erronées.

Il avait rallié les shoantis pour éliminer les varisiens, et profiter de l’occasion pour en faite autant avec les elfes.
L’arrivée de ces Drows et de cette Créature avaient été providentiel à ses yeux.

Reconquérir la Varisie et le territoire des Shoantis était devenue une quête à portée de main.
Pour autant, il n’était pas naïf… La créature devait avoir des desseins particuliers pour lui et son peuple.
Que ces desseins ne soient pas des plus favorables ne l’étonneraient guère…



Ca y est. Ils avaient pénétré dans la forêt de Santos depuis deux jours… Le général Tinüviel redoutait l’arrivée dans cette forêt encore très sauvage, et où il était inutile de chercher une quelconque trace de civilisation.

Anastraëlle était à chaque fois impressionnée lorsqu’elle passait près du régiment d’humains, commandé par le lieutenant Hangbar.
Même le général Tinüviel le reconnaissait.
Ce lieutenant humain était même parvenu à sympathiser avec quelques uns de ses propres lieutenants.

Certains humains du régiment de Hangbar pouvait ainsi profiter des conseils en archerie de ces lieutenants.

Le lieutenant Hangbar avait scindé son régiment en deux. L’infanterie d’une part, et les archers de l’autre.

Le jour commençait à décliner. L’armée d’Anastraëlle arrêta donc sa marche de la journée, et installa le campement.

Anastraëlle avait choisi de prendre un bain. Elle était en train de se détendre de la journée de marche lorsque le général Tinüviel et le lieutenant Hangbar firent soudainement irruption dans sa tente.

La Reine eut à peine le temps de dissimuler, à la vue du lieutenant Hangbar, avec ses bras, ses attributs féminins.

Tinüviel, pas le moins du monde dérangée par la scène : “ Ma Reine ! ! ! Je…” Puis elle s’interrompit, réalisant la présence du Lieutenant, et position de la reine prenant son bain.

Pendant ce temps, le lieutenant Hangbar était devenu presque pivoine, et avait dissimulé ses yeux avec ses mains.
Il n’était pas le seul, le visage de la Reine également avait viré au vermillon …

Anastraëlle, d’un ton très agacé : “ Il semblerait que l’on rentre dans la tente royale comme dans un de ces moulin de Varisie ! ! ! ”

Tinüviel : “ Ma reine… Je suis… confuse. Je… Je… ”

Anastraëlle : “ Au lieu de bégayer, passez moi mon peignoir ! ! ! Et vous Lieutenant, Tournez-vous IMMEDIATEMENT ! ! ! ”

Nerveusement, le général Tinüviel s’empressa de trouver le peignoir et se tint prête à l’enfiler à sa Reine.
Pendant que la Reine sortait de l’eau et enfilait ledit peignoir, le lieutenant Hangbar s’était retourné, attendant que la Reine l’avise qu’il pouvait la regarder de nouveau.

Anastraëlle : “ Général, Lieutenant… ” puis elle les invita à la suivre. Ils quittèrent la partie de la tente réservée à sa toilette personnelle du jour.
La Reine capta le regard du lieutenant, qui s’attardait quelque peu sur ses formes dessinées par le peignoir, assez fin au demeurant...

Anastraëlle s’assit sur un tabouret autour d’une grande table où des cartes attendaient d’être déployées : “ Lieutenant… Je pense qui serait avisé de vous re-concentrer sur les raisons de votre venue… ”

Hangbar : “ Oui… Euh… Bien sûr votre Majesté… C’est à dire que… ”

Anastraëlle, mi-amusée, mi-agacée : “ Allons bon… C’est à votre tour de bégayer, maintenant ! ! ! ”

Hangbar : “ C’est que j’ai été subjugué par le spectacle qui s’est offert à mes yeux… ”

Tinüviel, interloquée : “ LIEUTENANT ! ! ! Reprenez-vous ! ! !

Une fois encore, le visage de la Reine vira de nouveau au vermillon devant cette remarque.

Anastraëlle se ressaisit immédiatement : “ Lieutenant… Je ne crois pas qu’il soit très convenable de votre part de parler de la sorte à ma personne… ”

Hangbar : “ Je… Vous avez totalement raison, votre Majesté… Je vous prie de pardonner cette… ”

Anastraëlle : “ … Erreur de langage ? ”

Hangbar : “ Non, votre Majesté. Cette instant d’égarement ! ! ! ”

La Reine, surprise, et le Général, encore plus interloquée, dévisagèrent le Lieutenant. Il réalisa qu’il avait encore une fois commis une gaffe, en ne revenant pas sur ses dires, et les confirmant même.

Hangbar : “ Je voulais dire… ”

Anastraëlle le fit taire d’un geste : “ Suffit Lieutenant ! ! ! Vous en avez trop fait, ou pas assez… Revenons à ce qui vous a amené à déranger mon bain royal ! ! ! ”

Hangbar ne sut comment interpréter cette remarque. Il profita de la perche tendue par la Reine pour changer de sujet : “ Le Général et moi-même avions des nouvelles très importantes à vous dévoiler ! ! ! ”

Anastraëlle : “ Général ? ”

Tinüviel : “ Nos éclaireurs ont découvert des traces en grand nombre d’une activité civilisée au devant de notre route ! ! ! ”

Anastraëlle : “ Je pensais que la forêt de Santos était un lieu où la civilisation n’avait pas cours ! ! ! ”

Tinüviel : “ C’était aussi ma conviction ! ! ! Mais les travaux de bûcheronnage repérés par nos éclaireurs montrent clairement le contraire ! ! ! ”

Anastraëlle : “Ne peut il s’agir d’une coupe occasionnelle opérée par des humains ? ”

Hangbar : “ En ce cas, ils sont très nombreux ”

La Reine n’avait pas l’habitude que quelqu’un d’autre que le conseiller Grendil, n’interrompe ses discussions avec son Général. Le conseiller Grendil l’horripilait avec ces interruptions… souvent inutiles ! ! ! Les interventions du lieutenant Hangbar s’évertuait plutôt à l’agacer, et parfois à l’amuser, mais elles étaient souvent pertinentes.
Au ton grave de l’humain, la Reine compris que la situation était devenue plus préoccupante.
Anastraëlle : “Nombreux… A quel point ? ”

Tinüviel : “ Le bois abattu représente un volume significatif… correspondant à la consommation pour plusieurs milliers d’âmes… Et ce bois n’a pas quitté la forêt… Il a même été transporté vers son centre, d’après les traces découvertes… ”

A ces mots, Anastraëlle se leva, et s’exclama: “ Plusieurs milliers ! ! ! ? ? ? ” Elle faisait les cent pas devant son général et le lieutenant Hangbar.
Celui-ci était devenu cramoisi… En se déplaçant de la sorte, le peignoir porté par la Reine laissait suggérer toute les formes anatomiques de l’elfe.

Encore une fois, le général Tinüviel n’avait absolument pas relevé l’état de nervosité que provoquait les déplacements de sa Reine, chez le lieutenant Hangbar.

Anastraëlle s’était immobilisée, en pleine réflexion sur ce que cette information impliquait. Se pourrait il qu’ils aient découvert les traces laissées par la présence d’une armée drows ?

La Reine fixait du regard les parois de la tente face à elle. Elle se retourna, enfin, vers son général et le lieutenant Hangbar. Elle réalisa alors, que son peignoir n’était pas tout à fait adapté à une discussion face à une personne du sexe opposé, et put constater les effets de sa féminité sur le jeune humain.
Le lieutenant, dont la teinte du visage révélait l’état dans lequel il devait être, jetait son regard vers tous les objets alentours, en tentant désespérément de ne pas regarder la Reine.

D’instinct, elle resserra son peignoir sur elle, bien piètre obstacle pour dissimuler ses formes féminines.

Anastraëlle ne sut comment poursuivre. C’est le général Tinüviel qui reprit la parole : “ Je crains que nous n’ayons découvert les possibles traces d’une force qui voulait se dissimuler à nos yeux. Je ne suis pas sûr que nous ayons les effectifs pour y faire face. ”

Hangbar : “ Je suis même convaincu du contraire… ”

Le remarque piqua la fierté de la Reine et du Général. Anastraëlle reprit sur un ton cinglant : “ Sachez Lieutenant que quelque soit l’importance de la menace, les elfes y feront vaillamment face et vaincront cet ennemi ! ! ! ”

Hangbar : “Ne vous mettez pas dans cet état… Je ne remettais pas en cause la vaillance de vos sujets… ”

Le ton de la réplique du Lieutenant suffoqua Anastraëlle. Le Général Tinüviel commença à s’énerver, et s’apprêter à répliquer violemment, lorsque l’humain repris :
“ Comprenez moi bien. Je crains que la taille de la menace ne soit insurmontable pour notre armée. Quel que soit le courage des composantes d’une armée, si l’adversaire dispose du nombre suffisant pour l’anéantir, il ne s’en privera pas ! ! ! C’est très beau de faire partie d’un livre d’histoire pour une défaite héroïque, ca n’en demeure pas moins une défaite ! ! ! Je préférerais y figurer en vainqueur, quitte à périr. Et j’ajouterai qu’avant de se jeter sur l’ennemi, il est préférable de connaître sa force. ”

La Reine et son Général demeurèrent silencieux quelques instants, digérant ce que ce jeune humains venait d’exprimer.

Anastraëlle : “ Nous faisons route pour intercepter les géants et les orcs qui se dirigent vers Kaer Maga. Si nous pouvons trouver le siège de la menace qui fait planer sur le monde son ombre, je ne m’en priverai pas. ”

Hangbar : “Avec des effectifs plus importants, pourquoi pas… Nous avons peut être réussi à découvrir où se terre l’ennemi. Je pense qu’il serait judicieux de partager cette nouvelle avec les royaumes humains, elfes et nains. Si nous périssons dans cette forêt, ils n’en sauront jamais rien ! ! ! ”

Cette fois-ci, la Reine Anastraëlle n’y tint plus : “ Etes-vous un lâche Lieutenant ? Et lorsque vous vous adressez à moi, j’aimerais que vous n’oubliez pas mon titre ! ! ! ”

Hangbar : “Je… ”

Anastraëlle, oubliant que son peignoir et ses gestes d’énervement mettaient en évidence toutes les formes de son corps : “ Il suffit ! ! ! Sortez de Ma Tente… Je vous ferais mander si j’ai encore besoin de vos services ! ! ! ”

Devant la colère de l’elfe, Hangbar ne trouva rien à répondre. Il sortit donc de la tente, non sans repenser à la beauté de la Reine des elfes .

A l’intérieur, la Reine ruminait encore sa colère…

Tinüviel : “ Il n’a pas tout à fait tort, Ma Reine… ”

Anastraëlle : “ Je le sais… Général ! ! ! ”

Tinüviel : “ Que suggérez-vous ? ”

Anastraëlle : “ Sortez de cette tente ! ! ! Et laissez moi seule… ”

A son tour, le général Tinüviel, un peu étonnée, sortit de la tente. La Reine se retrouva toute seule avec ses pensées.
Son énervement était à son comble. Elle, d’habitude si raisonnable, venait de s’emporter pour une raison qu’elle recherchait encore… Ce lieutenant la perturbait. Elle rougit à l’idée de l’humain qui l’avait déshabillé du regard quelques instants plus tôt…Et sans doute, plus d’une fois, d’ailleurs… Cela exacerba sa colère…Elle ne parvenait pas à réfléchir convenablement sur les actions à entreprendre…Et cela l’énervait encore plus…



Malgen émergea d’un lourd sommeil.
Il porta sa main à sa tête, tout en ouvrant péniblement les yeux.
Il se tenait encore la tête lorsqu’il remarqua une silhouette assise sur un tabouret près d’une âtre où flambait un petit feu, qui lui adressa la parole : “ Je vois que vous êtes réveillé... Un petit bol de soupe vous intéresserait-il ? ”

Un doux fumet venait d’atteindre ses narines. Il ne l’avait pas remarqué jusqu’alors. Avec la bonne odeur qui provenait d’une petite marmite posée à côté du feu, son estomac cru bon de signaler sa présence, bruyamment.

Malgen examina la personne qui était assise. Il ne décela aucune menace. Il devrait être mort. Etait-ce son sauveur ?
Il s’assit sur le bord de du lit. : “ Ce ne serait pas de refus ”

Malgen constata qu’il devait se trouver dans une petite chaumière. Il remarqua deux autres portes, ainsi que deux fenêtres, puis pour l’heure était sombre. Ce devait être la nuit…
La première des portes devait être la sortie. La seconde devait mener à une autre pièce.

Malgen se leva, et vint s’asseoir près de l’inconnu. A cet instant, il réalisa qu’il venait de s’installer sur un tabouret, dont il n’avait même pas remarquer la présence jusqu’à ce qu’il s’asseye dessus. Il attribua ce manque d’attention à son état de fatigue.

Malgen : “ Je pense que je dois vous être reconnaissant de mon état actuel.”

L’inconnu : “ Si vous voulez dire par là que vous n’êtes pas mort, alors en effet, vous pouvez être reconnaissant. ”

Malgen : “ Puis-je connaître votre identité ? ”

L’inconnu : “ Je n’y vois aucun inconvénient. Je me nomme Pyréas. ”

Malgen : “ Pyréas… Je ne crois pas vous avoir déjà rencontré… ”

Pyréas : “ Je vous le confirme. Ou alors, ma mémoire est aussi défaillante que la vôtre… ”
Malgen : “ Pourtant, votre visage ne me semble pas … inconnu. ”

Pyréas : “ Beaucoup de personnes ont souvent un visage très ressemblant… ”

Malgen se tenait devant ce petit personnage. Un humain aux cheveux gris, à la peau blanche. Assis comme il était, Malgen ne put qu’estimer sa taille. Lorsque Malgen commença à détailler le visage , il lui sembla rencontrer le visage d’une personne sans âge, avec des yeux où se lisait une existence longue comme l’éternité… : “ Je… ”

Pyréas : “ Assez parler, Mon Brave ” Et lui tendant un bol de soupe “ Tenez. Reprenez des forces. Nous aurons tout le temps de continuer à discuter. ”

Malgen commença à goûter la soupe que ce Pyréas lui avait tendu. “ Elle est fameuse…”

Pyréas : “ Je vous remercie de ce compliment ”

Etonnamment, Malgen sentit que toutes ses forces lui revenaient. Se pourrait-il que ce soit la soupe ? ”

Malgen : “ Je ne connais que peu de soigneur en mesure de neutraliser les conséquences d’un usage trop abusif de la magie. En fait, je n’en connaissais aucun, jusque là… ”

Pyréas : “ Le destin, et la chance, ont donc voulu que mon chemin croise le vôtre, semblerait-il. ”

Malgen, un peu méfiant : “ Une chance… rare… ”

Pyréas : “ Si telle est votre définition de notre rencontre… Qu’il en soit ainsi… ”

Malgen était désormais assez impressionné de l’effet que lui avait procuré cette étrange soupe. Il avait l’impression d’avoir recouvré l’intégralité de ses forces physique, ainsi que ses pouvoirs magiques… ”

Malgen : “ Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait, même si j’ignore vos moyens pour y parvenir. Mais je suis au regret de ne pas pouvoir trop m’attarder ici. Mes amis vont aux devants de grands dangers. Je me dois de les rejoindre au plus vite…”

Pyréas : “Je n’y vois aucun inconvénient… Mais vous me semblez bien prompte à aller vous confronter vous-même à ces dangers…”

Malgen s’était levé, et cherchait du regard sa besace et ses affaires : “ Croyez bien que s’il m’était donné de l’éviter, je m’en abstiendrais… Mais ces amis me sont très chers, et rester inactif pendant que nos ennemis cherchent leurs morts, m’est insupportable… ”

Pyréas : “ Surtout avec Yavanna, tout aussi prompte que vous, à se jeter, tête la première, dans la première menace venue… ”

Malgen s’immobilisa… Surpris… “ Comment… Comment connaissez-vous le nom de la fille de mon Roi ? ”
A cet instant, Malgen réalisa qu’il venait de dévoiler l’identité précise de Yavanna, et, de fait, la présence potentielle de son Roi dans les parages, et ceci à un inconnu.

Pyréas : “Ne vous inquiétez pas mon Brave. Yavanna est la fille d’Aradan, votre Roi… Votre délégation est en route pour IADDARA. Et elle est actuellement en Kyonin. ”

Malgen interloqué, et méfiant : “ Mais… Comment connaissez vous tout cela ? ”

Pyréas se leva à son tour : “Je sais me servir de mes oreilles… Surtout lorsqu’une personne en plein délire, dû à la fièvre, me décrit par le menu sa mission et les amis qui l’accompagnaient dans celle-ci… ”

Malgen fut anéanti de réaliser ce qu’il avait fait.

Pyréas : “ Ne vous inquiétez pas, Mon Jeune Ami… Nous allons rejoindre vos compagnons. Cependant, si vous me le permettez, pendant que vous vous habillerez, je me préparerais également. Ensuite, nous rejoindrons votre roi. Mais avant, nous ferons un petit détour… ”

Pyréas se dirigea vers l’une des deux portes que Malgen avaient remarqué. La chambre de cet étrange être, sans doute.

Il en ressortit assez rapidement aux yeux de Malgen, qui était restait pétrifié et absorbé dans ses pensées.

Pyréas : “ Et bien, mon jeune ami… Auriez-vous baillé aux corneilles pendant tout ce temps ? ”

Malgen réalisa qu’il devait s’habiller. Sous le regard de cet étrange Pyréas, qu’il trouvait étonnamment sympathique, Malgen s’apprêta. En quelques minutes, Malgen repris possession de tous ses effets.

Puis, lui et Pyréas sortirent de la petite maison. Dehors, la nuit était d’un noir d’encre. Une myriades étoiles constellaient la voûte céleste.

Derrière lui, Pyréas referma à clef sa chaumière.

Malgen remarqua la forêt tout autour. “ Il ne dois pas y avoir beaucoup de monde dans le coin… ”

Pyréas passa devant lui, puis s’arrêta : “ Les apparences peuvent parfois s’avérer trompeuses… ”

La remarque interpella Malgen, mais avant qu’il ne puisse répliquer, Pyréas venait de créer un portail, en un instant, et sans une quelconque incantation… “ Mais ? ? Comment ? ”
C’est à cet instant qu’il remarqua que de l’autre côté du portail, il faisait jour.

Pyréas : “ Je crois qu’il est temps d’y aller, mon jeune ami… L’un des vôtres a besoin de nous. ”

Sur ces mots, Pyréas franchit le portail.

Malgen, encore sous le choc de cette création magique soudaine, et plein de questions en tête se résolu à le suivre.



Les catapultes avaient commencé le bombardement des remparts de la cité naine.

Arkin et Algrion avaient opté pour une tactique d’usure. Le siège de Janderhoff avait été réalisé de main de maître.
La cité naine était désormais dans l’incapacité de parvenir à contacter l’extérieur, et donc les royaumes humains, ou elfes.

Pendant qu’elle contemplait le spectacle de ce bombardement, Algrion réalisa que ce Faërendel était encore introuvable, malgré les crosts envoyés pour le dénicher.
Arkin se désintéressait totalement de cet elfe.
Il focalisait son attention sur le siège, et sur… l’absence de Gnaxlal.

Cela faisait plusieurs jours que le drow avait disparu.
Algrion ne parvenait plus à détecter son aura magique.

Arkin cachait de moins en moins son agacement vis à vis de cette absence.

Il avait décidé d’envoyer une centaine de crosts afin de le retrouver et le ramener manu-militaris.

De son côté, Algrion ressentait ce qu’il était possible de définir comme de l’inquiétude.

Toujours à observer les pierres s’écrasant sur les remparts de la ville naine, l’énervement d’Algrion s’accroissait au rythme du vacarme généré par chaque projectile. N’y tenant plus, elle avisa Arkin d’une tâche à accomplir, et pris congé.

En chemin, elle remarqua la présence d’un des crosts qu’elle avait envoyé chercher ce Faërendel. Il se tenait près d’un des feux de camps. Elle l’apostropha :
“ Alors ! ! ! ? ? ? Avez-vous retrouvé ce cloporte puant ? ? ? ”

Le Crost fut tétanisé par le ton de la question.

“ Etes vous sourd ? Ou souhaitez-vous être transformé en statue pour admirer ce feu plus longuement ! ! ! ”

Le Crost : “ Je… Je… ”

“ Peut être souhaitez-vous également que je vous arrache la langue pour améliorer son élocution ! ! ! Elle ne me semble pas à sa place dans votre bouche… En l’y délogeant, peut être retrouva t elle de son efficacité ? ”

Le Crost : “ Non. Votre seigneurie ! ! ! ”

Algrion : “ Alors, PARLEZ ! ! ! ”

Le Crost : “ Nous avons retrouvé la trace de ce…cloporte. A l’est du campement, près d’une grotte située sous un escarpement rocheux. ”

Algrion : “ Il est encore à la chasse aux lapins ? ”

Le Crost perplexe et surpris, ne sut quoi répondre.

Algrion : “ Rassemblez une escouade, et suivez moi ! ! ! Rapidement ! ! ! ”

Le Crost : “ Bien, votre seigneurie ”

Le crost détala aussitôt pour obéir aux ordres de la magicienne de l’ombre.

En attendant, Algrion sentait une colère froide montée en elle. Si elle ne se retenait pas, ses crosts auraient droit à des paupiettes d’elfe en amuse-bouche… avant les prévisibles futures aux nains…


Au fond de son trou, Faërendel était attentif au moindre bruit émis par la grotte.

Deux crost étaient à côté de lui. Présents plus par la terreur inspirée par les sautes d’humeur de l’elfe, que par respect pour ce blanc-bec à oreilles pointues.

Faërendel observait l’obscurité. Il avait interdit tout lumière.

Des bruits de pas lui parvinrent du tunnel, à sa gauche.
Dans ses pensées, confuses, la joie se disputa à l’angoisse de découvrir qu’il ne s’agissait, en fait, que d’une patrouille de crosts, envoyée par Algrion pour le retrouver. Encore une...
S’il ne s’était pas retenu, il aurait étranglé cette mégère durant son sommeil.
En fait, il devait convenir que s’il n’était pas passé à l’acte, c’était plus probablement parce qu’elle aurait réussi à l’empaler avant qu’il n’ait eu le temps de poser les mains sur elle.

Il revint à l’instant présent. Ecoutant attentivement les pas qui se rapprochaient. Il fut incapable de déterminer la nature exacte des personnes qui venaient vers lui.
Il tenait en main un petit dispositif permettant de déclencher le piège qu’il avait mis un certain temps à installer.
Il savoura l’ingéniosité dont il avait fait preuve pour la conception de ce piège.
Il rigola intérieurement à ce qui attendait les malheureux qui étaient en train de marcher aux devants de leur mort.
Qui qu’ils soient, ils n’étaient désormais plus qu’à quelques pas de lui, et de son piège…Les nains allaient déguster…



Loz sortit de sa torpeur.

Il s’interrogea sur la Créature à voix haute : “ Mais pourquoi n’a t elle pas réussi à localiser le gnome avec sa magie ? ”
Cela paraissait si simple…

Loz employa un mot de pouvoir pour parvenir à ce résultat… Et fut plus qu’étonné du résultat…

Rien… Aucune trace… Comment était-ce possible pour un non initié en magie ? ? ?
Loz fut interloqué par cette révélation. Ce gnome était décidément bien surprenant…

A cet instant, il comprit les raisons de la colère de la Créature. Elle avait été impuissante à retrouver le gnome ! ! ! Avec son immense pouvoir, une méprisable créature à ses yeux venait de la mettre en échec ! ! !

Loz ressortit de la cellule et réfléchit…
Le couloir était désormais désert. La garde de la Créature, et celle-ci avait abandonné les lieux.

Où pouvait bien être passé Farbround ?


Le gnome, dissimulé derrière la porte de la geôle voisine, écoutait attentivement tous les mouvements qu’il entendait à l’extérieur…
Il entendit la voix glaçante de cette mystérieuse créature…Les réponses de Loz… Les déplacements des gardes…

Le gnome se dit pour lui-même : “ Quelle bande de crétins… ”

Puis plus rien… Plus que Loz, se parlant à lui même.

A ce moment, Farbround remercia intérieurement cette vieille sorcière de Zabruz, au fond d’un bouge à Absalom… Sans ce gris-gris, accroché à son cou, une sorte de médaillon à moitié cassé, cette Créature à donné froid dans le dos, l’aurait retrouvé… De même que Loz… Qui, pour l’heure semblait totalement aveugle à sa présence.

Il repensa à ses amis, et fut heureux à l’idée de les savoir en vie et libres.

Il se remémora sa capture.
Sans crier gare, trois drows avait surgi autour de lui, dans la nuit, sans qu’il ait pu entendre quoique ce soit…
Il s’était défendu. Un des drows ne reverrait jamais leur foyer, abattu par des carreaux de son arbalète… Des cures dents comme les appelait Gourkok…
Malgré une défense héroïque, il avait dû s’avouer vaincu par le nombre. Désarmé, blessé au bras et à la jambe, il s’était effondré.
Puis, Loz était apparu, au moment où un drow allait l’achever d’une dague en plein cœur.

Le shoanti avait arrêté le geste du soldat drow.

Loz avait ensuite vaporisé le cadavre de la victime de Farbround, d’un mot incompréhensible...

Puis, le shoanti avait soigné ses blessures, avec un autre mot, tout aussi incompréhensible. Tout à sa stupeur, Farbround n’eut pas le temps de voir venir le coup qui l’assomma.

C’est dans la cellule qu’il se réveilla. Il était attaché, et devant lui se tenait ce Loz, à quelques centimètres...

Pris d’une rage folle, il tenta de se précipiter vers son cou pour étrangler ce misérable, et fut arrêté net. Immobilisé dans son élan…


Incapable de faire le quelconque mouvement, Farbround détailla du regard la cellule.

Il constata que Loz était accompagné de deux drows, sans doute les geôliers, à leurs allures.

Il nota également que ces gardes paraissaient être aussi futés, que le premier rocher rencontré sur une lande.

Le gnome enregistra cette information, et se concentra sur Loz. Le shoantis l’examinait en silence…Puis prononça un mot inintelligible…

Farbround fut pris d’un violent mal de tête. Le cri qu’il aurait voulu pousser ne franchit pas ses lèvres…Puis la douleur cessa.
Loz le regardait toujours aussi intensément. Mais, Farbround lu dans les yeux du Shoantis, une sorte de surprise.

Le shoantis se leva, et l’abandonna dans sa cellule. Les deux gardes suivirent Loz.
Dans la cellule Farbround demeura seul, à se poser des tas de questions sur ce qu’il avait pu subir quelques instants auparavant.



Elannah fut réveillée par un secousse sur son épaule. C’était Vink’lar. Le nain avait appliqué une main sur la bouche de la demi-elfe, pour éviter qu’elle n’émette un son.

Vink’lar lui murmura à l’oreille : “ On a de la visite… ”

Elannah se mit assise, et observa le camps. Les jumeaux s’étaient mis en position. Nul doute que, quel que soit l’ennemi, il subirait une lessive en règle avec l’étang qui se trouvait à proximité…

Alvynia et Aerendir entouré Gnaxlal.

Le drow observait avec attention un endroit précis de la lande environnante. Elannah orienta son regard vers cette position… pour découvrir une troupe de près d’une centaine de ces crosts, ces créatures qui avaient dévorer les prêtres du monastère, ainsi que le détachement d’elfes venu pour escorter Glingal.

La prêtresse, justement, semblait très nerveuse. Caché derrière un arbre, son regard allait alternativement de Gnaxlal à la troupe de crosts.

Gnaxlal : “ Il serait peut être temps d’agir ? ”

La remarque surprit Alvynia : “ Et que suggérez-vous ? ”

Gnaxlal : “ Vous êtes tous les deux magiciens à ce que j’ai bien cru comprendre… Cela fait que nous sommes trois à pouvoir les frapper avant qu’ils ne le fassent eux-mêmes… ”

Aerendir : “ Je croyais que votre mémoire vous faisait dééfaut. Comment escomptez-vous jeter un sort offensif ?

Gnaxlal : “ Je me dis que ca me reviendra de la même manière que les sorts de soins me sont revenus… ”

Aerendir était encore à sa surprise à ce que suggérait le drow, attaquez ses propres troupes… Qu’Alvynia poursuivit :
“ Ils ne s’agit pas de quelques individus isolés… Même en nous y mettant tous les trois, les survivants seront encore nombreux… ”

Gnaxlal : “ Toujours moins nombreux que si nous ne faisons rien… Ne croyez-vous pas ? ”

C’est à ce moment, qu’un grand craquement raisonna dans la lande. Un trou béant venait de s’ouvrir sous les pieds d’une bonne partie de la troupe crosts…La lande était en train de s’effondrer dans ce trou emmenant avec elle bon nombre de crosts.

Alvynia tourna son regard vers les jumeaux, et cria très fort, pour qu’ils entendent, en raison du bruit provoqué par l’effondrement : “ BROMARD ! ! ! GARKEN ! ! ! QU’EST CE QUE VOUS AVEZ ENCORE FICHU ! ! ! ? ? ? ”

Les deux jumeaux se regardèrent, et en chœur : “ CETTE FOIS-CI, ON Y EST POUR RIEN ! ! ! ”

Alvynia n’en cru pas un mot… Elle resta pétrifiée de surprise devant les effets de cet effondrement sur la troupe crosts. C’était la panique dans les rangs ennemis…

A quelques pas de là, Elannah était proprement sidérée par les conséquences du mot qui lui était venu à l’esprit, et qu’elle venait de prononcer à voix basse…

Les crosts, qui avaient eu la chance de ne pas être pris dans l’effondrement, étaient en train d’accourir pour venir en aide à ceux qui avaient subi ce cataclysme miniature.

Gnaxlal s’adressa aux deux magiciens: “ Je crois qu’il serait judicieux de profiter de la confusion. Soit pour s’enfuir, soit pour réduire à néant cette menace qui va forcément nous poursuivre ! ! ! ”

Alvynia opina de la tête. Elle fit signe aux jumeaux d’intervenir…Et lança à leur adresse “ Mais pas trop fort ! ! ! ”

Elle comprit son erreur d’avoir parler trop lentement à cet instant…

L’étang à proximité venait d’entrer en lévitation…

Trop occupé à secourir les blessés, le régiment crosts n’aperçut pas la menace qui était en train de fondre sur eux en un éclair…
L’étang, volant, noya tout sur son passage, et combla, pour partie, le trou qui était soudainement apparu sur la plaine.

Gnaxlal restait interdit. Il n’en croyait pas ses yeux… Son regard se tourna vers Elannah. Il vit dans les yeux de la jeune demie-elfe de la honte.
Il comprit qu’elle n’était pas étrangère à tout ce qui venait de se dérouler devant lui.

Il était encore à se demander ce qui s’était précisément passé, lorsque Gourkok s’exclama : “ IL Y EN A QUI ARRIVENT VERS NOUS PAR ICI ! ! ! ”

Dissimulés par un autre bosquet d’arbres et les hautes herbes, ces crosts étaient passés inaperçus. Une dizaine de ces créatures étaient en train de charger vers le bosquet où se tenait le petit groupe.
Sans doute avaient-ils vu BROMARD et GARKEN sortir du bosquet pour réaliser avec plus d’efficacité leur sort…

Très rapidement, Gourkok intercepta le premier. Avec son épée démesurée, il désarma le crost qui ne s’attendait pas à voir son arme s’envoler dans les airs…Ni d’ailleurs à perdre sa tête dans le même mouvement… Il s’effondra…

Le demi-orc para l’arme d’un second crosts qui l’attaquait.

Vink’lar se précipita au devant de quatre crosts qui venaient de pénétrer dans le bosquet. Zéphyr, qui se tenait, jusqu’alors, non loin des trois magiciens, rejoignit le nain pour le soutenir, sans avoir sorti une quelconque arme pour se défendre.

Les crosts se séparèrent en deux groupes de deux. L’un allant vers le nain et la jeune dragonne. L’autre vers Elannah et Glingal.

Glingal était pétrifiée près de son arbre, sans défense.

Elannah venait d’être prise de tremblements, elle ne parvenait plus à avoir les idées claires, les mots lui échappaient… Le crost qui se dirigeait vers elle était quasiment sur la jeune demi-elfe, tout aussi sans défense que la prêtresse, finalement.
Gnaxlal était horrifié… L’instant d’après, il commençait à incanter un sort. Le crost s’écrasa sur une barrière invisible, et tomba au sol à demi assommé.

Surprise par ce que venait de réaliser le drow, Alvynia parvint malgré tout à jeter un sort sur le crost qui se précipitait sur la prêtresse pour l’assassiner… Une racine s’enroula autour de la cheville du crost, qui chuta lourdement sur le sol, en lâchant son épée bâtarde des mains…

Pour BROMARD et GARKEN, il était hors de question de faire usage de leur magie aussi près de leurs compagnons. Ils se saisirent donc de leurs armes respectives et coururent vers les quatre derniers crosts qui venaient de rentrer dans le bosquet à leur tour.

Aerendir observait la lande qui s’était effondrée, pour déterminer si le reste des troupes crost était encore une menace. Avec toute la poussière et l'eau en suspension, il était très difficile d’apercevoir quoi que ce soit…

Astian s’était recroquevillé dans le creux d’un tronc d’arbre afin de passer aussi inaperçu que possible.

Vink’lar et Zéphyr interceptèrent les deux autres crosts. Les chocs des armes résonnèrent de toutes parts dans le bosquet.
Elannah venait de s’évanouir.
Gnaxlal se précipita, avec une branche ramassée à terre, vers le drow, encore titubant, qui venait de se relever pour poursuivre sa sinistre besogne… Prendre la vie à la jeune demie-elfe…



Alors que Malgen émergeait du portail, il constata que Pyréas s’était dissimulé derrière le premier arbre venu.

Instinctivement, il imita cet étrange être qui ressemblait à un humain, et se cacha derrière l’arbre voisin où Pyréas se tenait.

Revenu de ses multiples surprises intervenues en l’espace de quelques instants, il perçut des voix. Il reconnut immédiatement la tonalité de celles-ci. Des orcs…

Il risqua un regard, et fut pris de vertige lorsqu’il remarqua une forme au sol à une trentaine de mètres de lui. Cette forme portait les vêtement de Tzander. Malgen comprit ce qu’avait voulu lui dire Pyréas juste avant de franchir le portail…

Alors que Malgen était encore plongé dans ses pensées, Pyréas murmura à son attention : “ Et bien, mon jeune ami êtes-vous prêt à mettre quelques animations à ce campement trop tranquille ? ”

Le ton léger avec lequel venait de s’exprimer Pyréas laissa Malgen sans voix.

Pyréas : “ Vous baillez encore aux corneilles mon jeune Ami ? ”

Malgen. : “ Mais… Bien sûr que non ! ! ! Vous rendez-vous compte qu’ils sont au moins cinquante orcs, là à moins de dix mètres ? ”

Pyréas : “ Bon… Je vous laisse les deux qui surveillent votre ami… Je m’occupe des autres…Si vous n’y voyez pas d’inconvénients, bien sûr ?” Et il sortit de sa cachette pour avancer vers le camp orc..

Malgen n’eut le temps d’émettre que : “ Hein ? ? ? ” totalement pris au dépourvu…

Pyréas émergea dans la petite clairière où se tenait la majorité des orcs.

Un des orcs présents, tout près, surpris de cette soudaine irruption, le remarqua.

Pyréas s’adressa à lui : “ Ah Mon brave, veuillez me pardonner pour ce dérangement imprévu, mais pourriez-vous m’indiquer qui est votre chef, s’il vous plaît ? ”

Etonné par la question, mais sur un ton menaçant, l’orc lui répondit : “ Qu’est ce que tu me chantes, Microbe ? ”

En comparaison de la créature qui se tenait devant lui, Pyréas ressemblait à un cailloux face à une falaise :
“ Je vous demandais de me désigner votre supérieur hiérarchique ? ”

Devant l’air abruti de l’orc, Pyréas reprit : “ Mais peut être êtes-vous quelque peu déficient intellectuellement pour me répondre ? ”

Malgen, dissimulé derrière son tronc, était sous le choc. De stupéfaction, il se parla d’une voix dans laquelle raisonnait de l’incompréhension: “ Non d’un … Il est fou ! ! ! Voilà qu’il disserte avec un orc, maintenant ! ! ! ”

L’orc : “ Dis moi, vieillard sénile, sais tu à qui tu t’adresses ! ! ! ? ? ? ”

Pyréas : “ Al’évidence… Pas au chef… Trop stupide pour que tel soit le cas.”

L’orc s’énervant : “ QUOI ? ? ? ” Sentant qu’on se moquer ouvertement de lui, l’orc se saisit de son arme. C’est la dernière chose qu’il fit, avant de tomber en poussière après que Pyréas eut prononcé un mot…

Pyréas : “ Grossier personnage ! ! ! ”

Malgen, sentit sa mâchoire pendre mollement de stupeur…Encore une fois… Par ce qu’il venait de voir se produire à quelques pas de lui. Malgré cela, il parvint à se relever et rejoindre Pyréas : “ Vous… Vous vous rendez compte que vous étiez en train de parler, courtoisement, avec un orc ? Et que vous l’avez … réduit en poussière…”

Pyréas : “ Il m’a semblait judicieux de demander poliment qui était le chef de ce campement… Quant au second point, il lui suffisait d’être plus… poli.”

Malgen : “ Ah… Et ? ”

Pyréas : “ Peine perdue… Lorsqu’un être au cerveau à la taille d’un pois chiche parviendra à répondre à une question simple, le soleil dansera avec les lunes de Golarion ! ! ! ”

Malgen : “ oh ? ”

Pyréas continua : “ Bien… Poursuivons, donc… ” et il reprit sa marche vers le centre de la clairière… Malgen sur ses talons… qui crut bon d’ajouter : “ Je doute que l’accueil soit chaleureux… ”

Aucun autre orc, jusqu’à présent n’avait remarqué la présence de ce petit être, quand bien même fut-il habillé d’une robe de magicien bariolée de couleurs éclatantes…Et accompagné d’un elfe d’une taille respectable.



Faërendel hurla : “ J’EN ETAIS SUR ! ! ! ” à l’adresse des six nains qui venaient de se matérialiser devant lui…et qui se pétrifièrent de surprise…

Il n’eurent pas le temps de réagir. Faërendel enclencha son piège.
Trois des six nains furent immédiatement empalés… Les trois derniers se ruèrent sur l’elfe et les deux crosts…


En pénétrant dans la grotte, l’humeur d’Algrion s’était assombrie aussi vite que la lumière avait décliné… Après quelques instants, elle perçut des bruits métalliques… “ On se bat ici ! ! ! Suivez moi ! ! ! ”

La douzaine de crosts sur ses talons, la magicienne de l’ombre courrait vers les bruits de combat.

La magicienne émergea de la galerie de droite, alors que Faërendel se battait à un contre trois comme un beau diable ! ! ! Elle remarqua les trois nains empalés…
L’elfe était blessé, mais malgré ses blessures, il poussait les nains dans leurs derniers retranchements. Ceux-ci ne remarquèrent que trop tard l’arrivée de ces renforts inattendus.

Algrion : “ Capturez moi ces racailles ! ! ! ”
Les crosts qui la suivaient se précipitèrent vers les nains, qui, rapidement, furent neutralisés et ficellés tels des saucissons…

Faërendel tomba à genoux, à bout de soufle : “ Vous voyez que je savais ce que j’avais vu ! ! ! ”

L’elfe haletait encore après les efforts fournis.

Algrion s’adressant aux crosts : “ Emmenez moi ces rebuts de Golarion jusqu’à ma tente. Je m’en occuperez personnellement… ”

Le détachement de crosts n’attendit pas la confirmation, et s’exécuta immédiatement. Le bruit de leurs pas s’évanouit bientôt.

Faërendel sur un ton suraigu : “ Je suis blessé ! ! ! Ne le voyez vous pas ? Usez de votre magie ! ! ! Que je puisse sur le champs montrer à cet Arkin ce que je viens de découvrir ! ! ! ”

Algrion s’agenouilla devant l’elfe, et d’un ton glacé. “ Je crois que ce serait abusé de son temps, ne croyez-vous pas… Je me ferais un plaisir de lui rapporter, à votre place, tout ce que vous venez de découvrir, ainsi que les efforts que vous avez dû consentir dans ce but… ”

Faërendel : “ Que dites-v… ”
Les mots ne parvinrent plus à sortir de sa bouche. Dans les yeux de l’elfe se lisait de l’incompréhension… Son regard se porta vers sa poitrine, où une dague venait de se planter dans son cœur…

Algrion : “ Je ne sais pas pour quelle raison saugrenue celui ou celle qui dirige tout cela a voulu que vous nous accompagniez, mais je suis au regret de vous annoncer que votre voyage s’achève ici… ”

L’elfe s’effondra. Après une dernière respiration, Faërendel quitta le monde des vivants…

Algrion : “ Et je dois bien reconnaître, que ce sera un intense soulagement pour mon esprit que vous vous êtes évertué à torturer depuis notre rencontre ! ! ! ”

La magicienne tourna les talons et abandonna le cadavre de ce qu’elle considérait comme un imbécile proche de la folie…



A plusieurs centaines de kilomètres de là, Malgen contemplait ce qui restait du campement des orcs.
Tzander était debout à ses côtés.
Tous les deux tournèrent leur regard vers ce Pyréas…

Après avoir interrogé le chef des orcs, Pyréas était en train de réduire en miette une sorte de globe noirâtre , une sphère de communication, en vociférant : “ Je suis sûr que tu apprécieras le petit cadeau que je te laisse ! ! ! ” comme s’adressant à l’air alentour, ou à quelqu’un d’absent. “ Et je suis également sûr que tu seras ravi de venir par toi-même constaté les dégâts ! ! ! ”

Puis se retournant, il se dirigea vers les deux elfes, un peu médusés par la scène à laquelle ils avaient assisté.
Pyréas, sur un ton redevenu léger : “ C’est pas tout ça, mais vous ne trouvez pas qu’il serait temps de partir ? ”

Passant devant eux, il continua son chemin sans s’arrêter. Puis remarquant que les deux elfes ne le suivaient pas :
“ Auriez-vous contaminé votre ami, Malgen ? Vous avez décidé de bailler aux corneilles tous les deux ? ”

Malgen et Tzander emboîtèrent le pas de Pyréas…


Pendant qu’ils marchaient, Malgen se remémora les événements.

Pyréas et lui étaient passés devant plusieurs orcs, totalement aveugle à leur présence.

Ils avaient tranquillement atteints le centre de la clairière où un petit feu et une dizaine d’orcs festoyaient.

Pyréas s’était alors adressé à un des orcs : “ Mon Brave, Auriez-vous l’obligeance de me désigner votre chef ? ”

Estomaqué par l’apparition soudaine de ce petit humain devant lui, l’orc avait eu un mouvement de recul, et avait terminé le cul dans le petit feu…
Ses vêtements en flamme, il avait déguerpi en courant sans demander son reste, le feu aux fesses…
Les autres orcs s’étaient exclamés de rire devant la scène…

Pyréas, s’adressant à Malgen : “ Il semblerait que nous n’ayons pas à faire à la crème de la race orc… Non content d’être déficients intellectuellement, il semblerait qu’ils soient aussi très maladroits ! ! ! ”

Malgen, éberlué par la scène, et par sa présence au milieu d’une troupe d’orcs sans que ceux-ci ne le remarquent, trouva difficilement sa réponse : “ Pourquoi voulez-vous donc savoir qui est leur chef ? ”

Pyréas : “ Mais ! ! Voyons, mon jeune ami, pour savoir la raison de leur présence ici même ! ! ! ”

Malgen capta un mouvement à sa gauche. C’était l’orc qui avait eu ses fesses quelque peu brûlées et qui désignait de la main à un autre de ses congénères, Pyréas ! ! !
Il apparu très rapidement que le maladroit venait de se confier à son supérieur. Celui-ci se dirigeait à présent vers le feu de camps, sans pour autant voir ni Pyréas ou Malgen, pour le moment…

Pyréas : “ Ah… Finalement… Bien que ce soit involontairement, il semble que mon interlocuteur enflammé soit parvenu à répondre à ma question. ”

A peine le capitaine orc fut-il prêt du feu, que Pyréas se révèla à ses yeux et lui demanda :
“ Je n’osais plus espérer votre présence devant moi, mon cher… ”

Le chef orc eut un mouvement de recul…sans atterrir dans le feu de camp.

Pyréas devint l’épicentre d’une explosion d’air… Tous les orcs dans les environs furent projetés sur les troncs environnants comme autant de marionnettes désarticulées.
Seuls Malgen, Tzander, Pyréas et le chef orc n’avaient pas été affectés par le déchaînement des éléments…

Le chef orc était pétrifié…de stupeur, mais également par un sort, visiblement.

Pyréas s’adressa à l’orc dont les yeux étaient exorbités : “ Bien… Maintenant que tous vos petits curieux de congénères nous ont quitté, si nous entrions dans le vif du sujet ! ! ”
Puis à Malgen : “ Arrêtez de bailler aux corneilles, mon ami ! ! ! C’est une fâcheuse habitude ! ! ! Allez donc délivrer votre compagnon pendant que je m’occupe de ce triste individu… ”
 

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CHAPITRE 8 :
Gnaxlal intercepta avec sa branche le coup d’estoc du crost, s’interposant entre Elannah et le crost.
Il fut inquiet de l’état d’Elannah, avait-elle abusé de ses pouvoirs magiques après avoir réalisé cette attaque magistrale ?

Gourkok se débarrassa rapidement de son adversaire, très temporaire…qui se retrouva à terre, baignant dans son sang. Apercevant le drow se défendant comme il pouvait pour sauver Elannah, il rugit un de ses cris de guerre en accourant vers Gnaxlal et le crost, qui, instinctivement, se retourna une fraction de seconde… Juste le temps de recevoir un coup de branche monumental dans la mâchoire, tourner légèrement sur lui-même après cet impact, puis se faire embrocher par l’épée de Gourkok qui venait d’arriver.

A deux pas de là, Zephyr, dans une danse corporelle envoûtante, avait évité les trois coups d’épée tentés par le crost pour la tuer. D’un geste fluide, elle écrasa du plat de la main la trachée de la créature. Celle-ci s’écroula en se tenant la gorge et en lâchant son arme. La dragonne ramassa l’arme, et acheva la créature qui était en train d’agoniser.

Un hurlement de douleur suraigu se fit entendre dans le bosquet… Après avoir paré plusieurs de leurs coups respectifs, le nain venait de tranchze net l’un des pieds du crost qui lui faisait face. D’un mouvement remontant, la hache du nain trancha dans le vif de la ceinture pelvienne jusqu’à la gorge du crost. Le cri mourut très rapidement…en même temps que le corps de la créature s’affalait sur le sol.

Le sort d’Alvynia avait eu raison du crost qui en voulait à Glingal. Il gisait étranglé dans un enchevêtrement de racines nées tout autour de lui…

Le silence revint… Un silence de mort…

Aerendir contemplait le petit bout de plaine où s’était tenu tout un détachement de crosts, il y a de cela à peine quelques minutes... Il n’y avait aucun survivant… De très nombreux corps flottaient à la surface de cet étang nouvellement créé…

A l’opposé, Bromard et Garken avaient massacré les quatre crosts qui avaient osé leur faire face…durant quelques passes d’armes…

Gnaxlal s’agenouilla au chevet d’Elannah. Il constata, surpris, que la jeune demie-elfe dormait paisiblement. Aucun signe d’une quelconque urgence vitale… Intérieurement, il fut intensément soulagé. Cette sensation était nouvelle pour lui, sans trop en comprendre la raison… Il eut un hochement de tête à l’adresse du demi-orc.
Gourkok fut soulagé à son tour. Intérieurement, il était également stupéfait d’avoir vu ce drow combattre à leurs côtés, alors qu’il était censé être un de leur pire ennemi…
Dans les regards alentours, de Vink’lar, Zéphyr, Glingal, ou des deux magiciens, cette stupéfaction se lisait également…

Après un rapide inventaire des blessures mineures de chacun, quelle que soit la personne qui avait envoyé ces crosts, il ne serait pas particulièrement enchanté d’apprendre qu’ils avaient été effacés de la surface de Golarion sans avoir accompli la mission qui leur avait été assignée…


Tout le monde convint de reprendre rapidement la route. En fait, il fallut attendre qu’Elannah se soit réveillée de sa profonde sieste.

Devant, Bromard et Garken veillaient à être attentifs à tout forme de vie qui pouvait surgir devant eux sur la plaine.

Gourkok tirait toujours le brancard de fortune sur lequel s’était installée Glingal.
Une fois n’était pas coutume, la prêtresse n’avait pas émis la moindre remarque acerbe depuis que le groupe avait repris sa marche.


Suivait Gnaxlal, qui aidait Astian à marcher, puisque sa vue n’était toujours pas totalement revenue… Elannah était à côté d’eux, pensive…
Aerendir et Alvynia étaient derrière à quelque pas

Enfin, Vink’lar et Zéphyr fermaient la marche.

Aerendir : “ N’êtes-vous pas étonnée par ce qui s’est produit ? ”

Alvynia : “ Faites-vous référence aux actes de Gnaxlal ? ”

Aerendir : “ Difficile que cela passe inaperçu… non ? ”

Alvynia : “ C’est le moins que l’on puisse dire…Je m’interroge plutôt sur ce que ce magicien pensera de tout cela lorsqu’il retrouvera la mémoire… ”

Aerendir : “ Je suis partagé dans le domaine. Ce que je trouve étonnant, c’est que, compte tenu du fait de sa nature drow, il ne devrait pas ressentir de sentiments positifs, et donc certainement pas de compassion… ”

Alvynia : “ Malgré leur transformation en drow, certains elfes conservent certaines caractéristiques de leurs ancien état. Je dois reconnaître que je ne m’attendais absolument pas à cela de la part d’un général magicien drows, et encore moins du plus célèbre d’entre eux, Gnaxlal… ”

Les deux magiciens avaient involontairement ralenti. Zéphyr et Vink’lar les rejoignirent.
Zéphyr : “ Le monde est rempli de surprises. Bonnes et mauvaises… ”

Vink’lar : “ Je ne ferais pas la fine bouche. Sur ce coup, il a sauvé la vie d’Elannah. On verra ce que l’avenir nous réserve. ”

Zéphyr : “ Peut être plus vite que vous ne l’escomptez… ”

La remarque énigmatique interpella les deux magiciens et le nain.

La petite troupe continua de marcher toute la journée, entrecoupée de deux petites pauses, sans rencontrer un quelconque danger.

Au soir, le campement fut installé derrière une petite barrière rocheuse. Les bosquets d’arbres s’étaient fait plus rares. On devait approcher du fleuve la yondabakari, et donc de Kaer Maga.

Gnaxlal était pensif. De nombreuses images lui revenaient à l’esprit. L’attaque de ces crosts avaient éveillé quelque chose en lui.
Ces nouvelles impressions se mêlaient à tous les sentiments qu’il avait vécu au cours des derniers jours en compagnie de cet étrange groupe.

De sa position à quelques pas du drow, et de ses yeux violets perçants, Zéphyr l’observait attentivement, tentant de deviner ses pensées…


Le silence régnait toujours dans la prison.

Farbround attendait encore que Loz déguerpisse…

De son côté, le shoantis était toujours aussi immobile, extrêmement concentré pour capter le moindre mouvement trahissant la présence du gnome.
Malgré tous ses efforts et ses recours magiques, Loz ne put que se rendre à l’évidence, il ne parviendrait pas à localiser le gnome par ses moyens magiques. Ou plutôt, d’une manière directe… Loz avait modifié subtilement sa méthode de localisation.

Il avait déjà été confronté à la disparition de la présence d’un de ses ennemis.

La situation actuelle venait de lui remémorer les circonstances qui avaient conduit à cette disparition, un talisman d’une vieille sorcière, dont il ne se rappelait ni le nom, ni le lieu où elle résidait.

A l’époque, ses capacités magiques étaient plus limitées… C’était ses gardes qui avaient réussi à retrouver la trace du fuyard, et l’avaient d’ailleurs envoyé dans l’autre monde lors de ces retrouvailles.

Loz avait découvert au doigt sur le cadavre du fuyard, une bague qui était, sans nul doute possible, la source du bouclier qui l’avait empêché de le localiser.

Tous ses sens aux aguets, et en ayant recours à ses capacités magiques, Loz était en train d’amplifier tous les bruits indirects que Farbround pouvait générer dans sa fuite :
- les bruits de cailloux déplacés par des pas
- les frottements contre les murs
- le bruit des mousses écrasées par les chaussures et qui reprennent leur forme après le passage d’un individu
- même les insignifiants bruits des insectes présents dans ces souterrains…Et plus précisément lorsqu’ils rendent leur dernier soupir après avoir été aplati par une botte…

Dans son esprit, Loz était en train de dessiner mentalement une carte de tous les souterrains environnants, fixant à sa place chaque individu présent, suivant les bruits qu’il générait, notamment sa fréquence cardiaque, pour tous les alliés présents.

En recoupant les lieux de ces présences connues, avec les lieux des bruits précédemment détectés, il parviendrait forcément à localiser l’endroit où Farbround devait se tenir…

Il détecta un bruit à moins de trois mètres de lui… Il fut surpris de la présence d’un tel bruit si près de lui.

Il était tellement concentré sur sa tâche, que revenir à la réalité de son environnement très proche lui prit quelques secondes… Secondes que Farbround mit à profit pour lui asséner une droite dans le bas ventre qui lui coupa le souffle…
Loz s’écroula à genoux en se tenant le ventre avec ses mains… Son regard exprimait une certaine incompréhension…

Farbround se tenait face à lui. Leurs regards se croisèrent, à la même hauteur, puis Farbround, tout en armant une seconde droite : “ Bonne sieste ! ! ! ”
Le direct envoya au tapis le shoantis… mis K-O et donc totalement inconscient.

Farbround fouilla les vêtements de Loz. Il y découvrit une dague.

Il fut tenter de mettre fin aux jours du shoantis, mais ne put s’y résoudre.
Au lieu de cela, le gnome grava sur le sol, près de Loz, quelques mots à son attention : “ Au plaisir de vous revoir… Pour la dernière fois… ”

Puis Farbround sortit des cachots, dans l’espoir de trouver une sortie…


La petite délégation se frayait un chemin à travers la forêt du Kyonin.

Avoir dû laisser derrière eux, Tzander, après Malgen, consternait Yavanna.
Elle ne s’était pas privée de le signifier à son Père.

Aradan cheminait la mine aussi sombre que ses pensées. Il ne pouvait pas se résoudre à considérer que deux de ses plus proches et anciens amis n’étaient peut être plus de ce monde.

La délégation était désormais en territoire ami, en principe… Or, aucun elfe ne s’était manifesté pour les accueillir.

Cette situation préoccupait Aradan. Quelque chose clochait. Il se rendit compte que sa main tenait la poignée de son épée. Ce geste fit montait en lui sa colère d’avoir abandonné Malgen derrière eux.

Un léger sifflement d’oiseau d’un des deux gardes du corps de sa fille le tira hors de ses pensées. Il s’accroupit derrière un arbre, juste à côté de sa fille qui lui adressa un regard lourd de menace.
Il lui rendit un regard encore plus colérique… ce qui décontenança sa fille…

Les deux “ nounous ” de sa fille s’étaient désignés pour marcher en tête de la délégation et prévenir d’éventuels pièges ou embuscades.

Un second sifflement retentit. Cela signifiait qu’il n’y avait aucun danger.
Aussitôt, Aradan se leva et décida de se précipiter au devant des deux “ nounous ” de sa fille. Il sentit que sa fille lui emboîtait le pas…

A travers les troncs des arbres, il devina que les deux gardes étaient en train de discuter avec des elfes. Peut être que le roi Celebrian avait envoyé des émissaires à leur rencontre, pour les escorter jusqu’à Iaddara.

D’un coin de l’œil, il remarqua une robe qu’il connaissait bien. Il accéléra le pas… Et fut bientôt dépassé par sa fille qui se précipitait à présent vers… Malgen.

Yavanna se jeta au cou du vieux magicien qui recula sous l’impact : “ Malgen ! ! ! Quelle joie de vous revoir ! ! ! J’ai eu terriblement peur qui ne vous soit arrivé malheur ! ! ! ”

Malgen tout ému par ses retrouvailles ne sut que dire avant que la jeune fille ne fasse la même fête à Tzander.

Aradan, le regard embrumé par quelques larmes, fut rapidement près de Malgen et Tzander : “ J’ai cru ne jamais vous revoir mes amis…. ”

Malgen : “ Je l’ai bien cru, également… ”

Tzander : “ Moi de même… ”

C’est à cet instant que Yavanna et Aradan remarquèrent la présence d’un troisième homme.

Malgen remarquant le regard de son roi : “ Je vous présente Pyréas, Mon Roi… C’est grâce à lui que nous sommes ici… ”

Aradan saluant le vieil homme devant lui : “ Vous avez toute ma reconnaissance, Messire Pyréas. Bien que nous soyons loin de chez nous, je veillerais à vous récompenser à la hauteur de ce que vous avez accompli. ”

Pyréas : “ Rien de bien insurmontable, votre Altesse. Plutôt quelques échanges malpolis, et quelques rencontres désagréables et bien peu cordiales au demeurant... ”

Aradan : “Ah. Un peu plus quand même. Nous avons abandonné Malgen beaucoup plus au sud, et nous le retrouvons avec joie au sein de cette forêt. Je craignais que le portail magique invoqué n’ait eu raison de lui. ”

Pyréas : “ Avec un peu de repos et quelques herbes, on peut faire des miracles insoupçonnables… ”

Aradan : “Et bien je vous remercie pour tous vos efforts. Aussi modestes que vous les jugiez, ils ont contribué à ramener auprès de nous nos amis. ”

Pyréas : “ Croyez que j’en suis ravi. Maintenant, si vous le permettez, je vais prendre congé. Ce fut un plaisir de vous rencontrer.”
Sur ces mots, le vieil homme se retourna et commença à marcher.

Aradan un peu surpris : “Vous partez ? ”

Yavanna : “ Vous repartez où ? On est au milieux d’une immense forêt ? ”

Pyréas s’arrêta et regarda intensément la jeune elfe : “ Je suis un modeste ermite, venu aider vos compagnons. Quant à la forêt , elle n’est immense que pour celui qui la juge comme telle. ”

Yavanna : “ Vous me paraissez un peu chétif pour vivre dans cette forêt, et y survivre. Vous pouvez nous accompagner, nous nous rendons à Iaddara. Nous pourrons vous remercier de votre peine là-bas. ”

Pyréas : “ Votre invitation me touche, jeune fille. Je puis vous assurer que je prendrais un grand plaisir à vous revoir bientôt. A présent, je dois décliner cette invitation, et me rendre où l’on requiert ma présence. A la prochaine fois Yavanna. ”

Le vieil homme sera la main de la jeune fille. Il sembla qu’il venait de prononcer des mots dont la signification lui échappa.

Puis Yavanna tourna la tête vers son père : “ Père, nous ne pouvons laisser ce brave homme dans cette forêt tout seul. Nous devons le convaincre…

Aradan : “ De qui parles-tu donc, ma fille ? ”

Yavanna : “ Mais de Pyréas, Voyons… De qui pourrais-je parler d’autre ! ! !”

Aradan : “ Qui ? Je ne connais aucun Pyréas ! ! ! ”

Yavanna retourna sa tête en direction du vieil homme… qui n’était plus là…

Malgen : “ La joie de nos retrouvailles a dû l’affecter, mon Roi… Sans nul doute. ”

Yavanna était totalement interloquée : “ Comment ça ? Mais Malgen, il est venu avec toi et Tzander ! ! ! Il se tenait là il y a quelques secondes… Vous étiez en train de lui parler ! ! ! ”

Tzander : “ Ne crois tu pas, jeune fille, que j’aurais un peu honte de ne pas avoir remarqué la présence d’un vieil homme à quelques pas de moi alors que je suis éclaireur. Mon art consiste à constater la présence dans un lieu de tout être à un moment ou à un autre… ”

Yavanna ne savait plus quoi dire. Elle était muette de stupéfaction. Son regard allait de son père, à ses amis, et à la place où s’était tenu ce Pyréas.

Malgen : “Il n’y a pas de temps à perdre. Nous devons nous remettre en route. Nous fêterons nos retrouvailles à Iaddara… ”

Yavanna : “ Comment ça ? Vous apparaissez devant nous comme par magie ! ! ! Sans explications ! ! ! Tzander avait disparu à notre arrivée dans cette forêt… Et, à présent, on repart comme si ne rien n’était… J’hallucine ! ! !”

Elle fut promptement interrompu par son père : “ Olà ma fille. Tu m’inquiètes… Malgen et Tzander sont restés derrière nous après que Malgen ait créé un portail pour nous conduire ici. Tzander a soigné Malgen après les efforts qu’il a consenti pour ce portail. Puis ils sont revenu à cet instant. Je comprends que la fatigue d’un tel voyage puisse te perturber, mais ressaisis toi ! ! ! Nous serons bientôt arriver. Courage ! ! ! ”

Yavanna : “ QUOI ! ! ! ”

Yavanna n’en revenait pas. Elle était la seule à se rappeler des événements qui avaient eu lieu quelques isntants auparavant, et de Pyréas. Elle ne comprenait d’ailleurs pas ce qui était en train de se passer. Elle savait qu’elle n’avait pas rêvé ! ! !
La petite délégation s’était remise en marche. Yavanna était restée plantée à sa place, immobile. L’esprit plein d’interrogations. Elle était pensive. Elle essayait de se rappeler les mots de ce Pyréas, juste au moment où elle lui avait serré la main. Une habitude purement humaine.
Du coin de l’œil, elle remarqua que la délégation avait avancée, elle démarra pour rejoindre son père et ses amis.
De nouveau, son esprit se focalisa sur les sons qu’il avait émis…Elle fut pris de quelques tremblements… Se rappelant soudainement la présence de ce sombre être qu’elle avait aperçu la veille. Puis, un mot se matérialisa dans sa tête. Elle le prononça, à l’instant même où elle trébuchait sur une racine pour s’étaler de tout son long dans l’humus de la forêt…Et de s’évanouir pour le compte.


Il faisait encore nuit noire. Gnaxlal n’était pas parvenu à trouver le sommeil.

De nombreux souvenirs étaient revenus à la surface. Ceux-ci s’était mêlaient aux souvenirs nouvellement acquis depuis qu’il voyageait avec ce groupe, composé d’autant d’ennemis…

Il observait intensément Elannah, encore endormie à moins de deux mètres de lui.

Il se rappela tous les échecs pour poursuivre et capturer Glingal.
Après avoir vu la jeune demi-elfe dans ses œuvres, il comprenait beaucoup mieux. Même lui ne serait pas parvenu à un meilleur résultat, d’ailleurs…
Il se remémora chaque instant de cette poursuite dans les monts de l’esprit… Ses colères… Ses hypothèses… Ses impressions confuses en pensant à cette jeune elfe…

De nouvelles images inondèrent son esprit. D’une époque très ancienne… Avant qu’il ne devienne un drow…

Sa situation d’alors le faisait côtoyer la grande noblesse elfe de Celwynvian.
Cette situation attirait également les convoitises de nombreuses familles présentes dans la sphère de la grande noblesse elfe.
Nombre de prétendantes s’étaient présentées pour un mariage, dans le but de permettre aux deux familles de progresser dans la hiérarchie de cette noblesse.
Une seule, une jeune elfe intrépide, avait réellement attiré son attention.
Il ne se rappelait plus son nom, à cet instant, mais le visage de celle-ci était resté gravé dans sa mémoire comme au fer rouge.

Le destin de cette dernière avait été tragique. Elle avait succombé aux blessures d’un ours des montagnes, après avoir voulu partir à l’aventure pour connaître le monde.
Il ne l’avait pas fréquenté très longtemps, deux années, tout au plus… La soif de cette dernière à découvrir autre chose que le royaume elfe, l’avait rapidement mené à son funeste destin.

Lui…avait dû se résigner à demeurer à Celwynvian, compte tenu de sa position, et de ses fonctions.

Bien que cette relation n’ait duré que le temps d’un battement d’ailes de papillon, compte tenu du rapport au temps des elfes, un sentiment amoureux avait germé dans le cœur de chacun d’eux.

La disparition de son âme sœur, il en avait été convaincu à l’époque, l’avait conduit à sa condition actuelle.

Le grand cataclysme n’avait guère tardé à se produire après la mort de son élue.
A présent, en observant Elannah, il avait devant lui la réincarnation exacte de… Nyavenne…
Elle s’appelait…Nyavenne… maintenant, il se rappelait de son nom… et tous les sentiments qu’il avait ressenti à l’époque le submergèrent… Face à ce déluge d’émotions, des larmes coulèrent le long de ses joues.

Non loin de là, tous ses sens en éveil, Zéphyr dévisageait intensément le drow… Elle remarqua les larmes… Cette réaction émotionnelle chez un drow était loin d’être banale.
En fait, au regard des immenses connaissances de la jeune dragonne, acquise sur le monde et ses habitants, et transmise de dragon en dragon, de génération en génération, cette réaction était tout simplement inédite pour un drow ! ! !


Dans le même temps, à l’autre bout de la Varisie, Arkin, assis sur un siège face à Algrion, à genoux, la dévisageait d’un regard rouge flamboyant ! ! !

Quelques heures auparavant, Algrion avait fait un rapport détaillé des circonstances qui avaient conduit à la mort “ prématurée ” de Faërendel …

A la suite de ce rapport, le dragon s’était rendu sur les lieux des derniers instants de cet elfe.

Il avait fermement indiqué à Algrion de demeurer dans sa tente et d’attendre son retour.

Revenu de cette visite depuis quelques instants, Arkin semblait très agacé.

Arkin, d’une voix lourde de sous entendu : “ Dame Algrion…Souhaitez-vous apporter quelques éclaircissements à la mort de Faërendel ? ”

Un mauvais pressentiment s’insinua dans les pensées d’Algrion : “ Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter… ”

Arkin : “ …Quelques précisions d’importance… Par exemple… ”

Algrion se demanda ce que cet Arkin avait bien pu découvrir… “ A part de préciser que ses préférences à jouer les taupes ne pouvaient que le conduire à un trépas plus rapide… Je ne vois rien d’autre… ”

Arkin : “ Je m’interroge plutôt sur la vaillance de ce Faërendel… Parvenir à occire six nains, armés de haches ou de marteaux, et périr d’un coup de dague… C’est vraiment manqué de chance pour une… taupe en mal de tunnel… Ne trouvez-vous pas ? ”

L’esprit d’Algrion était en ébullition… “ Il y a effectivement eu six cadavres de nains, mais rien ne permet d’affirmer qu’ils n’étaient que six… ”

Arkin : “ Les deux crosts qui accompagnaient Faërendel me l’affirment, eux… ”

Algrion se maudit de ne pas avoir éliminé ces deux lâches… “ Et bien… Je… ”

Arkin : “ Mais vous avez raison… Il y a mieux que de se fier aux témoignages de deux crosts… ”

Algrion, pensant que ce dragon lui tendait une perche pour se sortir de cette situation : “ Vous avez pleinement raison, Seigneur Arkin ! ! ! ”

Arkin : “ En effet… Pourquoi ne pas demander à l’intéressé ? ”

Le sang d’Algrion se figea dans ses veines… Des frissons lui parcoururent l’échine… “Pardon ? Comment… ”

Une rafale de vent entra dans la tente. Le rabat de l’entrée avait laissé passer cette rafale après le passage d’une personne.

Faerendel se tenait derrière et s’exprima de la sorte : “ En me le demandant… par exemple… ”

Algrion se leva et se retourna…pétrifiée de stupéfaction… puis senti une lame se frayant un chemin au sein de ses entrailles…

Faerendel se tenait à quelques centimètres face à elle : “ Si vous le permettez… très chère… Je vous rends la politesse ! ! ! ”

Puis la magicienne de l’ombre sentit le froid s’emparer de tout son être. Elle s’effondra, ses poumons cessèrent d’aspirer l’air, tout comme son cœur de battre alors que son sang commençait à se répandre à la surface d’un tapis étendu sur le sol de la tente.


Loz revint à lui… Il s’assit en se massant la mâchoire.

Sa fierté fut mise à mal en réalisant que Farbround venait de le neutraliser avec une facilité déconcertante ! ! !
A cet instant, le regard du shoantis aurait fait fuir, à lui tout seul, toute la cavalerie de Port Enigme… En fait, chevaux et cavaliers auraient même certainement entrepris de faire le tour de Golarion à la nage, jugeant la tâche moins ardue que d’affronter Loz…

Il se parla à lui même, sur un ton glacial : “ Décidément… Ce gnome ne cessera jamais de me surprendre… A part mort… ”

Son regard fut attiré par les dalles de la prison… Des mots y étaient gravés… Il y lu :
“ Au plaisir de vous revoir… Pour la dernière fois… ”

Il se parla de nouveau à lui même : “ J’exaucerai ce vœux mon cher… Même si l’issue venait à vous déplaire ! ! ! ”

Malgré une colère intense, Loz fut surpris de constater que le défi lançait par ce gnome générait en lui, des sentiments nouveaux. Il était content ! ! ! Ce défi lui faisait plaisir…
Aucun de ses adversaires, jusqu’à présent, n’avait osé lui en adresser un aussi direct.
Peut être par bravade… Ils avaient succombé quelques instants après…Comprenant que leur fin était aussi proche que Loz d’eux.
Néanmoins, aucun d’entre eux n’avait réussi à le mettre K-O de la sorte, ni même à s’approcher suffisamment prêt pour pouvoir y parvenir…
La mort les avait cueilli bien avant…

Loz se releva. Il épousseta ses vêtements… Puis constata que sa dague avait disparu. : “ J’apprécie modérément que l’on prenne une de mes armes…Gnome. ”

C’est alors qu’il réalisa que ce dernier avait eu tout loisir de pouvoir l’éliminer. Il se rappela Elannah.
Il ne parvenait toujours pas à comprendre ce qui l’avait conduit à soigner la jeune demi-elfe. Pas plus qu’il ne comprenait les raisons qui avaient poussé Farbround à le laisser en vie.
Aucun de ses ennemis, à sa connaissance, n’aurait agi de la sorte.
Une pensée fulgura : “ Ni lui d’ailleurs… ” Il se ravisa aussitôt… Et une nouvelle pensée fulgura à son tour : “ Avant… Plus maintenant…Pas pour eux… ”
Ses pensées en ébullition, il réfléchit à ce que “ Eux ” signifiait pour lui… l’ensemble des compagnons d’Elannah et de Farbround.

Avant sa rencontre avec Eux, tout était clair. Beaucoup plus clair en tous cas… A présent, une multitude de sentiments s’affrontaient continuellement dans son esprit. Il fallait qu’il mette de l’ordre dans ses pensées désordonnées…

D’un mot de pouvoir, tous les effets des coups portés par Farbround se dissipèrent.

Le shoantis se reconcentra sur l’instant présent. Il entrepris d’effectuer de nouveau la même démarche qu’il avait entamé avant que le gnome ne surgisse pour l’étaler au sol.
Cela lui prit plusieurs minutes. Comme il l’avait supputé, cette tactique ne pouvait que s’avérait payante. Il venait de repérer Farbround.
Loz se parla de nouveau : “ Je crains que pour vous, Farbround, nos retrouvailles ne soient plus rapides qu’escomptées…Et votre mort aussi… ”

Loz quitta rapidement la prison, et se dirigea vers l’endroit où il avait repéré Farbround.

En chemin, il constata que sa dague avait montré son efficacité.
En outre, les quatre drows dissimulés dans quelques coins des souterrains, baignant dans leur sang, montraient que les capacités du Gnome n’étaient pas étrangères à l’efficacité de son arme.

La chasse venait de commencer… Farbround représentait la proie… Les sensations que ressentaient Loz pour cet exercice étaient nouvelles pour lui… Il ne tolérerait pas qu’un tiers lui gâche ce plaisir ! ! !


Ses pensées s’étaient bousculées durant la remontée depuis la prison…

Comment ce microbe de gnome pouvait il s’être enfui ? Comment pouvait il dissimuler sa présence à ses pouvoirs ?
Il fallait le retrouver ! ! ! L’écrabouiller… L’exterminer… dans des souffrances incommensurables ! ! !

La créature avait eu envie de hurler sa colère, ce qui aurait fracassé les tympans de tous les êtres vivants présents dans les souterrains, en l’occurrence, son armée...peu judicieux…

Le comportement de ce Loz l’avait exaspéré… La créature considérait qu’il était fautif de cette évasion.
Pas au point d’en être l’instigateur, mais au moins au niveau de la désinvolture affichée pour conserver le prisonnier, en faisant confiance à deux gardes dont les capacités au poste, qui avait été le leur, étaient proche du néant…


A peine avait-elle pénétré dans la grande salle de son trône que la créature avait ressenti un frisson.

Cela n’augurait rien de bon. Elle se précipita vers son petit local afin d’actionner sa sphère de communication pour contacter son contingent de reconnaissance dans la forêt du Kyonin.

Elle se concentra… Toucha la sphère…Et… RIEN…

Une colère froide monta en elle. Elle n’aurait jamais imaginer que sa colère puisse s’accroître à ce point. Les événements de cette journée s’enchaînaient dans une spirale dont elle avait perdu le contrôle. C’était la première fois depuis qu’elle avait mis au point son plan pour conquérir la Varesie, puis tout Golarion…

Elle émit un sifflement, et un portail se matérialisa immédiatement. Elle le franchit et se retrouva sous la frondaison des arbres de la forêt du Kyonin.

Là, elle constata le carnage… Les cadavres désarticulés de son contingent été répartis sur toute la surface de ce qui avait été le campement de cette troupe. Elle se promena longuement pour contempler les restes disséminés dans la forêt.

Cette fois-ci, la créature ne put réprimer son cri… Ses effets furent dévastateur pour les arbres environnant qui se fissurèrent et s’écroulèrent comme si une violente tempête venait de se focaliser sur chacun d’eux.

Ce fut un cri très court…Mais il suffit à faire exploser tous les arbres dans un rayon d’une centaine de mètres autour de la créature…

Elle avança jusqu’à ce qui avait dû être la sphère de communication qu’elle avait remise à ce misérable chef orc…
L’objet avait explosé de l’intérieur… Les éclats étaient alentour, piétinés…

Là, elle comprit, et hurla : “ TU ES REVENU ! ! ! ! TU N’EMPECHERAS PAS QUE GOLARION SOIT MIENNE ! ! ! ET TOUTES SES CREATURES SERONT MES ESCLAVES ! ! ! TOI Y COMPRIS ! ! ! ”

Le silence retomba sur ce coin de forêt…

La créature, se parla à elle-même : “ Tu as gagné une escarmouche… Je gagnerais toutes les batailles à venir, et la guerre… Ton cadavre ornera mon trône… ” Puis hurla : “ PYYYYYYYRRRRRREEEEAAASSSSSSSSS ! ! ! ”

A l’issue de son cri, elle ressentit un picotement.

A cause de sa colère, elle n’avait pas prêté attention à son environnement. Elle se concentra, et ressentit une sensation fugace et bizarre. Une réminiscence d’un lointain passé…

Malgré toute son expérience, elle était convaincue d’avoir perçu la présence d’un magicien, et puis plus rien… Si la sensation avait durait quelques secondes supplémentaires, elle aurait pu la localiser dans cette forêt.
Or, la seule certitude qu’elle avait, c’était qu’un magicien était présent dans cette forêt, et que sa présence venait de se dissiper…comme par magie.
Seul un mage très puissant pouvait parvenir à dissimuler sa présence.

De plus, si le magicien marchait dans cette forêt, elle aurait dû le localiser dés son arrivée, malgré son extrême colère, et son esprit se focalisant sur l’élimination de sa troupe.
Or, tel n’était pas le cas.

Immédiatement, la créature songea à Pyréas.

La forêt était trop grande pour chercher, seule, ce misérable. Autant essayer de retrouver une aiguille dans une quantité phénoménale d’arbres et d’arbustes…

Son agacement était à son comble… Elle se résolut à repartir.

Un portail se dessina devant elle, et le franchit.



La nuit avait été calme. Aucun incident n’avait été constaté.

L’ensemble de l’armée avait fait mouvement avant même que le soleil ne se soit levé.

Anastraëlle était d’humeur morose. En fait, la jeune reine était d’une humeur massacrante.
Le général Tinüviel avait eu le bonheur d’en faire les frais…dés le petit matin.

Hangbar s’était bien gardé de passer à proximité de la reine depuis la veille au soir.
L’armée elfe dans la forêt de Santos.

Anastraëlle avait dû se résoudre à piquer plein Est vers Kaer Maga, malgré la certitude que, plus au sud, devait se trouver le siège de la menace qui planait sur Golarion.

En fin de journée, l’armée atteignit l’extrême nord des vallons scintillants.

Dés le début, l’obstacle principal de ce périple avait été identifié : la traversée de la Crâne.

Pour parvenir jusqu’ici, depuis Port Enigme, l’armée était passée par la aie de Roderic (pour franchir Le Chavali), et Landecorbeau (Pour franchir La Charbonneuse).
Les ponts présents dans ces différentes localités avaient grandement facilité le franchissement de ces deux cours d’eau au débit pouvant devenir impressionnant.

A présent, franchir la Crâne, en l’absence de tout pont jusqu’à Ilsurian, près de cent kilomètres plus au Sud, requerrait la construction de nombreuses embarcations.
De nombreux Elfes étaient en ce moment même affairés à cette tâche.

Le soleil commençait à se coucher. La Reine des Elfes, d’un promontoire rocheux, observait ses hommes sur la sorte de plage de galets en contrebas en train de fabriquer les embarcation qui les mènerait sur l’autre rive.

De là, il était prévu de rallier, Le bac de la Tortue, petite communauté humaine. Rien que son nom permettait aux voyageurs de se faire une idée précise des raisons expliquant l’existence de cette petite bourgade, franchir la Tortue, affluent se jetant plus au Sud, dans La Crâne.

Malgré son agacement, Anastraëlle avait écouté les mise en garde de sa général, Tinüviel.

La montagne crochue n’était pas loin.

La menace tapit dans la Forêt de Santos pesait toujours sur les épaules de son armée. Celle des géants de cette Montagne n’était pas à négliger.

Dès la première embarcation fabriquée, des éclaireurs avaient traversé La Crâne. Hangbar était parmi eux.
A cette idée, la colère de la Reine redoubla… Cet humain avait fait tout son possible pour l’éviter durant toute la journée… Comment osait-il se comporter ainsi ! ! !
Tinüviel, qui avait accepté que Hangbar parte avec les éclaireurs, sans en parler à sa Reine, avait vécu un deuxième calvaire cette journée en subissant une nouvelle colère.

La Reine se remémora la discussion de la veille, l’entrée en fanfare de cet humain dans sa tente avec sa général alors qu’elle prenait son bain… Mais où était donc ses gardes ! ! ! ? ? ?
Il l’avait littéralement déshabillé du regard. Elle avait alors réalisé que son peignoir était un bien piètre obstacle aux nombreux fantasmes, sans aucun doute, peuplant les pensées de cet humain. Elle avait eu du mal à trouver le sommeil rien qu’à cette idée, sans définir exactement ce qui l’agaçait autant.

A présent, Hangbar était de l’autre côté de la Crâne, à courir des dangers non négligeables, et risquer sa vie… alors que son détachement d’humains était là, en train d’assister la construction des embarcations.
Le rôle d’un chef était de superviser ses troupes. Pas de courir au devant de la mort pour se faire plaisir…Et s’offrir des sensations fortes ! ! !

D’un coup de pied, de colère, elle expédia violemment une pierre dans la Crâne.

Elle se dit à elle-même : “ Ce ne sont pas des habitudes à prendre pour une Reine ! ! ! ”
Encore une fois, l’intensité de sa colère s’accentua… A l’idée de s’inquiéter pour la santé de cet humain ! ! !

Toujours pour elle-même : “ Mais pourquoi a-t-il fallu qu’il se décide à aller en reconnaissance ! ! ! ”

Elle shoota de nouveau dans une pierre, plus fort, cette fois-ci.

Sans plus attendre, elle décida de retourner à sa tente, qui devait avoir été montée, à présent.

Elle expédia des regards noirs à chacun des elfes, ou humains, qui la saluait sur son chemin.

Durant le trajet, et encore pour elle-même : “ Quand il reviendra, ses oreilles auront intérêt à être bien accrochées… Cette fois-ci, il n’arrivera pas à m’éviter… ”



Farbround était parvenu à sortir des souterrains. Il était désormais dans la forêt de Santos, quelque part dans le campement du peuple de Loz, les shoantis.

Le fait que ce gnome parvienne jusqu’à la surface impressionnait Loz, et le satisfaisait encore plus. Personne d’autre que lui ne l’intercepterait.

Loz contemplait le campement. Retrouver Farbround dans les souterrains était une chose… En pleine forêt, çà en était une autre… Et dans le campement des siens, une tâche quasiment insurmontable.

Loz espéra que le gnome s’était dirigé aussi vite que possible vers la forêt, mais ce gnome était plein de ressources, et totalement imprévisible. A cela s’ajouter, une science du combat impressionnante, les huit autres drows, rencontrés après les première victimes, auraient pu en témoigner, s’ils avaient encore été en vie…


Aucun combat direct, ils étaient tous morts en ayant été surpris, sans pouvoir se défendre. Aucun n’était parvenu à sortir son arme. Seul un avait réussi à mettre la main à son fourreau. Un exploit, dans un certain sens, vu que ses onze autres congénères n’avaient même pas réalisé ce qui leur tombait dessus…

Loz s’assit en tailleur. Il se concentra, et commença à localiser chacun des shoantis présents.

A peine quelques secondes s’écoulèrent avant que sa concentration ne se fissure. Il venait de localiser un usage d’une magie identique à la sienne à moins de cinq cent mètres de sa position. De l’ancienne magie…

Il fut debout en un instant, et se précipita droit vers la source qu’il venait de repérer.


Après s’être éclipsé du Kyonin, Pyréas sortit de sont portail et se matérialisa dans la forêt de Santos. Il se parla pour lui-même : “ Ces moments d’inactivité m’ont un peu rouillé… Voilà que j’ai failli sortir au milieu du campement d’une armée… Ca aurait été ballot… ”

A peine arrivé, que son regard capta le mouvement d’un petit être qui courrait à travers la forêt.

Il était évident que cette course avait pour but de fuir un danger imminent. Il s’agissait d’un gnome. Il passerait bientôt à proximité de Pyréas.


Après être parvenu à sortir des souterrains, Farbround, en découvrant le campement, avait bien cru ses espoirs de fuir, réduit à néant.
Après avoir neutralisé les deux drows qui surveillaient l’entrée, dont les capacités guerrières et d’attention n’avaient rien à voir avec ceux rencontrés près de BOISCENDRE, il avait pu profiter d’une charrette bâchée passant à côté de l’entrée.
C’était la providence qui avait fait que cette charrette soit là, au moment précis où il venait d’éliminer les gardes. Un gnome aurait fait tâche dans un camp peuplé de grandes personnes…Même avec une cape.

Le conducteur de la charrette avait l’air aussi futé que les gardes de la prison. Compte tenu de la hache accrochée au côté de la charrette, il était évident que la destination de l’attelage devait être la forêt pour se ravitailler en bois.

En quelques secondes, Farbround fut dans le chariot et sous la bâche.

A présent, après avoir assommé le conducteur, dont le teint rappelait au Gnome celui de Loz, Farbround courait aussi vite que ses jambes le lui permettaient à travers les troncs de cette forêt.
Tout en courant, le gnome réfléchissait intensément. Où pouvait-il se trouver ? Quelle était cette forêt ?

A pleine vitesse, et commençant à s’essouffler, il passa à proximité du tronc d’un nouvel arbre.

Juste à proximité de cet arbre, se trouvait un vieil homme, qu’il n’aperçut qu’à cet instant, et qui s’adressa à lui :
“ Bonjour à vous, noble Farbround… J’en déduis que vous n’avez eu besoin de l’assistance de personne pour me rejoindre… ”

Aussi surpris que pris de court, une racine eu raison de la course du gnome, qui trébucha et se retrouva à terre, un peu groggy par sa chute...

Pyréas : “ Je quitte de doux rêveurs… Et voilà que je tombe sur un maladroit… Le monde a bien changé… ”

Farbround, avec plus ou moins de mal se remit sur ses jambes, la dague de Pyréas a la main : “ Qui êtes-vous ? Laissez moi passer ! ! ! Ou vous tâterez de ma dague ! ! ! ”

Pyréas : “ Ai-je une tête à ne pas vous laissez faire ce que vous voulez ? Même de grosses bêtises ? ”

Farbround, reprenant son souffle , et un peu interloqué : “ Pardon ? ”
Pyréas : “ Nous allons bientôt avoir de la visite. Je suis sûr que votre ami sera ravi de vous revoir, mais vous peut-être moins sur l’instant… ”

Farbround ne comprenait plus rien. Il ne savait pas qui était ce vieil homme, ni de quoi il parlait. Il devait être sénile : “ Je ne comprends rien de ce que vous racontez… A présent, je vais vous laisser à votre contemplation de la forêt et de ses oiseaux… ”

Pyréas : “ Alors là… C’est un peu fort… Ai-je l’air de faire de l’ornithologie ? ”

Farbround se dit qu’il était tombé sur un fou. Ce vieil homme devait s’être échappé d’une de ces maisons où l’on soignait ce genre de maladie. Son espoir revint de ne pas être bien loin d’une ville ou d’un village, et découvrir où il se trouvait exactement : “ Vous racontez n’importe quoi ! ! ! ”
Une question germa dans l’esprit du gnome. Pourquoi n’y avait il pas immédiatement songé : “ Savez-vous où se trouve la ville la plus proche ? ”

Pyréas : “ Mais bien sûr mon bon ami. Nous devons avoir Ilsurian, je dirais à 90 kilomètres au sud-est. Murvipérin à une cinquantaine un peu au Nord ouest, Doux-carillon entre 60 et 70 kilomètres Sud sud-est, ou Landecorbeau à environ 130 kilomètres Nord Nord-ouest… La réponse vous convient-elle ?”

La réponse laissa Farbround dubitatif…Et totalement sans voix.


Loz se précipitait à travers le camps. Il le quitta, et fut dans la forêt, non sans avoir remarqué la présence d’une charrette isolée sur sa droite. Il ne ralentit même pas, fonçant droit, en zigzaguant entre les troncs des arbres vers la destination qu’il s’était fixée.
Bientôt, il aperçut deux silhouettes en train de discuter. L’une d’elle était le gnome. Loz se dit à lui même : “ Mais qu’est ce qu’il fait ? Il parle avec qui ? Il est en territoire hostile, et il discute ! ! ! ”. Il continua à la même vitesse pour les rejoindre.


Pyréas reprit : “ Au cas où vous n’auriez pas identifié le lieu où nous nous trouvons, nous sommes dans la forêt de Santos... A votre regard qui vient de s’illuminer, je pense que vous venez d’arriver à cette conclusion. Avec un temps de réflexion assez long, d’ailleurs…si je puis me permettre.”

Farbround : “ Mais… Mais de quoi vous parlez ? Quel ami ? C’est un campement avec plein d’ennemis… Comment pourrais-je y avoir un ami ? ”

Pyréas désignant Loz qui accourait : “ Et bien.. de celui-ci ! ! ! ”

Farbround se retourna, reconnaissant Loz. Il se mit immédiatement en garde, la dague à sa main : “ J’aurais dû en finir avec lui lorsque j’en ai eu l’occasion… ”

Pyréas : “ Voilà qui aurait été navrant et inconsidéré… Le destin en a voulu autrement, qui sommes nous pour le contester ? ”

Farbround roula des yeux : “ Mais vous êtes qui à la fin ? L’un de mes pires ennemis arrive sur moi, et vous philosophez ! ! ! ? ? ? ”

Pyréas regarda dans toutes les directions : “ Quel ennemi ? ”

Loz, légèrement essoufflé par sa course, se campa devant Farbround et l’inconnu.
Il fut surpris de constater la présence de ce vieil homme au beau milieu de cette forêt sauvage. Que pouvait-il bien y faire ? Comment avait-il pu échapper à toutes les patrouilles ?
En gardant Farbround à l’œil, il s’adressa à l’inconnu : “ Mais… Qui êtes-vous donc ? ”

Pyréas : “ Je vais finir par tenir une petite tablette entre mes mains avec mon nom dessus… Ca nous évitera les questions sans intérêt … pour en venir au fond du problème.”

Pour le coup, Loz et Farbround échangèrent un regard interrogatif…



A peine la créature fut elle de retour, que dans son esprit, une décision crucial émargea. Il était temps d’anéantir Celwynvian et tous les Elfes qui s’y trouvaient.
Ainsi, les drows pourraient enfin se déverser librement sur la Varisie, puis sur Golarion ! ! !

Elle convoqua un de ses conseillers à qui elle intima l’ordre de missionner un nouveau détachement en forêt du Kyonin pour intercepter ce roi Elfe, Aradan. Ses petits magiciens de bas étage pourraient se charger de la création d’un portail vers la province visée.
La tâche était négligeable à ses yeux. Il s’agissait seulement de retarder la réaction de défense des empires elfes.

A présent que Pyréas semblait être entré dans la partie, cette stratégie était secondaire.

Néanmoins, la créature se persuada que Pyréas ne devait plus se trouver dans cette forêt du Kyonin.
Cette maudite délégation elfe avait survécu aux éléments marins qu’elle avait déchaînés pour les éliminer.
Elle avait échappé à tous les assassins envoyés à proximité d’Opparra.
Elle était restée invisible à tous les groupes d’orcs dépêchés au Taldor et en forêt de Verduran.
Or, contre toute attente, un des membres de cette délégation avait été capturé dans la forêt du Kyonin, puis libéré par ce maudit Pyréas.


Avec un peu de chance, l’envoi d’une troupe d’orc permettrait d’éliminer cette délégation une fois pour toute.

Après avoir donné ses instruction, escortée de ses gardes, elle prit immédiatement la direction des profondeurs afin de s’entretenir avec les représentantes des différentes factions drows, et les convaincre d’attaquer en force Celwynvian.
L’objectif était simple : écraser cette petite Reine Elfe, dont le nom était sans importance, sauf pour son épitaphe sur sa tombe, “ ci-gît la dernière reine des Elfes de Celwynvian... ”


Yavanna reprit conscience.
Son père était à son chevet. Il paraissait très inquiet : “ Ah, tu reviens à toi. Tu nous a fais très peur. Tu étais devenue toute blanche… ”

Yavanna : “ Je… Je… Que s’est-il passé ? ” Elle tenta de se redresser, et fut prise d’un vertige.

Malgen : “ Olà, ma petite. Doucement. Ton pied s’est pris dans une racine et tu t’es écroulée dans les feuilles sans réaction. On a cru que ta tête avait cogné une pierre sous les feuilles. ”

Yavanna : “ Ouaah… J’ai un mal de tête… ”

Malgen : “ Mais aucune blessure apparente, ni choc d’ailleurs ”

Yavanna : “ Et Pyréas ? ”

Aradan : “ Encore ce Pyréas ! ! ! Il n’y a personne de ce nom dans le coin ! ! ! Dés que nous serons arrivés à Iaddara, nous te ferons examiner par les spécialistes du roi Celebrian. ”

Malgen : “ Nous y serons dans deux jours. Tout au plus…Mon Roi. ”

Aradan : “ Le plus vite sera le mieux ! ! ! ”

Malgen : “ Nous ne devons pas nous précipiter. L’ennemi n’attend qu’un faux pas de notre part pour

Tzander arriva : “ La sieste est-elle finie ? ”

L’éclaireur aida Yavanna à se relever : “ Ca a l’air d’aller... ”

Aradan : “ On peut se remettre en route ? ”

Malgen : “ Elle a repris des couleurs. Je n’y vois donc aucun inconvénient. ”

Il ne fallut que quelques minutes pour que l’ensemble de la délégation reprenne sa route.

Yavanna tenta de se rappeler les événements avant sa chute.

Elle fut prise de nouveaux tremblements. Cette fois, néanmoins, elle fut consciente que c’était au souvenir d’avoir ressenti une présence très néfaste, juste avant de trébucher et de s’écrouler.

Quelques secondes seulement furent nécessaires pour qu’elle se rappelle du mot qu’elle avait prononcé, juste avant sa chute.
Le mot se matérialisa, à nouveau, dans son esprit.
Un mot dans une langue qu’elle n’aurait jamais dû connaître…
Un mot qui, à présent, de toute évidence, recelait un pouvoir magique, alors même qu’elle n’était nullement magicienne.
Enfin, jusqu’à ce qu’elle prononce ce mot, dont la traduction littérale en langue elfe aurait pu signifier protection…ou encore abri.
 

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CHAPITRE 9 :
Le soleil montra ses premiers rayons de la journée, éclairant et réchauffant ce petit coin de Varisie.

Gnaxlal était toujours plongé dans ses pensées, de plus en plus confuses.

Elannah venait de s’éveiller. Elle s’étira et lui demanda : “ Avez-vous bien dormi ? ”

Le drow ne décela aucun faux semblant dans cette voix. Elle ne pouvait pas ignorer qui il était. Ni d’ailleurs l’ensemble des membres de la petite troupe.
Tous, que ce soit Glingal, Aerendir, Vink’lar, Gourkok, Zéphyr ou Alvynia connaissait son identité. Pourtant, aucun n’avait attenté à sa vie. Il l’avait même aidé.

Il avait remarqué le regard insistant de cette Zéphyr. Elle avait dû comprendre qu’il avait retrouvé la mémoire.

Intérieurement, il se dit : “ Si j’avais été à leur place, leurs tombes fleuriraient cette plaine ”

De nouveau, un flot de pensées envahit son esprit. Il ferma les yeux en se frictionnant de ses doigts les tempes.

Elannah : “ Vous allez bien ? ”

Il rouvrit les yeux, pour constater la présence d’Elannah qui semblait s’inquiéter de son sort à lui. Elle devrait s’inquiéter du sien se dit-il ! ! ! Je suis son ennemi, et elle me parle comme à un ami…

L’esprit de Gnaxlal perdait pied. Sa nature même était en contradiction avec tous ses actes de ces derniers jours. Comment avait-il pu être ainsi… aussi à l’opposé de sa nature. Cela le bouleversait. Et que dire des sentiments qui avaient resurgit de son passé pour cette Nyavenne… En fait, pour Elannah qui en était le portrait craché…Voire la réincarnation. Et celle-ci se trouvait à un mètre de sa personne.

Il vit Elannah se précipitait sur lui… Puis plus rien.


Aerendir venait d’accourir en apercevant le drow s’écrouler. : “ Que s’est il passé ? ”

Elannah : “ Je ne sais pas… Il me regardait… Puis a fermé les yeux en se massant les tempes. Les a ré-ouvert… Et s’est écroulé… ”

Alvynia arriva à son tour, Vink’lar sur ses talons.

Le nain s’était approché sans remarquer que Zéphyr le suivait de près.

Lorsqu’il se retourna pour voir si Gourkok était dans le coin, il tomba nez à nez sur Zéphyr et eut un mouvement de recul : “ Vous savez que je déteste quand vous faites cela ! ! ! ”

Zéphyr : “ Si vous étiez plus attentif, cela ne se produirait plus… ”

Vink’lar : “ Mais j’étais… ” Il s’interrompit, comprenant que la remarque ferait se moquer de lui la jeune dragonne. “ Je n’ai pas l’habitude d’avoir un dragon qui me suit à la trace… Surtout légère comme une plume… ”

La remarque fit sourire Zéphyr : “ Vous devriez me parler plus souvent le matin de bonne heure. Vous êtes moins méchant. ”
Et rendre méditatif le nain.

Après avoir ausculté le drow, Aerendir se releva : “ Il va bien. Il s’est… évanoui. Il ne devrait pas tarder à reprendre conscience.”

Alvynia et Elannah, presque en chœur : “ Mais pour quelle raison ? ”

C’est Zéphyr qui leur apporta la réponse : “ Parce qu’il vient de se rappeler qui il est, et avec qui il est ! ! ! ”

Tous les regards convergèrent vers la jeune dragonne.

Vinkl’ar : “ Plaît-il ? ”

Zéphyr : “ La réponse n’était-elle pas limpide ? ”

Alvynia : “ Et comment es-tu parvenue à cette conclusion ? ”

Zéphyr : “ En observant Gnaxlal au cours de cette nuit. Il est passé par tous les états depuis le milieu de la nuit. ”

Elannah : “ Que veux-tu dire par là ? ”

Zéphyr : “ Que comparer ce qu’il était avant d’être avec nous, et ce qu’il a pu faire depuis, l’a plongé dans un abîme de conscience dont il ne soupçonnait pas l’existence. ”

Avant que la phrase ne s’achève, Gnaxlal revint à lui en se tenant la tête d’une main. Il ouvrit les yeux, et constata que tout le monde, ou presque, était à son chevet.

Gnaxlal : “Que… Que se passe t il ? ”

Zéphyr : “ Nous étions en train de disserter sur le fait que vous aviez retrouvé la mémoire... ”



Hangbar avait décidé de rester avec les éclaireurs. Pour une raison inconsciente, il redoutait le moment de se retrouver face à cette Reine des Elfes. Mentalement, il se remémora les formes voluptueuses de la jeune elfe, qui ne l’était pas vraiment au regard de son âge, d’ailleurs.
Pourtant, de part son apparence physique, il considérait qu’elle aurait eu à peu près le même âge que lui-même, si elle avait été humaine…

Construire des embarcations avait pris un certain temps. Néanmoins, tous ceux dévolus à cette tâche avaient été très efficace.
A présent, l’armée elfe avait traversé la Crâne, et n’avait rencontré aucun géant, jusqu’à présent…

Hangbar contemplait ce qui avait été un petit village humain, Le bac de la Tortue.

De sa position, il avait dénombré au moins une dizaine de géants. Nul doute qu’ils soient descendus directement de la Montagne Crochue distante d’à peine une trentaine de kilomètres.
Cette montagne était réputée à travers toute la Varisie pour abriter une tribu de géants.

Le général Tinüviel avait exprimé ses craintes en évoquant la possibilité que cette tribu se montre agressive envers eux.

Il semblerait qu’elle ait été dans le vrai.

A ses côtés, un éclaireur elfe scrutait les abords de la Tortue. Son nom était court : Ianen.

Compte tenu de tous les noms compliqués portés par la majorité des elfes de l’armée en marche, Hangbar était ravi que celui qui l’accompagnait eut un nom aussi simple.

Hangbar s’adressa à lui d’une voix basse : “Leur comportement m’apparaît un peu singulier… ”

Ianen : “ Ton sens de l’observation s’améliore… ”

Hangbar : “ J’ai de bons professeurs… ”

Ils étaient cinq éclaireurs, dont Hangbar et Ianen.

Les autres avaient pris position pour observer au mieux la zone et dénombrer les ennemis potentiels.

Hangbar : “ Ce n’est pas un raid pour piller comme les Géants en ont l’habitude. ”

Ianen : “ Tout à fait. Et qu’est ce qui te fait dire cela ? ”

Hangbar : “ Les trois géants qui sont en train de patauger de l’autre côté de la Tortue, et qui mettent en pièces le bac qui permettrait de traverser la rivière… ”

Ianen : “ Exact… Et je préciserais que les géants ne sont pas connus pour leur prédisposition à prendre des bains. Les trois géants que tu as vu ont dû traverser à la nage. Parmi ce peuple, ils ne sont pas nombreux à savoir le faire…Enfin jusqu’à présent. Les temps changent… Les habitudes aussi… ”

Hangbar : “ Et que proposes-tu de faire ”

Ianen : “ Si les trois géants retraversent, nous leur apprendront la brasse coulée…Je suis sûr qu’ils apprécieront, avant de mourir… ”

Hangbar : “ Et pour les autres… ”

Ianen : “ Myraenne est repartie vers notre armée pour les informer de la situation. Un contingent d’archers devrait nous rejoindre bientôt. Nous les éliminerons alors. ”

Hangbar : “ Voilà un plan qui me convient… ”

Ianen : “ Petite question de curiosité… Combien de géants as tu dénombré de ce côté de la rive ? ”

Hangbar : “ Dix…Peut être onze… ”

Ianen : “ Tu as encore des progrès à faire, alors…

Hangbar : “ Pourquoi ? Combien en as tu repéré ? ”

Ianen : “ Quinze… ”

Hangbar : “ Quinze ! ! ! Mais ils se planquent où ceux qui m’ont échappé ? ”

Ianen : “ Dans l’eau… Regardes les roseaux à vingt mètres du rivage à l’Est… Si tu observes bien, tu verras qu’ils bougent beaucoup plus que le vent… ”

Hangbar : “ Mais… Il n’y a pas de vent ! ! ! ”

Ianen : “ J’ai donc totalement raison… ”



Farbround ne savait pas comment agir. Il pensait avoir pris une certaine avance sur Loz, et celle-ci avait fondu comme neige au soleil à une vitesse qu’il n’aurait pas pu imaginer.

En plus, il y avait désormais ce vieil homme sorti de nulle part…


De son côté, la situation perturbait Loz. Qui était ce vieil homme qui répondait sans réellement répondre.

Loz décida de s’adresser à lui : “ Ecoutez vieil homme, il vaut mieux pour vous que vous repartiez d’où vous êtes venu. Farbround et moi-même avons à régler un petit… différend. ”

Farbround adressa un regard de haine à Loz : “ Finalement, votre mort se produira plus tôt que je n’aurais pu l’espérer… ”

Loz toisa de sa hauteur le gnome: “ Je conçois que vous soyez en colère de savoir que vous ne verrez pas le soleil se coucher ce soir… Je n’aurais pas recours à la magie. Je prendrais votre vie avec ma dague. Vous savez, celle que vous tenez… Je déteste que quelqu’un me subtilise mon arme…surtout sans me le demander. ”

Farbround : “ Venez donc la chercher… Elle éprouvera un immense plaisir à se planter dans le cœur de son propriétaire… ”

Loz se mit à son tour en garde, à mains nues : “ Approches gnome… Je t’attends... ”

Pyréas : “ Regardez moi ces deux gamins… Une dispute aussi puérile que futile… ”

La remarque perturba la concentration du gnome et du shoanti, qui regardèrent tous les deux le vieil homme.

Ce fut Farbround qui parla le premier : “ Vous devriez écouter Loz, Vieil Homme… Cela vous permettra d’avoir la vie sauve. Je ne suis pas certain de pouvoir lui faire pousser son dernier soupir… ”

Pyréas : “ Si l’un de vous était capable d’être une menace pour moi, je ne me tiendrais pas aussi sereinement aux côtés de vous deux… ”

Cette fois-ci, ce fut Loz qui tiqua : “ Votre inconscience doit être dû à votre ignorance ! ! ! Vous ne savez pas qui se tient devant vous ! ! ! ”
Pyréas : “ N’hésitez pas à compléter mes connaissances, le cas échéant, mais ne seriez-vous pas Loz, fils de Karmeniase, Prince des tribus réunies des shoantis, désirant être le futur roi d’une seule et unique nation shoanti.
J’oubliais aussi : Héritier de l’antique magie de Golarion, précédant, et de loin, celle de l’empire du thassilon qui régna sur cette partie du Monde, avant le grand Cataclysme…
Accessoirement, allié, d’une certaine manière, de la Créature qui a fait des ténèbres et de la haine son royaume …

A l’air ébahi de Loz, Farbround comprit que ce vieil homme n’était pas si fou que cela, finalement…

Loz : “ Mais… Mais… Qui êtes-vous donc, à la fin ? Comment savez vous autant de chose sur moi ?”

Pyréas tendit la main vers Loz : “ Oh… Quel vieux gâteux je fais ! ! ! Je vous prie de pardonner cet oubli. Je me nomme Pyréas… Enchanté de faire votre connaissance Loz… ”

Loz et Pyréas se serrèrent la main. Farbround était stupéfait par la scène surréaliste qui se jouait devant lui.

Pyréas : “ Bien… Maintenant que les présentations sont faites, Nous allons devoir prendre congés, si vous le permettez. ”

Loz stupéfait : “ Qui ça, nous ? ”

Pyréas : “ Farbround et moi-même, voyons ! ! ! ”

Loz : “ Mais… Enfin… Que se passe t il ici ? Je vous signale que nous allions nous battre en duel ! ! ! ”

Pyréas : “ Certes… Certes… Des ennemis pourrait effectivement le faire, mais des amis, j’en doute ! ! ! ”

Farbround haussant le ton : “ Mais quels amis ! ! ! ? ? ? ”

Loz, en plein accord : “ Tout à fait ! ! ! J’ai envie de l’étriper à mains nues, rien qu’en le regardant ! ! !

Farbround : “ Et moi, je ne peux pas blairer sa face de buriné ! ! ! ”

Loz, : “ Et moi sa face de Gnome rachitique ! ! ! ”

Pyréas : “ Je comprends que dans une amitié, il y ait des moments de légère tension. ”

Farbround : “ Légère tension ! ! ! ? ? ? ”

Loz, : “ J’hallucine ! ! ! ”

Pyréas : “ Et bien disons que vous reprendrez où vous vous en êtes arrêtés la prochaine fois. ”

Loz, : “ Comment ca, la prochaine fois ? ”

Pyréas : “ Dés mon départ, je pense qu’en vous concentrant un peu, vous réaliserez qui vous êtes vraiment, quel est le destin qui vous attends, et le camps que vous devez choisir dans la guerre qui va se déclencher sous peu… ”

Loz : “ Pardon ? ”

D’un mot, Pyréas créa un portail , et à l’adresse du Gnome : “ Je vous en prie Farbround, après vous. Vos amis doivent être impatients de vous retrouver… ”

Loz fut étonné par ce que ce vieil homme venait de réaliser: “ Vous… Vous ne pouvez décemment me laisser dans l’inconnu à ce point. Et en plus vous emmenez mon prisonnier ! ! ! ”

Pyréas : “ Je ne crois pas qu’il soit très opportun que vous soyez l’allié de ceux qui complotent à la destruction du monde de Golarion alors que vous en êtes l’un de ses gardiens. Ne trouvez-vous pas ? A moins que vous ne manquiez singulièrement de discernement… ”

Loz : “ Que racontez vous ? ? ? ”

Pyréas : “ Vous vous êtes assigné une mission ! ! ! Il y a plusieurs routes pour parvenir à un même résultat. Il vous suffit de bien la choisir. ”

Loz : “ Je suis le prince des tribus shoantis. Je récupérerais ce qui leur a été volé en exterminant ceux qui ont été les instigateur de cette spoliation ! ! ! ”

Farbround franchit le portail pendant que Loz était visiblement accaparé par sa conversation…

Pyréas : “ Libre à vous de choisir cet objectif. Mais les voies pour l’atteindre peuvent receler de nombreux pièges… Sachez cependant que jamais dans l’histoire de Golarion, je n’ai vu des ossements, fussent-ils très nombreux, réussir à réaliser ce que vous projetez de faire… A raison d’ailleurs… Comment un peuple sur le point de disparaître pourrait-il y parvenir ? ”

Loz : “ Mais… Les shoantis sont encore un peuple fort et puissant ! ! ! Ils n’ont pas encore disparu ! ! ! Et j’escompte bien qu’il n’en soit jamais le cas ! ! ! ”

Pyréas : “ Pas encore ! ! ! Pensez-vous vraiment que la Créature n’ait pas ce dessein… à très court terme… Bon c’est pas tout çà, mais je dois y aller. A très bientôt Loz. On se retrouvera à Kaer Maga.”

Le vieil homme franchit le portail qui se dissipa dans la seconde, laissant un Loz stupéfait par ce qu’il venait de vivre, et pensif : “ Kaer Maga ? ? ? Mais qu’irais-je faire dans ce lieu de débauche et de corruption ? Je rêve… Non, c’est un cauchemar… ”



Le ton de cette gamine était sans équivoque, mais sans haine non plus. Gnaxlal ne savait pas quoi répondre. Il opta pour affronter le problème de front : “Oh. Bien. Maintenant que le décor est planté, comment vous proposez-vous de régler ce problème ? ”

Zéphyr : “ Il y a bien votre mort qui le réglerait. Mais je conçois que vous puissiez être en désaccord avec cette éventualité. ”

Décidément, le pragmatisme de la gamine étonnait Gnaxlal. Il sentait qu’elle était particulière. Ni elfe, ni humaine. Il ne parvenait pas à déterminer sa nature exacte. La seule chose dont il était certain, c’est qu’elle était redoutable en combat singulier : “ Dans la mesure du possible, j’aimerais éviter cette option. ”

Alvynia : “ Vous admettrez qu’il n’est pas courant d’avoir notre ennemi face à soi, et dans les circonstances que nous avons connues. ”

Gnaxlal : “ Je suis d’accord avec vous. Les événements que nous avons vécus ensemble contrarient grandement le jugement qui aurait pu être le mien avant que je ne vous rencontre. ”

Zéphyr : “ En d’autres termes, à circonstances identiques, et en inversant les données du problème, vous n’auriez jamais eu la compassion dont nous avons fait preuve à votre égard, pour nous. ”

Gnaxlal se dit que cette gamine ne tournait pas autour du pot pour asséner une évidence. Il prit le parti d’en faire de même : “ Vos propos reflètent tout à fait ce que je pense. Ou plutôt ce que je pensais avant de vous côtoyer… ”

Glingal venait de rejoindre tout ce petit monde, et décida d’intervenir sur un ton fortement désagréable: “ Votre mission aurait elle évolué à notre contact ? Ou suis-je toujours votre cible ?”

Gnaxlal : “ Il m’est difficile de contester que vous n’êtes pas ma cible. Sur l’instant, je dirais simplement que mes priorités ont changé. Je fais face à un conflit d’intérêts divergents… ”

Vink’lar : “ En traduction, ca donne quoi ? ”

Gnaxlal : “ J’ai été votre ennemi. J’ai agi en tant que tel. Mais ces derniers jours, mes actes, et mes pensées vont totalement à contrario de ce que le passé a pu me conduire à faire. Je suis dans l’inconnu… ”

Glingal : “ Je suis ravie d’apprendre que je peux encore compter sur vous pour écourter mon existence. ”

Gnaxlal qui était resté assis jusque là, se releva. Autour de lui, les visages se crispèrent et tout en se relevant, il poursuivit : “ N’ayez crainte, je ne vais pas me lancer dans un assaut désespéré pour vous échapper. Quant à répondre à votre question Glingal, je ne suis pas celui qui veut que votre existence s’achève. Je ne suis que le bras armé de cette personne.

Aerendir : “ Nous savons que vous n’êtes que le pion d’une puissance supérieure. Vous vous amenderiez en nous dévoilant qui peut elle être. ”

Gnaxlal : “ Voilà qui va être difficile. Que vous me croyez ou non, mes rapports avec cette puissance se sont limités à des contacts, certes nombreux, à l’aide d’une sphère de communication. Pas plus. ”

Alvynia : “ Peut être pourriez-vous nous dire les plans de cette puissance, et m’indiquer si Faërendel, le fils de notre Reine, n’a pas été la victime de votre barbarie ? ”

Gnaxlal : “ Je ne peux vous dévoiler que ce qui m’est connu. Afin de vous satisfaire, ma mission secondaire était de capturer Glingal, et de la mener dans un endroit qui m’aurait été indiqué au moment de sa capture. Quant à Faerendel, …”

Il fut interrompu, et pour la première fois, tous les membres de la petite troupes constatèrent que Glingal semblait perdre sa patience, et s’énervait vertement: “ Et l’élimination du détachement elfe au Monastère, ainsi que la destruction de celui-ci… Cela faisait partie de la mission également ? ”

Gnaxlal : “ Il s’agissait de victimes collatérales dans la mission principale, détruire l’armée naine à la forteresse de Stanz, puis faire route vers Janderhoff pour assiéger et prendre la ville naine. ”

Alvynia : “ Et Faërendel ? ”

Gnaxlal : “ Je ne sais comment vous apprendre… ”

Cette fois-ci ce fut Alvynia qui le coupa : “ Vous l’avez assassiné, lui et son armée ! ! ! ? ? ? ”

Gnaxlal : “ Son armée a été effectivement détruite… ”

Alvynia s’énerva à son tour : “ Vous êtes UN MONSTRE ! ! ! ! UN ODIEUX PERSONNAGE ! ! ! ”

Gnaxlal poursuivit d’un ton froid et sans émotion : “ Je ne peut contester ce que j’ai été, et ce que je suis peut être encore… Mais même s’il m’est difficile d’affirmer être totalement innocent dans l’élimination de cette armée, je ne peux en revendiquer la responsabilité pleine et entière ! ! ! ”

Ce ton agaça profondément Alvynia. Maintenant qu’elle avait porté le calice de la connaissance à sa bouche, elle devait le boire jusqu’à la lie : “ Précisez ce que vous voulez dire ! ! ! ”

Aerendir, la voix empreinte d’émotion : “ Alvynia… Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose… ”

Elannah dévisageait le drow. Elle étudiait chaque trait de son visage, chaque mot qu’il exprimait pour déceler la vérité du mensonge.

Zéphyr écoutait, impassible.


Alvynia : “ Il faut aller au bout des choses, Aerendir… Alors Gnaxlal, DITES MOI TOUT ! ! ! ”

Gnaxlal : “ J’ai ordonné que les Basilics, qui m’ont été envoyés par celui ou celle qui me parle au travers des sphères de communication, attaquent l’armée commandée par ce sombre crétin de Faërendel. ”

La voix d’Alvynia monta dans les aigus : “ Pourquoi insultez-vous ainsi sa mémoire ! ! ! Il a été un valeureux adversaire contre ces monstres que vous lui avez envoyé ! ! ! J’en suis certaine ! ! ! ”

A son tour, Gnaxlal sentit que ses émotions prenaient de nouveau le pas sur son calme habituel, le ton de sa réponse fut cinglant : “ Encore aurait-il fallu que ces monstres soient ses ennemis pour qu’il en soit ainsi ! ! ! ”

Le ton employé par le drow et la réponse désarçonnèrent Alvynia : “ Que… Que voulez vous dire ? ”
Quant à Aerendir, Glingal, Zéphyr et Elannah, ils venaient d’interpréter la réponse de Gnaxlal, et comprendre la sinistre vérité.

Gnaxlal poursuivit sans modifier son ton : “ IL a pris personnellement le commandement des Basilics après avoir mené son armée dans le piège qu’IL lui avait destiné ! ! ! Aucun elfe n’a survécu à l’embuscade qu’IL avait concocté sans qu’on lui tienne la main. A l’heure actuelle, IL doit siroter une de ses boissons chaudes puantes à proximité des remparts de Janderhoff et attendre impatiemment de torturer tous les nains qui survivront à l’assaut des troupes qu’Algrion commande. ”

Alvynia devint blanche comme un linge, et s’affaissa sur la première pierre à portée de ses fesses. Elle se tenait la tête à deux mains.

Comprenant le choc et la tristesse qu’il venait de causer à la magicienne elfe, Gnaxlal ajouta : “ Je m’excuse pour cette franchise. Il semblerait que la guerre qui s’annonce ne provoque des changements aussi radicaux que surprenants… ”

Zéphyr : “ Vous en êtes un exemple criant. ”

Vink’lar était consterné : “ La forteresse de Stanz a été détruite ? ”

Gnaxlal : “ Comment vouliez-vous qu’il en soit autrement ? Une armée de crost, Algrion, moi-même et un dragon noir. ”

Zéphyr : “ Quel était le nom de ce dragon noir ? ”

Gnaxlal : “ Il se nommait Yarjack…Mais il est mort à l’heure qu’il est. Il n’a pas survécu à une attaque magique d’un magicien nain qui s’est sacrifié dans ce but. ”

A son tour, Aerendir, questionna le drow : “ N’était-ce pas le grand maître Grohar ? ”

Gnaxlal : “ A regret, je ne saurais vous le dire. ”

Elannah intervint : “ Et que comptez-vous faire à présent ? ”

Gnaxlal regarda attentivement la jeune demie-elfe, dont les yeux exprimait une peine immense : “ Il ne m’appartient pas d’en décider. Mon sort est entre vos mains à tous. Quelques soient mes états d’âme ! ! ! ”

Aerendir : “ Vous avez fait beaucoup de mal ! ! ! Vous êtes une pièce maîtresse dans la stratégie de l’ennemi… ”

Gnaxlal le coupa : “ Je ne peux être d’accord avec vous. Même s’il peut vous paraître que je cherche à me défendre, il est un fait incontestable. Je ne suis qu’un pion parmi tant d’autres pour celui ou celle qui se cache derrière tout cela. Et je peux vous assurer que le nombre de ses pions est conséquent ! ! !
Les géants du plateau de Storval, ainsi que les orcs qui y vivent font route vers Janderhoff pour rallier mon ancienne armée. Je suis convaincu qu’après la mort de Yarjack, un nouveau dragon noir rejoindra Algrion.
Les ressources dont IL ou ELLE dispose sont significatives. Je le regrette autant que vous mêmes, dans un certain sens, mais JE ne suis pas une pièce maîtresse dans la stratégie de VOTRE ennemi. ”

Un silence lourd s’abattit après cette tirade du drow.
Alvynia l’observa, les yeux rougis d’émotion.
Aerendir était pétrifié d’avoir appris ce qui les attendait. En effet, si les géants descendaient de leur plateau, ils ne pouvaient emprunter qu’une seule route, la plus simple et rapide. Ils passeraient par KAER MAGA.



Finalement, convaincre les représentantes des différentes factions drows s’était révélé plutôt aisé.

L’armée drow était donc en plein préparatifs pour ce qui serait la première grande bataille de cette guerre pour la conquête de la Varisie, puis de tout Golarion.

Il avait été convenu que la créature créerait un portail pour permettre le passage de ses troupes drow de la forêt de santos pour les mener directement à Celwynvian.
La manœuvre avait pour objectif de prendre en étau l’armée Elfe entre les drows qui se déverseraient de la balafre de Mormegil, et ceux qui franchiraient le portail magique de la créature.

Il devint évident pour la créature que les shoantis devraient rester en arrière. Elle était parvenue à neutraliser une force non négligeable de Golarion en promettant à ce Loz, tout ce qu’il désirait…
Le moment approchait où tous les shoantis devraient être exterminés ! ! !

Un de ses conseillers rejoignit la créature. Elle fut informée que ses avant-postes avaient repéré une troupe elfe. Celle-ci franchissait la Crâne en ce moment même. Selon toute vraisemblance, cette armée se rendait à Kaer Maga.
Une idée lumineuse germa dans l’esprit de la Créature. Envoyez les shoantis vers cette cité humaine.

De la sorte, les shoantis et les elfes s’affaibliraient mutuellement. Les géants et les orcs écraseraient les survivants, qui qu’ils soient, et poursuivraient vers Janderhoff ! ! !

La Créature à son conseiller : “ Que ce Loz vienne me voir. IMMEDIATEMENT ! ! ! ”


Loz était absorbé dans ses pensées en retournant vers le campement.

Les bouleversements de ces derniers jours commençaient à s’accumuler… Un peu trop en fait…

A aucun moment, il ne lui était venu à l’esprit de vaporiser ce vieil homme.

Il n’y a pas si longtemps, en fait moins d’une semaine, il l’aurait réduit en poussière, sans aucun état d’âme…
Pour ensuite, s’occuper de ce Farbround…qui aurait passé un sale moment avant de disparaître de la surface de Golarion.

Or, force était de constater qu’il n’en avait rien était. Bien au contraire…

Loz était en train de ressasser chaque parole de ce Pyréas.

Comment ce vieil homme pouvait-il en connaître autant à son sujet ? Il n’était pas shoantis ! ! ! Seule sa mère était en mesure de connaître tout ce que ce Pyréas avait pu dire.
Et pourquoi l’avait il qualifié de gardien de Golarion ? Un de ces gardiens pour être plus précis…

A nouveau, un flot de pensée envahit son esprit, à propos d’Elannah, et de tous les amis de cette jeune demie-elfe, y comprit Farbround.

Puis ce fut au tour de tous les sentiments qu’il avait pu éprouver au cours des derniers jours. Il pensait être totalement insensible à ceux-ci. Il les considérait, jusqu’alors, aussi inutiles qu’encombrants.

Il repensa à Elannah… Puis à Farbround… Il avait ressentit une excitation immense à l’idée de pourchasser le gnome. Il l’avait retrouvé, et ce Pyréas le lui avait subtilisé.
Il aurait dû être en rage que ce Farbround lui ait échappé. Il l’aurait été, une semaine auparavant…
Mais ce ne fut pas le cas. Encore…

Il ne comprenait pas.

Mais que lui arrivait-il ? “ Il faut que je me reprenne ! ! ! Je suis en plein cauchemar ! ! ! ”

Et pourquoi ce vieil homme lui avait-il affirmé que le peuple shoantis courait à sa perte…en demeurant aux côtés de la Créature. Comment pouvait-il le savoir ? Personne ne connaît l’avenir ! ! ! Personne ! ! !

Un bruit attira son attention. Il venait de sortir de la forêt. Son regard fut attiré par un personnage en robe sombre, un des conseillers drow de la Créature. Il se dit à lui-même : “ Allons bon… Je sens que je ne vais guère apprécier.”

Il était clair qu’il était la personne que ce conseiller recherchait. Loz marcha à sa rencontre.

Le conseiller : “ Messire Loz, La Créature vous réclame. Elle veut vous parler sur le champs ! ! ! ”

Loz poursuivit sur son élan sans s’arrêter, obligeant le conseiller à lui emboîter le pas.

Loz : “ Qu’y a t -il ? ”

Le conseiller : “ La Créature sera à même de vous le dire. ”

Loz : “ Donnez-moi un indice, au moins… ”

Le conseiller : “ Il est question de Kaer Maga… ”

Loz s’arrêta et se pétrifia: “ Qu’avez-vous dit ? ”

Le conseiller : “ Que ca concernait Kaer Maga. ”

Dans son esprit, ce fut comme si une cloison venait de s’effondrer, révélant un contenu auquel il n’avait pu accéder jusqu’alors.

Le conseiller : “ Vous allez bien, messire Loz ? Vous semblez… troublé. ”

Loz : “ Rien qui ne vaille la peine de s’y attarder… Dites à la créature que j’arrive sur le champs. Juste le temps pour moi de faire un passage par ma tente… Pour me recoiffer… ”

Le conseiller, s’étonna. Et se dit pour lui-même : “ Leur monde est en train de s’effondrer, et ces pitoyables créatures ne songent qu’à leur apparence… ” puis pour Loz : “ Il en sera fait selon vos désirs Messire Loz. ”

Puis le conseiller reprit le chemin qu’il avait emprunté.

Dans sa tente, Loz s’assit.
Son page personnel pénétra dans la tente “ Vous faut-il quoi que ce soit, Mon Prince ? ”

Loz : “ Fait mander ma mère. Qu’elle vienne au plus vite. J’escompte qu’elle soit là dés mon retour de mon entrevue avec la Créature. ”

Le Page : “ Bien, Mon Prince ! ! ! ”
Et celui-ci déguerpit aussi vite qu’il était venu.

Loz demeura seul dans la tente, avec ses pensées, et ses nouvelles informations.

Il venait de réaliser qu’Elannah était elle aussi un des gardiens de Golarion. Il pensait avoir activé les pouvoirs de l’ancienne magie chez elle, par pur hasard, en utilisant un mot de pouvoir dont il n’avait jamais fait usage.
En fait, d’une certaine manière, ce n’était pas totalement faux. Mais c’était surtout sa présence auprès d’Elannah qui avait contribué à cette activation.
En la sauvant d’une mort certaine, il avait permis qu’Elannah puisse prendre conscience de ses pouvoirs, et devenir une gardienne de Golarion.

En se concentrant, il ressentit sa présence. Elle était à proximité… de Kaer Maga.

Un sourire naquit sur ses lèvres. Le destin avait vraiment un drôle de sens de l’humour parfois.
Elle l’avait sauvé sans savoir qui il était… Il l’avait sauvé, sans savoir qui elle était.
Peut être savait-elle à présent ce qu’il savait, ou non.

Il se concentra à nouveau. Il tenta de localiser ce Pyréas, et n’y parvint pas. Pour lui-même : “ Ce vieil homme est plein de ressources, également… Il nous en faudra pour ce qui nous attends… ”

Son esprit se focalisa sur le Kyonin… Un autre des gardiens s’y trouvait…non loin de Iaddara…Une femme.

Puis, à la limite de sa perception, il devina la présence de deux autres gardiens.

L’un, non loin de la Crâne.
L’autre… A proximité de… Elannah. Pourquoi ne l’avait-il pas repéré en même temps que la jeune demie-elfe ?
Ce pouvait-il qu’il s’agisse de ce Pyréas ?
Il abandonna cette idée. Trop faible. Pour le moment… Ce n’était pas un des compagnons d’Elannah… Il en était certain… Mais alors qui ?

Cela faisait cinq… six en comptant Pyréas…

Combien étaient-ils ?

Toujours concentré, son esprit vola au-delà de la mer intérieure… vers l’océan d’Obari, Au-delà de l’Ile de Jalmeray…
Il remercia intérieurement sa mère de lui avoir enseigné aussi précisément la géographie d’une grande partie de Golarion… Cela lui permettait de se représenter mentalement une carte de Golarion…
Qui qu’il ou elle soit, il volait… Rapidement… Très rapidement… L’aura qu’il ou elle dégageait était impressionnante, fulminante même, d’une certaine manière…Il n’y avait pas beaucoup de créatures sur cette planète en mesure de voler à cette vitesse. Il était donc assez facile de deviner ce qu’il ou elle était. Un dragon… Et en colère, visiblement…

Loz pour lui-même : “ La rencontre promet d’être chaude… ”

Il pressentit qu’il y en avait d’autres, mais fut incapable de les localiser.

Le shoantis se leva. Il fallait aller voir la Créature…

En sortant, il donna des ordres à plusieurs de ses lieutenants à proximité, ainsi qu’à ceux qu’il rencontrait en chemin. Le peuple shoantis allait faire mouvement… Le destin en avait décidé ainsi, semble-t-il…



Comme Ianen lui avait dit, Myraenne ne fut pas longue à revenir avec une centaine de ses compatriotes.

Le détachement elfe se positionna, et attendit…

Hangbar observait attentivement les roseaux, et se dit à lui-même : “ Je ne sais pas ce qu’ils attendent… Ils risquent guère d’apprécier… ”

Ianen sortit Hangbar de ses rêveries : “ Nous allons y aller… ”

Hangbar : “ Tout le monde est en place ? ”

Ianen : “ A ton avis ? ”

Hangbar : “ Pure question rhétorique… ”

Ianen : “ Ah… Au fait… Myraenne a un message pour toi. De la part de notre Reine… ”

Hangbar appréhenda le contenu du message : “ Formidable… ”

Ianen : “ Comme tu dis… ” Et l’elfe le planta sur place commençant à armer son arc avec une des flèches de son carquois.

Hangbar ne tarda pas à le suivre, et son regard fut attiré par l’écorce de l’un des arbres à proximité : “ Pas très joli le bois dans le coin… ”

Un petit groupe d’elfes était sorti de sous le couvert végétal. Ils venait de se dissimuler le long d’un des murs d’une maison du petit bourg. Ils étaient toujours dissimulés à la vue des géants présents.
Ces colosses de chairs et d’os ne semblaient même pas conscients de la menace qui planait sur eux… Ou peut être le feignaient-ils ?

Un groupe de cinq géants était sur la rive de la Tortue. Ils observaient leurs trois compatriotes de l’autre côté de la rivière. Ces derniers en avaient visiblement terminé avec le bac, désormais réduits en miettes…

L’un d’eux fit un signe de la main pour indiquer qu’ils allaient retraverser la Tortue. Le courant était fort.

A vue de nez, Hangbar estima à quelques cent mètres la largeur de la Tortue. A son point le plus profond, l’eau obligerait les géants à nager, malgré leur taille de trois mètres …
Les cinq individus sur la berge, que son regard pouvait détailler, un peu trop à son goût, du fait de sa position très rapprochée, l’impressionnait.
De vrais montagnes mobiles et dangereuses… Il préféra éviter de penser au cas où il tomberait nez à nez avec une de ces brutes durant l’affrontement.

Un gazouillis résonna dans la forêt. C’était le signal…

Une volée de flèches creva le sommet de la canopée des arbres, et décrivit un arc de cercle.

Hangbar ne remarqua pas, dans un premier temps, que deux volées de flèches, dont les destinations étaient différentes, s’étaient confondues en une seule.

La première s’abattit sur le groupe des cinq géants, la seconde sur ceux que l’eau avait transformé, pour quelques brasses, en nageurs.

Il n’y eu que quelques battements de bras, quelques cris étouffés, puis plus rien… Les nageurs visitaient désormais les profondeurs de la Tortue…

Ianen : “ Un bain pour trois et pour l’éternité… ” L’elfe sortit de sous le couvert de la forêt, Hangbar à ses côtés avec son épée à la main, et trois elfes armés de leurs arcs pour soutenir leur assaut…

Hangbar : “ Je croyais que nous devions passer par la berge ? ”

Ianen : “ Subtile changement de plan… ”

Hangbar : “ Ah… ”

Ianen : “ Si tu dois te servir de ton épée, vise leurs ligaments derrière le genoux… après avoir réussi à éviter leur gourdin… Bien entendu… ”

Hangbar, d’un ton sarcastique : “ Bien entendu… ”


Trois des cinq Géants de la berge s’effondrèrent… Une fois à terre, un de ceux là se traîna sur le sol pour essayer de se mettre à couvert derrière une des bâtisses du bourg. La mort le faucha avant qu’il y parvint…

Les deux géants survivants de cette averse de flèches, beuglèrent… Et foncèrent droit vers la première bâtisse à leur portée.

Du coin de l’œil, Hangbar remarqua que les géants dissimulés sous l’eau venaient d’émerger de leur séjour sous-marin. Mal leur en prit pour deux d’entre eux. Une nouvelle volée de flèches s’abattit, les foudroyant nets.
Les trois survivants coururent vers la première bâtisse à leur portée.

En quelques instants, la moitié des géants avait été éliminée. A présent que l’effet de surprise s’était évaporé, la seconde moitié ne serait pas aisée à éliminer.

Dans les rues du Bac de la Tortue, les combats s’engagèrent entre elfes et Géants…

Le groupe d’Hangbar avait pénétré dans le bourg. Il progressait lentement le long d’une des rues, pour se diriger vers la place principale.
Soudain, un Géant déboucha d’une ruelle à leur droite. Il fut aussi surpris que tous les membres du groupe d’Hangbar.
Le géant arma son bras pour balayer d’un coup de gourdin tout le groupe. Quatre flèches s’envolèrent et se fichèrent dans le corps du monstre, de la tête à son torse. Il s’écroula en tombant à la renverse.

Les elfes n’eurent pas le temps de réarmer leur arc qu’un second géant émergea de la ruelle et se précipita sur eux.

Le gourdin s’abattit sur l’un des elfes, qui fut transformé en masse sanguinolente… Hangbar évita d’un cheveux le gourdin qui remontait dans un large mouvement circulaire, et qui lui frôla la tête.

Ianen se jeta, l’épée au poing, sur le géant. Sa lame s’enfonça jusqu’à la garde dans la panse du géant. Malgré ses efforts, Ianen ne parvint pas à la retirer…

Bien que l’épée fut fichée dans son ventre, le géant ne fut troublé que quelques instants. Alors qu’avec son gourdin, il tentait d’écraser un second elfe…Il expédia Ianen à trois mètres d’une baffe monumentale en un revers de main…

Entre temps, Hangbar avait réussi à contourner le géant, et suivant à la lettre les conseils de Ianen, il usa de sa lame pour déchiqueter l’arrière des genoux du géant qui, en hurlant de douleur, s’écroula à terre.

Malgré toutes ses blessures, le Géant n’avait pas abdiqué pour autant. Il tenta de se relever… Jusqu’à ce que l’épée d’Hangbar ne tranche dans le vif, dans le cou du monstre, qui en perdit la tête, et la vie par la même occasion…

Respirant bruyamment après les efforts consentis, Hangbar aperçut le corps inanimé de son ami. Il se précipita sur Ianen, pendant que les deux autres elfes s’étaient mit en garde, prêts à expédier une flèche sur le premier géant venu…

Hangbar : “ Ianen ! ! ! ”. Il tâta le pouls de l’elfe qui était inconscient, mais pas mort… Il fut rassuré.

Un énorme hématome commençait à fleurir sur la joue gauche de l’Elfe.

Hangbar décida qu’il était préférable de s’installer à l’intérieur de la première maison venue. Il ne fallut que quelques instants pour qu’ils parviennent à s’y réfugier.
Hangbar allongea l’elfe dans un des coins de la pièce, pendant qu’un elfe vérifiait si l’endroit était sûr.

A l’extérieur, les bruits de combat et les beuglements de géant persistaient. Après quelques minutes, un silence de mort s’abattit sur le petit bourg.

Bitentôt, des sifflements et des gazouillis parvinrent aux oreilles d’Hangbar. Il reconnut un de ces signaux. Tous les géants avaient été neutralisés.
Hangbar expédia les deux elfes aux nouvelles.

Juste après, Ianen revint à lui en se tenant la tête : “ Ouah ” Se toucha la joue… “ Aie… ” Et regarda autour de lui “ Quelle force… ”

Hangbar : “ La sieste est finie ? As tu fait de beaux rêves ? ”

L’elfe s’assit en s’adossant au mur : “ Plutôt des cauchemars… Je constate que tu es vivant tout comme moi… Qu’en est-il ? ”

Hangbar : “ Il semblerait que les géants aient été éliminés. J’ai envoyé tes deux collègues pour en être certain. ”

Ianen : “ Ma joue me fait un mal de chien… Et j’ai au moins perdu trois dents dans l’affaire… ”

Hangbar : “ Ton sourire est toujours aussi irrésistible… Pour ce qui est de ta joue, elle a pris des couleurs qui mettront quelques temps à s’estomper, bourreaux des cœurs… ”

Ianen : “ Insinuerais-tu que mon charme naturel va en pâtir ? ”

Hangbar : “ Je suis certain que tes exploits compenseront ce désagrément… ”

Myraenne apparut dans l’encadrement de la porte, visiblement en colère : “ Il faut toujours que vous en fassiez qu’à votre tête tous les deux ! ! ! ”

Ianen : “ J’aurais bien suggéré aux géants de repartir d’où ils étaient venus, mais je doute qu’ils aient été d’accord… ”

Myraenne : “ Je ne parle pas de çà, gros bêta ! ! ! Foncez droit vers le milieu du village, il y a mieux comme stratégie…Vous deviez suivre la berge, juste après que les archers aient éliminés ceux qui se cachaient sous l’eau ! ! ! ”

Hangbar : “ Ils ont été aussi surpris que nous lorsque l’on s’est mutuellement vu ! ! ! La ligne droite est toujours le chemin le plus court… ”

Myraenne¸ le coupant d’un ton sec : “ …vers la mort ! ! ! Notre Reine sera informée de vos initiatives enfantines. ”
La jeune elfe quitta les lieux, foudroyant du regard Hangbar et Ianen.

Hangbar : “ Je crois qu’elle en pince pour toi… ”

Ianen : “ Ne parles pas de malheur… Je plains son futur époux… Quant à toi, je crois que ton entrevue avec notre Reine sera une vraie partie de plaisir ! ! !”

Hangbar : “ Merci de me le rappeler… ”



Loz pénétra dans la grande salle.

La créature était assise sur son trône. Son agacement était visible.

Loz avança et s’agenouilla : “ Votre Grandeur. ”

La créature : “ Mon attente a été un peu trop longue à mon goût… ”

Loz : “ Il m’a semblé plus convenable de me changer pour me présenter devant vous… ”

La créature : “ Comme si votre apparence pouvait m’intéresser… Ou être d’une quelconque utilité à mes yeux. ”

Loz : “ Je doute fort que vous m’ayez convoqué pour discourir de mes vêtements. ”

La créature : “ Ne me provoquez pas, prince des Shoantis… Mon humeur pourrait vous être fatale. ”

Loz se tut. Et attendit…

La créature : “ Voilà qui est beaucoup mieux… J’ai une mission pour vous et votre peuple. ”

Loz : “ Quelle est-elle ? ”

La créature : “ Nos avant-postes viennent de me rapporter qu’une armée Elfe fait actuellement mouvement près de la Crâne. Sans doute se rendent-ils à Kaer Maga pour tenter d’intercepter et détruire nos armées de géants et d’orcs qui descendent du plateau de Storval. ”

Loz : “ Voilà qui est plutôt présomptueux de leur part… ”

La créature : “Je ne vous le fais pas dire. Mais autant éliminer dans l’œuf cette pitoyable menace. ”

Loz : “ C’est à dire ? ”

La créature : “Je vais créer un portail pour que vous et les vôtres débarquiez non loin d’eux sur la rive de la Tortue où ils se trouvent. Là, vous tombez sur cette armée sur ses arrières et l’anéantirez ! ! ! ”

Loz : “ Si ma mémoire est exact, il y a là un bourg humain, Le bac de la Tortue, si je ne m’abuse… Ils traverseront sans trop de difficultés. Nous devons donc agir rapidement. ”

La créature : “C’est là que vous vous méprenez… Il y a quelques jours, j’avais ordonné au chef des géants de la tribu de La Montagne Crochue de détruire le bac, et tout le bourg. Cela retardera nettement cette armée d’elfes. Ils ne trouveront pas beaucoup de bois à proximité. Pas autant qu’ils le souhaiterait en tous cas…Ni de la meilleure qualité qui soit… ”

Loz : “ Avons-nous une estimation de la taille de cette armée ? ”

La créature : “Bien évidemment… C’est une information cruciale. Un petit millier, tout au plus… ”

Loz : “ Une bien piètre menace… ”

La créature : “Il ne faut jamais sous-estimer ces elfes… Une fois que vous les aurez éliminé, je vous laisse le choix de vos moyens pour traverser la Tortue. Puis ferez route vers Kaer Maga pour prendre en tenaille cette cité, et l’écraser avec l’aide des géants et des orcs qui vous auront rejoint… ”

Loz : “ Me permettez-vous de connaître la tâche que vous vous êtes assignés. Je trouve qu’il y a une bien grande agitation dans les souterrains drows. ”

La créature : “Elle est aussi facile à deviner… Nous allons écraser Celwynvian, et effacer de ce coin de Golarion la présence de ces elfes…Vous avez quarante huit heures pour préparer les vôtres. Au terme de ce délai, ils devront tous avoir franchi le portail! ! ! ”

Loz : “ Ce laps de temps me paraît bien long et permettre à l’armée elfe de franchir la Tortue ! ! ! Et si je puis me permettre, contrairement à ce que vous pensez, le bois abonde près de la Tortue… ”

La créature : “Le bois ? Oui tout à fait… Et en temps normal, je serais d’accord avec vous sur le fait que quarante huit heures peuvent paraître un temps suffisant pour que toute une armée puisse franchir la Tortue… ”

Loz : “ Mais ? ”

La créature : “Il se trouve que le bois qu’ils trouveront… risque de les… surprendre… ”
Celle-ci émit un son qui pouvait ressembler à un rire… Un rire qui glaça Loz…

La créature : “Vous pouvez vous retirer. La prochaine fois que nous nous reverrons, une partie de la Varisie sera nôtre, et les Elfes n’y seront plus présents…Votre peuple aura commencé à connaître la gloire, et figurera dans les livres d’histoire… ”

Après s’être relevée, la Créature se retira dans son petit local à l’arrière de la salle du trône.

La dernière remarque de la Créature avait fortement déplu à Loz. Son sens caché, en fait… Il repensa à ce Pyréas…Et à ce qu’il avait dit…

Le shoantis ne s’attarda pas dans la salle du trône et rallia sa tente au plus vite, où sa mère l’attendait…



Gourkok émit un signal. De sa position, il avait repéré du mouvement.

Près du feu, tout le monde se figea.

Aerendir : “ Allons bon, qu’est ce qui va encore nous tomber dessus. Zéphyr, pourriez-vous aller vérifier… sans vous commander… ”

Zéphyr : “ C’est pourtant ce que vous faites… ” La jeune dragonne quitta le petit groupe pour se diriger vers un lieu où elle pourrait apercevoir le demi-orc.

C’est au même moment qu’ Alvynia remarqua une brume qui commençait à monter : “ Ce n’est pas normal ! ! ! “ Elle cria “ Tout le monde sur ses gardes ”

Gnaxlal observa la brume qui prenait rapidement de l’ampleur : “ Ce n’est pas normal… en effet… ”

Glingal : “ Vous nous jouez un de vos sales tours ? ”

Gnaxlal dévisagea la prêtresse d’un regard à lui glacer le sang : “ Désolé de vous décevoir… Je suis innocent sur ce coup. En revanche… Je recommande que chacun se mette à couvert…”

Elannah ressentit un froid intense s’insinuer en elle : “ Il a raison… Je ressens une grande menace… ”

Aerendir : “ Comment çà ? ”

Elannah : “ Je vous expliquerai ! ! ! ”

Aerendir et Alvynia croisèrent leur regard.

La brume devint plus dense.
Bientôt, il fut difficile de pouvoir voir au-delà de deux mètres…

Aerendir : “ Il faut rester grouper ! ! ! ”

Alvynia : “ Trouvons un abris ! ! ! ”

Gnaxlal prit Elannah par le bras, la tirant en même temps qu’il avançait. Il buta sur Vink’lar qui essayait de voir à travers la brume.
Gnaxlal : “ Au lieu de tenter de voir se que vous ne pourrez voir, venez avec nous. Trouvons un endroit sûr ! ! ! ”

Tous les trois marchèrent quelques instants… Lorsqu’une détonation résonna, puis une lumière illumina la brume d’une couleur bleue… Tous les trois se mirent ventre à terre

Elannah : “ Que se passe-t-il ? ”

Gnaxlal : “ Si je le savais, ma chère, croyais bien que vous en seriez la première informée ! ! ! ”

Vink’lar : “ Vous devez le savoir ! ! ! Vous êtes magicien ! ! ! ”

Gnaxlal : “ Vous me faites trop d’honneur, messire nain… C’est de la magie, mais je ne suis pas devin ! ! ! ”
Elannah se concentra… Gnaxlal le remarqua : “ n’en faites pas trop… La dernière fois, vous êtes tombée inconsciente… ”

Vink’lar pressentant quelque chose : “ Mais de quoi vous parlez ? ”

Gnaxlal : “ C’est une longue histoire ! ! ! ”

Vink’lar : “ Je n’aime pas çà ! ! ! ”

Gnaxlal : “ Moi non plus… Nous sommes deux comme çà ! ! ! ”

La remarque eut le mérite de laisser sans voix le nain.


Non loin de là, Gourkok venait de se mettre à couvert.
Le rocher, derrière lequel il venait de s’abriter, avait encaissé l’attaque, qu’il devina être magique.

Gourkok, sur un ton colérique, et à destination de celui qui l’avait attaqué : “ Refait moi un peu çà, et je te garantis que tu pourras chercher tes bras un petit moment une fois que je te les aurais arraché ! ! ! ”

L’Inconnu : “ Voilà qui me fait sourire, Poussière ! ! ! Ca te sera difficile une fois que tu ne seras plus qu’un cadavre sur la lande ! ! ! ”

Un nouvelle attaque, plus puissante, frappa le rocher. Inconsciemment, Gourkok sut qu’il fallait qu’il plonge le plus loin possible du rocher.
Quelques secondes après, le rocher explosa en des milliers de petits cailloux…

Le demi-orc rampa dans l’herbe, énumérant les nombreuses blessures provoquées par l’explosion. Aucune de fatale, rien que des éraflures, mais ca n’allait certainement pas durer. Il perçut les pas de ce mage dans l’herbe. Il se rapprochait…

L’Inconnu : “ Alors… Vermisseau… On tente de se cacher dans l’herbe, à présent que ton rocher s’est volatilisé ! ! ! Un dernier Mot avant de mourir ? ”

Gnaxlal entendit ce mystérieux mage prononçait des mots… inconnu pour lui.

Alors qu’il se relevait aussi discrètement que possible, il fut promptement mis à terre par Zéphyr : “ Attention ! ! ! ”

Une explosion retentit à l’endroit où tous les deux s’étaient tenus une seconde auparavant ! ! !

Gnaxlal : “ Zéphyr ! ! ! Tu vas bien ?”

Zéphyr : “ Ai-je une tête de quelqu’un qui est mort ? ”

Gnaxlal : “ Euh… ”

L’Inconnu : “ Tiens… Une jeune dragonne… J’en ferais mon dessert, vermisseau… Après avoir éliminé tes amis… ”


Aerendir, Glingal et Alvynia perçurent la deuxième explosion. Ils étaient à quatre pattes en train de s’éloigner du lieu où avait retenti la première explosion ! ! !

Aerendir : “ Mais que se passe t il, à la fin ? Mes incantations semblent être totalement inutile… ”

Alvynia : “ Un magicien ! ! ! Très puissant ! ! ! Moi aussi, aucun de mes sorts ne semble vouloir avoir un quelconque effet… Retrouvons Garken et Bromard ! ! ! VITE ! ! ! ”

Glingal : “ Et Gnaxlal ! ! ! ? ? ? ”

Alvynia : “ Je crois qu’il ne faille modifier notre jugement… Même si cela ne fait pas plaisir, il semblerait que nous ayons à faire au premier drow capable de ressentir un soupçon d’humanité ! ! ! ”

Glingal, à moitié hystérique : “ Mais ! ! ! C’EST IMPOSSIBLE ! ! ! ”

Aerendir : “ le crois-tu vraiment ? ”

Glingal, indécise : “ Je… Je… Je ne sais pas ! ! ! ”

Alvynia : “ Les temps changent mon amie… Les personnes aussi… ”

Tous les trois marchaient toujours à quatre pattes, espérant retrouver les deux jumeaux.


Les deux jumeaux, justement, se dirigeaient vers les explosions… Ils avaient décidé de se mettre à l’écart avec Astian, sur un petit monticule, pour pouvoir apercevoir l’arrivée d’un ennemi alors qu’il était encore très loin…

Ils avaient vu un nuage de brume se constituer à une vitesse irréelle. Ils avaient tenté de le dissiper, en vain.

Ils avaient donc décidé d’y pénétrer…

Garken : “ C’est quoi cette purée de poix ! ! ! Et ces explosions ! ! ! ”

Bromard : “ Lorsque tu auras fini de poser des questions auxquelles je n’ai pas de réponses, on parviendra peut être à le savoir ! ! ! ”

Garken : “ Je n’aime pas avoir laissé Astian, seul, derrière nous ! ! ! ”

Bromard : “ Il est plus en sécurité là où il est que là où nous allons ! ! ! Surtout vu que nos pouvoirs semblent s’être éclipsés… ”

Les deux jumeaux continuèrent d’avancer.


A deux cent mètres du campement, un portail se matérialisa.
Farbround en sortit, son regard fut immédiatement attiré par un phénomène pour le moins surprenant : “ C’est quoi cette bulle de brume ?”

Ensuite il entendit une explosion. Le nuage de brume fut parcouru d’une lumière bleutée…
Puis, alors qu’il observait le phénomène sans comprendre ni où il était, ni ce à quoi il avait affaire, une seconde explosion, plus forte, retentit ! ! !

Pyréas sortit à son tour du portail, sans avoir remarqué le phénomène : “ Votre ami est un peu borné, mais il semble prendre la chose pas trop mal… ”

Farbround ne sut quoi dire. Pyréas remarqua enfin le nuage de brume. “ Hum… Des ennuis, visiblement… Vos amis viennent de faire une mauvaise rencontre ! ! ! Je ne m’y attendais pas… Bizarre…”


Elannah dessina mentalement un plan du secteur. Repéra les auras de chacun de ses amis, puis celle de la personne qui les attaquait… une femme ! ! !

La seconde explosion retentit, juste à côté de Gourkok et Zéphyr… qui venait de le sauver d’une mort certaine.

Puis, Elannah localisa la présence d’une grande puissance qui venait de se matérialiser à l’Ouest de sa position.

Gnaxlal : “ Il y a quelqu’un d’autre ! ! ! ”

Elannah fut surprise de cette intervention. Gnaxlal avait aussi repéré cette présence, bien qui lui sembla qu’elle puisse être la seule à pouvoir localiser ladite personne. Comment avait il fait ?

Vink’lar : “ Mais de qui vous parlez ! ! ! ? ? ? ”

Elannah se reconcentra, fixa son esprit sur un petit rocher à proximité de Gourkok, et prononça un mot…au moment où une nouvelle explosion retentissait.


Gourkok et Zéphyr roulèrent dans les bras l’un de l’autre profitant de la petite déclivité de la plaine à cet endroit.

L’inconnue prononça des parole forte, audible depuis leur position. L’herbe de la lande se mit à roussir à l’endroit où Gourkok et Zéphyr s’étaient tenus une seconde avant. Puis elle s’enflamma et explosa ! ! !

L’inconnue : “ Où croyez-vous descendre mes mignons ! ! ! Promis, vos cadavres resteront unis, même dans la mort ! ! ! Une fois que je me serais occupé de toi, Jeune Dragonne.”

Ne s’y attendant pas, un petit rocher percuta violemment le torse de l’inconnue, qui fut envoyée au tapis pour le compte. Elle s’assit dans l’herbe, surprise, se remettant du coup, et hurla : “ MISERABLES CREATURES ! ! ! Les ossements qui restera de vous ne seront pas assez nombreux pour savoir que vous étiez des créatures vivantes ! ! ! ”

Elle se releva… Tout son bras droit, ainsi que son épaule venait d’être arrachés par le rocher. Cela ne semblait pas l’affecter en quoi que ce soit…
Le rocher avec le bras et l’épaule était à moins d’un mètre dégoulinant de sang et de chairs…


Farbround perçut une nouvelle explosion. Il remarqua que Pyréas venait de prononçait un mot.

Immédiatement, il fut visible que le nuage de brume semblait se dissiper comme si une tempête s’était abattu sur lui, sauf qu’il n’y avait aucun vent…

Pyréas : “ Bien… Et si maintenant nous allions faire connaissance de la responsable de ce petit tour… ”

Farbround : “ Vous semblez bien serein pour vous confronter à un magicien ! ! ! ”

Pyréas : “ Un quoi ? ”

Farbround : “Un magicien ! ! ! ”

Pyréas se mit en marche vers le nuage de brume qui fondait à vue d’œil : “ Ah ah ah… Ne me faites pas rire, mon ami… je risquerais de perdre ma concentration… Et en fait de magicien, je parlerais plutôt d’apprentie sorcière… Ou tout juste d’un charlatan… ”

Farbround : “Pardon ? ”


L’inconnue capta le changement de son nuage de brume : “ Mais ? Qu’est ce que ? ”

Elle ne fit donc pas attention au second rocher, qui venait droit vers elle, et qui arracha sur son passage tout son torse, et la coupa littéralement en deux…

Malgré cette blessure mortelle, l’inconnue trouva la force, dans un dernier râle, d’exprimer sa haine : “ aaaahhhh… Miiiissséérables Créatu…. Aahhhh.”

Le silence retomba sur ce coin de lande…


Alors que Pyréas marchait droit vers ce qui restait du nuage de brume : “ Ah… Il semblerait que mon aide se soit avéré inutile, finalement… Votre amie apprend vite, et est d’une rare efficacité… ”

Farbround était à ses côtés. Il comprenait mal ce qui était en train de se passer et de quoi ce Pyréas pouvait bien lui parler…



De l’altitude à laquelle il volait, les petites formes qu’il apercevait sur la Mer Intérieure lui paraissait aussi insignifiante que les créatures humanöïdes qu’il avait pu rencontrer dans son existence jusque là…

Il y a de cela une petite heure, il avait ressentit la présence d’une aura très puissante, un homme, qui l’avait sondé, lui, Fargreen ! ! !

Un Dragon permettait difficilement qu’une personne d’un rang inférieur à sa condition soit autorisé à se permettre cela ! ! !
A la réflexion, plus il approchait, et plus il devait convenir que le rang de cette personne n’était peut être pas si inférieur au sien…
Pour autant, il ne se priverait pas de lui asséner ses quatre vérités sur ce comportement frisant l’insolence…

Il avait donc mis le cap sur ce personnage bien mal élevé à son goût…et situé sur le continent de l’Avistan.
Les connaissances qu’il avait, issu de ses ancêtres, lui permirent de savoir que cet individu devait se trouvait en plein coeur de la Varisie, ou presque… Et plus précisément la Forêt de Santos…

Pendant qu’il volait, il localisa une autre aura… féminine… dont la puissance s’accroissait d’une manière surprenante… Non loin de la Forêt de Santos également…

Fargreen était un Dragon bleu…Ces dragons avaient été de tout temps, crains… Ils étaient égoïstes, indépendants, sanguinaires… Bref, bien peu respectueux de la vie d’autrui… En fait, les autres créatures vivantes finissaient immanquablement dans sa panse bien rebondie.

A l’échelle du temps humain, il aurait été vieux. A l’échelle du temps des dragons, il venait à peine de quitter l’adolescence.
Jusqu’alors, il avait vécu sur une île volcanique, très au Sud du continent du Garund… A l’abri du monde et de tous les changements qui s’y produisaient.
Cela faisait à présent six mois, en mesure humanoïde, qu’il avait ressenti une grande menace au Nord, sans pouvoir réellement définir la nature de celle-ci. Il avait même réalisé que seul, il ne pourrait venir à bout de cette menace. Pour autant, grâce à son égoïsme forcené, sa raison de dragon bleu avait pris le pas, et repris le cours de son existence.

Il avait également senti que des changements s’opéraient sur Golarion. Certains de ces changements l’affectait directement.
Malgré toutes les connaissances à sa disposition, héritées de ses ancêtres, ces changements lui était demeurés inconnus.

Cela avait commencé par des mots, dans une langue totalement inconnue également, qui s’étaient formés dans son esprit.
Puis, en les prononçant, il avait pu constater qu’ils pouvaient avoir des conséquences, positives ou négatives, sur l’environnement ou sur les êtres qu’il rencontrait.

Il avait fini par maîtriser cette langue étrange aux effets pouvant devenir dévastateur.

Il avait décidé de demeurer sur son îlot, poursuivant son existence, comme si rien n’avait changé, ou presque…
Néanmoins, ces nouveaux pouvoirs lui avaient été très utiles dans certaines circonstances.

Un matin, il avait remarqué la présence d’un microbe humanoïde sur son îlot… Un vieil homme… Un tas d’os sans importance et sans défense…à priori.
Quelques secondes lui avaient suffi pour décider que cet impudent vieillard allait bientôt nourrir la végétation locale…Ou son estomac.

La rencontre avait été explosive… La moitié de son île avait disparu… Le cône du volcan avait été rasé… provoquant une irruption qui aurait dû détruire son antre.

Au souvenir de ce combat, sa colère enfla…
Sa première attaque, à sa stupeur, fut totalement inefficace. Et ce microbe lui avait alors demandé, avec un calme olympien, d’avoir une réaction plus pondérée…
A cet instant, son îlot n’avait été que peu affecté… Ce ne fut plus le cas après sa seconde attaque…

Les paroles de ce vieillard avait eu le don de provoquer la colère de Fargreen.

L’attaque vaporisa un bon quart de son île. Fargreen avait été convaincu d’avoir réduit en poussière le perturbateur…avant de constater, stupéfait, que ce vieux débris lui suggérer à présent, d’un ton déplaisant, d’éviter de poursuivre, car à ce rythme, l’île entière aurait disparue.

Fou de rage, Fargreen lança une nouvelle attaque… L’insignifiant microbe détourna celle-ci avec une facilité écœurante, mais très destructrice pour l’île, puisque le cône du volcan venait d’intercepter, involontairement, l’attaque. Il se désagrégea dans un éclair blanc…

A moitié aveuglé, Fargreen constata, une fois la clarté, provoquée par l’explosion, dissipée, que le cône du volcan avait disparu, et que la lave se déversait en une irruption d’une intensité phénoménale.

Quant à ce microbe décati, il se tenait aussi tranquillement que s’il s’était tenu sur une plage ensoleillée et paradisiaque sur une des côtes du Sud du Garund…

Sur un ton de colère noire, Fargreen, assez désabusé, lui avait demandé QUI il pouvait bien être ! ! !

Fargreen se rappellerait le restant de sa vie, ce nom… Pyréas ! ! !

Avec la même facilité que celle qui avait été la sienne pour détourner l’attaque de Fargreen, ce Pyréas avait calmé la colère du volcan…Et le flot de lave qui s’en déversait.

Après avoir réalisé cela, ce Pyréas lui avait exprimé sa compréhension du désagrément qu’il provoquait en envahissant l’espace de sa retraite solitaire, mais que les temps changeaient et que le destin de Fargreen n’était pas de se reposer tranquillement.
A ce moment, Fargreen s’était demandé QUI pouvait bien être ce vieillard aux pouvoirs aussi impressionnants.
Quelque part dans son esprit, il avait également réalisé que toutes ses attaques seraient vaines face à ce petit bout d’humanoïde.

Bien que cela paraisse difficile d’y parvenir, Fargreen avait recouvré son calme… Un semblant de calme tout au moins…
Une discussion s’était engagée. Parfois houleuse… Parfois constructive… Mais celle-ci avait bouleversé tous les fondements qui avaient été ceux de Fargreen jusqu’alors…
Fargreen était un des gardiens de Golarion ! ! ! Lui qui, jusqu’alors profitait des bienfaits de Golarion, y compris ses habitants, voilà qu’il avait pour mission de les protéger, maintenant… Ahurissant ! ! !


Après avoir vagabondé, son esprit se refocalisa sur l’instant présent.

Il avait localisé deux de ses homologues, des gardiens comme lui. Et durant son vol, il en avait soudainement repéré un troisième, vers la forêt du Kyonin.
Il s’agissait d’une aura féminine également. Cela ne faisait pas très longtemps qu’elle s’était éveillée aux mots de pouvoirs.
Inconsciemment, il avait décidé de changer de cap pour se diriger vers elle. Elle était la plus proche, après tout.

Les deux autres attendraient un peu…Et notamment ce second trouble fête et impoli, de la forêt de Santos.

Sans doute quelqu’un de la famille de ce Pyréas, à n’en pas douter…L’hérédité ne devait pas y être étranger…



La discussion avec sa mère avait été animée ! ! !

Elle s’était également étirée dans le temps.

Au final, sa mère Karmeniase, et Loz, avait abouti à la même conclusion, quoi que par des chemins de pensées différents.

Il fallait se rendre à l’évidence, l’alliance qu’ils avaient forgée avec la Créature ne conduirait pas aux résultats qui avaient été escomptés au départ.

Même Karmeniase avait remarqué des changements subtils dans le comportement, à son égard, de certains des conseillers de la Créatures, depuis quelques temps.
Karmeniase n’avait jamais eu l’honneur d’être en contact direct avec la Créature.

Elle était pourtant considérée comme la Reine du peuple Shoantis, même si ce titre était plus honorifique qu’autre chose…
Malgré ce titre, c’était uniquement par le biais de ses conseillers que la Créature l’avisait de ses plans futurs.

Loz était le seul à être admis dans la salle du trône.

Karmeniase avait été informée, hier au soir, seulement, de ce que la Créature avait prévu de faire, et qu’elle avait exposé à Loz.
A l’instant où ce conseiller drow l’avait rencontré, elle avait ressenti une étrange sensation. La mère de loz avait un certain don dans la divination.
Ainsi, pour la première fois, elle avait détecté, dans l’esprit du conseiller, une dissimulation, un sens caché…

Elle n’était pas parvenue à préciser cette sensation.

De son côté, Loz n’avait guère apprécié les derniers mots de la Créature.

Les deux impressions, couplées aux affirmations de ce Pyréas, n’auguraient rien de bon pour le peuple shoantis.

Quel que soit les intentions de la Créatures, le moment était venu de faire un choix.

Loz et Karmeniase l’avaient fait.

Bien involontairement, la Créature aiderait le peuple shoantis à rejoindre ses futurs alliés. Il n’y avait plus rien à faire pour Celwynvian. Ce royaume elfe ne serait bientôt plus qu’un cimetière carbonisé, et la première bataille d’envergure de la guerre qui pointait à l’horizon.
Malgré la petite taille de l’armée Elfe, bien que sur ce point Loz douta encore, il y aurait bien un général pour rendre officielle, et scellée une nouvelle alliance.
Loz espérait que cette armée elfe ne soit pas aussi insignifiante qu’escomptée… Pour arrêter les Géants et les Orcs, son peuple n’y suffirait pas…
Il se rappela les paroles de ce Pyréas…Après tout, ne lui avait-il pas donné rendez-vous dans ce bouge dépravés de l’humanité ?

Il se persuada qu’ils aient opté pour la meilleure solution. Y en avait il seulement une ?

Tôt ce matin, un des conseillers de la Créature était venu informer Loz, qu’à midi, elle viendrait créer un portail pour qu’une première partie des shoantis le franchisse.

A présent, la matinée était bien avancée. Le camp des shoantis était en effervescence.

Loz avait désigné les premiers à franchir, avec lui, ce portail. Il emmènerait plus de 1 500 guerriers avec lui.
Puis, deux nouveaux groupes de guerriers, d’égale importance, franchiraient le second portail.

Enfin, le restant des tribus franchirait le troisième, quelques 8 000 individus, comprenant les derniers guerriers, mais surtout de nombreux enfants, femmes et vieillards…

Une fois l’ensemble des trois groupes parvenu à destination, ils feraient route vers le Bac de la Tortue.


Avant cela, il chercha les auras de chacun des gardiens qu’il avait repéré la veille, avant d’aller voir la Créature.

Il fut étonné de constater que le dragon qu’il avait repéré au dessus de l’Océan d’Obari, se trouvait désormais au-dessus du Taldor, donc presque en forêt du Kyonin. Il allait rejoindre la seconde femme dont il avait localisé l’aura.

L’aura d’Elannah lui paraissait étrange. Immédiatement, il lui vint à l’esprit qu’elle avait dû avoir recours à ses nouveaux pouvoirs…Ce qui impliquait qu’une menace avait dû s’abattre sur elle et ses amis.
Une nouvelle fois, il repensa à chacun des membres de la petite troupe qu’il avait accompagnée quelques temps.

Il repensa à Farbround qui devait maintenant avoir rejoint ses amis, à moins que ce Pyréas n’ait eu un plan pour lequel le gnome pouvait avoir un rôle majeur…. L’avenir répondrait à cette question.
 

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CHAPITRE 10 :
Hangbar pénétra dans la tente royale.

Les Géants avaient été éliminés, mais au prix de pertes significatives aux yeux de la Reine… Beaucoup trop… six morts… Contre seize pour les géants.
Le décompte effectué par les éclaireurs avait été faux… L’unique géant “ oublié ” avait écrasé ou démembré quatre elfes avant de périr…

Hangbar se doutait que Myraenne avait fait un rapport détaillé de la bataille et des agissements de Ianen et de lui-même.

Dans la tente, il capta le regard du général Tinüviel. La tempête allait bientôt s’abattre sur ses épaules…

Puis il rencontra celui d’Anastraëlle. Et se dit pour lui même : “ Finalement, ce sera peut être un ouragan… ”

La Reine s’adressa à sa général : “ Vous pouvez nous laisser ! ! ! ”

Tinüviel : “ Comme son altesse voudra .”
En passant devant lui, la générale lui fit un sourire méchant, démontrant qu’elle était ravie de ce qui allait suivre…

Anastraëlle s’assit sur sa chaise : “ Bien… Avez-vous remarqué ? J’ai fait un effort… Je ne suis pas dans mon bain, et je ne porte pas un petit peignoir susceptible de perturber votre attention… ”

Hangbar, encore pour lui-même : “ Ouille… Ca promet…”, puis à destination de la reine : “ Vous m’en voyez… ”

Anastraëlle : “ Vous ne trouvez pas le mot ? Moi non plus pour qualifier votre petite incursion dans le village du Bac de la Tortue, en dépit des ordres qui étaient les vôtres ! ! ! ”

Hangbar : “ C’est à dire que… ”

La Reine le coupa violemment : “ Vous ai-je dit si vous pouviez parler ? Il ne me semble pas ! ! ! ”

Hangbar ne sut comment réagir…

Anastraëlle sur un ton cinglant : “ Que vous m’évitiez le lendemain de notre dernière entrevue, je veux bien l’admettre… Que vous persistiez dans cette attitude les jours suivants, voilà qui m’interpelle un peu plus… Que vous décidiez, sans mon accord, d’aller courir en forêt pour jouer les éclaireurs en herbe, voilà qui me fâche profondément… MAIS, que vous décidiez de jouer les suicidaires en défiant des géants comme on défierait un ennemi insignifiant, je m’interroge sur votre niveau d’inconscience, pour ne pas dire de stupidité ! ! ! ? ? ? ”

Hangbar s’interrogea sur le fait de savoir si la Reine avait fini sa tirade. Il la regarda. Il constata qu’elle attendait une réponse.. Il se lança : “ Croyez bien que si j’avais pu estimer les conséquences de ces actes… ”

La reine le coupa à nouveau : “ Pour cela, il aurait fallu faire preuve d’un petit temps de réflexion… Et d’être sobre ! ! ! ”

Hangbar devina à quoi la Reine faisait allusion : “ Je reconnais que le tord boyaux d’Aenen était costaud, la veille au soir, mais il n’a pas affecté mes capacités, le matin venu ! ! !

Anastraëlle : “ Vous croyez ? ? ? ”
Cet humain l’horripilait vraiment… Bouffis d’arrogance parfois… Charmant au possible d’autre fois…

Hangbar : “ J’en suis même certain ! ! ! ”

Anastraëlle : “ Donc… Pour vous… Il est tout à fait banal, et normal, de se jeter en plein milieu de la mêlée, même si on peut l’éviter… ”

Hangbar : “ Je ne dirais pas les choses comme cela… ”

Anastraëlle s’énervant de nouveau : “ Ah bon ! ! ! ? ? ? Et comment les diriez-vous ? Satisfaisais donc ma curiosité ! ! ! Je suis toute ouïe ! ! ! ”
Cet humain l’agaçait… En apprenant que des combats sanglants, avec plusieurs victimes, avaient eu lieu dans le village humain, la Reine avait craint pour la vie de cet humain. Depuis plusieurs jours, en fait, cette inquiétude l’avait accompagné. A présent, il était devant elle. Un vrai gamin ! ! ! Insouciant…Inconscient… Imbécile… La panoplie du parfait crétin…qui ne vivra pas très longtemps.

Hangbar : “ Les risques étaient calculés ! ! ! Nous étions cinq… ”

Anastraëlle, le coupant de nouveau, au comble de l’énervement : “ Et vous n’êtes plus que quatre…trois et demi, en comptant la blessure de mon éclaireur de lieutenant ! ! ! Qu’est ce que cela aurait été si ils n’avaient pas été calculés… CES risques ? ”

La colère de la Reine surprit le lieutenant Hangbar : “ Je… Et bien… Sur l’instant j’ai… Euh…Nous avons pensé… ”

La reine ne tint plus. Elle se leva, ce qui eut pour effet de faire immédiatement taire le lieutenant qui la regarda interrogatif.
Elle se campa devant lui, puis, lui asséna une gifle magistrale ! ! !

Hangbar était stupéfait. Il n’en croyez pas ses yeux. Il n’aurait jamais cru que la reine puisse le rabrouer aussi sèchement et lui administrer une telle gifle. Il ne comprenait pas.

Anastraëlle : “ Voilà, qui vous remettra les idées en place… Si toutefois cela est envisageable ! ! ! ”

Hangbar fixa son regard dans celui de la Reine. Yeux dans les yeux quelques secondes, il y lu de la colère, et autre chose… de sa main, il intercepta une seconde gifle que la reine avait l’intention de lui asséner ! ! !

La reine regardait toujours aussi intensément l’humain en face de lui, à quelques centimètres. Elle fulminait. Il venait d’intercepter sa gifle avec une poigne surprenante. Pour autant, il ne lui faisait pas mal…
Anastraëlle d’un ton froid : “ J’apprécierai que vous me lâchiez la main… ”

Hangbar : “ Pour me donner une nouvelle gifle ? ”

Anastraëlle : “ Je ne l’ai pas encore décidé…Visiblement vos idées ne sont pas encore très claires. ”

Sur ces mots, Hangbar lui apposa un baiser sur les lèvres…

Anastraëlle totalement décontenancée, et rougissante: “ Comment osez-vous ? ? ? ” le lieutenant lui ayant lâcher sa main, elle lui expédia une nouvelle gifle, encore plus forte, si toutefois cela était possible…

Le lieutenant, immobile, ne cilla pas, et n’intercepta pas la gifle. Puis il se toucha sa joue endolorie : “ Ouille… Vous avez une sacrée force ! ! ! ”

Anastraëlle sur un ton glacial : “ Il serait judicieux de votre part de quitter ma tente… ”

Hangbar se retourna et quitta la tente, sans un mot de plus.

Après sa sortie, les pensées d’Anastraëlle allaient dans tous les sens. Mais comment cet humain avait-il pu se permettre ce geste tout à fait déplacé ! ! !
Elle se toucha les lèvres… se rappelant ce contact inattendu avec ce jeune lieutenant. Elle retourna à son siège, et s’abîma dans ses réflexions…

Dehors, le hasard voulut que Tinüviel croisa Hangbar. Elle remarqua immédiatement la rougeur intense sur la joue du lieutenant. Cela l’interpella au plus haut point… Il faudrait qu’elle en parle à sa Reine.


Tzander était revenu de sa reconnaissance. Il avait repéré une troupe d’orcs.

Aradan et Malgen avait convenu de contourner le problème.

Or, Tzander revint en annonçant qu’il avait localisé un autre groupe d’orcs droit devant, sur le chemin qu’Aradan et Malgen avait décidé de prendre.

Cette mésaventure se reproduisit trois fois.

Il fut désormais clair que, où qu’elle aille, la délégation devrait se confronter à un de ses groupes si elle voulait poursuivre son chemin…

Aradan et Malgen avait opté pour le chemin le plus court, tant qu’à faire. En effet, les risques semblaient être équivalents quel que soit le groupe d’orcs à neutraliser.

Ces changements de route, et notamment le temps perdu dans les différentes manœuvres, avaient permis à Yavanna de se familiariser avec cette étrange langue.
Avoir côtoyé toute sa vie la forêt, sa faune et sa flore, avait visiblement un effet sur les étranges mots qui lui venait à l’esprit.
Tout en marchant, elle avait accéléré la pousse de certaines plantes, asséchés quelques marres, appeler un ou deux oiseaux, et envoyer dans le visage de son père, une branche d’un arbuste, qui n’aurait jamais dû le faire sans une aide extérieure, et notamment une extension végétale accélérée à la base de ladite branche.

Tout cela au gré de sa marche, et des mots qui se matérialisaient à son esprit.

La jeune elfe capta la montée de tension de toute la délégation. Elle capta également, quoique seulement à l’orée de sa conscience, la présence de certains orcs.
Elle sut immédiatement la décision qu’avait pris son père et Malgen.

A présent, les “ soldats ” de la délégation était en position pour neutraliser les orcs, qui étaient presque vingt.
La tâche serait ardue, pour ne pas dire plus.

Aradan faisait partie des 8 combattants, sa fille également.
La décision avait été longuement débattue. C’est le nombre d’orcs qui avait finalement fait penché la balance de la décision pour que Yavanna intègre cette catégorie.

La jeune elfe sentit les battements de son cœur s’accélérer.

Aradan émit un sifflement. Ce fut le signal de l’offensive.

Six orcs s’effondrèrent presque instantanément, une flèche fiché dans leur corps.

De son côté, Malgen venait de faucher trois autres orcs, et ne s’en relevèrent pas.

Yavanna venait d’abattre son premier ennemi de cette guerre qui s’annonçait, sans qu’elle en soit réellement consciente.
Les autres orcs ne tardèrent pas à se mettre à l’abri. Seuls deux autres furent victimes de projectiles elfes.

Compte tenu du terrain, et de la densité de la forêt, il devint évident que le combat se poursuivrait au corps à corps.

Le choc des armes ne tardèrent pas à raisonner dans la forêt.

Deux orcs attaquèrent Aradan. Puis, bientôt, tous les elfes furent aux prises avec au moins un orcs.

C’est à ce moment là qu’il devint évident qu’ils n’étaient pas vingt…Ils étaient plus nombreux…

Malgen neutralisa, d’un sort, deux nouvelles créatures.

Yavanna se concentrait… prononçait des mots…Tout autour, plusieurs orcs eurent leurs pieds encombrés de racines, ce qui les gêna énormément, et permit généralement aux elfes d’avoir le dessus sur leur adversaire respectif.

Yavanna continuait son travail de perturbation, lorsqu’un orc abattit sur elle son epée. Elle eut juste le temps de se décaler, pour éviter que l’épée ne s’enfonce dans sa cage thoracique.
C’est son bras qui encaissa le coup.
La douleur fulgura à travers tout son être… Elle s’écroula…

Elle remarqua tout autour d’elle que le nombre d’orcs continuait de s’accroître.

L’ennemi les avait débordé… Elle se dit : “ Mais d’où pouvaient-ils venir ? ”

Puis, comme au ralenti, elle vit que l’orc qui l’avait blessé s’apprêtait à l’achever, sans aucune pitié dans les yeux, d’un coup en plein cœur.
Un mot lui vint à l’esprit… Une profonde colère venu du fond de son être…Elle eut à peine le temps de prononcer ce mot avant que l’arme ne s’abatte sur elle…


Alvynia, Aerendir et Glingal remarquèrent immédiatement que le nuage de brume se disloquait…

Alvynia : “ Voilà qui est une bonne chose ! ! ! ”

Aerendir : “ En même temps, les explosions ont cessé. ”

Soudain, Bromard et Garken apparurent, leurs armes à la main.

Alvynia : “ Ah, vous voilà ! ! ! Mais pourquoi diable n’avez vous pas eu recours au vent plus tôt ! ! ! ”

Bromard : “ Nous n’avons rien fait… Nos pouvoirs semblaient comme neutralisés… ”

Alvynia : “ Il nous est arrivé la même mésaventure… En ce cas, QUI a fait que le voile de brume se dissipe aussi rapidement, alors qu’il n’y a aucun vent ? ”


A l’autre bout, Gourkok serrait toujours contre lui la frêle Zéphyr : “ Tu vas bien ? ”

Zéphyr : “ Beaucoup mieux à présent que cette mégère a quitté ce monde ! ! ! ”

Les deux “ enlacés ” se remirent debout.

Gourkok : “ Je me demande bien qui lui a expédié ces deux rochers dans le buffet ? ”

Zéphyr : “ Elle a peut être décidé de se suicider ? Dans un moment d’inattention…”

Gourkok : “ Alors qu’elle nous avait pas encore assassiné ! ! ! ”

Zéphyr : “ Trouvons les autres ! ! ! ”


Elannah se releva. Elle constata que la brume s’étiolait.

Gnaxlal, à ses côtés, fut heureux de constater que malgré ses recours à la magie, Elannah ne semblait pas très affectée.
Vink’lar observait les alentours sur le qui vive.
Elannah : “ Rejoignons Gourkok et Zéphyr ”. Elle se mit en route, droit vers son objectif.

Le drow et le nain la suivirent.
Vink’lar était étonné de voir avec quelle certitude son amie semblait savoir où se trouvait Gourkok et Zéphyr..


A peine Zéphyr eut-elle terminé sa phrase qu’elle remarqua la présence d’un vieil homme, à une dizaine de mètres d’elle.

En un instant, Zéphyr eut une dague dans chacune de ses mains, prête à se défendre, puis vit Farbround juste à côté, ce qui eut raison de sa concentration.

Pyréas : “ Ah. Vous devez être Zéphyr, n’est-ce-pas ? Et vous Gourkok ? ”

L’interrogation surpris Zéphyr, qui se reprit très rapidement, soupçonneuse : “ Et… A qui ai-je l’honneur ? ”

Quant à Gourkok, il regardait étrangement ce vieillard, puis à destination de Farbround, comme s’il n’avait pas entendu la question de Zéphyr : “ C’est qui le tas d’os qui t’accompagnes ? ”

Pyréas : “ Tas d’os ! ! ! Je vous en prie… Certes, mon physique peut difficilement rivaliser avec le votre. Néanmoins, vous pourriez être plus… poli. Même si, je le reconnais, je manque encore à tous mes devoirs… Je ne me suis pas présenté spontanément, mais si vous le permettez, nous attendrons que vos amis soient arrivés… ”


Zéphyr lui adressa un regard méfiant.

Gourkok donna une tape dans le dos du gnome, qui se retrouva presque à genoux, puis à l’adresse du vieillard : “ Je ne vous connais pas, mais si Farbround vous accompagne, c’est qu’il vous fait confiance. ”


Sur ses entrefaites, Elannah, Gnaxlal et Vink’lar déboulèrent.

Elannah : “ Tout le monde va bien ? ”

Gourkok : “ Nous ca va. ” Et montrant le cadavre de l’agresseur “ Mais cette hippie défraîchie a eu son compte de rochers… Elle ne se relèvera plus…Enfin j’espère. ”

Pyréas : “ Nous ferons en sorte que tel soit le cas ! ! ! ”

C’est à ce moment que la jeune demie-elfe prit conscience de la présence de ce vieil homme : “ Je ne crois pas vous connaître ? ” puis de celle de Farbround : “ Oh… Mon ami… Nous avons craint le pire pour toi ! ! ! ”

Elle se précipita sur le gnome pour le serrer contre elle.

Farbround : “ Ahem ! ! ! Tu vas m’étouffer. Déjà que Gourkok a failli me démettre l’épaule… ”

Gourkok : “ Pauvre petit… ”

Puis ce fut au tour de Vink’lar : “ Je suis heureux de te savoir vivant. ”, et lui fit une chaleureuse accolade.

Pyréas devint le centre de toutes les attentions… Puis désignant du doigt une direction “ ah, voici le restant de la troupe… ”

Tous ceux présents tournèrent la tête vers la direction indiquée par ce vieil homme.

Glingal, Alvynia, Aerendir et les deux jumeaux accourraient.

Alvynia : “ Que se passe-t-il, ici ? Tout le monde est-il sain et sauf ? ”

Pyréas : “ Tout à fait. ”

Gnaxlal, après avoir observé le nouvel arrivant, sentit en son for intérieur, qu’il devait aller voir qui était celui ou celle qui les avait attaqué.

Alvynia, assez surprise de l’intervention de cette brindille squelettique : “ Mais qui êtes-vous donc ? ”

Pyréas : “ Vos amis me l’on déjà demandé, mais nous vous attendions pour que je réponde. Je me nomme Pyréas. ”


Loz franchit le portail, et arriva aux abords de la Tortue.

Il avait décidé d’être de la première vague. Il était un peu plus de midi.

Il avait à sa disposition près de deux mille guerriers.

La créature lui avait assuré que le portail serait en mesure de transporter plus que les mille cinq cents guerriers prévus initialement.


A ce contingent, s’ajoutait un certain nombre de monture et plusieurs chariots transportant le matériel pour installer le futur campement.

Loz donna immédiatement des consignes.

De nombreux éclaireurs furent envoyés, avec pour consignes d’être très méfiants. L’armée elfe n’était pas très loin. Cette tactique de repérage avait plus pour objectif de localiser des Géants menaçants, plutôt que les elfes.

Selon les estimations de la Créature, Le village du à la Bac à la Tortue devrait être distant de moins d’une dizaine de kilomètres.

Loz avait prévu de longer la Tortue pour rallier le village et discuter avec le supérieur présent dans cette armée d’Elfes. Il devrait être très discret.
Il était convaincu que la Créature devait avoir des espions dans les rangs de cette armée.

Aussi, si il rencontrait le chef de cette armée en débarquant en grande pompe, son armée derrière lui, il y avait de fortes chances pour que la Créature soit rapidement mise au courant de sa défection.

Il valait mieux la jouer mode discrétion. Il irait donc tout seul, userait de ses pouvoirs pour passer inaperçu, identifierait le chef, et le rencontrerait.

Il donna des consignes à ses lieutenants pour organiser le campement et l’arrivée des deux prochaines vagues.
Puis il prétexta d’une reconnaissance du camp elfe, pour justifier de son départ, histoire de donner le change aux espions de la Créature, dans SON armée.


Cela faisait maintenant une bonne heure qu’il avançait.
Grâce à ses pouvoirs, il avait grandement accéléré son rythme, en créant de petits portails successifs.

Il avait repéré plusieurs sentinelles elfes, qui n’étaient pas parvenues à le voir.

A présent, d’un promontoire rocheux, il surplombait le camps elfe. Il remarqua immédiatement la tente centrale.
Elle devait abriter le chef de cette armée. Justement, un décompte rapide lui permit de constater que cette armée n’était pas composée que d’un petit millier de soldats. Elle approchait plus les trois à quatre mille…
Il remarqua aussi une troupe d’humains. cela l’interpella…

Il se rappela de l’aura qu’il avait détecté dans le secteur.

Qui que soit ce gardien, il ou elle était dans ce camps. Et il ou elle n’était pas le chef de cette armée…Visiblement, il ou elle, était dans le secteur où des humains s’entraînaient à tirer à l’arc. Allons bon… Il allait s’agir d’un néo-varisien. Le hasard pouvait être étrange…
Son peuple les avait combattu, et avait perdu. A présent le destin l’amenait à s’allier avec un ennemi d’hier, et encore d’aujourd’hui, d’ailleurs… Il se dit pour lui-même : “ Les temps changent… ”

Il se demanda qui il devait aller voir en premier… Il opta pour la tente centrale.


Anastraëlle venait de finir son repas.
Sa colère n’était pas redescendue. Bien au contraire… Ce lieutenant humain allait voir de quel bois elle se chauffait ! ! !
Elle entendit un bruit ressemblant à un frottement, derrière elle.
Ce bruit l’interpella… Il n’y avait personne d’autre dans sa tente, à part elle-même.
Elle se retourna violemment… pour constater la présence d’un homme.
Dans SA TENTE ! ! ! Mais d’où venait-il ? Par où était-il passé ? Comment avait il franchi ses gardes ?
Elle hurla de toute ses forces pour que ses gardes viennent à son secours.
Sa bouche n’émit aucun son…
Elle voulut se lever, et constata qu’elle était immobilisée ! ! !
Elle comprit qu’IL devait avoir fait usage de la magie.
L’homme restait silencieux. Il s’approcha doucement, tel le fauve sur le point de tomber sur sa proie.
Son esprit était en ébullition. Encore une fois…Mais cette fois-ci, elle ne pensait pas au lieutenant Hangbar… Ou plutôt si… Que pouvait il bien faire pendant qu’elle était sous la menace de cet inconnu ?
Il était toujours à courir le danger au loin, alors que celui-ci s’abattait sur elle à cette instant ! ! !
Elle dévisagea d’un air mauvais cet intrus, bien qu’elle soit à sa merci…

A l’autre bout du camp, le lieutenant Hangbar observait ses hommes en train de s’entraîner à l’arc.
Sur les conseils de Aenen, il avait décidé, depuis quelques temps déjà, de modifier son approche de cet entraînement.
Cette tactique s’avérait payante.
Se focaliser ainsi sur cette tâche, lui permettait d’oublier, temporairement, le conflit qui l’habitait au sujet de la Reine.
Lui même n’avait pas compris comment il avait pu oser donner un baiser à une Reine des Elfes. Enfin, si… D’une certaine manière…
Néanmoins, il aurait été bien incapable de pouvoir répondre à la question de celle-ci : “ Comment osez-vous ? ”
Ou plutôt, L’explication n’aurait pas forcément était appréciée par la reine…

Et voilà qu’il repensa de nouveau à elle.
Cette fois-ci, une sensation étrange s’empara de son être. Il ressentit la peur… Une peur soudaine…
Il sut, presque instantanément, qui pouvait être en danger… Il se leva et piqua un sprint à travers le campement, droit vers la tente royale…

Loz : “ Bien le bonjour, votre altesse. Je n’aurais jamais cru retrouver la Reine des Elfes de Celwynvian, aussi loin de chez elle, et sans être protégée par une escouade de magiciens… ”

Anastraëlle fut étonnée de voir l’inconnu lui parler ainsi, approcher un siège, et s’asseoir devant elle.

Loz : “ Nous avons à parler… De choses importantes. Veuillez pardonner le fait que je vous ai obligé à faire silence, mais cela était préférable. Je vais lever le sort. Il serait aimable à vous de ne pas crier. Je n’ai pas l’intention de vous faire du mal, bien que vous puissiez penser, à juste titre, le contraire… ”

Anastraëlle sentit un léger changement. Elle se décida à parler, et fut soulagée de s’entendre : “ Qui êtes-vous ? ”

Loz : “ C’est une longue histoire… Dois-je vous la conter, ou devons nous parer au plus pressé ? ”

Anastraëlle : “ Nous parerons au plus pressé… Dans un premier temps… ”

Loz : “ A la Bonne heure… Je me nomme Loz. ”

Anastraëlle : “ Et vous êtes un magicien ? ”

Loz : “ Ce n’est pas tout à fait exact… Ou plutôt, pas au sens où vous l’entendez… ”

Anastraëlle : “ C’est à dire ? ”

Loz : “ Si vous le voulez bien, nous parerons aussi au plus pressé à ce sujet là. Non pas que je ne souhaite pas vous l’expliquer, mais disons que cela nous ferait perdre un temps précieux. Abordons le vif du sujet, voulez-vous ? ”

Anastraëlle : “ J’ai le pressentiment que je ne vais pas apprécier la totalité de ce sujet… ”

Loz : “ A regret… Croyez le bien… ”
Le shoantis fit la moue. Cela surprit la Reine.
Loz : “ Ah… Je crois que votre sauveur se précipite à votre secours… Vous l’avez souhaité, il exauce votre vœux. ”

Anastraëlle : “ Mais ? Comment pouvez-vous… ”

Loz : “ Nous reparlerons, aussi, de ce sujet, votre altesse. Attendons votre sauveur… Je ne voudrais pas qu’il fasse quelque chose d’inconsidéré du fait de son inexpérience… ”


L’orc fut transpercé de part en part par une branche qui venait de naître de l’arbre surplombant Yavanna. La force de cette création soudaine propulsa l’orc dans les airs qui, dans sa trajectoire s’écrasa contre plusieurs troncs avant de finir disloquer à plus de cinquante mètres de son lieu de décollage…

Yavanna respirait difficilement… L’effort qu’elle venait de consentir lui semblait aussi immense que d’avoir porté une montagne sur ses épaules.
A moitié consciente, elle entendit soudainement un énorme grondement… Tout à coup, elle ressentit la douleur que les arbres alentours venaient de ressentir. Elle capta des cris de terreur…
Elle se força à rester consciente, mais bientôt, il n’y eu plus que l’obscurité…


Il y eu un énorme grondement. Aradan se demanda ce qui arrivait.
Alors qu’il se battait contre deux orcs, à la limite de son champs de vision, les arbres volèrent en tous sens, déracinés, un orc, puis deux, puis quatre, puis dix, telles des brindilles insignifiantes s’écrasèrent tout autour de lui.

Un nuage de poussière venait de se former à l’endroit où ce cataclysme miniature venait de se produire. Il entendit des cris de terreur.

Face à lui, l’un des deux orcs s’était retourné pour fuir. Le roi des elfes profita de ce moment pour découper, grâce à son arme, l’aine du lâche.
Malheureusement, le second orc profita à son tour de la faille dans la défense du roi des elfes.
L’arme de l’orc s’enfonça dans le ventre du roi.
Quelques seconde après, celui-ci dégageait son arme du corps sans vie de l’elfe, sans même se douter qu’il venait d’ôter la vie à un illustre personnage des royaumes elfes.
Il aperçut le magicien qui était en train de faire des ravages dans les rangs de son détachement. Il se précipita sur lui… Il lui arriverait par derrière…


Tzander se battait comme un démon. Il avait déjà supprimé au moins sept orcs. L’un de ceux là l’avait blessé au côté gauche. Malgré cette blessure, il faisait face à deux ennemis bien décidés à l’éliminer.
Un énorme bruit se produisit derrière lui…

Il capta un mouvement presque imperceptible, et constata qu’un de ses deux ennemis venait de perdre tout ce qui se trouvait au-dessus de sa taille… Puis un nuage de poussière envahit tout son champs de vision.
Il fut obliger de se dissimuler les yeux derrière son bras. Il était persuadé que le second orc allait en profiter. Rien ne vint… A part le bruit de la chute d’une épée sur le sol.
Puis des cris de terreurs résonnèrent un peu partout autour de lui.

En se tenant le côté gauche du ventre, il se dirigea vers le lieu où il avait vu Yavanna au prise avec un orc qui était sur le point de l’achever.
Il n’était pas parvenu à se dégager des deux orcs, qui le menaçaient, pour se porter au secours à la fille de son roi.

Il se maudissait de son manque de discernement et d’analyse. Comment avait-il pu sous-estimer d’autant le nombre des ennemis auxquels ils seraient confronté…


Malgen était au bord de l’épuisement. Il avait tellement fait appel à la magie, qu’il sentait que ses forces l’abandonneraient très bientôt. Le hic, c’est qu’une bonne dizaine d’orcs se dirigeaient droit vers lui.
Périrait-il à force d’avoir user sa magie, ou serait il embroché avant ?

Un énorme bruit éclipsa ces sombres pensées. Une partie de la forêt venait d’entrer en ébullition, sous la forme d’un nuage de poussière.
Des arbres entiers passèrent à deux doigts de lui, et fauchèrent dans leur course tous les orcs qui se dirigeaient vers lui…
Il eut du mal à comprendre comment cela put être possible… d’avoir réchapper à un raz de marée d’arbres et que celui-ci ne faucha que ses ennemis. Il devait être béni des dieux ! ! !

Il en était encore à son étonnement lorsqu’il capta un mouvement derrière lui. Il se retourna. Il eut juste le temps de constater qu’un orc se dressait derrière lui, une lueur mauvaise au fond des yeux, son épée prête à s’abattre.
Puis, l’orc n’exista plus…
Des cris de terreurs s’élevèrent de partout… Puis le silence retomba…


Tzander se jeta à genoux au chevet de Yavanna. Son cœur se glaça. Elle était d’une pâleur…
Il remarqua la blessure au bras. Il déchira des bandes de tissu de sa cape pour entourer faire un pansement grossier.
Puis, il regarda tout autour. Il ne vit ou ne capta aucun signe de vie à proximité. Le nuage de poussière occultait encore une bonne partie du secteur.
Il regarda Yavanna, et se dit pour lui-même : “ occupons-nous d’abord des vivants. Nous verrons pour les morts, après. ”
Puis il capta un mouvement à l’extrême limite de son champs de vision. Il se retourna pour constater la présence d’un jeune homme, tout de noir vêtu, juste à côté de lui. Il fut incapable de dire le moindre mots. Puis l’inconnu lui parla :
“ Vous comptez attendre qu’elle ne meure, ou envisagez-vous de la soigner ? ”


Malgen titubait au milieu des troncs d’arbres, des cadavres d’orcs ou d’elfes. Il avait découvert quatre des huit combattants qui avaient participé à cet assaut. Il arriva à proximité d’un cinquième pour constater que c’était son roi qui gisait, là.
Il tomba à genoux, sous le choc.
Comment avait-il pu se tromper d’autant sur le nombre de ces créatures verdâtres ? D’où étaient ils donc sortis ?

Malgen s’adressa à son défunt roi : “ Je… Je… Je suis désolé de cette issue… Oh mon Roi ! ! ! J’ai commis une énorme erreur qui a été fatale à beaucoup des nôtres ! ! !”
Le magicien était à bout de force. Il devina un mouvement juste à côté de lui. Un jeune homme vêtu de noir venait d’apparaître, sans que Malgen ne sache d’où il venait. Sur un ton incrédule “ Mais… Mais… Qui êtes-vous donc ? Et… Et d’où sortez-vous ? ”

Fargreen, d’un ton sec : “ Pour les questions sans importance, nous verrons plus tard. Vos amis attendent par là-bas ! ! ! ” Il désigna une direction du doigt.

La réponse de cet inconnu prit Malgen de court. Soudain, sans plus d’explications, cet inconnu se mit à marcher vers la direction qu’il avait précédemment indiqué.

Malgen se releva péniblement. Puis, méfiant, il suivit ce jeune homme.
Ceci, en dépit du fait qu’il s’interrogeait sur cette attitude aussi suicidaire, à savoir, suivre un inconnu sans plus d’information, alors qu’il était lui-même dans l’incapacité de se défendre.

Après quelques instants qui lui parurent des heures, il vit que le jeune homme s’était immobilisé. A ses pieds gisait Tzander et Yavanna, inconscients…
L’instant d’après, tout devint noir…
Malgen avait rejoint ses amis au pays des rêves… ou des cauchemars, au choix.


Alvynia : “ Pyréas, dites vous… Je ne crois pas vous avoir déjà rencontré ? ”

Pyréas : “ Vous avez totalement raison. ”

Aerendir : “ Devons-nous notre salut à votre intervention ? ”

Pyréas, sur le ton de quelqu’un qui répond à une question stupide : “ Bien sûr que non… Remerciez plutôt votre ami Elannah.. ”

Aerendir et Alvynia furent tous les deux surpris de cette réponse, et adressèrent tous les deux un regard interrogatif à la jeune demie-elfe.

Elannah fit mine de ne rien voir : “ Mais ? Comment connaissez-vous mon nom ? ”

Pyréas : “ J’ai rencontré un de vos amis en chemin. ” Voyant la tête interrogative de tous ceux présents autour de lui, il ajouta “ Loz ! ! ! ”

Vink’lar maugréa un peu “ Ami… ami… C’est beaucoup dire… ”

Elannah : “ Il va bien ? ”

Pyréas : “ On ne peut mieux. ”

Elannah, rassurée : “ Mais… Où est-il ? ”

Alvynia rajouta en même temps: “ Et où était Farbround ? ”

Pyréas : “ Je répondrais à toutes vos questions, et même plus… Mais une à la fois. Il est nécessaire que la vérité vous soit révélée. ”

Gnaxlal venait de se relever. Il venait de reconnaître le cadavre. C’était Algrion… : “ Pouvez-vous me dire qui l’a transformé ainsi ? ” Tout en désignant le cadavre.

Alvynia : “ Vous connaissez notre agresseur ! ! ! ? ? ? ”

Gnaxlal : “ Je connaissais celle qu’elle était avant… Elle n’ai plus du tout ce qu’elle était… ”

Pyréas : “ Je vous le dirai, mon ami. Mais chaque chose en son temps… Si vous le permettez, il est temps de se rapprocher de Kaer Maga. ”

Aerendir réagit rapidement : “ Mais les géants et les orcs y vont tout droit également. Ce serait du suicide ! ! ! ”

Pyréas : “ Il est certain qu’à nous onze, nous rencontrerons quelques difficultés à les repousser. ”

Aerendir estomaqué par le calme affiché par ce vieil homme, et criant presque : “ Quelques difficultés ! ! ! C’est un euphémisme ! ! ! ”

Pyréas : “ Nous ne serons pas seuls, mon cher magicien. En ce moment même, la défense s’organise… Même si tous les acteurs principaux n’en ont pas encore totalement conscience… ”

Sur ces derniers mots, Pyréas créa un portail, en prononçant deux mots… “ Il est temps d’y aller. Ne perdons plus de temps. Ah… J’oubliais… ”

Pyréas prononça un nouvel ensemble de mots, et Astian apparu comme par enchantement à deux pas du groupe : “ Bien… Maintenant que nous sommes tous réuni, allons y ! ! ! ”
Bientôt, la lande fût déserte. Il ne resta plus que le cadavre d’une ancienne magicienne de l’ombre, Algrion, en train de se disperser en poussière…Pour ne laisser aucune trace de son passage en ce lieu…


Près de Janderhoff, Arkin laissa sa colère éclater… Comment Glingal avait-elle put survivre à l’assaut de la marionnette qu’il avait créé de toutes pièces…

Après que Faërendel ait pris sa revanche sur cette petite magicienne, Arkin avait décidé de se servir de ce cadavre encore chaud. Il l’avait transformé en morte-vivante, marionnette sous sa totale emprise
Il lui avait laissé ses pouvoirs d’origine, et en avait rajouté quelques uns supplémentaires.

Puis, quelques temps après, la Créature l’avait contacté pour lui indiquer qu’elle avait retrouvé les traces de cette Glingal à proximité de Kaer Maga. Il fallait l’éliminer ! ! !
La créature l’avait également informé que bientôt, Celwynvian ne serait plus…
Il s’était donc interrogé sur les raisons à persister à éliminer cette prêtresse, puisque sa destination allait disparaître ! ! !
La créature avait été très claire. C’était une nécessité. Arkin n’en sut pas plus…


Jugeant que l’occasion lui était donnée de sa nouvelle création, il l’avait envoyé par un portail vers le lieu approximatif où devait se trouver Glingal.
A présent qu’il venait de ressentir la disparition de son “ jouet ”, il était profondément en colère.

A sa connaissance, aucun des défenseurs de cette prêtresse n’était en mesure de pouvoir affronter cette Algrion améliorée… Qui avait bien pu détruire sa création ?

Ces derniers temps, rien n’allait comme il l’aurait souhaité.

Ces maudits nains persistaient à lui opposer une farouche résistance. Les cadavres de plusieurs bataillons de crosts jonchés le pied des remparts de la cité.

Son énervement s’accrût à l’idée de devoir attendre les Géants et les orcs du plateau de Storval qui avaient jugé bon de flaner en chemin. Ils n’étaient même pas encore parvenus à Kaer Maga ! ! !

Il décida de sortir de sa tente, pour voir où en était le bombardement des remparts…


Les deux gardes à l’entrée de la tente royale virent débouler dans leurs champs de vision, le lieutenant qui était venu rencontré leur Reine ce matin.
Ils s’observèrent mutuellement, puis se demandèrent ce qui avait bien pu provoqué cette réaction chez cet humain, qui passa entre eux tel un sanglier lancé à pleine vitesse.

Compte tenu des instructions de la Reine, ce lieutenant était autorisé à pénétrer dans la tente à toute heure, exception faite des moments où elle était dans son bain, et la nuit.

Il faisait jour, et la Reine ne prenait pas son bain. Aussi, laissèrent-ils le lieutenant Hangbar franchir leur position sans s’interposer…sans que celui-ci ne leur adresse un quelconque mot.

Hangbar se retrouva dans la tente. Passez de la lumière du jour, à la pénombre de la tente, demanda à sa vue un certain temps d’adaptation…Il appela : “ Votre altesse ? ”

Loz mis à profit ce petit moment pour neutraliser ce sauveur, même si celui-ci avait déjà mis la main sur le pommeau de son épée, et s’apprêtait à la dégainer.

L’humain s’effondra à terre dans un silence surréaliste.

D’une voix, dans laquelle transparaissait sa peur, Anastraëlle demanda : “ Que lui avez-vous fait ? ”

Loz : “ Ne craignez rien. Il est juste assoupi. ”

Loz l’installa sur une chaise, non loin de là : “ Il se réveillera très bientôt. En attendant, nous avons à parler. Vous pouvez vous lever si vous le désirez ”

Anastraëlle sentit que le poids, qui l’avait immobilisé jusqu’alors, venait de disparaître. Elle se leva et rajouta, pendant que Loz installait le lieutenant : “ Je pourrais courir pour aller chercher de l’aide .”

Loz, imperturbable : “ Avouez que ce serait peu constructif, et que cela nous ferait perdre un temps précieux. ”

Anastraëlle en convint : “ Bien. Puisqu’il nous faut parler, autant nous installer aussi bien que possible. Souhaitez vous une boisson chaude ? ”

Loz : “ Je n’y suis pas opposé. Mais si vous me le permettez, je ferais en sorte que vos serviteurs ne me voient pas. ”

Anastraëlle : “ A votre guise. ”
La Reine sortit la tête de la tente, et fit mander, par l’intermédiaire de ses gardes, une de ses servantes.
Celle-ci ne tarda pas à accourir. Elle aperçut le lieutenant Hangbar, assoupi sur une chaise, ce qui l’interpella quelque peu. Elle croisa le regard de la Reine qui ajouta : “ Le lieutenant a été vaincu par sa fatigue. Les émotions fortes de ses derniers exploits, sans doute… ” et poursuivit “ Pourriez vous nous amener des boissons chaudes pour trois, je vous prie ? ”

La servante : “ Je fais selon vos désirs, votre altesse ”

A la moue de la jeune servante, qui avait regardait de nouveau le lieutenant, la Reine comprit que celle-ci venait de se faire une idée peu glorieuse de l’humain. Elle se douta également qu’elle devait trouver une telle attitude bien mal séante en présence d’une personne royale.

La servante quitta la tente.

La reine fut impressionnée de constater que Loz n’avait même pas été remarqué par sa servante, bien qu’il ait été, à un moment, à moins d’un mètre d’elle.

Loz s’assit sur une des chaises présentes. La reine l’imita. Un silence pesant se prolongea jusqu’à ce que la servante arrive avec trois boissons chaudes.
A l’attitude de la servante, la Reine devina que la présence d’une troisième tasse l’interpellait : “ J’attends une troisième personne… ”

La servante : “ Votre altesse. ” Et s’éclipsa.

Loz prit une des tasses. Il y ajouta un peu de sucre et touilla, il devina que la reine devait le dévisager : “ Vous devez avoir énormément de questions. ”

Anastraëlle fixait effectivement cet étrange individu : “ Le contraire serait étonnant. ”

Loz : “ Vous n’avez pas tort. ”

Anastraëlle : “ Bien, j’attends ce que vous avez à me dire. ”

Loz : “ Avant, je souhaiterais que vous confirmiez mes soupçons… Si vous n’y voyez pas d’inconvénients… ”

Anastraëlle : “ Je verrais s’il y a un inconvénient à ce que je vous confirme ce que vous souhaitez… ”

La réplique amusa Loz. Il n’était pas un habitué des grandes discussions. Généralement, jusqu’ici, son interlocuteur perdait la vie dans les instants qui suivaient…

Loz se lança : “ Votre armée a quitté Celwynvian, traversé la forêt de Santos, avec pour objectif de rallier Kaer Maga. Ceci dans le but d’intercepter l’armée de Géants et d’orcs qui s’apprête à fondre sur cette cité humaine. Correct ? ”

En quelques mots, ce Loz venait de résumer toute sa stratégie qu’elle pensait confidentielle.
Anastraëlle : “ Mais… Comment ? ”

Loz : “ J’en conclue à votre réaction, que mes soupçons sont exacts. ”

Anastraëlle, bien que réticente, ne put que l’admettre : “ En effet… A moi de vous poser une question ? ”

Loz : “ Je vous en prie. ”

Anastraëlle : “ Vous vous appelez Loz, mais que faites vous ici, et pourquoi ? ”

Loz : “ Cela en fait deux. Vous êtes la seconde personne, en très peu de temps, à se permettre cette liberté… ”

Anastraëlle : “ Je vous demanderais plus tard qui était cette personne. Avant tout, j’aimerais avoir les réponses à mes questions. ”

Loz : “ Vous êtes bien exigeante… ”

Anastraëlle : “ Il faudra vous y faire… Je suis une Reine… ”

Loz : “ En effet… ” Il se gratta le menton, et poursuivit : “ Je suis le prince du peuple Shoantis. Cela vous dit-il quelque chose ? ”

Anastraëlle, d’un ton ironique : “ Dois je vous remercier de me prendre pour une ignare ? ”

Loz : “ Non, ce ne sera pas nécessaire… Je me doutais bien que les shoantis ne vous étaient pas inconnus. ”

Anastraëlle : “ En effet… Pour autant, je pensais que les tribus composant ce peuple étaient disséminées à travers toute la Varisie, et que c’était une Reine fantoche qui faisait office de dirigeante consulaire. ”

Loz : “ Cela a changé… J’ai réuni les tribus shoantis en un seul peuple qui suit désormais le Prince que je suis. ”

Anastraëlle : “ Voilà qui ne manque pas d’intérêt… Mais cela n’explique pas votre présence devant moi, ni la manière dont vous vous êtes présenté à moi… ”

Loz : “J’en conviens. ”

Anastraëlle : “ Et donc ? ”

Loz fut agréablement surpris de constater que depuis le début de leur rencontre, cette Reine ne manquait ni de courage, ni d’aplomb. Elannah et elle avait de nombreux points en commun.

Loz : “ Disons que je cherche les mots adéquates pour vous présenter les choses… ” Il but une gorgée de sa boisson.

Loz : “ Bien… Commençons par un peu d’histoire et de géographie. Comme vous le savez, un conflit a éclaté entre les shoantis et les néo-varisiens. Celui-ci a abouti à repousser mon peuple à l’intérieur de la Varisie, loin des côtes de la mer intérieure. ”

Anastraëlle : “En effet… ”

Loz : “ Il n’est pas faux d’affirmer que, depuis, les shoantis vouent une certaine haine à ces néo-varisiens. Malgré tout le temps qui a pu s'écouler depuis la dernière grande bataille… ”

Anastraëlle : “A l’échelle humaine… Oui… ”

Un sourire naquit sur les lèvres de Loz : “ Vous avez récemment traversé la forêt de Santos ? ”

Anastraëlle : “ Exact. ”

Loz : “ Les elfes sont doués… Vous avez donc forcément constaté l’existence de traces de… civilisation, dirons nous… ”

Anastraëlle : “ Là où il ne devrait pas y en avoir… Tout à fait… ”

Loz : “ Quelque chose me dit que vous devez vous douter que les drows ont établi, sur Golarion, une seconde tête de pont vers la surface. Et vous avez dû faire le rapprochement avec ces traces de civilisation…N’est ce pas ? ”

Anastraëlle : “ Je n’aurais pas mieux exprimé cela… ”

Loz : “ Vous avez totalement raison. Mais, connaissant les elfes, pourquoi n’avez-vous pas cherché à en savoir plus ? ”

Anastraëlle : “ Le lieutenant Hangbar, ici présent, m’en a dissuadé… Ainsi qu’un général retors… ”

Loz, étonné : “ Vous avez également un général elfe dans votre armée ? ”

Anastraëlle : “ Bien évidemment ! ! ! Il est toujours important d’avoir un bon stratège à disposition… ”

Loz appréciait de plus en plus cette Reine. Il poursuivit : “ Mais pas de magiciens ? ”

Anastraëlle : “ Je ne pouvais pas découvrir autant les défenses de Celwynvian. ”

Loz, connaissant les plans de la Créature, se demanda si cela changerait quoi que ce soit au sort du royaume Elfe…Il décida de parler de ce point, plus tard… “ Et bien sachez, que cette forêt abrite effectivement ce second accès au royaume des drows. J’en reviens, d’ailleurs...”

La curiosité d’Anastraëlle fut mise en éveil : “ Vous savez précisément où il se situe ! ! ! ”

Loz : “ Exact. Malheureusement, votre armée n’y suffira pas… ”

Anastraëlle : “ J’ai près de cinq milles soldats à ma disposition ! ! ! ”

Loz : “ J’ai pu le remarquer…Et eux… Trois fois plus…Au bas mot… ”

Le visage d’Anastraëlle perdit ses couleurs sous le choc de cette information : “ Mais… Mais comment est-ce possible ? ”

Loz : “ Ils ont reçu une aide appréciable… ”

Anastraëlle très nerveuse : “ Mais de qui ? ”

Loz : “ D’une bien étrange créature. ”

Anastraëlle : “ Vous l’avez vu ? ”

Loz : “ Je lui ai même parlé… C’est même elle qui m’envoie vers vous ! ! ! Dans un certain sens…”

Anastraëlle ressentant soudain un malaise : “ Mais ! ! ! Que racontez-vous ? Qui est-elle ? ”

Loz : “ Avant d’en venir au cœur du problème, il faut que je vous informe que des espions de la Créature font partie de votre armée…Elle a donc été mise au courant de vos intentions… ”

Anastraëlle n’en revenait pas…Elle eu du mal à trouver ses mots “ Vous…Ce n’est pas possible ! ! ! ”

Loz : “ Votre fils vous a bien trahit ! ! ! Pourquoi de vulgaires soldats ne le feraient-ils pas ? ”

Anastraëlle, sous le choc que ce Loz le sache : “ Comment pouvez vous le savoir ? ”

Loz : “ Il est aux ordres de la Créature… Elle lui a consenti certaines capacités… ”

Anastraëlle fut prise de haut le cœur : “ Que voulez-vous dire ? ”

Loz : “ Il a rallié le camp des vainqueurs… A son humble avis… ”

Anastraëlle : “ Qu…Quelles capacités ? ”

Loz : “ Ce n’est pas le moment d’en discuter. Pas encore… ”

Anastraëlle : “ Si ce n’est pas le moment, peut être me direz vous ce que vous faites dans tout cela ! ! ! ”

Loz : “ J’étais un de ses alliés… Avec mon peuple. ”

Anastraëlle, encore une fois sous le choc de telles révélations : “ Et vous m’annoncez cela comme quelqu’un me dirait le temps qu’il fait ! ! ! Vous souhaitez peut être mon aide ? ”

Loz : “ C’est moi, qui vous offre la mienne. ”

Anastraëlle ne savait plus quoi dire : “ J’ai peur de ne pas comprendre… ”

Loz : “ A l’heure qu’il est, par le biais d’un portail magique, mon peuple est en train d’arriver sur vos arrières… ”
L’attention de la Reine était à son paroxysme. Elle écoutait ce Loz très attentivement. Les battements de son cœur venaient de s’accélérer.

“ Mais avant, dans un premier temps, il convient de vous expliquer la genèse de toute cette histoire. A mon premier contact avec la Créature, il y a de cela plusieurs années, elle m’avait promis que mon peuple regagnerait les territoires qu’ils avaient perdus face aux néo-varisiens. Nous avons donc conclue une alliance.
Depuis ce contact, je me suis efforcé de réunir toutes les tribus sous une même bannière. Je n’y suis parvenu que très récemment. Ma mère, Karmeniase, y a également contribué.
Alors que j’avais déjà réuni une partie des tribus, la Créature m’a recontacté. Elle a suggéré de m’installer avec mon peuple dans la forêt de Santos.
C’est là que j’ai réalisé ce qu’elle était en train de faire. Elle ouvrait une voie à un peuple venu des profondeur, les drows. ”
A la mine de la Reine, Loz comprit le conflit qui habitait cette jeune femme : “ Je sais désormais qui sont les drows. Je sais aussi que les elfes ont tout fait pour dissimuler leur existence. Sauf, qu’à présent, ils ont l’intention de se déverser sur Golarion, et la Créature compte bien gérer l’invasion selon ses desiderata.
Venons en au dénouement. Très récemment, j’ai appris ou compris, que mon peuple, dans l’esprit de la Créature, avait vocation à être éliminé…par les drows. Dés lors, il devenait évident que l’ennemi des elfes devenait aussi le mien… Et me voici.”
Anastraëlle était mortifiée : “ Vous voici, en effet… Et votre peuple aussi ! ! ! Que me proposez-vous ?”

Loz : “ Une alliance. ”

Anastraëlle : “ Une alliance ! ! ! Alors que vous venez de m’avouer que vous faisiez partie des sbires de cette Créature ! ! ! Vous ne manquez pas de culot, je dois bien le reconnaître ! ! ! Et quel serait le but de cette alliance ? ”

Loz : “ Simplement survivre… Et détruire les géants et les orcs en défendant Kaer Maga. Le destin semble le vouloir ainsi… ”

Anastraëlle : “ Le destin ! ! ! ? ? ? Vous avez vu une cartomancienne récemment, et elle vous a expliqué que vous faisiez fausse route ! ! ! ”

Loz : “ Dans un certain sens… Il s’appelait Pyréas… ”

Anastraëlle, se leva, très agacée, et d’une voix haut perchée : “ Qui ? ? ? Mais on nage en plein rêve ! ! ! Pourquoi n’irions nous pas droit vers le camps de cette Créature avec votre peuple, et l’éliminer définitivement ! ! ! ? ? ?”

Loz, sur un ton calme qui surprit la Reine : “ La réponse ne peut qu’être négative… ”

Anastraëlle : “ Et pourquoi donc ? ”

Loz : Primo, nous en sommes très éloignés. Secondo, ils sont plus nombreux que nous…Tertio, ils ne seront plus là… ”

Anastraëlle : “ Et puis-je savoir où ils seront ? ”

Loz, finissant sa tasse, et toujours aussi calme : “ A Celwynvian. ”

Anastraëlle, au bord de l’hystérie : “ Je vous demande pardon ? ? ? ? ”

Loz : “ A l’heure qui l’est, la Créature organise l’assaut de votre royaume. Les drows vont s’y déverser en grand nombre, et il y a peu de chance que vos défenses résistent à cette attaque. ”

La Reine se sentit mal. Elle s’affaissa sur son fauteuil. Elle était hagarde. Elle venait de ressentir un choc immense, et du bout des lèvres, d’une voix brisée : “ Mais… Pourquoi ? ”

Loz : “ Parce que la guerre pour Golarion vient de débuter… Votre royaume en sera la première victime. Elle ne sera pas la dernière, malheureusement… Nous pouvons éviter que Kaer Maga soit la seconde. ”

Anastraëlle observa le shoanti. Elle ne parvint pas à modifier sa voix, toujours aussi brisée : “ Vous venez de m’annoncer que la fin de mon Royaume était programmée, et malgré cela vous souhaitez que je rallie Kaer Maga… ”

Loz : “ Vous ne parviendrez jamais à temps à Celwynvian. Après avoir écrasé votre royaume, la Créature ne fera qu’une bouchée de votre armée… Il est déraisonnable d’envisager une telle possibilité !!! ”

Anastraëlle était stupéfait par la placidité affichée par ce shoantis : “ Au lieu de cela, vous proposez de joindre mon armée à votre peuple, qui était, il y peu, l’allié de cette Créature monstrueuse ? ”

Loz : “A défaut d’être une bonne solution, c’est peut être la moins pire… Et sachez que si la créature m’a envoyé vers vous, c’était pour anéantir votre armée. Suis-je en train de le faire ?”

Anastraëlle devint blême… La dernière information la scotcha à son fauteuil, se demandant si elle ne faisait pas un cauchemar…


Yavanna fut la première à reprendre connaissance : “ Mais qu’est-ce que… ? ”

Elle était allongée, adossée à un tronc.

Elle observa son environnement proche. Elle constata qu’elle était toujours en pleine forêt.
Elle se rappela qu’elle s’était évanouie, et qu’elle devrait même être morte.
La dernière image qui se forma à son esprit était celle d’un orc sur le point de l’achever sans pitié, d’un coup d’épée.
Elle fut ensuite troublé par l’absence de traces de combat autour d’elle. Il devrait y avoir des cadavres de partout…

Puis, tout en se souvenant des circonstances du combat qui avait eu lieu, elle se toucha le bras, pour constater que son bras ne portait aucun signe d’une quelconque blessure.

Elle remarqua enfin la présence de Malgen et Tzander, l’un à côté de l’autre, dormant, et adossaient, eux aussi, à un tronc d’arbre.
Ensuite, elle remarqua un jeune homme tout de noir vêtu…assis sur un petit rocher moussu, visiblement à bout de patience.

Yavanna : “ Mais… Qui êtes vous ? ”

Fargreen, se levant, et sur un ton cassant : “ J’espère que vous avez fait de beaux rêves pendant que votre monde est en train de s’effondrer… Vous autres les humanoïdes semblaient toujours vous désintéressé de ce qui est important…pour privilégier le superflu… ”

Yavanna, légèrement interloquée, mais résolue à ne pas se laisser parler de la sorte : “ Ne vous a t on jamais dit que vous étiez très désagréable ? Je viens de me réveiller, je ne vous connais pas, et vous me parlez comme si nous avions gardé les cochons ensemble.”

Fargreen fut étonné de la réplique, mais poursuivit néanmoins sur le même ton, comme si ne rien était : “ Je ne vois pas de quels cochons vous me parlez ? ? ? Mais, bon… Passons… Je côtoie rarement les gens de vos espèces. Si les circonstances m’avaient permis de me passer de cette promiscuité, je l’aurais certainement fait… Le destin en a voulu autrement...”

Yavanna, sentant la colère, pointer le bout de son nez : “ J’aimerais bien connaître les circonstances dont vous me parlez ! ! ! ”

Fargreen : “ Hum… Votre demande est acceptable …Je puis vous les exposer, si vous le souhaitez… ”

Yavanna, sur un ton cynique : “ Je ne voudrais pas vous obliger… Et pendant que vous y êtes, peut être que vous me direz pourquoi mes amis sont ainsi assoupi… ””

Fargreen : “ Ils posaient trop de questions… Je les ai… Disons… légèrement endormi ! ! ! ”

Yavanna : “ Ah ? Dois-je vous être reconnaissante de pas me faire subir le même sort, maintenant ? ”

Fargreen : “ Votre question est légitime. Je m’interrogeais justement sur cette éventualité. Les questions que vous autres, humanoïdes, me posaient, sont très souvent exaspérantes… Et me fatiguent très vite… Mais, étant donné que le destin a voulu que, désormais, nos chemins respectifs se mêlent, me voici bien obligé de subir ces questions… Dussent-elles être totalement sans intérêt pour beaucoup d’entre elles… ”

Yavanna n’en revenait pas. Au cours des deux derniers jours, son existence avait connu quelques rebondissements, et elle avait été confronté à plusieurs êtres sortant de son ordinaire. Là, la jeune elfe réalisa qu’ils n’étaient que quatre, ici, elle se demanda où pouvait être la délégation : “ Où sont les autres ? ”

Fargreen, sur un ton totalement indifférents : “ Morts… ”

Yavanna, blanchissant, et à moitié hystérique : “ Comment çà ? Morts ? ”

Fargreen, toujours aussi froid : “ Il m’est difficile de décrire une personne ayant définitivement quitté ce monde, par un autre terme ! ! ! ”

Yavanna : “ Mais… Mon père ? ”

Fargreen, sans la moindre réaction de compassion : “ Les vivants étant autour de vous, c’est qu’il est mort ! ! ! ”

Yavanna fut prise de vertige. Avec difficulté, elle se mit debout. Des larmes inondèrent son regard, puis coulèrent le long de ses joues. Soudainement, les sanglots la submergèrent…

Fargreen, toujours aussi impassible : “ Je conçois que cette nouvelle puisse vous attrister. Néanmoins, si nous pouvions éviter de perdre du temps pour de telles peccadilles… Nous en avons déjà perdu beaucoup, pendant que vous dormiez comme une souche ! ! ! ”

A la tristesse, se mêla une colère indescriptible. Yavanna dévisagea d’un regard noir son interlocuteur. Elle lui décocha une gifle… qu’il intercepta aussi aisément que l’on écrase un moucheron. A son tour, Fargreen lui rendit un regard noir : “ Il serait judicieux de votre part de calmer votre soudain accès de colère... ”

Yavanna, coléreuse, mais Fargreen tenant toujours sa main : “ Pourquoi donc ? Parce que je suis insignifiante à vos yeux ! ! ! ”

Fargreen : “ Vous n’avez encore rien fait qui me fasse changer d’avis ! ! ! A se demander si vous êtes réellement un des gardiens de Golarion ? ”

La colère laissa la place à l’incrédulité, Yavanna : “ De quoi parlez vous donc ? ”

Fargreen, un peu exaspéré : “ Vous avez dû remarquer que vous étiez en mesure de réaliser certaines choses, depuis très récemment… ”

Yavanna, sur ses gardes : “ En… En effet… ”

Fargreen : “ Un certain pouvoir s’est éveillé en vous. Il faudra du temps avant que vous ne le maîtrisiez totalement, mais même si vous n’êtes qu’une humanoïde, vous devriez quand même y parvenir… ”

Yavanna : “ Vous me traitez d’humanoïde… Comme si vous m’étiez supérieur ! ! ! Je vous signale que vous en êtes un également ! ! ! Dont je ne connais pas le nom, d’ailleurs…”

Fargreen, sur un ton hautain : “ Question superflue… Quant à votre manque de discernement, il m’afflige ! ! !

Yavanna stupéfaite par le ton de la réponse : “ Pardon ! ! ! ? ? ? ”

Fargreen, sur un ton encore plus hautain : “ Je veux bien que vos lacunes en matière de connaissances sur Golarion soient évidentes, mais ne pas reconnaître un dragon, lorsqu’un spécimen vous fait face… Voilà qui est pathétique ! ! ! ”

Yavanna, sentit la colère l’envahir de nouveau. Cette colère se disputa à l’étonnement de rencontrer un être aussi mythique. Pour autant, ce fut la colère qui l’emporta, et très rapidement. Elle répliqua, sur un ton narquois : “ Que messire Dragon pardonne mon ignorance… Sachez que si j’avais su, ce matin, que j’allais avoir l’insigne honneur de vous rencontrer, j’aurais plongé mon nez dans les parchemins et les livres ! ! ! Cela m’aurait permis d’être prête à combler vos attentes sur les connaissances que les HUMANOIDES doivent avoir de vous ! ! ! ”

Fargreen, ne relevant pas le ton narquois de la remarque : “ Je ne vois guère où vous auriez pu trouver de tels parchemins et livres en plein milieu de cette forêt ! ! ! Je vous pardonne donc… Il faudra néanmoins songer à corriger ces lacunes…”

Yavanna en fut atterrée… Ce dragon se tenait devant elle, et le moins que l’on puisse dire, c’est que son ton et son attitude générale étaient détestables ! ! ! En plus, le sarcasme et l’ironie semblait lui être totalement inconnue, le manque de contacts avec les humanoïdes, sans doute…
Elle opta pour poursuivre la discussion : “ Je vous signalerais que vous ressemblez à un être humain. ”

Fargreen : “ Hormis, mes yeux et ma peau bleue, si vous aviez été observatrice… Votre manque de connaissances et de compétences me laisse perplexe… Sachez qu’un dragon, lorsqu’il est encore jeune, peut demeurer sous sa forme humaine si il le souhaite. Il m’a paru plus sensé de me présenter sous cette forme devant vous. ”

Yavanna : “ Par peur que je m’enfuie, peut être… Terrorisée que j’aurais été ! ! ! ”

Fargreen : “ Je vois que vous n’êtes pas dépourvu d’un certain sens de la déduction. Voilà qui est déjà mieux… ”

Si ses bras avaient pu tomber, Yavanna les ramasserait à l’instant. Pour elle même : “ Nous voilà bien… Il me prend pour une crétine… ”

Fargreen poursuivit : “ Oui, en effet… Lorsque vos congénères m’aperçoivent, ils ont une fâcheuse tendance à s’enfuir… La discussion devient donc assez délicate à engager… ”

Yavanna : “ Et à quand remonte votre dernier contact avec mes congénères ? ”

Fargreen : “ Si je fais abstraction de ma discussion avec un certain Pyréas… Quarante ans… ”

A l’évocation de ce nom, Yavanna réagit : “ Vous connaissez Pyréas ? ”

Fargreen : “ J’ai en effet eu le regret de rencontrer ce triste personnage. Mais assez parler… Nous devons rallier Kaer Maga ! ! ! Nous poursuivrons cette discussion en vol. ”

Yavanna : “ En vol ? Mais… Et mon père ?”

Fargreen : “ Il n’est plus temps de s’occuper des morts ! ! ! Seuls les vivants peuvent encore agir sur l’histoire qui devra s’écrire… ”

Yavanna, ne sachant pas quelle attitude adopter : “ Et… Et Tzander et Malgen ? ”

Fargreen : “ Lorsqu’ils se réveilleront, il sauront qu’ils doivent aller à Iaddara, au plus vite, pour que les elfes du Kyonin aient le temps d’organiser leurs défenses et leur stratégie. ”

Yavanna était indécise, et, à contre cœur, résolu de suivre ce dragon, mais ajouta : “ Et comment sauront-ils si je vais bien ! ! ! ? ? ? ”

Fargreen : “ Ils le savent déjà. Ce Tzander, en tous cas. Il en informera ce Malgen. ”

Yavanna : “ Pourriez-vous arrêter de parler de mes amis ainsi ! ! ! ”

Fargreen : “ Pourquoi donc ? ”

Yavanna : “ Parce que ce sont mes amis, justement ! ! ! ”

Fargreen : “ Cette notion d’amitié m’est totalement étrangère. Et j’entends bien qu’elle le demeure ! ! ! ”

Yavanna : “ On ne peut pas être parfait… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que vous souffrez de nombreux défauts ! ! ! ”

Fargreen : “ Vous vous méprenez, Petite créature… A mes yeux, mes défauts sont insignifiants…En revanche, les vôtres sont …dramatiques… ”

Yavanna : “ Question de point de vue… ”

Fargreen : “ Libre à vous de penser de la sorte, pour le moment... Il faudra changer cela en plus d’améliorer vos connaissances générales… ”

Sur ces derniers mot, et sous les yeux médusés de Yavanna, Fargreen se métamorphosa en dragon : “ Allez ! ! ! En route, montez sur mon dos ! ! ! ”

Yavanna fut sceptique : “ Vous croyez que j’arriverais à tenir sur votre dos ? Ca ne m’est jamais arrivée ! ! ! ”

Fargreen : “ Je ne l’ai jamais fait non plus…Et je suis convaincu de détester cela ! ! ! Ce sera une première… Au pire, je vous rattraperais dans votre chute, si vous veniez à glisser de sur mon dos… ”

Yavanna, pas rassurée le moins du monde, et grimpant sur le dos : “ Trop aimable à vous… ”

Fargreen : “ En effet… Vous voyez que malgré vos capacités limitées, je tiens à ce que vous arriviez à bon port… ”

Yavanna : “ Ne vous a t-on jamais suggérer de vous exprimer d’une manière… moins directe ? ”

Fargreen : “ Pourquoi donc ? ”

Et, dans un nuage de poussière, le dragon prit son envol, avec une elfe, tenant tant bien que mal sur son dos les écailles du cou dudit dragon.


Une fois que toute la petite troupe eut franchi le portail, chacun put constater que la cité de Kaer Maga était en vue, depuis la petite colline où ils étaient apparus.

La cité de Kaer Maga était située sur un éperon rocheux, encerclé par la Yondabakari de part et d’autre.

Grâce à deux ponts de pierre, qui enjambent l’un, le premier bras à l’est, et l’autre ,le second bras à l’ouest, la cité est à un point stratégique et obligé. Elle fait le lien entre le Nord de la Varisie, plateau de Storval en tête, et le Sud vers Janderhoff et Korvosa.

De leur petite colline, située à l’Est de la cité, et surplombant la Yondabakari, chacun des membres de la petite troupe a eu tôt fait de détailler les remparts de Kaer Maga, Aerendir en tête.

Pyréas : “ Installons le campement à l’orée de ce bois, pour la nuit. Cela nous permettra de faire le point, et répondre à toutes vos questions. ”
Le vieil homme n’attendit pas une quelconque réponse, et se dirigea droit vers la lisière de la forêt toute proche, en contrebas de la colline.

Aerendir était encore à estimer les moyens de défense de la cité. Il demeura immobile

Alvynia, Glingal et Elannah se regardèrent, puis suivirent Pyréas.

Les jumeaux se chargèrent d’Astian et imitèrent leur mère adoptive.

Vink’lar : “ Bon… Je crois qu’il ne nous reste plus qu’à les suivre… ”

Zéphyr : “ Il semblerait… ”

Gourkok : “ Nous verrons plus tard pour se ravitailler, je suppose… ”

Tous les trois se dirigèrent à leur tour vers la forêt.

Gnaxlal se mit en mouvement. Décidément, il était loin le temps où il poursuivait Glingal dans les Monts de l’Esprit… Il s’immobilisa, pour constater qu’Aerendir contempler toujours la cité humaine : “ Vous me semblez bien pensif ? ”

Aerendir : “ A raison… Comment cette cité pourrait elle résister à un assaut d’orcs et de géants, malgré ses remparts et sa position défensive idéale… C’est un nid de vermines où l’ordre et la loi ont rendu l’âme il y a bien longtemps… ”

Gnaxlal : “ Je ne vous contredirez pas sur le dernier point… Quant à résister à l’armée que vous décrivez, tout dépendra de la défense qui s’organise dont nous a parlé Pyréas. ”

Aerendir toujours aussi pensif : “ En effet… ”

Les deux anciens ennemis rejoignirent les autres alors que le campement commençait à être installé…

Une fois cette tâche accomplie, Pyréas s’assit sur une pierre, et invita chaque membre à en faire autant.

A la mine sérieuse de Pyréas, chacun comprit que les bonnes nouvelles ne seraient pas légion : “ Il est temps que vous soyez conscients de ce qui vous attends. Avant tout, sachez que votre rôle, à chacun, sera primordial, mais à la mesure de vos compétences respectives. ”

Vink’lar : “ Dois je en déduire que la taille peut affecter la contribution de chacun ? ”

Pyréas : “ Ce n’est pas sous cet aspect que je l’entendais… Mais, maintenant que vous en parlez, cela pourrait également avoir un effet… Encore que, tout dépend de l’énergie déployée par la personne pour affronter les menaces qui vont se présenter… ”

Alvynia : “ Quelles sont-elles ? ”

Pyréas : “ On perdrait beaucoup de temps pour toutes les présenter. Nous allons donc limiter, pour le moment, cette liste. Commençons par le début…
Il y a de cela très longtemps… Avant le grand cataclysme… Et même avant que les elfes ne connaissent l’essor qui a été le leur, une magie très ancienne existait… ”

Alvynia : “ De quelle magie parlez-vous ? ”

Pyréas : “ Nous reviendrons sur cela…Poursuivons… Comme vous pouvez l’imaginer, et comme la nature nous le rappelle constamment avec le jour succédant à la nuit, les forces de l’ombre s’opposent à celles de la lumière.
C’est simplifié beaucoup les choses, car il y a beaucoup de nuances, mais partons, pour le moment de ce principe.
Cet affrontement, qui dure depuis que l’univers existe, et se poursuit encore maintenant, et continuera dans le futur également, va bientôt concerner Golarion. ”

Elannah : “ A quel point ? ”

Pyréas : “ En fait, nous pouvons envisager une guerre dévastatrice, qui va parcourir Golarion, et les premières batailles vont fleurir en différents points de ce monde. ”

Alvynia : “ Vous considérez donc que, jusqu’à présent, les massacres qui ont eu lieu, ne sont qu’insignifiants ? ”

Pyréas : “ Je ne vous apprendrais rien en faisant allusion à la destruction du monastère où vous deviez vous rendre, ni à la chute de la forteresse de Stanz, et encore moins au siège de la cité de Janderhoff… Et pour répondre à votre question, dame Alvynia, tous ces évènements ne constituent à mes yeux, en effet, que trois petites escarmouches du conflit à venir… ”

Aerendir : “ Si à vos yeux, il ne s’agit que d’escarmouches, à quoi correspondra la rencontre avec les géants, ici à Kaer Maga ? ”

Pyréas : “ La seconde grande bataille de cette guerre… ”

Alvynia : “ La seconde ? Et quelle est donc la première ? ”

Pyréas : “ A regret, je dois vous informer qu’elle est sur le point de se dérouler à proximité du lieu de votre naissance. Elle concernera même très rapidement le cœur même de ce lieu. Celwynvian va devenir le premier champs de bataille de la guerre qui nous attends… ”

Alvynia ressentit un choc : “ Que dites-vous ! ! ! ? ? ? Ce n’est pas possible… Cela n’est pas envisageable… Qui peut se permettre cela ? ”

Pyréas : “ Une créature venue du fond des âges… ”

Aerendir et Glingal venaient de blêmir à l’évocation de ce qui attendait Celwynvian.

Alvynia : “ Notre ennemi caché se montre donc enfin ! ! ! ”

Pyréas : “ Seulement ses sbires, pour le moment. Et pour être plus précis sa plus fidèle servante, Zéleph, une vile créature. ”

Aerendir : “ Nous savions que tôt ou tard, Celwynvian serait la cible d’une offensive. Nous avons préparé de longue date les défenses de la cité contre ce genre de menace. Et encore aujourd’hui, nous œuvrons dans ce sens, notre mission actuelle, notamment.”

Glingal : “ Quoi qu’ait pu préparer cette Zéleph, Celwynvian résistera à cet assaut, comme elle l’a fait depuis plusieurs siècles. ”

Pyréas : “ Sans doute si Zéleph avait été absente… Sa présence a modifié l’ordre des choses… ”

Aerendir : “ Zéleph échouera ! ! ! Il ne peut en être autrement ! ! ! Même si elle est l’alliée des drows, je ne vois pas comment elle pourrait faire face à la puissance de l’œil du Kyonin. ”

Le magicien réalisa qu’il en avait trop dit…Et se tut.

Glingal : “ Aerendir ! ! ! Vieillard sénile ! ! ! Divulgue donc à Gnaxlal et à un inconnu tous nos plans ! ! ! Ne te gênes pas ! ! ! ”

Pyréas : “ Toute la puissance magique que vous pourrez réunir ne changera pas le destin de Celwynvian. Pour la capitale des elfes de la Forêt de Meriani, l’histoire est déjà écrite… Si je puis me permettre… ”

Aux visages atterrés qu’il avait devant lui, il précisa :
“ Je ne voulais pas être aussi abrupte… Mais, il y a un fait inamovible… Votre magie ne sera jamais assez puissante pour contrecarrer l’attaque qui se prépare, et de notre côté, nous ne parviendrons jamais à constituer une force capable de repousser l’offensive drows. Le temps qui nous est imparti est trop court, vingt quatre heures, tout au plus… ”

Alvynia : “ Vous ne pouvez que faire erreur. Insinuez-vous que toute notre mission de diversion depuis les plaines du Chéliax n’aurait servi à rien ! ! ! ”

Glingal : “ Alvynia ! ! ! Deviens tu aussi sénile qu’Aerendir ? Cela suffit ! ! ! Qui que vous soyez réellement Pyréas, il est hors de question que nous vous dévoilions notre plan contre les drows et contre celle qui est derrière tout cela. Notre victoire ne peut qu’être écrite compte tenu de tous les efforts déployés ! ! ! ”

Pyréas : “ Je ne perdrais pas mon énergie à vous convaincre de l’inverse, mais je dois vous informer contre quoi vous vous battez.
Cette Zéleph est arrivée sur Golarion voici plusieurs années.
Elle a préparé… le terrain comme on pourrait dire… Comme vous l’avez deviné, elle a fait alliance avec les drows, mais aussi avec les shoantis, les géants et les orcs du plateau de Storval, et probablement d’autres races également.
Pendant tout ce temps, elle a organisé ce qui vient d’être déclenché.
Elle obéit à la Créature venue du fonds des âges, qui a porté de nombreux noms, mais que nous appellerons Myrsée.

Elannah : “ Qui est cette Myrsée ? ”

Pyréas : “ Nous y reviendrons plus tard, ma chère. Sachez seulement que Zéleph et ses alliés drows suffiront à balayer Celwynvian et toutes ses défenses. ”

Glingal : “ C’est totalement impossible ! ! ! La puissance de l’œil du Kyonin est tel qu’aucun drow ne survivra à l’assaut qu’ils envisagent. ”

Pyréas : “ Votre confiance aveugle dans la magie d’un objet est excessive. ”

Glingal : “ Et pouvez-vous nous dire en quoi cette Zéleph pourrait aider à balayer Celwynvian ? ”

Pyréas : “ La connaissant, il est fort probable qu’elle soit parvenue à rendre à la vie à tous les drows qui ont succombé aux épreuves qui se sont dressées face à eux, pour se faire une place dans l’Outre-terre. C’est à dire entre le moment de la chute de l’étoile sur Golarion et le retour de vos congénères elfes après leur fuite. ”

Alvynia était devenue livide. Elle mesura l’importance de la menace pour Golarion si ce que Pyréas venait de dire était vrai… Aerendir n’en menait pas plus large… Les mauvaises nouvelles continuaient de s’accumuler.
Quant à Glingal, elle ne parvenait plus à trouver ses mots…


Un grognement attira l’attention de d’Anasträelle et Loz.

“Loz : “ Ah… Il semblerait que notre dormeur daigne reprendre conscience. ” et s’adressant à la Reine : “ Il va falloir décider de ce que nous faisons. ”

Anasträelle : “ Et puis-je savoir quels sont les choix possibles ? ”

Loz : “ Il n’y en a qu’un… De fait, nous ne pouvons plus nous rendre ni au camps des drows de la forêt de Santos, ni à Celwynvian. Cela ne nous apporterait rien de bon… Il ne nous reste plus que Kaer Maga. ”

Anasträelle : “ Peut être considérez-vous qu’il ne nous reste plus qu’un seul choix, mais ce n’est pas mon cas ! ! ! je dois considérer toutes les possibilités.”

Loz : “ Objectivement, ce serait perdre un temps beaucoup trop précieux… Voir Celwynvian détruite, puis Kaer Maga également, seulement parce que vous souhaitez consacrer du temps à la réflexion, alors qu’il n’y a pas lieu d’en dépenser en raison de l’absence de choix… C’est manqué de discernement. ”

Anasträelle : “ Sachez, Monsieur… Que mon discernement va très bien. Et sachez aussi qu’habituellement, pour les gens normalement constitué, il est plutôt difficile d’abandonner son peuple à un sort très peu enviable. ”

Loz, d’un ton glacial : “ A leur fin, vouliez-vous dire… ”

A cet instant, le regard d’Anasträelle aurait pétrifié n’importe quel interlocuteur : “ Votre compassion à l’égard de mon peuple semble être aussi dérisoire que les chances de survie d’un poisson sur le sable en plein désert ! ! ! ”

Loz, du tac au tac : “ Ne confondez pas manque de compassion et indifférence… Que je sache, votre peuple n’a rien fait pour sauver le mien des assauts des néo-varisiens. ”

Anastraëlle : “ Nous n’intervenons pas dans les querelles internes aux royaumes des humains. Si nous le faisions, nos armées seraient tout le temps sur le chemin de la guerre ! ! ! ”

Loz : “ Nous sommes donc d’accord. J’en conclue que vous n’avez ressenti aucune compassion malgré l’existence d’un nombre élevé de victimes shoantis lors de cette… querelle interne, comme vous dites. ”

Anastraëlle : “ Je… Pas tout à fait… enfin… Ce n’est pas totalement exact... ”

Loz : “ C’était pourtant mon ressenti à l’égard de votre peuple, qui nous a abandonné à notre triste sort. Comme ca doit être le vôtre à cet instant vis à vis de moi qui vous incite à rallier Kaer Maga sans un regard en arrière. ”

Anastraëlle garda le silence quelques instants. Elle poursuivit : “ Je ne peux qu’admettre que vous n’avez pas totalement tort… ”

Loz : “ Je pense être bien placé pour savoir ce que vous pouvez ressentir. De plus, je sais aussi contre qui et quoi l’on va se battre si nous nous rendons à Celwynvian. Ceci en faisant abstraction du temps qu’il nous faudra pour nous y rendre… Mon peuple et le vôtre n’avons pas l’once d’une chance de vaincre. Comme le poisson de survivre sur le sable en plein désert, si je puis me permettre de reprendre votre idée imagée. ”

Anastraëlle s’abîma dans sa réflexion, puis : “ Puisque vous semblez savoir ce que je ressens, vous devez donc deviner qu’il m’est très difficile de songer à abandonner les miens, quand bien même cela s’avérerait être la seule solution objective… Et réalisable. ”

Loz : “ Dois-je déduire de votre constat réaliste que, même si la décision fut extrêmement difficile à prendre, votre choix est fait. ”

Anastraëlle, le regard dans le vide : “ Je ne peux que me rallier à l’option de rallier Kaer Maga. Encore faudrait-il pouvoir traverser la Tortue. Aucun arbre ne semble vouloir être transformé en embarcation. ”

Loz : “ Un cadeau amère de la Créature… Je pense pouvoir remédier à ce problème… ”

L’instant suivant, Hangbar, se releva péniblement, et se tint la tête : “ Bordel de … ” Puis ravalant ses paroles et se ravisant “Que s’est-il passé ? ”. Il regarda ensuite la Reine : “ Je savais que vous n’étiez pas du genre à apprécier mes arrivées en fanfare dans votre tente, mais de là à me mettre K-O pour le compte…
 

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CHAPITRE 11 :
Malgré tous les doutes émis sur la réussite de cette mission, Lorelei devait bien convenir que l’objectif était quasiment en vue.
Elle n’avait rencontré aucun obstacle insurmontable. Son voyage l’avait mené du Kyonin jusqu’à la forêt de Miriani.
Entre temps, elle avait rallié la ville de Cassomir, dans l’Andoran, après avoir descendu tout le cours du Sellen.

Arrivée à cette ville, elle avait embarqué, sous les traits d’une commerçante, à bord d’un navire qui l’avait emmené, à travers la Mer intérieure, jusqu’à l’arche d’Arroden, et plus précisément jusqu’à la cité de Corentyn.
La chance avait été avec elle. Le navire n’avait rencontré que des tempêtes assez faibles, compte tenu de la saison.

Bien sûr, le rafiot avait essuyé quelques dommages, mais rien susceptible de devoir le conduire dans un port pour réparation.

A Corentyn, elle était parvenu à se dégotter une place dans un navire de grande mer, contre espèces sonnantes et trébuchantes, bien sûr.
En fait, la moitié de sa bourse, déjà passablement dégarnie, avait été nécessaire.

Le navire, après une escale à Magnimar, avait atteint, le but de son trajet : Port Enigme.

Bien qu’ayant parcouru sans problème une distance respectable pour parvenir jusqu’à cette cité, c’est dans celle-ci que Lorelei fut confrontée à l’épreuve la plus ardue de son voyage, en apparence tout du moins.
Elle fut confrontée à une bande de cinq coupe-jarrets, conformes à la réputation des pires caricatures circulant sur l’apparence et le comportement de certains citoyens de cette cité pirate.

Leur absence de bon sens, devra désormais compléter cette triste description.

En effet, à aucun moment, ces cinq gaillards, sûrs de leurs faits, n’aurait pu imaginer une seconde, que cette commerçante maigrichonne pussent les planter là, de cette manière, dans un canal boueux, eux et toutes leurs armes tranchantes.
Car en effet, pour ces cinq malfrats, la journée de cette rencontre restera gravée très longtemps dans leur mémoire… Et pour être plus précis jusqu’à leur lit de mort…

Dire que tout cela débuta par un banal croque en jambe, totalement imprévu par un de ces benêts, n’enlève ou n’ajoute (question de point de vue) rien au piètre degré de courage dont ils firent preuve en s’attaquant à cinq, à une marchande, seule, ne représentant qu’une menace limitée pour leur vie.

Certains, pourtant, et eux notamment, émettraient l’avis contraire, en prétextant quelques raisons aussi saugrenues que ridicules, et même en réévaluant le degré de ladite menace constituée par cette commerçante.

Malheureusement, leurs épitaphes seraient erronées de prendre en compte la menace que put constituer cette commerçante, en raison du fait, que celle-ci n’eut même pas le besoin de sortir sa lame pour se défendre…

Ainsi, donc, revenons à l’instant de l’involontaire croc en jambe réalisé par Lorelei sur le premier de ses assaillants.

Celui-ci, confiant en sa capacité à agripper sa future victime, tenta de l’empoigner. Or, se faisant, il marcha sur la cape de ladite victime potentielle… Qui, prise par surprise, et tirée en arrière, s’écroula à terre. , Pour ce “ courageux assaillant ”, à la démarche aussi svelte et légère qu’une baleine, le corps de l’elfe devint un obstacle aussi insurmontable que déséquilibrant.
En perte d’équilibre, le pauvre haire empoigna de sa main désarmée, la première chose qui se situa à proximité, à savoir… son compagnon, à sa suite…
Cette décision malheureuse eut pour conséquence d’expédier les deux premiers assaillants, sur un lit d’algue, au fond du canal bordé par un quai en bois…où se trouvait présentement Lorelei, allongée de tout son long, mais se préparant à se défendre, désormais…

Cette journée aurait sans doute vu la fin de Lorelei, si, d’aventure, le second assaillant, dans sa panique à ne pas être précipité dans le canal, n’avait pas expédié, de manière totalement involontaire, sa dague dans l’œil du troisième comparse, une véritable bête humaine de plus de 150 kilos.

Une telle blessure lui fut évidemment fatale. Il s’écroula comme une masse, sur le quai de bois, dont les planches à proximité ne résistèrent pas à cette pression soudaine, et ceci après plusieurs années de bons et loyaux services envers tous les marins de passage.

Le hasard (et oui, encore lui…), voulut que les deux derniers assaillants soient juste à côté de cette énorme masse de muscles, et donc des planches légèrement vermoulues du quai.

Les planches, justement, en cédant, eurent la “ gentillesse ” d’inviter les quatrième et cinquième benêts, dans une chute qui s’acheva, pour tout ce petit monde, sur le lit d’algue du canal, sur lequel les avait déjà précédé les deux premiers assaillants.

Cette mésaventure aurait put se terminer sur quelques menus égratignures…
A l’exception du gros benêt, malchanceux dans sa tentative d’intercepter une dague avec son œil, bien évidemment… mais quelle idée, aussi, d’avoir cette idée aussi saugrenue…

Mais… le hasard… toujours et encore lui… plaça malencontreusement, un spécimen de Barracouda des Marais, à proximité du lieu de chute.

Trop content d’avoir un repas se présentant de lui-même, la brave bête s’occupa du sort des quatre malheureux, étonnants survivants à leur maladresse jusque là.
Les derniers instants de ces malheureux sur Golarion, consistèrent à s’extirper d’une mélasse d’algues, leur futur lit de mort, peu enclin à les laisser librement s’évader face à un danger à la dentition impressionnante…

Entre temps, Lorelei, quant à elle, encore surprise par le déroulement des événements, s’était relevée. Elle était sur le quai, observant, incrédule, le festin auquel ses cinq agresseurs participaient de façon tout à fait involontaire, en tant que met de choix…


Mais revenons au temps présent…La jeune elfe cheminait tranquillement en pleine forêt de Meriani, à deux heures de marche, tout au plus, de son but, Celwynvian.
Elle était en train de se remémorer la chronologie de ces événements, pour le moins burlesque, sauf pour les cinq victimes, lorsque son ouïe capta une déflagration puissante.

Celle-ci lui glaça le sang. Cette déflagration n’avait rien de naturelle. En un éclair, ses réflexes lui assurèrent une dissimulation derrière le premier arbre à portée.
De nouvelles détonations se produisirent. Elles lui permirent de localiser approximativement leur endroit d’origine.
Dessinant mentalement une carte du secteur entourant Celwynvian, et orientant le bruit par à rapport à sa position, elle devina facilement que ces explosions provenait de la balafre de Mormegil.

Fouillant dans sa mémoire d’éclaireur, elle se rappela de l’existence d’une colline non loin de sa position.

De cet endroit, elle pourrait avoir une vue suffisamment plongeante pour se rendre compte précisément de ce qui se passait.


Alvynia, Aerendir et Glingal étaient encore sous le choc.

Elannah avait dû mal à réaliser ce qui se déroulait sous ses yeux. Le monde qu’elle avait connu était sur le point de connaître de profonds changements.

Gnaxlal, lui, emboîta toutes les pièces de ce qui avait semblé un puzzle : “ Ainsi donc, voici la raison de nos confrontations multiples, et de ma venue imprévue parmi vous. Récupérez ce fameux œil du Kyonin.”

Glingal : “ Bravo à vous deux ”, lançant des éclairs avec son regard à destination d’Alvynia et Aerendir. “ Voyez ce que vous avez fait ! ! ! Notre ennemi est désormais au courant de notre plan le plus secret. ”

Gnaxlal : “ Cessez donc de vous voiler la face, prêtresse. Croyez vous que je vais m’envoler pour révéler votre plan à cette Zéleph. Il semblerait qu’elle se débrouille très bien à envahir votre pays sans avoir besoin de savoir ce que vous lui avez préparé comme surprise. ”

Glingal : “ Mais pour qui vous prenez-vous misérable drow. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, votre existence était vouer à mon élimination ! ! ”

Gnaxlal : “ Tout à fait ! ! ! Et pour être plus précis, c’est ce qui serait advenu dans le cas où je ne serais pas parvenu à vous capturer. Le destin de chacun suit parfois des voies surprenantes. A présent, je fais partie de votre groupe.
Pour autant, soyez rassurée pour une chose, Cette Zéleph, que je n’ai jamais rencontrée, me semble totalement ignorer en quoi vous pouviez être menaçante. J’oserais même dire qu’elle comptait se prémunir contre un risque mineur, celui que vous puissiez percer à jour ses plans machiavéliques avant qu’elle ne se révèle au grand jour. ”

Pyréas : “ Vous êtes perspicace mon ami. ” Et s’adressant à la prêtresse : “ Et vous, pleine de ressources insoupçonnées par cette Zéleph. ”

Glingal : “ Que voulez-vous dire ? ”

Pyréas : “ Je ne doute pas de la puissance magique de votre œil du Kyonin. Malheureusement, il ne sera pas suffisant pour arrêter ce qui se prépare… Quant à Zéleph , je suis convaincu qu’elle n’a à aucun moment imaginé ce que vous pouviez préparer pour la contrer. Ceci étant dit, si d’aventure, vous souhaitiez que je vous y conduise par un portail, oubliez cette idée. Ce serait du suicide. ”

Glingal hésita : “ Je… ”

Gnaxlal avait compris. Il intervint : “ Ce n’est pas vous qui le détenait. Comme Alvynia vient à peine de le dire, vos amis et vous-mêmes n’êtes qu’une diversion destinée, non seulement à m’attirer, mais également toutes les forces de cette Zéleph. ”

Pyréas : “ Une stratégie intéressante… Mais qui pourrait se retourner contre vous, ma chère Glingal. Surtout pour celui ou celle qui le transporte à l’heure actuelle. ”

Jusqu’alors, Alvynia s’était abîmée dans ses pensées. Elle ne suivait que de très loin la conversation qui se déroulait devant elle. Elle n’avait retenu que deux choses : Celwynvian allait être attaquée, et, sans intervention, l’œil du Kyonin disparaîtrait en même temps que la cité elfe. Soudain, elle intervint, coupant la conversation : “ Nous ne pouvons abandonner Celwynvian. Nous devons nous y rendre ! ! ! Nous ne pouvons pas laisser Lorelei et l’œil du Kyonin tomber entre les mains de cette Zéleph et des drows ! ! ! ”

Glingal fut sous le choc : “ Alvynia ! ! ! Stupide gamine… ”

Gnaxlal : “ Il n’est plus temps de faire des cachotteries, prêtresse ! ! ! Alvynia a raison. Même si je ne connais pas les capacité de cet œil du Kyonin, je crois qu’il est évident qu’il est peut être l’une de nos meilleures armes. Et il est sur le point de tomber entre les mains de l’ennemi. Nous devons faire quelque chose ! ! ! ”

Alvynia : “ Pyréas. Nous devons aller à Celwynvian pour trouver Lorelei et l’œil qu’elle transporte, pour les ramener. ”

Pyréas : “ Vous ne comprenez pas. A l’heure qu’il est, les elfes ont déjà dû battre en retraite de la balafre de Mormegil. Ils sont même en train d’organiser la défense de Celwynvian. La cité doit être sur le point d’être encerclée par les drows.”

Alvynia : “ Comment cela ? Ce n’est pas possible ! ! ! Jamais les elfes n’auraient abandonné leur position autour de la balafre ! ! ! ”

Pyréas : “ Deux dragons noirs crachant leur feu mortel peuvent changer bien des choses… ”

Alvynia se concentra, à la recherche de l’aura magique dégagée par ces créatures. Puis: “ Mais… Comment pouvez vous le savoir ? Je ne repère pas leurs auras ! ! ! ”

Glingal : “ Vous inventez des événements pour que l’on fasse ce que vous souhaitez ! ! ! ”

Pyréas : “ Je préférerais. Mais tel n’est pas le cas. Quant à repérer ces deux dragons, j’y parviens de la même manière qu’Elannah et Gnaxlal peuvent le faire ! ! ! ”

Interrogatives, Alvynia et Glingal se tournèrent vers la demi-elfe et le drow : “ Que veut-il dire ? ”

Elannah : “ Je… Je ne sais pas trop comment l’expliquer… ” La demi-elfe se concentra et localisa mentalement les deux dragons dont Pyréas venait de parler. Ils étaient en pleine action. L’énergie qu’ils déployaient était phénoménale.”
De son côté, Gnaxlal était surpris d’être parvenu à les repérer également, bien que l’aura qui émane d’eux ne provienne pas de la magie qu’il connaissait jusqu’alors.

Pyréas : “ C’est à moi de vous l’expliquer. ”

Tous les regards se tournèrent vers le vieil homme.

Pyréas : “ Et une fois que je l’aurais fait, nous déciderons de la conduite à tenir pour votre amie Lorelei et l’œil du Kyonin. ”


Fargreen volait en direction du soleil couchant, plein ouest, donc.

De sa position quelque peu inconfortable, Yavanna contemplait le paysage qui défilait sous le ventre de ce dragon bleu.
Il n’était pas très bavard.

Il était même sauvage… Ignorant les quelques questions qu’elle avait pu lui poser depuis leur décollage dans le Kyonin, il y a plusieurs heures de cela.

Yavanna n’y tenait plus. Jusqu’ici, elle s’était retenue, mais cette fois-ci, elle haussa le ton, bien décidée à être entendue malgré le vent fouettant son visage : “ Je ne sais pas si vous semblez en être conscient, mais il est très vexant que quelqu’un ne réponde pas aux questions qu’on lui pose ! ! ! ”

Encore une fois, le dragon sembla ignorer…

Yavanna, de plus en plus agacée : “ J’espère que cette attitude désagréable n’est pas dû à votre trop grande estime de vous même ! ! ! Ce serait navrant… ”

Un des yeux de Fargreen observa, l’espace d’un instant, la petite créature sur son dos, puis repris sa position initiale.

Yavanna : “ Saviez-vous que certains humanoïdes parviennent à se parler grâce à un langage composé de signes fait avec leurs mains. Auriez-vous votre propre langage, également ? Fait de mimiques avec vos yeux et vos ailes ? Et peut être même de votre queue ?”

Cette fois-ci, ce furent les deux yeux du dragon qui croisèrent le regard de la jeune elfe. Pour autant, ils ne s’attardèrent sur elle que quelques instants.

Yavanna : “ Si vous voulez que je vous comprenne, il serait avisé de votre part que vous m’expliquiez les subtilités de votre langage… corporel. Le dandinement de votre arrière train ponctue-t-il chacune de vos phrases ?”

Le dragon émit un grognement…

Yavanna : “ Et le son de votre respiration, le début de chacune de ces phrases ? ”

Fargreen : “ Votre don à la virulence gratuite semble bien plus développé que vos capacités naissantes à interagir dans le destin de Golarion. ”

Yavanna : “ Mais il parle ! ! ! Auriez-vous retrouver votre voix ? ? ? Au détour d’un de ces nuages…sans doute…”

Fargreen : “ Je n’ai pas pour habitude de concerter avec les créatures d’un rang inférieur au mien. Comme je vous l’ai déjà dit, elle terminent généralement dans mon estomac ! ! ! Je pensais qu’en vous précisant cela, vous garderiez le silence pendant notre vol… De toutes évidences, ce n’est pas le cas…”

Yavanna : “ Malpoli, désagréable, imbu de lui-même, voire prétentieux…Ce doux florilège de qualificatifs sur votre personne vous agréait-il ? ”

Le dragon grogna une seconde fois, puis ajouta : “ Vous n’êtes peut être pas la première humanoïde à me parler ainsi,… Mais vous êtes assurément la seule à être encore vivante… ”

Yavanna : “ Formidable… Je suis heureuse de l’apprendre… Cependant, je tiens à vous préciser que vous êtes la seule personne présente… dans le secteur… à pouvoir m’expliquer où nous allons… Ce qui m’arrive quand je pense à certaine chose… Et pourquoi quelqu’un a fait assassiné mon père et tenter de faire de même avec moi et mes amis Tzander et Malgen. ”

Le dragon resta silencieux un moment. Yavanna ne savait pas s’il réfléchissait à ce qu’il allait répondre, ou s’il allait encore une fois l’ignorer.

Puis, au bout de quelques instants, Fargreen parla : “ Je dois reconnaître qu’à défaut d’avoir ma valeur, vous ne manquez pas de courage. ”

Puis nouveau silence. En elle-même, Yavanna se demanda : “ Il ne va quand même pas s’en tenir qu’à çà ! ! ! ”

Puis, Fargreen poursuivit : “ Avant de répondre, en tant que dragon, nous aimons prendre le temps de la réflexion. ”

Yavanna : “ C’est une qualité… Parfois…Mais… Il ne me semblait pas avoir posé une question nécessitant autant de temps pour une réponse… Si j’osais, je me permettrais de vous inciter à diminuer ce temps de réflexion lorsque le sujet permet une réponse rapide. ”

Fargreen : “ Vous osez et vous permettez bien des choses, frêle humanoïde. ”

Yavanna : “ Vous n’êtes pas le premier à me le faire remarquer… Cependant, cela permet parfois de faire avancer les choses… ”

Fargreen : “ Vous êtes également très directe dans vos propos lorsque cela vous arrange… ”

Yavanna : “ Ce n’est pas faux… Justement, avant d’oublier, j’apprécierais que vous vous adressiez à moi en utilisant mon nom. ”

Fargreen : “ Et moi, je ne l’apprécierais peut être pas… ”

Yavanna : “ Frêle humanoïde, ca ne fait pas très compagnon d’arme… Vu que les circonstances nous conduisent à devoir nous côtoyer assez souvent désormais, je pense que m’appeler par mon nom serait une bonne chose… Vous pouvez même me tutoyer, si l’envie vous en prend…”

Fargreen, d’un œil interrogateur, observa la jeune elfe : “ Jusqu’à il y a très peu de temps, vous m’auriez servi de hors d’œuvre. Comme je vous l’ai déjà dit, je n’ai pas pour habitude de disserter avec mes repas… Encore moins de les tutoyer… ”

Yavanna : “ Vous recommencez à être désagréable… Tout compte fait, ce n’est pas vrai. Vous avez gardé une certaine constance dans cette attitude… ”

Fargreen : “ Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je suis un dragon bleu ! ! ! ”

Yavanna : “ J’ai entendu dire que ce genre de dragon n’est pas réputés être très cordial avec les humanoïdes en général. Je dois bien reconnaître que vous faites le nécessaire pour respecter cette réputation… Mais vous êtes aussi un être doué d’intelligence. ”

Fargreen : “ Supérieure à la vôtre, indéniablement… ”

Yavanna : “ Libre à vous de le penser… Personnellement, j’émets quelques doutes… ”

Fargreen interloqué, si toutefois un dragon peu laisser paraître ce genre de sentiments sur les traits de sa figure : “ Sur mon intelligence ! ! ! ? ? ? ”

Yavanna : “ Tout à fait. Rendez-vous compte : Si nous devons combattre côte à côte, et si vous devez me prévenir d’un danger, me nommer frêle humanoïde laissera tout le temps à notre ennemi de m’occire… Y avez-vous songé ?”

Fargreen : “ Maintenant que vous en parlez, je pense plutôt que ce sera le temps de ma réflexion qui aura raison de votre existence… J’aurais bien du mal à opter entre la possibilité de vous prévenir, et celle de ne pas le faire… ”

Yavanna : “ C’est parce que vous ne me connaissez pas aussi bien que je me connais… Je suis convaincue que vous finirez par m’apprécier. ”

Fargreen, jeta un regard interrogateur à la jeune elfe.

Yavanna, captant ce regard : “ Je comprends que vous puissiez en douter, mais vous verrez… ”

Fargreen soupira : “ Je suppose qu’il serait illusoire d’envisager que nos discussions soient plus… rares. ”

Yavanna : “ Comment voulez-vous me connaître, et m’apprécier, si nous ne discutons pas entre nous. ”

Fargreen grogna, cette fois-ci : “ Il semblerait donc que je doive faire avec… ”

Yavanna : “ Il semblerait en effet… Ne nous arrêtons pas en si bon chemin, si vous m’expliquiez la nature de mes pouvoirs, à présent. ”

Fargreen se remémora le temps où le silence de ses réflexions régnait dans son antre… Ce temps était clairement révolu. La ou les responsables de sa présence ici, cet ennemi dissimulé, allait rapidement apprendre à quel point la colère d'un dragon bleu est susceptible d’être hautement préjudiciable pour le bien être dudit ennemi ! ! !


Pyréas : “ Bien. Commençons par le début. Gnaxlal et Elannah sont des gardiens de Golarion. ”

Vink’lar : “ Des quoi ? ”

Pyréas : “ Des gardiens de ce monde. Ils sont l’opposé de Zéleph dont je vous ai parlé, ainsi que des deux dragons. ”

Aerendir : “ Je suis heureux d’apprendre que nous avons deux gardiens de Golarion parmi nous, mais je m’inquiète plus pour Celwynvian, et sur l’origine de ces deux dragons. D’où viennent-ils ? Ils ne sont pas sortis de leur chapeau du jour au lendemain ! ! !”

Pyréas : “ Zéleph a dû leur permettre de venir jusqu’à Golarion. Leur origine, je ne la connais pas précisément. Probablement que ces deux dragons sont des gardiens aux ordres de Myrsée. ”

Vink’lar : “ Cela fait plusieurs fois que vous nous parlez de cette être, Mais qui est-elle vraiment ? Si elle est une menace pour Golarion, qu’elle vienne, et elle goûtera au tranchant de ma hache… ”

Gourkok : “ Et à celui de GRANDE TRANCHEUSE… ”

Pyréas : “ Ne soyez pas si pressé de la rencontrer mes chers… Sa nature est difficile à définir. Sa puissance dépasserait votre imagination. Elle a ravagé un nombre considérable de mondes. Et chaque fois, les habitants de ces mondes ont été ses victimes…

Alvynia : “ Nous ne laisserons personne envahir notre monde. Mais avant qu’elle ne vienne, nous nous débarrasserons de cette Zéleph ! ! ! ”

Pyréas : “ Vous avez totalement raison. Elle est la clef de tout ! ! !
Il faut que vous sachiez une chose. A ma connaissance, Myrsée n’a qu’un point faible, elle ne peut se déplacer sur un monde sans qu’un certain artefact lui permette de le faire. ”

Aux mines perplexes autour de lui, Pyréas poursuivit rapidement :
“ Pour simplifier, nous parlerons d’énergie négative. Plus cette énergie est importante, et plus Myrsée trouvera la voie de ce monde à travers l’univers. Comme un phare, d’une certaine manière.
Pour cela, il faut un réceptacle à cette énergie. Il s’agit d’un artefact, une sorte de réservoir à cette énergie. Il peut prendre diverses formes. Seule Zéleph connaît le lieu où il se trouve, et elle seule le surveille. L’énergie négative s’y accumule au fur et à mesure des méfaits perpétrés sur le monde visé. ”

Zéphyr : “ Vu que cette Zéleph est sur Golarion depuis quelques temps, cette énergie a donc déjà commencé à s’accumuler. ”

Pyréas : “ Finement observée, jeune dragonne. En effet, et cela depuis son arrivée.

Alvynia : “ Comment peut-on savoir à quel point ce réservoir est rempli ? ”

Pyréas : “ Grâce aux effets qu’il provoque sur les planètes où il se trouve. La fréquence des aurores boréales et australes augmente. Lorsque cet artefact est sur le point d’atteindre le niveau adéquate, ces aurores se voient à toutes latitudes et tous les jours… ”

Alvynia : “ Voilà qui n’est pas encore le cas… Et que viennent faire les gardiens de Golarion là-dedans. ”

Pyréas : “ Sur chaque monde que Myrsée vise, ses sbires, en l’occurrence, Zéleph et toutes ses créations, provoquent des effets secondaires involontaires. La création de ces gardiens est un de ses effets… ”

Zéphyr : “ Je suis heureux d’apprendre qu’Elannah et Gnaxlal sont des gardiens de Golarion, et qu’ils sont un des effets secondaires des pratiques de cette Zéleph mais, à vous entendre, ce ne sont pas deux gardiens qu’il nous faudrait… Il en faudrait plusieurs milliers ! ! ! Et pourront-ils détruire Myrsée, si elle arrive sur Golarion ?”

Pyréas : “ Elannah et Gnaxlal ne sont que deux gardiens parmi d’autres. Aujourd’hui, je ne suis pas capable de vous prédire combien de gardiens abrite ou abritera Golarion face à la menace qui pèse sur elle.
Je n’ai qu’une certitude, c’est que jusqu’ici, aucun gardien n’a encore vaincu Myrsée. ”

Vink’lar: “ Comment pouvez-vous le savoir ? ”

Pyréas ne répondit pas immédiatement. Comme s’il cherchait ses mots, puis : “ J’ai également été un gardien, et le suis toujours, d’une certaine manière. Mon monde a été détruit par Myrsée. J’ai survécu, mais j’ai été vaincu. Depuis, après être parvenu à retrouvé Zéleph, je la poursuis, car elle a été à l’origine de la destruction de mon monde. Depuis nous nous sommes déjà rencontré à plusieurs reprises… ”

Vink’lar: “ Et le résultat ? ”

Pyréas : “ Nous sommes encore vivants tous les deux… Des mondes ont survécu à sa venue, d’autres et leurs populations ont disparus à tout jamais. ”

Vink’lar : “ On ne peut pas dire que vous ayez le don de rassurer vos interlocuteurs... ”

Pyréas : “ Pour ces mondes, ma contribution est modeste. Je me contente, dans mes maigres moyens, d’organiser la défense du monde qu’elle vise. J’aide les gardiens à prendre conscience de leur pouvoir respectif. ”

Elannah : “ Vous ne semblez pourtant pas dénué de pouvoirs. ”

Pyréas : “ Certes… mais lors de ma confrontation avec Myrsée, j’ai perdu une grande partie de mes pouvoirs. Elle m’a vaincu et a absorbé mon énergie vitale. Sans un dernier réflexe salvateur, et le sacrifice d’un ami, je ne serais plus là pour vous en parler. ”

Elannah : “ Je suis désolée… ”

Pyréas : “ Vous n’y êtes pour rien… Myrsée et Zéleph sont les seules responsables. ”

Vink’lar : “ Et ces gardiens. Qu’ont-ils de particulier ? ”

Pyréas : “ Chacun a un pouvoir particulier. La source de ce pouvoir peut provenir des plantes, de l’eau sous toutes ses formes, de l’air, de certains animaux, du feu, de la terre et d’autres choses qui pourraient vous sembler incompréhensibles.
Les gardiens sont complémentaires les uns pour les autres. Certains pourront vous sembler puissants, d’autres insignifiants… Mais même ceux qui paraissent ridicules peuvent, sur une seule intervention, faire basculer le destin d’un côté ou de l’autre. ”

Gourkok : “ J’espère que celui d’Elannah peut servir à nous trouver de quoi manger… Les poissons t’obéissent peut être… On essaiera tout à l’heure, dans la rivière en contrebas. ”

Pyréas : “ Vous avez compris le principe jeune demi-orc. Mais je crains que votre estomac ne doive patienter très longtemps si vous comptez sur Elannah pour qu’elle appelle les poissons à venir dans votre épuisette… ”

Gourkok : “ Ah… Dommage… ”

Vink’lar : “ S’ils ne s’agit pas d’appeler les poissons, quel est son pouvoir ? ”

Pyréas se tourna vers la demi elfe : “ Vous avez dû le deviner… L’arrivée de cette Algrion vous a obligé à avoir recours à celui-ci. ”

Gnaxlal : “ Justement, avant de poursuivre, si vous pouviez me dire ce qui a transformé ainsi celle que je connaissais. ”

Pyréas : “ Il s’appelle Arkin… Et c’est un troisième dragon noir. Un autre sbire de Myrsée… Il a dû éliminer votre ancienne amie, et en faire une de ses marionnettes. Arkin est l’un des disciples de Zéleph. Il a le même pouvoir qu’elle. Rendre à la vie des morts. Et en faire des marionnettes. ”

Alvynia, d’un ton amère : “ Voilà qui est réjouissant… ”

Pyréas : “ Je pense qu’il est arrivée voici peu de temps. Ou plutôt, je ne l’ai détecté que très récemment… mais revenons à votre cas, jeune Elannah. Avez-vous deviné quel sera votre pouvoir ? ”


Tzander et Malgen observaient le terrain alentours. Ils marchaient à travers la forêt depuis une petite heure.

Ils avaient enterré leurs compagnons, ainsi que leur roi, avant de reprendre leur route vers Iaddara.

Ce Fargreen avait eu un comportement détestable.

Malgen était très inquiet de savoir Yavanna avec cet énergumène ! ! !

Tzander lui avait expliqué que le dragon emmenait avec lui Yavanna jusqu’à Kaer Maga.

Alors qu’il le suivait, Malgen avait également eu l’intention de poser quelques questions à ce dragon nommé Fargreen.
Même s’il était venu à leur secours, il n’y avait aucune raison de s’abstenir de poser de bonnes questions.

Or, Malgen n’avait même pas eu le temps d’esquisser une parole ou un geste pour se prémunir contre le sort que lui avait jeté ce misérable… Il s’était écroulé.
Ses pouvoirs avaient été trop sollicités par le combat contre les orcs.

Debout à regarder la forêt alentour, il se remémora son réveil.
Alors que Tzander dormait comme un nouveau-né, Malgen avait paniqué lorsqu’il avait constaté la disparition de la fille de son roi.
Un énorme sentiment de culpabilité l’habitait depuis la découverte de la dépouille de son vieil ami.
Il se considérait comme l’unique responsable de la mort de ce dernier.
Il était hors de question qu’un sort identique ne s’abatte sur la progéniture de celui-ci ! ! !

Il avait donc secoué comme un prunier le malheureux Tzander, qui l’avait rassuré sur le sort de Yavanna.

Ce fut une bien piètre consolation à ses yeux. Il ne pourrait plus veiller sur la fille de son roi, à présent qu’elle volait vers ce repaire de la lie de l’humanité et d’autres créatures diverses et variées.

Malgen avait ensuite appris, de la bouche de Tzander, que ce Fargreen avait exigé qu’ils rallient Iaddara, tous les deux, pour informer les elfes de la situation.
Cela avait profondément agacé le magicien. Mais pour qui ce prenait ce mécréant de Fargreen ! ! !
Faites ci… Faites çà… Dormez ! ! !
L’agacement de Malgen était à son comble…

La tâche ingrate d’enterrer leurs amis avait permis à Malgen de se calmer… un peu…
Durant les deux heures qui avaient suivi, Malgen avait ruminé les paroles qu’il cracherait à la figure de ce Fargreen.

Pendant que Tzander était éberlué par le massacre qu’avait infligé ce dragon bleu à tous les orcs qui les avaient assailli, Malgen, lui, focalisait son attention sur le mode opératoire de sa stratégie visant à laver l’affront que lui avait infliger ce malotru, en l’endormant, lui, un grand maître magicien elfe ! ! !


A présent qu’ils cheminaient sous le couvert des arbres, Malgen avait retrouvé sa sérénité. Il devait bien convenir d’une chose. Quoi qu’ait pu jeter comme sort ce Fargreen, il s’était réveillé en pleine forme.
Il ne ressentait aucune lassitude, ni fatigue du combat, qui avait précédé sa… sieste involontaire.

Tzander observa le magicien, et poursuivi sur le ton de la plaisanterie : “ Vous me semblez moins disposer à hacher menu le premier dragon que nous rencontrerons… ”

Malgen : “ Mon jeune ami… Prenez garde de ne pas réveiller mon humeur massacrante ! ! ! ”

Tzander : “ Je suis sûr que nous reverrons Yavanna saine et sauve. Je pense qu’elle sera bien défendue par ce Fargreen. En tous cas, je plains les ennemis qui auraient l’audace de le déranger sur la voie qu’il s’est fixée. ”

Malgen : “ Je suis d’accord avec vous. Pour autant, qu’il advienne que Yavanna nous revienne seulement avec une égratignure, et les écailles de ce dragon me serviront à faire autant de semelles à sandale qu’il y pourra ! ! ! ”

Tzander : “Wouah… Je doute qu’il apprécie… ”

Malgen : “ Sur l’instant, certainement pas… Un dragon nu comme un ver… Ca fait négligé… Ca lui permettra de lui faire la leçon sur son manque de savoir vivre ! ! ! ”

Tzander : “Oh…Il nous a quand même sauvé la mise… ”

Malgen : “ Rassurez-vous… Ma reconnaissance lui est acquise… Elle est seulement plus modérée que la vôtre… ”

Tzander : “ Je crois le deviner… En effet… ”

Malgen : “ N’oubliez donc pas qu’il nous a joyeusement endormi sans notre consentement ! ! ! Et je n’ose même pas imaginer ce que je vais bien pouvoir raconter à sa majesté le roi du Kyonin lorsque nous serons face à lui. ”

Tzander : “ Il suffira de lui raconter la vérité… ”

Malgen : “ Nous ferons peut être abstraction de certains éléments… déplaisants. ”

Tzander : “ Hum… Comme votre sieste… Par exemple ? ”

Malgen : “Entre autre chose… D’ailleurs, je vous saurais gréer de me laisser conter nos mésaventures lorsque le temps sera venu… Suis-je bien clair ? ”

Tzander : “ Vous l’êtes. Je resterais bouche cousue ! ! ! ”

Malgen : “ A la bonne heure… ”

Et les deux compagnons poursuivirent leur chemin, se rapprochant de plus en plus de leur objectif.


Elannah : “ J’hésite… ”

Pyréas : “ Il ne faut pas. Je vais vous aider. Vous commandez la terre, les pierres, et les matières inorganiques en général, mais non fluide. ”

Alvynia intervint : “ De nombreux magiciens y parviennent également. ”

Pyréas : “ En effet… Mais ce recours à la magie exige souvent des incantations verbales parfois interminables, des gestes folkloriques voire ridicules, et des composants naturels à prix d’or.
Elannah, elle, pourra avoir recours à son ancienne magie d’un simple mot de pouvoir, qui se formera dans son esprit, nécessitant une once de concentration tout de même, mais avec de l’entraînement, quelques secondes, à peine, seront nécessaires à la réalisation de sa volonté.
De plus, elle parviendra à réaliser certaines choses que bien de puissants magiciens ne réussiront jamais à faire. ”

Le vieil homme se tourna vers le drow : “ Quant à vous Gnaxlal, vous êtes surprenant, à plusieurs titres.
Vous n’êtes pas le premier drow à voir votre humanité renaître, mais vous êtes bien le seul à côtoyer des êtres vivants… ”
A destination de tout le groupe : “ Oui, comme vous ne le savez certainement pas, c’est déjà un exploit que Gnaxlal soit encore vivant.
Les drows ont pour habitude de régler radicalement les désordres de comportement qui pourrait apparaître chez un de leurs semblables. Surtout si ces désordres affectent son sens de l’humanité. ”
Puis regardant à nouveau le drow :
“ Ensuite, vous êtes un puissant magicien. Vous serez donc l’un des rares gardiens à pouvoir disposer de l’ancienne magie, mais également de la… nouvelle dirons-nous…
Enfin, vous aviez rallié l’ennemi, et vous êtes désormais de nouveau dans le camps de la lumière, malgré tous les doutes qui peuvent encore subsister dans l’esprit de chaque personne présente ici.”

Gnaxlal : “ Cela ne me dit pas quel peut être mon pouvoir… ”

Pyréas : “ Exact. Pensez-vous pouvoir le deviner ? ”

Gnaxlal : “ Comment le pourrais-je ? La nature de ce pouvoir m’est totalement inconnu ! ! ! ”

Pyréas : “ Peut-être, vous le semble-t-il… Pourtant, votre esprit est en ébullition… Des mots de pouvoir tentent constamment de s’y former, mais vous semblez vouloir y être aveugle. C’est étonnant… ”

Gnaxlal : “ Je vous remercie pour cette petite leçon de psychologie divinatoire, qui doit vous amuser, mais aucun mot ne se bouscule dans ma tête à l’instant présent ! ! ! ”
A peine, venait-il de terminer sa phrase, que son esprit se focalisa sur un mot, dans une langue totalement inconnue de lui, mais pourtant compréhensible. ”

Pyréas : “ Bien… Je vois que finalement, vous n’êtes pas aussi aveugle à votre esprit que vous sembliez l’être… ”

Gnaxlal : “ Mais comment pouvez-vous savoir ? ”

Pyréas : “ J’ai la chance d’avoir deux pouvoirs différents. Le premier est de lire dans les pensées des autres, le second de maîtriser tous les états de l’eau. Pour vous Gnaxlal, c’est finalement un juste retour des choses.”

Alvynia : “ Comment ? Vous parvenez à lire nos pensées… mais alors… ”

Pyréas : “ Je connaissais tout ce que vous avez pu dire, avant même que vous le prononciez… ”

Glingal était catastrophée…

Pyréas, regardant à présent la prêtresse : “ Oui, ma chère… je sais même tout le mal que vous avez pu penser de ma personne… Votre palette de termes pour me désigner est impressionnante… Ce n’est pas très aimable de votre part. mais en même temps, je vous comprends. Votre méfiance à l’égard des inconnus peut être une qualité. ”

Pyréas : “ Pour reveni à notre ami Gnaxlal ” et s’adressant à Alvynia : “ En tant qu’elfe, vous êtes les défenseurs de la nature et de tout ce qui la compose. Exact ? ”

Alvynia : “ C’est effectivement une composante de notre philosophie, mais pas la seule. ”

Gnaxlal, pendant que la conversation se poursuivait, se concentrait sur ses nouvelles capacités. Son esprit vagabondait. Une seconde, il observait, depuis la cime de l’arbre à proximité, les environs immédiats. La suivante, il volait à grande vitesse, au dessus d’une rivière, vers un gros chêne situé près de la rive.
Puis se fut d’un rocher, qu’il contempla la cité de Kaer Maga.

Pyréas remarqua le subtile changement de comportement chez Gnaxlal : “ Il semblerait que notre ami ait envie d’évasion… ”

A son tour, Alvynia porta son regard sur le drow. Elle vit qu’il était concentrait sur quelque chose : “ Que voulez-vous dire ? ”

Elannah s’inquiéta.

Pyréas le remarqua : “ Ne vous inquiétez pas. Gnaxlal est en train de goûter à ses nouvelles capacités. Le B-A-BA, pour le moment…”

Elannah : “ Mais encore ? ”

Pyréas : “ Il se trouve que votre ami peut compter, désormais, sur un très grand nombre d’amis pour le soutenir dans ses épreuves. Pour le plus grand malheur des ennemis qui se dresseront devant nous, une fois qu’il se sera un peu entraîné… ”

Alvynia : “ Vos explications sont aussi limpide qu’une bouse de Treptine(*), mon cher ! ! ! ”

Pyréas : “ Les insectes, ma chère… Son pouvoir lui permettra de pouvoir voir ce qu’ils voient , sentir ce qu’ils sentent, toucher ce qu’ils touchent… Et à terme, pouvoir obtenir leur aide dans toutes les tâches que ses pensées envisageront… ”

(*) Mammifère ressemblant fortement à une vache, d’une dimension réduite, et s’accommodant très bien de la rare herbe présente dans la forêt de Meriani à proximité de Celwynvian.


Hangbar regardait d’un œil soupçonneux ce shoantis qui l’avait neutralisé en un instant.

L’humain était assis sur le fauteuil, faisant face à la Reine Anastraëlle. Il buvait le thé, désormais tiède, qui lui avait été servi. Intérieurement, il se fit la remarque suivante : “ Un bon trait de tord boyaux de Ianen ne serait pas superflu… ”

Le shoantis s’appuyait de l’épaule contre le poteau central de la tente royal.
Lui aussi observait le jeune lieutenant. Il avait beau le détailler, il ne parvenait pas à déceler quel pouvait être le pouvoir de ce dernier. Pour lui-même, il se fit cette réflexion : “ Ses yeux sont un puits sans fond… J’espère qu’ils ne reflètent pas le degré de son intelligence… Sinon… Va falloir creuser… Et pas qu’un peu… Pas étonnant pour un néo-varisien…”

Le silence persistait pendant que les deux hommes présents dans la tente se dévisageait mutuellement…

Anastraëlle, de son côté, regardant les deux êtres devant elle, se demandait ce que ces deux là étaient en train de s’imaginer en se dévisageant de la sorte…
C’est elle qui brisa le silence qui s’était installé jusqu’alors : “ Messieurs… Si vous avez fini de vous contempler mutuellement, il serait temps de définir notre stratégie, une fois la Tortue franchie… ”

Loz cessa de regarder le lieutenant, et s’adressa à la Reine : “ Tout à fait. Et dés que nous en aurons terminé, je rejoindrai mes troupes pour organiser notre passage de l’autre côté de la Tortue. ”

Depuis que Hangbar s’était réveillé, Loz et Anatraëlle, tour à tour, lui avait exposé l’ensemble des éléments d’importance dont il devait être informé.
Ce loz lui avait bien fait comprendre toute l’animosité qu’il ressentait à l’égard des néo-varisiens.

En premier lieu, avoir appris qu’il était un gardien de Golarion l’avait bien fait rire.
La consternation se lisant dans les yeux de ce Loz, également…
Celle dans ceux d’Anastraëlle, beaucoup moins…

Malgré toutes les recommandations de ce Loz, profondément agacé, il n’était pas parvenu à déceler en lui-même une once d’un quelconque pouvoir… C’était même le néant…
Aucun mot, dans une langue inconnu, ne se formait dans son crâne ! ! !

Loz avait fini par l’informer que cela viendrait probablement avec le temps.
Au ton que ce shoantis avait employé pour lui dévoiler cette information, il était clair qu’un énorme doute planait sur cette possibilité.

De son côté, Loz ne comprenait pas que ce Hangbar, misérable néo-varisien, puisse être un des gardiens de Golarion.
Lorsque Loz avait détecté son aura dans ce camp, il avait imaginé que ce dernier serait un elfe.
Quoi de plus normal, en effet, qu’un elfe dans une armée d’elfes ! ! !
Il avait bien vu quelques humains dans un coin du camps, sans même supposer que le gardien puisse en faire partie.
Or, voilà que cet humain avait pénétré dans la tente… A cet instant, Loz avait réalisé qu’il s’agissait d’un néo-varisien, puis l’avait neutralisé.
Il lui avait fallu une bonne dose de volonté pour ne pas le hacher menu…
Décidément, le hasard jouait avec ses nerfs… Et que ce néo-varisien puisse être un gardien… le laissait perplexe.

A présent qu’il était face à cet Hangbar, Loz se demandait comment il parvenait encore à détecter son aura de gardien, alors que visiblement, aucun pouvoir ne semblait habiter ce néo-varisien…


Puis, Hangbar avait été mis au courant de l’alliance conclu entre ce Loz et la Reine des Elfes, et de leur décision de rallier Kaer Maga ensemble.

Il avait aussi appris que Celwynvian ne serait bientôt plus qu’un tas de ruines fumantes, consumée par l’offensive lancée par une étrange créature.
Il avait lu dans les yeux de la Reine combien la décision d’abandonner les siens à un sort funeste avait été dure à prendre. La détresse qu’il avait lu dans le regard de la Reine l’avait peiné.

La discussion s’était ensuite poursuivie sur l’organisation mise en place pour franchir la Tortue.
Il avait été convenu que l’ensemble de l’armée Elfe ferait mouvement pour remonter le cours de la Tortue jusqu’au camps des Shoantis.
Loz, une fois qu’il aurait rejoints son peuple, organiserait le passage sur l’autre berge.

Anastraëlle reprit : “ Nous devrons traverser le Bois des Cendres. Avons-nous quelques pièges à redouter dans cette traversée ? ”

Loz : “ Pas plus que dans la forêt de Santos… Vous êtes parvenue jusqu’ici sans encombre… Donc, il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas de même avec le Bois des Cendres.”

Anastraëlle : “ Je doute, qu’en apprenant votre défection, la Créature ne fasse rien pour se venger de vous. ”

Loz : “ Il est même plus que probable qu’elle enverra ses sbires pour me faire regretter ma trahison. Je m’y suis préparé… Eux, sans doute beaucoup moins… ”

Anastraëlle : “ Je trouve que vous prenez ce risque avec beaucoup de philosophie…Voire un peu trop de confiance en vous… ”

Loz : “ Avant qu’elle ne réagisse, nous aurons quelques jours. Les vôtres pourvoiront, ou non, à accroître ce laps de temps. Plus Celwynvian tiendra, et plus nous aurons de temps pour rallier sans trop d’encombre Kaer Maga. ”

Hangbar : “ Il nous faudra bien 10 jours pour rallier ce bouge ! ! ! Celwynvian tiendra-t-elle jusque là ? ”

Pour lui répondre, ses interlocuteurs s’exprimèrent de concert :

Anastraëlle : “ Je l’espère… ”

Loz : “ J’en doute… ”

Hangbar : “ Mettez-vous d’accord… ”

Anastraëlle, baissant les yeux : “ Je… Je l’ignore… ”

Loz : “ Probablement que non… Mais nous pouvons toujours l’espérer… En pareilles circonstances, le courage des elfes permettra peut être de neutraliser la puissance déployée par la Créature… ”

Anastraëlle : “ Nos magiciens sauront affronter la menace que la Créature représente ! ! ! Ils tiendront ! ! ! ”

Loz : “ Ou pas… Ne comptons que sur nous-mêmes pour traverser la forêt du Bois des Cendres le plus rapidement possible. Quel que soit la menace que nous enverra la Créature, il sera toujours plus aisée de la rencontrer dans la plaine des vertes espérances. ”

Hangbar : “ Génial… ” Puis s’adressant au shoantis : “ Notre armée ne compte aucun magicien… Et la vôtre ? ”

Loz : “ Le peuple shoantis ne se sent pas aussi concerné par la magie que le peuple elfe… Nous avons de nombreux druides… Mais peu de magiciens… Et encore moins de puissant représentant de cette classe. ”

Hangbar : “En vous entendant, mon optimisme pour atteindre Kaer Maga sereinement, broie du noir… ”

Loz : “ Nous pouvons compter sur mes pouvoirs pour nous assister. ”

Anastraëlle se hâta de rajouter : “ Et sur ceux d’Hangbar… ”

Loz : “ S’il demeure aussi aveugle qu’une taupe à déceler ses pouvoirs… C’est pas gagné.”

Hangbar : “Je vous remercie de la confiance que vous me témoigner… ”

Loz : “ Je vous en prie. ”

Hangbar : “C’était de l’ironie… ”

Loz : “ J’avais deviné… Ces derniers temps, j’ai le don pour rencontrer des spécialistes en la matière… ”

Hangbar : “Quelque chose me dit que votre attitude générale n’est pas étrangère à ce fait. ”

Loz : “ Jusqu’alors, mes interlocuteurs n’avaient que peu de chance d’avoir le temps d’y avoir recours… Les néo-varisien, quant à eux, n’ont jamais eu le temps de pouvoir exprimer quoi que ce soit…”

Hangbar : “J’ai donc la chance d’être le premier à pouvoir aligner quelques mots…en votre présence. ”

Anastraëlle, sentant la tension montait d’un cran : “ Messieurs, je crois que nous pouvons en rester là… Vous ne croyez pas ? ”

Loz : “ En effet…Cette tente me semble un peu petite pour tous les deux… ”

Hangbar : “Il semblerait… ”

Loz, ignorant la dernière remarque du lieutenant : “ Je vais prendre congé de vous, votre altesse. Je vous attends demain, un peu plus haut sur le cours de la Tortue. ”
Sur ces dernières paroles, le shoantis s’évapora dans l’obscurité de l’arrière de la tente…

Encore étonnée, Anastraëlle regarda l’humain : “ Lieutenant… ”

Hangbar, passablement fâchée : “Oui, votre seigneurie… ”

Anastraëlle : “ Il faudra que vous perdiez l’habitude de débouler comme un sanglier dans ma tente. Pensez-vous en être capable ? ”

Hangbar : “En fonction des circonstances, je pense… ”

Anastraëlle : “ Je devrais me contenter de votre bonne volonté… Allez me chercher Tinuviël… Nous avons à parler tous ensemble… ”

Hangbar : “Bien, votre seigneurie… ”

L’instant suivant, l’humain quittait la tente, laissant la Reine des Elfes dans un abîme de réflexion.


Pyréas : “ Bien, maintenant que nos deux gardiens connaissent les pouvoirs qui seront les leurs, abordons l’épineux sujet de la stratégie à adopter. Nous avons peu de temps et beaucoup de chose à faire. ”

Glingal : “ Vous avez totalement raison ! ! ! Ne perdons pas de temps inutilement. Nous devons sauver Lorelei ! ! ! ”

Pyréas : “ Patience jeune prêtresse ! ! ! ”

Glingal : “Vous êtes bien aimable de me rajeunir par vos douces paroles… Malheureusement, la réalité est tout autre. Je suis même convaincu que vous me devez le respect pour mon grand âge ! ! ! ”

Pyréas fut pris d’une crise de rire : “ ah ah ah… ” Devant l’air renfrognée de la prêtresse : “ Veuillez pardonner cet instant d’égarement… Votre sens de l’humour m’a quelque peu… surpris. ”

Glingal : “ j’en suis fort aise… Mais quand même un peu agacée. ”

Pyréas : “ Je le conçois. Cela fait très longtemps qu’une personne n’avait pas escompté être plus âgé que moi… En fait… Sans doute aussi longtemps que votre propre existence, ma chère prêtresse… mais revenons à l’essentiel.

Au cours des jours qui viennent, nous aurons à organiser :
- la défense de Kaer Maga
- nous rendre à Celwynvian pour sauver votre Lorelei
- attendre que Fargreen et Yavanna nous rejoignent… ”

Elannah : “ Qui ? ”

Pyréas : “ Ah… c’est vrai… Je ne vous ai pas encore parlé d’eux… Il s’agit de deux autres gardiens, une elfe et un dragon bleu… ”

Vink’lar : “ Euh… Il n’y a que moi qui pense cela, ou les dragons bleus ont une sale réputation… Bien pire que les dragons des glaces dont fait partie Zéphyr… ”

Zéphyr : “ Dois-je prendre cela pour un compliment ? ”

Vink’lar : “ Et bien, vous avez assurément un sale caractère… Mais en comparaison des dragons bleus, vous êtes un ange… ”

Zéphyr : “ Je m’interroge encore plus sur le sens de vos paroles contradictoires… Les anges ont rarement mauvais caractère dans votre littérature très fournie.”

Vink’lar : “ C’était une manière de parler… Et arrêtez de me faire votre regard de braise ardente… J’ai l’impression de griller tel une saucisse sur un feu de camps… ”

Zéphyr : “ Vous en avez assurément la taille… Quoiqu’une saucisse à moustache et à barbe n’a rien d’appétissant…”

Vink’lar : “ Il est certain qu’avec votre teint bleuté, vous aurez du mal à ressembler à une saucisse ! ! ! ”

Gourkok : “ Ca suffit, vous deux… Je vous rappelle que je suis affamé… J’ai déjà dû déchanter en n’ayant pas la possibilité d’aller pêcher tous les poissons que j’aurais voulu dans la rivière en contrebas, et en plus vous me parlez de saucisses… Ah, je vous jure… ”

Pyréas patientait, étonné de la discussion : “ Euh… Avez-vous fini votre discussion culinaire ? ”

Zéphyr : “Je pense… ”

Vink’lar, un peu surpris : “ Mais ? Quelle discussion culinaire ? Je parlais de dragon bleu ! ! ! Je rêve ! ! ! ”

Pyréas : “ Puisque vous en parlez, n’ayez crainte. Ce Fargreen aura eu le temps d’un peu se socialiser d’ici son arrivée… ”

Vink’lar : “ Ah bon ? Qu’entendez-vous par… socialiser ? ”

Pyréas : “ Jusqu’à très récemment, vous lui auriez servi de repas… ”

Vink’lar : “ Oh. Etes vous conscient que vos explications contribuent très peu à me rassurer ! ! ! ? ? ? ”

Pyréas : “ Au sens strict du terme, sans doute… Mais vous avez occulté tout le sens optimisme que ma phrase pouvait revêtir. ”

Vink’lar : “ Je n’avais point remarqué cette petite note d’optimisme… Par contre, j’avais bien noté que ma personne pourrait constituer son menu du soir. ”

Gourkok : “ On n’aurait pas cette discussion si on m’avait laissé le temps d’aller pêché notre repas dans la rivière en contrebas. ”

Pyréas, amusé par la remarque : “ Mais… Dites moi mon ami, vous me semblez particulièrement porter sur la gastronomie ? ”

Gourkok : “ En effet ! ! Et je crois que je vais vous laisser organiser la stratégie avec mes amis. Je vais aller de ce pas procéder à notre ravitaillement. Mais, avant, rassurez-moi. ”

Pyréas : “ Si je le puis… Je tacherais de mieux faire qu’avec votre ami nain. ”

Gourkok : “ C’est rapport aux pouvoirs et à leur source. ”

Pyréas : “ Oui ? ”

Gourkok : “ Il n’y a pas de gardiens dans le coin, qui maîtrise les poissons ? ”

Pyréas : “ Je ne pense pas non. ”

Gourkok, se levant : “ Bien. Alors à tout à l’heure. ”

Pyréas : “ Et oui, vous devrez les pêcher d’une manière… naturelle. ”

Gourkok, debout, lui faisant face : “ oh, ce n’était pas pour cela. ”

Pyréas : “ Ah ? Puis je m’enquérir de la raison alors ? ”

Gourkok : “ Je craignais qu’un gardien ne commande à des poissons de m’attaquer. Avouez que ca ferait tâche sur mon épitaphe : ci-gît Gourkok, téméraire guerrier mortellement assailli par des carpes… ”

Pyréas, fronçant les sourcils, et dubitatif : “ Oui…En effet… ”

Vinkl’ar et Farbround se levèrent à leurs tours. Le nain déclara : “ Nous allons l’aider. Il serait judicieux de prévoir de généreuses victuailles pour combler l’appétit de notre futur… ami. ”

Les jumeaux se levèrent, et indiquèrent qu’ils allaient avec le demi-orc, le nain et le gnome. Ils prirent donc congé. Ce qui amena Alvynia à les prévenir : “ Et essayer de ne pas provoquer un raz de marais ! ! ! ”

Garken : “ Comme si nous avions l’habitude de provoquer des catastrophes… ”

Astian : “ Eh bien… ”
Les deux jumeaux se regardèrent, puis Bromard reprit : “ Y a trop peu d’eau… Pas besoin de paniquer… ”

Alvynia : “ Faites tout de même attention… Et soyez discrets, surtout… N’oubliez pas que la cité doit résister aux orcs et aux géants… Faites en sorte qu’elle soit encore intacte après votre partie de pêche… ”

Garken : “ Lorsqu’il s’agit de préparer nos repas, nous faisons toujours preuve de modération… Rapport à notre ligne… ”

Bromard : “ Et puis, nous faisons toujours attention à nos futures proies, et j’insiste sur ce point ! ! ! ”

Astian : “ Ce n’est pas totalement…faux… ”

Alvynia : “ …Le problème, c’est que votre attention ne se limite qu’à vos proies, rarement à leur environnement immédiat… ”

Bromard : “ Nous ferons en sorte… Cette fois-ci. ”

Sur ces derniers mots, les deux jumeaux quittèrent le campement pour rejoindre Gourkok et Vink’lar.

Alvynia : “ Astian… Veux-tu bien… ”

Astian : “ Etre leur chaperon ? ”

A son tour, l’elfe se leva, et à cloche pied, tout en les appelant : “ Hé, les jumeaux ! ! ! Attendez-moi ! ! ! ”

Pyréas, assez méditatif sur ce qui venait de se dérouler : “ Bien… Je crois que nous avons fais le tour du côté culinaire… Passons au chose sérieuse, à présent. ”


Arkin sortit de sa tente. Il contenait sa colère du mieux possible, mais avec de plus en plus de difficulté.

Il ne comprenait pas pourquoi Zéleph avait expressément exigé qu’il ne fasse que tenir le siège de la cité des nains, Janderhoff.
Il était convaincu qu’en lançant un assaut massif, la cité tomberait telle une pomme trop mûre de son arbre.

Certes, les pertes dans les rangs de ses troupes seraient conséquentes, mais ces misérables insectes n’étaient-ils pas voués à périr.
Peu importe la manière, et le moment, leur fin était déjà programmée… Une partie d’entre eux constituerait bientôt le “ repas ” de Myrsée.

Quant à ces microbes de nains, Arkin ne comprenait pas qu’ils puissent avoir un royaume à eux sur ce monde. Leur taille en faisait au mieux des candidats à l’esclavage, au pire des cadavres à engraisser les sols pour les futures récoltes…
Cette réflexion l’amusa un instant. Eux aussi, ou les rares survivants au conflit qui s’ouvrait, deviendraient des amuse-bouches pour Myrsée.
Puis, il repensa aux ordres de sa maîtresse, Zéleph. Pour lui-même : “ C’est une perte de temps… ”
Depuis son arrivée, il avait ordonné à ses nouvelles troupes, depuis la disparition de ce Gnaxlal, de lancer quelques assauts sur les murailles de la cité naine.
Ces tentatives avaient surtout pour objectif de tester les défenses de la cité.

Désormais, il était convaincu que les défenseurs étaient tout juste bon à creuser des terriers… Certainement pas capable de défendre leur capitale.

Au mot terrier, son attention se focalisa sur l’absence de cet elfe, rejeton de la reine de Celwynvian.

L’attitude générale de ce Faërendel, avait excédé cette Algrion.

Cela avait été fatale à cette petite magicienne. Désormais, son cadavre devait pourrir quelque part, non loin de Kaer Maga. Il en avait fait sa marionnette. Il avait été très déçu de perdre son jouet.
A présent, même si sa curiosité avait été attisée par cette disparition trop rapide pour provenir d’un des membres accompagnant cette Glingal, il devait rester ici.

Lors de sa brève discussion de ce matin avec Zéleph, cette dernière lui avait assuré qu’elle éclaircirait ce mystère.

Si la joie pouvait se lire sur les traits de sa mentor, Arkin aurait pu penser qu’elle rayonnait de bonheur à l’idée d’écraser la capitale elfe de la forêt de Mériani.
Or , les traits du visage de celle-ci étant figés pour l’éternité, l’hypothèse que son visage ait pu exprimé une quelconque émotion relevait de l’utopie.

D’un air amusé, il se demanda qui sa mentor enverrait pour éclaircir le mystère de la disparition de son jouet. A n’en pas douter, qui qu’il ou elle soit, le ou la responsable connaîtrait un trépas long et très douloureux.

Arkin avait aussi appris que ses deux congénères Grinsor et Vaast seraient chargés de “ nettoyer ” la Balafre de Mormegil, et obliger les elfes à se replier dans les murs de la cité de Celwynvian, qui leur servirait de tombeau.

D’un petit geste de la main, Arkin fit venir à côté de lui un de ses lieutenants crosts : “ Allez vous enquérir de la situation d’ispe(*) Faërendel. Et dites lui de venir me voir… Maintenant. ”

Le crost s’exécuta dans l’instant.

(*) : terme désignant les membres de la confrérie de la main des étoiles, comprenant également dans ses rangs (personnages connus jusqu’à présent) Arkin, Zéleph, Grinsor, Vaast et Faërendel.


En attendant que Faërendel ne le rejoigne, Arkin repassa mentalement en détail sa discussion de ce matin avec sa mentor.
La discussion avait porté sur ses ordres de ne pas lancer l’assaut sur Janderhoff, et également de ne pas intervenir pour découvrir le responsable de la seconde mort d’Algrion.
Quelques autres sujets avaient aussi été abordés.
Le premier concerné la position géographique de l’armée de géants et d’orcs descendant du plateau de Storval. Ces derniers prenaient vraiment leur temps. Ils avaient rasé la cité Urglin, et exterminé ses habitants, sans rencontrer beaucoup de résistance.
A présent, à en croire Zéleph, qui les avaient “ aimablement ” convaincu de presser le pas, il leur faudrait une semaine pour atteindre Kaer Maga.
Cette cité humaine était sans doute encore inconsciente de la dévastation qui s’approchait d’elle inexorablement. Cette pensée amusa Arkin. En général, tout malheur provoqué à autrui, engendrait chez lui un profond sentiment de bien être.

Puis, la situation du Belzen avait aussi été évoquée. Les dernières nouvelles étaient bonnes. Zéleph avait réussi à convaincre le peuple orc de cette contrée de se ranger aux côtés des drows.
Pour être plus précis, un accord avait été trouvé avec un certain Grask Uldeth, souverain tenant d’une main de fer la cité qui pouvait être considérée comme la capitale de cette région : Urgir.
Bien que le Belzen n’ait pas de gouvernement central, ce Grask Uldeth semblait être parvenu à rallier plusieurs tribus à sa cause. Nul doute que Zéleph contribuerait bientôt au ralliement des tribus récalcitrantes.

Arkin était donc satisfait que sa mentor soit parvenue à ses fins. Bientôt, les orcs lanceraient leurs assauts contre les défenses du dernier Rempart (a), et du Nirmathas (b).
Bien sûr, ils pourraient compter sur l’assistance des pouvoirs de Zéleph, ce qui leurs permettrait de pouvoir commencer leur marche vers leur objectif prioritaire : le Kyonin.

Rester, le cas épineux de l’Ustalav.
Dés son arrivée, Zéleph avait été convaincue de faire de ses alliés, avec la plus grande facilité, les morts vivants qui sillonnaient cette contrée.

En effet, l’histoire de cette contrée ne fut guère tranquille. Elle fut même tragique…
C’est durant le règne du tyran qui murmure, un magicien liche, il y a de cela un millier d’années, que se dessina la géographie, la faune et la flore actuelles de cette nation.
En fait, la majorité des géographes actuels considèrent qu’il s’agit d’une principauté de douze états.
D’autres, plus rares, mais certainement plus informés, la jugent composée de treize états.
Pour tous, cette contrée est peuplée d’humains. Ces derniers résident dans dans des cités solidement défendues pour faire face à la “ jolie ” collection de morts-vivants, qui sillonnent ses campagnes.
Nous n’énumérerons pas, ici, toutes les familles de ces morts-vivants, mais les spécialistes s’accordent pour dire que certaines sont plus exotiques que d’autres.

Le règne du tyran qui murmure fut terrible pour ce petit bout de l’Avistan. Le magicien, corrompu par le mal, et transformé en liche, leva des armées de mort-vivants pour conquérir un royaume qui devait être éternel ou presque.
Tel ne fut pas le cas, heureusement. Une croisade partie d’Osirion vint mettre fin à son règne.
Il fut enterré, vivant, si l’on peut le dire, dans sa citadelle de Gibet.
Le reste de son armée vaincue et disloquée, s’éparpilla, essentiellement, à travers toute la partie Ouest de l’Ustalav.
Mais nul part en Ustalav, un voyageur ne peut avoir la garantie de ne pas faire une mauvaise rencontre.


Les terribles malheurs qui se sont abattus sur cette petite nation, ont fait de ce royaume, continuellement embrumée, un lieu ou les morts et les vivants se côtoient souvent.

Ces “ péripéties ” historiques, ont affecté et forgé le caractère des habitants de l’Ustalav.
Ainsi, le cœur de ses habitants est généralement aussi sombre que la nuit la plus profonde, vivants ou morts.
Les cités qui s’y sont érigées, sont des bastions de la vie.
Cependant, il n’y est pas rare de rencontrer des vampires qui cohabitent, aussi amicalement que possible, avec les citadins.
Certaines familles de vampires, reconnues, font partie de la noblesse dirigeante, bien que l’on ne puisse pas dire que l’Ustalav ait un pouvoir centralisé, mais plutôt une légion de comté se gérant très tout seul sans avoir besoin d’un monarque tout puissant pour les diriger.

Le Belzen n’a jamais été considéré par les instances dirigeantes (éparpillées) de l’Ustalav comme des alliés potentiels.

Les historiens pourront même proclamer que c’est tout le contraire sur le terrain… La faute aux intentions belliqueuses et continuelles des orcs à vouloir étendre leurs domaines depuis des générations.

Le conseil des dirigeants de l’Ustalav a toujours modérément apprécié les multiples incursions des orcs sur leurs terres.
D’ailleurs, celles-ci, bien qu’ayant des objectifs ambitieux au départ, ont toujours fini par un retour rapide au Belzen.
Les explications de ce changement radical d’orientation stratégique ne trouvent que rarement leur cause dans des décisions raisonnées de l’élite orc conduisant ces incursions.

Nul part ailleurs sur Golarion, une frontière entre deux nations, n’est aussi démarqué physiquement.

Un simple regard suffit aux générations actuels des orcs, pour mesurer toute l’étendue des déboires que leurs ancêtres ont pu connaître pour avoir franchi cette frontière sans autorisation préalable.
Tous les os blanchis parsemant les plaines boueuses et parfois marécageuses, le long de cette frontière, constituent autant de témoignages de leur impuissance à pénétrer davantage dans l’Ustalav.

Si à l’ouest, l’Ustalav comprend une frontière commune avec le Belzen, elle en comprend également une au sud, avec “ Dernier Rempart ”.

L’ironie de l’histoire a voulu que le repli sur lui-même affiché par l’Ustalav (voire une absence totale de volonté d’expansion géographique, au contraire des orcs), soit interprété par les armées de Dernier Rempart comme une sorte de trêve permanente durant ses nombreux conflits avec le Belzen.
Même les morts-vivants, sillonnant l’Ustalav, évitent de venir déranger les soldats de Dernier rempart.

Dans les faits, sur le terrain, cela se matérialisa par une démilitarisation quasi complète de la frontière Nord de dernier Rempart, pour affecter ces troupes sur sa frontière ouest avec le Belzen.

D’années en années, de décennies en décennies, puis de générations en générations, cet état déboucha sur des relations, sinon cordiales au moins presqu’amicales, entre les deux pays, ayant finalement un ennemi commun.

La connaissance de ces petits détails de l’histoire, aurait grandement permis à Zéleph de s’éviter le premier de ses déboires diplomatiques majeurs.

Car, non seulement elle ne parvint pas à faire des morts vivants de l’Ustalav un allié, mais désormais en plus des humains, ils constituent clairement un ennemi pour la cause de la confrérie de la main des étoiles .

(a) : Une terre fortifiée créée pour surveiller les orcs du Belkzen.

(b) : Une contrée humaine en conflit ouvert avec le Molthune (autre contrée humaine ayant fait sécession avec le Chéliax).


Depuis qu’elle avait entrepris l’ascension de cette colline, Lorelei percevait un nombre accru de détonations.

Lorsqu’elle parvint enfin au sommet, son cœur se figea d’effroi.
Deux dragons noirs étaient en train de pilonner de leurs feux ardents les positions défensives des elfes de la balafre de Mormegil.
Plusieurs régiments elfes étaient en train de faire mouvement pour se replier dans les murs de la cité de Celwynvian.

C’est à ce moment qu’elle perçut le mouvement d’une masse qui était en train de se matérialiser un peu plus au sud.

Une armée, d’un noir d’encre, était en train de se positionner.

De son point d’observation, Lorelei estima cette armée à prés de 25 000 âmes.
Cette estimation lui donna le vertige.

La jeune elfe évalua rapidement sa situation. Parvenir à pénétrer dans Celwynvian aller devenir plus que compliquer.

Pourtant, c’était un impératif ! ! !

En temps normal, deux bonnes heures lui seraient nécessaires pour atteindre les portes de la cité elfe.

Le Sud et l’Ouest lui étant fermé, Lorelei serait obligée de contourner les positions ennemis, sans avoir la garantie que le Nord ou l’Est de la cité ne soit pas aussi assiégé.

Pour elle même : “ Reprends-toi, ma vieille… Ne perds pas de temps… Commences par l’Est… Et si c’est bouché, tu iras au Nord… Et si c’est aussi bouché, tu aviseras… ”

Sur ces mots, elle démarra en trombe. Pour atteindre la face Est de la cité, il lui faudrait au moins trois heures pour ne pas être repérer par les guetteurs de l’armée en approche, qui devaient nécessairement être partis en reconnaissance dans la forêt de Mériani.

Dans l’Ustalav, cinq ans plus tôt :
Yure avait grandi dans une petite bourgade à proximité d’un fortin de Dernier Rempart, dans les Montagnes affamées.
A son adolescence, ses rêves de vie d’aventurier le menèrent dans le Sud de l’Ustalav.

Là, avec trois amis, pour se mesurer aux dangers que leur contaient les bardes de passage, ils avaient décidé de pénétrer dans l’Ustalav, et rencontrer… involontairement la mort.

Après une demie journée de voyage, ils avaient rencontré un homme, un seul. Il les avait aimablement invité à rebrousser chemin, sans agressivité ni un quelconque mot menaçant.

Yure et ses trois amis s’étaient empressés de dégainer épées, arc et arbalète.

L’arbalète avait vrombi sans que le camarade de Yure, Alec ne le veuille vraiment.

Yure et ses amis s’étaient attendu à ce que le carreau se fiche dans l’homme visé, mais celui-ci avait déjà disparu…
Le carreau s’était donc perdu dans les branches de la forêt toute proche.

Un cri, court, s’était ensuite élevé. Yure avait tourné la tête pour constater que son ami Alec était affalé par terre, la tête , perpendiculaire à son torse, une position impossible pour un vivant normalement constitué.

Un nouveau cri sur sa gauche attira son attention, et ce fut au tour de Jannis d’être au sol, blanc comme un linge, une large entaille à son cou.

Pour Gal, il n’y eu aucun cri. Yure ne perçu qu’un bruit sourd de chute, celle du corps de son ami sur le sol.

Medreth : “ Alors, jeune imprudent… On tente de se mesurer à plus fort que soi… Pas avec grand succès, semble-t-il… ”

L’homme se tenait cinq mètres face à lui. Il ne laissait rien paraître d’avoir parcouru aussi rapidement la distance entre sa position initiale et celles de ses amis.

Yure, par pure vantardise, et les jambes flageolantes : “ Croyez-vous que je laisserai la mort de mes amis impuni ? ”

Medreth, d’un ton amusé : “ Certainement… ”

Yure, prenant courage : “ Venez goûter au fil de mon épée… Vous changerez d’avis ! ! ! ”

Medreth : “ Tu ne manques pas de courage… De bon sens… par contre… ”

Yure se précipita vers ce sinistre personnage aux yeux jaunes.

L’instant d’après, il gisait à terre, respirant difficilement, sachant sa mort proche, pourtant un mot se matérialisa dans son esprit...

Debout, au dessus de cet adolescent, Medreth s’exprima : “ Quelque chose en toi m’interpelle. Je l’ai senti immédiatement, et à présent que tu gises à mes pieds, cela se confirme… ”

Yure répondit en émettant un son que Medreth interpréta comme un gargouillis incompréhensible.

Medreth : “ Je n’attendez aucune réponse de ta part… Ceci dit, émettre un son dans ton état n’est pas commun… ”

Puis tout devint noir pour Yure.

Il se réveilla, plusieurs jours plus tard à Ardis, capitale de l’Ustalav, dans le comté d’Ardeal.

Il était vivant…Il s’assit sur sa couche. Il devrait être mort, comme ses amis. Il était en caleçon. Il étudia ses bras, ses jambes, son cou. Il ne trouva aucune blessure apparente.

Il détailla du regard la pièce où il se trouvait. Il vit une seule fenêtre donnant sur un grand balcon. Il ne chercha même pas à voir le paysage au-delà de la fenêtre…
Encore affaibli par sa mésaventure, et la tête lui tournant encore un peu, il devina qu’il faisait jour.
Il remercia que son hôte ait prévu des rideaux à cette fenêtre, pour empêcher la lumière du jour de pénétrer dans la pièce.
Il se tint encore la tête, rouvrit les yeux et sursauta. Il se mit debout sur son lit, se plaquant le dos contre le mur.

Il avait pensé qu’un rideau lui cachait la lumière du soleil provenant de l’extérieur.

Or, il venait de remarquer que tel n’était pas le cas… Un énorme oiseau, tranquillement perché sur le balcon, qui l’observait avec son regard perçant.
C’est la masse de son corps qui dissimulait une partie de la lumière du jour, et non un rideau…
 

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CHAPITRE 12 :
Cela faisait une bonne heure qu’ils discutaient sur les détails de leurs différentes stratégies. A présent, il ne restait plus qu’à fignoler certains aspects.

Pyréas : “ Je pense que vous, avez totalement raison, ma chère Alvynia. Il faut porter secours à Lorelei et récupérer l ‘oeil du Kyonin. Cependant, je ne pourrais pas nous créer un portail à proximité de Celwynvian. Afin que Zéleph ne nous repère pas, ou du moins, presque pas, je créerais le portail à une vingtaine de kilomètres au sud.
Avec la bataille, il y a de fortes chances qu’elle ne soit accaparée par autre chose. Il ne nous reste plus qu’à trouver votre Getraz. ”

Glingal : “ Pardon ? ? ? ”

Pyréas : “L’idée d’Elannah n’est pas mauvaise. Si ce Yasterion a un moyen de transport original pour nous faire parcourir le plus vite possible la distance qui nous séparera de Celwynvian, je ne vois pas pourquoi nous nous en priverions. ”

Elannah : “ Bien, si vous le permettez, je vais de ce pas, avec l’aide de Zéphyr, dénicher notre farfelu personnage. ”

Pyréas : “Plus vite vous le trouverez, et plus vite nous nous rendrons à Celwynvian. Au fait… Prévoyez des chariots pour transporter le moyen de… transport. ”

Zéphyr : “ Je me ferais un plaisir de convaincre les aimables habitants de cette bourgade de nous prêter assistance. ”

Pyréas : “Hum… Pas trop chaudement, néanmoins… ”

Zéphyr : “ Ce n’est pas dans mes habitudes… J’userais de mes charmes féminins… Avant d’en venir à autre chose. ”

Elannah : “ J’y veillerais… ”

Pyréas : “Tâchez d’être le plus discrètes possibles. Zéleph doit avoir des yeux de partout… ”

Elannah : “ Nous sommes deux frêles jeunes filles. On ne nous remarquera pas. ”

Pyréas : “Puis-je vous rappeler qu’à vous deux vous seriez capable de réduire quasiment en ruine, cette petite bourgade comme vous l’appelez… ”

Zéphyr : “ Ne vous inquiétez pas. Garken et Bromard en ont l’habitude. Nous, nous sommes plus mesurées. Nous ne nous fâcherons que si les habitants manquent de courtoisie à notre égard. ”

Pyréas : “Dans un repaire de voyous et de brigands… C’est de l’humour ? ”

Zéphyr : “Je suis sûre que même chez les voyous et les brigands, nous pouvons trouver des spécimens de gens presque honorables. ”

Pyréas : “Je vais prendre cette réponse pour un oui… ”

Elannah : “ Allez, on y va. Promis, aucun des habitants de Kaer Maga ne saura que nous sommes rentrées dans leur cité. ”

Et les deux jeunes filles quittèrent le campement.

Pyréas : “De notre côté, il faut :
- préparer le terrain pour l’arrivée d’une armée de près de 10 000 hommes,
- effectuer des reconnaissances pour établir avec certitude la position de l’armée de géants,
- et préparer Kaer Maga à ce qui l’attend. ”

Alvynia : “ Une visite à son gouverneur s’impose. ”

Pyréas : “Ou à chacun des parrains du crime qui séjournent dans les murs de la cité. Perdre leur gagne pain devrait les motiver… ”

Glingal : “ Il est tout à fait envisageable qu’un de ses parrains soit un allié de cette Zéleph. ”

Pyréas : “Tout à fait. C’est pourquoi, lorsque vous irez les rencontrer, Je vous confierais Arthur. ”

Glingal, Alvynia et Aerendir, en chœur : “ Arthur ! ! ! ? ? ? ”

Pyréas : “Il ne devrait pas tarder à arriver… Il a un don incroyable pour déceler les mensonges, mais aussi les fluctuations dans l’aura vitale des personnes qui ont côtoyé de près ou de loin, Zéleph ou un de ses sbires… ”

Aerendir : “ Et peut-on savoir comment vous l’avez rencontré ? ”

Pyréas : “Bien sûr. C’était sur Kaltaria. Un petit monde verdoyant qui a survécu aux sbires de Myrsée. Zéleph et son armée y ont connu une superbe défaite qu’ils ne sont pas près d’oublier. Malheureusement, il est rare que dans un conflit, il n’y ait pas de victimes… Après notre victoire, Arthur est demeuré le seul survivant de sa grande famille. Il a proposé de se joindre à moi, et j’ai accepté. Il m’accompagne depuis lors. Traquant Zéleph partout où elle passe. Il est mes yeux et mes oreilles à travers les mondes où je séjourne. C’est une vraie pipelette. Et depuis qu’il a rencontré un Aigle très susceptible, ca ne s’est pas arrangé. ”

Glingal : “ Il parle aux aigles ? ”

Pyréas : “En effet, et c’est tout à fait normal… ”

Glingal : “ Est-ce un magicien ? ”

Pyréas : “Non. ”

Glingal : “ Ma définition de la normalité vient d’en prendre un coup… ”

Pyréas : “ Au cours de l’existence, la définition de certains mots peut connaître quelques bouleversements… ”


Comme il en avait été convenu, Anastraëlle et son armée fit mouvement dés le point du jour.

Il fallait rapidement rejoindre le campement des shoantis.

La reine des elfes voulait éviter que ce Loz ne lui fasse des réflexions désobligeantes.

La discussion avec sa général Tinuviël avait été houleuse.

Et c’est lorsqu’il avait fallut répondre aux questions qu’avaient posé sa général, que la reine avait réalisé qu’elle ne connaissait pas grand chose de ce Loz.
Pour ne rien arranger, Hangbar ne s’était pas privé de le dénigrer.
Selon une expression humaine, les oreilles du shoantis avaient dû longtemps siffler tout le restant de la nuit compte tenu de toutes les méchancetés que le lieutenant avait pu exprimer.

Une chose était claire en tout cas, Hangbar et Loz ne s’appréciaient guère. Il y avait toutes les chances que cela perdurent.

Au bout de la nuit, Tinuviël avait dû se résoudre à respecter les ordres de sa reine.

Depuis leur arrivée au bac de la Tortue, à peine quelques centaines d’elfes avaient traversé la rivière. A ce rythme, il faudrait plus d’une semaine pour opérer la traversée.
Cet argument avait eu raison de la résistance de sa général.
Pour autant, la méfiance de Tinuviël se s’était pas évaporée comme les gouttes d’eau le font au soleil, bien au contraire.

Il ne fallut que trois heures aux premiers éléments de l’armée d’Anastraëlle pour rencontrer ceux de l’armée shoantis.
Heureusement, les diverses rencontres entre éclaireurs des deux bords n’avaient pas dégénéré en autant de bains de sang.
Des deux côtés, la méfiance l’emportait, mais pas la stupidité.

A la mi journée, Anastraëlle et les siens retrouvaient un Loz qui avait déjà préparé le passage pour les deux armées grâce à la construction d’un pont de bois uniquement maintenu grâce à un maillage de magie.

La Reine des Elfes fut impressionnée. Elle ne fut pas seule. Même Hangbar dû en convenir.

Loz expliqua qu’une bonne partie de son peuple avait déjà traversé. Et invita la reine des Elfes à en faire autant avec les siens.

Une fois sur l’autre rive, le pont se désagrégea comme s’il avait été constitué de poussière.

Anastraëlle : “ Il faudra que vous me disiez par quel prodige vous avez maintenu ce pont. ”

Loz : “ Je peux d’ores et déjà vous le dire. Si je puis m’exprimer ainsi, j’ai plusieurs cordes à mon arc magique. L’une d’elle, mais pas la principale, réside dans ma maîtrise des auras vitales de tous les êtres vivants, y compris les plantes. A partir d’une petite pousse d’arbre, je suis en mesure de la transformer en un arbre robuste et vigoureux, en accélérant sa croissance. Ainsi, à partir de plusieurs petits arbrisseaux que mes hommes ont pris soin de choisir, j’ai réussi à mêler leurs pousses pour qu’il s’entrecroisent afin de former un pont solide. ”

Anastraëlle : “ Il vient pourtant de se désagréger… ”

Loz : “ C’est le revers de ce pouvoir… Toute chose, ou tout être, a une fin… En accélérant leur croissance, leur aura vitale a diminué très rapidement, pour disparaître une fois que nous avons franchi la Tortue. Pour raisonner différemment, ces arbrisseaux ont vécu toute leur vie en une matinée…”

Anastraëlle : “ Certains aspects de ce pouvoir ne sont pas particulièrement réjouissant… ”

Loz : “ J’ai volontairement limité le nombre des arbrisseaux qui m’ont servi à la constitution de ce pont. J’aurais pu en accroître le nombre, et ainsi le pont aurait pu tenir bien plus longtemps. Ca nous évitera d’être suivi. ”

Anastraëlle : “ Judicieuse décision. ”

Loz : “ En effet. ”

Hangbar se tenait aux côtés de la Reine. Loz s’adressa à lui, un peu sarcastique : “ La nuit vous a t elle apporté l’illumination sur la nature de votre pouvoir, messire Hangbar ? ”

Hangbar : “ Même si c’était le cas, pensez-vous que je vous répondrai par l’affirmative. ”

Loz, ignorant le ton du néo-varisien : “ Je vais donc considérer que non… ” puis regardant la reine : “ Veuillez me pardonner votre altesse, je dois remonter à l’avant de nos armées. Je vous laisse loisir d’en faire autant. Sinon, je vous dis à plus tard.”

Et sur ces derniers mots, Loz éperonna sa monture.

Hangbar maugréa : “ Il m’énerve… ”

Anastraëlle : “ Lieutenant. Il me plairait que vous reteniez certaines de vos réflexions. ”

Hangbar : “ Et le priver de mon déplaisir ? ”

Anastraëlle : “ Que vous me faites partager. Là se situe le problème. ”

Hangbar, d’un ton ironique : “ Je prends note, qu’en votre absence, je suis autorisé à être déplaisant avec ce triste sir. ”

Anastraëlle : “ Je suppose que je devrais m’en contenter… ”

Tinuviël, qui n’avait pas encore pipé mot : “ Je m’occupe de la queue de notre armée pour l’organiser, votre altesse. Partez devant pour être à son commandement. ” Puis elle ajouta : “ Il faut bien reconnaître qu’une porte de prison est certainement plus souriante que ce shoantis. ”

Anastraëlle : “ Mais ? Qu’est ce qui vous arrive à tous les deux ? Il est charmant. ”

Hangbar : “Si vous me le permettez… ”

La Reine le coupa : “ Justement, j’ai pas l’impression de vous le permettre… ” Et elle éperonna sa monture à son tour pour se porter en tête de son armée. ”

Hangbar et Tinuviël se regardèrent.

Hangbar : “Dites moi un peu… Elle aime bien les méchants garçons, votre Reine ? ”

Tinuviël : “ Vous parlez pour vous, je suppose… ” Et la général le laissa planter là.

Hangbar, tout seul au bord de la Tortue : “C’est dingue. On peut même plus discuter sans qu’une ou l’autre ne prenne la mouche. ”

Le lieutenant observa la rive opposée de la Tortue. Bizarrement, il ressentit comme un regard posé sur sa personne.
Pour lui-même : “ Mon imagination me joue des tours… Allez, en route, je dois retrouver mes hommes avant qu’ils ne décident de se disperser dans la forêt en quête de champignons pour le repas du soir… ”

En face, une paire d’yeux, vert amande, le détailler de pied en cape : “ Alors te voici… Inconscient du danger qui te guette… Comme un agneau que l’on mène à la boucherie… ”


(toujours cinq ans auparavant)
Yure, s’adressa au volatile : “ Gentil… Ne fais pas attention à moi… Je suis sûr que quelques vers de terre n’attendent que toi sur une prairie un peu plus loin… Allez, allez… Ils sont impatient de te voir. ”

Après quelques seconde, Yure avait réalisé qu’il avait devant lui, un aigle énorme. Ce dernier n’esquissa pas un geste. Par contre, Yure sentit que le volatile le foudroyait du regard…

Le jeune adolescent se demanda un instant si l’oiseau ne s’était pas offusqué de ses paroles : “ Non mais, je rêve… Voilà que je pense qu’il a compris ce que je disais, et qu’il l’a mal pris… ”

Dans sa tête, Yure entendit la réponse suivante : “ Ce genre de réflexion de la part d’un blanc bec en caleçon troué, j’apprécie peu… ”

Yure regarda dans toutes les directions pour savoir qui avait parlé… Evidemment, il n’y avait personne… : “ Bon sang… J’deviens fou… ”
Yure chercha du regard un baquet d’eau pour se rafraîchir, et reprendre ses esprits. Il n’en trouva pas…
Par contre, une autre réponse fusa dans son esprit : “ Si t’as besoin d’eau fraîche, je peux te jeter dans le premier étang que l’on rencontrera… ”

Yure eu une réaction de recul : “ Hein ! ! ! Quoi ! ! ! ? ? ? ”
Et il bascula du lit, déséquilibré, pour s’effondrer sur le sol au bas du lit.

Un peu groggy, il se mit à genoux, les mains et les bras sur le lit. Il se frotta la tête, sentant une bosse susceptible de naître sur son crâne.
Une nouvelle réflexion fusa à son esprit : “ Je suis tombé sur un pitre… ”

Yure, d’une voix stridente : “ Mais qui parle ? ? ? ”

Nouvelle réflexion dans son esprit : “ Comme si c’était pas évident… ”

Yure, cherchant toujours du regard son interlocuteur : “ Où êtes-vous ? ”

Nouvelle réflexion dans son esprit : “ Tu veux que je fasse le pingouin ? Ceci dit, avec mes plumes, et mon envergure, j’aurais un peu de mal… Et puis, j’ai pas envie de jouer le guignol… ”

Yure, regarda droit dans les yeux l’aigle, dont le regard atterré, le fixait : “ C’est toi ? ”

Aigle d’un ton cinglant : “ Mais non… C’est le balcon ! ! ! Ou la lampe ? ? ? Bien sûr que c’est moi ! ! ! Tu vois quelqu’un d’autre ?”

Un grand silence s’ensuivit…

La dessus, Médreth pénétra dans la pièce : “ Ah, il m’avait bien semblé t’entendre… Tu fais quoi, là ? ”

Yure : “ Je… Je discute avec un piaffe… ”

Médreth : “ Avec Min, tu veux dire ? ”

Min : “ Piaffe ! ! ! ? ? ? On t’as appris la politesse ! ! ! ? ? ? Est ce que je t’ai appelé Mou du bulbe ? ”

Yure complètement abasourdi: “ Hein ? ” Puis se parlant à lui-même : “ Je vais me réveiller… Je suis en plein délire… Yure… Pinces toi… ” Et mélant le geste à la parole : “ Aïe ! ! ! ”

Min : “ Ca t’arrive souvent de pratiquer l’autoflagellation ? ”

Yure : “ Quoi ? Mais non ! ! ! Enfin, je veux dire… Je sais plus ce que je veux dire… C’est quoi ce bordel ? ”

Médreth : “ Tu me sembles un peu… ”

Min s’exprimant en même temps : “ … Désemparé. ”

Yure : “ Désemparé ! ! ! ? ? ? ”

Médreth : “ C’est ce que je voulais dire. ”

Yure : “ C’est l’autre piaffe qui vient de me le dire ! ! ! ”

Médreth : “ Je ne l’entends pas… Il ne me parle pas… mais à toi, visiblement oui…”

Min, agacé : “ Je ne suis pas un PIAFFE ! ! ! Est ce que j’ai une tête de moineau ? ? ? Je m’appelle MIN ! ! ! ”

Yure : “ Min ! ! ! ? ? ? Mais… ” Demandant au vampire : “ Y a que moi qui l’entend ? ”

Médreth : “ Oui, il s’appelle Min… ”

Min : “ T’es toujours aussi futé lorsque tu te réveilles ? ”

Yure : “ Houlà… Qu’est ce qui se passe là ? Je parle à un oiseau… Il me parle… Et le vampire qui m’a tué, discute avec moi comme si on était ami depuis plusieurs années. ”

Médreth : “ 7 nuits et 6 jours pour être précis. ”

Yure : “ Hein ? ? ? ”

Médreth : “ Cela fait 7 nuits et 6 jours que tu es mort… Enfin, pas tout à fait… ”

Yure : “ Comment çà, pas tout à fait ? Tu m’as transformé en vampire, c’est çà ? ”

Min : “ Si c’est ton sourire qui t’inquiète, je ne vois aucune canine qui te sorte de la bouche. ”

Médreth en même temps : “ En fait non. ”

Yure, se tenant la tête : “ Parlez pas tous les deux ensemble ! ! ! Chacun votre tour ! ! ! ” s’adressant au vampire : “ Tu m’as pas transformé en vampire ? Mais… Tu viens de dire que je suis mort… Et là… Je suis vivant. ”

Médreth : “ Techniquement… Oui. Mais en fait… Non. ”

Yure, ne comprenant plus rien : “Oui, je suis mort. Et non, je ne suis pas un vampire. ”

Min : “ Et ben… T’as pas inventé le fil à couper le beurre, toi… ”

Yure : “ Min ! ! ! Attends que le vampire m’ait tout expliqué avant de faire tes remarques désobligeantes. ”

Min sur un ton cassant : “ Désobligeantes…. Désobligeantes… Réalistes, oui… ”

Yure fixant l’aigle : “ Min… S’il te plaît ? ”

Médreth : “ Je m’appelle Médreth. Et je vais être clair avec toi. J’ai provoqué ta mort, et tu es mort, compte tenu du concept de la mort développé par ta religion. Mais, pourtant, tu es vivant. ”

Yure : “ Je suis perdu, là. ”

Médreth : “ J’ai voulu te transformer en vampire. Et j’ai tout fait pour cela, sauf que tu n’en es pas un. ”

Yure : “ Euh… ”

Min : “Le cerveau est éteint, là… On dirait un poisson qui fait des bulles dans son bocal… ”

Yure, criant à Min : “ OOOOOHHHH. Je t’entend là ! ! ! J’entends toutes tes méchancetés ! ! ! ”

Min : “ Encore heureux… Tu pensais que ce n’est pas ce que je voulais ! ! ! ? ? ? C’est parce que tu m’a appelez le PIAFFE, tout à l’heure ! ! ! Tu te rappelles ?”

Médreth : “ Ca suffit, vous deux. Je ne sais pas ce que vous vous racontez, mais vous avez des regards à faire frémir un mort. ”

Yure s’adressant à Min : “ Oh, bon sang… J’espère que tu n’es que de passage… La cohabitation risque d’être délicate, sinon ! ! ! ”

Min : “ Désolé… Oublies cette hypothèse… On est ensemble… Et pour un bout de temps ! ! ! ”

Yure : “ Quoi ? ”

Médreth : “ Laisses moi t’expliquer ! ! ! ”

Min : “C’est pas gagné… ”

Yure ignora la réflexion : “ Vas y. Je commence à avoir mal au crâne. ”

Min : “Holà… Attention au surmenage… ”

Yure adressa un regard mauvais à l’aigle, toujours perché sur son balcon.

Médreth : “ Tu as deviné juste. Je suis un vampire. Mon expérience est grande, et mon existence a commencé bien avant ta naissance, jeune humain. Cela m’a permis de voyager à travers tout l’Avistan. Et d’amasser pas mal de connaissances.
Mais revenons au début. Je t’ai tué, et j’ai tenté de te transformer en vampire… Sauf que ca n’a pas marché comme ca aurait dû.
Et tu n’es ni mort, ni un vampire… Mais par contre, tu n’es pas vivant, au sens propre du terme. ”

Yure fixa des yeux globuleux sur son interlocuteur…

Min : “Ta mine d’ahuri… Ca te va bien, tu sais… ”



Shoantis et Elfes étaient depuis deux jours dans la forêt des Cendres.

D’un commun accord, les deux peuples avaient piqué plein Sud-est afin de sortir au plus vite de la forêt et poursuivre sa route sur la Plaine des vertes espérances.

Les éclaireurs des deux peuples travaillaient de concert pour préserver au mieux la sécurité de la nouvelle armée unie par la nécessité.

Aucune menace n’était venue entraver la marche rapide en direction de Kaer Maga.

Pour chaque repas du soir, la Reine Anastraëlle invitait Loz.
Hangbar et Tinuviël étaient également conviées.

Les longues discussions exaspéraient Hangbar.
Loz ne se privait pas de demander, au moins une fois, si les pouvoirs d’Hangbar avaient eu enfin l’idée de se manifester…Ce qui, invariablement, provoquait une détérioration de la discussion en cours, qui en devenait beaucoup plus animée.

Chaque jour, Loz et Anastraëlle avançait, côte à côte, discutant de ci ou de çà.

Hangbar, fortement agacé par le comportement de la reine des elfes, le lui avait fait savoir, en aparté.

Une discussion virulente s’en était suivie, ponctué par un baiser du lieutenant sur les lèvres de la Reine.

Le lieutenant avait quitté la tente en trombe, laissant la Reine, encore une fois, stupéfaite de cette action.

Le lendemain, Hangbar avait été la cible de regards incendiaires de la part de la jeune femme, et ceci tout le long de la journée...

Le soir venu, le repas du soir s’était, de nouveau transformé, en un moment de tensions palpables.

La reine ne lui adressa pas la parole, même pour répondre aux pics verbaux qui lui envoyaient.

Tinuviël, consciente qu’il y avait un problème, préféra regarder son assiette, et ne pas se mêler du différent.

Loz, lui, semblait aussi hermétique à l’ambiance électrique de la soirée, qu’une bouse de vache imaginaire susceptible de ne pas embaumer la prairie environnante.
A croire que ce sinistre shoantis était insensible aux émotions se dégageant des trois convives réunies autour de lui.

La soirée s’était donc passée, et Hangbar avait pris congé, laissant la reine à sa mine renfrognée.

Pourtant, un peu plus tard, dans le courant de la nuit, Hangbar avait pris son courage à deux mains, et s’était posté à quelques mètres de la tente royale, attendant dans l’ombre, le bon moment.
Il passerait par derrière, pour déjouer la surveillance des deux gardes en faction devant.

Après une petite demie heure, il se retrouva au pied de ladite tente. Il y fit une entaille, juste suffisante, pour pouvoir pénétrer en rampant.
Il se retrouva rapidement à l’intérieur, dans une pénombre quasi totale. Pour lui-même : “ Elle doit dormir… Vaut mieux éviter de la réveiller en fanfare, sinon je termine écartelé… ”

Il se rapprocha, dans le silence le plus totale, de la partie de la tente constituant la chambre, puis du lit pour constater … qu’il était vide ! ! !

Hangbar jura : “ J’y crois pas ! ! ! Elle est partie où ? Sans doute avec ce Loz ! ! ! Je vais me le farcir celui-là… ”. Il regarda tout autour pour constater qu’Anastraëlle n’était pas là…. Il ressortit immédiatement de la tente, et décida de repartir vers la sienne.

A l’autre bout du camp, une forme encapuchonnée rampait dans le noir. Elle se dirigeait vers la partie du camps occupée par les humains.
La créature marmonna entre ses dents : “ Je le découperai en morceaux… ”
Enfin, son objectif se matérialisa devant elle, une tente.

Elle constata que la surveillance était aussi laxiste dans cette partie du camps que dans celle qu’elle avait déjà traversé.

Elle se positionna à l’arrière, dans une partie sombre, et trancha la toile aussi silencieusement que possible…

La créature fut bientôt à l’intérieur. Elle inspecta les lieux, et remarqua une forme allongée dans le lit…

Il devait dormir… L’occasion était trop belle… Il allait regretter d’être venu au monde…

La mystérieuse personne s’approcha… Puis se tint à l’aplomb du dormeur.

Tout à coup, elle lui asséna un violent coup de poing dans ce qui aurait dû être l’abdomen.

Le coup ne rencontra aucune résistance… Et pour cause… ce qu’elle avait pris pour un corps n’était qu’un amoncellement de couvertures pour faire croire à la présence de quelqu’un allongé sur le lit.

La créature maugréa : “ Aaaahhhhh… ”

Le capuchon tomba, et dévoila le visage d’Anastraëlle, d’un rouge pivoine de colère ! ! !

Elle poursuivit : “ Ce n’est pas possible… Je m’abaisse à venir discrètement jusqu’à sa tente… Et il n’est pas là pour supporter ma colère ! ! ! ”

Prise d’une fureur noire, la Reine renversa le lit… jeta à terre tous les objets qui passaient à sa portée… Légèrement calmée… Elle en oublia toute prudence… Et sortit de la tente par l’entrée principale, bien décidée à retourner dans sa tente. Deux gardes, attirés par le bruit, médusés par la présence de la Reine des elfes, m’émirent pas un mot.

Sur son chemin, elle rencontra également des humains et des elfes, surpris de la rencontrer en train de sillonner le camp si tardivement.

Puis, son regard rencontra la silhouette familière d’une personne venant à sa rencontre, le lieutenant Hangbar… Il ne l’avait pas encore remarquée… Il marchait le regard baissé…

Quelques instants après, il stoppa net son avancée, son regard remarquant des mocassins de sa connaissance. Il releva la tête. La Reine se tenait devant lui… Visiblement en colère… Il n’eut pas le temps de prononcer un mot, une gifle cuisante rencontra sa joue droite.

Anastraëlle : “ Sombre Crrééttiiinnnn ! ! ! ”

Et elle le planta là, au milieu du camp, sans plus d’explications… Totalement incrédule par ce qui venait de se produire, le lieutenant parvint à émettre un mot : “ Mais ? ? ? ”

Loreleï avait dû, rebrousser chemin plusieurs fois. Il devenait de plus en plus évident qu’elle ne parviendrait pas à rallier la cité.

Les détonations avaient cessé du côté de la balafre de Mormegil.

Depuis les différents points de vue qu’elle avait visité, elle avait aperçu une masse grouillante se déversant de ladite balafre.

Celwynvian était à présent totalement encerclée…

L’armée des drows organisait tranquillement le siège de la cité pendant que les défenseurs se préparaient à repousser l’attaque.
Durant son trajet, elle avait entendu plusieurs explosions. Elle en avait déduit que le conseil des magiciens de Celwynvian était entré en action contre les deux dragons noirs qu’elle avait aperçu.


Des frissons glacés avaient parcouru tout le long de son échine lorsqu’elle avait assisté, impuissante, aux mouvements des troupes des drows, depuis le sommet de l’arbre où elle se tenait.

Elle n’aurait jamais cru cela possible. Elle était en plein cauchemar, tout comme, sans doute, l’ensemble des défenseur de la capitale elfe de la forêt de Mériani.



Zéphyr et Elannah, toute les deux encapuchonnées dans leur cape respective étaient enfin parvenue à trouver le local du gnoll Yastérion.
Le soleil venait de se coucher. La soirée commençait à être fraîche. Les deux jeunes filles avaient joué au chat et à la souris avec plusieurs groupes de malandrins depuis qu’elles avaient pénétré dans la cité de Kaer Maga.

Dans ce dédale de rues et de ruelles, il était chose aisée de perdre des poursuivants, quelque soit le niveau de leur motivation à profiter des richesses de leur proie.

A présent qu’elles faisaient face à un entrepôt, à moitié calciné, il devenait évident que Yastérion avait dû avoir un petit conflit de voisinage, très récemment. Les deux jeunes femmes discutèrent à voix basse, dissimulée derrière le pilier d’un autre entrepôt.

Zéphyr : “ Je sens que nous sommes suivies. Malgré tous nos efforts, ce cancrelat s’accroche… ”

Elannah : “ Ca doit être une impression. Après tous les ronds que nous avons fait pour parvenir ici, je doute qu’un être sain d’esprit ait pu réussir à maintenir le contact avec nous… ”

Zéphyr : “ Lorsque je dis que je sens que nous sommes suivies, c’est au sens propre ! ! ! ”

Elannah : “ C’est à dire ? ”

Zéphyr : “ Qu’il pue… ”

Elannah : “ Oh… Et où est-il ? ”

Zéphyr : “ Dissimulé dans l’encadrement de la porte, là-bas. ”

La jeune dragonne venait de désigner une petite maisonnée avec plusieurs fenêtres. Aucune lumière n’était allumée à l’intérieur.

Elannah : “ Je ne sens rien… A part les odeurs nauséabondes des immondices de la rigole au milieu de la rue… ”

Zéphyr : “ Mon odorat est particulièrement développé. Je fais la différence entre l’odeur d’un être vivant, et celle de poubelles. ”
Tout à coup, la dragonne se figea : “ Il y a quelqu’un d’autre… ”

Elannah : “ Encore ? ”

Zéphyr : “ Je viens de comprendre qu’en plus de celle de ses vêtements, c’est l’odeur de la peur qui émane de celui qui se dissimule, et que je perçois. Il tente de fuir le second individu…C’est pas réjouissant… ”

Elannah : “ En clair ? ”

Zéphyr : “ Va y avoir du grabuge ! ! ! prépares toi ! ! ! ”

Elannah : “ Il est où ? ”

Zéphyr : “ Là haut, sur le toit de la maison à 20 mètres Nord est…. Elle pue autant… mais pour d’autre raisons… ”

Elannah : “ Elle ? ”

Zéphyr : “ C’est une liche ! ! ! Et visiblement, celui qui se cache va mal terminer. ”

Une seconde après, la créature s’envolait de sa position pour piquer droit vers sa cible.

Une volée de tuiles en ardoise l’intercepta dans sa descente. Les cris de douleurs qui s’ensuivirent, informèrent Elannah que son attaque avait fait mouche…
La créature s’écrasa en plein milieu de la rue. Mais elle se releva quelques secondes seulement après cette chute.

Le petit individu visé par la liche réagit immédiatement. Deux poignards volèrent vers elle. Ils se plantèrent dans le torse de la liche.

La liche, d’une voix sifflante : “ J’espère que tu as d’autres arguments pour te mesurer à moi. Ta vie touche à sa fin… Ma maîtresse sera heureuse d’avoir ta tête en guise de trophée…”

Le petit individu à qui elle s’était adressé, dégaina un sorte de cimeterre : “ Peut-être que ma lame contrariera ce dessein… ”

Un petit tremblement attira l’attention de la liche, mais il était déjà trop tard pour elle. La maison, près de laquelle elle s’était écrasée, se précipita à sa rencontre, et s’écroula sur elle dans un fracas de pierre et de bois…

Entre temps, Zéphyr avait eu le temps de se poster juste derrière le petit individu, sans que celui-ci ne la remarque.
Elle le menaçait de sa dague, dont la lame était prête à entailler la gorge : “ Tu as deux secondes pour me dire qui tu es, et pourquoi tu nous suivais... ”

Le petit individu était encore surpris par l’effondrement de la maison sur l’ennemi qu’il avait tenté de semer depuis près d’une semaine. Il avala sa salive : “ Je… Je m’appelle Getraz… J’ai remarqué l’elfe qui vous accompagnait. Il m’a parut opportun de lui demander une aide salvatrice… ”

La jeune elfe rejoignit la dragonne qui tenait toujours la lame de sa dague sur la gorge de Getraz.

Zéphyr, d’un air mauvais : “ Je croyais que nous devions être discrètes… ”

Elannah : “ Vu que les tuiles ne l’avaient pas affecté… Je me suis dit qu’il fallait augmenter la force de frappe… ”

Zéphyr : “ Un peu aurait suffit… ”

Elannah : “ Autant être sûre. Et puis cette vieille bicoque inhabitée ne demandait qu’à s’effondrer. Tout le monde prendra çà pour un accident… ”

Getraz intervint : “ Mesdemoiselles… Si je puis me permettre, il serait judicieux de quitter les lieux avant que la garde n’arrive… ”

Zéphyr : “ Je ne crois pas t’avoir demandé ton avis… ”

Elannah : “Mais il n’a pas tort… ”

Zéphyr : “ Prends lui son arme, et fouilles le pendant que je garde mon arme sur sa gorge. ”

L’elfe s’exécuta… Et trouva une bonne quinzaine d’armes de jets différentes : “ Vous devez vous sentir plus léger ? ”

Getraz : “ Et moins en sécurité… ”

Elannah remisa toutes ses armes dans son sac : “Suivez-nous… gentiment. ”

Getraz : “ Vous le demandez si poliment… Je m’en voudrais de refuser. ”

Les trois silhouettes s’évanouirent dans les ombres des ruelles environnantes…

Quelques instants après, un attroupement de gardes et d’habitants curieux contemplait ce qui restait d’une maison de pierre.



(toujours cinq ans auparavant)
Médreth reprit ses explication : “ Tu es le détenteur d’une certaine forme de magie, disparue depuis longtemps de Golarion. Cependant, elle semble resurgir.
Tu es la deuxième personne de ta sorte que je rencontre cette année.
Jusqu’à ma rencontre avec celui-ci, ce que j’avais lu n’était que de la théorie. ”

Yure : “ J’ai peur de mal saisir… ” Il regarda immédiatement Min, qui, aussi étonnant que cela puisse paraître ne pipa mot.

Médreth : “ Le pouvoir de cette magie se manifeste de différentes manières. Pour celui dont je te parle, ma rencontre avec lui a failli être fatale. Sans mes capacités de vampire, ma fuite n’aurait jamais connu de succès, je serais mort, et toi, aussi, sans doute, mais des mains d’un de mes autres congénères… ”

Yure : “ C’était idiot de venir dans l’Ustalav... ”


Médreth : “ Ca s’est surtout avéré fatal pour toi et tes amis. ” Devinant la pensée de Yure, il poursuivit : “ Je les ai enterré. Ils sont vraiment morts, eux… Mais poursuivons…
Avant que toi et tes amis vous ne me rencontriez, je chassais… l’Aigle géant des Montagnes. ”

Médreth et Yure regardèrent Min, qui les dévisagea et reprit : “ Et ouais… ” regardant Yure : “ Y a pas que toi qui as connu une mauvaise journée… ”

Médreth : “ Min a été la victime de ma chasse, et surtout de ma soif… Je croyais l’avoir laissé mourant. A cet instant, je n’étais absolument pas conscient qu’il puisse s’agir d’un jeune magicien transformé en aigle géant… Je ne lui ai pas laissé le temps de me l’expliquer, d’ailleurs… ”

Min : “ C’est le moins que l’on puisse dire… ”

Médreth : “ Quelques instants après, je suis tombé sur votre groupe. ”

Yure : “ C’est plutôt nous qui sommes tombés sur vous. ”

Médreth : “ A ton aise… S’en est suivi notre combat… Et ta… presque mort. ”

Yure : “ Comment cela ? ”

Médreth : “ Comme je te l’ai dit, avant que tu ne t’éteignes, quelque chose en toi m’avait interpellé. Ton aura vitale était différente de tes camarades. Elle m’a rappelé celle de ce mystérieux gamin qui a failli m’éliminer, un shoanti.
J’ai décidé d’éliminer tes amis, afin de te retirer leur soutien. Je ne savais pas si tu étais aussi puissant que ce shoanti, mais en prévision de cette possibilité, j’ai agi rapidement et t’ai neutralisé.
Une fois à terre, il est devenu clair que tu n’étais pas aussi puissant. C’est à ce moment que j’ai voulu te sauver en te transformant en vampire.
Avant cela, tu avais émis des gargouillis.
Je venais de te mordre, t’insufflant une partie de mon pouvoir, lorsque Min, que je croyais mort depuis longtemps, s’est jeté sur moi.
Il m’a repoussé, et s’est posté entre toi et moi.

J’aurais pu le tuer, mais cette fois-ci, ca n’aurait pas été par surprise. Ma victoire n’était pas acquise. Surtout qu’un aigle des Montagnes me faisait face, alors qu’il ne devait plus avoir de sang…pour le maintenir en vie.

Plus surprenant encore, la vie revint en toi. Mais pas du tout comme cela aurait dû se passer.

Comme tu peux le remarquer, on ne pas dire que le soleil ait un effet sur ma peau… Ta peau aurait dû connaître le même sort. Or, non seulement ton teint resta halé, mais en plus tu respirais avec facilité, alors que la transition aurait dû provoquer sur ta respiration, des effets secondaires…notables.

Ainsi, je me retrouvais devant vous deux, dont toi inconscient.

Il devint aussi évident que cet aigle ne semblait pas comme les autres… Après plusieurs heures, et dans une confiance toute relative, moi et Min avons discuté. ”

Yure : “ Mais ? Je croyais que vous ne l’entendiez pas ? ”

Médreth : “ Tout à fait. Par contre, en tant que magicien, compte tenu de son éducation, il était capable d’écrire sur le sol terreux. ”

Yure : “ Mais, pourquoi, suis-je le seul à l’entendre ? ”

Médreth : “ Je t’ai dis que tu étais le détenteur d’une magie très ancienne. Grâce à mes recherches, j’ai découvert que cette magie se manifeste par la pensée, ou la prononciation de mots dans une langue inconnu de la très grande majorité des gens, dont je fais partie.
Ces mots apparaissent dans l’esprit de la personne, suivant les circonstances, et provoquent les effets escomptés par ladite personne.
A l’instant de ta mort, tu as dû penser et matérialiser un de ses mots dans ton esprit. Pour quel effet me demanderas tu ? ”

Yure : “ Normal, non ? ”

Médreth : “ Pour ce que j’en sais, et compte tenu de ma capacité à percevoir l’aura vitale des gens, le ou les mots que tu as prononcé ont eu pour effet de mêler vos auras vitales à toi et à Min. La conséquence, c’est que Min et toi vous êtes… relevés des morts. Tu lui as insufflé ton énergie vitale, ne gardant que le strict minimum…et il est venu à ton secours. Ajoutons à cela que la partie de moi-même que je t’ai insufflé a dû aussi intervenir, et vous voilà tous les deux unis dans un même destin, et vous comprenant tous les deux, sans doute sans besoin de prononcer le moindre mot. ”

Yure : “ Mais… Pourquoi il ne se retransforme t il pas en homme ? ”

Min : “ Ca y es… Son cerveau s’est réveillé ! ! ! ”

Médreth : “ Un des effets secondaires de la fusion de vos auras vitales… ”

Min : “ Tu es la source de ce qui est arrivé. Il y a donc peu de chance que tu sois affecté. L’avenir nous le dira… ”

Yure : “ Et moi ? Y a t il un effet secondaire ? ”

Médreth : “ A mes yeux, tu n’es pas sorti indemne de cet… événement. ”

Yure : “ Et ? ”

Médreth : “ Ce sera à vérifier, mais certain de tes traits physique ont été affectés. Ta peau ne l’a pas été, mais tes yeux, tes cheveux, et ta musculature ont subtilement changé… ”

Yure : “ Ce qui veut dire ? ”

Médreth : “ Je pense que sans être un vampire, tu as hérité d’une partie des caractéristiques de mon espèce. ”

Yure : “ Génial… Et maintenant ? ”

Médreth : “ Un long entraînement t’attend… ”

Yure : “ Pardon ? ”

Médreth : “ Le destin a voulu que nous nous rencontrions. Tes pouvoirs ne se sont pas manifestés par hasard… L’avenir de ce monde repose en partie dans tes mains, et sans doute dans d’autres ayant les mêmes dispositions que toi. Il est indispensable que tu suives un enseignement pour te préparer à te défendre contre ce qui t’attend. A l’heure actuelle, à part chasser des mouches avec ton épée, je vois pas trop ton utilité… ”

Yure : “ Euh… Merci pour cette franchise… ”

Médreth : “ Je t’en prie. Chaque parole, chaque action, chaque événement t’apportera les moyens de lutter contre ce que tu seras amené à rencontrer. Inutile d’attendre assis sur ton lit. En route. Ton entraîneur de Yiang shi t’attends… ”

Le vampire quitta la pièce. Yure comprit qu’il devait le suivre, mais se posa une question à voix haute : “ Mon entraîneur de quoi ? ”

Min, sur un ton ironique : “ Attention aux bosses… Et surtout, continue d’être aussi aimable avec ton entraîneur qu’avec moi. Il t’appréciera sûrement d’autant plus… ”


Hangbar était penché au dessus d’un petit cours d’eau pour remplir son outre du précieux liquide.

Il avait décidé de s’isoler.

Il se parla pour lui-même : “ Ras le bol de ce Loz ! ! ! Et Loz fait ci… Et Loz fait çà… ”

Il se remémora les trois derniers jours, depuis qu’ils avaient franchi la Tortue.

Et puis sa tente avait connu une véritable tornade ! ! ! Il avait eu l’intention d’aller voir la reine, pour constater son absence. Sur le chemin du retour, il l’avait croisée. Elle lui avait administré une violente gifle, tout en le traitant de crétin. Il ne comprenait toujours pas ce qui s’était passé, et pourquoi…

Un bruissement dans les arbustes derrière lui attira son attention. Dans la seconde suivante, il faisait face, son épée à la main, à une femme au teint mat, aux traits humains, à la longue chevelure brune, avec des ailes grisâtres parsemées de tâches noirâtres.

Hangbar : “ Qui êtes vous ? ”

L’inconnue : “ Ta mort ! ! ! ”

Hangbar : “ Qu’est ce que vous faites ici ? ”

L’inconnue : “ C’est toi qui m’a fait venir à toi ! ! ! ”

Hangbar : “ Si tel avait été le cas, je crois que je le saurais… ”

L’inconnue : “Lorsque tu me serviras d’esclave par delà ta mort, tu t’en rappelleras… ”

Immédiatement après, des cordes de cheveux se projetèrent sur le jeune humain.
Elles s’enroulèrent sur son épée.

Hangbar faisait des moulinets avec son arme, tentant de trancher dans le vif cette surprenante attaque.

Il sentit que son arme allait lui échapper. De plus en plus de cheveux s’enroulaient sur elle.

Soudain, il se retrouva la tête en bas. Une corde de cheveux venait de s’enrouler autour de sa cheville, et avec l’aide d’une branche de l’arbre à proximité, il se retrouva pendu par les pied, et désarmé.

L’inconnue : “ Je pensais que tu m’amuserais un peu plus… ”

Hangbar : “ Attendez que je descende de là, et vous verrez que je vous ferez changer d’avis… ”
Les méninges du jeune lieutenant était en ébullition… Et il se dit : “ Dire que c’est à cause de ce foutu Loz que je me retrouve dans ce pétrin… ”

L’inconnue : “ Vous êtes à ma merci, et pourtant, vous semblez penser à autre chose qu’à votre mort prochaine… Vous êtes bien le premier à être aussi inattentif à votre fin… ”

Hangbar : “ Vous pourriez au moins me dire ce que vous êtes, avant d’en finir… ”

L’inconnue : “ Je pourrais vous le dire une fois que votre vie se sera achevée sur ce monde… ”

Hangbar : “ Certes, certes… Mais c’est ma curiosité de vivant qui demande à être satisfaite. ”

L’inconnue se rapprocha : “Je veux bien satisfaire ce désir. On me nomme généralement Ailes de cendre… Furie… ou guerrière angélique déchue…Mais plus précisément, Erynie. ”

Hangbar : “ Ah ? Et quel est votre nom ? ”

L’inconnue, étonnée : “ Mon nom ? Je…”

D’un geste fluide, Hangbar donna un violent un coup de boule à celle qui croyait l’avoir à sa merci.

La créature tomba à la renverse… Les cheveux entourant la cheville du Lieutenant, se dénouèrent, et il tomba au sol.

Il reprit rapidement ses esprits, et se précipita vers son épée. Une pensée fusa dans son esprit… Incompréhensible…
Puis une seconde : “ J’me suis pété le nez sur ce coup… Elle a la tête dure cette foutue dégénérée… ”

Il se releva, pour constater que la créature, affalée à terre, se tenait la tête, tout en gémissant…

Pour lui-même : “ Pas tant que çà, finalement… ”

L’arme au poing, il se précipita vers elle, et tint la pointe de son épée sur sa gorge : “ Je crois que vous êtes vaincue ! ! ! Rendez-vous, et je ne vous ferez aucun mal… Pour le moment. ”

Les yeux vert amande de l’inconnue lui jetèrent un regard venimeux: “ Pas de mal ! ! ! j’ai l’impression que mon cerveau va exploser… Et vous osez me dire que vous ne me voulez aucun mal ! ! ! ? ? ? ”

Hangbar : “ Vous me semblez suffisamment forte pour encaisser un petit coup de boule… Arrêtez votre cirque, et relevez-vous ! ! ! ”

L’inconnue : “ Ce n’est pas votre coup de boule qui m’a mise à genoux… ”

Hangbar : “ Ah bon…. Mon charme irrésistible alors ? ”

L’inconnue gémit : “ Aaaaahhhh…. Je suis tombé sur un crétin ! ! ! ”, tout en se tenant encore la tête…

Hangbar : “ Ca fait la deuxième fois en très peu de temps que l’on me traite de la sorte… J’apprécierais que vous soyez plus agréable dans votre langage… Et si vous me disiez plutôt pourquoi vous affirmez que je vous ai appelé ! ! ! ”

L’inconnue, au comble du désespoir : “ Mais pourquoi est-ce tombé sur moi… ”



Gourkok, assisté de Bromard, accumulait les prises. De nombreux poissons étaient allongés dans l’herbe, et serviraient bientôt de repas à toute la compagnie.

Vink’lar faisait le guet, en compagnie de Farbround.

Garken, lui, observait la cité de Kaer Maga dont les remparts le dominaient.

Avec le coucher du soleil, les étoiles prenaient petit à petit leur place respective sur la voûte céleste. Un mouvement capta l’attention du nain, suivi immédiatement après par un bruit sourd.

Après s’être retourné, Vink’lar constata qu’une silhouette, vêtue d’une chemise et d’un pantalon grisâtre, venait d’apparaître à moins de dix pas de sa position.

Dans la seconde, ses mains tinrent sa hache. Il émit un sifflement, pour capter l’attention de ses compagnons, et il se mit en garde. A l’adresse du nouveau venu : “ Qui êtes-vous ? ”
Farbround, lui, tenait déjà en main son arbalète.

La silhouette était en train de s’épousseter très calmement, puis celle-ci déclara : “ Pourriez-vous m’indiquer où se trouve une certaine Glingal ? ”

Vink’lar : “ Quand les poules auront des dents… Peut être… ”

L’inconnu : “ Je me nomme Nyrtis… C’est pour que vous sachiez qui vous aura tué… ”

Gourkok qui s’était porté aux côtés du nain et du gnome : “ Pour cela, il faudra déjà que vous surviviez à Grande Trancheuse.. ”

Le demi-orc avait remarqué, au même moment que le nain, l’arrivée de ce mystérieux inconnu. Immédiatement, il avait rejoint ses deux amis.
Il fut rapidement suivi par Garken et Bromard.

Nyrtis : “ Si vous voulez tous mourir en même temps… Libres à vous. ”

Gourkok : “ Dégainez votre épée, que je m’occupe de vous… ”

Nyrtis : “ Je n’en ai nul besoin pour vous vaincre… ”

Gourkok : “ La paresse a t elle consumé tout votre courage ? ”

Nyrtis, interloqué : “ Que voulez-vous dire ? ”

Gourkok : “ Vous devez être un magicien… Vos pitoyables muscles ont dû s’atrophier depuis que vous ne vous servez plus de vos mains pour vous battre…Ce qui explique que vous redoutiez tant de prendre votre épée. Craigniez-vous de la lâcher en la dégainant ? A moins que vous n’ayiez peur de Grande Trancheuse ? ”

Nyrtis, piqué dans sa fierté : “ Vos paroles me déplaisent… Quant à votre lame, elle a un nom ridicule ! ! !”

Gourkok : “ Pour tous ceux qui ont péri de son tranchant… Ce n’est pas le cas…”

Nyrtis prit son épée en main : “ Je vais vous faire ravaler vos paroles… ”

Gourkok moqueur : “ Tenez fermement votre épée… Ce serait dommage pour vous qu’elle s’envole à mon premier coup… ”

La colère flamboya dans les yeux de Nyrtis : “ Même votre cadavre demandera pitié après votre mort… ”

Gourkok : “ Quant à vous… Après votre mort… Vous n’aurez plus cette chance… ”

Nyrtis, au comble de l’énervement, se jeta sur le demi-orc.

Les passes d’arme se succédèrent… Le son du bruit des armes s’entrechoquant se répercuta de loin en loin…


Dans le bosquet d’arbres, un peu plus haut…
Pyréas : “ Oh oh… Je crois qu’un invité surprise, et déplaisant, est en train de gâcher la préparation de notre futur repas… ”

Alvynia, prise de cours, et ne comprenant pas ce qui se passait : “ Excusez moi ? ”

C’est Gnaxlal qui la renseigna: “ Un sbire de Zéleph vient d’arriver plus bas… ”

Pyréas : “ Et Gourkok est en train de lui présenter ses hommages… ”

Gnaxlal : “ Je ne suis pas sûr qu’il tiendra encore longtemps… ”

Pyréas : “ Hâtons nous donc de lui porter assistance, dans ce cas… ”

Aerendir : “ Nous ne pourrons donc jamais être tranquilles … ”


Gourkok était essoufflé et tout suant. Cela faisait près de cinq minutes qu’il répondait à chaque coup que lui portait ce Nyrtis. Ce dernier, dont les mouvements étaient d’une fluidité surprenante, ne paraissait pas le moins du monde affecté par les efforts qu’il avait déployés pour se battre contre le demi-orc.

Nyrtis, sardonique : “ Seriez-vous fatigué ? Souhaitez-vous que je ralentisse la cadence ? ”

Gourkok : “ Ne vous donnez pas cette peine… Pour une fois que je m’amuse… ” et sur un ton moqueur : “ Ne vous déconcentrez pas… N’oubliez pas que vous devez garder votre épée en main… ”

La colère flamboya de nouveau dans le regard de Nyrtis : “ Votre cadavre nourrira bientôt les vers de terre… ”, Et il se jeta d’un geste rapide sur le demi-orc, qui para l’attaque…

Le jeune inconnu se lança dans une série d’attaques, toutes contrées par Gourkok. Par contre, l’attaque suivante prit en défaut sa défense, et l’épée de Nyrtis mordit dans le gras de l’avant bras…Gourkok grogna mais contre-attaqua…

Nyrtis : “ Vous me semblez épuisé… Tenez-vous donc tranquille que je vous achève… ”

Gourkok : “ … Et vous laissez vous ridiculiser en me loupant, alors que je serais sans défense… Je m’inquiète de votre réputation, si vous, vous ne vous en préoccupez pas… ”

L’énervement de Nyrtis fut à son comble, il se jeta sur Gourkok, qui para la frêle, mais redoutable, épée de son adversaire. Mais Nyrtis fut déséquilibré, et c’est bien le tranchant de Grande Trancheuse qu’il entrevit de très près.

D’un mot de pouvoir, il immobilisa l’épée du demi-orc.

Gourkok : “ Voici qui n’est pas très fair-play… ”

Nyrtis : “… Mais salutaire… ”

Le jeune homme, se recula, et la pression sur l’épée de Gourkok disparut. Le demi orc se mit de nouveau en garde.

Nyrtis, un amusement dans la voix : “ Je dois reconnaître que bien peu de mes adversaires ont survécu aussi longtemps... ”

Gourkok : “ Et ce n’est pas encore terminé… ”

Nyrtis : “ Je crains que si… Nous en avons fini tous les deux… Un de vos ami requiert toute mon attention… ”

Le jeune homme rengaina son arme, sous le regard étonné du demi-orc.

Pyréas venait d’arriver à quelques pas, Gnaxlal à ses côtés.

Nyrtis : “ Messire Pyréas… ”

Pyréas : “ Nyrtis… Quel déplaisir… ”

Nyrtis : “ Pareillement… ”

Pyréas : “ Je suppose qu’il ne s’agit que d’une visite de courtoisie… ”

Nyrtis : “ Assurément, non… ”

Pyréas : “ Je le regrette… Nous aurions eu du poisson grillé à vous proposer… ”

Nyrtis : “ J’y suis allergique… L’auriez-vous… oublié ? ”

Pyréas : “ Mon grand âge pourrait l’expliquer. Mais, en fait… Il n’en est rien… J’espérais une douce mort pour vous… ”

Nyrtis ironiquement: “ Que c’est délicat de votre part… ”

Pyréas : “ Je suis de bonne humeur aujourd’hui…Je vous laisse la possibilité de vous retirer… ”

Nyrtis : “ Vous n’êtes qu’un vieux fou… Pas un seul d’entre vous n’est capable de venir à bout de moi… Cette colline sera votre tombe, ainsi que pour vos amis… Dites moi plutôt où est cette Glingal, et j’expédierai sans douleur le trépas de vos amis et de vous mêmes ! ! ! ”

Pyréas : “ En êtes-vous si sûr ? ”

Nyrtis s’esclaffa : “ Ah ah ah… Ne me faites pas rire… Il n’y a là que des avortons, des esclaves en puissance, et un vieux débris… ”

Pyréas, désignant Aerendir, qui venait d’arriver : “ Vous voulez sans doute parler de ce magicien ”.

Nyrtis agacé, à l’adresse de Pyréas : “ Bien sûr que non, vieillard ! ! ! ”

Pyréas : “ Oh… C’est bien la première fois que l’on me nomme ainsi… Votre manque de respect est pathétique… Je vous suggérais de modifier votre attitude, de sorte que vous soyez en paix avec vous-même plutôt que colérique… Surtout pour quelqu’un dont le trépas est proche… ”

Nyrtis : “ C’est votre confiance en vous qui est pathétique… Vous serez ma première vi… ugh… ”

Le jeune homme cracha du sang.

Pyréas : “ Croyez bien que je le regrette…Quoique… Absolument pas, finalement… Mais il semblerait bien que non… ”

Nyrtis s’effondra… …le torse d’un côté… les jambes et le bassin de l’autre… Il avait été tranché en deux. Il agonisa quelques secondes, cherchant ses forces qui le quittaient rapidement et inexorablement. Puis il cessa de respirer. Ainsi s’acheva, sur Golarion, la vie d’un des lieutenants de Zéleph. Assurément pas de la manière dont ce dernier avait pu l’envisager en arrivant sur ce monde…

Pétrifiée par ce qui venait de se produire, chaque personne autour de Pyréas observait la scène de manière incrédule.

Gnaxlal, lui, regardait avec intensité une silhouette sur sa gauche, derrière Gourkok. Pour lui-même : “ Son aura est étrange… Et je ne l’ai même pas senti arrivé… ”

Chacune des autres personnes présentes put remarquer qu’un moineau venait de se poser sur l’épaule du vieil homme.

Pyréas : “ Je suis heureux te revoir Arthur. Et je constate avec satisfaction que tu as ramené notre ami. ”

Après ses quelques instants de surprise, tous les autres, à part Gnaxlal, remarquèrent enfin la présence d’un aigle, sombre, gigantesque, qui s’était posé à quelques mètres de là. Comment avaient-ils bien pu faire pour ne pas le remarquer ?
A ses cotés, se tenait un grand gaillard habillé d’une tunique noire de la tête aux pieds. Seuls ses yeux sombres étaient visibles, ainsi qu’une épée à double tranchants dans sa main gauche… Des gouttes de sang coulaient le long des lames, jusque sur l’herbe verte de la colline.

Pyréas, s’adressant au nouvel arrivant : “ Yure… Je suis heureux de te revoir…Ta petite mission a donc dû être couronné de succès ? ”

Yure : “ Comment pouvait-il en être autrement ? ”

Pyréas : “La facilité de cette mission ne m’avait pas sauté aux yeux… ”
Yure : “ Aucune difficulté mineure ou majeure ne s’est interposée… ”


Pyréas : “ Bien… J’espère que nos deux oiseaux rares n’ont pas été trop bavards pendant cette dernière ou durant ton voyage… ”

Yure : “ Pas plus que d’habitude… ”

Min : “ Comme si on était bavards ! ! ! T’entends ça, Arthur ? ”

Arthur, d’une voix nasillarde, à destination de Yure : “ Quelle insolence ! ! ! Tu as de la chance d’être plus grand que moi, sinon tu n’aurais plus que tes yeux pour pleurer… ”

Yure : “ Je sais… Tu te répètes…Mon vieux ! ! ! ”

Arthur : “ Comment çà vieux ! ! ! Jeune blanc bec ! ! ! Attends un peu que je me fâche… ”

D’une démarche envoûtante, Yure se rapprocha de Pyréas : “ Je vois que vous avez rassemblé ceux que vous cherchiez… ”

Pyréas : “ Et je vois que tu es toujours aussi invisible que foudroyant pour nos ennemis. ”

Yure : “ Un abruti doublé d’un inconscient… La jeunesse sans doute… Un défaut fatal… Parfois… ”

Pyréas : “ Abruti… Certainement… Par contre, il devait avoir dix fois ton âge… ”

Yure : “ En ce cas, l’âge ne lui a apporté ni l’expérience du combat, ni la sagesse… ”

Min : “ Parce que tu connais la sagesse, toi ? Première nouvelle ! ! ! ”

Yure se frotta les yeux avec son pouce et son index, ignorant, du mieux possible cette réflexion.

Pyréas : “ Je doute que ses nombreuses victimes puissent être d’accord avec toi sur son inexpérience au combat. ”

Yure : “ Il est mort… Tout comme ses victimes… ”

Pyréas se rendant compte des regards interrogatifs à l’entoure : “ Oups… Veuillez m’excuser… Je manque, encore, à tous mes devoirs. Je vous présente Yure… Un des gardiens de Golarion… Que j’ai rencontré la première fois, voici quelques années… ”

Yure : “ Trois ans… Pour être précis. ” Et s’adressant à toutes les personnes présentes : “ Je suis ravi de faire votre connaissance. ”

Des signes de têtes lui répondirent

Entre temps, Arthur était venu se poser sur l’épaule de Gnaxlal : “ Hé… Tu pourrais pas appeler quelques mouches… J’ai une faim de loup ! ! ! ”

Interloqué par ce petit moineau, à l’accent bizarre, mais surtout à la langue bien pendue, Gnaxlal ne parvenait pas à trouver ses mots…

Arthur : “ Dis donc… Si tu fais le timide, je suis pas prêt de voir mes mouches, moi… ”

Gnaxlal regarda Pyréas, qui ajouta, les deux mains en avant, paume dressée: “ Ne me regardez pas comme çà… Vous feriez mieux de vous y habituer… C’est pas demain la veille qu’il restera silencieux. ”

Arthur bondissant d’agacement sur l’épaule de Gnaxlal : “ Silencieux ! ! ! C’est quoi ce mot ? La nature m’a doté du langage, je vais pas me priver pour en profiter… Surtout si y a un gueuleton à la clef… ”

Aerendir, Alvynia et Glingal étaient, eux, encore sous le choc d’entendre un oiseaux parler comme eux. Et, à cet instant, une chose était sûre, ils ne se seraient absolument pas attendus à ce qu’Arthur soit un moineau de quelques grammes et de, tout au plus, 12 centimètres de long…



Hangbar observait la créature qui se tenait à ses côtés.

Il l’avait ramené, ligotée, la traînant derrière son cheval, jusqu’à pouvoir la présenter à la reine et à Loz.

Le shoantis avait l’air surpris.

La Reine, elle, avait l’air méfiante.

Pendant que l’armée continuait sa marche, Loz, Tinuviël, Anastraëlle, Hangbar avaient improvisé, dans une petite clairière, cette réunion.

La créature, d’un regard impitoyable, regardait chaque personne présente.

Anastraëlle : “ Et bien lieutenant… Vous vous êtes lancé dans le recrutement ? Et peut-on savoir de… quoi il s’agit ? ”

Hangbar : “ Heu… Un ange déchu… ”

Anastraëlle, une lueur mauvaise dans le regard : “ Rien que çà… ”

A présent, Loz dévisageait Hangbar, d’un air perplexe…

Hangbar : “ C’est en tout cas ce qu’elle m’a dit, avant que je ne parvienne à la vaincre… ”

La créature émit un pfffff de désapprobation…

Anastraëlle : “ Elle ne semble pas totalement d’accord avec vous… ”

Hangbar : “ Elle est à ma merci… ”

La créature ajouta : “ Tout comme vous l’étiez de la mienne… Les événements peuvent rapidement se retourner… ”

Anastraëlle, remarquant que le nez du lieutenant était marqué : “ Qu’est-il arrivé à votre nez ? ”

La créature : “ Il l’a explosé en voulant me mettre hors de combat… ”

Hangbar : “ Hein ? ” s’adressant à la créature : “ Je vous signale que c’est grâce à cela que je vous ai envoyé au tapis et que vous êtes attachée ! ! ! ”

Anastraëlle : “ Peut on savoir comment vous vous appelez ? ”

La créature : “ Je n’ai pas de nom… au sens où vous l’entendez… ”

Hangbar : “ C’est ce qu’elle a prétendu… Alors j’ai décidé de l’appeler Angia. ”

Anastraëlle : “ Ah…. ”

La créature : “Et je n’apprécie pas… ”

Hangbar : “ On ne vous demande pas votre avis ! ! ! ”

Anastraëlle, compatissant avec la créature : “ C’est pas très beau… Il y a certainement mieux… ”

La créature : “C’est ce que je lui ai dit… ”

Hangbar : “ Mais ? Je vous rappelle qu’elle a failli me tuer. Je ne vais pas me décarcasser pour lui trouver un nouveau nom… ”

C’est à ce moment que Hangbar remarqua que Loz le fixait avec intensité : “ Hé ! ! ! J’aime pas que l’on me regarde de la sorte… Y en a qui l’on regrettait amèrement… ”

Loz, d’un calme olympien : “ Vous me semblez bien agacé… ”

Hangbar : “ Et vous, votre tête me revient de moins en moins… ”

Loz : “ La vôtre a le don de m’exaspérer… Est ce que je vous l’ai déjà dit ? ”

Hangbar : “ A l’instant… ”

Loz : “ Diantre…C’est pourtant vrai… J’ai dû être distrait… Quelques secondes. ”

Anastraëlle : “ Ca suffit vous deux… De vrais gamins ! ! ! ” Puis s’adressant à l’inconnue : “ Peut-on savoir les raisons de votre présence ici ? ”

La créature, désignant le lieutenant : “ Ce lourdeau m’a appelé ! ! ! ”

Hangbar, choqué : “ Je vous en prie… Vous êtes ma prisonnière, je vous rappelle ! ! ! ”

La créature : “ Je ne le sais que trop… ”

Anastraëlle : “ Appelée ? Que voulez-vous dire ? ”

La créature : “ Convoquée… invoquée… Conjurée… Voulez vous que je continue, ou êtes vous aussi bouchée que ce lourdeau ! ! ! ”

Hangbar, tirant sur la corde raccordée aux poignets de la créatures : “ Hé ! ! ! Cessez immédiatement ! ! ! Vous parlez à une Reine. Et je vous prierai d’être moins agressive envers moi ! ! ! ”

La créature : “ Vous m’avez bien nommé Angia… C’est aussi moche… Lourdeau… ”

Loz : “ Il semblerait bien, que finalement, nous ayons identifié la nature de votre pouvoir… Lourdeau ? ”

Hangbar excédé : “ Dégainez ce qui vous tient lieu d’épée , sombre abruti ! ! ! Je vais vous apprendre à mieux me parler… ”

Loz, s’avança vers l’humain, prêt à dégainer : “ Je fais selon vos désirs ! ! ! ”

Anastraëlle s’adressant à tous les deux : “ Espèces de crétins ! ! ! Arrêtez immédiatement ces chamailleries enfantines ! ! ! Tenez vous pour prévenus ! ! ! Que vous recommenciez une seule fois à vous provoquer ainsi, et vous terminez pieds et poings liés dans un chariot, à supporter toutes les secousses du chemin jusqu’à Kaer Maga! ! ! Suis je assez claire ? ”

Loz : “ A vos ordres, votre altesse. ”

Hangbar était furibond.

Anastraëlle : “ M’avez vous comprise ? Lieutenant ?”

Hangbar : “ Que trop… Altesse. ”

Anastraëlle : “ Votre… Altesse, je vous prie ? ”

Hangbar soupira : “ Oui… Votre Altesse. ”

Anastraëlle : “ Bien. Loz… Pourriez-vous m’expliquer la nature du pouvoir de mon lieutenant ? ”

Loz : “ Bien sûr votre altesse. Il me semble que ce Lour… ”

Anastraëlle, la voix menaçante : “ Loz… ”

Loz : “ Le lieutenant Hangbar ici présent, est en mesure de convoquer des créatures situées sur un autre plan d’existence que le nôtre… ”

Au regard interrogatif de la Reine, Loz poursuivit : “ Les anges déchues, ou Erynie, sont d’une nature démoniaque. Elles vivent dans ce que les diverses religions nomment généralement Enfer. Il est très rare qu’elles se promènent de la sorte sur notre monde, sauf si elles escortent un démon d’un rang élevé.
Elles sont peu enclin à obéir à un mortel…Il a plus de chance de terminer dans une tombe après une telle rencontre… Que de s’en faire une amie….
De grand magicien parviennent, parfois, à en convoquer, mais durant un laps de temps assez court.
Je constate qu’elle est encore présente, ce qui signifie qu’elle et le lieutenant sont désormais liés. ”

Anastraëlle : “ Comment cela ? ”

Loz : “ A mon sens, tant que le lieutenant sera en vie, elle le servira. ”

Anastraëlle détailla le visage de la créature. A l’exception de ses ailes, le physique de la femme n’aurait pas laissé indifférent n’importe quel représentant de la gent masculine. Une once de jalousie dans la voix, la Reine demanda : “ De quelle manière le servira-t-elle ? ”

Loz : “ Je pense qu’elle lui apportera tout le soutien nécessaire dans les projets que votre lieutenant entreprendra… Surtout en combat… ”

Anastraëlle remarqua l’air interrogatif du shoantis : “ Vous semblez perplexe. ”

Loz : “ Je dois avouer que je suis curieux de voir quelle créature il invoquera la prochaine fois. Surtout s’il doit la vaincre pour s’attacher ses services… Et encore plus, s’il n’est même pas conscient de l’avoir convoquée… Cela nous promet de menus désagréments… ”

Anastraëlle : “ Loz… Cela suffit. ”

Loz : “ Veuillez me pardonnez, votre altesse. Disons que cette éventualité… m’amusait. ”

Hangbar, bien décidé à ne pas se laisser faire : “ Nous verrons bien… je suis sûr que ton étonnement sera à son comble ! ! ! ”

Loz : “ Je le crains en effet… Depuis quelques temps, mon étonnement connaît sommet sur sommet en côtoyant de plus près les individus que je rencontre ! ! ! ”

Anastraëlle se leva: “ Bien… Nous approfondirons cela ce soir… ” Puis se retourna : “ Au fait lieutenant… ”

Hangbar : “ Oui ? Votre Altesse. ”

Anastraëlle : “ Tachez de lui trouver un autre nom… plus agréable. ”

Hangbar : “ Heu… Je vais m’y efforcer… ”

Puis la Reine se dirigea vers sa monture, suivi de Loz et de Tinuviël.

Hangbar se retrouva avec l’ange déchue. Cette dernière le regardait fixement de ses yeux verts.

Hangbar : “ Peux tu m’aider ? ”

La créature sur un ton ironique : “ A te suicider ? ”

Hangbar : “ Bien sûr que non ! ! ! A maîtriser mon… ”

La créature : “ …Pouvoir ? ”

Hangbar : “ Oui… Es tu à mon service, comme l’a suggéré l’autre gros bêta ? ”

La créature : “ D’une certaine manière… ”

Hangbar : “ C’est à dire ? ”

La créature : “ Tu commandes et j’exécute. Mais il y des limites… Inutiles de fantasmer… ”

Hangbar : “ Je… Mais pourquoi dis-tu cela ? ”

La créature : “Je produit un certain effet sur les hommes. ”

Hangbar : “ Désolé… Tes ailes doivent refroidir ma libido… ”

La créature, légèrement vexée : “Je peux faire en sorte qu’elles ne se voient plus… ”

Hangbar : “ Je te le recommande. Ca sera plus discret. ” Puis, après quelques instants de réflexion : “ En fait, tu es un peu mon ange gardien, alors ? ”

La créature dubitative : “Pour mon malheur… oui… ”

Hangbar : “ Je t’en prie… Tu verras que ce n’est pas une sinécure…Et puis qu’a t il voulu dire par le fait que nous étions liés ?”

La créature : “ Pour faire aussi simple que possible, tant que nous sommes liés, tu bénéficies de certaines de mes capacités… ”

Hangbar : “ Ah… Lesquels par exemple ? ”

La créature : “Tu es devenu beaucoup moins mortel que tu ne pouvais l’être antérieurement à notre… rencontre. ”

Hangbar : “ Ooouuuuaaaiiiisss… Je vais donc vivre éternellement ! ! ! ”

La créature : “ Non… Tu seras moins sujet aux maladies… Tu vieilliras beaucoup plus lentement… Mais tu mourras aussi, en fin de compte… ”

Hangbar : “ Oh… ”

La créature : “ Et surtout, si une arme vient à te toucher mortellement ou te transpercer, tu rejoindra à coup sûr tes ancêtres… ”

Hangbar : “ Et merde… ”

La créature : “Il faut voir aussi le bon côté… ”

Hangbar : “ Ah bon ? Lequel ? ”

La créature : “ Si tu meures, je retrouve ma liberté ! ! ! ”

Hangbar : “ Pfffff… C’est moyennement drôle… ”

La créature : “Sinon, je serais débarrassé de toi si je suis tuée dans ce plan d’existence. Je rejoindrais le mien. ”

Hangbar : “Autant l’éviter… Même si tu es insupportable, je commence à t’apprécier… ”

La créature : “ Ce n’est pas réciproque… ”

Hangbar : “ Et puis je crois que je t’ai trouvé un nouveau nom… ”

La créature : “Je crains de devoir me boucher les oreilles… ”

Hangbar : “ Lyanna… Qu’est ce que tu en dis ? ”

Etrangement, la créature considéra que c’était nettement mieux qu’Angia… Ca se terminait encore par un a, mais ca ne la dérangeait plus.

Hangbar : “Je vais prendre ton silence pour un oui… Allez en route, Lyanna… Il faut que tu m’aides à maîtriser mon pouvoir pour que ce gros bêta de Loz en avale de travers ! ! ! ”

Lyanna, pour elle même : “ Va y avoir du boulot… ”



(Retour trois ans auparavant)
Yure se leva de son lit aux aurores. Il avait encore mal de partout…
Cela faisait presque deux ans maintenant que Médreth l’avait mené devant cette Prisme.

Passé la première surprise que l’entraîneur choisi par Médreth soit une femme, Yure fut rapidement à même de constater que cette Damphyr était une redoutable combattante.

Sa petite maison se situait en plein milieu des Montagnes affamées. Il avait fallu une journée entière pour que lui et Médreth y parviennent, accompagnés de ce piaffe retors de Min.

Depuis cette bâtisse perdue, par temps clair, il était possible d’apercevoir la forteresse de Gibet, le caveau du magicien qui s’était surnommé le Tyran qui murmure, et plus précisément Tar-Baphon…

Le premier jour de leur rencontre, Prisme avait affublé Yure du sobriquet, de gringalet…

Ce n’était pas si faux, à l’époque… Depuis, il s’était notablement musclé et endurci.

Les entraînements commençaient tôt. Parfois le soleil n’était même pas encore apparu à l’horizon. Et ils s’achevaient au coucher du soleil.
Les tâches à accomplir variaient. Un humain ordinaire aurait rendu l’âme depuis bien longtemps.
Pour ne rien arrangeait, Yure devait supporter Min. Il aurait donné cher pour ne plus avoir cet Aigle à proximité.
Mais le destin avait voulu que lui et ce volatile encombrant ne fasse désormais plus qu’un, ou presque.

Yure avait survécu à son entraînement, malgré son intensité, et sa difficulté. Sans sa mystérieuse mutation, cela n’aurait sans doute pas été le cas.
Après une première année difficile, Yure avait choisi comme arme de prédilection l’épée à double tranchants.

Alors qu’il pensait avoir connu l’enfer, dans des entraînements à mains nues, il réalisa très vite, qu’en étant armé, chaque instant de l’entraînement s’était transformé en instant de survie.
Il haïssait cette Prisme car elle ne semblait pas retenir ses coups.
Durant les deux premier mois, de cette deuxième année d’entraînement, elle lui infligea quantité de blessures.
Le soir venu, grâce à un baume miraculeux, et aux capacités de sa mutation, les blessures de Yure avaient disparu au matin.
Pour autant, ce traitement, et l’énergie dépensée par son organisme pour refermer ses blessures, entraînaient chez lui une importante fatigue.
Et chaque matin c’était le même rituel, les tâches succédaient à d’autres tâches, et au soir, soit quasiment indemne, les jours de chance, soit à moitié mort, les mauvais jour, Yure subissait un véritable supplice lors de l’application de ce mystérieux baume.

Il avait fallu près de deux mois pour que Yure fasse jeu égale avec Prisme.
Au début du troisième, il constata, à ses dépens, que jusqu’ici, alors qu’il ne pensait pas que cela soit possible, Prisme avait bel et bien retenu la plus grande partie des coups qu’elle lui portait.

Les trois mois qui suivirent furent, de nouveau, un long et pénible supplice physique.

Mais, encore une fois, Yure survécut à cet entraînement.

Etrangement, Min semblait parfois compatir… Même les discussions avec ce piaffe s’avéraient être agréables, chose inimaginable, un an et demi auparavant.

Puis, considérant qu’il devait être prêt, un jour, Prisme annonça qu’elle et lui allaient partir effectuer quelques déplacements sur une journée ou plusieurs, dans les environs de Gibet.
Ces “ voyages ” furent ponctués de nombreuses rencontres avec des mort-vivants de toutes sortes.

Ils connurent tous un sort bien peu enviable, qu’ils ne pourraient plus raconter à personne.

Petit à petit, Yure et Prisme sillonnèrent le sud de l’Ustalav. De nouvelles rencontres, peu agréables, ponctuèrent leur chemin.

Ce matin, après son levé douloureux, Prisme avait décidé de faire une petite reconnaissance.

Comme à leur habitude, Yure et Min s’étaient envolés, Yure sur le dos de l’Aigle géant.
Prisme était resté au sol, poursuivant son chemin pendant que les deux compères partaient observer les environs immédiats.

Une fois cette reconnaissance effectuée, ils rejoignirent Prisme, et constatèrent qu’un vieux bonhomme, à l’apparence décatie, lui faisait face.
Ils furent surpris de ne pas avoir repérer ce dernier.

Yure et Min atterrirent et le jeune homme sauta au sol, dégainant son arme : “ Prisme ! ! ! D’où vient ce tas d’os ? ”

Prisme ne lui répondit pas. Elle semblait figée.

Pyréas : “ Tas d’os ! ! ! ? ? ? La jeunesse manque vraiment de politesse ces derniers temps… ”

Yure se tourna vers lui : “ Que lui avez-vous fait ? ”

Pyréas : “ Rien d’irréversible… C’est une combattante douée et bien trop redoutable pour laisser libre cours à ses envies de meurtres. Il fallait que je vous parle sans avoir le risque qu’elle ne me découpe en tranches… ”

Yure, sur un ton ne souffrant aucune contestation : “ C’est moi qui vais le faire à sa place… ”

Pyréas : “ Vous n’êtes pas encore prêt, je le crains… ”

Yure : “ Plus que prêt pour m’occuper d’un tas d’os… ”

Pyréas : “ Votre attitude désagréable m’offense… sachez le ! ! ! ”

Yure : “ Je m’en moque… ” et il s’avança vers le vieil homme qui lui faisait face.
 

DeletedUser28483

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CHAPITRE 13 :
Gourkok et les jumeaux se chargèrent de balancer le corps de Nyrtis à la rivière. Auparavant, Glingal avait procédé à une bénédiction afin d’empêcher son éventuelle résurrection, et si d’aventure les poissons n’en faisaient pas leur repas.

Une fois cette tâche accomplie, Pyréas organisa les réjouissances pour le lendemain.

Pyréas était convaincu qu’Elannah et Zéphyr parviendraient à ramener Yasterion avant la fin de la nuit.

Aussi, à ses yeux, il était tout à fait normal d’envisager que lui, Alvynia, Gourkok, Garken et Bromard, ainsi que le gnoll, partiraient vers Celwynvian à la pointe du jour.

Durant la journée, Aerendir et Glingal se chargeraient d’aller voir le gouverneur avec Arthur, puis chaque parrain du crime, connu. Les compétences de Farbround seraient bien utiles dans le but de débusquer la tanière de chacun d’entre eux.

Vink’lar, Elannah et Zéphyr, une fois revenues de leur mission, s’occuperaient de préparer le terrain pour l’arrivée de l’armée des elfes et des shoantis.

Pyréas avait dévolu la tâche de la reconnaissance à Yure et Gnaxlal.
Les deux, avec l’aide de Min, auraient pour objectif d’aller voir où en était l’armée des géants et des Orcs.

Enfin, en dernier lieu, Pyréas informa tout le monde que Yavanna et Fargreen arriveraient demain matin, mais, sans doute, après son départ pour Celwynvian.


La nuit était tombée depuis plusieurs heures. Tout ce temps, Lorelei l’avait dépensé à tenter de déjouer toutes les patrouilles drows qui sillonnaient la forêt de Mériani.
Malgré ses recherches, et entre deux mauvaises rencontres, elle avait continué à chercher un moyen de pénétrer dans Celwynvian, ou à chercher un moyen de contacter ses défenseurs.

Désormais, il devenait évident que ce ne serait pas possible, voire suicidaire.

Pour elle même, elle s’était persuadée que la raison devait l’emporter.
L’objectif prioritaire était que l’œil du Kyonin ne devait pas tomber entre les mains de cette armée drow. La mission de l’apporter aux magiciens de Celwynvian ne pouvait que passer au second plan, quand bien même cela voulait dire que la cité elfe tomberait, à terme, aux mains de leurs pires ennemis.

Une fois cette évidence acquise, il fallait décider à qui amener cet artefact, au lieu des magiciens de Celwynvian.
Dans un premier temps, il lui semblait que le ramener au Kyonin était la meilleure chose à faire.

Or, son court séjour à Port-Enigme lui avait permis d’apprendre qu’une armée elfe avait bivouaqué à proximité de la cité humaine.
Cette armée avait ensuite fait route vers Kaer Maga. Peut être y avait-il des magiciens dans ses rangs, et auquel cas, elle pourrait livrer l’œil du Kyonin au plus fort d’entre eux.

Elle s’était résolu à cette hypothèse avant de tomber sur plusieurs patrouilles drows. Certaines étaient composées de quatre à six drows dont l’apparence rappelait ceux que Lorelei avait déjà pu rencontrer dans sa jeune existence..

Or, les deux dernières patrouilles avaient été conduites par un être encapuchonné de brun, suivi d’une dizaine de drows qui faisaient plus penser à des cadavres qu’à des drows

Grâce à ses talents, Lorelei était parvenue à dissimuler sa présence à toutes les patrouilles rencontrées, y compris les deux dernières, et ceci jusqu’à terminer dans le creux de l’arbre où elle se tenait à présent.
La jeune elfe était recroquevillée, épuisée, mais surtout désemparée, voire désespérée.

Ces deux dernières patrouilles, qu’elle avait rencontré, avaient été à deux doigts de la repérer, et certainement de la capturer.
Les sensations qu’elle avait ressenties au contact de celles-ci avaient été fortement désagréables.
Sans un ultime sursaut de sa volonté, lors de ces deux rencontres, elle aurait certainement terminé pieds et poings liés dans le meilleur des cas, ou à l’état de cadavre, dans le pire.

Lorelei se rappela les paroles d’un de ses professeurs : “ Beaucoup d’érudits humains prétendront que la magie coule dans les veines de tous les elfes. Ce n’est pas totalement faux, mais, pourtant, ce n’est pas la vérité non plus. ”

C’est cette once de magie dans ses veines, et surtout sa prédisposition à cet art, qui venait, très probablement, de lui sauver la vie à deux reprises.
Pour autant, l’usage de ses maigres capacités, l’avait épuisé.

Désormais, elle en était convaincue, sa résistance ne serait pas suffisante, si d’aventure elle rencontrait, maintenant une troisième patrouille, avec un de ces étranges individus en robe de bure.

Deux options s’offraient à elle. Quitter son abri actuel et rebrousser chemin en espérant ne plus rencontrer ce genre de patrouille, ou bien se reposer ici, sans avoir l’assurance qu’une de ces patrouilles ne passe à proximité et la débusque.
Pour la première fois de sa vie, la peur étreignait le cœur de Lorelei.

La raison l’emporta… Une fois sortie de son piètre abris contre la magie, la jeune elfe traça sa route plein sud, dans l’espoir d’y trouver son salut, et de pouvoir donner son précieux artefac.


Yure porta une première attaque, et constata que ce vieillard avait esquivé, les dieux seulement savent comment. Sa deuxième et troisième offensive furent ponctuées de la même inefficacité.
Pourtant, ce vieillard ne semblait pas bouger. Comment était-ce possible ?

Il ne s’avoua pas vaincu, et poursuivi par plusieurs passes qui auraient dû s’avérer fatales à ce tas d’os.

Or, de son souris narquois, il était en train de le provoquer.

Pyréas : “ Vous allez vous fatiguer pour rien, bien que vous soyez rapide… Mais pas encore assez… ”

Yure : “ Vous allez voir, vieux croûton ! ! ! ”
Et le jeune homme s’élança de plus belle… A gauche… A droite… Un coup de taille… Un coup d’estoc… Mais à chaque fois, son épée ne faisait que fendre… l’air.

Yure se dit pour lui : “ Mais ce n’est pas possible, c’est un fantôme ! ! ! ” Puis il cria à destination de Min : “ Viens m’aider au lieu de rester planter là, en spectateur ! ! ! ”

Min : “ Et perdre quelques plumes bêtement, dans un combat perdu d’avance ! ! ! ”

Yure : “ Quoi ! ! ! ? ? ? Stupide… ”

Pyréas : “ Il n’a pas tort… ”

Yure éberlué : “ Vous l’entendez ! ! ! ? ? ? ” ce qui ne l’empêcha pas de lancer deux nouvelles attaques, ponctuées d’autant d’échecs à toucher ce mystérieux bonhomme…

Pyréas : “ Avez-vous fini de faire le moulin à vent ? Peut on, enfin, discuter ? ”

Yure estomaqué par l’impudence du personnage : “ Vous allez voir si je fais le moulin à vent ! ! ! ”

De nouveau, son épée fendit l’air, à plusieurs reprises…

Pendant ses diverses attaques, il interpella son aigle : “ Vas-tu bouger tes fesses ou ton croupion ? J’arrive pas à le toucher… Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué ! ! ! ”

Min : “ Merci de cette remarque, mais je ne suis pas aveugle… ”

Yure avait cessé de porter des attaques : “ Et peut on savoir pour quelle raison saugrenue tu ne daignes pas bouger une de tes plumes ? ”

Min : “ Le médaillon que porte cet étranger ne m’est pas inconnu… ”

Yure totalement incrédule : “ C’est nouveau çà ! ! ! Tu t’intéresses aux bijoux maintenant ? ”

Min : “ Uniquement lorsque ma vie passée me permets d’en savoir plus que toi, et d’éviter de me ridiculiser ! ! ! ”

Yure : “ Je te remercie pour ces sages paroles ! ! ! Pas très utiles à mes yeux… Je vais donc devoir m’en occuper tout seul ! ! ! ”

Min : “ Aucune chance… ”

Yure : “ Hein ? La confiance que tu me portes me réjouit ! ! ! ! ”

Pyréas, coupant la discussion des deux compères : “ Votre symbiose est stupéfiante. ”

Yure : “ Ma quoi ? ? ? ”

Min : “ Le fait que l’on ne fasse qu’un ! ! ! mou du bulbe. ”

Yure, un doigt menaçant vers Min : “ Je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler ainsi ! ! ! ”

Min : “ Et toi, de ne pas m’appeler Piaffe ! ! ! ”

Yure : “ Je te signalerai que je m’évertue de ne plus le faire ces derniers temps ! ! ! ”

Min : “ Oralement, peut-être… En pensée, c’est un gros échec… ”

Yure : “Ok… Je m’excuse… M’aideras-tu, enfin ? ”

Min : “ Dans tes rêves ! ! ! ”

Yure : “Faudra-t-il que je te supplie ? A moins que tu ne veuilles que je danse la gigue ! ! ! ”

Min : “ J’hésite… Je suis bien tenté d’assister à ce triste spectacle… Mais en même temps, me ridiculiser, après… A regret, je vais devoir décliner cette option. ”

Yure, complètement stupéfait : “ Mais j’hallucine ! ! ! ”

Pyréas : “ Je ne voudrais pas perturber votre échange, mais il est temps que je me présente. Je m’appelle Pyréas. ”

Yure, sur un ton légèrement agressif : “ C’est sensé me dire quelque chose ? Je ne pense pas vous connaître, ou avoir entendu parler de vous ? ”

Pyréas : “ Je ne crois pas en effet… ”

Yure : “ Alors pour quelles raisons venez-vous nous importuner de la sorte ? ”

Pyréas : “ Oh, c’est assez simple… Je pense que vous l’ignorez, mais vous êtes un gardien de Golarion. ”

Yure : “ Vous a t on déjà dit que vous sembliez légèrement dérangé en vieillard dépenaillé ? Et vos paroles n’améliore pas cette apparence. ”

Pyréas : “ Mesurez donc vos paroles jeune impertinent présomptueux ! ! ! Vous feriez mieux de vous y faire. Un grand destin vous attend.”

Yure fut surpris de la réplique.

Min : “ J’adore quand il fait cette tête d’ahuri… Une tare congénitale sans doute… ”

Yure à l’adresse de Pyréas : “ Je ne veux rien avoir à faire avec vous ! ! ! Repartez dans votre cimetière ! ! ! ” Et s’adressant à son aigle : “ Et toi l’emplumé, surveille tes paroles ! ! !”

Min, d’une voix stridente : “ EMPLUME ! ! ! Tu t’es regardé dans une glace dernièrement ! ! ! On dirait un clochard des bas fond d’Absalom ! ! ! ”

Pyréas : “Je… ”

Yure n’attendit pas que le vieil homme termine sa phrase, et à l’adresse de l’Aigle : “ Parce que tu y es peut être allez à Absalom ? Toi ? ”

Min : “ Mais oui ! ! ! Moi j’y suis allé, Monsieur l’analphabète ! ! ! ”

Yure se rapprochant du volatile : “ Arrêtes de me chercher… Tu vas terminer en rôti ! ! ! ”

Min : “ J’aimerais bien voir çà… Monsieur le Défroqué ! ! ! ”

Pyréas : “Hum hum… ”

Min et Yure, presque tête contre tête, se retournant vers Pyréas, et en même temps : “ QUOI ! ! ! ! Vous voyez pas que nous sommes occupés ! ! ! ”


Astérion était recroquevillé au fond de la pièce qui lui tenait lieu de cellule.

Jamais le gnoll ne s’était retrouvé dans une situation aussi désespérée.

On lui avait bien fait comprendre que personne ne viendrait à son aide… cette fois-ci.

Malgré toute son intelligence, il n’était pas parvenu à semer ces abrutis servant d’hommes de main à ce Kent.

Un idée fusa dans son esprit, et il se dit que son entrepôt devait être réduit en cendre depuis un bon moment.

Il avait eu à peine le temps de s’enfuir avant que les sbires de ce Kent ne lui tombent sur le dos.

Une course poursuite mémorable s’en était suivie, à l’issue de laquelle, il avait été capturé.

Durant sa course folle, il lui avait semblé avoir aperçu une ancienne connaissance… Malheureusement, les hommes de main de Kent ne lui avait pas laissé le temps de pouvoir lui demander assistance.

A présent, une mort certaine l’attendait. Il abandonnerait derrière lui, un nombre impressionnant d’inventions… inachevées.
Pourtant, grâce à tous ses efforts, il avait tenté d’améliorer la vie des habitants de Golarion.

Le seul problème… C’est que ces derniers n’en étaient pas conscients.

Astérion reconnu en lui même que ses inventions n’étaient pas parfaites… Elle étaient même perfectibles…

Mais pourquoi diable ce Kent lui reprochait-il la fin tragique du chien de sa dulcinée…Alors que ce Kent s’était clairement trompé en actionnant le mauvais levier de la machine qu’Astérion avait conçu pour eux.

Il s’agissait d’un chariot mobile, qu’un moteur à combustion permettait de faire avancer.

Astérion était convaincu qu’il s’agissait d’une découverte majeure, malgré le bruit et la fumée générés par ledit moteur.
A cet instant, il se rappela d’une journée, sur la Yondabakari. Certes, elle s’était très mal terminée pour ses poursuivants.
Il se remémora ceux qui l’avaient accompagné. Un nain, une elfe, un gnome et un demi orque avec une épée gigantesque.

Il tenta de se rappeler leurs noms… La jolie elfe l’avait marqué… Elle s’appelait Elannah… Un nom aussi joli que sa personne… Une œuvre d’art de la nature… Aucune imperfection… Un regard charmant…Et désarmant…

Il y avait aussi ce Farbround, intelligent et redoutable pour ses ennemis.

Le nain… Il ne parvenait plus à se rappeler son nom.
Par contre, Gourkok, le demi-orc, sa maîtrise de l’art du combat l’avait impressionné. Ainsi que son poids lorsqu’ils s’était écrasé avec le mât de secours de son bateau à moteur…

Il se demandait bien pourquoi il se rappelait d’eux à cet instant. Ils n’avaient guère apprécié le voyage unique auquel il avait participé… sans doute à cause de la destruction totale du navire sur lequel ils étaient… Mais bon, c’est les risques du métier…

C’est à cet instant que son, attention fut attirée par le bruit d’une clef dans la serrure de la porte qui fermait la pièce.


A l’autre bout de l’Avistan, dans le Kyonin, le voyage de Malgen et Tzander avait été plutôt tranquille en comparaison de qu’ils avaient connu depuis leur départ de leur terre natale.
La rencontre avec une troupe d’elfe du Kyonin avait sans doute grandement contribué à ce dénouement.
A présent, escortés qu’ils étaient, la capitale elfe du Kyonin, Iadara était en vue.

Bientôt, ils rencontreraient le roi Artanis et sa reine Celebrian.


Pyréas avait du mal à croire à ce qu’il assistait : “ C’est ce que je vois… mais avant de vous entre-tuer, pourrais-je poursuivre mes explications… ”

L’Aigle sautilla pour ne plus être à proximité de Yure : “ Allez-y… Il a la tête aussi dure qu’un rocher… Je vous souhaite bien du courage… ”

Yure, au bord de l’énervement : “ Comme si il n’y avait que moi à avoir la tête dure ! ! ! Tu pourrais fondre en piquet, tête la première, sur une montagne. C’est elle qui terminerait fendue en deux ! ! ! ”

Min : “ Gnagnagna… Lorsque tu apprendras à lire et à écrire, j’écouterais de nouveau tes inepties ! ! ! ”

Yure : “ Hein ! ! ? ? ? Arrêtes d’utiliser des mots savants pour te faire paraître intelligent ! ! ! ”

Min : “ C’est sûr qu’en la matière, y pas grand risque de t’entendre en prononcer… des mots intelligents… ”

Yure : “ Je te ferais remarquer que, depuis deux ans, je n’ai pas eu spécialement le temps d’approfondir ce domaine ! ! ! ”

Pyréas : “ Sttoooopppp ! ! ! ”, puis poursuivant : “ Je ne voudrais pas vous froisser, mais au lieu de vous disputer, vous avez peut être mieux à faire ! ! ! ”

Yure : “ Comme par exemple ? ”

Pyréas : “ Sauvez votre monde… ”

Yure : “ Rien que çà ! ! ! ” Le jeune humain jeta des regards partout à la ronde, puis : “ M’a l’air de tourner rond le monde… Rien de particulièrement anormal… Deux, trois mort-vivants par ci… Un ou deux, par là… Rien qui vaille la peine de se mettre dans tous ses états… ”

Pyréas : “Ah… Maintenant que vous le dites, vous faites bien de me les faire remarquer… ”

Yure : “ Peut être, serait-il judicieux de libérer Prisme… Non ? ”

Pyréas : “Je vous le concède… ” Aussitôt, la Damphyr reprit vie, et ne se priva pas de les apostropher : “ Etes-vous inconscients, sombres abrutis, de faire de telles esclandres en plein milieu des Montagnes affamées ? ”

Yure : “ Et bien…je… ”

Prisme sur un ton colérique : “ Gardes ta salive… Tu vas en avoir besoin… Si t’as envie de les inviter à un barbecue, ne te gênes pas, maintenant qu’avec tes éclats de voix tu as dû attirer toute la faune locale ! ! ! ”

La Dhampyr dégaina ses armes, deux dagues aux lames bleutées…Puis s’adressant à Pyréas : “ Vous vieillard… Nous verrons tout à l’heure ce que je vous demanderai en compensation pour m’avoir pétrifié… ”

Pyréas se sentant insulté : “ Je ne suis pas un vieillard ! ! ! Et encore moins un sombre abruti ! ! ! Etes-vous tous aussi malpoli les uns que les autres dans le coin ? ”

La Dhampyr lui décocha un regard noir. “ Qui aurait gelé l’âme de tout mortel de passage ”, se dit Pyréas… “ Y compris des mort vivants… à la réflexion… ”

Prisme : “ Restez en arrière… Je ne voudrais pas qu’il vous arrive quelque chose avant qu’on ne se soit occupé de toute cette clique ”, référence à la vingtaine de créatures qui approchait.

Pyréas : “ Je tiens à vous informer que je sais me défendre… Au cas où cela vous aurez échappé. ”

Nouveau regard noir de la Dhampyr… “ En ce cas, je vous laisse la dizaine de gauche… Nous, on prend celle de droite… ”

Pyréas : “ A votre convenance… ”

Immédiatement, Yure se jeta sur le premier trio à portée… Deux furent tranchés et découpés en tranches dans l’instant avec son épée… le troisième, embroché dans la continuité de l’attaque, termina à terre, ses moignons de bras en train de se débattre pour rassembler ses membres qui avaient volé de ci de là… Le jeune homme l’acheva en écrasant de son pied, le torse de la vile créature.

A quelques distance de là, Prisme venait de perforer, de part en part, le crâne d’un de ses assaillants…qui tomba à terre… Et, de ses mains, il se mit en quête de sa tête perdue, tombée en morceau non loin de là…
D’un coup de poing d’une force stupéfiante, Prisme fit exploser son torse en morceau…

Pyréas pensa à un mot… Sur la peau des quatre zombies qui lui faisaient face, des cloques apparurent, puis des boursouflures… Enfin, il se désagrégèrent, tombant en poussière…
Puis le vieil homme sortit une tige en bois…

Deux boules de feu naquirent, et allèrent consumer deux goules qui avaient eu l’imprudence de décider de venir vers lui…

A l’autre bout, Min venait de disloquer entre ses serfs, une autre goules qui ne hanterait plus cette région.

Yure tranchait dans le vif… Un, deux, trois, quatre, puis cinq squelettes furent réduits en miettes…Leurs âmes en peine quittant Golarion pour de plus verts pâturages…

A ce moment, une liche apparut sur le sentier, à quelques distances…

Yure : “ Je m’en occupe ! ! ! ”

Prisme étonnée, interpella son élève : “ Tu n’es pas assez fort ! ! ! Arrêtes toi immédiatement.” Elle se focalisa sur le mort vivant qui s’interposait entre elle et la liche…

Yure s’immobilisa : “ Ce n’est qu’une liche ! ! ! ”

Dans un geste ample, ses deux dagues se plantèrent dans le cadavre vivant qui lui faisait face. Prisme cracha à Yure : “ C’est Ycharag… ”… Elle poursuivit son attaque, et disloqua son adversaire en plusieurs morceaux…

Yure : “ Cette fois-ci, ma victime aura un nom… ”

Prisme : “ Je me charge d’elle ! ! ! Toi… Cesses de te vanter… Et termines d’éliminer ce ramassis d’os et de chairs pourries… ”

La Dhampyr s’élança vers la liche, qui attendait, visiblement, impatiemment…

Yure se précipita vers les deux derniers survivants encore debout, une lueur de terreur dans leurs regards, bien qu’ils fussent dépourvus d’yeux…

Une explosion, vaporisa les trois derniers décérébrés qui avait eu l’audace de se mesurer à lui. Pyréas contempla du regard le petit vallon où il était.
Yure allait vite en terminer avec les deux zombies qui tentaient de fuir.
Il reporta son attention sur Prisme, et sur cette liche…
Un frisson s’empara de lui… Cette liche était bien plus forte qu’il n’y paraissait.
Le fait qu’il puisse détecter l’aura de cette monstruosité, n’annonçait rien de bon… Il ne pouvait y avoir qu’une explication, Zéleph devait en être la cause…

Dans une succession de geste fluide, Prisme portait attaque sur attaque à cette Ycharag.

Cela n’avait pour seule conséquence que de faire sourire cette horreur.

A son tour, Ycharag lança des attaques. Prisme eut toutes les peines du monde à les contrer… Cela n’était pas normal… En tant que Dhampyr, elle aurait dû être beaucoup plus rapide que cette liche, et donc parfaitement en mesure d’en venir à bout…Comme la dernière fois…

Les passes d’armes se poursuivirent… Et au fur à mesure que le temps passait, le sourire au lèvre, la liche semblait s’amusait de plus en plus de la situation.

Les deux protagonistes avaient déjà eu l’occasion de se rencontrer. Jusqu’ici, les combats qui s’en étaient suivis s’étaient limités à quelques passes d’armes, toutes les deux ayant eu d’autres chats à fouetter lors de ces occasions.

Il y a de cela une année, une nouvelle rencontre s’était achevée, cette fois-ci, par la défaite de Ycharag, et sa mort supposée...
Prisme avait été convaincue de l’avoir définitivement éliminé. Pourtant, il fallait bien reconnaître que çà ne devait pas être le cas, puisqu’elle lui faisait face, à présent.

Entre deux mouvements, d’une voix crayeuse, Ycharag déclara : “ Alors Prisme… Tu sembles surprise… ”

Prisme : “ Cela ne m’empêchera pas de faire disparaître ce sourire de ton visage …”

Et la Dhampyr se jeta sur la liche…


Les deux dernières journées, la progression des deux armées, à travers le bois des cendres s’était poursuivie sans difficulté majeures.
L’arrivée dans les plaines de la vertes espérances pouvait donc être envisagée dans les deux journées suivantes, au plus tard.
Même si jusqu’ici, LA créature n’avait pas encore réagi à la défection des shoantis, Loz ne doutait pas qu’elle le fasse tôt ou tard.
Afin de se prémunir contre les mauvaises surprises, éventuellement mises en place par son ancienne alliée, Loz se rendait aux devants des deux armées, à l’aide de portails magiques, pour détecter d’éventuelles traces d’ennemis.
La nuit, ou le jour, il méditait, longuement, dans le but de déceler la présence de sbires de Zéleph.
Ces séances de médiation lui avait permis de suivre l’évolution de la situation.

Ainsi, il avait parfaitement détecté l’arrivée de LA Créature près de Celwynvian, ainsi que l’attaque de deux dragons noirs sur la balafre de Mormegil.
Il avait été très mal à l’aise de détecter également une marée d’auras dont les traits ressemblés fortement à ceux de LA Créature.
Il avait senti, lors de sa rencontre avec ce Pyréas, qu’elle n’était pas inconnu de ce vieil homme.
Pour autant, il n’avait pas obtenu beaucoup d’information de la part de ce vieillard, et certainement pas le nom de LA Créature, ni son origine.
Pour lui même, il s’était dit qu’à s sa prochaine rencontre avec Pyréas, il ne manquerait pas d’en apprendre BEAUCOUP plus.


Avant hier, dans l’après midi, il avait capté qu’Elannah, et ses amis avaient fait une mauvaise rencontre sur le chemin qui les conduisait vers Kaer Maga.
Puis, la présence maléfique de l’être qui les avait attaqué s’était dissipée, en même temps que la montée en puissance des pouvoirs d’Elannah.

L’aura émanant du mystérieux être qui les avait attaqué l’avait troublé.
En fait, celle-ci lui avait rappelé l’aura d’un autre dragon noir, qu’il avait repéré, un peu plus tôt, non loin de la capitale des nains de Varisie, Janderhoff.
Il en était arrivé à la conclusion que, l’individu qui avait attaqué Elannah, devait être une sorte de copie du dragon noir près de Janderhoff.

Il avait cherché longuement une explication à cette bizarrerie, sans parvenir à une explication satisfaisante.
Encore une fois, il faudrait que ce Pyréas lui éclaire sa lanterne sur ce point.
Cette éventualité l’agaçait au plus haut point.

Puis, quelques heures plus tard, Loz avait senti que toute la petite troupe suivant Elannah était désormais près de Kaer Maga.
Cela signifiait que Pyréas devait les avoir rejoint et aidé à les transporter, par le biais d’un portail magique, près de la cité que les elfes et les shoantis devaient rallier.
Malheureusement, il dut encore constater que ce Pyréas semblait parvenir à dissimuler sa présence à ses recherches “ spirituelles ” d’auras (comme il les appelait désormais), car hormis l’éclair de pouvoir générée par la création du portail, Loz n’était pas parvenu à détecter l’aura du vieil homme.

Peut être que ce Pyréas parvenait également à se dissimuler du regard de cette Zéleph ou à son quatuor de prêtres bizarres que Loz avait pu rencontrer une seule fois.
Ceux-ci lui avaient laissé une très désagréable impression, au-delà de leurs faciès dont les paupières témoignaient du sort peu enviable qu’avait pu subir leurs yeux.


Ensuite, un peu plus tard dans la soirée, les événements s’étaient enchaînés.
Une nouvelle aura maléfique était apparu près de Kaer Maga.
Qui que soit l’être à qui l’aura appartenait, ce dernier n’était pas resté très longtemps.
Loz avait craint pour la vie d’Elannah avant de constater que la jeune elfe se trouvait dans la ville de Kaer Maga au même instant, alors que l’aura maléfique se trouvait, elle, plus au sud, près de cette autre aura masculine présente dans le groupe d’Elannah.
Juste avant la disparition de l’aura maléfique, Loz avait ressenti une impression fugace qui s’était évanouie aussi vite qu’elle était venue.

Puis, il avait senti qu’Elannah avait fait appel à ses pouvoirs de manière progressive, puis d’une manière très intense avant que son aura ne s’évanouisse purement et simplement. Cette événement avait plongé le shoantis dans un abîme de crainte qu’il n’aurait jamais imaginé possible. Il devint clair à ses yeux que cette jeune elfe représentait beaucoup plus pour lui qu’il ne l’aurait imaginé. Malheureusement, il était coincé, ici. Comme la reine des Elfes vis à vis de Celwynvian.

Le reste de la nuit avait été calme, ponctué par quelques recours de LA Créature à ses pouvoirs, mais rien à voir avec sa débauche d’énergie de la journée, sans doute contre la cité de Celwynvian.

Au matin, l’aura d’Elannah était toujours introuvable…

Par contre, aussi surprenant que cela puisse lui paraître, il était parvenu à détecter l’aura de Pyréas un centième de seconde, puis plus rien, hormis un léger écho provenant de la forêt de Mériani.
Loz était parvenu à la conclusion que Pyréas avait créé un portail pour s’y rendre.
Cette éventualité l’interpellait.
Que diable fichait ce vieil homme, et quelle pouvait-être la cible d’un tel déplacement qui ne manquerait pas d’être remarqué par LA créature.
Etait-ce lié au sort d’Elannah ?
En tout cas, depuis, Loz ne trouvait plus aucune trace de la présence de Pyréas…

Quant aux autres gardiens de Golarion, dont il parvenait à détecter l’aura, hormis Elannah, ils furent tous près de Kaer Maga, y compris la jeune Elfe du Kyonin et le Dragon en provenance de l’Hémisphère Sud de Golarion.

Puis, l’aura masculine du groupe d’Elannah s’était dirigée plein Nord, sans doute vers l’armée de Géants et d’orcs descendant du plateau de Storval.
Tous les autres, depuis, restaient, soit rassemblés, soit en mouvement dans les environs proches de Kaer Maga.


A présent, Loz, pensif, et inquiet à l’idée du sort d’Elannah, était attablé, en compagnie de Hangbar, Anastraëlle, Lyanna et Tinuviël.

Tous les cinq dînaient ensemble dans la tente royale de la Reine des elfes.

Cela faisait le deuxième soir que cette Lyanna dînait en leur compagnie.

Loz sentait que la reine Anastraëlle désapprouvait la présence de cette jeune femme. Pour un peu, Loz aurait pu interpréter cette attitude comme de la jalousie.

Hangbar, lui, semblait parfaitement satisfait de cette présence.
En fait, Loz en était venu à croire que ce crétin de néo-varisien le faisait exprès pour agacer la Reine.

Quant à Lyanna, comme hier au soir, elle aurait, visiblement, bien arraché les yeux à ce Hangbar, qui l’obligeait à participer à ce repas.
A l’évocation de cette possibilité, l’humeur Loz s’améliorait grandement, car l’idée de cette éventualité était fort réjouissante.
Malheureusement, à sa grande déception, malgré ces louables intentions de la jeune femme, aux yeux de Loz, cette dernière n’était pas encore passé à l’acte depuis hier.

Le repas se passa dans un silence, à peine ponctué par le vol de quelques mouches de passage, et osant se risquer dans les environs immédiats de la Reine.

D’ailleurs, dans un geste d’humeur, Anastraëlle intercepta un de ces insectes en plein vol… puis le broya dans la paume de sa main.
Le regard qu’elle jeta à Hangbar, juste après, eut pour conséquence de faire avaler de travers la bouchée qu’Hangbar était en train de déglutir.
A ce moment, le jeune homme fut parfaitement conscient de la colère habitant la Reine, et qui ne manquerait pas de s’abattre sur sa future cible, lui…


Elannah et Zéphyr longeaient les façades des bâtisses de la cité de Kaer Maga. Elles se dissimulaient dans les ombres générées par les toits des maisons.
Entre les deux, Getraz avait l’air d’un nain…

Enfin, Zéphyr considéra que le renfoncement du mur de la maison dans leur dos, suffirait à les dissimuler pour une discussion plus poussée avec ce Getraz.
Après réflexion, et à l’écoute de tous ses sens, la dragonne décida de crocheter la porte de ladite maison.

Elannah : “ Mais ? Qu’est ce que tu fais ? ”

Zéphyr : “ Je nous trouve un coin tranquille… Il n’y a personne dans cette maison. ”

Elannah : “ Pour le moment… ”

Zéphyr : “ On en aura pas pour longtemps. ”

Getraz : “ Dois-je m’en alarmer ? ”

Zéphyr lui adressa un regard menaçant : “ Il ne m’a pas semblé vous parler. Non ? ”

Getraz : “ Certes… Mais vous conviendrez qu’en vous exprimant ainsi, ce n’est pas rassurant… ”

Zéphyr : “ Seriez-vous stupide au point d’agacer vos geôliers ? ”

Getraz : “ Un seul d’entre eux… ”

Zéphyr : “ Cela pourrait néanmoins s’avérer fatal pour vous… ”

La serrure céda. Tous les trois pénétrèrent à l’intérieur du bâtiment.

Zéphyr désigna une pièce dont les volets étaient fermés, elle alluma la chandelle qui était sur la table, et s’adressant à Getraz : “ Je vous suggère de vous asseoir… ”
Ce dernier s’exécuta sans tarder.

La dragonne reporta son attention sur Elannah, qui semblait ailleurs : “ Que t’arrive-t-il ? ”

Elannah : “ Un inconnu vient d’arriver à proximité de notre campement. Je doute qu’il nous veuille du bien… ”

Zéphyr : “ Inutile de s’alarmer… Pyréas et Gnaxlal sauront traiter cette menace comme il se doit… ”

Elannah : “ Les pouvoirs de Gnaxlal sont encore balbutiant… J’espère que Pyréas suffira. ”

Zéphyr : “ Et il y a Alvynia et Aerendir… ”

Getraz : “ Alvynia et Aerendir ? ”

Zéphyr : “ Pourriez-vous garder le silence ? Vous commencez à fortement m’importuner… ”

Elannah : “ Vous les connaissez ? ”

Zéphyr : “ Elannah ! ! ! Il est notre prisonnier, je te rappelle ! ! ! ”

Getraz : “ En effet. Mais vous m’avez sauvé et cela ne m’empêche pas de connaître ces deux magiciens personnellement. S’ils sont avec vous, c’est que je peux vous faire définitivement confiance. ”

Zéphyr, un air de malice dans le regard : “ Ils pourraient être nos prisonniers… Egalement. ”

Getraz : “ Votre discussion de l’instant prouve l’inverse… ”

Zéphyr, pestant : “ Elannah… Ne t-a-t on jamais dit que tu causais trop ! ! ! ”

Elannah : “ Gourkok est en train de se battre avec l’inconnu… ”

Zéphyr, dont la voix laissait transparaître une certaine crainte : “ Cheveyo ! ! ! Mais il est inconscient… ”

Elannah : “ C’est étonnant… ”

Zéphyr, nerveuse : “ Quoi ? ”

Elannah : “ L’inconnu ne semble pas se servir de ses pouvoirs… ”

Zéphyr : “ Et Pyréas ? Il dort ! ! ! ”

Elannah : “ Non… Il accoure vers lui… ”

Zéphyr : “ Je déteste cette capacité que tu as de savoir ce qui se passe à une lieue d’ici… ”

Elannah : “ Gnaxlal semble avoir la même capacité… Pyréas aussi. Peut être que tous les gardiens l’ont. ”

Zéphyr : “ Ce qui impliquerait que nos ennemis l’on également. Et je n’aime pas çà ! ! ! ”

Getraz : “ Maintenant que vous savez que nous sommes du même bords, pourriez-vous me détacher ? ”

Zéphyr : “ Ai-je une tête de gnoll abruti par le pesh ? ”

Getraz : “ Euh… non ? ”

Zéphyr : “ Bien… Donc, tant que l’on n’aura pas vu Aerendir et Alvynia, vous resterez attaché ! ! ! ” Et s’adressant à l’elfe “ Avant cela, il faut que nous retrouvions cet Asterion ! ! ! ”

Elannah : “ Ca va pas être facile… Va falloir découvrir ce qui lui est arrivé. ”

Getraz : “ Euh…Là… Je peux vous aider. ”

Les regards des deux jeunes femmes se tournèrent vers lui… L’un compatissant, l’autre flamboyant de colère…


A plusieurs pâtés de maisons de là, les habitants et une partie de la garde qui avait accouru, tenter de dégager des décombres d’éventuelles victimes…

Un soldat : “ Capitaine ! ! ! Y a quelque chose là… Il semb…glll… ”

Une main venait de s’agripper au cou du malheureux… La liche se releva… au milieu des pierres et des poutres.
L’instant d’après, elle brisa la nuque du soldat qui s’affaissa sans vie. Puis elle jeta le cadavre au loin.

Eberlués, les habitants et les soldats alentours étaient pétrifiés.
Puis, la panique s’empara des habitants qui s’éparpillèrent telle la poussière au vent.
Quant aux soldats, ils sortirent leurs épées, et se jetèrent sur cette menace inattendue.


Installée dans une tente noire comme la nuit, la créature qui se nommait Zéleph sirotait tranquillement une boisson, inconnue sur Golarion, dans une tasse de cristal à la perfection éblouissante.

Le pan de la tente s’ouvrit, et un général drow se présenta devant elle. Il s’agenouilla :
“ Maîtresse ! ! ! Toutes nos troupes ont pris position. Nos patrouilles ont neutralisé les éventuels survivants qui ont fuit la balafre de Mormegil. Nous n’attendons plus que vos directives. ”

Zéleph : “ Je me moque de la situation ici ! ! ! J’ai des yeux pour voir, l’oublieriez-vous ? Ce que je veux savoir, c’est si nous avons des nouvelles des shoantis et des Géants qui devaient éliminer cette satanée reine des elfes et me ramener sa tête ! ! ! ”

Le général avala difficilement sa salive : “ Nous n’avons reçu aucun message de notre camps de Sanos à ce propos ! ! ! ”

Zéleph colérique : “ Mais que font mes prêtres gins (*) dans ma forteresse souterraine ! ! ! Ils hibernent ? ? ? ”

Le général : “ Je… ”

Zéleph, plus calme : “ Simple rhétorique, général… Je sais bien que vous êtes bien incapables de le savoir puisque je suis la seule qu’ils contactent si nécessaire… ”

L’absence de nouvelles du sort des elfes la rendait fort mécontente.

Ce qui la préoccupait le plus, c’était l’incapacité de ses prêtres gins à détecter ce qui aurait dû être une bataille effroyable et génératrice d’énergie négative à souhait.
Or, après l’avoir vérifié durant la nuit, aucune once d’une telle énergie n’était venue abreuver l’artefact ! ! !

Zéleph soupçonna, un instant, l’intervention de ce maudit Pyréas dans l’affaire.
Mais, elle s’était rapidement ravisé. Elle aurait détecté le recours à son pouvoir, malgré tout son talent pour en dissimuler son usage.

Il lui semblait inconcevable que ce Loz ait pu la trahir. Trop stupide… Trop haineux envers ses néo-varisiens pour leur laisser une chance de se sauver… Et, à ce qu’elle avait plus ou moins compris, Loz ne portait pas les elfes dans son cœur non plus ! ! ! En fait, en résumé, pour elle, il haïssait tous les autres êtres vivants qui ne soient pas shoantis…
Aussi, une fois cette hypothèse éliminée, Zéleph en était venue à se demander si une armée des elfes du Kyonin n’avait pas rejoint celle de la Reine de Celwynvian.
Loz, devant le nombre, avait dû se replier. Cette éventualité pourrait expliquer cette disparition du peuple shoantis…

Or, son espion à Iaddara avait été formel, aucune armée n’avait quitté le Kyonin.
Se pouvait-il que son espion ait pu être démasqué au Kyonin ? Impensable…

De toutes manières, grâce à un de ses petits tours, elle avait rendu impossible l’envoi de renforts elfes du Kyonin par un portail magique directement au sein de Celwynvian.
Ainsi, c’est à plus de 50 kilomètres de cette cité que les elfes du Kyonin seraient obligés d’arriver à l’aide d’un portail magique, dans la forêt de Mériani, et terminer à pied, pour venir jusqu’à Celwynvian.

Elle avait envoyé des détachements pour éventuellement les harceler, si d’aventure une armée du Kyonin arrivait en renfort.

Elle revint à l’instant présent, et sur le mystère de la disparition des shoantis, qui la laisser donc perplexe… Et l’absence de contact avec ce Loz, encore plus.
Elle aurait dû s’en occuper personnellement, mais les magiciens elfes de Celwynvian lui avait donné du fil à retordre…

Puis, quelques scènes de la journée qui venait de s’écouler lui revinrent en mémoire. Notamment celle de la réponse de ce…. Gend… Le nom de ce conseiller lui avait échappé… Pas sa vie… Lorsque ce microbe lui avait rétorqué : “ Nous ne vous abandonnerons JAMAIS cette cité ! ! ! ”
Zéleph avait vu rouge, et pour deux raisons…
La première, que la Reine Anastraëlle ne s’adresse pas à elle directement, et envoie un sous-fifre.
La seconde, la ton hautain employé par ce conseiller, lui avait déplu.
Ainsi, et bien que distant de plus de trois cent mètres de sa cible, ce conseiller avait explosé projetant des morceaux de chair elfe partout alentour sur la tour où il se tenait, alors qu’il se croyait en sécurité…

C’est à ce moment que la contre-attaque des magiciens elfe l’avait surprise…
D’où diable avait-il pu puisé une telle énergie ?
Une pluie de feu s’était abattue sur près d’un kilomètre carré consumant, dans l’instant, un bon millier de ses zombies drows…Et blessant une autre partie de ses troupes.

De surcroît, elle avait dû mobiliser une grande part de son pourvoir pour limiter les effets de cette étonnante attaque.

Zéleph n’avait pas tardé à réagir, expédiant une bonne moitié de ces minables magiciens dans l’autre monde, après avoir réduit en poussière les fondations, et la tour qui allait avec, où tout ce petit monde se trouvait…
Dans l’effondrement de ladite tour, ces moustiques avaient péri, écrasés et broyés par les décombres…

L’autre moitié n’avait dû leur survie que :
- d’une part à leur présence sur l’autre tour du bastion d’entrée
- d’autre part à une nouvelle pluie incandescente là où elle-même s’était trouvée.

Elle avait réussi à échapper à cette nouvelle attaque… Pas les onze généraux drows qui l’avait accompagné à cet endroit.
Elle s’était éclipsée, pour réapparaître à un endroit sûr, et suffisamment proche pour réduire en cendre la seconde tour du bastion de la cité des Elfes.
Hélas, le faible temps nécessaire à sa téléportation avait permis à ces maudits cloportes d’évacuer la tour avant qu’elle ne disparaisse dans un nuage de fumées et de poussières.

A partir de là, les drows et ses marionnettes de zombies drows s’étaient élancé à l’assaut des remparts de Celwynvian.
Les combats qui s’en étaient suivis avaient été terribles.

Zéléph était intervenue chaque fois qu’un de ces petits magiciens surgissait en haut d’une tour pour contrarier l’assaut de son armée.
Elle en avait supprimé au moins six supplémentaires… Et autant de tours…

Au moment de leur première attaque, elle avait ressenti la puissance réunie du conseil des magiciens de Celwynvian.

Cette puissance avait considérablement décru depuis.

D’ailleurs, selon ses informations, et ses estimations, il ne devait plus rester de ce conseil, qu’une douzaine de membres encore vivants.

Une fois ce feu d’artifice inaugural achevé, et malgré tous les efforts des soldats sous ses ordres, la journée s’était achevé sur un échec. Les Elfes de la cité de Celwynvian lui tenaient toujours tête.

Et non seulement ces elfes la défiaient encore, par le simple fait de leur présence, mais désormais, elle était dans l’incapacité de lancer une attaque magique sur les remparts encerclant la capitale elfe de la forêt de Mériani.

En effet, les derniers représentants du Conseil avaient réussi à créer une bulle neutralisant la magie de Zéleph au –dessus de la cité elfe.

Cette intervention l’avait mise dans une rage folle…

Puis, une fois calmée, et avec un peu de recul, elle avait fait le compte des points positifs et négatifs de la situation.

Ainsi, cela l’avait amusé de prendre conscience que ces magiciens ne faisaient que reculer l’inévitable, et que de surcroît, ils épuiseraient tous leurs pouvoirs dans cette tâche.
A la fin, elle les écraserait comme les punaises qu’ils étaient…

Evidemment, entre temps, Zéleph devait opter entre un assaut immédiat par ses troupes ou attendre que la bulle disparaisse, et réduire, à ce moment là, à l’état de poussière les elfes encore vivants.
Elle était devant un dilemme.
Elle voulait rapidement anéantir les elfes…Et profiter que les magiciens du Conseil soient accaparés à leur tâche pour que son armée en finisse avec cette verrue verte, que constituée à ses yeux, Celwynvian, plantée au milieu de cette forêt de Mériani.
Mais en même temps, elle pourrait le faire également, une fois les magiciens seraient épuisés, et cette option lui permettrait de ne pas amputer davantage, et inutilement, ses troupes.

Elle revint à l’instant présent, et au général drow, rare survivant, à genoux devant elle.

Zéleph : “ J’ai décidé d’attendre avant de lancer notre assaut, Général. Je vous informerai de l’instant qui conviendra le mieux pour cela. D’ici là, poursuivez vos recherches dans la forêt de Mériani… Et anéantissez moi tous les elfes qui pourraient encore s’y trouver. Je vous laisse carte blanche pour faire appel à mes liches gardiennes et à leurs asservis. L’efficacité de cette traque n’en sera que meilleure ! ! ! ”

Le Général : “ Bien, Maîtresse ! ! ! ”

Le drow se releva et prit congé, laissant Zéleph seule avec ses réflexions.

Pour elle-même : “ Le silence de mes prêtres gins commencent à m’inquiéter… Il est grand temps que j’aille m’enquérir de leur inefficacité actuelle. ”

Zéleph se leva à son tour, et créa un portail à destination de son camps dans la forêt de Sanos. Elle le franchit.

(*) Au nombre de quatre, ils sont les yeux et les oreilles de Zéleph.
D’aspect humanoïde, à la peau de requin, ils sont capables de focaliser leurs esprits en un lieu pour rassembler des informations pour leur maîtresse. Malheureusement, ils ne peuvent focaliser leur attention que si, en ce lieu, une énergie négative est dégagée par un événement quelconque, ou si un puissant gardien a recours à ses pouvoirs. Cette dernière possibilité n’est envisageable que dans la mesure où la nature de ce pouvoir leur est connue.


Astérion se mit debout.

La porte s’ouvrit, dévoilant trois hommes d’une carrure impressionnante.
Derrière eux, une autre homme les accompagnait, beaucoup plus fluet mais vêtu richement.
Il s’agissait d’un parrain du crime local,se nommant Léonz.
Il caressait de sa main gauche, un écureuil installé sur son bras droit.


Léonz ne tarda pas à parler : “ Alors, Astérion… Cela me fait plaisir de te revoir ! ! ! Croyais-tu m’échapper ? ”

Astérion garda le silence… Les trois sbires de Léonz l’encadrèrent et le menèrent dans une pièce voisine, où il le firent asseoir sur une chaise.

Ce court déplacement avait permis à Astérion de confirmer ses craintes. Il avait été conduit dans les sous-sols d’une bâtisse visiblement assez grande. En conclusion, il n’y avait aucune chance pour lui, même en criant de toutes ses forces, de faire accourir une aide salvatrice.

Il fut promptement installé puis solidement attaché sur ladite chaise, unique meuble de la pièce avec une petite table où était disposé plusieurs outils à l’aspect peu rassurant.

Deux torches dispensaient une clarté suffisante pour qu’à cet instant, Astérion remarque la présence d’une autre personne, un molosse chauve, en habit de cuir.

Léonz, sur un ton amusé : “ Je vois que tu as remarqué la présence de Oz. Il va suivre mes recommandations, et pratiquer son art sur ta personne.”

Astérion : “ Je suis innocent ! ! ! Vous ne devriez vous en prendre qu’à vo… ”
Une gifle le réduisit au silence, juste après un signe de la tête de Léonz à un des trois hommes.

Léonz : “ Il est toujours plus facile de reporter ses erreurs sur les épaules des autres… Hein Astérion ! ! ! ”

Astérion : “ Je comprends que vous puissiez être en colère, mais personne n’a été blessé… ”

Léonz : “ Je n’ai que faire de tes explications ! ! ! Cette mésaventure a failli être fatale à