[Compétition] Commentaires des autres textes

  • Auteur de la discussion DeletedUser331
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DeletedUser331

Guest
Bonjour,

Vous seriez gentils de commenter également ces textes-là.
Ce sont les participants seuls qui ont directement accédé au second tour :)

Enjoy26​
Le dernier souffle de la Terre

Les poumons me brûlent, j’ai la vue qui se brouille par moment. J’ai l’impression qu’une machine sortie tout droit des enfers me broie la tête, suivant les rythmes des battements de mon cœur. Je suis en hypoxie, ça je le sais! Couché au sommet d’une montagne, je suis rempli d’effroi chaque fois que je lève les yeux au ciel. Il est noir et les étoiles brillent. Moi qui aimait tant regarder ces lumières divines dans la nuit, cette vision me glace maintenant d’horreur quand je sais qu’il est à peine midi. J’ai lu dans les derniers journaux de l’humanité, que c’était dû au manque d’air. Mais ça, je ne le comprends pas. La physique, l’astronomie et les autres sciences du même genre ont toujours été nébuleuses pour moi. Moi, je suis médecin, ou plutôt je l’étais. Maintenant, il n’y a plus personne à soigner. Pourtant, j’ai fait de mon mieux pour les aider. Mais ils sont morts, tous morts.
Tout a commencé si brusquement, les experts, les scientifiques et même les prophètes de la fin du monde n’ont rien vu venir. Un astéroïde passant près de nous devait nous donner une jolie vue, un spectacle magique digne des plus grands mystères de l’univers. Le mystère c’est pourquoi il a dévié de sa course, frôlant la Terre de quelques kilomètres. Maintenant, cette question est bien vaine, mais surtout elle restera pour toujours inexpliquée à l’homme. Le milieu de l’Asie a été l’épicentre de ce désastre planétaire. L’atmosphère s’est retrouvé aspiré dans un maelstrom géant par cette pierre de destruction, venue d’on ne sais où. En un seul jour, des milliards de vie aspirée dans la mort, engloutie dans le néant de l’espace sidéral. L’épée de Damoclès était en train de tomber sur l’humanité, plus rien ne la retenait. L’air, si commune à nos poumons, allait faire défaut.
La nouvelle laissa tout le monde sous le choc. N’y avait t-il donc aucune porte de sortie, aucune chance, aussi infime soit-elle? Puis les média s’emballèrent, un groupe d’experts contredisait tout de suite un autre groupe, et ainsi de suite. La confusion était totale. La mort serait-elle rapide ou une lente agonie? Quelle question! Elle fût pourtant débattue sans fin. Les gouvernements s’effondrèrent en moins de vingt quatre heures. Qui voulait encore passer du temps loin de sa famille, de ses amis?
Je suis resté travailler à l’hôpital. L’urgence débordait de gens blessés dans des mouvements de panique, les suicides se multipliaient et les cas de psychiatrie nécessitaient toutes nos ressources. La folie était contagieuse, la peur et le désespoir se lisaient sur tous les visages. Avec un groupe d’infirmières et de médecins, on s’efforçait de faire fonctionner l’hôpital au meilleur de nos moyens. Est-que je trouve cette attitude vaine et naïve maintenant? Peut être, mais il est sûr que de plonger dans le travail, de vivre les problèmes des autres plutôt que les miens m’a permis de garder mon sang froid. Était-ce la fatigue, le manque d’oxygène qui se faisait déjà sentir ou alors la panique face à ma mort éminente qui s’installa en moi tel un lent poison se rependant dans mes veines, dans mes cellules jusqu’au plus profond de mon être? Mais il est certain qu’une partie de la réalité était inaccessible à ma conscience, cette horreur venait-elle juste d’arriver ou plusieurs jours s’étaient-ils écoulés? À travers tout ce chaos, j’avais perdu la notion du temps, seul le travail me maintenait la tête hors de l’eau, connecté à une certaine réalité, une bribe d’espoir.
Parfois je m’arrêtais pour regarder la télévision qui diffusait des vidéos amateurs venus des quatre coins du monde et qui semblaient sans queue ni tête face aux horreurs indescriptibles qu’ils nous projetaient. La Terre en entier agonisait et semblait se désagréger et, tel un être vivant, elle refusait de mourir et de finir dans le vide glacé de l’espace, sans plus aucune vie, aucune chaleur. Encore des millions de vies anéanties par la fureur des éléments. Des tremblements de terre d’une magnitude jamais vu auparavant frappaient aléatoirement, comme à Los Angeles, où les plus hautes et plus solides structures se disloquaient en millions de morceaux, semblable aux vies qui venaient d’être ensevelies en son sein. Sur les grandioses villes portuaires et les magnifiques stations balnéaires, la mer, dans un déchaînement digne de Poséidon, submergeait, engloutissait dans tout dans des vagues titanesques, telle l’ancienne Atlantide. Des petits monts érodés aux hautes cimes enneigées, le ventre de ces montagnes grondait, se dilatait, faisant gonfler leur sommet pour finir dans une explosion cataclysmique vomissant leurs entrailles de magma et de gaz brûlant. La Terre, dans un râle de douleur expirait son dernier souffle.
Mon nom crié sans interruption dans ce capharnaüm, m’obligeait à revenir ici et maintenant, dans une douleur tangible, un monde de désespoir qui ne m’était pourtant pas inconnu, suite à mes nombreuses années d’expérience. L’intensité était cependant sans commune mesure à ce qu’un médecin civil avait pu connaître, j’étais sur un champ de bataille et nous perdions la guerre. La nouvelle nous laissa sans voix, trop hébétés pour la commenter, notre petite région montagneuse serait la dernière à voir la vie disparaître. Cette annonce, venue, dont on ne sait d’où, se répandit telle une traînée de poudre. Les réfugiés commencèrent à affluer, d’abord par petits groupes, puis dans un déferlement chaotique mettant à dure épreuve la routine tranquille des visages connus qui nous avaient permis de garder un semblant de discipline, un monde bien à nous loin de l’implacable réalité. Ces images du bout du monde, vues dans ma jeunesse, sur les famines en Afrique, frappaient maintenant à notre porte, nous n’étions plus qu’un immense camp de réfugiés. Assis autour d’une faible flamme vacillante, les enfants, accrochés aux bras de leurs parents, ne jouaient plus, les plus vieux pleuraient, tout comme les plus jeunes, partout sur les visages, on lisait le désespoir, on sentait la détresse. L’urgence déborda, nos moyens déjà limités lâchèrent, tel un barrage cédant face aux assauts répétés de la nature déchaînée, nous fûmes submergés.
Mes espoirs disparurent, le fils d’Ariane de mon humanisme céda. La peur m’avait vaincu, je devais sauver ma peau! Je filais au laboratoire, emportant avec moi le nécessaire pour m’injecter les précieux globules rouges qui, vaillamment, transporteraient en moi l’oxygène contenu dans les bombonnes prises dans la réserve. Honte à moi, ce furent les dernières actions que je posai dans cet hôpital. L’altitude de notre région était un facteur essentiel à la survie, et en tant qu’amateur d’excursion en montagne, je quittais la folie de mes semblables pour me réfugier au dessus de cette cohue, seul au sommet d’un mont réputé impraticable, qui si souvent m’avait servit de havre de paix. Enfin seul, loin de cette infernale bacchanale, je retrouvais un semblant de paix. Je me mis alors à vivre comme jamais je n’avais vécu. Une véritable fusion avec l’univers. Mes yeux s’embrasèrent de toute la palette des couleurs que pouvaient m’offrir le ciel et la nature, comme le plus magnifique des arcs-en-ciel, j’avais à mes pieds le mythique chaudron d’or gardé par un farfadet, j’étais le plus riche des hommes. Je dégustais chacune des particules d’air entrant dans mes poumons, plus savoureuses que n’importe quelle bulle du plus grand des champagnes.
Mais, après un temps, je senti la fin arriver. Mes bombonnes étaient vides, l’air faisait défaut. Au loin, où plus tôt grouillait une cohue indescriptible, plus aucun mouvement, plus aucune vie. J’agonisais, mais j’avais enfin la paix de l’homme qui sait sa mort inévitable. Mes poumons brûlaient tels des charbons ardents, mon souffle était cours et rapide, mes membres s’engourdissaient et étaient pesants, bouger devenait une torture. Mais je savourais cette douleur, car elle me rappelait que j’étais encore vivant, mes sens hurlaient dans ma tête, mon plaisir de vivre, une soif intarissable de ne pas abandonner. Ma vue se voila, mes paupières se fermèrent, mon cœur battait faiblement, irrégulièrement. J’étais le dernier homme sur terre. Cette image me glaçait le sang, mon âme s’emplit d’une inexorable tristesse. Je mourrais.
Un son, puissant comme un tonnerre, une fugace image impossible dans le brouillard de mes larmes, l’adrénaline coule à flot dans un dernier sursaut de vie. Une trainée de flammes déchire la nuit du ciel, s’envolant vers le paradis, un vaisseau d’or emportait dans son cœur la si précieuse vie dotée d’intelligence. L’humanité survivait, et moi je mourrais avec cette dernière bulle d’air qui quittait la terre!


WinNy.tHe.PoOh
Réécriture du mythe d’Œdipe.

Thèbes… Quelle ville magnifique, ses remparts de pierres brune tout autours de la ville et le Sphinx qui surveillait l’entrée et qui donnait à n’importe quel étranger qui essayait de rentrer une énigme, si celui-ci ne la trouvais pas il explosait sur le champ ! Jamais personne n’avait réussis. Ca donnait l’impression d’être dans une sorte de « ville du paradis » à chaque coins de rue se trouvais une statue et une fontaine qui honorait chacune une divinité. Dans les coins lumineux ce trouvais des dieux et déesses comme Athéna, déesse de la guerre sur son chariot elle avait l’air heureuse et fier… Elle devait surement gagner une bataille ! De l’autre côté se trouvais Cupidon, dieu de l’amour avec son arc et c’est flèches avec un bout en forme de cœur au dessus d’une fontaine elle aussi en forme de cœur, il parait que le fait de jeter une pièce dedans portait bonheur. Dans les coins les plus sombres (car malheureusement il y en avait) il y trônait des statues comme celle de Hadès, dieu des enfers, roi des morts… Les rues étaient Ornées de fleurs et les tavernes étaient propres, ça sentait bon et les mets étaient un régale. Mais le plus beau de tout était le palais du roi et de la reine Laïos et Jocaste, les jardins était gigantesques et magnifiques, des allées de fleurs et d’arbres à n’en plus finir et des Haie en formes d’animaux un peux partout dans la propriété… Il parait même que l’intérieur du palais était en Or massif…


Laïos et Jocaste vivait heureux, ils disposaient de tout et n’avaient besoin de rien… enfin si, il leur manquait quelque chose, un fils ! Le jour de la naissance de ce fils, Laïos décida d’aller consulter les Oracles d’Apollon à Delphes. Quel ne fut pas sa surprise quand ceux-ci lui expliquèrent que c’est ce même fils qui allait participer à sa mort et se marier avec sa femme !


Le lendemain Laïos décida de l’emmener sur un colline et de l’abandonner pour être sure de pouvoir vivre sans problème. Un peut plus tard, un berger qui passait par là trouva l’enfant et le ramena chez lui, à Corinthe.

Il l’éleva comme son propre fils et il l’appela Œdipe. Celui-ci grandi très vite et il devint vite un grand jeune homme musclé qui en avait assez de s’occuper des moutons… Le berger lui raconta comment il l’avait trouvé. Oedipe, à son tours décida d’aller consulter les Oracles et ceux-ci lui racontèrent la même chose qu’a sont père, il allait le tuer et épouser sa mère !


Pour éviter tout ça, Œdipe décida de partir à l’aventure, très loin, il ne savait pas ou. Il marcha très longtemps et un jour, qu’il était mort de faim et de soif il croisa un homme, plutôt âgé à qui il demanda de l’eau et du pain, mais celui-ci refusa. Œdipe s’emporta et s’énerva fortement, il perdit tout ses moyens tellement la faim et la soif le tiraillait ! Le vieil homme continuait à crier alors Œdipe l’empoigna et serra fermement son coup durant de longues seconde… quand il relâcha la pression il se rendit compte qu’il l’avait tué… Tétanisé de peur par le fait d’avoir tué un pauvre vieillard il reprit sa route en quête d’une ville pour y trouver refuge…


Un matin, il arriva devant une ville somptueuse… avec de magnifique rempart et un sphinx qui gardait l’entrée… Thèbes ! Ne se doutant même pas que c’était sa ville d’origine il s’avance d’un pas et les yeux du sphinx se mirent à briller.

Le sphinx lui dit : « Etranger ! Tu t’es approché trop près de cette ville ! Que fais-tu, qui es-tu ? Répond ou je vais devoir te tuer ! »

Œdipe, qui n’avait plus rien à perdre répondit : « Je suis Œdipe, fils d’un berger parti de chez lui très tôt à l’aventure, je suis à la recherche d’une ville pour me rassasier et pourquoi pas, pour y couler le restant de mes jours ! »

Le sphinx ricana : « Hahaaa tu ne sais surement pas qui je suis ! Je suis le Grand sphinx, aucun étranger ne rentre dans cette ville sans mon accord et malheureusement… personne n’a jamais eu mon accord ! »


Œdipe qui était fort susceptible répliqua : « Je n’ai pas peur de toi sphinx ! Bat toi si tu l’ose ! »

Cette fois ci le sphinx ne se priva pas et s’esclaffa « Je t’aime bien toi ! Je vais donc te laisser une chance de passer, répond à mon énigme et tu auras la vie sauve, je te laisserais même passer ! Mais je te préviens, une fois engagé tu ne pourras plus reculer, personne n’a encore réussit à trouver la réponse ! »


Œdipe ne réfléchit même pas et accepta…

« Très bien, alors là voici : "Peux-tu me nommer l'être unique qui marche tantôt à deux pattes, tantôt à trois, tantôt à quatre et qui est le plus faible quand il a le plus de pattes?" Tu n’a le droit qu’a une réponse.Tu as 15 minutes. »

Œdipe réfléchit tandis que le sphinx rigolait, quel sorte d’être vivant pouvait bien avoir plusieurs membres dans sa vie ? 12 minutes s’étaient écoulées et le sphinx rigolait de plus belle. Œdipe comprit la réponse à l’énigme d’un seul coup, elle fusa dans sa tête comme une évidence !

« J’ai ta réponse sphinx ! »

« Ca m’étonnerais fortement » répondit le sphinx, toujours aussi sure de lui.

« C’est l'homme, parce qu'il marche à quatre pattes quand il est enfant, sur deux pieds quand il est adulte et s'appuie sur un bâton quand il est vieux »

« Tu, tu tu as trouvé… mais enfin comment as-tu fait… Noooooooooon !!! »

Le sphinx explosa en des millions de petits morceaux de pierre et Œdipe couru s’abriter dans la ville, dans le premier bâtiment qu’il trouva… le palais !

Il rencontra une femme dont il tomba éperdument amoureux, elle s’appelait Jocaste, ils discutèrent longuement et Jocaste tomba aussitôt amoureuse d’Œdipe !

Ils se marièrent 5 jours plus tard sous des tonnèrent d’applaudissement. 9 mois plus tard Jocaste accoucha d’un enfant, une fille, nommée Ismène.

Ils vivaient heureux, en famille, le passé était oublié et tout ce passait bien jusqu’au jour ou la peste noir frappa la ville. Cette maladie frappait des millions d’innocents et ravageais même sa propre famille. Œdipe parti voir les Oracle qui lui expliquèrent toute l’histoire…

Œdipe apprit que le vieil homme qu’il avait tué était son père et qu’il s’était marié avec sa mère. Il apprit aussi que temps que l’assassin de son père était en vie, la peste tuerait tout sur son passage…

Il rentra chez lui et expliqua tout à sa femme…enfin sa mère. Ils pleurèrent ensemble pendant des heures et des heures quand finalement Jocaste s’endormi.

Œdipe décida, pour le bien de sa ville et de sa famille, de se suicider. Il monta au dernier étage et sauta, il mourut sur le coup. Quand Jocaste se réveillât enfin elle comprit tout de suite ce qu’Œdipe avait fait et elle se tua elle aussi.

En une matinée, toute la famille royale était morte. Le peuple pensa à des complots et des clans se formèrent, au fils du temps ils mirent la ville à feux et à sang… tout était perdu.


Wervel​
La bataille de Camlann


Mordred sortit de sa tente et contempla la plaine devant lui.

Une brume fantomatique, invoquée par le lever d'un soleil timide et pâle, caressait doucement la terre. Sereinement, la nature s'éveillait. Les oiseaux migrateurs piaillaient en concert et se préparaient à continuer leur périple annuel. Un couple de biches s'attardait à l'orée de la forêt qui encerclait la plaine...

Il y a quelques années, lorsqu'il était chevalier de la table ronde, Mordred aurait pu se laisser attendrir par le spectacle. Aujourd'hui, il n'était plus ni chevalier ni attendri. Aujourd'hui, il y avait bien plus.

Aujourd'hui, à la brume se mêlaient les fumées d'un camp de guerre. Aux piaillements des oiseaux s'ajoutait le cliquetis du métal qu'on assemble ou qu'on aiguise. Et les biches partageaient l'herbe de la plaine avec les destriers de l'armée.

Derrière Mordred et sa tente se dressait son armée, celle qu'il avait rassemblé des quatre coins de l'Angleterre et au-delà. Chevaliers Angles, Saxons aux lourdes haches, archers Pictes, Celtes tribaux, tous l'avaient suivi pour faire face au roi.

Aujourd'hui Tous étaient rangés en bataille derrière lui. Mordred quant à lui portait une armure de plate recouverte d'une fine couverture d'or. Il avait laissé son heaume dans sa tente, laissant ses cheveux blonds recouvrir sa nuque. Un jeune écuyer lui amena un destrier noir. Il s'apprêtait à l'enfourcher quand un détail à l'horizon attira son attention.

De l'autre coté de la plaine, un cavalier surgit du brouillard. Puis un deuxième. Puis d'autres encore et finalement toute une armée en arme prit forme et se posta en face de celle de Mordred. Celui-ci sourit. Ses espions ne lui avaient donc pas menti. Le roi Arthur avait bien prit toutes ses troupes pour venir à sa rencontre. Mais même avec tous ses hommes, Mordred constata que le roi se battrait à un contre quatre. Parfait, pensa le jeune homme, pourquoi prendre un risque inutile ?

Mordred monta sur son cheval et passa devant ses troupes.

- Compagnons ! Vous êtes aujourd'hui réunis pour vous soulever, pour lutter contre ce roi qui vous opprime depuis le début de son règne. Ce soir, un nouveau roi sera assis sur son trône. Un roi qui vous écoutera et qui récompensera. Aujourd'hui, nous auront écrasé nos ennemis ! Aujourd'hui sonne l'heure de notre revanche !
Un cri d'acclamation parcourut les rangs de l'armée.
- Et aujourd'hui, murmura Mordred pour lui même, je serai roi.

Mordred s'interrompit pour observer l'autre armée. De l'autre coté de la plaine, le roi Arthur avait levé son épée et faisait passer son cheval devant l'armée royale. Excalibur flamboyait dans le soleil levant, tandis que son porteur clamait un discours innaudible aux oreilles de Mordred et ses hommes.

Pour Mordred, c'était le moment. L'heure était venue. Il leva sa propre lame vers Arthur et ses chevaliers.

- Mort à la table ronde ! Mort au roi ! Mort ! Mort à nos ennemis !
- Mort ! renchérirent tous les autres. Mort et victoire !

*

Des deux cotés on piqua les chevaux, on abaissa les lances et on pointa les épées droit devant soi. Les chevaux hennirent et chargèrent, les pointes de fer fendirent l'air et les épées hérissèrent les deux murailles de boucliers qui se jetaient l'une contre l'autre.

Puis les deux armées se fracassèrent dans un même cri de guerre, et le chaos déferla sur la plaine de Camlann.

*

Mordred était en première ligne, et combattait sur le flanc d'une petite colline, un talus recouvert par une marée de soldat. Tout en combattant, il riait, conscient que chaque homme du roi qu'il tuait le rapprochait un peu plus de sa victoire.

Un saxon l'interpella soudain et pointa un cavalier. Un chevalier que Mordred reconnut comme un membre de la table ronde fonçait vers lui.
- Viens donc, pleutre !, hurlait-il.
- A ta guise...
Mordred dévia d'un simple mouvement la lame du chevalier, puis ramena la sienne pour le propulser en arrière, le tuant sur le coup.

Soudain une épée surgit de la marée humaine qui l'entourait et frappa le museau de son destrier

Son cheval se renversa en arrière, le propulsant à terre. Le poids de l'armure dorée le plaqua au sol en faisant jaillir la boue. Le choc résonna dans son casque et dans son crâne, au point d'obscurcir peu à peu sa vision. Mordred gémit et lutta pour rester conscient. Mais il ne pu empêcher son corps de sombrer.

*

Quand il rouvrit les yeux, le soleil commençait son lent déclin. Et la première chose que vit Mordred fut le regard vide d'un mort. Un soldat dont il lui était impossible de dire de quel camp il était. Il prit appui sur son épée et tout en se relevant, son armure buta contre un autre cadavre. Et un deuxième. Et un troisième. Et quand Mordred se retrouva debout et qu'il contempla la plaine, la profondeur du désastre de cette journée lui fut révélée.

La plaine de Camlann n'était plus qu'un immense charnier. La ligne de bataille avait progressé en faveur de son armée, mais à quel prix. Elle avait laissé derrière elle un sillage hétéroclite de cadavres d'hommes et de chevaux.

Depuis la colline maintenant déserte, Mordred pouvait les voir, champs sanglants d'où pointaient épées plantées et lances brisées. Au-delà de cette marée de chair, il pouvait entendre le bruit de la bataille et le cri des hommes qui s'entretuait.

Son armée allait certainement gagner cette bataille, mais cette victoire la saignerait à blanc. Les trois quarts de ses effectifs avaient été décimés, et il doutait qu'après un tel revers le quart survivant lui reste fidèle. Et même si c'était le cas, ce ne serait pas suffisant pour tenir toute l'île en son pouvoir. Jamais il ne pourrait en lever une autre.

En une bataille, le roi et ses chevaliers de la table ronde avaient réduit à néant toute sa campagne militaire. Le roi. Mordred fouilla du regard le champs de bataille et trouva ce qu'il cherchait. Combattant au-dessus de la multitude, Excalibur étincelante au poing, le roi Arthur tailladait tous les ennemis qui l'entouraient.
D'un pas décidé, le chevalier déchu se dirigea vers lui. Tout n'était pas perdu. Il avait une chance d'accomplir le voeu de toute une vie.
Tout en avançant, il hurla son défi à travers de la plaine de Camlann:
- Arthur !

Il marcha parmi les cadavres des deux armées, sans un regard pour ces visages qui semblaient le fixer.
- Arthur !
Loin devant lui, Mordred vit le roi se tourner vers lui.
- Arthuuur !
Répondant à son appel, Arthur éperonna et son destrier chargea brusquement à travers les lignes de fantassins. Surpris par la manoeuvre, ceux-ci ne purent stopper la monture, et le roi fonça sur Mordred. D'autres chevaliers voulurent venir à sa suite, mais cette fois des piques se placèrent et leurs bloquèrent la route. Cette fois, le roi devrait se battre seul. Parfait, jubila Mordred.

Arthur arrivait à toute allure sur lui, lame pointée vers lui. Le chevalier déchu marchait toujours dans sa direction. Lorsque son père ne fut plus qu'à une dizaine de mètres de lui, il rengaina son épée et saisit une lance noire abandonnée sur le sol.
Arthur leva son bouclier pour se protéger. Il ne restait que cinq mètres. Mordred se posta sur le sol et planta sa lance en direction du bouclier du cavalier. Quatre mètres. Le cheval hennit mais Arthur donna un coup d'éperon pour l'encourager dans sa course. Trois mètres. Le bouclier se rapprochait irrémédiablement du fer de lance qui l'attendait de pied ferme. Deux mètres. Arthur poussa son cri de guerre et leva Excalibur pour la mise à mort.
Un mètre. Mordred cracha par terre et modifia la position de sa lance, pointant le fer souillé non plus vers le bouclier mais vers le poitrail du destrier.

La pointe s'enfonça sans effort dans la chair, stoppant net le cheval meurtri et son cavalier et les propulsant au sol avec violence. Mordred lui-même chancela sous l'impact et il dut s'esquiver sur le coté pour ne pas recevoir un mauvais coup de sabot. Le roi quant à lui mordit la poussière et se retrouva à terre, à quelques centimètres à peu de ce qui restait de sa monture.
Pendant un instant, on n'entendit rien d'autre que le bruit de la bataille au loin.
Puis Mordred se releva et sortit son épée.

Il se dirigea vers le destrier agonisant, et lui arracha la lance noire de la poitrine. Le roi se relevait difficilement, prenant appui sur Excalibur. Mordred émit un rire à la fois victorieux et méprisant et jeta la lance sur l'homme blessé. Le bois de l'arme toucha l'épaule du roi, arrachant un cri de douleur à Arthur. Il tomba à genou tandis que Mordred chargea, lame dressée.

Arthur leva Excalibur pour résister à l'assaut. Mais blessé et à genou, face à un adversaire plus jeune et plus vif, la lutte était désespérée. Il réussit à bloquer plusieurs coups, mais Mordred finit par lui arracher l'épée des mains, la propulsant vers le ciel.

Alors Mordred jeta sa lame et tendit les mains vers Excalibur qui retombait vers le sol. Sa main gantée saisit la garde argenté et l'épée légendaire fut sienne.
Enfin ! Enfin ce qui lui revenait de droit lui appartenait. Et toute à sa victoire, il la leva vers le ciel en riant à gorge déployée;
- Voyez, père ! Le destin a choisit. Il m'a choisi ! Je ferais de ce pays un empire. On oubliera la table ronde et sa quête d'espoir puérile. Votre règne s'achève, et il n'appartiendra plus qu'aux légendes et aux contes pour enfants !
Mais pour seule réponse, il n'entendit qu'un cri:
- Pour Caamelot !
Et la lance noire le transperça.

Mordred sentit à peine l'impact du métal contre son armure dorée. Par contre, quand le fer passa la couche de métal et transperça sa peau, découpa sa chair, ripa contre l'os et ressortit de l'autre coté, la douleur le foudroya sur place. Il ne poussa pas le moindre cri, juste un brusque soupir de surprise quand il baissa les yeux vers son père.

Le roi avait profité de sa jubilation imprudente pour saisir la lance noire laissée au sol et l'avait retourné son fils.
- Pourquoi, demanda dans un murmure Arthur, pourquoi tout ça, mon fils ?
- Le trône... me revenait de... droit, réussit à répondre Mordred. Tout comme... cette épée.
- Tu n'auras réussi qu'à plonger le royaume dans le chaos. Ce soir, ton armée sera réduite à néant et il ne restera à Caamelot qu'une poignée de chevalier et son roi.
Mordred cracha un jet de sang et leva un visage déformé par la douleur et la haine.
- Non. Non ! Même cela lui sera enlevé !

Le jeune homme leva Excalibur et s'empala de plus belle sur la lance, avançant vers un Arthur médusé. Mordred poussa un hurlement de douleur, qui se tranforma en un hurlement de rage lorsqu'il fut à portée de son père. Il jeta son épée sur Arthur et l'atteignit à la tempe.

Sous le choc, Excalibur lui échappa des mains et tomba à terre. Le roi bascula sur le coté et lâcha la lance. Celle-ci retomba à son tour et Mordred avec.
Le jeune homme s'écroula au sol dans un cri de tout son poids. Il y eut un horrible craquement d'os, et la douleur dans son ventre et dans ses jambes s'estompa. Et tout redevint calme.

Dans la position dans laquelle il se trouvait, il ne pouvait voir le corps du roi, mais il était sûr de l'avoir tué. Il avait enfin vaincu. Il était roi. Enfin.
Devant lui, il pouvait par contre voir le champs de bataille. Le combat semblait être fini, et des soldats fuyaient vers les bois. Était-ce les barbares qu'il avait rassemblé ? Peu importait maintenant à Mordred. Il n'était plus le chef de ses sauvages. Il était roi d'Angleterre, roi de la table ronde.
Des chevaliers accourraient dans sa direction. Certainement pour lui prêter allégeance.
Mordred pensait à l'avenir. Il se ferait intrônisé dans la grande salle de Caamelot. Il rétablirait l'ordre dans son royaume. Il nommerait de nouveaux chevaliers. Il agrandirait ses terres dans toutes les directions et établirait un empire sans fin.

Mais pour le moment, il se sentait las. Sa vision s'obscurcissait de plus en plus et son souffle fuyait. Il devrait se reposer avant d'agir. Mais il se sentait en paix. Bientôt il n'entendit plus rien et il ne sentit plus rien, pas même les battements de son coeur. Le monde devint noir devant ses yeux, mais Mordred souriait. Aujourd'hui, il était roi.

Il était roi.
Et avec cette pensée à l'esprit, Mordred mourut.​


Nyctal
La voix des Loups



Neige.

Glace.

Froid.


Puis le chant du loup qui s’élève, distinctement, dans l’épais silence de la nuit, et qui se meurt dans les bourrasques glacées qui enveloppent la cime des arbres. Une deuxième fois, il s’élève et retombe. Une troisième fois. Mais le loup n’est plus seul maintenant. Plusieurs voix se sont jointes à lui, et désormais, le chant englobe même les parties les plus sombres de la forêt. Cette mystérieuse ode, qui se destine à la seule beauté de la Lune, est empreinte de la puissance de la vie, si rare quand survient l’hiver dans ces contrées. Les loups se remettent à hurler.

Jahl se souvenait avoir avancé dans la forêt glacée, malgré les deux trous rouges qui perçaient sa poitrine. Il se souvenait du froid omniprésent, qui s’insinuait jusque dans ses veines. Il se souvenait des flocons qui tombaient, rendant chaque pas plus difficiles. Il se souvenait du goût glacé que la neige lui avait procuré lorsque qu’il était tombé. Et il se souvenait des deux grands yeux jaunes qui l’avaient fixé comme s’ils voulaient pénétrer son âme. Puis ça avait été le noir. Et la lumière, éclatante. Il avait cligné des yeux et mit sa main pour s’en protéger le regard. Il ne put l’enlever que bien des minutes plus tard, une fois que sa pupille se fut difficilement accommodée. Une immense plaine blanche s’étendait jusqu’aux confins de l’horizon, des étincelles laiteuses en recouvrant le sol. Il tourna sur lui-même. Rien que de la lumière.

Mais c’était l’image de la femme qu’il avait vu dans cet endroit irréel qui demeurait ancrée dans son esprit. Grande, d’une pâleur extrême, avec aux lèvres ce petit sourire énigmatique qui caractérise ceux qui ont compris le sens de la vie, elle dégageait pourtant cette chaleur qui avait tant fait défaut à Jahl dans les bois. Lorsqu’elle ouvrit la bouche, des murs invisibles renvoyèrent en écho ses paroles. Sa silhouette se brouilla un cours instant, puis elle disparue. Elle se matérialisa derrière Jahl. Il se retourna juste à temps pour la voir se brouiller une nouvelle fois. Jahl fut assaillit de chaque côté par ses paroles et tentait désespérément de se raccrocher à la silhouette qui apparaissait et disparaissait éternellement.

« Les loups chantent, disait la voix. Et l’écho en reprenait les dernières syllabes, créant une cacophonie dans laquelle Jahl luttait pour s’accrocher aux paroles de cette femme étrange. Voilà longtemps qu’ils ne l’avaient fait pour un homme. Les temps changent et l’avenir se voile d’une clarté rouge. Moi, Lune, fille des étoiles, je leur accorde ce qu’ils demandent. Puisses-tu te souvenir de ce qu’ils ont fait pour toi, Jahl de Vautban. »

Jahl était trop déboussolé pour pouvoir répondre. Il hocha vaguement la tête. La silhouette s'arrêta soudain de bouger, immobile. Elle accentua son sourire, regardant Jahl droit dans les yeux. Puis elle se détourna, marchant vers un lieu qu’elle semblait seule capable de distinguer dans cet endroit. Il tenta de la rattraper, mais une main invisible lui étreignit le cœur, et il s’effondra.


Neige.

Glace.

Froid.


Le froid, Jahl le sentait en lui. Il voulut remuer la main, mais elle ne bougea pas. Il ressentait les sensations de son corps, mais il n’en était plus le maître. C’était comme être spectateur de son propre calvaire, vivre un cauchemar que l’on sait réel. Depuis combien de temps n’avait-il eu autant froid ? Il se remémorait être tombé dans le neige et avoir senti sa saveur glacée quand elle avait emplit sa bouche. Deux yeux jaunes l’avaient intensément scruté, puis ça avait été le noir. Le noir. Le noir, et une voix. La voix provenait d’un nuage insaisissable qui lui hurlait à l’oreille des paroles sur les loups et leur chant. Il avait dû délirer, c’était certain. Et maintenant, il allait mourir.

Jahl sentait le temps défiler. Il attendait. Il se savait condamné. N’avait-il pas participé à l’escarmouche entre son escadron et le détachement dépêché par les Cerrésiens ? N’avait-il pas entendu les balles siffler à ses oreilles, et l’odeur du sang emplir l’atmosphère ? N’avait-il pas, par la suite, tenté de fuir le combat, quand profitant d’une faible accalmie, il s’était retourné et avait vu le massacre ? Fuir … Oui, il s’en souvenait. Il avait couru en direction de la forêt qui se découpait sur le fond blanc de la neige d’hiver, enjambant des corps. La neige était poisseuse de sang, et plusieurs fois il avait glissé, tombant sur les cadavres de ses anciens amis. Il avait ensuite sentit une douleur fulgurante lui enserrer la poitrine, et son souffle qui fuyait. Son uniforme était devenu pesant. Malgré tout, il avait continué, puisant dans l’énergie du désespoir. Mais tout ceci était loin désormais. Et maintenant, il allait mourir.

Jahl entendait un bruit sourd qui lui battait la nuque, à intervalles réguliers. Il ferma les yeux. Il lui semblait revivre le combat désormais, avec le son des balles, et le sang qui lui maculait le visage et qui ruisselait le long de ses joues, dilué dans ses larmes. Il avait fermé les yeux ? Il les rouvrit de stupeur. Il ne voyait que du blanc. Etait-il aveugle ? Il avait souvent entendu parler de voyageur à qui le froid avait emporté les yeux. Il battit des paupières. A bien y regarder, il distinguait de vagues tâches bleuâtre, ou tout du moins plus sombre, au milieu de ce champ immaculé. De l’eau lui coulait doucement sur le front, le réveillant peu à peu. Il remua doucement la main, et il entendit le craquement des flocons. Il ferma les yeux, et pris une profonde inspiration. Il les rouvrit. Il était vivant.

Il resta encore quelques minutes allongé sans rien faire, à entendre son cœur battre, avant de trouver la force de se mettre à genoux. Cette opération lui nécessita les quelques forces qu’il avait, et il eut tout juste le temps de s’assoir lourdement en tailleur. Il gardait la tête fixée sur la poudreuse qui recouvrait le sol. D’un geste mal assuré, il tendit la mail vers la poudre blanche pour en récolter une poignée. Il porta à ses lèvres le peu qu’il avait pu prendre et lécha sa paume. Le cuir de son gant était râpeux, mais la sensation de l’eau dans sa bouche le réconforta. Avec lenteur, il tourna la tête vers le haut. Une étincelle froide toucha sa joue. Il neigeait. Jahl écarquilla ses yeux. Jamais il n’aurait cru trouver la neige aussi belle. Il toucha sa poitrine en signe de prière. Les trous rouges avaient disparus. Au loin hurla un loup. Jahl ne détourna pas la tête.


Neige.

Glace.

Vie.


Il restait les yeux hagards vers le ciel, dont les pupilles s’accrochaient à un flocon jusqu’à ce qu’il sorte de son champs de vision, avant d’un agripper un autre. Mais Jahl n’en était pas sourd pour autant. Il écoutait les loups. Il suivait le sens de leurs paroles. Il devenait loup. Il se rappelait maintenant des paroles de l’esprit qu’il avait vu en songe. A défaut de pouvoir leur rendre la pareille, il honorerait sa dette.

Il se leva. Il avait assez de forces pour marcher là où on l’attendait désormais. Son regard fixait un point éloigné. Son but. Il ramassa son fusil, et se mit en route vers le Nord. Durant le long périple qui suivit , jamais les loups ne cessèrent de hurler.


Divers-morts
Heaume haut sa pince !

Cette histoire pittoresque vous invite à connaître les homo sapiens, qui peuplaient notre petite planète bleu il y a fort longtemps, et leurs avancés technologiques.
Je vais donc vous conter l'histoire de Pablo, petite interlude : N'allez pas me dire que ça ne fait pas homme de la préhistoire ce prénom on sait tous qu'ils avaient un système pileux comme les portugais pas rasés de notre temps. Ne vous offusquez pas en lisant, les homo sapiens ne parle pas très bien pour le moment. Bref, un heaume, une histoire.

Pablo vivait en compagnie de Maria, dans une montagne. Le village était disposé un peu plus bas, sur l'adret de la montagne. Pablo vivait à l'écart du village car il tenait une grande partie de la culture du village et de nombreuses vaches laitières, moutons et autres animaux servant pour les repas, la confection d'habits et la production d'armes pour la chasse.
Notre chère homo sapiens ne descendait au village que six fois par semestre pour y vendre ses récoltes et toutes ses confections artisanales comme des lances, des lances-pierres, des vêtements en peau de mouton. Il n'était pas trop au courant des affaires du villages et il fut donc étonné d'apprendre par la bouche d'un illuminé une petite information troublante: « Dans toit de montagne toi trouver objet précieux plus vieux que grand sage lui même ! »
Suite aux propos de cet homme il alla voir un de ses comparses, Pedro, et lui raconta les propos issus de la bouche de ce fou arpentant le village. Tout deux, ils prîrent le chemin de la montagne pour retourner chez Pablo. Ils retournèrent donc chez Pablo, prirent des provisions, des lances, des cordes tressées par Maria et il embrassa donc sa compagne.
Seconde Interlude : On ne dira pas sa femme car jusqu'à ce jour on ne m'a pas prouver que les mariages chez le curé existait à la préhistoire.
Donc pour continuer ce récit, Pablo et Pedro gravirent la montagne à l'aide de leurs mains et des cordes qu'ils avaient pris auparavant. Beaucoup de fois ils manquèrent de tomber dans le précipice et de mourir affalé sur le sol en bas mais ils continuèrent leur ascension. Une fois arrivé au sommet de la montagne ils cherchèrent, a tâtons avec leurs lances, un endroit où ce trésor aurait pu être caché mais ils ne trouvèrent aucun objet précieux. Découragés ils marchèrent vers le côté de la montagne pour retourner chez eux. Et là BOUM ! Il trébucha sur un caillou et dévala la montagne jusqu'à ce que son corps sans vie s'aplatisse sur le sol.
Pedro vit l'endroit sur lequel Pablo avait trébuché, c'était un « Heaume rouillé » sauf que lui ne le savait pas, il prit tout de suite cette objet comme l'objet précieux et parti avec, il rejoignit la femme de Pablo, lui annonça la mort de son compagnon et lui montra l'objet précieux.
Elle lui fit : « Toi marié avec moi ? »,
Pedro lui répondit : « Pas possible curé existe pas encore ! »

Et donc l'épée d'Excalibur reste enclavé dans la roche à cause d'un heaume rouillé trouvé par inadvertance. On ne l'a trouvera pas d'ailleurs avant un bon moment.
 
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DeletedUser331

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DeletedUser331

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Création N°1
Je mets la note de : 14/20
Commentaires : Le thème est plutôt bien respecté. Après je trouve que la fin manque d'une chute. On lit ton texte et on devine aisément comme l'histoire va se dérouler. J'aime bien les détails et tu nous en offres. Tu allonges trop tes phrases à mon goût. Fais des pauses et ça ira mieux :) J'ai plutôt bien aimé malgré quelques petites fautes et des tournures de phrases à améliorer :) Ah oui aussi : aère ton texte ^^

Création N°2
Je mets la note de : 10/20
Commentaires : Déjà la réécriture, ce n'est pas vraiment quelque chose que j'aime. En fait, je ne vois pas l'innovation de ton texte. Tu as simplement essayé d'écrire une histoire qui existait déjà. De très nombreuses fautes d'ortographe, des phrases trop longues et un abus des propositions subordonnées relatives. Je trouve dommage que tu n'aies pu sortir ta propre idée ... La moyenne car tu as rendu un texte et que cet acte là, tout le monde n'a pu le faire :) Enfin, je trouve que l'époque est bien avancée pour un texte mythologique.

Création N°3
Je mets la note de : 15/20
Commentaires : Alors déjà, j'ai préféré ce texte aux deux premiers =) De l'action, des batailles comme j'en aime, des morts, du sang, c'est chouette :D Des phrases bien tournées et quelques erreurs d'inattention dans l'écriture :) Bien joué ! Après le thème était un peu limité au niveau de l'écriture donc ça je ne peux pas te le reprocher ^^ Une petite mise en page mais c'est agréable :)

Création N°4
Je mets la note de : 17/20
Commentaires : Première remarque : la mise en page qui me satisfait. Au contraire des trois autres textes, tu as su jouer de la mise en page. Une petite faut d'inattention que je n'ai pu m'empêcher de relever : "D’un geste mal assuré, il tendit la mail". Faut arrêter d'être geek hein :D Un style d'écriture très agréable, un thème bien interprété, des sentiments bien ressentit. Enfin c'est bon quoi. De plus le loup, c'est mon animal préféré =)

Création N°5
Je mets la note de : 08/20
Commentaires : Même chose, quelque chose m'a frappé en déroulant le spoiler : la longueur. Désolé mais c'est un point négatif avant la lecture de savoir un texte si court. Comment monter une réelle histoire ainsi ? La limite de caractères était loin, il ne fallait pas se forcer d'en faire si peu =) Ton texte n'est vraiment pas travaillé. Compare avec le texte juste au dessus et tu remarqueras l'énorme différence. Je ne sais pas si c'est le manque de travail ou ton niveau mais tu aurais dû bosser deux fois plus que Nyctal pour arriver à un résultat digne de ce nom. Par contre, l'avantage c'est que tu as de l'inspiration, ça se sent. Bien que ton thème ne soit pas rodé, tu as tout de même réussi à sortir de l'histoire banale. L'idée était bien pensée, dommage que l'écriture ne suive pas.
 

DeletedUser3973

Guest
En cours

Bon, j'éditerai mon post au fur et à mesure, pour l'heure, je vais commenter le premier texte, qui est celui de la belle et charmante, la plus gentille x) Mariniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Enjoy26:

Je met la note de
18.5/20 à ce récit.


Commentaires:


J'ai adorée ce récit, magnifique je trouve..le vocabulaire est riche, l'idée pour le thème est bien trouvé, car je ne pensais pas à cette possibilité qui est bien meilleur que ce que à quoi je pouvais m'attendre sur ce thème. Non sérieusement un superbe texte, je suis très déçu que tu n'es pu avoir d'adversaire, sa aurait été plus intéressant pour toi et les lecteurs, au niveau des commentaires, ton récit est parfait. Bisous :):inlove::inlove:
 

DeletedUser19852

Guest
Yo'

Voulais juste m'excuser des fautes dans mon texte, j'l'ai fait en 1h :x
 

DeletedUser162

Guest
Création N°1
Je mets la note de : 18/20
Commentaires : Splendide ! Sujet très très bien traité, et de très belle manière. Je ne pense pas que ce soit plausible scientifiquement mais l'idée est bien trouvée et bien exploitée dans un lyrisme flamboyant. Le meilleurs texte de concours que j'ai lu... en attendant que je lise ceux en-dessous ! Par contre, ça faisait un peu pavé sans saut de lignes ^^', sur un document word, ça ne dérange pas, mais sur le forum sans les paragraphes :s.

Création N°2
Je mets la note de : 9/20
Commentaires : Arf, une réécriture manquée. Tu ne te démarques pas assez du mythe, et donc il n'y a aucune originalité. Des fautes de conjugaisons et des répétitions maladroites. Une fin un peu bâclée. Bref, un mauvais choix d'histoire, dommage car il y a bien un potentiel.

Création N°3
Je mets la note de : .../20
Commentaires :

Création N°4
Je mets la note de : .../20
Commentaires :

Création N°5
Je mets la note de : .../20
Commentaires :

La suite plus tard :s
 

DeletedUser331

Guest
Oui ce tour là ^^ Mais tu peux toujours commenter les textes hein :)
C'était pas une battle, juste pour voir approximativement le niveau.
 

DeletedUser331

Guest
Wervel :

Le Prédateur​


On m'a toujours soutenu que l'homme est le résultat d'une succession d'évolutions, le produit d'une suite millénaire d'espèces animales. Que c'est le temps qui a forgé notre besoin de règles de société, de moralité, de religion, gommant ainsi la part d'état sauvage que nous aurait légué la nature.
Je n'ai jamais remis cela en cause, même si les déductions "scientifiques" issues d'un fragment de mâchoire ou d'une pierre percée m'ont toujours laissé sceptique. Comment peut-on avec si peu de matières faire passer des hypothèses pour des certitudes ?

Ce dont moi je suis néanmoins sûr, c'est que nous possédons bien en nous une part animale. Moi, je la possède.

Mon nom n'a pas d'importance, il m'arrive même parfois de ne pas m'en souvenir. Après tout ne serait-ce pas un autre artifice de l'humain pour créer l'illusion d'être unique ? A-t-on déjà vu un mammifère chercher à se différencier du troupeau ?
J'ai bien sûr un travail, ennuyeux et rabaissant, et une femme dont je ne sais si je l'aime vraiment, mais qui correspond bien aux critères de beauté humaines. J'ai une maison, identique à d'autres, propre et aux formes géométriques, entourée d'un jardin où règne la netteté et où le désordre est banni à coup de taille-haie et de tondeuse.
Je possède tout ce qu'un homme doit avoir en ce monde dompté par l'homme pour être qualifié d'heureux et d'honnête, mais cette vie-là me parait si illusoire. Si vide.

Quel sens y a-t-il à amasser des biens si je ne suis que le fruit d'une évolution, si je sais que mon seul avenir certain est de rejoindre dans la mort les derniers maillons de la chaine qui m'ont précédé ? A quoi cela me sert-il de me lever tous les matins de ma vie pour suivre une société qui ne fait que couler ? En tant qu'homme, je n'ai ni but, ni envie d'un avenir sous cette forme. Alors je vis le jour comme on me l'a appris: je le vis en homme.

Mais la nuit... la nuit, il me semble que je revis. J'ai enfin retrouvé ma vraie nature.

Tout a commencé il y a quelques mois. A la faveur de prétextes, réunions tardives, soirées entre collègues, voyages d'affaires, j'avais pris l'habitude de parcourir à travers les villes, les rues désertes et les parcs abandonnés aux longues heures nocturnes. J'y fuyais ma condition d'homme dans mon errance sous les étoiles, je divaguais en rêvant à une autre vie. J'oubliais mon travail, ma femme et ma maison, j'effaçais ma misérable vie et vidais mon esprit de sa substance humaine...
Mais un esprit ne peut rester vide, et je ne pouvais refuser mon "humanité" sans rien mettre à la place. Mais alors qui pouvais-je devenir ?

Je le sus lors d'une nuit d'automne, lorsque dans une de mes escapades j’aperçus un sans-abri qui avançait devant moi. Je ne me rappelle plus aujourd'hui pourquoi je pris cette décision, mais je décidais de le suivre. Et ce qui au départ n'était qu'une idée passagère pris soudain un goût agréable.

Se glisser dans l'ombre à pas silencieux, observer la proie se déplacer, anticiper ses mouvements. Sentir l'adrénaline gonfler mes muscles tremblants et faire battre mon cœur comme jamais. Observer cet être vivant devant moi et s'en sortir le maitre.
L'excitation explosait en moi, en même temps qu'augmentait la crainte d'être remarqué par l'homme. Ce jeu du chat et de la souris se poursuivit sur plusieurs rues. Je ne savais pas où il allait, mais je le suivais avec tout l'application qu'un animal met à en traquer un autre.
Cette idée me frappa de plein fouet et j'en oubliais presque ma "proie". Un animal qui en traque un autre. Un chasseur. Un prédateur. Un être libre qui n'obéit à nul autre et qui possède son propre pouvoir. Voilà une idée plus que séduisante.

Lorsque je sortis de cette réflexion, je me trouvais dans une impasse déserte, à peine éclairée par quelques lampadaires en piteux état. Le sans-abri avait disparu. Je m'arrêtais net et écoutais attentivement le silence de la nuit, dans l'espoir de retrouver la trace de mon "gibier". Un bruit attira mon attention et je me retournais.
L'homme surgit soudain derrière moi et m'attrapa par le col. Il plongea son regard dans le mien et un brutal relent d'alcool monta de sa barbe jusqu'à mon visage.
- Pourquoi qu'tu me suis comme ça ?! Pourquoi tu me suis, hein ? Qu'est-ce qu'tu me veux ?!
En remuant vivement, je me dégageai et me reculais rapidement... pour me retrouver dos au mur. L'homme s'ébroua et me barra la route. Je paniquais. Plus d'issue. Pas d'armes. Pas de temps pour réfléchir à une solution.

Mes capacités d'homme civilisé ne pouvait rien pour moi. Alors sans réfléchir je laissai la nature prendre le dessus et je fis ce que tout animal pris au piège ferait : je passais à l'attaque.
Je me rappelle encore son visage soudain paniqué quand il me vit foncer sur lui dans un grondement. Nos deux corps tombèrent sur le pavé humide et je me servis des armes dont mon corps disposait. Poing. Ongles. Dents. L'humain se débattait sous moi et commençais à hurler.
Je plaquais une main sur sa bouche hideuse et une autre sur sa gorge pour étouffer ses cris, mais il ne s'en débattait que de plus belle. Finalement, en regardant mes mains que le dénouement se fit. Quatre doigts et un pouce inversé. D'après les grosses têtes humaines, un fruit de l'évolution offrant une supériorité : l'usage d'outils.
Je regardais autour de moi et avisais un pavé noirâtre gisant sur le côté. Ma main s'en saisit et, avant que ma proie s'en rende compte, je lui assenais un coup sur le crâne.
Puis un autre.
Puis un autre.
Puis un autre encore.
Mes bras s'activaient furieusement sans que ma conscience n'intervienne. A cette heure-ci, elle était refoulée au plus profond de moi. Seul l'instinct comptait. L'homme s'était fait bête sauvage.

Lorsque je m'arrêtais enfin, la proie était morte. Je regardais son sang qui s'écoulait entre mes doigts depuis la plaie ouverte jusqu'au sol. Je ne disais plus rien. Aucune panique en moi, ni horreur... juste le calme. Le calme et le silence. Je restais quelques minutes là, à contempler.

Puis j'entendis un bruit provenant de la ruelle et ma conscience d'humain reprit soudain le dessus. Je me vis là, assis dans une ruelle déserte, avec le cadavre d'un sans-abri que je venais de tuer dans un élan de rage. Je m'enfuis précipitamment, abandonnant le cadavre à la nuit. Les alentours étaient toujours aussi déserts, mais je ne pouvais rester là plus longtemps.

Je rentrais chez moi et pris un longue douche. Et puis je passais le restant de la nuit sans dormir. Sans cesser de réfléchir.
L’humain en moi me hurlait que ce que j’avais commis était horrible et indigne d’un être civilisé. Mais quelque chose de plus était apparu en moi ce même soir. Ou plutôt avait ressurgi des tréfonds de mon être. Une nouvelle facette. Plus primaire. Sauvage. Animale. Et l’animal en moi me disait que sentir cette vie s'éteindre à travers mes doigts cette nuit avait été en fait la chose la plus excitante que j'ai jamais vécue.
Et que la seule façon de ressentir à nouveau cette excitation, ce pouvoir et cette liberté… c’était de recommencer. Et c’est ce que je fis…



Voilà pourquoi je suis dans ce bar cette nuit comme depuis tant d’autres, à siroter un verre d’alcool tout en observant les autres clients. La raison de ma présence est simple. Si je veux être animal, je dois penser comme un animal. Penser comme un prédateur penserait.
Aux yeux d’un humain, ce bar est le cliché du bouge infâme, à l’alcool facile et aux horaires tardifs. Pour un prédateur, c’est un point d’eau dans le désert d’activité nocturne, le passage idéal pour repérer une proie potentielle.

Et c'est une nuit sans lune. Une nuit de chasse. C'est devenu pour moi un rituel depuis la nuit du sans-abri. Depuis cette nuit-là, je n'en ai manqué aucune.

Comme à chaque fois, la partie d'être humain avec laquelle j'ai vécu toute la journée me reproche ce que je fais. Mais après quelques verres, l'humain rend les armes, l’animal renait à nouveau et prend le dessus.
La réflexion fait place aux cinq sens, l’instinct prend celle de la conscience. La morale est jetée derrière l’épaule pour être remplacé par de froids calculs d’approche et de repérage. Le prédateur se met en chasse.

Ce soir, beaucoup sont venu s'abreuver. Des routiers venus de l’Est, grands mâles trop forts pour être chassés seul. Des arabes parlant fort, toujours en groupe et donc inaccessibles à un prédateur isolé. Une jeune humaine. Intéressant. Des femelles sont plus fragiles, plus faciles. Les prédateurs aiment les proies faciles.
Elle est plutôt fine, arbore une toison brune qui tombe en cascade de sa tête sur son veston en cuir. Son parfum de vanille et de fleurs me chatouille les narines. Et en plus elle a visiblement l'air bien éméchée. Jeunesse et mauvaise condition physique*: la proie idéale.

Il ne me reste plus qu'à mettre en œuvre la plus grande vertu du chasseur : la patience. Attendre qu'elle termine son verre. J'en profite pour répéter mon plan de chasse. Ce bar n'a pas de parking adjacent, les usagers doivent donc se garer dans les rues obscures et y retourner pour rentrer chez eux.
Au bout d'une heure, la belle paye enfin sa note et sort à l'extérieur. Je lui laisse un peu d'avance avant de payer à mon tour et de passer la porte.
Je sens à nouveau son parfum dans le brouillard et je suis cette odeur à travers les rues, tandis que mes yeux s'habituent rapidement à l'obscurité. Je traverse la chaussée et arrive devant une ruelle où plusieurs voitures sont parquées en une longue file.
Elle est là. Elle cherche ses clés dans son sac. Trop tard, ma jolie.

L'adrénaline et l'excitation coule en moi à flots et j'accepte cette onde de plaisir avec délectation, sachant qu'il sera plus intense encore dans une minute.

Je m'approche silencieusement, en prenant soin de rester hors de la lumière des lampadaires encore en état de marche. Sous la forme d'une lame aiguisée, je sors mes griffes. En un rien de temps, je suis derrière elle. Je prends mon inspiration et me prépare à frapper.

- Je peux vous aider, lui lance-je, pour voir son visage lorsque je la tuerais.
Mais soudain, la jeune humaine se retourne, sans aucune trace de peur et avec un revolver à la main.
- Mais bien sûr : les mains en l'air !
De l'autre coté de la ruelle, des gyrophares s'illuminent et deux lumières blanches se braquent sur moi. Qu'est ce que ça veux dire ?
- ça fait longtemps qu'on te cours après et ce soir, c'est la bonne. Alors maintenant ne bouge pas, enflure, et lâche ton arme !
Non, c'est impossible. Je me sens trompé. Piégé. Humilié ! La situation m'échappe et je déteste ça. Je me retrouve du rôle de chasseur à celui de proie ! Non, ça ne va pas. Il me faut reprendre le dessus. La fureur monte alors en moi sous la force d'un cri puissant que je lui crache à la figure.
Prise par surprise, elle a un mouvement de recul. J'en profite pour m'esquiver dans l'ombre et échapper à la lumière des phares. J'entends des injonctions et des appels, mais il est trop tard. Je rase les murs à toute vitesse, mettant à profit ma connaissance du terrain pour prendre les passages minuscules qui mènent à des rues parallèles. Finalement je me fonds dans le noir et je reste là, tapi dans l'ombre et le silence.

Depuis ma cachette, j'observe la voiture de police passée en trombe.
Puis le calme à nouveau.
J'attends.
Les minutes passent.
J'attends encore.
Puis il me semble que suffisamment de temps se soit écouler et je réfléchis comment achever ma retraite, quand des pas se font entendre dans la ruelle. Je reste caché, attentif.

C'est la jeune femme, qui continue ma traque. Qui la continue seule. Quelle imprudence.
Elle s'arrête à peine quelques mètres avant moi, l'air désespéré. Sa proie lui échappe et elle est désemparée. Je la comprends. J'ai failli connaitre la même chose lors d'une précédente chasse. J'ai failli.

Une sonnerie retentit, et la belle sort un portable qu'elle colle à son oreille en commençant à s'énerver contre son interlocuteur. Tout en me tournant le dos. Seule dans une ruelle obscure. Voilà un coup inespéré du destin, me dis-je.

Je m'approche d'elle silencieusement. Tout absorbée dans sa conversation, elle ne me voit pas arriver. Je ne suis plus qu'à deux mètres. Un mètre. Je m’apprête à bondir, je fléchis les jambes et prépare mes muscles. La lame est prête dans ma main et...
<< Pan ! >>
La douleur me transperce le torse en même temps qu'une balle le traverse de part en part. Incrédule, je regarde la fleur de sang éclore sur ma poitrine, tandis que ma "griffe" m'échappe des mains et que mes jambes s'écroulent sous moi.

Je m'écroule, ma proie m'échappe définitivement en allant rejoindre un autre humain, un homme en uniforme qui tient toujours son arme pointée sur moi. Et quand je ne parviens plus à bouger, je sais que je vais mourir, et sur l'instant cette pensée me choque. Comment un prédateur peut-il mourir ? Ce n'était absolument pas prévu. Non, ça ne devait pas se passer ainsi !
Puis l'évidence se fait dans mon esprit et m'arrache un ultime sourire douloureux. Au final, que ce soit parmi les animaux ou ses semblables, l'humain lui-même n'est-il pas le plus grand des prédateurs ?