Battle Intersection

  • Auteur de la discussion Tiro
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Tiro

Guest
Bonsoir à tous !

Vous l'avez attendu et maintenant vous vous demandé ce qu'ils ont pondu ?
Ne vous en faites plus, l'attente est terminée et sous vos yeux ébahis voilà les différentes contributions !​

Thème : Folie
Intérêt : Binôme constitué d'un plumiste et d'un graphiste ; les deux créations créant entre-elles un dialogue, un échange, des sonorités communes
Contrainte :
- Littéraire : 8 000 caractères minimum (espaces compris)
- Graphisme : minimum 500*500
Délai : Deux semaines
Arbitrage : Tiro et Deca

Les Equipes :

ÉcrivainsGraphistes
DECAPITORByy Ryy
KissifrottTiro
gandalflerougeEtouix


Equipe n°1 :


Pacte avec la Mort

L'emprise lui broyait les abdominaux, une décennie semblait s'être écoulée. Le souvenir de cette douleur foudroyante lui resterait à vie et pourtant il s'enfuyait déjà, tremblant et effrayé par les prochains changements cérébraux. Des maux de crâne affreux, un corps entièrement courbaturé et flagellant, les mains glacées et violettes, les muscles fondus.. Il ne demeurait plus qu'un immonde cadavre, et encore, pire, un mort-vivant desséché à la peau visqueuse, gluante, et fragile de cette dépouille squelettique fumante. Son esprit mortifié n'était plus qu'un résidu de traces infimes, de souvenirs dérisoires, de décombres ci et là. Cette charogne aliénée ne renfermait plus aucune force, tant physique qu'intellectuelle, vidée et abrutie, dans un état de décrépitude total. La peste ne restait qu'euphémisme comparée à ce monstre méphistophélique, à cette perversion infernale et inhumaine.
Elle fuyait littéralement la société identique à elle-même, sinistre et funèbre, en dégénérescence absolue. Sa vie, désormais, n'était plus qu'un gouffre phénoménal sans sens, sans objectif. Elle ne possédait plus aucune volonté de survivre, elle ne faisait qu'errer au hasard sur ces terres rongées par la tristesse, la défection, elle ne poursuivait aucun dessein, aucun espoir. Elle tiendrait debout, cette carcasse tourmentée et débile, jusqu'à ce que la mort l'emporte, jusqu'à ce qu'elle trépasse enfin morte de faim, assoiffée, exténuée et qu'elle s'affale dans le sable chaud du désert.
Son action surhumaine de vouloir traverser cette étendue aride, cette touffeur insupportable, sans se nourrir ni se reposer se réduirait finalement à un acte entièrement suicidaire. Nul possibilité de survie n'était envisageable, toute aspiration, vaine. Toute pensée comme but ne germait pas dans cet esprit massacré, il n'y existait qu'une idée fixe et prépondérante : marcher, marcher, marcher.. sans jamais s'arrêter, pour le reste de l'existence. Un homme, même doté de grandes capacités sportives, n'aurait jamais été fou au point de tenter cette expédition dans de pareilles circonstances. Il se serait d'ailleurs déjà probablement écroulé sans force pour succomber et se laisser aller à une mort affreuse, solitaire et somme toute, inutile. Il s'agissait ici au contraire d'un homme-machine atteint d'inconscience, qui avançait sans cesse pour se suicider par inaction. Dans les jours, les semaines à venir peut-être se stopperait-il enfin pour se fondre à cette terre aliénée et ne faire qu'un avec elle.
Cette horreur hallucinée continuait pourtant de mettre un pied devant l'autre, à progresser pas après pas d'une lenteur exaspérante. Le soleil la frappait intensément, le vent la fouettait avec violence, le sable claquait chaque recoin de sa peau, déchirée, emportée par les bourrasques, mettant à nue sa chair pourrie et infectée. Les éléments semblaient se déchaîner sur ce corps vide d'âme, comme s'ils lui infligeaient une punition céleste et ils revenaient à chaque fois plus furieux, inlassablement, abattant leur courroux sur cette proie impuissante et désarmée. Elle subissait, oui, elle subissait sans pouvoir rien n'y faire, supportant tous ces supplices. Elle les affrontait, les méprisait d'un air hautain, forgeait une aversion profonde envers eux.
Le désert semblait gigantesque, infini, ouvert à toutes directions. Se perdre se révélait d'une facilité déconcertante. Pour autant, elle ne s'égarait point, elle vagabondait dans ce paysage blanc, aveuglant et plat. Aucune ligne de relief ne transparaissait à l'horizon, pas une colline, pas une montagne. La terre stérile et desséchée se voulait repoussante pour quiconque, inhospitalière. Sa platitude rébarbative évoquait un cauchemar sans fin, une destinée vouée dors et déjà à l'échec. Seul le râle du macchabée saccadait infatigablement cette marche insensée, de son son guttural et profond.
La chaleur lui causait des vertiges qui secouaient souvent son corps en décomposition, l'aspiraient, le rejetaient, lui insufflaient des moments d'égarement. Il chuta à nouveau dans ces divagations sans sens, se trouvait ballotait par ces flots, ces flux d'hallucinations surpuissants, ces mêmes délires causés par l'herbe du diable. Sa vue se troublait, il s'imaginait courir, sauter, voler, le sable dansait sous ses yeux une valse à mille temps, le soleil s’égayait, virevoltait dans les nuages, le souffle du vent fredonnait un air de musique, les crânes décharnés qui longeaient le sentier se mettaient à claquer des mâchoires afin d'imposer le tempo, de battre la mesure tandis que les cactus, ces petits arbustes piquants, représentaient les demoiselles hésitantes. Il se laissait pousser par les unes, par les autres, les prenait tour à tour dans ses bras cadavériques, les baisait, elles avaient toutes une fleur dans les cheveux, un coquelicot pétrifié par le regard de la méduse. Le sol jonché de carapaces d'escargots racornis et grillés par la réverbération des éclats solaires sur cette plaine de grains de roche s'était métamorphosé en une véritable piste de danse où s'accumulait ces gens de tout genre.
Happé par cette folie meurtrière et incongrue, il tentait d'en chasser ces pensées idiotes, puériles, nuisibles et éphémères, créations involontairement de son esprit. La colère s'infusa alors en lui, il s'en voulait d'être si faible, de ne pouvoir résister à la tentation d'errer spirituellement.
Progressivement, pas à pas, de nouvelles pensées s'imposaient en ce spectre, de nouveaux jugements belliqueux et impétueux, de nouvelles idées et réflexions répulsives, extrémistes et radicales envers la société, envers le peuple, envers le système entier, envers ce monde terrassé par des idéaux malsains, des valeurs corrompues, des actes lâches, viciés.. La gangrène envahissait avec virulence ce cerveau putréfié, l'agressait, l'écorchait vif, le violentait afin de le rendre affreux, répugnant, malfaisant.
Un désir amère de vengeance grandissait, aboutissant à des pulsions vives et meurtrières, une haine raciale envers les Hommes et surtout envers leur évolution néfaste. Bientôt la marche se fit plus rapide, plus effrénée, saccadée. La colère et la rage emplissait cet être tout entier, lui forgeant un nouvel état d'esprit. De suicidaire damné, cette ombre ravageuse devint fanatique dégénérée. Le corps reprit de sa constance, les yeux se firent dures, la tête se balançait en avant pour donner de la vitesse au mouvement du cadavre, les bras tremblaient de fureur, les jambes semblaient désarticulées. Cette chimère déchaînée évoquait une marionnette robotisée détraquée.
Des jours durant ses pensées se firent plus abruptes, son corps plus robuste et insensible à la douleur, son rythme plus ardent. Il faisait fi des éléments extérieurs, il oubliait le vent, le sable, le passé, l'existence même pour se concentrer sur son unique projet. Machiavélique, il concevait son plan perfide dans un silence absolu, réfléchissant à toutes les étapes nécessaires à sa réalisation parfaite, à son aboutissement radical, il incluait dedans tous les obstacles dangereux, prenait en considération tous les risques, toutes les contraintes auxquels il pourrait être soumis afin de faire de son brouillon un véritable chef d’œuvre d'anéantissement.
Les jours défilèrent les uns derrière les autres sans que rien ne change. Parfois, cet effroyable squelette trébuchait mais il puisait toujours plus en-dedans de son être des ressources inimaginables, dans un puits infini où se mêlait folie, cynisme et psychose. Sa dégénérescence s'accélérait, son état critique demeurerait désormais, et à tout jamais, irrécupérable. La Mort, cruelle et sanguinaire, planait au dessus de sa tête, elle l'avalerait en temps et en heure. Mais arrivera-t-elle prochainement ? Sera-t-elle assez rapide pour empêcher ce qu'il adviendra ?

Les premières traces de civilisation apparurent bientôt, tout d'abord par la manifestation foisonnante de végétaux et mammifères, la domination tropicale du désert s'arrêtait à ces limites, les rafales de sable brûlant furent remplacées par des vents doux et frais, puis plus loin par l'attroupement de bestiaux, vaches, chevaux, moutons.., enfin par la prolifération de l'empreinte de l'Homme, par sa présence même en ces lieux et également par la marque de sa main, de son travail : fermes, bâtiments, villages..
Ses premières proies se rapprochaient inévitablement de leur triste destinée. Cette dépouille hideuse se traînait, son rythme s'était ralenti pour laisser monter l'extase enivrante de ses futurs meurtres. Une exploitation agricole entra dans son champ de vision, et elle sut ainsi que sa furie se déchaînerait sous peu. Elle campa non loin toute l'après-midi, la nuit étant son terrain de chasse de prédilection. L'instinct prenait le dessus en elle et il ne faisait plus que réagir à des ordres dépourvus de conscience réfléchie et à ses besoins primaires. Réglé comme une horloge, elle se cachait de jour, machinalement, par peur, et attaquait de nuit par appétits, par désirs supérieurs à son esprit mutilé.
L'astre chaud se coucha éreinté, tandis que la carcasse pourrie se releva assoiffée. Elle se dirigea directement vers la maisonnette, lentement, accompagnée de son ami, le silence morbide.
Elle s'avança sur le palier de la porte d'entrée, et déposa son sceau au fer rouge sur cette vieille planche usée. Elle fit s'éternisait ses longues griffes sur ce matériau, d'abord appuyant celles de sa main droite en creusant de larges sillons, puis celles de sa main gauche, formant un symbole en croix tirée vers le bas. En son centre, elle souffla son haleine putréfiée, marquant le bois d'une crevasse agonisante et dans laquelle elle put ainsi glisser sa main squelettique et débloquer le verrou de la serrure. Elle entra alors, poussa la porte qui grinça sous cet effort cruel et se mit à approcher, pas à pas, de ses prochaines victimes. Un état de béatitude se diffusa dans tout son être, la submergea afin d'atteindre son paroxysme d'excitation.
Le bâtiment, sale et détérioré par les années, avait récemment connu un entretien visible des poussières, à la vue de ces meubles resplendissants tandis que les murs décrépis ne cessaient de sembler chanceler, le sol aussi quant à lui paraissait dans un état lamentable, la pourriture présente à certains endroits, dans les angles des murs.
Cette créature infernale progressa, enivrée, sur dix mètres supplémentaires dans ce couloir principal obscur puis bientôt atteint une intersection sur sa droite où se situait une première chambre paisible d'un vieillard, tandis que plus loin sur ce même côté se trouvait une cuisine délabrée, avec en face une salle de bains ancienne et un peu avant, sur la gauche une pièce où couchait une jeune demoiselle, encore pure et merveilleuse, dans un confort total et une propreté absolue.
La Mort, sournoise et perverse, décida tout d'abord de rendre visite à ce vétéran endurci, qui bientôt connaîtra l'au-delà. Cet instrument de destruction s'était mis en route après cette courte pause, cette ignoble accalmie qui n'avait fait que retarder un peu plus l'échéance inutile. La marche repris, plus assurée, frénétique. Les griffes grincèrent sur le bois archaïque, l'ancien remua dans son sommeil, ses rêves se troublèrent. L'ouverture se fit plus grande. Le somme se fit moins lourd. La mort se fit plus proche.
L'homme se redressa, alarmé par un cinquième sens, écarquilla ses yeux affolés en admirant cette horreur sans nom. Son cœur s'emballa dans sa poitrine, son cerveau délira, sa bouche devint pâteuse, sa peau moite, ses cheveux gris. L'effroi s'imbiba en lui, la fin s'empara de lui, il plongea subitement dans un sommeil éternel, fut condamné à tout jamais dans les limbes affreuses de la mort. Il s'effondra la tête contre l'oreiller, le corps inarticulé tel un pantin, une marionnette de bois tordue.
Cette goule macabre traîna le pas jusqu'au lit du défunt, elle ouvrit sa bouche aux dents difformes et lui offrit son sourire le plus resplendissant, un sourire sadique. Elle passa ses ongles sur ce beau visage encore humain, ferma les yeux terrifiés de sa victime. Ainsi on avait l'impression d'une mort pure et naturelle, d'un repos enfin mérité.
Elle se pencha au dessus du corps sans vie, puis appliqua ses lèvres morbides sur ce front ridé. Elle se mit à avaler goulument tout d'abord son âme, afin de se délecter de ces saveurs intenses, de ses souvenirs lointains, de ses péchés capitaux, de ses rêves fous et vastes.. puis bientôt s'en prit à la chair de ce corps qu'elle aspira en elle jusqu'à ne plus rien laisser d'autre qu'un cadavre desséché. Elle consuma jusqu'aux os eux-mêmes, se nourrit de ses dernières et maigres ressources, et gagna ainsi en vitalité. L'excitation atteignit alors son apogée extrême, et sa semence noirâtre se répandit par jets sur ce tas de poussière, s'imprégna dans les draps vierges.
Elle recula tandis que cette sève continuait de dégouliner, fit marche arrière, revint dans ce long couloir dans l'idée de s'en prendre à sa deuxième victime.

Sans jamais se retourner, sans n'accorder aucun regard sur cette vieille maisonnée carbonisée encore en flammes, une ombre ténébreuse filait dans les sentiers arides de la région. Cette machine d’annihilation s'était mise en route, et rien ne semblait pouvoir l'arrêter. Les morts proliféreraient, abattus par son regard, les visages s'inclineraient pour laisser sa puissance destructrice l'emporter. La Mort elle-même profitait, assoiffée, de son courroux dévastateur.​

Equipe n°2 :

Fou

Il était une fois un bout de terre que l’on nommait Ys. Isolé à la pointe du Vieux Continent, on disait de ce territoire qu’il s’agissait en fait d’une île. Ce n’était pas faux, ce n’était pas vrai. Durant une guerre ancestrale opposant les humains aux créatures faëriques, ces dernières avaient été repoussées dans ce coin perdu de Bretagne, là où la Terre se termine. Entassées sur ce caillou stérile, pauvre surplomb au-dessus d’un océan terrifiant et sans fond, la terre s’était fendue sans prévenir. Le sort du peuple des Faës semblait inéluctable avec ce rocher en train de se précipiter dans une eau noire prête à l’avaler. C’était sans compter sur la plus puissante de ses représentantes, la fée Ysandre, reine et beauté enchanteresse. Invoquant tout son pouvoir, elle parvint à jeter désespérément des liens magiques qui retinrent la chute, accrochés au continent et entretenant un statu quo périlleux.

Depuis, on racontait sur l’île que si un chariot stationnait trop longtemps, il roulait seul jusqu’à être précipité dans l’océan. Mais surtout, jamais depuis ce qui mit fin à cette guerre séculaire un pont ne fut construit, trop heureux de couper les liens entre les peuples. Les Faës usèrent de leur magie pour transformer cette lande aride en petit paradis d’abondance. Une source d’eau douce et fraîche apparut de nulle part, le blé poussa comme par miracle, des arbres aux allures millénaires sortirent de terre en à peine une génération, et bien d’autres étranges phénomènes. Tout cela était encore dû à la reine Ysandre, incarnation de la grâce, de l’intelligence et de la puissance.

Et pourtant, elle régnait tel un despote, profitant de sa suprématie magique pour assujettir à sa personne les derniers clans faëriques qui lui résistaient. Cyclopes, nains, gnomes, et bien d’autres encore. Elle n’usa d’aucune subtilité pour se les aliéner. Les prodiges qu’elle accomplit lui suffirent pour revendiquer l’intégralité de ce rocher suspendu. Ils n’eurent le choix que de ployer le genou afin de pouvoir vivre sur son domaine, subissant les railleries des alliés de la reine qui n’hésite pas depuis ce jour à exercer brimades sur brimades en toute impunité.

Mais leur sort restait enviable par rapport aux quelques humains autochtones qui s’étaient retrouver mêlé à cette situation totalement contre leur gré. Ils ne furent pas massacrés pour répondre aux pulsions meurtrières qui démangeaient pourtant les Faës. Ils ne furent pas expropriés de leurs fermes. Leurs moutons ne leur furent même pas retirés. Plus terrible encore, la servitude leur fut réservée avec une malice diabolique de la part de la reine Ysandre.

Liam, appelé par tous Li, était l’un de ces paysans. On lui avait appris à accepter ce sort sans broncher dès le berceau. Un jour où il ne prenait qu’une dizaine de coup lui faisait son bonheur. Et même lorsque les Faës se présentaient de mauvaise humeur, le jeune homme n’avait qu’un sourire contrit à offrir, tellement désolé de ne pas pouvoir offrir plus.

Vint alors un jour qui semblait comme les autres, mais tellement différent, car il changea tout de la conception qu’avait Li de son petit monde. Cela commença par la venue d’un groupe de cavaliers. A califourchon dessus se tenait de majestueuses silhouettes aux traits envoûteurs. Le devinait-on en tout cas sous leurs casques à pointes en argent massif qui esquivaient à la vue des mécréants leurs pommettes mêmes. Seul des nez aux allures hautaines et des yeux d’aigle perçant jusqu’aux tréfonds de l’âme dépassaient de leur carapace.

Mais pour le moment, le soleil reflété sur les armures rutilantes aveuglait encore le jeune paysan au dos déjà légèrement voûté par le labeur. L’un des visiteurs s’avança et ôta son casque, le plus brillant d’entre tous, avec une grâce qui fit frissonner les feuilles du pommier devant la petite chaume. Ses cheveux blancs tombèrent en cascade sur des oreilles fines et pointues qui signaient son appartenance au clan favori de la reine, les elfes.

Li s’inclina très bas, regardant ses chaussons brunâtres tels qu’ils étaient, crasseux et abimé. Il attendit alors que l’on s’adresse à son insignifiante personne. Il lui était impossible d’ouvrir la bouche avant cela, à moins de vouloir recevoir un coup d’éperon dans les côtes, chose généralement assez douloureuse.

Le temps passait, aucun mot pipé alors que le soleil décroissant dans le ciel. Ses épaules s’ankylosaient d’une façon atroce, mais se relever avant l’autorisation d’un être d’une caste supérieure à la sienne s’apparentaient à une insulte encore plus terrible que parler en premier.

Mais ce petit jeu semblait amuser l’elfe aux cheveux d’argent.

« Et alors, gueux ! On n’offre point à boire à l’un de ses maîtres ? » cria celui-ci, accompagné d’un magistral coup de botte avant toute réponse.

Le coin des lèvres en sang, un râle de souffrance échappa au paysan alors qu’il se redressait difficilement après avoir mangé la poussière qu’il tenta d’épousseter rapidement afin de garder bonne figure. Il reprit une posture humble, ignorant l’outrage qui ne lui semblait pas en être un. Il était surtout soulagé d’enfin pouvoir prendre la parole.

« Seigneur, c’est qu’le puits d’ma propriété s’trouve bien loin. P’t’-être que j’peux vous proposer des pommes bien de chez moi et bien juteuses, proposa le jeune homme servile.
- Je te demande à boire, et tu m’offres à manger. En plus d’être gueux, serais-tu demeuré ? s’exclama le chef de troupe. Si je ne vois pas tes parents, c’est qu’ils ont dû mourir de honte de mettre au monde un crétin difforme tel que toi. Va chercher de la bonne eau pour toute ma troupe. »

L’injonction était ferme et ne souffrait aucune discussion possible. Aussi, Li s’empressa de prendre son seau au pied de la porte et de filer à son puits en haut de la bute, après avoir esquissé ce qui ressemblait à une révérence. Cela faisait une petite trotte, mais il s’attela à la corvée sans rechigner. Le retour fut encore plus compliqué avec le lourd récipient remplit à ras-de-bord et porté à bout de bras. Essoufflé, il se présenta devant la troupe qu’il invita d’un geste maladroit à se servir en eau dans le seau, épongeant la sueur sur son front au passage.

Descendu de son splendide cheval blanc à la crinière sauvage, le leadeur s’avança, le casque sous le bras, un gobelet en ferraille dans la main opposé qu’il plongea dans le seau. Plein d’une eau cristalline, il renifla sa tasse d’un air sceptique, affichant ouvertement son dégoût. Sans prévenir, il renversa du bout du pied le seau sous les yeux de sa troupe qui se fit un plaisir de ricaner.

« Qu’as-tu mis dans ton puits, gueux ? Un rat crevé pour nous empoisonner ?
- Pas du tout seigneur, répondit un Li se recroquevillant déjà de crainte. J’bois tous les jours cette eau, elle est bien meilleure qu’mon voisin Audren. Ma mère m’disait toujours qu’notre puits était un miracle. Nulle part dans l’pays vous trouverez un puits aussi près d’la mer, déclama-t-il avec une pointe de fierté.
- Ce n’est pas un paysan barbare sans papille gustative qui va m’apprendre ce qu’est une eau claire et pure. On ne se moque pas impunément de moi, beugla l’elfe.
Soldats ! Brûlez-moi ce champ ! Et son pommier de malheur aussi, il est sûrement infesté de vers pour qu’il ait voulu nous en faire manger. »

Le paysan ce jeta aux bottes de l’elfe, geignard et suppliant pour sa subsistance. Un nouveau coup percuta son visage pour le repousser et permettre à l’officier d’enfourcher son destrier. Impossible de raisonner tout un groupe qui avait déjà décidé de faire du mal avant même d’arriver sur la propriété.

Tout brûla en un clin d’œil. Et toutes les larmes du pauvre Li ne pouvaient rien y faire, excepté éteindre peut-être quelques flammèches à ses pieds. L’œil vide, il n’entendit pas un des soldats vider goulûment sa gourde qu’il expédia sur le crâne du paysan en s’esclaffant.

Le bruit des sabots galopant s’éloigna, et toujours Li fixait les flammes dansant dans la pénombre.

Se fit entendre alors un ricanement inhumain qui fit sursauter celui qui avait tout perdu en une journée. Son regard inquisiteur scruta le noir derrière lui, les yeux plissés et aveugle du contraste avec le feu terrible dans son dos.

« Qui est-là ? héla le pauvre bougre dont l’appréhension revint à tout allure. »

Apparut alors des broussailles un drôle de petit personnage dont il ne reconnaissait pas l’apparence. Il allait apprendre qu’il s’agissait d’un farfadet, une créature faërique qui ne se montrait à personne, pas même aux autres Faës qui les détestaient pour diverses raisons toutes plus horribles les unes des autres. Quantités de mauvaises histoires circulaient sur leur compte. Mais pour l’heure, le paysan observait attentivement son vis-à-vis au sourire grimaçant. Avant même de remarquer sa petite taille, haute comme trois pommes, ce fut les dents en forme de pierres tombales qui restèrent dans l’esprit du fermier, des dents jaunes qui éclairaient une peau dont la couleur oscillait entre un verdâtre crasseux et un gris granit. A cela s’ajoutaient des oreilles pointues mais légèrement tombantes, sans cacher les lobes, et un front surmonté de deux excroissances osseuses. Le menton lui aussi en pointe et l’absence de poils sur la tête, significative de cette teinte maladive, finissaient d’encadrer ce sourire hypnotique et disproportionné.

« Mais je suis celui qui vient t’aider, très cher, dit le farfadet en exécutant une cabriole improbable et sans raison apparente.
- Y personne qui peut m’aider m’sieur l’gobelin, pleurnicha le paysan. C’est juste des elfes qu’étaient pas content de mon travail. Ça m’apprendra à pas bien travailler. Maint’nant, j’f’rais plus d’bêtises. Faut qu’j’me serre la ceinture et qu’j’recommence à cultiver, c’est tout. »

La créature ricana de plus belle en se frottant les mains, comme s’il lui avait joué un mauvais tour. Il agita alors le doigt sous le nez du jeune homme qui ne comprenait plus rien à ce qu’il lui arrivait.

« C’est là que tu te trompes mon brave, professa son interlocuteur. Les Faës te trompent depuis toujours. Leur vie n’est pas plus importante que la tienne. Je dirais même que c’est le contraire puisque ces impotentes ont besoin de personnes comme toi pour avoir à manger sur leurs tables en or. »

Il exécuta une nouvelle pirouette, heureux de lui-même. Son sourire s’effaça brusquement pour laisser place à une mine conspiratrice, faisant signe à Li de s’approcher pour une confidence. Ce dernier se pencha, tout ouïe. Mais tout ce qu’il reçut fut une pichenette sèche et douloureuse sur le coin de la lèvre, accompagné d’un mot du farceur.

« Et je ne suis pas un de ces gobelins hideux ! Je suis un farfadet ! »

Tout joyeux de son effet, le farceur exécuta une pirouette de danseuse sur la musique de son petit rire de diablotin. Il stoppa sans grâce son mouvement pour regarder au loin vers les falaises à proximité, tendant ses doigts crochus comme pour attraper les étoiles que l’on voyait. Li suivit des yeux la direction indiquée par le petit être chétif.

« Hé ben, qu’est-ce qu’y… »

Le farfadet avait disparu.

Le paysan ne se formalisa pas de ce départ précipité. Qu’avait-il à faire de ce gobelin, alors qu’il avait tant de travail sur les bras ? Sa première nuit après cette journée désastreuse fut mauvaise, agité de quelque mauvais rêves. Mais sans plus.

Le lendemain, à peine l’aurore découvrit les environs que la charrue était poussée par Li dans le champ, ahanant par l’effort immense déployé afin de labourer cendres et terre. La journée fut longue et harassante. Si bien que la nuit tombée, il s’effondra comme une masse sur sa paillasse qui commençait à sentir légèrement le moisi.

Des bruits de pierre jetés contre sa porte en bois le sortirent en sursaut de son lourd sommeil sans rêve. La patte trainante, il se leva tant bien que mal pour regarder rapidement par la fenêtre ce qu’il passait. Tout ce qu’il vit fut un fugace sourire qui grâce à la lune reflétait une lumière jaune. De nouveau dans son lit, cette dernière image s’imposait dans son esprit, perturbant un sommeil qui s’annonçait calme.

La scène se répèta chaque nuit, un sourire brillant dans l’obscurité, un ricanement dans le lointain, un chuchotement dans l’oreille. A tel point que quelques temps suffirent pour que Li ne parvienne plus à dormir. Des tics nerveux s’emparaient de lui, comme s’assoir sur sa paillasse, les pieds joints, à se balancer d’avant en arrière. Chaque jour passé voyait sa santé mentale décliner. Et chaque jour, son petit visiteur que l’on croyait simple farceur revient le tourmenter, insinuant dans sa tête des pensées malveillantes et blasphématoire pour l’humain qu’il était.

« Les Faës sont cruelles. »
« Tu n’es qu’un outil. »
« Tes parents ne sont pas mort pour la gloire de la reine, ils sont morts pour son plaisir. »
« Lève-toi, révolte-toi. »
« A ton tour de bouffer de la Faës. »
« Elles ne sont que malheur. »
« Venge-toi. »
« Détruit l’île. »

Ce long travail de sape eut raison du désormais ex-paysan. Décharné, il ne se nourrissait plus, recroquevillé en position fœtale en permanence. Li sortit pourtant un soir de son long mutisme. Ses yeux éclatés orbitaient dans tous les sens à une vitesse folle. Il était assoiffé. Ses lèvres craquelées lui faisaient terriblement mal. Mais la douleur n’était pas que physique. Sa tête allait exploser.

Il prit péniblement la direction de son vieux puits sous le regard instigateur du sourire jaune honni qui pour une fois ne pipait mot. Arrivé à destination, il se rendit compte qu’il avait oublié son seau pour remonter de l’eau. Des sanglots sans larme lui piquèrent les yeux, laissant éclater son désespoir, le dos adossé au muret de l’excavation.

Un ricanement éclata alors au-dessus de lui.

« On a soif, petit oisillon égaré ? fit le farfadet assis sur le rebord. Si tu ne peux pas boire l’eau de ton puits, tu devrais t’abreuver du sang des Faës.

Li se releva pour faire face à son visiteur, puis tenta de déglutir afin de parler. Les balbutiements furent nombreux, mais il parvint à articuler quelques mots.

- T’as… t’as parlé d’vengeance et de… de… de destruction.
- Oh ! L’oisillon devient curieux, dit la créature sur un ton affable et conspirateur. Sort ta faux, et attend que sa lame ne soit plus que rouille. »

Avant que l’ex-paysan devenu miséreux ne puisse poser une question, le farfadet accomplit un salto arrière qui l’envoya directement dans le trou du puits où il disparut. Li se précipita pour regarder au fond. Pas de bruit de plouf, et une voix résonnante lui disant de couper les liens de l’île.

Détruire l’île. Couper les liens. Oui, c’était la seule solution d’y parvenir.

Non ! Pourquoi voudrait-il détruire l’île ? Les Faës peuvent être un peu taquines, mais elles ne sont pas méchantes. Leur fardeau est lourd.

Si ! Il faut détruire ce caillou honteux de la surface de la Terre. Les Faës ne sont que cruauté et déshonneur.

Non ! Certaines sont aussi persécutées par la reine.

Si ! Même les ennemis de la reine Ysandre le persécute, lui qui n’a rien demandé.

Non, je…

Si.

Les mains sur les tempes, un cri de souffrance déchirant écorcha la gorge du jeune miséreux, à genoux par terre, plié en deux. Toute raison le quittait. Il allait le faire.

Rappelez-vous. Ysandre, encore à l’époque simple fée cheffe de son clan, parvint à épargner le peuple faëriques en créant des câbles magiques qui évitèrent la chute d’Ys dans les abysses de l’océan. De cette façon, elle obtint une reconnaissance éternelle qui lui permit d’établir son autorité despotique sur tous les clans. Depuis lors avait pu se construire une nouvelle société aux aspects idéalistes mais qui cachait une hiérarchie extrêmement forte basée sur les haines ancestrales.

Et à ce jour, un paysan appris comment défaire ce qui était devenu un cauchemar éveillé. Il allait trancher cette magie pour mettre fin au désespoir des innocents. Ainsi commença une longue période de vagabondage, avec pour seule possession une faux hérité de son pauvre père. Toujours la créature venait le tourmenter, entretenant les braises de sa colère. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, Li ne s’abritait pas des intempéries pour faire rouiller son arme. Le jour de sa vengeance approchait inéluctablement.

Alors qu’il traversait une période de calme relatif dans ses délires passagers, faisant la manche dans la cité royale auprès d’une fontaine dans laquelle il laissait tremper sa lame, un palanquin stoppa sa progression juste devant lui. Il revit soudainement les images des soldats-elfes brûler son champ et son pommier lorsque deux gardes se présentèrent devant le rideau de la litière qu’ils écartèrent. La vision qui s’offrit au mendiant fut une femme à la beauté époustouflante, une grappe de raisin entre les doigts et une unique goutte perlée de jus coulant sur le menton. Ses traits offraient une peau diaphane qui fit monter une excitation inconnue depuis longtemps en Li. Malgré une ressemblance évidente avec un elfe, sa tenue était totalement différente. Elle n’était habillée qu’à moitié, portant une jupe entièrement végétale. Sa poitrine généreuse et son teint crème frémissait sous la brise tourbillonnante. Très heureuse de la gêne qu’elle occasionnait, cet attifement avait néanmoins pour but premier de laisser à l’air libre des ailes translucides et nervées comme celles d’une libellule.

D’un geste voluptueux, elle prit la parole.

« Et bien humain, pourquoi ne travailles-tu pas dans un champ comme c’est le rôle de tous ceux de ta race ? s’enquit-elle. Ne sais-tu pas que je ne tolère pas le vagabondage et le maraudage dans mon royaume de rêve ?
- Majesté, vous m’voyez désolé, mais c’est qu’ma terre a été brûlé par des elfes de votr’ garde, répondit-il avec aplomb.
- Comment ? Simple gueux, il va falloir respecter ta place au lieu de lancer des accusations comme celles-ci ! Si cela a été fait, la raison est évidente. Ta terre n’en est aujourd’hui que plus fertile. Mes braves gens agissent toujours pour le bien de mon royaume.
Gardes ! Donnez donc vingt coups de bâton à ce misérable pour son insolence.

Sitôt dit, sitôt fait, la place publique résonna des hurlements pitoyables de Li. Son regard fiévreux croisait celui des Faës passantes qui se délectaient du spectacle. Malgré ses cris, l’intensité de son regard qui finit son chemin droit dans les yeux de la reine-fée était effrayante à un tel point que cette dernière se rendit compte d’un danger.

- Te voilà puni, reprit-elle, maintenant, je te pardonne. Je t’offre un travail dans mon palais. J’ai pu remarquer que tu portais une faux qui a dû être magnifique dans le temps, dit-elle de sa voix la plus mièvre possible. Seulement, je la vois forte émoussée désormais. Que puis-je donc faire, réfléchit-elle faussement à voix haute. Mais oui ! s’exclama-t-elle jubilante. Tu seras jardinier dans ma demeure. Certains lieux de ma promenade habituelle sont à débroussailler. Mais il te faudra quelque chose de plus tranchant. »

Ni d’une, ni de deux, elle claqua des mains et transforma la lame de la faux en or massif et le fil comme un rasoir.

La reine Ysandre vit l’horreur se dessiner sur le visage du désormais bossu, lui procurant une joie farouche en pensant au vilain tour qu’elle venait de déjouer. C’est comme si elle avait su, bien qu’il n’en fut probablement rien. Mais plus jamais la faux ne rouillerait, et le triomphe éclatant de la fée emplit le cœur et l’âme de Li d’un poison encore plus violent que celui du jour de l’incendie.

Le baldaquin traçait déjà sa route vers le palais, la reine s’étant finalement désintéressée de l’événement. Mais elle ne l’avait pas oublié puisque deux soldats le prirent par les aisselles et le trainèrent dans son sillage, un troisième emportant avec lui la faux. Le maltraité ne se débattit même pas, ses réflexes de docilité d’autrefois revenant au galop, en plus d’être accablé par ce qui venait de se dérouler.

A sa grande surprise, l’ancien paysan devenu contre son gré jardinier ne fut pas jeté dans un cachot mais dans une petite cellule certes dénudée d’un peu tout mais très lumineuse. Il allait pouvoir dormir comme un loir pour récupérer.

Alors que ses paupières allaient se clore, une petite voix ricaneuse descendit jusqu’au creux de l’oreille en provenance de la fente qui lui servait de fenêtre au-dessus de lui. Sur le rebord, un sourire si familier lui apparut.

« Et alors, on oublie sa vengeance parce qu’on a un toit et un peu d’or ? Tu fais honte aux humains de t’être laissé trainer comme un bon chien-chien.
- J’avais pas l’choix ! s’insurgea le concerné. Z’étaient plus forts qu’moi, j’pouvais rien faire.
- Tu ne pouvais pas te débattre un petit peu peut-être ? Et ta nouvelle fierté que tu t’étais construite ? Les promesses que tu t’étais faites ? Qu’advient-il de tout ça ? Ce n’était que du vent ? Je t’aide à ouvrir les yeux, et tu me remercie comme ça ?

Pour la première fois en des années, le farfadet paraissait vraiment en colère. Que lui importait son sort après tout ? Li se fit tout penaud, mais tenta de se défendre comme il pouvait.

- Elle a changé la lame de ma faux en or ! Comment que j’peux faire maintenant pour m’venger ?

Son interlocuteur réfléchit. Encore une première qu’il n’ait pas la réponse à sa question.

- Je vais y réfléchir, petit Liam effrayé. »

Et le farfadet repartit d’une cabriole par la fenêtre qui se trouvait au troisième étage, sans son ricanement habituel, semblant soucieux de quelque chose. Surtout, jamais depuis ce terrible jour incendiaire Li n’avait eu les idées aussi claires, totalement refroidit par le comportement du farfadet qui l’avait presque totalement sortit de sa léthargie. Pourquoi faire tout ça ?

Sauf que cette lucidité retrouvée ne dura pas longtemps. La créature revint le hanté la nuit suivante avec son humeur habituelle, puis la nuit suivante, et ainsi de suite. La source de paroles empoisonnées coulait à nouveau à flot.

« N’oublie pas tout le mal que l’on t’a fait. »
« Elle t’a rendu bossu, la garce. »
« Elle a gâché ta vie. »
« La garce a encore tué une fillette ce matin. »
« Libère l’âme de tes semblables. »
« Le contremaître t’a encore frappé sans raison. »

Jusqu’au jour où le farfadet jugea la confusion du jardinier royal à point. Il lui révéla alors discrètement la solution qu’il avait découverte dans un ricanement interminable.

« Mon brave Liam, écoute bien ton plus cher ami. Pour annuler le sort de la reine, il te faut planter ta faux dans les boyaux de celle qui a lancé le sort. Il faut que tu la déchiquètes, que tu la fasses souffrir et mourir à petit feu. Et seulement alors, ta lame retrouvera son état d’antan juste avant le sortilège. »

Li n’avait pas bougé de sa paillasse, tournant le dos à ce sourire jaune qu’il avait finalement appris à aimer en dix nouvelles années de tortures mentales. C’était sa force, une drogue dont il ne pouvait plus se passer afin qu’il puisse avancer chaque jour. Il avait appris à jouer la comédie devant la reine qui plus jamais ne lui avait adressé la parole. Elle en avait fait un larbin sans broncher avant de le rayer de son existence, devenant un être invisible à ses yeux. Elle allait se rendre compte qu’il s’agissait d’une grave erreur de ne pas croiser ce regard fiévreux où brillait quelque chose d’encore innommable.

Le petit être parti, toujours allongé dans sa cellule, les yeux grands ouverts, les vaisseaux sanguins envahissant les globes oculaires, et les paupières ne cillant jamais, Li partit à son tour d’un ricanement morbide durant tout le reste de la nuit, jouissant trop de la nouvelle pour trouver le sommeil.

Le lendemain, alors que comme toujours, la reine Ysandre venait espionner ses petits sujets par l’intermédiaire de sa fontaine-miroir dans son jardin privé, une ombre se glissa derrière elle. Mais trop occupée par la magie qui se déroulait sous ses yeux, elle ne sentit pas venir ce danger bassement matériel.

Il s’agissait bien de son jardinier invisible, le seul à avoir la permission d’entrer ici afin d’entretenir les chaînes-roses ou encore les poisons-coquelicots. Mais la mort s’annonçait par une lame en or. Quelle ironie de savoir que la reine-fée avait créé l’outil de sa propre destruction.

Le premier coup fut un violent fauchage par derrière juste au-dessus du pli de l’aine. Ce fut tellement inopiné et violent que pas un cri ne sorti de la bouche de la victime. L’air avait été expulsé subitement, la reine ne pouvant que tenter de respirer vainement, la bouche bullant comme le ferait une carpe hors de l’eau. Néanmoins, sa première préoccupation était de tenir entre ses doigts les entrailles qui pendaient en-dehors de son ventre. Une panique pétrifiante la submergeait, impuissante pour la première fois de sa vie. La faucheuse continua son grand œuvre, coupant délicatement, presque avec amour, les ailes cristallines de la fée terrorisée. L’ancien paysan prenait un malin plaisir à la faire souffrir. Sauf qu’il ne devait pas s’attarder. Il se pencha dans le dos de la souveraine agonisante, léchant les larmes fuyantes, et murmura d’un souffle fétide :

« Merci pour la faux. »

D’un même geste presque invisible, la lame s’était glissée sous la gorge de cette dernière avant d’être tranchée d’un mouvement sec. Les iris de la reine perdirent toute couleur, vitrifiés sur place, et le sang dégoulinant dans la fontaine-miroir obscurcit la vision qui s’y déroulait.

Mais déjà, Li se désintéressait de la souveraine déchue et défunte, voyant la lame dorée se transformer tout de rouille. Un sourire jubilatoire le saisi couplé à une frénésie déjà entrevue la veille, ses bras tremblant d’excitation et sa gorge riant nerveusement. Il touchait au but. Plus personne ne vivrait jamais le désespoir qu’il avait lui-même vécu.

Et entre les rosiers, un sourire jaune…

L’évasion du palais ne fut pas évidente, mais l’ex-paysan-vagabond-mendiant-jardinier avait eu dix ans pour découvrir tous les recoins secrets des lieux. S’il sentait un peu plus mauvais à sa sortie des murs, il n’en était que plus libre.

Le trajet jusqu’aux câbles magiques se fit sans encombre, le danger potentiel se trouvant loin derrière lui désormais. Il transmettait aux autres piétons qu’il croisait une bonne humeur contagieuse, alors même qu’il s’apprêtait à détruire l’île et ses habitants.

La découverte des traits lumineux qui joignaient les deux falaises de l’île et du continent auraient coupé le souffle à n’importe qui. Seulement, Li était devenu imperméable à toute beauté. Il se remit à trembler. Il avait attendu ce moment tellement longtemps, conditionné perpétuellement à cette unique tâche qu’il se mit à couper le premier lien inconsciemment, d’un geste net, sans aucune hésitation.

Alors qu’il allait en rompre un second, un éclair lumineux fit apparaitre sa seconde conscience sur l’épaule qui claqua immédiatement des deux mains pour les faire disparaitre dans un second éclair. Ils se rematérialisèrent de l’autre côté du gouffre. Le farfadet affichait son habituel sourire jaune.

« Petit cadeau de la maison, mon petit Liam. Tu ne tomberas pas avec les autres. »

Et la créature disparut à nouveau dans un éclat de rire.

L’intermède ci-tôt oublié, Li se remit à l’ouvrage avec ardeur. Il ne s’en aperçut pas immédiatement, mais à chaque coupe, le flash qui en résultait accentuait les tremblements de terre. La chute d’Ys fut lente, mais plus personne ne pouvait la sauver, la reine-fée étant morte. L’ultime coup que donna Li regorgeait de rage. Enfin, il se sentait libre.

Sous ses yeux, Ys chutait. Sous ses yeux, l’océan se déchaînait. Sous ses yeux, l’orage tonnait. Sous ses yeux, la fin débutait.

Ce fut un choc, une douche froide. Les cris de terreur de toute une île parvenaient à ses oreilles. Combien d’innocents venait-il de condamner dans ce cataclysme ? Personne ne pourrait survivre. La magie n’existait presque plus avec la mort d’Ysandre, et la chute de l’île provoquait trop de remous pour espérer voir quelqu’un rejoindre le rivage avant d’être emporté au fond des abysses. Durant toutes ces années d’errance, il n’avait pas été lui-même, envahit de pensées malsaines par cette… chose qui l’avait rendu malade d’esprit. Cette créature était un poison, et il lui avait obéit docilement. Il aura été esclave durant toute sa vie. L’horreur de ce qu’il venait d’accomplir s’insinuait en lui.

Il s’efforça de regarder la mort qu’il avait provoquée, d’écouter la souffrance dont il était la cause. La culpabilité rongeait sa raison, si bien qu’une fois Ys engloutie par les flots affamés, un hurlement se déploya du plus profond de son être. Jamais il n’obtiendrait le pardon de son âme. Le bout de ses pieds dépassait déjà dans le vide qu’il n’eut qu’à se laisser tomber dans le vide pour expier sa faute.

En arrière-plan, toujours ce sourire jaune inhumain et ce ricanement caractéristique. C’est de lui que nous vient cette histoire. On dit qu’il devint le premier bouffon royal. C’est aussi de lui que ce poison nommé folie fut transmis aux hommes, dans un jeu de mot facétieux sur la faux de Li. Mais du farfadet, on retient un seul et unique nom.

Fou.

Fin​


Equipe n°3 :


La dernière histoire d'amour
Sous le couvert de la nuit, se détachant des voiles obscures de nos rues, je sentis venir la crudité d'une chair vérolée. Elle m'apparaît, bestiale, sans honte pour ce qu'elle était, tout contente d'être au monde une chose si laide. Je sentis à son regard que je gagnerais vite le droit de cuissage si je voulais bien lui proposer. Encore fallait-il aller au-delà de cette répugnance horrible, ce que mon sexe, à mon grand désespoir, fit promptement. Déjà, ses yeux éclataient sous la pression phallique, répandant leur jus rouge sur ma face artificiellement étonnée. Des méduses bleues sortirent des orbites caves en file indienne, dansant dans les airs dans un ballet électrique, une élévation extatique. Je continuais mes flexions et son corps rougissait, sa sueur glissait maintenant le long d'écailles et une longue langue verte sortit de sa gueule pourrissante pour lécher mon torse. Ses bras se multiplièrent et imitèrent frénétiquement les ailes d'un oiseau. Nous nous envolâmes joyeusement, pétrifiés mais grisés. L'impasse s'éloigna pour se faire toute petite. On voyait les hommes, à l'aube, grouillait dans les rues, se bousculer*: qui sera le premier à sucer le patron*? Les avions glissaient à nos côtés sans faire de bruit, s'alignant derrière nous pour nous laisser rêver. Nous continuions de nous élever, toujours plus haut. L'oxygène manqua bientôt et je manquais mourir. Ma mie modela son corps à l'aide de ses mains crochues, se saignant par inadvertance et des plaies recousues par elles-même ne sortirent aucun fluide mais plutôt des rayons d'or. Elle devint bientôt une fusée propulsée par trois furoncles dégageant une répulsion électromagnétique et je restais isolé du vide par un fin tissu de peau jaunâtre qui laissait transparaître l'univers. Posé sur des muqueuses confortables, je m'affairais à m'enrouler dans ses boyaux et profiter du confort d'une grosse glande. Mâchouillant un appendice douceâtre, j'oubliais le monde et ses ennuis. Dehors, s'étalant à l'infini, les tourtes lumineuses qu'étaient nos galaxies.

Nous avons atterri sur un petit météore où nous avons entrepris de violer le Petit Prince et de cuisiner sa Rose. Toutefois, nous avons été contré en cela par deux pastèques mutantes et nous nous replions sur Mars.

J'étais dans un lit, la prostituée décharnée m’enlaçait, j'étais comme au fond d'un puits, perdu à jamais. Le soleil grimpait, il grandissait mes pieds, ma tête tournait, le ciel se troublait, mon cœur s'emballait, la flore s'animait, mes jambes fuyaient, mes yeux avaient éclos. Un voile se dissipa, j'eus l'impression de découvrir le monde une nouvelle fois. La femme chétive, laide, burlesque, couverte d'une lumière diaphane, apparaissait dans toute sa réalité, violente et magnifique. De ses petites mains rougies par l'agression du froid à son nez violacé par l'alcool, en passant par son corps livide et parfois bleuté ou rosi, dans des textures rappeuses ou plus douces, la peau et la chair flottaient sous mon regard, se durcissaient d'autres fois et craquelaient en quelques endroits, on eut dit un suaire. Ses hanches semblaient percer cette peau fragile et son squelette, de façon générale, n'aimait pas ce dans quoi on l'avait enfermé et essayait de s'en extraire. Brisant la glace de son sommeil, les petits rouages de son visage tendirent cette enveloppe en un sublime sourire. Mes larmes montèrent et je ne pus retenir leur éruption, leurs brûlants sillons réveillèrent mes joues refroidis par la nuit. Soudain, mes oreilles furent absorbés par des bruits tonitruants qui pourtant, nul doute à cela, duraient depuis bien avant. Les usines, dehors, marchaient à plein régime, écrasant sous leurs pieds de techniques les insectes de leur réussite. Ceux-ci, aucunement gênés par la mort en masse des leurs, plongeaient même dans des baignoires de laves, sous des douches d'étincelle, dans des bassines de feu, histoire de retrouver la chaleur fœtale.

Mes mains, à leur tour, rougirent violemment. On eut dit qu'elles allaient exploser. Et puis, le Magicien d'Oz survint, donna un coup de sa baguette magique, et repartit.

Hélène, qu'elle s'appelait, la catin. Hélène*! Je ne pensais pas qu'on donnait encore ce nom, à notre époque, à des petites filles sans en mourir de honte, immédiatement... J'ai de la pitié pour elle. Elle ne mérite pas ce qu'elle vit. Trois poules sont mortes, ce matin, dans son poulailler. Elle est désespérée. Encore un coup du Renard. Je l'aurais.

Je pense qu'on nous suit. Ça fait plusieurs semaines que l'impression me taraude. Ça devrait pas être permis de douter à ce point. Pourquoi faut-il que je doute à ce point*? On en veut sûrement à Hélène. L'autre nuit, elle a attendu le Renard avec un fusil. Elle est restée jusqu'à l'aube près de ses poules. L'autre, il est venu. Elle l'a tiré à bout portant. Il n'en reste pas un seul bout. Nous, on a mis les bouts. Maintenant, c'est sûr, c'est le FBI qui nous suit. J'aurais bien aimé qu'elle se transforme de nouveau en fusée mais quand je lui ai demandé, elle m'a regardé bizarrement et ça m'a donné envie de lui faire l'amour. La discussion a été suspendue. J'ai pas le courage de la relancer. Je veux plus de ce regard. Sur le bitume, il y a une chose marrante. Une flaque de lumière tremblante. Où qu'on aille, tant que le soleil martèle nos caboches, il y a cette flaque. J'imagine que c'est une goutte du sang du Christ qui s'est répandu dans ma rétine et qui me la fait voir. Ça me montre le chemin. On a une petite voiture, une twingo. On la pousse pas trop mais elle peut aller vite. Les gens se moquent de ces petites choses. L'odeur de la rosette, c'est tout ce qui me tenait encore en haleine. Je pouvais affronter la foule, avec de la rosette dans le bec. Je me goinfrais, je grossissais, Hélène se plaignait pas, peut être même qu'elle me jalousait. J'arrivais pas à la faire rire. On roulait, on se taisait, on baisait, elle gémissait, je grognais, je dormais, elle fumait, je buvais, et le soleil dansait, et la lune rêvait. Bientôt, on allait être rattrapé par la guitare d'un ami.

Je l'appelais «*L'artiste*». C'était comme un père, pour moi. Il avait une petite barbichette qui lui donnait un air christique et des formes épaisses qui l'ancraient à la silhouette moniale. C'était un homme, un vrai. J'ai eu peur qu'il me pique Hélène. Je l'aurais bien tué. Je lui ai souri et on s'est tous assis autour du barbecue. Elle souriait un peu trop. Le feu lui donnait un drôle d'air de nymphe, de succube, de pochetronne. Ah*! La dévergondée*! Ça l'amusait, rien qu'à m'énerver... Il se mit à chanter, à danser, à rire bruyamment, à boire beaucoup, à taper sur son ventre, à gratter furieusement sa guitare. Il m'agaçait, lui aussi. Ils m'ennuyaient. J'avais quitté le monde et voilà qu'il me revenait. Merde*!

J'étais allé regarder la lune et ses rayons noirs qu'elle projetait partout sur la Terre. Je voyais bien que j'avais déjà marché sur cet îlot lointain, lévitant au grès des éruptions solaires. C'est con qu'Hélène ne s'en souvienne pas. J'aime la nuit. On y voit rien. On y entend les grillons. Ils chantent beaucoup. Ils veulent une copine. Tous les chanteurs veulent une copine. Pour copuler. L'artiste, pareil que les autres. Je l'ai laissé avec Hélène. Elle rit avec lui. C'est peut être mieux ainsi. Il y a des soupirs qui sortent de ma gorge sans que je leur en donne l'autorisation. Ils grandissent, se matérialisent. Employés à une géométrie excessive, frénétique et extatique, ils grandissent toujours plus. Je les vois s'élever, puis tendre vers la droite. J'y regarde. Hélène et l'artiste sont en pleine séance de bougui-bougui. Les longues choses leur tombent dessus. Ils sont découpés en petit morceau. J'ai un pied, tout fin, qui vient me parler. Il me raconte des choses, des choses plus horribles les unes que les autres, et chacun de ses orteils semblent plus vicieux que son voisin. Je me lève, d'un bond. Je leur cris dessus. Ils ne m'écoutent pas. Personne ne m'a jamais écouté. Pas même papa, ni maman, et le curé, encore moins*! Ils ont jamais voulu de moi*! J'étais un petit nid d'intérêts, un investissement, un exutoire parfois. Un objet, en somme. Un gosse, en fait. Ils m'ont pas vu évoluer. J'ai fugué, j'ai fréquenté les bordels, ils m'ont renié, j'ai continué, je les ai ruiné, ils sont morts, j'ai craché sur leurs tombes, elles m'ont ri au nez, je me suis coupé le nez, j'ai commencé à ressembler à Hélène et j'ai rencontré un type perdu, un type perdu, j'ai l'ai fait voler jusqu'à Mars en passant par un petit météore, il était content, je suis resté avec lui, il avait un ami, je me suis envoyé en l'air avec lui, mais il n'a pas aimé et nous a tous tué et parfois, le soleil pleure, une grosse larme flamboyante tombe sur Terre, on veut appeler ça la fin du monde, j'appelle ça sa résurrection, moi j'en peux plus, je vous laisse.[/QUOTE]]

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Bon vote et bonne chance à nos participants !
 
Dernière édition par un modérateur:

Kissifrott

<font color="#2E4EB7">Érudit diplômé</font>
Bon, et bien bonne chance à tous, et dommage pour la dernière doublette qui a joué au moisi :D
 

cat-sun

Prince
Dommages qu'il y ait si peu de participants, mais félicitations aux 6 qui ont poster :)

Je lirai tout ça demain, actuellement je n'ai pas la tête à ça^^

Ou alors, ce seras anciennement gandalf le rouge qui m'y feras penser (abuser ton nouveau pseudo :eek: )


Mais si je devais noter juste par rapport aux images, je choisirais la n°2 ;)


cat'
 

Chevalerie44

Guest
Equipe N°1
Je mets la note de : 15/20
Commentaires : Texte intéressant, mais trop lourd de description qui donne une impression de longueur plus qu'il n'en est réellement. Il y a également tois ou quatre fois des incohérences dans le texte. Très belle image, bien en rapport avec le texte

Equipe N°2
Je mets la note de : 17/20
Commentaires : Très bon texte qui m'a un peu inquiété au début, ne voyant pas le rapport avec le thème de la folie. Finalement, la folie est arrivée, avec une très jolie idée d'intégration dans l'esprit : la manipulation. J'aime un peu moins l'image que pour le premier texte, mais on voit tout de suite le rapport avec la chute de Ys, donc bien respecté.

Equipe N°3
Je mets la note de : 14/20
Commentaires : L'idée de montrer la folie de l'auteur par phrase courte et en passant d'un sujet à l'autre tout en restant dans une histoire relatant l'amour d'un couple est géniale. Le texte est très intéressant, mais trop compliqué, et du coup long à lire. Je vois bien le rapport entre le titre et le texte, mais je ne vois pas le rapport avec l'image en revanche, ce qui fait baisser les points.



En tout cas, félicitation à vous tous.
 
Equipe N°1

Je mets la note de : 12/20

Commentaires : Un texte avec de l'idée, du talent certes, mais une lourdeur pénible. Les descriptions saturent le lecteur, qui n'en peux juste plus; du moins c'était mon cas. Un étalage de vocabulaire intéressant, mais quelque peu inutile. J'aime lire des textes épurés, écrit avec légèreté, plutôt que des pavés lourds de mots complexes et inadaptés à une lecture plaisir, à mon sens. Tout dans ce texte, respire la lourdeur, des mots, jusqu'a la forme même du récit. J'aimerai voir, à l'avenir, des textes plus légers que celui-ci (il y a des masses sur ce forum), car j'ai l'impression que vous vous inspirez sur Louis Ferdinand Céline. Alors, certes, cela a de l'intérêt, mais bon, ça va bien 5 minutes.

Néanmoins, le texte respecte le thème demandé. L'intrigue est intéressante, sans plus non plus. Le travail est remarquable et j'imagine que l'écrivain s'est donné de la peine pour écrire ce texte. Alors je m'excuse pour mon commentaire qui peut paraître dur. Je respecte ton travail, mais j'ai toujours vocation de donner mon avis en disant ce que je pense vraiment, quitte à se mettre les susceptibles à dos.

L'image quant à elle, me plait, au point de vue du style. Mais elle ne dégage pas une grande impression de travail, en amont. Peut-être aurait-elle gagné en clarté, car la, l'on voit que du flou (symbolisant la tempête de sable et l'univers, oui), mais bon, le rendu n'est pas super top. Je vous met 12, à vous deux, pour le travail fourni, concernant le texte, malgré mon commentaire qui peut paraître dur, car je sais qu'il n'est pas facile d'écrire. En espérant voir d'autres textes de ce mystérieux écrivain, d'un niveau supérieur, et je crois que cela passera, par un allègement du style d'écriture.

Equipe N°2

Je mets la note de : 16.5/20

Commentaires : J'ai beaucoup moins de chose à dire concernant ce texte. Il est très bien "mesuré". Le dosage entre le récit en lui-même et les descriptions est parfaitement mené. J'adore le style d'écriture de l'écrivain. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire cet extrait, a l'univers fantastique tout à fait prenant (il à touché une corde sensible, j'adore les elfes), même s'il dépeint les elfes comme "méchants", eux qui ont toujours le rôles des "gentils". Cela change, et c'est agréable. L'intrigue est vraiment intéressante, le personnage principal, Liam, attachant, et le sujet respecté. La mise en page est étrange (aligné à droite, pourquoi ?), mais ce n'est qu'un détail. Bravo à l'écrivain, et merci pour cette lecture très enrichissante.

L'image est jolie, réussie. Mais encore une fois, je m'attendais à mieux, à quelque chose de plus abouti.. Je ne sais pas, peut-être que j'ai surestimé les travaux que j'allais voir, en voyant les participants, mais je m'attendais à quelque chose de plus joli. Mais, au moins, elle est en parfaite adéquation avec le texte. Bravo à vous deux en tout cas !


Equipe N°3

Je mets la note de : 14/20

Commentaires : Un texte décapant. Un petit peu court peut-être ? Le style est reconnaissable entre mille, mais j'observe la des progrès. Après le premier texte qui était vraiment lourd sur les descriptions, j'ai presque envie de dire que ce texte passe comme une lettre à la poste, par rapport à d'habitude. J'ai eu beaucoup moins de difficulté à lire, qu'a l'accoutumée, le récit est très intéressant, l'histoire relatée également. J'adore le dernier paragraphe. L'effet créé par les phrases courtes est vraiment réussi. Bravo à l'auteur, j'ai beaucoup apprécié ce texte-ci.

Concernant l'image, je ne m'attendais pas du tout à cela, mais j'aime. L'impression dégagée est intéressante, et je trouve que l'image est également en adéquation avec le texte. Bravo à vous deux.



Commentaire Personnel : Je tiens personnellement à m'excuser. J'étais participant à cette battle, mais je n'ai guère eu le temps de rendre l'écrit à temps, ne l'ayant même pas commencé. Et je m'en veux, d'autant plus lorsque je vois le travail qu'a fourni Joker sur sa création, qui a mes yeux, dépassait largement les créations des autres participants, sur le style, le rendu, et même sur l'idée, qui était superbe. Je m'excuse donc auprès de l'arbitre, et des autres participants, pour ce forfait qui n'aurait pas du avoir lieu.

Bien à vous,
Itachi.
 
Dernière édition:

Kissifrott

<font color="#2E4EB7">Érudit diplômé</font>
Merci à vous deux pour les votes et les commentaires, surtout Itachi pour les comm' ultra-détaillés, ça fait plaisir ;)

D'autres votants please :D
 

Renlidacha

Bûcheron
Equipe N°1
Je mets la note de : 17.5/20
Commentaires : Je trouve que ce texte est très bien écrit, le suspens nous prend à la gorge. Jusqu'à la fin, on est tenu en haleine. La description (un peu longue, certes), nous entraine très loin dans le texte. Au début, on se demande ce qu'est la "créature", j'ai pensé tout d'abord à un humain en train de mourir, puis à un zombie. Et quand vient la révélation, tout se met en place, l'illumination arrive et on en est que plus focalisé sur la suite de l'histoire. Pour le rapport à l'image, je trouve qu'elle représente bien le texte même si la créature aurait dû être un peu plus visible ^^ .

Equipe N°2
Je mets la note de : 15/20
Commentaires : Un bon texte dans le respect du thème. Original mais cette histoire aurait pu fonctionner avec autre chose que des elfes. J'ai bien aimé l'effet d'injustice que l'on ressent en même temps que Liam et le fait que le farfadet vienne le harceler pour finalement triompher. Le rapport image/texte est pour moi le meilleur, elle représente très bien Ys telle que je me l'étais imaginée. :)

Equipe N°3
Je mets la note de : 12/20
Commentaires : Alors, pour ce qu'y est de la folie, on en a eu! Le texte est bien écrit mais c'est dommage qu'il parte dans tous les sens, on arrive plus à suivre le continument. Le seul fil conducteur est le monstre qui devient une magnifique femme, ce qui décentre totalement le point de vue. La fin est aussi légèrement baclée. Point de vue image, je vois un léger rapport avec le texte mais sans plus. Désolé pour cette critique un peu dure mais j'ai vraiment eu du mal à finir ce texte.
 

sauveur

Guest
le texte n°1: 17/20
La description est très entrainante, elle nous fait imaginer d'abord a un homme, puis un moment j'ai cru un animal, mais lorsque j'ai enfin compris que c'était la mort qui rageait en recherchant une victime, tout c'est mis en place. Le texte est très bien écrit, les mots cherchés ne paraissent pas trop lourd. Et j'aime bien le coté suspense qui nous tien en haleine jusqu'au bout.
Et l'image représente bien le texte, la mort qui sème le désastre..

le texte n°2:18/20
Très joli conte, très facile a lire et très agréable. J'aime beaucoup la moral, la façon dont LI est poussée a faire son acte de folie meurtrière...Les descriptions ne sont pas trop longues, le texte est clair.
le dessin est très cherché, il représente bien la fin de l'ile ,donc bien placé a la fin d l'histoire.

le texte n°3:14/20
Je suis assez embêtée, je n'ai pas compris l'histoire, on dirai que tu es passé du coq a l’âne, ou c'est moi qui n'ai pas accroché...Bon une chose que j'ai comprise quand même c'est que le personnage a l'air complètement givré, et que son imagination n'a pas de limite.
le dessin est joli, l'homme a l'air détaché, mais dans le texte, la femme est censée être laide non...
enfin je suis assez désolé de ne pas avoir compris vraiment, mais le sujet de la folie a été respecté.
 

Kissifrott

<font color="#2E4EB7">Érudit diplômé</font>
Yeah ! Merci pour vos votes ! ;)

Avec du bol, je vais réussir à faire voter tout le staff :D
 

Famine de Crayon

Guest
Equipe N°1
Je mets la note de : 17/20
Commentaires :
Premier paragraphe magnifique dans la description de la déchéance physique et de la mort. Cela annonce tout de suite le ton. Tout le reste du récit suit, sublime dans ses descriptions macabres. L'image aurait peut être due davantage représenter ce coté morbide. Elle reste trop lisse, par rapport au récit.

Equipe N°2
Je mets la note de : 18/20
Commentaires :
Plus facile à lire que le précédent. Pas le même vocabulaire et la recherche de style, mais la fluidité de la lecture et l'immense intérêt porté à l'histoire le rend meilleur. L'image l'illustre également mieux, même si un sourire jaune aurait été bienvenu. J'aime bien l'origine trouvée à la folie.

Equipe N°3
Je mets la note de : 15.5/20
Commentaires :
Une description de la folie intéressante, bien que se rapprochant davantage du rêve/cauchemar. Comme quoi, rêve et folie sont assez étroitement liés. Mais le récit en lui même est moins passionnant. L'image correspond bien.
 

.henriIV.

Guest
le texte n°1: 16/20

un très bon texte qui correspond au thème ,cependant une description un peu lourde.

le texte n°2:18,5/20

un titre tout d’abord en accord avec le thème, ce texte est très fluide plus facile aussi comprendre par rapport au premier,j'aime bien se style


le texte n°3:13,5/20


je n'es pas vraiment compris l'histoire de ce dernier texte
il part dans tout les sens
cependant il est bien écrit
 

Kissifrott

<font color="#2E4EB7">Érudit diplômé</font>
Merci à Famine et Henri pour leur participation. On attend toujours cat-sun (^.^), ainsi que plein plein d'autres siouplait :D
 

cat-sun

Prince
Merci à Famine et Henri pour leur participation. On attend toujours cat-sun (^.^), ainsi que plein plein d'autres siouplait :D
Mouhaha les gens importants se font attendre :angel:

Nan mais soit je m'endors devant le pc, soit j'ai de la famille (ce week-end) donc pas le temps :eek:

Bref, je lis (enfin) et j'édite :)

(ou je fais un double poste pour l'ours, faut bien qu'il bosse un peu!!)

[EDIT]


Equipe N°1
Je mets la note de : 14/20
Commentaires :pour moi, le texte que j'ai le moins aimé.
C'est malheureusement trop long, trop compacte.
Je me suis perdu plusieurs fois en lisant le texte, je savais plus de qui on parlait à cause des changements "d'appelations" du personnages principales (chimères/mort-vivant, etc. . . )

Etant fatigué, j'ai eu un peu de mal.

L'image me fait plus pensée à une forêt qu'un désert, dommage :)



Equipe N°2
Je mets la note de : 18/20
Commentaires :
Mon texte préferé, ça c'est sur. Simple, fluide, espacé.
Et puis l'écriture sur le côté comme ça, très surprenant.
Rien à redire, si ce n'est une petite question.

Les dents en forme de pierre tombale ne serait-elle pas empruntée a un auteur? ;)

Sinon, de loin mon image préferée


Equipe N°3
Je mets la note de : 16.5/20
Commentaires :
Je ne rejoins pas les autres sur leur point de vue :)

Très bon texte. Certains se plaigent de ne pas avoir compris le texte, mais, ne serait-ce pas eux, les fous?

S'il y avait eu une image plus travaillée, plus à mon gout, malgré le fait qu'elle soit en parfaites adéquation avec le texte, j'aurais assurément placé ce texte en première position :)



Merci a tous les participants, bravo à vous, sa fait plaisir de voir qu'il y a encore du monde içi :)

Malgré les critiques que vous recevez, j'espères qu'elles vous seront simplement contructives afin de vous revoir encore meilleurs la prochaine fois!

Ps: Itachi, je pense que nous attendons avec impatience ta participation sur les autres battles! Espèrons simplement que tu trouveras le temps ;)

Ps²: kissi m'as frappé pour que je vienne voter :$
 
Dernière édition:

Chevalerie44

Guest
Tiens, j'avais pas remarquer que FOE s'était invité ici ^^
 

Kissifrott

<font color="#2E4EB7">Érudit diplômé</font>
Merci cats-un pour ce vote. Viendez si vous ne voulez pas que je vous frappe comme cat-sun :D
 

miss-zabou

Chevalier
Equipe N°1
Je mets la note de : 12/20
Commentaires : Bonne description au début qui nous met direct dans le contexte. Je déplore la lourdeur du texte qui n'est pas aéré...du coup j'ai décroché mais je salue l'effort de cette équipe.

Equipe N°2
Je mets la note de : 18/20
Commentaires : C'est mon préféré... Très bon texte, fluide, belle présentation originale tant dans la mise en page que dans le choix de l'image que je trouve très belle. J'aime beaucoup ce style.

Equipe N°3
Je mets la note de : 14/20
Commentaires : Je ne trouve pas que l'image soit en rapport avec le texte et je me demande d'ailleurs si je l'ai compris...Ne serait ce pas là le but de l'auteur? dans ce cas là, il fait une description intéressante de ce qu'il pense être la folie^^
 

Kissifrott

<font color="#2E4EB7">Érudit diplômé</font>
Et bien merci la miss pour ce vote, je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi rapide :D
 

Nyctal

Guest
Equipe N°1
Je mets la note de : 14/20
Commentaires : MOTHERPHOQUER. La lecture était plus facile quand j'ai copié collé le texte sur Word :D
Belle performance littéraire, bon t'as un style qui se reconnait, quand on voit "méphistophélique", le doute n'est plus permis. Mais woah, t'as de la chance d'avoir un style technique particulièrement bon (et je t'invite à revoir les points de suspension, t'en manges systématiquement un), mais alors l'histoire... C'était lourd jusqu'à ce qu'on apprenne qui est le personnage, ensuite ça glisse tout seul. Mais faut arriver à tenir jusque là, et même sur Word, j'arrivais à décrocher d'un paragraphe. Je me suis senti dans le flou total un bon moment. Qui est le personnage ? Un banni ? Un évadé ?

Et a contrario, l'annonce qu'on parle de la Mort arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. L'endroit est mal choisi je trouve. Ou bien tu l'annonçais au tout début, ou bien juste à la fin, et à ce moment là tu tournais le récit de manière à faire une chute putain de bien.

Bon j'ai -Word a- relevé quelques fautes par-ci par là, inattention je pense, sauf le "dors et déjà" qui est pas beau. Mais sérieux aère, fais plus light :x Y'a au moins 10k qui sont une torture.

Bon l'image, parce qu'il faut bien que j'en cause, j'dois avoué qu'au début je la comprenais pas, j'ai lu une fois j'ai compris le rapport, mais à la deuxième lecture ça a plus rien à voir :D L'image ne se base que sur la première partie du récit, elle est trop restrictive je trouve. Après d'un point de vue purement technique, le full bruit, c'est pas très beau.

Equipe N°2
Je mets la note de : 16/20
Commentaires : Le contraste de fluidité au niveau du premier texte et du deuxième est bien frappant. Autant j'ai galéré comme un chien pour lire le number one, autant le number two glissait tout seul. Je pense que ça vient du style des auteurs, ici il est beaucoup plus "classique", si j'ose dire, et je suis beaucoup plus familier à ce style là. Mais y'a quand même une certaine recherche, les dialogues notamment, le pécore s'exprime conformément à ce qu'on attend d'un pécore, l'elfe arrogant est bien arrogant, la reine s'exprime bien comme un personnage de haut rang condescendant.

L'histoire est pas mal, en elle-même. Bon c'est quand même bien manichéen, et c'était couru d'avance que l'autre garce allait y passer. Mais c'est abordable, ça se lit tout seul, on butte pas sur des monolithes.

L'univers a le mérite d'être plutôt original, enfin de ce que j'ai lu c'était souvent les bestioles les opprimés. C'est très fantasy, du coup ça me renouvelle personnellement pas mal, ça faisait un moment que j'avais pas vu d'elfe ou de lutin.

Bon l'image, l'auteur était physiquement diminué au moment de sa conception. Mais outre les problèmes déjà pointés, je l'ai trouvé un peu pauvre niveau détail en fait. C'est juste de la caillasse qui tombe dans la mer. C'était pas une ville Ys ?

Equipe N°3
Je mets la note de : 15/20
Commentaires : God, c'est plus cours \ o /

Bon, on est unanimement d'accord pour l'auteur du texte n°3 a lui aussi tendance à se perdre dans des litanies de mots. Mais contrairement à l'auteur 1, ça alterne constamment mot soutenu/mot familier-courant. C'est fluide, c'est beau, c'est aaaaah.

Par contre c'est peut-être too much. J'sais pas si t'es conscient d'où tu vas quand tu écris, mais je crois que c'est ton style de ne pas savoir et d'au final réussir à bâtir un récit sur rien. C'est plus un cheminement artistique, pour surprendre, détourner, détonner. Le jour où t'arriveras à faire un truc sérieux, structuré, et pas juste les délires éveillés d'un satyre au coin du feu, je pense que tu tiendras le bon bout. Parce que là, ouais, j'avais dit que c'était trop. Et en même temps, y'a un putain de goût de trop peu. 'fin ça je pense te l'avoir déjà dit, mais je crois que t'as un mal fou à te fixer sur une seule histoire, t'es pas fait pour écrire sur du long. Pas dans ce style en tout cas.

Bon la fin je l'ai trouvé zarb, clairement. T'as voulu esquisser une révérence pour partir en beauté, mais je la sens pas passer. Le perso se casse de son histoire ? Est-ce le double de ta personne incarné au sein d'un récit qui réintègre son corps ? Le désir charnel est-il une passion pour toi ? Pourquoi mets-tu des astérisques ? Tu aimes le jus de fruit ?

L'image colle bien au texte. On distingue sans que y'est de contours fixes. Y'a une bonne synergie dans l'équipe, entre les textes rocambolesque de l'un, et le graph psychédélique de l'autre.
 
Statut
N'est pas ouverte pour d'autres réponses.